L’abîme de la pensée

Réponse à Galaad Wilgos

J’ai la faiblesse de penser que je suis un garçon éduqué qui maitrise la langue française de manière tout à fait satisfaisante. Pourtant, il m’a fallu plusieurs lectures attentives de L’enracinement de l’universel de Monsieur Wilgos pour arriver à en dégager, au-delà d’un certain nombre de marqueurs idéologiques aisément identifiables, un vague sens. « Le génie de notre langue est la clarté et la précision » écrivait Voltaire. Écrit dans la plus pure tradition bourdieusienne – ou l’art subtil de masquer la vacuité d’un discours sous une logorrhée verbeuse – voilà pourtant un papier qui mérite cependant qu’on cherche à en comprendre le message, tant il s’inscrit profondément dans l’esprit de notre époque.

Que nous dit donc Monsieur Wilgos ?

Une « élite mondialisée », une « bourgeoisie apatride » aurait développé une version dévoyée, un « piètre substitut » de la véritable pensée internationaliste (comprendre : celle de l’auteur), une idéologie fondée sur la « haine de la patrie » qui voudrait la « destruction des frontières » et rêverait de « la fin des nations ». Ces « nomades libéraux », suppôts du « mondialisateur effréné », auraient fait « sécession d’avec des peuples toujours aussi attachés à leurs coutumes, traditions, identités locales et nationales ».

Monsieur Wilgos nous apprend par ailleurs que ces « humanitaires défroqués », « missionnaires de l’évangile des droits de l’homme » brillent par leur hypocrisie puisqu’ils prêchent la démocratie ailleurs tout en la foulant aux pieds chez eux se comportant ainsi comme « ces maris qui battent leur femme à la maison et apparaissent ensuite en couple modèle devant leurs amis ». Leurs actions, en tant que classe, ne sont donc pas vraiment guidées par des conceptions philosophiques ou morales.

Non, ce que veulent vraiment les élites mondialisées, Monsieur Wilgos nous l’apprend plus loin, c’est « faire suer sang et eau les peuples contraints à l’immobilité ». Ce sont, en réalité et derrière leurs beaux discours, des capitalistes (apatrides et mondialisés) qui veulent faire du fric en réduisant peuples et nations en esclavage – les salauds !

Le parfum des années 1930

En conséquence de quoi, Monsieur Wilgos prône la démondialisation à l’image de Messieurs Montebourg, Mélenchon, Sapir et – permettez que je complète la liste – de Monsieur Dupont-Aignan et Madame le Pen.

Nos racines et nos patries étant, paraît-il, en danger, il est urgent de nous protéger de cette élite mondialisée en restaurant nos frontières. Il faut renouer avec les valeurs morales du « socialisme originel », il faut – faisons simple – que la puissance publique intervienne, qu’elle régule, qu’elle nous dicte nos conduites, qu’elle nous contraigne, nous sanctionne et fasse de nous de bons citoyens heureux d’obéir au détenteur du monopole de la violence, le garant le l’intérêt général, encore et toujours : l’État.

Oui, en effet, voilà bien très précisément le genre de discours qu’on entendait aux « heures les plus sombres de notre histoire. » Voilà les années 1930 et leur cortège de socialisme, de nationalisme et de protectionnisme. Le bourgeois apatride, les puissances de l’argent, les financiers juifs, ennemis du peuple et de l’État. L’élite qui exploite le prolétariat, celle qui est responsable de tous les malheurs du monde, celle-là même qui complote dans l’ombre et l’anonymat et qui tire les ficelles des marionnettes politiques qui lui sont inféodées.

Where liberty dwells, there is my country

Je ne me risquerai pas à qualifier le socialisme de Monsieur Wilgos. Est-il « originel » ou « national » ? Peu me chaut. L’essence de tous les socialismes est la même : la croyance selon laquelle c’est la société – et par là même l’État – qui fait les hommes et pas le contraire, l’idée selon laquelle une définition d’un prétendu « bien commun » justifie que l’on nous prive de nos libertés. Au risque de rejoindre la bourgeoisie apatride, je tiens, moi, que chaque être humain a bien « un principe de vie particulier et une fin particulière ». Il s’agit de nos vies Monsieur Wilgos ! Vous voulez faire de la vôtre celle d’une fourmi dans sa colonie ? Vous pensez que votre existence sert un objet qui vous dépasse ? Votre nation, votre patrie, votre classe, votre race, que sais-je ?… Eh bien grand bien vous fasse ! Mais ce sera sans moi.

