Dieu bénit l’Amérique et les disparités salariales, Monsieur Hollande

Tous les « serial expats » vous le diront, au bout de quelques années passées à l’étranger, en immersion totale, le plus difficile n’est pas le mal du pays. Non, le plus délicat, c’est de rentrer. Et, par la magie de l’étrange lucarne tactile qui vous attend sur la table du salon pour vous réconforter après une dure journée de travail, il est même parfois délicat de rentrer chez soi et de consulter les flux d’informations qui vous content les nouvelles du pays. Oui, délicat. Car au détour de chaque paragraphe, vous pouvez vous prendre en pleine figure l’image d’une société qui n’est plus la vôtre.

Le terme « image » n’est pas assez précis. Il me faudrait plutôt dire « un ensemble de règles du jeu », cet agrégat de règles non écrites qui rend votre adaptation à un nouvel environnement humain toujours un peu lent et périlleux (nouveau job, nouvelle fac, nouvelle cour de récréation, …). Car, si après quelques années à l’étranger vous vous sentez toujours français, voir plus français que français, il faut vite se rendre à l’évidence – à ne plus vivre avec vos compatriotes, vous avez perdu le sens de leur réalité. Peut-être devrais-je dire « perception »

Dernier exemple en date – la fameuse tranche d’impôts sur le revenu à 75%, proposée lundi dernier par François Hollande, pour les salaires supérieurs à un million d’euros par an. Vite rattrapé par de simples réalités comptables, fiscales et footballistiques, le candidat PS a réussi à dompter les ardeurs de ses opposants en invoquant, tel un shaman appelant le dieu de la pluie durant un été de sécheresse, une des divinités païennes du débat politique français : la « morale ». (Aussi parfois appelée « justice ». Un peu comme Zeus et Neptune, vous savez, ces noms divins interchangeables selon le lieu et les gens à qui vous vous adressez). Ce n’était pas une question d’argent, mais de morale. Fin du débat. La pythie avait parlé, et Aphatie commenta.

Qu’y a-t’ il de surprenant pour un expatrié, dans cette tranche de vie politique qui, à coup sûr, vous vaudra (encore) des plaisanteries douteuses de la part de vos collègues de travail surpris que l’on puisse sérieusement tenir ce genre de propos à l’ouest du mur de Berlin et après la chute de l’URSS ? Pas le propos lui-même. Même pas la stratégie de retraite du candidat PS. Non. Le fait que cette stratégie fonctionne. Le fait que l’opinion publique, journalistique, prenne cet argument moral comme un point valide, et que la messe soit dite.

À titre d’illustration, je vous laisse découvrir cette petite intervention de l’économiste Dennis Gartman, interrogé par la presse sur les arguments du mouvement « Occupy Wall Street ». Aux États-Unis, l’opinion publique et les journalistes acceptent, et tolèrent, son raisonnement, au point d’en faire le départ d’un débat et non le début d’une chasse aux sorcières. Lisez plutôt.

« Nous célébrons les disparités salariales et nous applaudissons ces écarts de revenu toujours grandissants entre les 20% des gens au bas de l’échelle de la société américaine, et les 20% du haut car c’est l’illustration même de ce qui a fait de l’Amérique un grand pays. C’est la possibilité d’obtenir un haut revenu… de devenir quelqu’un ; de monter une entreprise et de devenir millionnaire tout à fait légalement et à la force du poignet – cela distingue les États-Unis de la plupart des autres nations du monde.

Nous sentons-nous mal à l’aise à cause de cet écart grandissant entre le riche et le pauvre aux États-Unis ? Bien sûr que non, nous en sommes fiers, nous qui partis de rien sommes devenus raisonnablement aisés maintenant. Nous y sommes arrivés seuls, par la simple force de notre volonté, notre ténacité, notre bon sens. C’est pour cela que les immigrants viennent aux Etats-Unis : pour rejoindre les hauts revenus de notre pays et laisser derrière eux la misère.

Inégalité des revenus ? Fichez-nous la paix ! Dieu bénit ces disparités salariales et ceux qui ont réussi, et honte à ces gens du mouvement « Occupy Wall Street » qui veulent nous sanctionner pour nos succès et se complaisent dans leur échec.

Inégalité des revenus ? Du mépris ? Ce que nous méprisons, c’est un gouvernement qui impose des règles empêchant ou rendant difficile de faire encore plus d’argent, d’employer encore plus de gens, de donner encore plus aux œuvres caritatives de NOTRE choix. Voilà ce que nous méprisons. »

Une réaction, Monsieur Hollande ?

