Israël, la mauvaise conscience de l’occident… [1/4]

Il y a quelques jours un ami me proposait la lecture du récent ouvrage de Gérard Haddad, psychanalyste et psychiatre dont j’avais beaucoup apprécié une de ses thèses précédentes [1].

Je suis donc allé lire la présentation du nouveau livre, à laquelle on accédera par ce lien.

J’ai trouvé l’article fort intéressant, jusquà ce dernier paragraphe qui m’a fait sursauter:
« Ainsi la société israélienne, que Gérard Haddad analyse longuement dans cet ouvrage, porte les stigmates de la déportation, lesquels se manifestent tant dans son indéfectible méfiance à l’égard de ses voisins, que dans ses rapports avec le peuple palestinien, l’hostilité légitime envers les criminels nazis s’étant trouvée déplacée et appliquée aux Palestiniens. »

J’ai fait part de ma surprise à mon ami, qui m’a répondu que le raisonnement de l’auteur est très précis, et que si la formule est lapidaire, elle est développée sur plus de cent pages.

A quoi je répondis que je ne savais pas, n’ayant pas lu le livre, si le raisonnement très précis de l’auteur était fondé, mais que je connaissais en revanche très bien l’indéfectible désir de destruction des voisins d’Israël. Que là nous n’étions plus du tout dans l’imaginaire ni le symbolique, mais avec des kassams ou des couteaux de boucher, au choix. Et je demandai si l’auteur en tenait bien compte dans son analyse.

En réponse à ma question, mon ami me posa celle-ci : « Selon toi, est-ce une haine totalement gratuite et sans fondement logique ? Ce désir d’anéantissement, où prend-il sa source ? »

Et dans un autre message, il me disait que je ne devrais pas diffuser sur Israël l’image d’un Etat parfait, d’une société idyllique.

Ce qui suit est inspiré du mail circonstancié que je lui ai envoyé en réponse.

Dans ce mail, je me défends d’abord de donner d’Israël l’image d’un pays parfait et idyllique, sachant pertinemment qu’il n’existe pas de pays parfait.

Mais j’exprime l’idée qu’il est, sur un certain nombre de points, beaucoup plus dynamique que certains autres, dont celui que j’ai quitté avec l’unique regret de la distance que cela met entre moi et les personnes qui me sont chères.

Mais voici ce qui me chagrine tant.

Reprenons ce paragraphe de l’article en question : « Ainsi la société israélienne, que Gérard Haddad analyse longuement dans cet ouvrage, porte les stigmates de la déportation, lesquels se manifestent tant dans son indéfectible méfiance à l’égard de ses voisins, que dans ses rapports avec le peuple palestinien, l’hostilité légitime envers les criminels nazis s’étant trouvée déplacée et appliquée aux Palestiniens. »

Il y a là deux choses que je relève, l’une est pour le moins très approximative, l’autre me semble franchement inepte.

J’ai, pour la psychanalyse, dont j’ai une connaissance personnelle, beaucoup de respect, mais une thèse qui tenterait d’expliquer pourquoi les américains sont persuadés que la terre est plate souffrirait néanmoins d’un défaut majeur: c’est qu’il y a vraiment très peu d’américains qui s’imaginent que la terre est plate. Je crois savoir qu’une écrasante majorité d’entre eux sont convaincus, au contraire, qu’elle est ronde ou à peu près.

Une telle thèse serait donc sans fondement, même si l’on utilisait la psychanalyse pour l’étayer, fut-ce avec le plus grand talent.

Or, s’il y a effectivement parmi les israéliens des gens qui détestent les arabes, ils sont assez rares. Sur ce point je reviendrai plus tard et le démontrerai.

Mais surtout, et c’est le premier point de mon désaccord, cette haine, assez rare, cette méfiance, beaucoup plus répandue, n’est pas due à la Shoah, mais bien aux malheurs qu’ils nous causent depuis… les premiers pogroms de 1926.

Je n’ai pas les chiffres exacts des terroristes qui purgent actuellement leur peine dans les prisons israéliennes, mais je sais quand même que 1087 terroristes ont été libérés par Israël dans le cadre de l’accord d’échange pour que nous récupérions Gilad Shalit, le 18 octobre dernier.

