Doxionnaire : Socialisme.

Antidoxe se propose, entre autres gourmandises qui ne font pas grossir, de publier ce qui ne se lit pas ou pas assez ailleurs. Or, une longue et patiente observation de ces ailleurs montre une difficulté à débattre dès lors que le sens des mots qu’on utilise n’est pas commun.

Sans déterrer de récentes haches de guerre, on peut affirmer que vivre ensemble n’est possible qu’à condition de parler la même langue.

Une langue n’est pas seulement une liste de mots, phrases, grammaire etc., ça devrait être aussi une possibilité, avant de se fritter, se congratuler, s’étreindre, se brouiller, de se mettre d’accord sur « de quoi on parle ».

Les passionné(e)s de la baston virtuelle conserveront la goûteuse faculté de honnir, vilipender, conspuer, vomir, godwiniser leurs contradicteurs, mais avec le délicieux frisson supplémentaire que procure la certitude de n’être pas d’accord sur le fond. Et non sur de superficiels préjugés sans racines.

Les amoureux du dialogue, de l’échange intellectuel, de l’amour courtois des mots et des idées, sortiront réchoupillés de discussions enrichies par le fait qu’on accorde le même sens aux mêmes mots.

Échauffons les sens, caressons les mots, creusons leurs rides, qu’ils soient neufs ou anciens, peignons-les aux couleurs de l’actualité, donnons-leur le cuivré de qui a longuement vécu.

Alors, pour chauffer la salle, nous pourrions, par des définitions inventées ou reproduites, par des approximations hardies ou des exemples concrets, donner au mot « Socialisme » le sens qui nous semble idoine.

D’autres auront leur chance, libéralisme, club sandwich, pokemon, transsubstantiation, bouton de guêtre…

Mais commençons par ce jardin d’enfant où s’ennuient des maîtres, surveillés pas des adolescents dont la plupart sont morts : le socialisme.

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133 Commentaires

  1. Yaakov Rotil

    Socialisme… Synonyme proposé: attrape-nigaud

  2. QuadPater

    Le socialiste fait bouillir la marmite avec un récipient, de l’eau, un briquet et du bois piqués chez les voisins.

  3. Le vice inhérent au capitalisme est l’inéquitable partage des richesses, la vertu inhérente au socialisme est le partage équitable de la pauvreté.
    Winston Churchill.

  4. Le socialisme s’installe au Sahara : pendant vingt ans rien ; au bout de vingt ans : pénurie de sable.

  5. Socialisme. Emploi usurpé de l’adjectif « social » pour décrire un régime politique faisant croire qu’il améliore la condition sociale des gens. En réalité ce type de régime consiste à dépouiller les hommes de leurs responsabilités pour les confier à un État, lequel est incapable de les assumer.

  6. Yaakov Rotil

    Mort de rire !

  7. Le socialisme est vaste et non étroit. Il s’adresse à tout le problème humain. Il embrasse la conception sociale tout entière. En même temps qu’il pose l’importante question du travail et du salaire, il proclame l’inviolabilité de la vie humaine, l’abolition du meurtre sous toutes ses formes, la résorption de la pénalité par l’éducation, merveilleux problème résolu. ( Très bien !) Il proclame l’enseignement gratuit et obligatoire. Il proclame le droit de la femme, cette égale de l’homme. ( Bravos !) Il proclame le droit de l’enfant, cette responsabilité de l’homme. ( Très bien ! -Applaudissements. ) Il proclame enfin la souveraineté de l’individu, qui est identique à la liberté.
    Qu’est-ce que tout cela ? C’est le socialisme. Oui. C’est aussi la république ! ( Longs applaudissements. )
    Citoyens, le socialisme affirme la vie, la république affirme le droit. L’un élève l’individu à la dignité d’homme, l’autre élève l’homme à la dignité de citoyen. Est-il un plus profond accord ?
    Oui, nous sommes tous d’accord, nous ne voulons pas de césar, et je défends le socialisme calomnié !
    Le jour où la question se poserait entre l’esclavage avec le bien-être, panem et circenses, d’un côté, et, de l’autre, la liberté avec la pauvreté,-pas un, ni dans les rangs républicains, ni dans les rangs socialistes, pas un n’hésiterait ! et tous, je le déclare, je l’affirme, j’en réponds, tous préféreraient au pain blanc de la servitude le pain noir de la liberté. ( Bravos prolongés.)
    Donc, ne laissons pas poindre et germer l’antagonisme. Serrons-nous donc, mes frères socialistes, mes frères républicains, serrons-nous étroitement autour de la justice et de la vérité, et faisons front à l’ennemi. ( Oui, oui ! bravo !)
    Victor Hugo. Congrés des Amis de la Paix 1849

  8. Rawls était-il socialiste ?

  9. Loaseaubleu

    Saint Petersbourg au début de la révolution de 1917, au cours d’une reunion contradictoire ( c’etait encore possible a cette date )
    Un homme monte à la tribune et brandissant verticalement une canne au pommeau d’or declare
    Sous le Tsar l’or est en haut, la racaille traine dans la boue et nous au milieu
    Si je retourne ma canne, l’or est dans la boue, la racaille en haut et nous toujours au milieu.

  10. Victor Hugo emphatique et prophétique, malgré lui pour le second qualificatif.
    Lorsque le socialisme qu’il appelait de ses voeux comme un nourrisson réclame le sein a fini par exercer le pouvoir, il a tenu les engagements du poète: l’esclavage et le pain noir. Bravo Victor!

  11. Souris donc

    Victor Hugo en français courant :

    Socialisme = Etat-Providence dispensant la manne aux ayants-droit.
    J’ai droit à.
    Droit à l’enfant, droit au mariage, droit au remboursement de ma PIP, droit à la compassion de la société si je deale pour m’offrir une Porsche sans vraiment me fatiguer.
    Et si on ne respecte pas mes droits, je vais dénoncer à la halde, SOS-racisme, CNIL.
    Bienvenue dans le monde merveilleux du droitdelhommisme.
    Liberté, égalité, fraternité !

  12. Libertinage, nivelage, ravages…

  13. Je suis assez d’accord avec la vision de Victor Hugo, les Droits de l’Homme sont une belle chose. Ce sont précisément la haine de ces valeurs qui motivent les barbares et les obscurantistes de tout poil.
    Derrière les plus grandes idées se cachent les pires trahisons.

  14. Mais, Tibor oriental, il y a déjà tout le fatras sentimentalo-déconnant du socialisme dans ton Victor:
    éradication du meurtre (rien que ça), résorption de la pénalité par l’éducation (vieille utopie qu’on nous ressert à chaque élection, et même entre deux). Cette vision idyllique et mensongère entache l’appel aux droits de l’homme. Dont on nous rebat les esgourdes, sans qu’on sache ce qu’on met derrière…
    Quant à « l’inviolabilité de la vie », le programme socialiste la piétine joyeusement avec l’euthanasie et toute la clique… Down Hugo!

  15. Encore un petit Churchill pour la route: « Christophe Colomb était le premier socialiste: il ne savait pas où il allait, il ignorait où il se trouvait et faisait tout ça aux frais des autres. »

  16. Allons Rackam, ne te fais pas moins subtil que tu ne l’es tu sais très bien que ce qu’il prone derrière cette éradication du meurtre c’est la suppression de la peine de mort. Pareil pour la question de l’éducation, tu fais mine de confondre l’objectif et les moyens. La faillite do socialisme, c’est la faillite des moyens et non pas l’obsolescence de son idéal. Ce n’est pas parce que les socialistes ont oubliés leur idéal ou que les droits de l’homme sont instrumentalisés que je renie et l’un et l’autre. Où se trouve ton idéal chrétien ? L’individualisme enfin, la liberté avant tout qui mène à l’euthanasie au droit de vendre son propre corps en entier ou par morceaux c’est Nozick et pas Totor. La vision du poète est belle, elle reflète ce que j’aime dans notre civilisation et ce que haïssent ses ennemis, les avortons qui la dénaturent n’ont de socialiste que le nom.
    Le socialisme est une utopie au même titre que le libéralisme, c’est de la tension entre ces deux courants de pensée que nait notre civilisation.

  17. Merde! tu as raison! qu’est-ce que j’ai encore fait de mon « idéal chrétien »? Dimanche encore il était là.

  18. Il leur disait dans son enseignement: Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques; qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins; qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l’apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement. (Marc 12:38-40 NEG79)

  19. Souris donc

    Le mot utopie est le mot qui colle à toutes les tyrannies quand elles sont théorisées. Hitler et Staline, des utopies. A la place des socialistes, c’est un mot que j’éviterais.
    Je ne crois surtout pas que notre civilisation soit née de la tension entre socialisme et libéralisme. Nos régimes politiques tout au plus.

