Jobs, Niel et les anonymes : l’économie de marché incomprise

L’un est mort en prophète au sommet de sa gloire le 5 octobre 2011, l’autre entre en pleurant dans Paris où on l’accueille en Messie. En pleine crise économique où l’anticapitalisme connaît un nouvel âge d’or, l’actualité française a été fortement marquée par l’histoire de deux entrepreneurs audacieux et portés aux nues malgré l’esprit du temps.

Le premier a incarné la résistance au mastodonte Microsoft par une politique d’innovation osée et brillante : ses produits investissent désormais la quasi-totalité des ménages et les anciens producteurs de téléphones portables, exsangues, ne redoutent plus qu’une chose : la sortie de l’iPhone 6… Sa mort a failli faire bugger Twitter, et un de mes profs a même ajouté quelques « diapos commémoratives » au début de son cours, rendant hommage à un très grand businessman qui a beaucoup apporté à l’humanité. On cite encore, non sans émotion, ses paroles lors de la cérémonie du commencement à Stanford : « Stay hungry, stay foolish! »

Le second est aussi un résistant face à un cartel puissant et disposant de ses entrées dans les antichambres de la République : premier à lancer le triple-play [1] en France et ailleurs, pour des prix hypercompétitifs, il crée un vent de panique chez les trois grands opérateurs mobiles en une annonce savamment préparée : l’entrée de Free sur leur marché avec, une fois de plus, des prix capables d’assommer la concurrence. Pire, non content d’offrir aux Français des abonnements plus abordables, il propose même un forfait pour les pauvres à 2€ par mois !

Consommateurs finauds ?

Ces histoires sont amusantes car elles montrent comment les vertus d’une économie libre de marché peuvent être ressenties dans l’opinion. Steve Jobs a été un acteur majeur sinon dominant du marché du numérique en offrant des produits qui sont devenus, en quelques années, la référence en matière de qualité, de fonctionnalité et de design. Xavier Niel, lui, rappelle providentiellement aux Français que la concurrence est une règle de l’économie libre qui signifie la fin des situations de rente et de la pressurisation des acteurs économiques en amont comme en aval [2].

Mais ces personnages sont aussi emblématiques de l’absence totale de retenue qui caractérise les grands moments d’enthousiasme de notre société. « Engouement », « buzz », « untel-mania » : tels sont les avatars du succès quand il s’invite dans les médias. C’est vrai pour les stars comme Michael Jackson ou Lady Gaga… et pour les capitaines d’industrie 2.0. Ces grands événements doivent susciter une communion quasi-absolue, et les dissidents risquent fort de passer pour des aigris notoires.

Steve Jobs et Xavier Niel sont encore plus intéressants parce qu’ils entrent parfaitement dans le scénario du combat du bon outsider contre un establishment maléfique. La lutte d’Apple contre Microsoft devient presque un combat épique entre un puissant dominateur et un rebelle talentueux. Et l’offre Free de Xavier Niel n’est rien de moins qu’une revanche attendue depuis longtemps contre les années de plomb des opérateurs historiques. Cette lecture est caricaturale et il est aussi absurde de dénoncer l’économie de marché que de procéder à la canonisation publique d’une poignée de PDG médiatiques.

L’enthousiasme des foules est justifié, mais il gagnerait à être rattaché aux bonnes raisons. Jobs et Niel sont sans doute très talentueux et, comme beaucoup d’hommes de leur trempe, ils ont aussi des défauts que des biographes, avec un peu d’esprit critique, pourront décrire avec bien plus de précision. Leur succès traduit surtout le fonctionnement de l’économie de marché qui permet aux innovateurs intelligents et à ceux qui osent briser certaines ententes sur les prix de gagner des parts de marché et de réaliser des profits.

À la tête d’Apple, Steve Jobs n’a pas seulement innové d’un point de vue technique : il a fait le pari du numérique vu comme un ensemble et a osé faire d’une fabrique d’ordinateurs une usine à baladeurs mp3, à téléphones et à services de télévision. Rien n’était gagné au départ : ces secteurs ne sont pas les mêmes et Nokia et Microsoft auraient juré qu’ils opéraient sur des marchés séparés. Jobs a eu le réflexe, selon la formule anglaise, de think out of the box et de penser à changer les règles du jeu. Il a réussi et est devenu en quelques années l’actionnaire d’une des plus grosses capitalisations boursières mondiales. Son entreprise a conçu et commercialisé des produits qui ont plu au grand public et se sont très bien vendus, parce qu’ils répondaient à des « besoins » connus ou suscités par une bonne stratégie marketing.

Avec Free, Xavier Niel a adopté une stratégie différente : très bon connaisseur du secteur des télécommunications [3], l’entrepreneur a compris qu’il y aurait de nombreux clients intéressés par des offres à bas coût, la fidélité envers un fournisseur d’accès étant quasi-nulle. Bingo : il a vendu des Freebox. Aujourd’hui, il vend des abonnements téléphoniques à prix cassés.