La plupart avaient du sang sur les mains. Parmi eux, il y avait cette gazaouie qui avait été vitriolée au visage par ses compatriotes et qui était soignée à l’hôpital de Beer-Shéva, gratuitement, depuis des mois.

Il lui vint la fantaisie de se barder d’explosifs dans l’intention de venir se faire sauter dans le service de l’hôpital où elle était soignée.

Je peux citer cette autre, dont je ne me rappelle pas le nom, qui fut elle aussi soignée, elle aussi gratuitement, et qui est venue semer la mort dans un restaurant de Tel-Aviv, il y a quelques années, lors d’un mariage.

Ou encore évoquer le drame d’Itamar survenu il y a quelques mois, une famille entière assassinée. Les auteurs de cette boucherie se sont acharnés sur le bébé de 3 mois pour séparer sa tête de son corps, à l’aide de couteaux de cuisine.

Je peux aussi évoquer les projectiles amicaux que nous expédient de temps à autres mes voisins de Gaza, lesquels ne sont pas fréquemment mortels – mais cela arrive – mais qui causent de nombreux traumatismes psychologiques, souvent rebelles à tout traitement.
Et cette liste est effroyablement incomplète.



[1] Gérard Haddad, « Lacan et le judaïsme », précédé de « Les Sources talmudiques de la psychanalyse » Le livre de poche, coll. « Biblio essais ».

Photo : Little Savage

À propos de Yaakov Rotil

J'habite Ashkelon, une ville très agréable de la côte d'Israël, sise environ 60 kms au sud de Tel-Aviv.

40 Commentaires

  1. Bibi

    Le psychanalyste semble opérer un transfert fort intéressant des sentiments « populaires » d’une population à l’autre.

    Sans doute s’attarderait-il dans son développement sur les liens intimes noués entre des arabes de la Palestine mandataire et les nazis allemands, italiens, bosniaques, etc. Sans doute prend-il le soin d’analyser les expressions écrites, dessinées et orales dans les livres scolaires et les médias de « l’Autorité Palestinienne » à l’égard des juifs en général et ceux d’Israël en particulier, et des frappantes similitudes qu’elles présentent avec des publications européennes des années 1930-40 sur le même « sujet ».

    Remercions le psychanalyste éclairé de ne pas opérer l’inversion totale comparant les israéliens aux nazis.

  2. Merci à l’ami Israélien de nous donner un point de vue fondé sur la réalité des faits et non sur l’habituelle propagande des médias intoxiqués. Le double standard de journalistes sans honneur doit être à tout prix combattu, de même que l’indignation sélective des indignés à trois euros et des idiots utiles qui, croyant œuvrer pour la paix ne font qu’enfoncer les Arabes de Palestine dans leur statut — entretenu par le monde entier — de victimes professionnelles de génération en génération.

     » Une telle thèse serait donc sans fondement, même si l’on utilisait la psychanalyse pour l’étayer, fut-ce avec le plus grand talent « .
    On ne saurait mieux dire. N’ayant pas lu le livre de Gérard Haddad, je ne saurais émettre un jugement. En revanche, la conclusion citée paraît un peu courte. Le cataclysme de la Shoah est évidemment un élément déterminant dans la conscience — et l’inconscient — de tout juif, qu’il soit en Israël ou en diaspora. Mais réduire la lutte contre le terrorisme à un déplacement de « l’hostilité légitime envers les criminels nazis » est d’une sottise impardonnable. À moins que cette réduction ne participe de l’indignation sélective. Car présenter les Arabes de Palestine comme des victimes des « bourreaux israéliens » consiste à inverser les valeurs de façon à en fusionner l’esprit.
    C’est une manœuvre perverse. On voit ici que, malheureusement, tout psychanalyste qu’il soit, Gérard Haddad n’en est pas dégagé de cette perversité. L’influence de Lacan peut-être ?

  3. J’avance une autre hypothèse dans les suites qui sont à venir…

  4. Cadet

    Tendancieux peut sembler un mot faible. Il faut déjà y ajouter pervers, très pervers.