Image: thephotoholic / FreeDigitalPhotos.net

63 Commentaires

  1. Georges Kaplan

    Il est sans doute inutile que je marque mon approbation 🙂

  2. Sophie

    Ca alors!

  3. GK, il n’est jamais inutile d’enfoncer un clou.

  4. Expat

    Voilà du bon sens !!!!

  5. Doc Chicago

    @Georges

    mais si mais si, marque. Moi aussi je le fais: bravo le mort à crédit ! Je sais qu’il y a des gauchistes aigris que ça fera enrager, et rendre leur existence de petits-bourgeois un peu plus misérable moralement n’a pas de prix. De toute façon, ils ne peuvent pas comprendre.

  6. Marie

    Cet article est à l’image de la conversion de pensée de ceux qui sont expatriés , j’en connais …

  7. Sophie

    La simple émulation semble devenue un crime contre l’humanité, sous nos cieux!

  8. Marie

    Sophie il faut s’en tenir strictement au nivellement par le bas. Bientôt il sera très mal vu d’être plus érudit que d’autres …

  9. Je n’ai pas beaucoup de temps, je voudrais simplement dire que si je suis d’accord avec l’idée que nous mourrons de cet égalitarisme stupide, la déclaration de Denis Gartman est outrancière, je n’aspire pas plus à la ploutocratie qu’à la médiocratie. Roosevelt fut un très grand président, j’aime son Amérique qui a libéré le monde, j’aime le discours de Kennedy :
    « We choose to go to the moon, we choose to go to the moon in this decade and do the other things, not because they are easy, but because they are hard, because that goal will serve to organize and measure the best of our energies and skills, because that challenge is one that we are willing to accept, one we are unwilling to postpone, and one which we intend to win, and the others, too. »

  10. Pythéas

    Le plus marrant, avec les expats qui rentrent au bercail, c’est pas tant leur redécouverte de l’esprit chafouin du français, de la faiblesse du débat public ou de la presse : tout ça, ils l’avaient suivi de loin.
    Le plus marrant, c’est quand ils redécouvrent à quel point c’est compliqué de vivre en France : qualité des services publics, paperasserie, prix et procédures pour se loger, bataille pour faire garder ses enfants, horaires des magasins etc. TOUT est infiniment plus compliqué, plus long, plus chiant qu’à l’étranger (on m’a dit que le Japon, c’est pas mal non plus).

    Mais bon, on peut boire des coups de bon vin avec des potes en clopant et en se tartinant des rillettes en terrasse, tout en regardant passer les parisiennes aux jupes légères par une belle fin d’après-midi de mai.
    Et rien que pour ça, ça vaut le coup de rentrer !

  11. Pythéas,
    Et on peut sourire à une voisine, et même lui dire qu’elle a de belles boucles, sans risque de menottes et prison pour harcèlement.
    Et on peut discuter aimablement avec un flic.
    Et on peut fumer au bois de Boulogne.
    Et on peut aller au resto avec un chien.
    Et on peut faire venir le médecin à domicile.
    Et…coetera.

    Et…, mais tous les avantages cités de l’Amérique sont bien vrais aussi.

  12. Doc Chicago

    Roosevelt fut un très mauvais président qui prolongea la crise dans son pays des années, elle a duré en fait jusqu’en 1946 et les mesures de libéralisation et de réduction de l’Etat de Truman, et la guerre il en avait un sacré besoin, parce que s’il n’y avait pas eu la guerre pile à temps, il aurait fini pendu au bout d’une corde, vu l’état calamiteux dans lequel il avait mis son pays

  13. Affirmation gratuite Doc.

  14. Expat

    Non Skarda, il a raison Doc, Roosevelt au niveau économique était très mauvais. Mais il était excellent en politique.

  15. Ah mais ma chère Expat, voilà encore une affirmation ! On ne sait pas encore mesurer le moral d’une nation sur les marchés, c’est bien dommage.

  16. Sophie

    Est-ce qu’il n’était devenu un peu gaga lors de son dernier mandat?