  20. L’exigence de liberté et le devoir de solidarité alors…

  21. Expat

    « Liberté, égalité, fraternité ! » : comme dit dans un dessin dans une revue anglaise : »make up your mind » (décidez vous !)

  22. Sophie

    Je crois que la tache originelle du socialisme, c’est d’avoir préféré l’émancipation collective à l’émancipation individuelle.

    L’émancipation est TOUJOURS individuelle, par essence.

  23. Tribord,
    l’exigence de liberté et le devoir de solidarité. Qui ira là-contre?
    Mais c’est un piège.
    Car ta définition de la liberté n’est probablement pas la mienne, celle de la solidarité pas davantage. Et on en trouverait autant que de personnes interrogées.
    D’où la nécessité de ne pas jouer à cache-cache derrière les grands mots, mais d’essayer de définir les petits qui les composent.
    Or, voici le doxionnaire… que seul un antisémantisme primaire peut ignorer.

  24. Souris donc

    Oui les mots sont piégeants. Une civilisation résulte aussi de choses comme la musique, nos racines chrétiennes (vite, l’ail et l’eau bénite de la bienpensance !), nos grands naturalistes-voyageurs qui ont inventorié et classé, nos inventeurs qui nous ont sorti de la survie et donné du temps. Et le raton-laveur ainsi que le Roi-Soleil. Hathorique : au secours !

  25. Ah mais Raque Âme ! Moi j’en étais au libéralisme et au socialisme (tu trouveras une très belle définition un peu plus haut), c’est Souris qui m’a renvoyé dans mes vingt-deux mètres.
    Un mot se définit toujours par d’autres mots, c’est la plasticité de la langue, il n’y a jamais de pleine lumière. Greimas qui fut un brillant sémanticien commençait son livre central « Du sens » en constatant que le problème avec le sens, c’est d’en dire quelque chose de sensé.

  26. Souris la liberté de chercher, d’inventer, de créer et la nécessité de se soumettre à un ordre supérieur, de soulager la souffrance et la misère, d’élever l’homme.
    Oui, nous sommes bien d’accord.

  27. Expat,… »(décidez vous !) »…

    Excellent !

  28. J’rais jusqu’à dire que la pleine lumière, c’est la clarté aveuglante de la doxa.

  29. Expat

    @Impat : c’est la première fois que j’ai vu « liberté, égalité, fraternité » mis en cause. Et je dois dire que je suis d’accord. C’est surtout le deuxième mot qui me pose problème.

  30. Le socialisme est un enfant du christianisme qui fut retiré à ses parents en bas âge.
    D’une nature bonasse, il fut entraîné dans la délinquance par des « grands-frères » de rencontre.
    Très tôt il s’en prit à la propriété privée ce qui le conduisit à la violence dont il peine à se séparer.
    Doté d’une nature généreuse, il eut des enfants de plusieurs filles des rues, dont le nationalisme.
    Avec cette dernière il eut un môme moustachu qui ne suffit pas à le discréditer.
    D’une étreinte qui dure encore, il eut le communisme, qui dure toujours. Ses enfants sont résistants.
    Mais, sur le tard, il eut une liaison avec le libéralisme, subit une greffe de réformisme et s’adonna à la propriété privée sans retenue.
    De ses origines, il garde un goût prononcé pour les grandes idées, les élans altruistes, puis, lorsque les spots sont éteints, il rentre dans son ermitage cossu, s’adonner à la boisson (du rouge) à la nourriture (du vert) et aux substances hallucinogènes.
    D’un naturel menteur, il promet la liberté et pratique la contrainte, vante la société et caresse les communautés, prône l’économie et se livre à la dépense. Quand on le chasse des lieux de pouvoir où il squatte, les caisses sont vides, les espoirs déçus, et sa voisine, la démocratie, est envahie de nuisibles.
    Si vous le croisez, écartez-vous, il semble prometteur, ses antécédents parlent en sa faveur, mais il vous mettra sur la paille, et vous facturera la meule, sur le trottoir et ponctionnera vos gains, sur le carreau et vous serez sans un trèfle.

  31. Guenièvre

    Très joli texte , Rackam et bonne question : qu’est-ce que le socialisme ? Pour en avoir fréquenté quelques uns , des socialistes, je me demande s’ils ont déjà tous la même définition de ce qui constitue leur idéologie. Mais, par contre, ce qui reste ancré en eux et que je ne retrouve pas ailleurs c’est quand même la conviction que , si on s’en donne les moyens, le Bien finira par triompher du Mal. Le Mal n’étant plus , comme à l’origine, la propriété privée en tant que telle , mais « la richesse » considérée comme illégitime. ( celle des autres bien sûr)
    Deuxième passion partagée par les socialistes : celle de l’égalité à laquelle beaucoup n’hésitent pas à sacrifier la liberté ; la société égalitaire étant pour eux la première des conditions de l’avènement d’une société heureuse. Pendant toute la période Jospin, j’ai vu l’idéologie socialiste s’installer dans l’éducation nationale : la réalité faisant que certains élèves sont plus brillants que d’autres on s’est attaché à couper les têtes qui dépassaient et à abolir les distinctions dans une médiocrité généralisée.

  32. Oui Rackam, je connais son nom : homme.

  33. Souris donc

    Guenièvre, une 3ème passion : battre sa coulpe. Nous sommes des esclavagistes, des racistes et des saccageurs de planète. Voyez l’empressement qu’ils mettent à distinguer civilisation et culture. Un distinction purement académique. Culture, c’est le relativisme. Celui qui permet de dire que nous sommes les pires.

  34. sausage

    « Qu’une réalité se cache derrière les apparences, cela est sans doute possible. Que langage puisse la rendre, il serait ridicule de l’espérer. Pourquoi s’encombrer alors d’une opinion plutôt que d’une autre, reculer devant le banal ou l’inconcevable, le devoir de dire et d’écrire n’importe quoi ?
    Un minimum de sagesse nous obligerait à soutenir toutes les thèses en même temps, dans un éclectisme du sourire et de la destruction.  »
    🙂

  35. Souris donc

    Ségolène demandant pardon :

  36. Lisa

    Ca me rappelle mon passé d’informaticienne, éviter les homonimes et les polysèmes pour bien se comprendre.
    Vivement un débat sur la transsubstantation !

  37. Expat, le »deuxième mot qui…pose problème » ne pose pas problème si on l’entend comme ses pères révolutionnaires l’ont entendu et l’ont écrit dans leur déclaration des droits. Égalité de tous devant la loi. Cela signifiait, au moment de son introduction, que les membres du peuple (le Tiers Etat) devaient disposer des mêmes droits que les membres de l’aristocratie (la Noblesse). Auparavant la loi accordait des privilèges spéciaux aux « nobles »: droits de chasse, exemption de certains impôts, jugements par une cour de nobles etc.
    L’interprétation, devenue courante, selon laquelle il faut une égalité de revenu, n’est qu’une traduction erronée. Et stupide car source d’appauvrissement général.
    En conclusion les révolutionnaires n’étaient pas si cons. Mais leurs descendants…..hmm.

  38. Guenièvre

    Souris, ça c’est relativement nouveau, ça n’est pas dans les  » gènes » du socialisme ». Au 19 è et début du 20è, les socialistes étaient partisans de la colonisation, contrairement aux partis de droite qui étaient plutôt contre .

    « Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. ». Jules Ferry
    : « Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture, et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l’industrie » Léon Blum

  39. Kacyj

    Vous croyez ? Je crois que si Guéant avait utilisé le terme culture, ces braves auraient préconisé l’emploi de « civilisation » ou d’un autre terme.

  40. Kacyj

    Mais si Race avait été utilisé en février 2012, nous serions au bord de la guerre civile.

  41. kacyj,
    si Ferry (Jules) et Blum (Léon) vivaient en 2012, seraient-ils socialistes?