Faut pas se l’SFR !

Pourquoi tant de succès ? Dans le cas des téléphones portables, il a profité d’une situation anormale dans une économie en principe concurrentielle : trois grands opérateurs se partageaient un marché juteux et fermé et maintenaient les prix à des niveaux excessivement haut. En décrochant une autorisation, contre le lobbying forcené de ses concurrents, Free a changé les règles du jeu et oblige désormais ses concurrents à se mettre au niveau.

L’analyse doit s’arrêter là : les considérations morales ne sont pas vraiment de mise car on ne peut les établir. Niel défendait-il réellement un accès élargi au téléphone mobile au nom d’une philanthropie entrepreneuriale ? Nul doute que sa participation à la reprise du Monde avec Pierre Bergé et Matthieu Pigasse lui fournira, aux yeux de certains, des lettres de créance irréprochables en matière « d’humanisme ». Mais on ne saura jamais rien de ses intentions profondes car on ignore quel aurait été son comportement s’il avait été gros actionnaire d’un concurrent comme SFR. Et, au demeurant, personne ne saurait lui reprocher d’avoir adopté une attitude différente, eût-il été dans une position différente…

Henry le Barde, sur son blog, conclut un billet de la même teneur que le mien en écrivant :

Bref, cessez de voir en Xavier Niel un saint et chez les autres d’horribles vautours. S’il y a quelque chose à louer dans cette affaire, ce ne sont pas les hommes, c’est le principe de concurrence qui, en l’espèce, était pertinent. Et, peut-être tout de même, non la bonté magnanime de Niel, mais son caractère entrepreneurial que rien n’encourage particulièrement en France.

Je crois que tout est dit. En idolâtrant quelques types qui sortent du lot, on montre une version caricaturale de l’économie de marché, une partie émergée faite de produits de consommation et de high-tech qui séduisent le journaliste bobo parisien qui tweete et invente des hashtags [4] tout le temps, comme #VDMjaipasencorediphone4S !

Pourtant, entrepreneurs et concurrence font des merveilles dans des secteurs bien moins glamours et, peut-être, plus déterminants pour nos portefeuilles et la qualité des produits que nous achetons : je suis sûr que plein d’entreprises d’industrie lourde, de services bizarres et d’extraction de minéraux curieux sont dirigées par des Steve Niel ou des Xavier Jobs qui font croître leur activité, trouvent des solutions plus innovantes pour répondre à leurs clients et qui, pourtant, ne font guère l’objet que d’un encart une fois tous les 18 mois dans Les Échos



[1] L’intégration, en un seul abonnement, du téléphone fixe, de l’Internet haut débit et de la télévision.

[2] En effet, la concurrence n’intéresse pas que les consommateurs finaux. (Finauds ? NDLR) Les producteurs, quand ils sont nombreux et de petite taille, peinent à négocier raisonnablement leur prix de vente quand ils sont face à un oligopole comme les principales enseignes de la grande distribution.

[3] Il a commencé en créant le minitel rose…

[4] Sortes de mots clés – mais il faut avoir passé les rites d’initiation à la secte Twitter pour en comprendre toute la dimension. (NDLR). Nos lecteurs voudrons bien nous excuser : la rédaction n’a pas encore internet (NDLP).

Image: renjith krishnan / FreeDigitalPhotos.net

À propos de Gaspard Hohenfels

24 ans, étudiant sur un flanc de colline. Underdog Catholic. G #StopArt20 #FASM

26 Commentaires

  1. Souris donc

    Il y a un monopole de la pensée marxisante, médias, université, comment voulez-vous que la pensée libérale ne soit pas caricaturée ? Mais internet change la donne, les sites libéraux se multiplient. La pensée marxiste, dans sa réincarnation bobo écolo, est amplement ridiculisée. Par son expression politiquement correcte, elle a donné des verges pour se faire battre.

  2. C’est un trait humain particulièrement développé chez les Français de chercher des hommes providentiels, c’est le miracle de nos vieilles démocraties libérales d’avoir montré que ce sont avant tout les structures de la société et son organisation qui peuvent assurer le bonheur des hommes bien mieux que n’importe quel chef charismatique.

  3. belem

    Bien d’accord, la concurrence est nécessaire.
    OK aussi pour l’analyse de la sacralisation de certains hommes. Analyse construite, intéressante et de conclusion originale.

    Alors ? demanderont ceux qui pensent que j’ai toujours à redire.