Moi, je suis un homme libre et j’entends le rester. Comme tous les hommes et les femmes libres, je refuserai à jamais de sacrifier ma vie à vos visées constructivistes : vous ne nous enfermerez pas, vous ne nous dicterez pas comment nous devons vivre et penser. Ce sont nos vies et, ne vous en déplaise, nous en disposons. Nous ne nous rendrons pas, nous n’abandonnerons pas et nous ne cèderons pas un pouce de terrain.

Image: nuchylee / FreeDigitalPhotos.net

42 Commentaires

  1. Merci d’avoir décrypté le texte de monsieur Wilgos, auquel je n’avais pas compris grand chose…

  2. Superbe Georges Kaplan ! Merci.

  3. Expat

    Clap clap clap ! Excellent !

  4. Souris donc

    Oui, clap clap clap ! De détricoter la vision emberlificotée des nomades et des monades aboutissant à l’éloge de l’ubu en tant que gardien du socialisme originel et pur.

  5. L'Ours

    Bravo GK!
    C’est quand même incroyable de voir les tenants de l’internationale » qui, déjà gênés aux entournures, avaient troqué e mot antimondialiste pour le faux nez alter mondialiste, se battre pour le repli.
    Ils vont même jusqu’à prôner l’oxymore total: l’émancipation des peuples sous la contrainte!
    Seule l’amphigouri aide ces idéologues sans idées à donner du docte à leur texte.

  6. Merci Georges Kaplan.
    Je vous rejoint totalement!
    Cette logorée écrite du sieur Wilgos ne mérite pas le temps perdu à essayer de le déchiffrer.

  7. … »Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement,
    Et les mots pour le dire arrivent aisément »…
    Boileau, qui doit être l’un de ses ancêtres, n’aurait pu rêver mieux que Kaplan pour illustrer son propos.
    Après une bouillie spongieuse nous avons sous les yeux un billet clair, précis et de ce fait convaincant.

  8. L'Ours

    Mon message ne passe pas!

  9. Heureux de n’être pas le seul à n’avoir pas compris grand chose du billet de M. Wilgos.
    Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
    Merci en tout cas à Georges Kaplan pour le décryptage.

  10. Marie

    Serait ce que M Wilgos soit le canal plus de la toile?

  11. Ce tombereau de sottises injurieuses mérite bien un droit de réponse, je viens de l’envoyer, il ne devrait pas tarder. Et ne vous inquiétez pas, j’ai décidé de faire simple pour les durs de comprenure. Bien le bonjour !

  12. Je sais que mon billet était apparemment trop ésotérique à vos yeux, m’enfin est-ce trop difficile pour vous de lire mes réponses? Le socialisme latino-américain ne se limite pas à Chavez, dont je n’ai parlé nulle part dans mon article.

  13. Par ailleurs, Chavez est un dirigeant élu démocratiquement, donc vos comparaisons vaseuses avec Ubu ne tiennent pas la route, et démontrent plutôt de quelle idéologie vous vous réclamez.

  14. (Non pas que Chavez ne soit pas critiquable, au contraire sa connerie « anti-impérialiste » mérite toutes les critiques du monde)

  15. L'Ours

    merci de prendre le temps de répondre mr galaad wilgos et croyez moi, ma lecture sera suffisamment attentive et honnête pour reconnaître mes sottises.

  16. Bon, je mets tout ici sans papier cadeau, tout d’abord à propos de l’amphigourisme du billet critiqué ici : « La masse, le peuple, est une espèce enracinée, mais mouvante, changeante, elle ne prétend pas pouvoir être « du monde » avant d’être d’ici, mais participe au monde en lui donnant sa vie. » C’est pas mal tout de même, l’avantage est que ça laisse place à l’interprétation.
    Concernat l’accusation d’antisémite totalitaire, il ne faudrait pas pousser Mémé dans les orties tout de même, on est encore en droit de rappeler ce qu’a pu être le discours anti-libéral. Chavez n’est peut-être pas cité mais c’est tout de même la tête de gondole des camarades latinoaméricains et que je sache personne ne l’a obligé à faire les yeux de Chimène à l’Iranien fou qui veut raser Israël de la carte, ni a faire lire le Protocole des sages de Sion sur sa radio pour montrer l’emprise des juifs sur la finance.
    À chacun ses modèles Galaad : il ne faut pas venir chouiner que l’on vous a traité totalitaire antisémite lorsque l’on pointe ce qu’il y a de déplaisant dans ce que vous présentez en modèle de société. Merci de venir écrire ici, sincèrement, mais acceptez la critique, défendez votre point de vue, mais ne lancez pas de vilaines accusation, on a un petit coeur nous aussi. Au plaisir de vous lire bientôt si j’ai bien compris.