  42. Souris donc

    Oh purée, Guenièvre, celle-là je l’encadre. C’est peut-être la raison du frénétique battage de coulpe chez les socialistes, Ségolène en grand Mamamouchi chez l’indigène. On ne m’en lasse pas (Rotil, mettez-nous le son, Lulli, La Marche des Turcs)

  43. Guenièvre

    @ Sausage,
    Un peu hors sujet mais pour rebondir sur le rapport réalité- langage que vous soulevez..
    Clément Rosset , philosophe boudé par les critiques, a analysé comment le langage par différents procédés , en particulier la grandiloquence ( réprobative ou laudative ), permet d’exorciser le réel de manière radicale. Voici les gros titres que « Le Moniteur » organe officiel des pouvoirs publics, alors aux mains de la Monarchie restaurée, consacrait au retour de Napoléon de l’île d’Elbe en mars 1814 :

    9 mars : le monstre s’est échappé de son lieu d’exil.
    10 mars : l’ogre corse a abordé au cap Juan.
    11 mars : le tigre s’est montré à Gap. Les troupes avancent de tous côtés pour arrêter sa marche. Il achèvera sa misérable aventure en fugitif dans la montagne.
    12 mars : le monstre s’est vraiment avancé jusqu’à Grenoble.
    13 mars : le tyran est maintenant à Lyon. La terreur a saisi tout le monde à son apparition.
    18 mars : l’usurpateur s’est risqué à approcher à soixante heures de marche de la capitale.
    19 mars : Bonaparte avance à marche forcée mais il est impossible qu’il atteigne Paris.
    20 mars : Napoléon arrivera demain sous les murs de Paris
    21 mars : L’empereur Napoléon est à Fontainebleau
    22 mars : hier soir, sa Majesté l’Empereur a fait son entrée publique, il est arrivé aux Tuileries. Rien ne peut dépasser la joie universelle !

  44. Expat

    Impat, tout à fait d’accord avec toi. Egalité devant la loi. C’est devenu égalité, tout court. C’est ridicule ! Comme dit Guinièvre, on sait très bien qu’on est pas tous égaux !

  45. Yaakov Rotil

    Voilà, Souris…

  46. Kacyj

    Socialiste ?
    Cela a t-il un sens ?
    Par exemple, le père de l’équilibre général, Léon Walras, l’un des concepteurs de la théorie néo-classique, fortement associée au concept de libéralisme se présentait comme socialiste. Dans mes rendus, il a dû m’arriver de dresser des parallèles entre le gosplan et la théorie de l’équilibre général.
    Il n’y a pas de tension entre socialisme et libéralisme. Ce sont deux images d’une architecture identique. Le premier vous dit que tout doit être contrôlé, organisé. Le second raconte exactement la même chose en s’appuyant sur cette vapeur de l’esprit humain appelée autorégulation.
    Mais il est vrai que pour s’opposer au « socialisme », on fait désormais appel à Bastiat, soudain ressorti des limbes de la pensée économique pour nous aider à comprendre la complexité du monde actuel avec des idées vieilles de 150 ans.
    Alors, Ferry, Blum socialistes aujourd’hui ? Que voulez vous que j’en sache ? Peut-être keynésiens, comme moi, non au regard des théories qu’il a formulées, mais par rapport à son pragmatisme, par rapport à sa capacité à étudier le contexte et à adapter les outils de la politique aux contraintes imposées par ce contexte. Du point de vue de sa théorie générale, Keynes ne serait pas keynésien aujourd’hui, pas plus que libéral ou socialiste. Foutaise que tous ces mots, foutaise que tous ces sens. La seule chose qui importe et vous l’introduisez dans votre texte, Rackam, c’est qu’ « une langue n’est pas seulement une liste de mots, phrases, grammaire etc., ça devrait être aussi une possibilité, avant de se fritter, se congratuler, s’étreindre, se brouiller, de se mettre d’accord sur « de quoi on parle »».

    « A long terme, nous serons tous morts ». Il n’existe pas de meilleure idéologie.

  47. J’oubliais, le socialisme c’est aussi ça :

    Sur cette butte-là y’avait pas de gigolettes,
    Pas de marlous, pas de beaux muscadins;
    Ah ! c’était loin du moulin de la galette
    Et de Monmartre qu’est le roi des patelins.
    C’qu’elle en a bu de sang, cette terre,
    Sang d’ouvriers et sang de paysans,
    Car les bandits qui sont cause des guerres
    N’en meurent jamais, on ne tue que les innocents.

    La butte rouge, c’est son nom, l’baptême s’fit un matin
    Où tous ceux qui montaient roulaient dans le ravin;
    Maintenant y’a de la vigne , il y pousse du raisin,
    Qui boira d’ce vin-là boira le sang des copains.

    Sur cette butte-là on n’y faisait pas la noce
    Comme à Montmartre où le champagne coule à flots,
    Mais les pauv’ gars qu’avaient laissé des gosses
    Faisaient entendre de terribles sanglots.
    C’qu’elle en a bu de larmes, cette terre,
    Larmes d’ouvriers et larmes de paysans,
    Car les bandits qui sont cause des guerres
    Ne pleurent jamais car ce sont des tyrans.

    Sur cette butte-là on y fait des vendanges,
    On y entend des rires et des chansons;
    Filles et gars tendrement y échangent
    Des mots d’amour qui donnent le frisson.
    Peuvent-ils songer dans leurs folles étreintes
    Qu’à cet endroit où s’échangent leurs baisers
    J’ai entendu la nuit monter des plaintes
    Et j’y ai vu des gars aux crânes brisés?

  48. Et puis ça aussi:

    Que tu as la maison douce
    Giroflée Girofla
    L’herbe y croît, les fleurs y poussent
    Le printemps est là.
    Dans la nuit qui devient rousse
    Giroflée Girofla
    L’avion la brûlera.

    Que tu as de beaux champs d’orge
    Giroflée Girofla
    Ton grenier de fruits regorge
    L’abondance est là.
    Entends-tu souffler la forge
    Giroflée Girofla
    L’ canon les fauchera.

    Que tu as de belles filles
    Giroflée Girofla
    Dans leurs yeux où la joie brille
    L’amour descendra.
    Dans la plaine on se fusille
    Giroflée Girofla
    L’ soldat les violera.

    Que tes fils sont forts et tendres
    Giroflée Girofla
    Ca fait plaisir d’ les entendre
    A qui chantera.
    Dans huit jours on va t’ les prendre
    Giroflée Girofla
    L’ corbeau les mangera.

    Tant qu’y aura des militaires
    Soit ton fils soit le mien
    Y n’ pourra y avoir sur terre
    Pas grand-chose de bien.
    On te tuera pour te faire taire
    Par derrière comme un chien
    Et tout ça pour rien.

  49. Une dernière pour la route:

    Pour chanter Veni Creator
    Il faut avoir chasuble d’or.
    Nous en tissons pour vous
    Gens de l’église,
    Mais nous pauvres canuts,
    N’avons point de chemises.

    C’est nous les Canuts
    Nous allons tout nus.
    Pour gouverner, il faut avoir
    Manteau et ruban en sautoir.
    Nous en tissons pour vous
    Grands de la terre,
    Mais nous pauvres canuts,
    Sans draps on nous enterre.

    C’est nous les Canuts
    Nous allons tout nus.
    Mais notre règne arrivera
    Quand votre règne finira.
    Nous tisserons
    Le linceul du vieux monde,
    Car on entend déjà la révolte qui gronde.

    Nous sommes les Canuts
    Nous n’iront plus nus.

  50. Comme on dit en réunion de cellule, il y avait des raisons objectives pour que naisse le socialisme.
    Le grand Victor Hugo les décrit si bien dans les misérables.

  51. Marie

    Comme j’aime bien les saillies de Santini, en voici une sur le PS
    « « Les socialistes ont progressé. Ils sont passés de la gauche paillette à la gauche paillotte. »

  52. Marie

    Un extrait tiré de Durkheim sur le socialisme
    « Les économistes, eux aussi,
    aspirent à une moindre inégalité dans les conditions sociales ; ils croient seulement que ce
    progrès peut et doit se faire par le jeu naturel de l’offre et de la demande et que toute
    intervention législative est inutile. Dirons-nous alors que ce qui distingue le socialisme, c’est
    qu’il veut obtenir ce même résultat par d’autres moyens, à savoir par l’action de la loi ? C’était
    la définition de Laveleye. « Toute doctrine socialiste, dit-il, vise à introduire plus d’égalité
    dans les conditions sociales et, secondement, à réaliser ces réformes par l’action de la loi ou
    de l’État. »
    inhttp://data0.eklablog.com/ae-shs/perso/durkheim/durkheim%20-%20le%20socialisme.pdf
    Pour moi l ‘Etat ne doit s’occuper de ses pouvoirs régaliens!

  53. Guenièvre

    Vous avez raison Skarda , il y avait de raisons objectives à la naissance du socialisme :

    J’aime beaucoup : « la butte rouge » Je la mets en musique…

    Et sur un registre plus léger, je mets celle-ci qui est, à l’origine, un grand malentendu. Ecrite par un conservateur qui voulait se moquer des grévistes, elle a été reprise dans tous les milieux socialistes.

