Monsieur le Ministre

C’est à n’en pas douter un beau titre. Beaucoup en rêvent, beaucoup y rêvent. Mais combien parmi nous comprennent la mission dévolue à ce titre ?

Précisément, elle fait l’objet d’un malentendu, cette mission. C’est qu’il y a deux écoles pour la définir, deux écoles catégoriquement opposées.

Première école. Le ministre est là pour soutenir et défendre les organismes dont il a la tutelle, et leurs administrations. Il doit se battre pour obtenir le meilleur budget possible, étant entendu que le meilleur… c’est le plus élevé. Il doit veiller aux privilèges accordés aux personnels qu’il contrôle, maintenir les avantages acquis et si possible, en obtenir de nouveaux. Il est le représentant de ses troupes au gouvernement. Bien entendu, il veille aussi au bon fonctionnement de ses services, dans la mesure où ce bon fonctionnement ne met pas en cause les droits et les pouvoirs de ces organismes, de leurs représentants et de leurs syndicats. Il applique si nécessaire la formule « si les événements nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs ».

L’archétype de ce genre de ministre, c’est Bayrou à l’éducation nationale de 1993 à 1997. Tentative de réformes au début du règne, puis léthargie devant l’opposition des syndicats.

Seconde école. Le ministre est là pour que les services dont il a la tutelle servent au mieux l’intérêt de la nation. Il met à la disposition des citoyens, via le premier ministre et le gouvernement, un certain nombre de moyens destinés à remplir une mission. Ces moyens sont ceux du pays, le ministre se doit donc de les employer au mieux, d’en améliorer l’efficacité, de les gérer en veillant à leur utilité. Pour un service rendu donné, il doit donc assurer le coût optimal, c’est-à-dire le moindre coût. Selon cette école, un bon ministre est celui qui œuvre pour réduire son budget.

Un exemple de ce genre de ministre serait… qui donc au fait ? Cherchons, cherchons.

Dans les deux cas, la compétence demandée au ministre est celle d’un généraliste, et non celle d’un spécialiste. Aidé par son administration il doit trancher entre les grands choix, savoir peser les effets pervers, savoir envisager le long terme. Reprocher au ministre de la Défense d’ignorer la technique du FAMAS, ou au ministre de l’Education d’avoir oublié le nom des termes d’une règle de trois, ce sont des critiques imbéciles.

Enfin gardons-nous d’oublier que le rôle du ministre est aussi de participer collégialement aux décisions de gouvernement, y compris celles qui sortent du cadre de son ministère. Cette mission-là est parfaitement admise de tous. Peut-être parce qu’elle présente un aspect plus noble…

Voici donc une question pour le doxionnaire : C’est quoi, un ministre ?

7 Commentaires

  1. Cela est bien dit!
    Malheureusement, comme vous le soulignez, nous ne connaissons pas de ministre appliquant votre N°2.

  2. Expat

    si quelqu’un connait un ministre qui est dans la case N° 2 – qui’il nous informe ?

  3. Expat, il y en aurait bien un, mais il est déjà pris: il est Président de la République. -:)……

  4. Aventin

    Seconde école évidemment. Mais ce genre d’individu à le sens de l’Etat et de l’histoire, et ne lit pas des courbes de tendances économiques le week-end ou des auteurs néo-libéraux tous plus drôles et poussifs les uns que les autres. Il me semble que quand l’on a fait ses études dans une école de commerce on est avant tout fin prêt pour aller fourguer des palettes de yaourt « à l’international » non ? Et pourtant, quelles sont les modèles de parcours de réussite qui sont aujourd’hui montré en exemple.Agrégation de lettre, d’histoire du droit ? La période est à l’intoxication marchande, libérale et anglo-saxonne. Qu’il faut d’intoxication pour aller croire par exemple que Monsieur Hayek a livré une pensée véritable, ce même sur le plan de la théorie du droit. Encore un éminent inventeur d’eau tiède. Sur le fond je suis d’accord avec vous, mais le monde libéral que semble célébrer les commensaux de ce blog, ici très majoritairement, est un monde de spécialistes éludant la morale et la responsabilité, du fait de cet illusion technicienne en vertu de laquelle il pense que seul le spécialiste – économique…- est à même de faire émerger la vérité. C’est l’éternel problème de la tête bien faite et de la tête bien pleine. Ce principe aboutit d’ailleurs à l’horreur démocratique qu’est l’UE.La démocratie reviendra quand l’espace politique aura été expurgé de ce langage économique qui stérilise la dynamique démocratique et citoyenne. Le premier des combats politiques, c’est la langue. La langue du spécialiste est un piège, et l’économie érigée en dogme et valeur suprême est une damnation démocratique : confer la Grèce ! Le libéralisme tue un peuple, devant les caméras, et ce n’est que le début.

  5. Aventin

    a…quels…montrés…lettres… cette… ils pensent…

  6. Aventin, c’est la langue … de bois.

  7. Marie

    Vous oubliez Impat le prix su ticket de métro, la question piège de certains … mon gendre qui travaille à la RATP ne le connait pas et considère franchement que ce genre de questions est débile , cela va dans le sens de votre allusion au Famas!D’ailleurs qui en province connait le prix de ce transport parisien?

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