  17. Souris donc

    « Chavez n’est peut-être pas cité mais c’est tout de même la tête de gondole des camarades latinoaméricains » :

    Récipiendaire du « Prix Khadafi des Droits de l’Homme » : rien que ça me le met direct dans ma liste d’ubus.

    Deux critères pour y figurer :

    1. Le traitement des médias
    Chavez est un ubu tropical qui fait des discours interminables à la Fidel et monopolise les médias, cf son ridicule Aló Presidente. Demander à Reporter sans Frontières ce qu’ils en pensent.

    2. Le sort fait aux opposants
    Il est préférable d’être opposant ici ou en Belgique qu’au Vénézuéla.
    Opposants *: radiés à vie de la fonction publique ou interdiction d’être embauché. Et comme la plupart des entreprises sont nationalisées, c’est économie informelle pour eux.

    Enfin, quand on est assis sur la rente pétrolière, la moindre des choses est de financer le modeste programme social dont ATTAC se rengorge.

    Quant aux autres ubus latino-américains, même modèle, corruption, clientélisme, népotisme à tous les rouages.

    *pour avoir figuré sur la liste de ceux qui ont demandé un référendum révocatoire, comme la loi le prévoit.

  18. Mais encore une fois, Chavez a beau être un illuminé de l’anti-impérialisme, que je n’ai cité nulle part et que je ne prends certainement pas en exemple, le fait est que les socialismes en Amérique Latine sont fructueux et fertiles en nombreuses avancées « progressistes » dans ces pays, et vu d’où ils partent, après les ravages de tyranneaux libéraux façon Reagan et Thatcher – qu’admire visiblement Souris donc -, je m’en réjouis ! De plus la situation est plus complexe qu’elle n’y paraît, et ce que je salue dans ces mouvements socialistes est bien la vivacité de la société civile et les réformes entreprises par la puissance publique (un article du monde diplo a été particulièrement intéressant sur ce sujet, je ne me souviens plus de son titre hélas), c’est ce que je salue dans ces socialismes. Enfin, Chavez reste un dirigeant démocratiquement élu qui, lui, a non seulement participé au développement d’une union latino-américaine et a permis à son pays de réduire massivement la pauvreté et l’analphabétisme, mais a surtout fait de nombreux référendums qu’il a toujours respectés, contrairement à l’ami Sarkozy, président français, ou tant d’autres dirigeants de nos « démocraties libérales ». Mais il n’est clairement pas mon modèle, je penche plutôt quelqu’un comme Correa.

  19. @Souris donc : Le népotisme, le clientélisme, la corruption et toutes ces choses-là ont explosé sous les pouvoirs libéraux (socio-libéraux ou libéraux purs), les pouvoirs anti-libéraux ayant pris le pouvoir démocratiquement ont dû faire avec cette situation que leurs avaient laissés leurs prédécesseurs ! Vous ne connaissez rien à ces pays, vous êtes d’un culot et d’un mépris incroyables : au CHili, ce sont vos semblables qui ont tué la démocratie ! Les chicago boys et Pinochet qui ont entamé la révolution néolibérale que vous rêvez de voir advenir en Europe (ne vous ai-je pas lu sur la nécessité d’une « Thatcher » ici?) ont annihilé le Chili, sa population, son enseignement et j’en passe, sans parler de ce que ces privatisations massives et ces libéralisations généralisées ont pu faire au niveau de la corruption ou de la sauvagerie financière.

    « Enfin, quand on est assis sur la rente pétrolière, la moindre des choses est de financer le modeste programme social dont ATTAC se rengorge.  »
    Modeste, vous vous foutez de moi? Et non quand on est assis dessus, ce n’est pas la « moindre des choses », puisque les pouvoirs de droite et de centre-gauche précédents ne le firent pas. Y compris ceux se réclamant de l’idéologie de votre idôle Thatcher.

  20. Aventin

    Là où la pensée s’abîme (à copain Jorge)

    Etonnante manière de dégager deux camps. D’un côté Voltaire, admirateur du régime anglais, représentant de la clarté ; de l’autre, Bourdieu, présenté comme le modèle de l’amphigourie extrapolée en système : plus réducteur et caricatural, c’est difficile !