  54. hathorique

    Si vous permettez cette dissonance
    Le socialisme ne se réduit pas aux socialistes français qui en ont fait un détournement majeur, un pillage sémantique, une erreur de casting pour un adoubement populaire.
    Le socialisme c’est à l’origine : « un ensemble de doctrines inspirées par des sentiments humanitaires, fondées sur une analyse critique des mécanismes économiques et parfois du statut politique de l’État, ayant pour objectif la transformation de la société dans un sens plus égalitaire` »
    Puisque les mots ont un sens, n’appliquons pas à une doctrine politique les errements ou même les reniements des individus qui se cachent derrière les principes qu’ils ont trahis et reniés à maintes reprises. à des fins électoralistes pour le meilleur des mondes en devenir.
    Comme faut se garder de juger les religions à l’aune de la vérité de leurs dogmes, pas davantage que des agissements de ses laudateurs parfois intransigeants, la religion d’origine des premiers chrétiens à peu à voir, avec celle qui se pratique de nos jours elle a évolué souvent suite à des crises profondes qui enflammaient ses hiérarques.

    Il doit en être de même pour le socialisme qui n’est qu’une doctrine politique dont la mise en application dépend de ceux qui la pratiquent, car je crois aussi que c’est un idéal de solidarité, vers quoi tendent des millions de gens, qui ne connaissent que l’arbitraire, l’humiliation, l’autoritarisme , la corruption, le népotisme, l’injustice, c’est un idéal de fraternité, qui n’est pas un gros mot servant à batifoler dans les meetings à l’usage exclusif de quelques prédicateurs moutonniers .

    Le socialisme est né de la lutte des classes et de l’oppression des travailleurs, ce n’était pas de vains mots dans la société industrielle du 19° siècle qui a vu l’exode du monde rural vers la périphéries des grandes villes, vers les cités minières où les enfants travaillaient dès l’âge de 12 ans à pousser des wagons remplis de charbon, sans aucun droit pour les femmes ou hommes. Ce travail pénible provoquait un taux de mortalité plus élevé dans la classe ouvière que dans les autres classes sociales, c’est pour satisfaire les revendications ouvrières de solidarité que sont nés les premiers syndicats .

    Nous avons la chance dans nos pays de pouvoir railler cet idéal humaniste , alors que tant de gens assommés de misère et de souffrance souhaiteraient s’y rallier

  55. Ah Guenièvre ! Ma mère, que Dieu l’ait en sa sainte garde, qui s’est retrouvée dans un maquis à quinze ans, puis qui fut pro OAS et d’extrême-droite a bercé mon enfance avec les chansons populaires de France chantées par Yves Montand, je me souviens de la pochette : une image révolutionnaire de la prise de la Bastille, blanche, bleue et rouge avec des volutes de fumée étranges sortant des bouches à feu. Pour le mieux et pour le pire le socialisme est inscrit dans l’âme française.

  56. Avec les socialistes nouvelle mouture c’est toujours plus le prolétaire qui trinque. Ce petit blanc triste et humilié que tous méprisent.

  57. Libertitude, égalitude, fraternitude.

  58. rackam

    kacyj, je vous trouve limite nihiliste sur cette réponse. Et terriblement moderne: tout se vaut, les deux faces d’un même médaille, la vie est une maladie mortelle gnagnagna… Ciel! Mais c’est défaitiste de refuser le débat, de nier les divergences, de tout jeter avec l’eau du bain, la bonde et le bonnet de douche…
    skardanelli, de battre mon coeur s’est arrêté en lisant la dernière phrase de ton post de 6h03 (antidoxe time). Je n’avais jamais lu de si énormes propos sous ta plume. Je ne puis répondre avant ma verveine dévervéinée.

  59. Mon cher Rackam, j’attends ta réponse, avec impatience.

  60. Je ne crois pas, pas du tout, que le socialisme soit inscrit dans l’âme française. La longue Histoire de notre Pays ne le montre pas.
    En revanche il a envahi l’âme française à partir, grosso modo, du 2ème quart du 20ème siècle. Il n’en est pas sorti depuis, mais gardons nous d’insulter l’avenir.

  61. Je crois au contraire que le ver est entré dans le fruit à la révolution, lorsqu’elle a basculé dans la terreur et que le Roi fut décapité, un processus irréversible s’est mis en place, voici pour le pire. Je crois qu’un réel élan fraternel a existé chez les Français, une volonté de soulager les plus faibles et de donner à l’homme les moyens de s’élever voici le meilleur.
    Je ne dis pas que d’autres forces n’existent pas, heureusement : je pense à Mermoz ou Dassault pour vous faire plaisir, mais le fait est que notre dimension socialiste est indiscutable, le nier serait nier la réalité la pire des choses. Cet esprit peut tout à fait se fondre dans un modèle original, je suis optimiste de nature,

  62. … » un réel élan fraternel a existé chez les Français, une volonté de soulager les plus faibles et de donner à l’homme les moyens de s’élever…
    Oui. Mais cela est hors sujet: nous parlons de socialisme, là.

  63. kacyj

    Rackam,
    Heureusement, vous avez précisé « limite ».
    Dieu, pour lequel ma croyance fluctue selon les jours, m’en garde.
    Non, tout ne se vaut pas, certainement pas. Mais beaucoup ont tendance à assimiler la nécessaire, de mon point de vue, intervention de l’Etat au socialisme. Cette intervention ne doit pas étouffer les initiatives individuelles, et cela peut arriver en France, mais elle reste nécessaire, y compris dans les sphères économique, sociale, et allons y gaiement, naturelle. Il est donc nécessaire de planter quelques mises en garde face à une critique à outrance du socialisme. L’Etat réduit à ses simples fonctions régaliennes ne me convient pas. Les objectifs de justice sociale ne sont pas à jeter avec l’eau du bain du bébé capitaliste. Avant hier, j’ai voté à gauche, hier à droite. Demain, je ne voterais pas où bien à droite. Après demain, je voterais peut-être à gauche.

  64. Et bien justement le socialisme est porteur de cette dimension fraternelle.

  65. C’est le message d’Hugo.

  66. … »le socialisme est porteur de cette dimension fraternelle…C’est le message d’Hugo. »…
    C’était certainement vrai au 19ème siècle.

  67. hathorique

    je remets mon post entre vos mains expertes, car je crains que le précédent n’ai subi une mauvaise orientation donc :

    Si vous permettez cette dissonance
    Le socialisme ne se réduit pas aux socialistes français qui en ont fait un détournement majeur, un pillage sémantique, une erreur de casting pour un adoubement populaire
    Le socialisme c’est à l’origine : « un ensemble de doctrines inspirées par des sentiments humanitaires, fondées sur une analyse critique des mécanismes économiques et parfois du statut politique de l’État, ayant pour objectif la transformation de la société dans un sens plus égalitaire` »
    Puisque les mots ont un sens, n’appliquons pas à une doctrine politique les errements ou même les reniements des individus qui se cachent derrière les principes qu’ils ont trahis et reniés à maintes reprises. à des fins électoralistes ou plus car affinités.
    Comme il faut se garder de juger les religions à l’aune de la vérité de leurs dogmes et pas davantage qu’aux agissements de laudateurs parfois intransigeants, la religion d’origine des premiers chrétiens à peu à voir, avec celle qui se pratique de nos jours, elle a évolué souvent suite à des crises profondes qui enflammaient ses hiérarques

    Il doit en être de même pour le socialisme qui n’est qu’une doctrine politique dont la mise en application dépend de ceux qui la pratiquent, mais je crois aussi que c’est un idéal de solidarité, vers quoi tendent des millions de gens, qui ne connaissent que l’arbitraire, l’humiliation, l’autoritarisme ,l’autocratisme, le népotisme, l’injustice, c’est un idéal de fraternité, qui n’est pas un gros mot qui permet de batifoler dans les meetings à l’usage exclusif de quelques prédicateurs moutonniers .

    Le socialisme est né de la lutte des classes et de l’oppression des travailleurs, ce n’était pas de vains mots dans la société industrielle du 19° siècle qui a vu l’exode du monde rural vers la périphéries des grandes villes, vers les cités minières où les enfants travaillaient dès l’âge de 12 ans à pousser des wagons remplis de charbon, sans aucun droit pour les femmes ou hommes à la peine pour un salaire de misère.
    Ce travail pénible provoquait un taux de mortalité plus élevé dans la classe ouvière que dans les autres classes sociales, c’est pour satisfaire les revendications ouvrières de solidarité que sont nés les premiers syndicats .

    Nous avons la chance dans nos pays de pouvoir railler cet idéal humaniste , alors que tant de gens assommés de misère et de souffrance souhaiteraient s’y rallier

  68. Mais mon cher Impat, je n’ai rien dit d’autre.

  69. Ah Noble Lionne comme nous sommes d’accord ! Même si j’ai effectivement réduit le champ au cas français.
    Désolé pour cette modération intempestive. S’il vous plait envoyez-moi un mot quand la chose se produit ces branquignols de WordPress ne sont pas capables de faire marcher leur machin, je suis furieux.