    La démonstration visant à expliquer par la psychanalyse, une haine d’Israël vis à vis de la Palestine, en cherchant la source dans l’Holocauste, est un parfait exemple de pensée volontairement perverse.

    Cela suppose cette haine comme axiomatique. Il faut la supposer vraie pour continuer le cheminement.

    Ensuite vient un raisonnement (psychanalyse = pseudo-scientifique) visant à valider son existence par une source tangible. La psychanalyse fait couler cette source là où on veut.
    Cette source a un fort enracinement dans l’inconscient collectif universel et comble, porte une quasi excuse. « On ne vous en veut pas d’avoir tant de haine, vous avez tant souffert ».

    Et pire encore, « vous voyez que nous ne nions pas l’holocauste ».

    Il faut tout de même aller chercher loin la mauvaise foi.

    C’est révoltant, pitoyable de l’âme humaine, exemple même de la parabole des talents. Il ne s’agit pas de pièces d’or, mais de l’intelligence qui a été donnée à certains. Ils l’ont développée, ils ont pu y ajouter la culture. Mais ils ne la font pas fructifier. Parce que le mépris et la haine ne sont pas des fruits. Et la guerre est la colère de l’éternel.

  5. Cadet

    Il m’a paru important d’isoler mon premier sentiment de ce second propos face à cet article. Ceci afin que le premier garde son caractère absolu.

    Un avis sur la psychanalyse. Pour faire simple, les mots ne seront pas ceux des théoriciens.
    Il existe deux sortes de caractères, actifs ou passifs. Les seconds peuvent sans aucun doute trouver de l’aide dans un psychanalyse qui est un mode d’introspection recessif.
    Les premiers ne peuvent s’en accommoder. Et il est faux de prétendre qu’il ne s’agit que de barrières à faire sauter.
    La méthode socratique d’introspection active leur est plus profitable.
    Plus encore, elle est profitable à toute la société.
    La soumission absolu au périmètre de Freud est une des plus grabndes impostures et une des plus grande dérives de l’humanité.

    Pour mémoire, bien avant Freud, et de sa propre projection sur le papier, Montaigne (homosexuel notoire) a écrit. Ce que mon conscient ignore, mon inscient le sait.

  6. Cadet

    Encore un.

    Vous vous réjouissez en lisant la reconnaissance l’apport talmudique à la psychanalyse.
    C’est flatterie de l’ego ethnique et débouche tout naturellement sur la deuxième partie ci-dessus dénoncée.
    Il n’y avait et il n’y a toujours pas de quoi se réjouir.
    Cela peut-il aider à prendre du recul face à tout discours semblant bénéfique à une cause ?
    Cela peut-il aider à ne pas prendre la critique pour un rejet ?

  7. De la même façon que nul ne devra se réjouir en France de l’apport français à l’aéronautique européenne, par exemple ?

  8. Cadet

    Mon nom est personne.

    C’est un petit oiseau qui tombe du nid; Il a froid, il a peur, il piaille et piaille encore.
    Une vache l’entend qui se dit, je vais aider le piaffou. Et elle lâche une grosse bouse sur le petit oiseau. Tout réchauffé, tout rassurré qu’on se soit occupé de lui, il piaille de bonheur et piaille encore.
    Un renard entend le barouf et vient voir ce qui se passe. Tiens, un piaffou bien chaud. Et vlan, il le boulotte d’un coup.

    Moralité : Quand quelqu’un te fout dans la merde, ce n’est pas forcément pour ton mal.
    Moralité : Quand quelqu’un te sort de la merde, ce n’est pas forcément pour ton bien.
    Moralité : Quand on est dans la merde, il vaut mieux fermer sa gueule.

    Mon dieu, protégez-moi de mes amis et je me charge de mes ennemis ! D’accord, mais es-tu sur de toujours savoir les reconnaître.

  9. Il serait peut-être approprié que vous évitiez de me répondre sur des intentions que vous me prêtez et qui sont finalement de peu d’intérêt. (Mes intentions réelles comme celles que vous me supposez).

    Je suis convaincu que vous n’auriez pas écrit votre commentaire si vous aviez lu le livre auquel il se réfère.