  17. Très fatigué en tout cas, épuisé même…

  18. Doc Chicago

    @Tibor

    absolument pas. Et je le tiens entre autres de Serge Schweitzer, et il s’avère que Roosevelt est essentiellement un mythe keynésien. Les chiffres, eux, sont implacables. La guerre a permis entre autres de faire disparaître les masses de chômeurs qui allaient croissantes et ce en dépit des grands travaux. L’industrie se portait très mal, les investissements chutaient. Le new deal a été un grand tout de prestidigitation keynésien, et la guerre a permis aux USAs de tenir artificiellement quelques années de plus. L’Allemagne nazie était dans une situation similaire, d’ailleurs. Plus un Etat dépense et contrôle l’économie, moins bien cette dernière se porte, il n’y a pas de miracle, la courbe de Laffer s’applique à l’amérique de roosevelt comme aux pachydermes socio-démocrates de notre époque. De plus, une récession similaire à celle de 29 s’était déjà produite en 1921, et le président de l’époque, Harding, avait réagi par une réduction drastique immédiate des dépenses de l’Etat et de la fiscalité, sans quasiment rien faire d’autre, et le résultat ça a été que la récession a duré 6 mois au lieu de 17 ans. Cela dit, je ne sais plus si la FED était opérante en 21, vu que sa manipulation des taux d’intérêts semble être lourdement en cause dans la crise de 29.

  19. Je suis sûr qu’il y a des explications pour dire que le bilan est désastreux mais les chiffres sont ce qu’ils sont. Comparer le New Deal à une entreprise socialiste de collectivisation est un peu osé. Tout le problème avec les idéologues d’un bord ou de l’autre est qu’il doivent Tordre la réalité. Qu’un obscur bonhomme vienne dire que Roosevelt, ce géant, était un mauvais président est tout simplement risible.

  20. Aventin

    Dommage que ce carrefour de discussion – plus qu’un simple blog – n’annonce pas la couleur. Nous sommes au coeur d’un club libertarien ou plutôt libéral, qui se cache. De quoi avez-vous honte ? J’ai soulevé le lièvre, j’ai vu s’abattre les articles, je ne me suis pas trompé.

    😉

  21. Aventin, proposez des articles voyons, pour la procédure : skardanelli@gmail.com.

  22. Sophie

    Aventin, je dirige la rédac de ce canard qui n’est pas un « club libertarien ». Quant à la couleur, elle a été annoncée sans équivoques : antidoxe.

    Nous tentons de relever les dogmes de la nouvelle doxa et d’en démonter l’absurdité ou le conformisme, généralement les deux.

    Je vous garantis qu’il en faut plus pour me faire honte!

    Une autre question?

  23. Aventin

    @Sophie

    De quelle doxa parlez-vous ?

    S’il s’agit de la doxa des élites dirigeantes ou médiatiques nous sommes assurément en plein dans cette doxa libérael, sociétale et culturelle à gauche, économique à droite, distribuée partout et sans arrêt dans l’espace public – à considérer bien sûr que les notions de droite et gauche telles qu’envisagées aient aujourd’hui encore un sens.

    Cette Doxa libérale dirige – notamment – cette union européenne dont les règlements sont l’oeuvre pour l’essentiel de commissaires non-élus et qui priment le droit interne, c’est-à-dire la volonté vive du peuple. Militons pour inscrire dans la Constitution la supériorité du droit interne sur le droit communautaire.

    Vous êtes pour Sophie ?

    Mais quelle est cette doxa dont vous parlez ? C’est avant tout à vous de définir ce que vous cherchez à dénoncer Sophie, non. ?

  24. Aventin

    @Sophie

    En fin de compte, et si l’ont veut bien y réfléchir Sophie, le libéralisme s’oppose bien plus à la République qu’au socialisme intégral. Qu’est-ce que le libéralisme, promoteur de la chose privée intégrale – sa primauté en tout état de cause -, peut bien avoir de commun avec la Res Publica venant offrir la juste synthèse de systèmes finalement dangereux quand les principes de l’un ne sont pas tempérés par ceux de l’autre ? Le républicanisme civique – et plus particulièrement le républicanisme néo-athénien, faisant la part belle à la nation comme communauté culturellement homogène et ancrée géographiquement et historiquement – est au fond le pire ennemi idéologique du libéralisme. Le républicanisme comme anti-libéralisme est au coeur de la culture politique profonde de ce pays, bien heureusement.

    Renouvier, voilà par exemple l’anti-doxa, et ce bien plus que les « penseurs » libéraux ou libertariens dont on fait l’éloge..