  70. hathorique

    Merci cher Tibor « Orlando Furioso  »

    n’en faites rien, car j’ai toujours eu un faible pour les branquignols ils m’enchantent lorsque je revois leurs vieux films

  71. Yaakov Rotil

    Il est opportun, ce rappel que la société qu’ont décrit des gens comme Victor Hugo ou Zola a effectivement existé.

    Dès lors, ne pourrait-on regretter qu’un mouvement qui eut sa raison d’être tienne absolument à perdurer lorsqu’il a perdu celle-ci ?

    Sans raison d’être valable, cela devient une coquille vide de sens (Lapalisse, reviens !), qui n’existe plus que par clientélisme.

  72. rackam

    hathorique (le Puissant se prosterne devant ses cornes de vache suisse) m’a semblé, dans les brouillards givrés de mon cerveau matinal (j’en change vers 9h00), plus convaincante que d’autres (que je ne nommerai pas, mais leur nom ressemble à celui d’un féculent de la péninsule).
    Oui, la situation humaine de bien des gens (paysans aussi) au XIXème siècle était inacceptable et bien plus visible qu’avant car urbaine. Oui il fallait non seulement venir en aide aux personnes (ce que, au hasard, l’Église faisait depuis des siècles (St Vincent de Paul etc.), mais réformer structures et mentalités.
    Sauf à appeler « socialisme » tout ce qui contribue à cette évolution, et, donc, à dénier à toute autre famille politique le moindre souci de cet ordre, je ne crois pas que ce soit le « socialisme » qui fasse partie de l’âme française, mais peut-être un humanisme de coron, de cour de ferme, de faubourg qui vient couronner l’humanisme de salon où s’agitaient les Lumières.
    Reste à définir ce que serait « l’âme française », sans verser dans l’Identité Nationale. Vaste débat. Dans lequel nous pataugerons jusqu’à ce qu’hathorique (Paix à la lune qui orne son front de Primholstein) nous départage.

  73. Marie

    On considère que le socialisme est né avec Saint Simon donc bien avant la révolution industrielle!
    http://expositions.bnf.fr/utopie/cabinets/rep/bio/9.htm

  74. Souris donc

    Le socialisme est en mal de projet parce que ses objectifs historiques d’améliorer la condition des classes populaires sont atteints. Les classes populaires se sont embourgeoisées, elles sont relativement protégées. Après avoir été l’artisan de l’amélioration des conditions de vies des classes populaires, le socialisme contribue à leur précarisation. Il détruit l’outil de travail en le rendant non concurrentiel, il détruit le bien être des classes populaires qui se retrouvent sans emploi. En poussant à taxer et pressurer, il détruira aussi les classes moyennes.

  75. Marie, je crains que vous confondiez l’oncle et le neveu.
    Claude de Rouvroy de Saint Simon est né en 1760, quand l’autre, le mémorialiste, est mort en 1755.
    Le neveu écrit après s’être enrichi de la vente des biens d’Église sous la Révolution, on voit par là des prédispositions au socialisme. Mais si on parcourt son oeuvre, on y découvre une fascination pour la production, une prééminence de l’économie sur la politique et quelques délires christiques qui lui vaudront des « adorateurs » de type sectaire. Et des amitiés déçues, comme celle d’Auguste Comte, ce positiviste d’un instant qui finit aliéné en se prenant pour le Christ. Positiviste un jour…
    Bref, le travail de Saint Simon coincide avec l’essor de la révolution industrielle puiqu’il est de bon ton de dater celle-ci du blocus continental et de la politique anglaise de l’époque.
    Le socialisme pouvait éclore, encore un peu étouffé dans le cordon ombilical du christianisme, dont il ne finit pas de se secouer.

  76. Hathorique, Souris, Rackam, Tibor, pardonnez-moi, je me trouve horriblement consensuel ce matin (anti antidoxien ?). A vous trois par vos derniers messages vous avez tout dit du socialisme et de ce qu’il est devenu en France.
    Je me permets une touche personnelle: si j’étais anglais j’aurais été blairiste, si j’étais allemand j’aurais été schröderiste, c’est pourquoi étant français je suis sarkoziste.

  77. Impat,
    rassurez-vous, ça va passer.
    Et puis il vaut mieux être consensuel que génie frigide.

  78. Souris donc

    Les socialistes sont des bouses, c’est consensuel ?

  79. Souris d’accord à 8:56 un bémol à 9:27, je crois que les alliés écolos des socialistes s’alarment de la prolifération des bouses à cause du réchauffement climatique, crois-tu qu’ils seraient à ce point prêts à vendre leur âme au diable ?

  80. J’ai utilisé le bouton sans le faire exprès…

  81. Souris donc

    Le socialisme dogmatique ne s’étouffe plus, Rackam, et surtout pas d’altruisme, en aboutissant à la promotion de la mentalité Tout pour Ma Pomme : « j’ai droit à ». Le socialisme a maintenant besoin d’ayants-droit et d’acquis sociaux de fonctionnaires pour exister. Pour justifier qu’on vole le créateur de produits culturels, qu’on crache sur le bénévole, qu’on pressure le contribuable.
    Puisque j’ai droit à, je ne vois pas pourquoi… et j’estime que…

    Et voilà pourquoi les bouses socialistes sont puantes, Skarda.

  82. Souris,
    vous êtes excrémement remontée ce matin…

  83. Guenièvre

    @ Hathorique bonjour !
    Merci de venir illustrer si bien la polysémie du mot socialisme.
    Ce que vous donnez comme définition du socialisme correspond à ce qui a été appelé plus tard le « socialisme utopique » du 19 è siècle , très vite éclipsé par le socialisme scientifique ou marxiste, pas seulement français mais international. Ce socialisme- là se donnait un but bien précis : l’établissement d’une société sans classe, et des moyens pour y parvenir : l’abolition de la propriété privée et la propriété collective des moyens de production. C’est là que ça a sérieusement dérapé : à partir du moment où l’on veut entièrement refaçonner le monde selon une idée bien précise et que l’on pense moralement juste on s’autorise le droit de tailler dans tout ce qui , dans la réalité, ne correspond pas à cette idée. C’ est resté longtemps très ancré dans les mentalités de gauche.
    Les socialistes utopiques avaient eux- aussi des règles assez strictes mais ils ne les appliquaient qu’à eux-mêmes, dans des petites communautés qui ont plus ou moins duré avec plus ou moins de bonheur ( je ne sais pas si vous vous souvenez de ce film de J.L. Comolli qui s’appelait  » La Cécilia » ou des italiens partaient au Brésil pour y fonder une communauté socialiste ? ). Là où je vous rejoins tout à fait, c’est que pour des millions de gens le socialisme a représenté l’espérance d’une vie meilleure et d’une société plus juste.Et on ne peut pas effacer cet aspect là des choses.

  84. Yaakov Rotil

    Pour ce qui concerne le socialisme utopique, il me semble que l’expérience des kibboutzim n’est pas sans intérêt.

    C’est peut-être un exemple de collectivisme réussi, dans la mesure où il y a réussite économique sans contrainte.

    Il est aussi intéressant de constater l’évolution d’un grand nombre de kibboutzim, qui se privatisent…

  85. hathorique

    bonjour à tous
    rackam,
    Je crois que vous me parlez de Charité qui est comme chacun le sait l’une des des vertus théologales donc féminines comme toute vertu qui se respecte et qui procède de la Grâce, que je respecte.
    Mais dans le socialisme dont il est question ici, qui est surement héritier des mouvements compassionnels chrétiens, il est moins question de charité que de solidarité, et si vous m’autorisez cette comparaison, qui n’est pas raison, de mathématique pour la nulle, il n’y a plus un lien de verticalité, mais d’horizontalité, et donc d’égalité.
    Le socialisme est aussi héritier des révoltes réprimées dans le sang et l’arbitraire des gueux contre le pouvoir étatique mais la révolution et les Lumières aidant à la prise de conscience de ces manants et croquants du fait que la solidarité était aussi une responsabilité mutuelle, faisant référence à l’Humanité les unissant?
    il a donc eu au cours des siècles un double parrainage, celui de la charité chrétienne et celui de la dignité humaniste.
    Pour ce qui est des vaches alpines,qui sont des splendeurs aux doux yeux de myope, ce sont des tarines (non pas des tzarines) et votre compliment me va droit au coeur des alpages, bien sur.
    Quant à l’âme, qui est un principe transcendant, elle existait déjà chez les Egyptiens, selon J.P. Cortieggiani :
    le BA désignait un des éléments constitutifs de la personnalité humaine ou divine ; correspondant à peu près à la notion d’âme, il était représenté comme un oiseau à tête humaine
    le KA était une composante immatérielle de homme et des dieux traduit autrefois par « double », désignait un des éléments constitutifs de la personnalité humaine ou divine, manifestation des énergies vitales aussi bien créatrices que conservatrices qui correspond à la conscience.
    Pour ma part, je suis dans le 6° cercle de Dante séjour des hésériaques, qui n’a pas de féminin, dans lequel on trouve Épicure et ses disciples, pour avoir enseigné que l’âme meurt avec le corps ; et même un pape, qui ne reconnaissait au Christ qu’une nature humaine (sur son tombeau, cette inscription : « Je garde la pape Anastase, que Plotin fit sortir de la voie droite »).
    priez pour moi

  86. Guenièvre,… » Et on ne peut pas effacer cet aspect là des choses. »…
    C’est bien parce qu’il n’est pas effacé, cet aspect, que plusieurs millions de personnes votent socialiste par principe, sans plus se poser de question. Elles vont voter comme on leur dit d’aller au Printemps, les yeux fermés.