    Free a commencé en proposant des connections internet gratuites. Elles étaient financées par la publicité. Après, comme vous le dîtes, il a fait marcher sa boutique au mieux de l’intérêt commun en faisant primer le sien. Normal.
    Aujourd’hui, il propose pour moins cher, un service minimum, mais alors vraiment minimum, et pour une durée non déterminée à ce jour.
    Il est peut-être exagéré de parler d’années de plomb et de tarifs excessif quand des offres oranges déjà existantes sont « sensiblement » équivalentes.
    D’avis d’utilisateur, ce n’est pas sur le prix qu’il a fait plancher la concurrence, mais sur la qualité de service. De son côté, il n’offre pas grand chose.
    Il est tout autant exagéré de vanter la totale libre concurrence quand, de toutes façons, le service téléphonique est descendu d’un nombre impressionnant d’étages.
    Et il est surprenant de voir nombre pester contre la publicité lors que c’est elle qui paie. Qu’un jour les entreprises étudient sérieusement son impact et la donne mondiale sera changée.
    Enfin, combien d’entreprises privées seraient aujourd’hui capables de créer le réseau téléphonique filaire ? La taille des moyens, identiques à ceux mis en œuvre par les états n’ouvre pas à la concurrence, elle la réduit par son asservissement à de peu nombreuses multinationales.
    Quel savoir faire du public a été capté par des embauches privées ?

    Je ne remet pas en cause mon accord initial sur la nécessité de concurrence. Je dis qu’il faut en toute chose conserver le sens des réalités et de la mesure. Je reste convaincu que les services publics (globalement, il faudrait affiner) doivent rester au public.
    Est-ce qu’il faut vraiment que le prochain président soit Exxon ?

    Un mot aussi sur Apple, présent dans tous les foyers. Dans tous les foyers vraiment ? Nous ne vivons pas sur la même planète. Chic planète, aïe-planète ?

  4. belem

    Il en est un autre Ska. Voire l’herbe plus verte ailleurs et trouver que les autres font mieux.

  5. Expat

    mais avoir un iPhone, ça coute rien aujourd’hui ! et je dois dire pour moi ça a change la vie dans le sens de la simplicité, pour le boulot comme pour la vie privée. Dire le contre pour loi relève de la mensonge. (okay j’y vais fort, mais il faut un peu de débat sur ce site !).

  6. Souris donc

    « Une fois de plus, les gouvernements sont pris à la gorge par les marchés financiers »
    « Qui tire les ficelles ? »

    C’est le commentateur d’ARTE. Emission : L’effet domino, l’Euro sur le fil.

    Nous voyons Schaüble, Soros, Geithner, Trichet, Ackermann, Juncker…
    Pour la France : Qui ? Devinez : Attali.
    Je cite : « Nous sommes les marionnettes aux mains des marchés financiers »
    Typique.

  7. kacyj

    Cela ne coûte rien si vous êtes abonnée chez un opérateur classique. Mais chez Free. A moins que ne fassiez allusion à l’achat. Dans ce cas, cela peut coûter pour un certain nombre…

  8. belem

    Ca c’est sur, vous y allez un peu fort quand vous écrivez :  » Dire le contre pour loi relève de la mensonge ».
    Vous avez avalé un systran de travers ou est-ce un jeu consistant à remettre des mots dans l’ordre ?

    C’est un peu hors sujet, mais il m’interesse de savoir en quoi un niphone simplifie la vie. J’ai posé la question samedi dernier à un ami. Il m’a expliqué que, grâce à son nid-phone, il avait trouvé un restaurant à l’improviste, un midi porte de la Villette. L’exploit est certes confondant, mais pas assez pour que je ressorte du tiroir le « smartphone » que j’ai délaissé au profit d’un téléphone à 30 balles.

  9. Expat

    ah mais belem, quand on n’a aucun sens de la direction – mais rien rien – et quand on sort du métro et l’iphone. avec le GPS vous emmené quasiment magiquement !
    ou quand vous êtes en retard d’un rdv, et avec Google l’iphone vous donne tout de suite le numéro de tel de votre interlocuteur. oh moi ça m’a changé la vie. Et il y a pleins d’autres trucs.

  10. Sophie

    Autre possibilité pour les paumées à la sortie du métro : demander son chemin. Ca marche très bien. Parfois on tombe sur un gars pourvu d’un iphone, mais aussi, parfois, sur un gentleman qui vous fait un brin de conduite…

  11. belem

    J’ai un collègue iphonisé, avec GPS inclus. J’ai commis l’erreur de le croire quand il m’a dit, pas besoin de plan, pas besoin de carte.
    Aucun doute que le GPS peut être pratique, mais il ne fonctionne ni a Brescia, ni à Salonique. D’un autre côté, comme il semble que j’ai eu la même nourrice que Sophie, je suis descendu de la voiture et j’ai demandé les routes. Donc, exit le GPS.
    Des restaus à la porte de la Villette, il y en a quarante-douze.
    Sinon, il y a aussi ma cadette qui m’annonce comment la météo va se tromper et a trouvé une « appli » But, oui, le marchand de meubles boum boum.
    Sinon les photos qui basculent et s’étirent sous les doigts, c’est vraiment joli joujou .