  10. @cadet :
    « Il existe deux sortes de caractères, actifs ou passifs ». Vraiment ?
    Ça me rappelle une anecdote racontée par Malraux.
    De Gaulle pérorant : « voyez-vous, Malraux, il existe deux sortes de gens… »
    Se rendant compte qu’il allait dire une énorme platitude/sottise/truisme [rayer les mots inutiles], il poursuit : « ceux qui pensent qu’il y a deux sortes de gens … et les autres ».
    Ma foi, votre « psychologie » n’est ni de courrier des lecteurs, ni de bazar, pas même de comptoir. C’est un salmigondis. Qui ne connaît rien à la psychologie et encore moins à la psychanalyse — hormis des poncifs ou des éructations médiatiques — serait bien avisé de s’informer, sous peine de ridicule péremptoire.

  11. Bibi

    @Rotil,
    Je viens de lire la présentation du livre à laquelle votre article renvoie.
    La méconnaissance du présentateur est flagrante. Il existe une multitude d’études, depuis bien longtemps, sur différents aspects relevant de la psychologie et du comportement des survivants (pas seulement des camps), y compris de leurs relations avec autrui – que ce soit sa famille ou tout « Autre ».
    Plusieurs syndromes sont déjà répertoriés.
    A ma connaissance (limitée), celui du transfert de la haine (qui sous-entend et présuppose l’existence d’une haine) n’en fait pas partie.

  12. Votre « qui sous-entend et présuppose l’existence d’une haine » souligne parfaitement la première chose qui m’a choqué dans cet article. Car encore faut-il, justement, et déjà, qu’une telle haine existe.

  13. Belem

    Le ridicule n’existe que pour l’esprit de celui qui le nomme.
    Le ridicule basé sur la mesure de la connaissance, induit que celle-ci soit figée, la somme arrêtée.

    Peut-être aurais-je du souligner en gras le mot « sentiment » qui présidait à mon expression écrite, évitant ainsi certains ressentis et réactions.

    Il existe une infinité de chemins vers la connaissance, et jamais de borne d’arrivé. J’ai longtemps perdu un ami d’adolescence, un frère. Je l’ai retrouvé au même endroit que moi sur cette pensée. Il avait suivi une autre route, y compris autre que celle que lui traçait sa profession, psychiatre et psychanalyste. Et c’est son sacerdoce.

    Ne vous emportez pas Kravi. Ne vous trompez pas, mon propos respecte chaque individu et sa construction. Il ne met en cause qu’une forme sociale.
    C’est mon chemin. Il est fondé surun savoir que vous ne connaissez ni ne pouvez soupçonner. Il s’exprime dans la transparence et le ridicule ne peut le concerner.

  14. Bibi

    Il existe une haine, et même une industrie de la haine, à laquelle le contribuable européen et américain notamment participe à l’insu de son plein gré. Elle est amplement documentée entre autres sur « Palestinian Media Watch » dont plusieurs articles sont traduits en français.
    En Israël, la perception de l’ennemi est accompagnée par toute une gamme de sentiments, y compris celui de partenaire de paix et d’individu(s) dont il faut promouvoir la réalisation des droits légitimes.

    Plus généralement, la grande majorité des survivants de la Shoah sont caractérisés par le mobile central de vivre et de faire vivre (en quelque sorte, démontrer par leur présence et par leur constructions/réalisations, l’échec du projet nazi). La haine n’est pas un moteur adéquat pour ce genre d’entreprises.

  15. « La méthode socratique d’introspection active » est en effet profitable à tout le monde, personne n’en disconvient. Son seul inconvénient est que son champ d’action reste le conscient.
    La psychanalyse tente d’éclairer les motivations inconscientes de nos comportements et par là-même nous permettre d’échapper aux répétitions mortifères et aux choix inappropriés.
    La psychanalyse appliquée au champ social — ce que la conclusion de Haddad semble faire — me paraît en effet une imposture.
    Ça n’invalide en rien le travail psychanalytique individuel qui reste avant toute une thérapeutique.