  87. Rackam, je pars à la recherche d’une géniale sensuelle.

  88. Rotil,
    les expériences de socialisme utopique son souvent sympathiques, quand elles ne se terminent pas en suicide collectif ou conflits plus ou moins violents. Il me semble que le kibboutz a ceci de particulier qu’il repose sur un engagement volontaire. Dans l’échelle des micro-sociétés (et peut-être des macro) il y a le voulu, puis le consenti, puis l’obligatoire… Le socialisme très peu utopique qu’on a pu voir à l’oeuvre a eu tendance à privilégier l’obligatoire.
    Alors, le respect dû au premier sentiment » social » et aux analyses qu’il faisait de la société cède la place à une méfiance entretenue par mille exemples de déviances. Je ne déterre pas la hache de guerre en mentionnant les dérives scandinaves, le « modèle  » roumain ou yougoslave qu’on me vantait lorsque j’étais étudiant… le socialisme, partout, lorsqu’il est au pouvoir, finit en contraintes multiples, en appauvrissement généralisé, en échappatoires et contre-feux dérisoires.
    L’idée de départ est belle, ceux qui l’ont mise en pratique ont, globalement, failli.

  89. Bonne chasse, impat, mais ce sont habituellement des emmerdeuses de première Ligue.

  90. Souris donc

    « le socialisme, partout, lorsqu’il est au pouvoir, finit en contraintes multiples, en appauvrissement généralisé, en échappatoires et contre-feux dérisoires. » (on dirait du Souris remonté, mais c’est bien du Rackam)

    Bref…finit au pire en tyrannie, au mieux en bouse.

  91. Yaakov Rotil

    « Il me semble que le kibboutz a ceci de particulier qu’il repose sur un engagement volontaire.  »

    Tout-à-fait… C’est ce que je voulais dire en parlant de réussite économique sans contrainte.

  92. Souris, vous et moi: Gillette G2, la première lame soulève le poil, la seconde le coupe.

  93. Kacyj

    Tant que ce n’est pas leur cerveau qui ressemble à un féculent de la péninsule….

  94. Chère Hathorique votre 10:39 est lumineux, cette notion de solidarité des gueux est essentielle effectivement. Mon épouse croit elle aussi que l’âme meurt avec le corps, moi je crois que non mais parfois le doute me taraude.
    « Pourquoi t’affliges-tu, Khayyâm, d’avoir commis tant de fautes ! Ta tristesse est inutile. Après la mort, il y a le néant ou la Miséricorde. »

  95. hathorique

    à Skardanelli que toutes les grâces soit rendues à votre femme et puisque vous me kayyâmez je vous offre la pareille
     » La distance qui sépare l’incrédulité de la foi n’est qu’un souffle,
    celle qui sépare le doute de la certitude n’est également que d’un souffle;
    passons donc gaiement cet espace précieux d’un souffle:
    notre vie n’excède pas la durée d’un souffle. »

  96. Yaakov Rotil

    Une petite histoire…

    « Dans le ventre de la mère deux bébé parlent. L’un est croyant l’autre non. L’un demande à l’autre :
    Bébé-Athée : Et toi, tu crois à la vie après l’accouchement ?
    Bébé-Croyant : Bien sûr. C’est évident que la vie après l’accouchement existe. Et ici nous somme juste pour devenir forts et prêts à ce qui nous attend après.
    BA : Tout ça c’est insensé. Il n’y a rien après l’accouchement…. Est-ce que t…u peux toi imaginer à quoi une telle vie pourrait ressembler ?
    BC : Eh bien, je ne connais pas tous les détails. Mais là-bas il y aura beaucoup de lumière, beaucoup de joie. Et par exemple là-bas on va manger avec notre bouche.
    BA : Mais c’est du n’importe quoi ! Nous avons notre cordon ombilical et c’est ça qui nous nourrit. Et de cette autre vie il n’y eu encore aucun revenant. La vie tout simplement se termine par l’accouchement.
    BC : Non ! ….Je ne sais pas exactement à quoi cette vie après l’accouchement va ressembler mais dans tous les cas nous verront notre maman et elle prendra soin de nous.
    BA : Maman ? Tu crois en maman ?? …Et où se trouve-t-elle ?
    BC : Mais elle est partout ! Elle est autour de nous ! Grâce à elle nous vivons, et sans elle nous ne sommes rien.
    BA : C’est absurde ! Je n’ai jamais vu aucune maman donc c’est évident qu’elle n’existe pas.
    BC : Non, je ne suis pas d’accords. Car, parfois lorsque tout devient calme, on peut entendre quand elle chante…sentir quand elle caresse notre monde…. Je suis certain que notre Vraie vie ne va que commencer après l’accouchement…..Et toi…..crois-tu ? »

  97. sausage

    Hathorique dit :
    « Je crois que vous me parlez de Charité qui est comme chacun le sait l’une des des vertus théologales donc féminines comme toute vertu qui se respecte et qui procède de la Grâce, que je respecte.
    Mais dans le socialisme dont il est question ici, qui est surement héritier des mouvements compassionnels chrétiens, il est moins question de charité que de solidarité, et si vous m’autorisez cette comparaison, qui n’est pas raison, de mathématique pour la nulle, il n’y a plus un lien de verticalité, mais d’horizontalité, et donc d’égalité. »

    Divine Hathorique,
    La compassion n’a rien de chrétien. Elle est humaine, inscrite en chacun de nous. Je suis sûr qu’Hitler faisait preuve de compassion, peut-être plus pour ses chiens mais bon, ne jugeons pas.
    Il y a donc confusion entre charité et compassion.

    Rapidement pour décrire ces deux états, la compassion est une identification au « semblable » souffrant pour le délivrer de sa douleur comme je souhaiterais être délivré de la mienne. Elle suppose donc un état (physique et psychique) qui me permette de m’apitoyer sur le sort d’autrui, moins bien loti. Aujourd’hui, elle se traduit dans la religion du semblable, vous savez, celle où on a les deux pieds dedans en ce moment. Avec un tout petit peu de mauvais esprit, on pourrait facilement établir une échelle dans lequel le « rapport compassionnel » ne s’exprimerait que de bas en haut : on trouverait par exemple les français de souche au sommet de l’échelle et les immigrés en bas. Ce mécanisme voulu par la religion du semblable interdit donc à un immigré de ressentir de la compassion envers un français de souche.

    La charité est autre et effectivement chrétienne, pour notre bien à tous. D’un point de vue théologique, la charité est l’amour de Dieu, l’amour dont Dieu aime l’homme. Est charitable au sens propre du terme, celui qui a part, par la grâce de Dieu, à l’amour de Dieu. La charité, en effet, ignore le retour vers soi qui appartient à la vie même du sentiment du semblable car la charité ne comporte ni identification à l’autre souffrant, ni sentiment satisfait et plaisant de ne pas souffrir soi-même.
    Car la charité nous délivre du plan de l’humain et de ce double et unique esclavage à l’autre et à soi. En ce sens, la charité délivre de la compassion.Dans la charité, celui qui est aimé est aimé en tant qu’image de Dieu. Celui qui aime de charité sort de lui-même pour n’y pas revenir. Il aime l’autre parce qu’il est l’image de Dieu. Qui, donc? Chacun lorsqu’il est regardé selon la charité.

    Tout ça pour dire qu’il est, je pense, une erreur d’évoquer le socialisme comme héritier d’aspects chrétiens. C’est un lieu commun dans lequel on se fourre pour éviter de regarder la poutre dans nos propres yeux.