    Vous n’êtes pas Voltaire et Wilgos n’est pas Bourdieu. La sainte horreur du premier pour les curés à la Fréron serait de nature à disqualifier pour celui-ci le courant objectiviste, non ?

    Il est enfin profondément bouffon de venir nous expliquer que le camp de la dogmatique économique serait un modèle de clarté syntaxique s’incarnant dans une littérature à la rigueur antique qui bouleverse les foules par sa pertinence – il n’y a pas assez de libéralisme. Qui a étudié l’économie pouffe de rire à vous lire ( je pouffe).

    Mais la technique est connu de tous les camelots : plus c’est gros, plus ça passe !

    – Eh Mimille, tu la fait à combien ta version originale de « Law, Legislation and Liberty » ?

    Personne ne sait enfin ce que Voltaire, ce mondain rampant devant les puissances – relisez sa correspondance – aurait pu dire de la prose ridicule et « entourbée » de Madame Rand, ou des errements intellectuels de ce pauvre Monsieur Bastiat – justement expédié par Michéa en quelques paragraphes.

    Remarquez, pour Bastiat, il nous reste Jarry et la pataphysique au titre d’un mode d’explication rationnel du machin ; personne ne doute d’ailleurs qu’avec vos fringants camarades vous irez prochainement nous calculer la surface de Dieu en partant de la surface sa main invisible.

    Mais que nous dit ce bon Jorge ?

    Pas grand-chose, tant on ne saurait rien relever en termes d’arguments opposés dans la deuxième parties que vous donnez à lire.

    Comment ça, il n’y aurait pas d’élites mondialisées – celle du pognon ? – ayant la passion professionnelle et furieuse des institutions économiques internationales et des grandes places financières auxquelles elles font écho ?

    Il n’y aurait pas quelques individus pour nous expliquer qu’un pays est un hôtel de plus ou comme un autre et que seul le nomadisme est compatible avec la démocratie et la République universelle ?

    Et vous êtes abonné à quel journal ? Braille intrernational ?

    Je passe sur le fait que vous semblez être le seul occidental à ignorer que les droits de l’Homme ne sont pas autre chose que la philosophie du Christ, laïcisée, laquelle laïcité se trouve déjà dans Saint Marc.

    C’est alors qu’on se plaît à rêver d’un début d’argumentation dans la partie suivante (trois paragraphes). Déception cruelle, il n’y a rien.

    On y apprend simplement que la nation ce ne peut être que le nationalisme (Renan, Fustel, pas eu l’polycop ?) et que la frontière est l’ennemi de l’homme libre ; et que l’homme libre était d’ailleurs atrocement enchaîné au sinistre temps – façon années trente – de la frontière.

    Le pomoerium, p’tit bonhomme, ce n’est pas une frontière ? Ne faut-il pas à chaque organisme une frontière (peau, membrane de cellule, murs de la Cité…) pour se constituer et échanger, afin de se développer et d’exister ?

    La démocratie va de paire avec la longue histoire d’une communauté politique sédentarisée et se pérennisant dans ses rites – notamment ses rites démocratiques. Une civilisation qui ne respecte plus ses rites meurt (lire le Ramayana).

    La démocratie est toujours une vieille dame qui plonge ses racines dans l’anthropologie politique humaine et non dans le doux commerce et la froide raison calculatrice qui fondent l’intensification de la guerre de tous contre tous depuis déjà quelques temps.

    Et que faut-il dire au final de la référence aux années trente tellement cela est consternant et hors de propos ?

    Expliquez-nous donc où se cache la bête immonde, précisément, dans les développements de Wilgos. Où est la théorie raciste ou racialiste, la haine de l’autre parce qu’il est l’autre, dans cette volonté de sauvegarder toutes les singularités en relevant la vertu de l’universel singulier ?

    On sait ce qu’il en est de la force d’uniformisation du commerce et de la douce concurrence pure et parfaite.

    Quand dans une politique, on vient mettre, du pur et du parfait, ne faut-il pas y voir une référence aux années trente ?

    La dernière partie (deux paragraphes) ne manque pas de cette même superbe qui nous aura ravi jusqu’ici.

    Le socialisme qui dit l’économiste… v’la aute chose… rien qu’en France, il y a – a eu – Des socialismes, dont certains étaient pleinement compatibles avec la République et la démocratie. Quelle est la racine d’Etat mon grand ? Sto, stare, status… stabilité !