  16. Belem

    Je ne comprends pas Onc’Rotil. Pouvez-vous me dire concrètement à quoi votre propos sur les intentions se rapporte.

  17. Belem

    En rien, Kravi, nous sommes d’accord.

    Je ne remets pas en cause la psychanalyse. Je ne partage pas l’universalité de ses applications, ni de sa nécessité. De nos jours, nous référons à tout ce qui commence par psy, en toutes choses. Je pense par exemple à la systématisation des cellules de soutient psychologique. Beaucoup surmontent, surmontaient ou surmonteraient d’eux-mêmes les épreuves, qui se retrouvent entravés par cette obligation morale et sociale d’assistance. Et je crois que leur nombre surpasse ceux qui en tirent un bénéfice.
    Il y a de la sorte une déresponsabilisation de tout un chacun.
    Mais que jamais je ne dise que « les psychanalystes » forment une congrégation de charlatans magiciens parce que Miller bénéficie d’une grande audience à la télévision et devient ainsi référent.

    En revanche, je ne partage pas votre restriction de l’introspection au domaine du conscient. C’est pour cela que j’ai cité Montaigne. Une catharsis peut s’opérer devant la feuille et de la sorte, Montaigne a devancé Freud en étant soignant et soigné.
    Je pense que tout le monde n’est pas Montaigne, que pourtant il existe et que prendre cela en considération peut éviter cette sorte de dictature psy qui nuit, non pas à chacun, ni même à tous, mais à l’ensemble.

  18. Si dictature il y a, elle n’est en rien du fait des psychanalystes [je ne parle évidemment pas des zozos qui, se prévalant d’un titre qu’ils n’ont en rien mérité, se pavanent à la télévision ; il y aurait beaucoup à dire sur la formation et l’habilitation des psychanalystes].
    La doxa victimaire qui prévaut aujourd’hui n’est pas promue par les psychanalystes. La psychanalyse a au moins ceci de bien, c’est qu’elle oblige à une responsabilisation individuelle du patient. Ce sont les pouvoirs publics qui usent et abusent des cellules de soutien psychologique à grand renfort d’annonces à visée démagogique. Ce qui ne contredit pas le fait qu’un traumatisme psychique a tout intérêt à être élaboré par la parole.
    Pour en terminer avec la dictature : à partir du moment où un psychanalyste exerce un pouvoir sur son patient, il déroge à ses principes et devient un gourou. Je suis bien placé pour savoir que de telles dérives existent et je les condamne absolument. Nous entrons alors dans le domaine de la perversité.
    Que le socius instrumentalise la théorie psychanalytique à des fins de démagogie compassionnelle n’implique pas que la psychanalyse soit complice de ce détournement.

  19. Belem

    C’est bien d’une dictature au niveau d’une société que je parlais. Bien entendu, elle est mise en place par d’autres mouvements que la Société Psychanalytique de Paris ou autres, que je ne connais du reste pas assez pour en savoir les tendances ou les soupçonner de quoi que ce soit.

    Cependant, les zozos de la télé n’en sont pas moins des psychanalystes « patentés », et c’est certainement l’intérêt personnel qui motive nombre d’entre eux à jouer le jeu, à donner la caution à ce que vous nommez la doxa victimaire. Des zozos-psychanalystes en somme, qui ne sont pas la psychanalyse.

    Je suis très content que nous soyons au-delà de mon propos initial, Cela me laisse penser que son imprécision de départ et ce qui en avait découlé, ont été dépassés.
    D’autant qu’il me semble que nous sommes finalement dans des visions assez proches.

    J’en retiens au moins la remise en cause de la « doxa victimaire » et la réccusation de de la psychanalyse appliquée au champ social. Ce dernier point était la base de mon propos sur l’article de Rotil.

  20. Belem

    Pour ce qui est de la perversité, je réitère mon affirmation qui est que le sieur Haddad est bien dedans.

  21. Belem

    Ben oui Onc’Rotil, même qu’il ne faut pas manquer d’air pour affirmer une telle chose.
    Remarquez, cela porte quelquechose de positif, regardez.