  98. hathorique

    @ sausage
    ce que vous dîtes est très beau, si l’on excepte la comparaison hitlérienne, mais votre propos est surtout conditionné par un postulat qui n’est pas mien, celui de la foi que ne m’appartient plus et que nous n’avons donc pas en partage.
    j’aime l’autre et encore pas tous les autres, non pas parce qu’il l’image de DIEU, qui comme nous le savons tous les deux dans son infinitude n’a pas de visage, mais pour son altérité, qui est aussi la mienne.
    cependant il y a bien je crois dans la liturgie catholique le vendredi de la semaine de la passion un sermon sur « la compassion de la Sainte Vierge » en mémoire des douleurs de Marie.

  99. Kacyj

    Et bien, continuons les parallèles avec les thèmes religieux. Le texte ci-dessous n’est pas de mon crû mais il me semble intéressant dans la quête de définition du socialisme. Le point de départ est la traduction inappropriée de Tsedaka par charité.

    La Tsedaka et la charité

    Le mot hébreu pour charité n’est pas Tsedaka mais ‘Hessed. Et à nouveau ces mots sont antinomiques. ‘Hessed, la charité, signifie que celui qui reçoit n’a aucun droit au don et que le donateur n’a aucune obligation de donner. Il fait un don gratuit, mu par la bonté de son cœur. Son acte est une vertu plutôt qu’un devoir. Par contre, la Tsedaka signifie «droiture» ou «justice». L’implication en est que le donateur s’en acquitte car c’est son devoir de le faire. Tout d’abord parce que tout dans le monde appartient, en dernier ressort, à D.ieu. Les possessions de l’homme ne sont pas les siennes par droit, mais plutôt, elles lui ont été confiées par D.ieu et l’une des conditions de cette transaction est qu’il doit aider ceux qui sont dans le besoin.

    D’autre part, l’homme a le devoir de se conduire vis-à-vis des autres comme il demande à D.ieu de Se conduire à son égard. Et tout comme nous demandons à D.ieu Ses bénédictions alors qu’Il ne nous doit rien et n’en a aucune obligation, ainsi sommes-nous liés par un acte de justice à faire des dons à ceux qui nous sollicitent même si nous ne leur sommes aucunement débiteurs.

    Parce que nous avons donné gratuitement, D.ieu nous donne gratuitement.

  100. hathorique (Le Ciel comble vos poches de lingots),
    je ne puis être d’accord avec vous.
    Dès l’ouverture de la Bible il nous est dit que Dieu nous fit à son image et à sa ressemblance.
    Pour vous je ne sais pas, mais s’Il me ressemble, la nature ne L’a pas gâté.
    Puis Il nous confia le Trésor de Son Trésor: L’aimer de toute son âme, et notre prochain comme nous-même. Le premier commandement sans le second est vain. Le second sans le premier peut conduire à l’activisme, à l’autosatisfaction, que sais-je à la dispersion…
    Bien sûr je « dois » aimer tout autre en tant que tel, sans m’appuyer ni sur ses avantages ni sur ceux que je pourrais retirer du fait de lui venir en aide (Tsedaka), mais je suis conduit à l’aimer (et à l’aider) par nature, car je suis une escarbille de l’Amour divin et qu’aimer est ma raison d’être.
    Je puis aimer mal, peu, de travers, mais je suis « programmé » pour aimer.
    L’homme est fait pour la gratuité. Pour le don.
    Plus il s’en acquitte, plus il se rapproche de Celui dont il tient la vie.
    Ainsi, hathorique ( que les herbes les plus grasses enchantent vos ruminations) l’autre devient chemin vers ce que je suis. Et, in fine, vers l’Éternel.

  101. Souris donc

    @ Sausage
    L’opposition compassion et charité chrétienne n’est pas pertinente, il existe une congrégation des Sœurs de la Compassion. Il existe aussi des protocoles compassionnels qui n’ont rien à voir avec les rapports humains mais tout avec la recherche scientifique. Ce que vous appelez compassion m’a tout l’air d’être plutôt l’empathie qui nous renvoie à notre condition d’animaux sociaux capables de se mettre à la place de l’autre.

  102. Ah Souris ! On sent là la patte libérale Locke, Adam Smith et la théorie des sentiments moraux.

  103. hathorique

    cher Rackam

    Ce que vous dite est aussi très beau, la beauté langagière est donc une constante de la Foi mais la Bible n’est pas mon évangile d’historicité et vous m’absoudrez de mon inadhérence, de mon inadhésion, de mon inappartenance de fossile primitive rétive à la conversion, mais pas à la conversation.

    Cependant je vous remercie d’enrichir mes grasses prairies grammaticales car j’ignorais ce qu’était la Tsedaka, et de ce que je viens de lire selon l’évangile de Kacyj , c’est un terme hébraïque qui n’a pas le même sens chez les Chrétiens, qui est soit don soit charité ce qui est différent, mais les deux se pratiquent et même se conjuguent chez les amputés de la Foi.

  104. Souris donc

    Skarda, si vous sentez une main invisible quelque part, c’est pas la mienne. Je pensais plutôt aux mesures de l’empathie que l’on a faites sur les animaux pour voir si nous sommes les seuls à ressentir de l’empathie : on leur colle une gommette sur le front, on les pousse devant un miroir. Ceux qui retirent la gommette sont censés différencier le je/les autres. Les singes, certains oiseaux, et, bizarrement, l’éléphant, mais je soupçonne que c’est parce qu’il a une trompe. En effet, si je suis un rhinocéros, je fais comment pour retirer ma gommette ? Me rouler dans la boue ? Les scientifiques ont des activités amusantes pour lesquelles ils sont rétribués et écrivent ensuite dans Nature et tout le monde est content.

  105. sausage

    Souris,
    Je suis ravi pour les Sœurs de la Compassion d’avoir choisi ce nom-là, c’est tout à leur honneur. Je vois difficilement en quoi cela vient gêner mon développement (pas tout à fait le mien d’ailleurs). Sinon, je ne comprends pas ce que sont des « protocoles compassionnels qui n’ont rien à voir avec les rapports humains mais tout avec la recherche scientifique ». Il me semble au contraire que s’ils sont l’objet d’études scientifiques, c’est qu’ils sont profondément humains. Il sera plus difficile d’aller étudier « la teneur en charité » de chacun d’entre-nous puisqu’elle est divine.
    Quant au mot empathie, il est effectivement synonyme. Il me semble que pour décrire « la religion du semblable », la compassion rousseauiste est plus explicite.

  106. rackam

    Vache sacrée des pâturages de Memphis ( louange à votre mastication pacifiante) au moins ne me faites-vous pas procès de prosélytisme. J’ai déjà du mal à me convertir moi-même, chaque matin. Sausage, lui, lit Rousseau pour avancer. Avec un bon rétroviseur ça peut marcher.
    J’attends que Skarda, qui n’a pas le même Pantheon que moi (Lincoln, Hugo, Contador, Landru,…) me hurle à l’oreille « Touche pas à Jean-Jacques ». Et pourtant (admirez, bovine perfection cornue, le retombé sur les pattes) J-J R, comme foutu précurseur du socialisme, se pose un peu là.

  107. Souris, mon thème préféré dans ce registre c’est les bonobos, modèle pour l’humanité selon certains. Du bon bobo au bonobo la route est toute tracée, apaisement des tensions sociales par les rapports sexuels : ils n’en sont qu’à l’art de baiser les autres, mais ils progressent. (les bobos bien sûr)

  108. Souris donc

    Protocole compassionnel = fournir un médicament qui n’a pas encore l’AMM.

  109. sausage

    Rackam le prophète, je ne sais pas trop ce que veut dire avancer. Tenez, encore ce matin au bureau me disait-on: « t’auras pas d’avancement de sitôt, toi ! » J’étais pourtant en train d’avancer avec Rousseau… j’en suis tout perplexe.

  110. sausage

    J’ai ouï dire que passer d’un rapport sexuel mensuel à un rapport sexuel hebdomadaire est équivalent à une rétribution supplémentaire annuelle de 38000 € (sont précis tout de même).

  111. Souris donc

    C’est pourtant vrai, je crois qu’un charlatan new age a déjà sorti un livre sur le bonobo comme modèle social universel.
    Hu hu hu…bien vu pour le bobo.

  112. rackam

    sausage,
    essayez l’avancement hebdomadaire alors…
    Ça paye en monnaie de singe.

  113. sausage

    C’est pas skarda qui va vous tomber dessus, mais toute la gent féminine !

  114. kacyj

    Et pourriez vous nous indiquer le taux de change pour le rapport quotidien ?