    Burdeau (milieu d’terrain à Chalon sur Saône de décembre 1928 à janvier 1937…les années trente…) disait : « Les homme ont inventé l’Etat pour ne pas obéir aux hommes ».

    Bravo pour le final, ce cri de l’homme libre, j’ai beaucoup ri !

  21. Ah, celle-ci et bien bonne ! Quand on hypothèque la richesse du pays pour littéralement acheter les voix des ranchos entourant Caracas il n’est pas très difficile d’êytre élu démocratiquement. Pour les autres socialistes latinoaméricains on cherche tout de même les réussites exemplaires. Les problèmes latinoaméricains ont peut à voir avec les systêmes politiques mais beaucoup avec le caudillisme qu’il soit de droite ou de gauche. L’affligeant parcours historique du Vénézuela et de la Colombie est exemplaire, le Macondo de Garcia Marquez produit un exemplaire caudillo de gauche. le colonel Aurelianio Buendia, et bien ça n’a pas empêché le génialissime Colombien d’être un fervent soutien de Castro. Si vous nous promettez de tels lendemains qui chantent il y a du mouron à se faire.

  22. Venez que je vous embrasse mon cher Aventin, qui que vous soyez !

  23. Je n’ai nulle part fait l’apologie de Castro, mon pauvre. Et vous vous caricaturez assez en énonçant ces inepties sur l’achat de votes, comme si Chavez avait eu à sa portée le fric nécessaire pour être élu la première fois rien qu’en rachetant des voix. Sur ce, amusez-vous bien.

  24. Chavez a été élu parcequ’il promettait la lune au ranchos et réélu pour l’avoir acheté avec l’argent du pétrole. Un peu de modestie s’il vous plait ce n’est pas vous le génialissime Colombien qui soutient Castro mais Garcia Marquez voyons.

  25. Souris donc

    Elu démocratiquement, on en connait un autre, de ces ubus, qui, en 1933, a été élu démocratiquement.
    Et ce n’est pas parce qu’on critique les uns qu’on est pour les autres caudillos, l’archétype « colonel du cacao » reste vivace.

  26. Aventin

    @Souris,

    Qu’un Vénézuélien sorte des rangs, qu’il nous traduise la Constitution que Chavez fait apprendre dans toutes les écoles de son pays. J’ai des envies d’grand soir, avec des drapeaux rouge bleu blanc qui claqueraient au vent, ce vent de liberté qu’est ce souffle du peuple qui dit non à la Banque…

  27. Sophie

    « Vous n’êtes pas Voltaire et Wilgos n’est pas Bourdieu »

    Non, mais ça peut venir…

  28. Aventin voilà bien de la mauvaise foi, le tous contre tous qui mine peut-être la doctrine libérale a fait moins de morts que la montée aux extrêmes des nationalismes. L’analyse du libéralisme de Jean-Pierre Dupuy montre que le désir mimétique détruit la rationalité des marchés, mais ce que Girard dit du nationalisme est plus effrayant encore. En tout cas, à propos de braille, comment faites-vous pour ne pas voir qu’il y a une désignation du bouc émissaire dans la dénonciation du riche, et au risque de me répéter l’immonde lecture des Protocole à la radio nationale vénézuélienne n’est absolument pas anodine.
    Il n’est nullement question de remettre en cause la notion d’intérieur et d’extérieur, il est question de ne pas se proterner devant d’autres idoles qui furent elles aussi dénoncées par le même pouvoir spirituel dont vous vous réclamez visiblement. À ce propos, ce n’est certainement pas les démocraties libérales et le principe de libre entreprise qu’elles soutendent qu’il faut dénoncer mais la cupidité humaine que le socialisme n’a jamais étouffé quoi qu’on en dise. La cupidité, le désir mimétique ne peuvent pas s’expulser faire croire que restreindre nos libertés ou attiser le nationalisme le pourrait est au mieux une erreur.
    Les droits de l’homme sont dansMarc fort bien, qu’allez-vous chercher les vieilles lunes socialistes alors ? Ce sont encore les démocraties libérales qui garantissent les libertés religieuses, nous ne voulons plus de l’alliance du sabre et du goupillon.

  29. Souris donc

    Hu hu hu

  30. Galaad se replie sur son Aventin.

  31. Je ne sais si je dois prendre cela comme un compliment mais je le prends comme tel.

  32. Les démocraties libérales font pourtant presque toutes cette alliance, et il n’y a que dans la démocratie REPUBLICAINE qu’est la France que la laïcité est constitutionnelle et inscrite dans une loi claire et précise (de 1905). La liberté religieuse peut-être – encore que j’en doute – mais la liberté de conscience va au-delà de la liberté religieuse. L’Angleterre, démocratie libérale par excellence, a une religion d’Etat pour information.