    « la grande majorité des survivants de la Shoah sont caractérisés par le mobile central de vivre…démontrer… l’échec du projet nazi ».
    J’en suis intimement persuadé et c’est pour cela que je ne crois pas une seconde à cette histoire de haine qui m’estomaque.

    « La haine n’est pas un moteur adéquat pour ce genre d’entreprises ».
    Ni pour n’importe quelle entreprise autre que la destruction. J’en suis certain.

  22. Bibi

    Soyons justes.
    Il s’agit d’une recension du livre de Haddad. Il est tout à fait possible que l’auteur de l’article ait projeté ses propres fantasmes sur ce qu’il a lu.

  23. Belem

    Haddad ou un autre, l’homme qui a déclaré la haine d’Israël est un pervers. Celui qui l’a justifiée dépasse mon entendement.
    Haddad = forgeron

  24. « les zozos de la télé n’en sont pas moins des psychanalystes “patentés” ». Eh bien non, justement. Comme disait Bourvil devant un avion sans hélice : « c’est là qu’est l’os, hélas ».
    Ils se sont autoproclamés selon l’extraordinaire formule de Lacan : « l’analyste ne s’autorise que de lui-même ». Moyennant quoi on voit fleurir depuis les années 70 une pléthore de pitres s’autorisant d’eux-mêmes à se prétendre analystes, sans travail de formation autre que quelques mois sur un divan, avec dans le meilleur des cas une bienveillante cooptation de la part de leur propre analyste que dans leur jargon ils n’ont pas peur d’appeler  » la passe » (!). Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet.

  25. Bibi

    J’ai eu la redoutable joie de rencontrer qq spécimens de cette secte. Ils (et elles) n’arrêtaient pas leurs analyses de tout propos (silence compris) de ma part – c’était dans des circonstances « sociales », donc parfaitement inadaptées pour ce genre d’exercice, ce qui ne les gênait absolument pas (peut-être même y trouvaient-ils du plaisir dans la transgression).
    En matière de déontologie c’est… ahmm… problématique.

  26. Bibi

    D’accord sur le caractère pervers de l’attribution.
    Mais je laisse le bénéfice du doute par rapport à celui qui porte la « paternité » de cette perversité.

  27. Belem

    Et bien disez donc. Le jeu en vaut la chandelle. Quelles sont justement les limites de la patente, selon qui, de quel droit et de quelle référence, avec quel moyen de lire le menu pour celui qui entre dans la salle…

  28. Bibi

    En cherchant le dernier article sur « Palestinian Media Watch » (glorification à la TV « palestinienne » des assassins de la famille Fogel – pour l’instant en hébreu seulement), je découvre qu’il y a une VF:
    http://palwatch.org/main.aspx?fi=855

    C’est une sélection qui n’est pas à jour, mais ça donne une idée de l’industrie de la haine.

  29. Oui, ça fait un moment que j’y pense : ça pourrait faire un excellent sujet d’Antidoxe. Comme son nom l’indique, ce blog est censé combattre préjugés et idées reçues. Concernant la psychanalyse ceux-ci ne manquent pas. Ce qui me manque, en revanche, c’est le temps…

  30. Souris donc

    A Kravi
    Avez-vous vu la controverse à propos du film « Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme » ?

    L’article de Brigitte Axelrad commence par cette citation :

    « La psychanalyse n’est pas une science. Elle n’a pas son statut de science, elle ne peut que l’attendre, l’espérer. C’est un délire — un délire dont on attend qu’il porte une science. On peut attendre longtemps ! Il n’y a pas de progrès, et ce qu’on attend ce n’est pas forcément ce qu’on recueille. C’est un délire scientifique. »

    Jacques Lacan, Ornicar ? Bulletin périodique du champ freudien, 1978, 14, p. 9.

    suite de l’article :
    http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1744

  31. J’aimerais en savoir plus, Souris, mais je dois dire que je suis sceptique à l’endroit de Sophie Robert.

  32. Bibi

    Souris,

    Si mes souvenirs sont bons, Freud lui-même a sorti la psychanalyse du champ scientifique. Je crois qu’il disait que c’était de la méta-psychologie.
    En tout cas, c’est une pratique à visée thérapeutique, comme la médecine (qui n’est pas une science non plus), qui peut bénéficier des acquis d’autres disciplines scientifiques.
    C’est la discipline qui fait défaut à plusieurs « praticiens » des diverses branches psychanalytiques.