  115. hathorique

    J ‘ai voulu en savoir plus sur la voie tracée à coup de machette pour atteindre les monde des bonobos comme nous sommes presque tous des primates à peine supérieurs, je crois qu’il nous faudra chercher auprès des tribus bonobones , le salut par l’écologie

    « Selon Gottfried Hohmann et Barbara Fruth du Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology en Allemagne, qui étudient les bonobos dans leur habitat depuis 1989, l’explication de la différence de comportement entre les bonobos et les chimpanzés réside dans leur écologie et plus spécifiquement, leur diète. »
    @ Souris,
    ce qui me plonge dans un abime de perplexité insondable c’est que les bonobos sont peut être les ancêtres des écologistes ce qui pourrait expliquer le comportement de Madame Duflot l’imprécatrice des Verts

    @ Sausage un vade mecum sur les moeurs bonobones :
    Vie sociale
    Les bonobos vivent en groupes d’une cinquantaine d’individus… Sans parler de matriarcat, ce sont généralement les femelles qui prennent les décisions pour la communauté, mais il semble qu’il existe un certain égalitarisme entre les sexes.
    A la puberté, le comportement des jeunes bonobos est différent suivant le sexe : les mâles restent aux côtés de leur mère, alors que les femelles cherchent une autre communauté pour s’établir.
    Alimentation
    Frugivore et folivore (1), il arrive que les bonobos se délectent d’un petit invertébré.
    Locomotion
    S’ils passent la majeure partie de leur vie dans les arbres (surtout pour se nourrir), il adoptent la bipédie pour 20% de leur temps. Il retournent tous les soirs dans les arbres afin d’y construire un nid pour la nuit.
    Vie sexuelle
    On leur accorde une vie sociale très spécifique : les bonobos utilisent le sexe comme régulateur. En cas de querelle ou de tensions, les pratiques sexuelles viennent apaiser le groupe. Le bonobo est donc le primate ayant la plus grande fréquence de rapports sexuels.
    Gestation : 230 à 240 jours
    Reproduction : un nouveau-né tous les 5 ans.

    (1) un folivore est un amateur de feuilles fraiches de préférence

  116. hathorique

    Rousseau n’est ce pas ce philosophe qui abandonna ses cinq enfants aux enfants trouvés refusant même qu’ils soient adoptés par des proches, de crainte que ces ces enfants adoptés , devenus grands ne le lui reprochent cet abandon et qui par ailleurs écrivit dans le contrat social :

    « La plus ancienne de toutes les sociétés, et la seule naturelle, est celle de la famille: encore les enfants ne restent-ils liés au père qu’aussi longtemps qu’ils ont besoin de lui pour se conserver. Sitôt que ce besoin cesse, le lien naturel se dissout. Les enfants, exempts de l’obéissance qu’ils devaient au père; le père, exempt des soins qu’il devait aux enfants, rentrent tous également dans l’indépendance. S’ils continuent de rester unis, ce n’est plus naturellement, c’est volontairement; et la famille elle-même ne se maintient que par convention.

    Cette liberté commune est une conséquence de la nature de l’homme. Sa première loi est de veiller à sa propre conservation, ses premiers soins sont ceux qu’il se doit à lui-même; et sitôt qu’il est en âge de raison, lui seul étant juge des moyens propres à le conserver, devient par là son propre maître.

    La famille est donc, si l’on veut, le premier modèle des sociétés politiques: le chef est l’image du père, le peuple est l’image des enfants; et tous, étant nés égaux et libres, n’aliènent leur liberté que pour leur utilité. Toute la différence est que, dans la famille, l’amour du père pour ses enfants le paye des soins qu’il leur rend; et que, dans l’État, le plaisir de commander supplée à cet amour que le chef n’a pas pour ses peuples. »

  117. Ah mais il ne faut pas oublier le langage ! Une bonobologue dont j’ai oublié le nom affirme que les bonobos si l’on s’y prend bien peuvent apprendre à communiquer à l’aide d’un ordinateur et d’icônes. Ainsi, nous voici dépouillés de ce qui nous caractérise le mieux avec le rire, le verbe. Heureusement les bonobos ont encore du mal à faire des allocutions devant les Nations-Uniesavec l’ordinateur de la dame, sinon nos bobos leur offriraient bien notre siège au conseil de sécurité.

  118. L’un des paradoxes du socialisme est que, d’un côté, il part du principe rousseauiste que l’homme est bon, et de l’autre il ne voit le salut de l’individu que par l’autorité de l’état, forme aboutie de la collectivité. L’état sait ce qui est bon pour l’homme…
    Le libéralisme (prochain thème du doxionnaire?) part du principe inverse: l’homme est capable d’agir pour obtenir ce qui est bon pour lui, et, par ricochet ce qui sera bon pour la collectivité. Toute entrave à l’initiative individuelle est porteuse de comportements erronés.
    Selon la bonne vieille formule du « renard libre dans un poulailler libre », le libéralisme distribue des fortifiants qui affûtent l’appétit des forts, au détriment des faibles. Tandis que le socialisme distribue du Prozac, ce qui rend tout le monde faible mais souriant. Créant des poules égales dans un triste poulailler. Des renards à plumes, des canidés herbivores…

  119. sausage

    Heureux homme va, les chiffres crèvent le plafond ! Ce sont les voisins qui ne sont pas très contents.

  120. hathorique

    bonne idée, d’un article antidoxique sur le « libéralisme toxicomane » ainsi qualifié par la gauche française, mais pas qu’elle, qui sévit dans les shows politiques que je déserte.

    Voici ce que donne la définition du Libéralisme

    « Ensemble des doctrines politiques fondées sur la garantie des droits individuels contre l’autorité arbitraire d’un gouvernement (en particulier par la séparation des pouvoirs) ou contre la pression des groupes particuliers (monopoles économiques, partis, syndicats). Attitude ou doctrine favorable à l’extension des libertés et en particulier à celle de la liberté politique et de la liberté de pensée. » Attitude ou doctrine favorable à l’extension des libertés et en particulier à celle de la liberté politique et de la liberté de pensée. »

    Voici voila ce qu’en écrivait Lamartine dont on oublie quel formidable historien il a été, lorsqu’il s’évadait de la mélancolie du merveilleux lac d’Aix les Bains

     » Un libéralisme créateur et justificateur qui doit renouveler et reconstituer le monde politique sur la large base de la liberté la plus générale et des intérêts de tous  »
    (Lamartine ., Corresp.,1831)

  121. Hathorique, enfin ! Attendez que l’article arrive ! Quelle ompatience !

  122. hathorique

    oui je suis dans l’impatience :

    j’étouffe et je brule, je suis sur des charbons ardents, je me consume, je suis sur le gril , j’attends l’embrasement fiscal qui déchainera les foudres dans l’enfer consumériste qui nous étreint.

    P.S qui n’a rien à voir, ce qui serait bien c’est un article croisé entre Kaplan et Expat sur le libéralisme en France et aux U.S.A .

  123. Voilà Hathorique réclamant un article sur le Croisé, maintenant ! Où va-t-on ?

  124. Encore faut-il qu’expat et Kaplan se croisent… ensuite ce sera Byzance.

  125. rackam

    Ce serait amusant, avant que cet article disparaisse dans la trappe des « trop anciens » que l’un de vous donne son interprétation du choix de la photo qui l’illustre…

  126. Les pigeons sont les socialistes, l’enfant est ce que nous pourrions être.

  127. Souris donc

    Oui, Antidoxe est un bébé qui apprend à marcher, encore château branlant, on l’emmène au zoo, au lieu de regarder les éléphants, il est fasciné par les pigeons. Encore un peu de temps, et il sera autonome. Et encore un peu de temps, il s’affirmera. On pourra le lâcher. Dans le vaste monde.

  128. rackam

    L’enfant a les pieds rouges, qu’un informe vêtement rose essaye de dissimuler. Il a également le visage masqué, c’est un sournois. Va-t-il nourrir les pigeons, les disperser d’un coup de pied rageur, les capturer pour les entasser derrière un rideau de fer? Vous le saurez en regardant « Les Bouse Brothers » avec Hollande et DSK…. L’un en président, l’autre en Ministre du Temps Libre….

  129. L’emmerdant, c’est le rose l’emmerdant, c’est le rose…oui crois-moi !

  130. rackam

    skarda, j’aurais dû mettre ce lien dans ton papier sarkophile, mais je viens de le trouver.
    C’est assez drôle… et assez vrai.
    À faire lire à des connaissances qui voudraient voter Bayrou ou plus exotique encore…

    http://www.dreuz.info/2012/02/nicolas-sarkozy-a-decide-de-ne-pas-se-representer/

  131. Ah, absolument excellent, je viens de l’envoyer partout autour de moi.

  132. Le capitalisme c’est l’exploitation de l’homme par l’homme, le socialisme c’est l’inverse.
    Ci-dessous, apprenons à reconnaitre un communiste

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