    Enfin, concernant Chavez, qui est un illuminé de l’anti-impérialisme et de l’anti-sionisme, ce n’est pas lui qui a lu le protocole, mais une autre dame. C’est évidemment abominable, mais cela ne change en rien les bienfaits du socialisme, sa vivacité dans ces pays, et les progrès sociaux qu’il y a apporté.

    P.S.: Si vous voulez jouer au jeu des citations, vous voulez que je vous en fasse un florilège de citations antisémites, anti-athées, anti-sociales, etc… de tous les libéraux possibles et imaginables?

  33. Écoutez Galaad, je ne m’adressais pas à vous et je ne serai pas tenté de le faire à l’avenir vu votre attitude. Prenez le temps de lire ce qu’écrivent les gens et véririfiez que l’on s’adresse bien à vous : je n’ai jamais dit que c’est Chavez qui a lu les protocoles et je n’ai pas fait de citation, à moins qu’utiliser une expression consacrée le soit. Je vous éviterai dorénavant.

  34. L'Ours

    Bon sang! ce concours de comportements pourris dans chacun des camps est inepte! L’homme sera toujours ce qu’il est, quel que soit le régime politique.
    La seule question qu’il vaille de se poser est: « à l’intérieur de quel camp veut-on vivre pour combattre l’injustice qui y sévit? »
    Pour ce qui me concerne le camp libéral n’est même pas le meilleur, c’est le seul!
    Je vous ferais remarquer que même si ce bon monsieur Chavez use d’une certaine démocratie dans son pays pour finalement faire ce qu’il veut, notamment instiller une culture de la haine sur les ondes tout en disant que c’est un bon socialo, c’est d’abord parce qu’il peut faire du commerce avec les autres pays!
    Le libéralisme est le seul système qui permette de faire du socialisme en son sein! Mais le socialisme pur et dur de partout n’est rien d’autre que la dictature.
    Et puis il il y a les hommes en tant qu’homme.
    Pourriez-vous imaginer que je défende un président des USA s’il avait le même discours anti-sémite ou les mêmes amis que Chavez? Fut-il un défendeur du meilleur capitalisme qu’on puisse imaginer?
    Je ne supporte pas quand l’idéologie met des bandeaux sur les yeux.
    On a connu ça avec le PCF pendant des décennies bien pénibles et interminables dès qu’il s’agissait de l’URSS!

  35. Guenièvre

    Vraiment l’Ours, vous avez parfaitement résumé la question : « à l’intérieur de quel camp veut-on vivre pour combattre l’injustice qui y sévit?” et je ferai la même réponse que vous à cette question.

    Un témoignage intéressant sur l’atmosphère qui règne au pays du « socialisme actif et resplendissant ».
    http://www.courrierinternational.com/article/2010/05/06/chavez-les-venezueliens-et-moi

  36. Ah, Guenièvre, merci pour ce lien.

    Ce serait drôle si ce n’était pas réel !

  37. L'Ours

    Guenièvre,
    je viens de lire votre lien!
    Du grand guignol qui a du mal à faire rire! Pourtant ça plait à nos intellos!

  38. Oui, merci Guenièvre. Je reproche au papier de ne pas assez montrer comment Chavez utilise la culture populaire vénézuélienne, c’est un peu évoqué mais pas assez. Par ailleurs, je n’aimerais pas vivre au Mexique non plus : le monde latinoaméricain est à la dérive, quelle tristesse…

  39. Aventin

    « Le socialisme originel », conférence de JC Michéa :

    Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il envoie l’bois le Jean-Claude.

  40. Expat

    @ GUinièvre : quelqu’un devrait envoyer ce lien à ce qui restera sans nom.

  41. Vous m’en voyez dépité et triste, j’aime le débat, et si je suis trop vigoureux à vos yeux, ayez un peu de compréhension : vous n’avez qu’à mettre cela sur le compte de la fougue de la jeunesse !

  42. Je ne vais pas m’appesantir sur le sujet, j’invite les gens à aller lire cet article dès qu’il sera publié en entier sur le monde diplo: http://www.monde-diplomatique.fr/2011/11/ROBINSON/46900. Histoire d’arrêter les caricatures de part et d’autre.

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