    Kravi me corrigerra, j’espère.

  33. Souris, votre question entraîne deux réponses :
    1- l’autisme est le type-même de l’argumentaire servant à invalider la psychanalyse. Sur ce point, je suis très clair : Bruno Bettelheim a fait beaucoup de mal en plaquant une théorie du fonctionnement psychique sur une pathologie très possiblement neurologique, avec tous les ravages induits : culpabilisation des mères, destruction des familles, etc..
    Les autismes, car il y en a plusieurs, sont des maladies de la relation et de la pensée, terribles et mal connues. Tous les psychanalystes sérieux savent aujourd’hui (car les travaux de Bettelheim datent de 40 ans ou plus) qu’elles sont hors du champ de leur travail. À mon sens, les analystes dont parle l’article d’Axelrad se fichent du monde ; ce qui ne m’étonne guère, cf. le paragraphe suivant.

    2- j’ai commis çà et là dans Antidoxe plusieurs commentaires au sujet de la formation des psychanalystes dans lesquels j’indique mon peu d’estime pour les pratiques lacaniennes. À mon sens, le charismatisme n’est pas une qualité sauf à être un mage allumé ou un dentiste de foire. Les lacaneries ont été tellement préjudiciable à la psychanalyse que ce sujet me fait toujours enrager.
    Il ne s’agit pas de querelles stériles sur le sexe des anges ou les poils aux œufs. Quelques-unes des théories lacaniennes peuvent aider à la réflexion. Mais le mode de formation des lacaniens et leurs pratiques perverses me font toujours écumer, tant les dommages sont grands. Il est probable que j’y reviendrai dans un futur article histoire de me faire quelques amis de plus.
    Quoi qu’il en soit, je ne prendrai jamais comme référence les articles, critiques ou positions théoriques des lacaniens. Il y a trop à construire en cette vallée de larmes pour perdre son temps avec les faiseurs.

  34. Souris donc

    Bibi, ce qui est intéressant dans l’histoire, plus que les bagarres entre différentes chapelles (auxquelles je ne comprends rien), c’est l’émergence des nouveaux traitements de l’autisme. Et voilà maintenant que les tenants d’une origine génétique de certains troubles se mettent à se taper dessus eux aussi. Notamment à propos du caractère prédictif, en se traitant mutuellement de charlatans.
    On attend que Kravi nous éclaire.

  35. Souris donc

    Se taper dessus, la nouvelle réfutation poppérienne ?

  36. Bibi

    Tant qu’il y a des querelles entre « savants » ou « experts » – ça me va.
    C’est le consensus qui est anxiogène. Car non seulement anti-scientifique mais surtout non-humain. Il y a toujours au moins une hypothèse concurrente à celle validée.

  37. Un de nos amis ici présents écrivait : « j’aime la science (donc *PAS* la psychanalyse) ». Je ne vois pas le rapport.
    De quelle science parle-t-on ? De toute évidence la psychanalyse n’appartient pas aux sciences dures mesurables et reproductibles. Les détracteurs de la psychanalyse en tirent même leur principal argument. C’est un corpus théorique, nourri d’une pratique clinique, appartenant aux sciences humaines au même titre que la psychologie ou la philosophie. Pratique et théorie évoluent de concert dans une relation dialectique permanente pour donner une méthode thérapeutique.

  38. Souris, l’autisme sort du champ de ma compétence je n’en sais quasi rien, sinon que Bettelheim se trompait lourdement. Ce qui n’invalide pas le reste de sa pensée et de son travail psychanalytique.
    Les bagarres entre les différentes chapelles ne sont pas intéressantes, sinon sur le plan historique. En revanche, il est légitime de dénoncer des pratiques perverses et des formations insuffisantes.

  39. Kacyj

    « C’est le consensus qui est anxiogène »
    Effectivement. C’est le consensus qui m’a amené à totalement remettre en question ma façon de penser le changement climatique.

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