  12. Sophie

    C’est quoi NDLP?

  13. Kacyj

    Tout le monde n’a certes pas besoin d’un nid-phone et l’on peut trouver un substitut à chacune des fonctions offertes par ce petit oiseau. L’avantage de ce petit appareil est d’offrir une combinaison conviviale et ergonomique de l’ensemble de ces fonctions : photo (d’une qualité supérieure à un certain nombre d’appareils uniquement dédiés à cette fonction) avec la modalité « joli joujou », musique pour ceux qui aiment s’absenter du monde de la rue ou des transports en commun (avec de bons écouteurs en complément), GPS pour les grands timides dans mon genre qui n’osent pas importuner les jolies dames avec des histoires de chemin (vous seriez surpris de la précision de la petite machine Belem et je vous déconseille Salonique excepté si l’élasticité de votre consommation est insensible au contenu de votre portefeuille), etc, et téléphone bien sûr avec ce remarquable clavier tactile pour les énergumènes dans mon type dotés de grosses paluches.
    Voilà pourquoi, contrairement à Belem j’ai remisé le téléphone à 30 balles dans un tiroir et conservé le joli zozio dans ma poche.
    Au final, pour en revenir au sujet, comparer Job à Niel me semble tendancieux. Il est vrai que je ne suis pas objectif, ayant du mal à apprécier les investisseurs du journal de révérence.
    A propos de Job, saviez vous qu’il ne se versait pas de salaire, ce vilain capitaliste.

  14. Kacyj

    Note de la publication?

  15. Pingback: Jobs, Niel et les anonymes : l’économie de marché incomprise « Hohenfels.fr

  16. Expat

    @ belem : et n’oubliez pas que je joue au Scrabble avec ma soeur et mes fils à Seattle, avec ma nièce à NYC, avec des étrangers en Angleterre et je ne sais même pas où. Et ça c’est super fun. Quand je descends dans le cour fumer une clope au bureau, hop ! c’est mon tour !
    Aussi, si vous ne le saviez pas, les derniers mots de Steve Jobs était ‘Wow, wow, wow ! – élogie de sa soeur, qui était à ses côtés, extrêmement émouvant.

  17. Souris donc

    Moi, voyez-vous, je suis au stade artisanal. Un téléphone portable, c’est pour téléphoner comme son nom l’indique (phone). Et envoyer des SMS, bon d’accord. Je n’attends pas de lui qu’il me cire les pompes ou qu’il me grille mes toasts. Toutes les applications commerciales : rien à foutre.

  18. Sophie

    Il existe pourtant, aux dernières nouvelles, une nouvelle gamme de micro-ondes avec lesquels on peut surfer sur le net.

    Mais ce sont les Marseillais qui racontent ça, donc, méfiance….

  19. Sophie

    Tu sais ce qu’elle te dit, la Rédaction?

  20. Expat

    Mais Souris, je n’achète JAMAID d’app sur mon iPhone, tout ça c’est gratuit ! (bon, avec des pubs c’est vrai).
    Sophie, des infos sur ce micro-onde marseillais ?

  21. Souris donc

    Les applications sont-elles si intéressantes ? Météo, on regarde par la fenêtre, on consulte ses articulations, sa grenouille ou Evelyne Dhéliat.

  22. Sophie

    Moi non plus, Souris, je n’attends pas de mon gsm qu’il me grille des toasts, j’ai un mari pour ça, bourré d’applications « que rigoureusement ma mère m’a défendu de nommer ici ».

    Mais j’aimerais bien que les brillants techniciens trouvent un truc pour qu’il arrête de s’éteindre au moment où je décroche (mon gsm, pas mon mari, évidemment!) pour m’avertir benoîtement que j’ai un appel en absence! Ben, oui, Ducon, je sais bien que j’ai un appel, pourquoi tu crois que je fais de la spéléo au fond de mon sac?!

  23. Fort juste : pourquoi les téléphones servant juste à téléphoner coupent la sonnerie au moment précis où on va décrocher ? Stratégie marketing pour faire payer davantage (rappels, messagerie, etc.) ?
    Les téléphones qui servent à autres choses — pour ma part je n’en ai pas l’utilité — ont-ils un réglage permettant de laisser sonner autant qu’on veut avant de décrocher ? Ce serait le seul argument en leur faveur. Il est vrai que ça peut rendre service à ceusses qui voyagent beaucoup et gèrent leurs affaires par phone et mails.

  24. Lisa

    Sophie, je vous dois mon premier éclat de rire d’Antidote.

  25. Lisa

    Antidoxe, labsus…à ne pas analyser.

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