L’Envolée européenne [1/3]

L’étude et la construction de machines volantes sont d’une telle complexité que plusieurs générations d’ingénieurs et de techniciens s’avèrent nécessaires à leur aboutissement. Et cela, en animant et en coordonnant une variété considérable de spécialités. Songez à tout ce qu’on trouve dans un avion en termes de résistance des matériaux, d’aérodynamique, de thermodynamique, d’hydraulique, d’électricité, d’électronique, d’informatique, de climatisation, d’insonorisation, d’aménagements intérieurs…

Or, au sortir de la seconde guerre mondiale l’Europe se retrouvait exsangue, Grande-Bretagne comprise.
Mais les hommes, ceux qui n’avaient pas péri sous les bombes, étaient là. Avec leur mémoire, leur expérience, leur volonté. En Angleterre et surtout en France ils allaient repartir de zéro, tout reconstruire. Comme le chalet sur la montagne, plus beau qu’avant.

Ils eurent leur lot de problèmes techniques, leur lot de déconvenues commerciales vis-à-vis du maître incontesté des années cinquante, soixante, soixante-dix. L’aéronautique américaine avait envahi le marché, et plus encore les esprits. Au sein d’Air France on n’imaginait pas de voler sur autre chose que Douglas ou Boeing, de même qu’au début des années cinquante les pilotes de l’Armée de l’Air ne discutaient que F-84 ou F-100.

Alors il a fallu reprendre l’avance, maîtriser les techniques et convaincre les hommes. Plusieurs générations, là encore !

Une industrie qui atterrit de loin ?

Et aujourd’hui, où en est-on ? Entreprenons de décoller pour un survol rapide de cette activité, en laissant de côté l’industrie spatiale qui constitue un domaine à part entière.

D’abord, disons-le tout net. L’industrie aéronautique européenne, si on élague les grosses branches, c’est un arbre dont le tronc est la France. L’Angleterre en ce domaine comme en beaucoup d’autres a abandonné la maîtrise d’œuvre industrielle. Elle coopère, certes, et fabrique par exemple les voilures d’Airbus. Mais elle n’est plus pilote. D’un seul programme elle est restée copilote, celui de l’avion d’armes Eurofighter/Typhoon. L’Allemagne également participe, comme coopérant ou sous-traitant, à de nombreux programmes, mais elle n’a jamais retrouvé son rôle de leader des années trente. L’Italie (Alenia), l’Espagne (Casa), la Belgique (Sabca) abritent une industrie mais ne conduisent pas de programme majeur.

Hormis le Typhoon, tous les programmes aéronautiques et spatiaux européens sont nés en France et/ou sont gérés essentiellement par des équipes françaises. Cette industrie n’en est pas moins européenne, naturellement, avec un centre de gravité oscillant entre Paris, Marseille, Toulouse, et Bordeaux. Lointain héritage du premier vol au monde d’un « plus lourd que l’air » par Clément Ader avec L’Eole en 1890…suivant lui-même d’un siècle « l’expérience aérostatique » de Monsieur de Montgolfier devant le Roi, à Versailles le 19 septembre 1783.

Pour l’Europe il s’agit d’une activité stratégique, il va de soi. Mais c’est aussi une activité qui pèse lourd: chiffre d’affaires d’environ 150 milliards €, et 650.000 emplois.

Image: creativedoxfoto / FreeDigitalPhotos.net

24 Commentaires

  1. Expat

    Et on dit que la France n’a plus d’industrie !

  2. impat1

    Oui Expat, ce qu’on sait dire de mieux c’est dire n’importe quoi.

  3. rackam

    Demain, 12 heures d’avion, en trois étapes… je penserai à vous, et à la voilure made in G.B….

  4. Expat

    Tu vas où Racky ?

  5. impat1

    En trois étapes ! Il va au milieu de nulle part…

  6. rackam

    Je viens de nulle part, les menhirs ne volent pas. Au mieux servent-ils de balises pour les vaisseaux intergalactiques, qui font la liaison Voie Lactée/Carnac.
    Je vais travailler dans la ville de loisirs qui reçoit le plus de visiteurs au monde.
    Guess where? Impat, ne dévoilez rien. Please.
    Retour dimanche, si la voilure anglaise tient le coup.
    Et mon estomac.
    Bye a tutti.

  7. Souris donc

    Si tu vas à Rio, n’oublie pas de monter là-haut

  8. Kacyj

    12h00 pour arriver à Paris mais d’où venez vous ?

  9. rackam

    Kacyj, Paris n’est pas la seule destination au monde.
    D’ailleurs, tous les chemins n’y mènent pas.
    J’habite Nantes, en compagnie d’environ 500 000 autres bipèdes.
    J’escale à Paris, en route vers une destination touristique number one.
    Je reprécise, avant que les mousmés ironisent, que j’y vais travailler…
    Le concours est ouvert.

  10. impat1

    Est-elle vraiment N°1 ? J’aurais pensé N°2…

  11. Souris donc

    Il va travailler dans une destination touristique number one ?

    Mexico, Mexi hiiiiii co ! sous le soleil qui chante hiiiiii !
    Une aventure mexicaine
    Sous le soleil de Mexico,
    Ça dure à peine une semaine,
    Mais quelle semaine
    Et quel crescendo
    Sous le beau ciel de Mexico,
    On devient fou,
    Au son des rythmes tropicaux
    Mexico, Mexi hiiiiii co !

  12. rackam

    impat,
    c’est écrit dans le guide…
    Souris,
    pas Mexico, mais ça finit pareil…
    Je deviendrai donc fou…

  13. Souris donc

    J’ai ! AcapulCO !

  14. rackam

    Perdu, de toutes façons, aujourd’hui vous ne pensez qu’à chat!

  15. impat1

    Rackam, avec une forme pareille, le voyage va vous paraître court.

  16. rackam

    2h30 d’escale à Roissy…
    1h30 à Miami
    Puis…. ça finit en « o »….
    expat à tout faux
    souris va mollo
    kacyj nage dans l’eau
    impat fait museau

  17. Souris donc

    MonaCO ? En planeur ?

  18. impat1

    Alors là, ça devient évident comme un article d’Impat.

  19. rackam

    Souris, pensez furioso…

  20. kacyj

    Et Rackam ! Un peu de sérieux sur ma capacité à vous suivre depuis tant de temps.
    Mais votre guide raconte des bobards ou se place sur un aspect bien particulier. Paris demeure la ville la plus visitée au monde. Sans parisiannocentrisme aucun. Moi, je ne cherche qu’à la fuir.

  21. impat1

    De toute façon (anyway pour ceux qui ne savent pas parler français ici…) toutes les villes américaines se disent, et s’affichent, premières en quelque chose. Donc ce n’est pas une piste…

  22. rackam

    expat, chavez un ami là-bas, mais il est malade…

  23. Souris donc

    Curaçao

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