  25. Sophie

    « Qu’est-ce que le libéralisme, promoteur de la chose privée intégrale – sa primauté en tout état de cause -, »

    C’est VOTRE définition. Vous pouvez la faire vôtre, mais pourquoi l’imposer aux autres?

  26. Sophie

    « C’est avant tout à vous de définir ce que vous cherchez à dénoncer Sophie, non. ? »

    Mais je ne dénonce rien, mon p’tit chou, je m’amuse. Je peux?

  27. Aventin

    Je crois que c’est moi qui m’amuse, non ?

    😉

  28. Sophie

    « Cette Doxa libérale dirige – notamment – cette union européenne  »

    Non, ça c’est le capitalisme. Aidé du syndicalisme et adossé à une UE qui n’est pas celle de ses pères fondateurs, il a tué le libéralisme, l’esprit d’entreprise, le goût du risque et les PME.

  29. Sophie

    « Je crois que c’est moi qui m’amuse, non ? »

    Tant mieux! Comme ça nous serons deux!

  30. Aventin

    @Sophie,

    Ai-je dis autre chose que la chose suivante, qui n’est pas grave et n’est pas non plus honteuse, car il n’y a à cela aucune honte, à savoir qu’antidoxe est clairement un organe webmatique promoteur du libéralisme. Je ne juge pas les individus sur leur convictions politiques, je ne criminalise pas la pensée, aucune pensée. Antidoxe est – à mon avis – un site libéral, est c’est très bien comme cela, je ne vois rien à redire à cela. Mais dites-moi si je me trompe…

  31. Sophie

    Ecoutez, Aventin, je ne me suis jamais cachée de mon libéralisme, je ne vois d’ailleurs pas pourquoi je le ferais, ce n’est pas une maladie honteuse.

    Antidoxe, c’est autre chose. C’est un regard que j’espère impertinent ou caustique sur les nouveaux dogmes des nouveaux-bienpensants. Parfois ça rejoint le libéralisme. Parfois pas.

    En tout cas, je suis ravie que vous vous amusiez.

  32. Aventin

    Une dernière chose Sophie, enfin si cela vous amuse aussi, pourriez-vous définir ce que vous appelez le goût du risque et me dire de quel risque vous parlez ?

  33. Expat

    @ ska : tu parles de Teddy surement :)))

  34. Sophie

    Tomber amoureuse, par exemple!

    Les risques sont multiples, variés, insoupçonnables, extravagants, durables et non recyclables!

  35. Aventin

    Il ne peut y avoir d’amour entre deux socialistes ? Entre deux individus non réductibles à leur idéologie ? Quel rapport y a t-il entre l’amour et le libéralisme ? Ca devient intéressant… on s’amuse…

  36. Sophie

    De plus en plus!

    L’amour est fondamentalement libéral car il s’émancipe de toute communauté, de tout acquis, de tout dogme et vous laisse seul et libre de vos choix. Et seul également pour en assumer les conséquences. Comme un patron de PME, mais en plus chouette!

  37. Sophie

    Cela dit, deux socialistes peuvent parfaitement tomber amoureux, parce qu’on ne peut pas être socialiste tout le temps, de temps à autres, faut se poser.

  38. Aventin

    @Sophie,

    La sexualité est fondamentalement libérale (vous vous attendiez à cette réponse), car elle reste finalement autocentrée ou portée par l’impératif, de sélection, d’optimisation, de reproduction, que nous partageons avec le règne animal – les fourmis… Le libéralisme ne s’affranchit pas de ses dogmes, impératifs logiques et mathématiques, et des lois d’airains – des reins : lacanisme à deux balles, ok), dont il est constitué. Tout est à l’équilibre, rien ne se trouble, tout est prévu ou prévisible. Vous confondez le libéralisme et la liberté… vous voyez la suite niveau confusion…

    Au fait, la concurrence pure et parfaite ne débouche t-elle pas sur des patrons qui finissent pas par délocaliser, n’assumant aucune conséquences ?

    Le libéralisme n’a rien à voir avec l’esprit d’entreprise du patron de PME. Les libertariens que je connais ne sont pas artisan zingueur en pleine Creuse, mais sortent tous d’écoles de commerce prestigieuses et fréquentent les salles de marché et les Conseils d’administration des grands groupes.

  39. Aventin

    9 mars 2012 à 9:27

    Vous aussi vous aimez Audiard ?

  40. Aventin

    Indices troublants : Dominique, Sofitel, Saumur(e), frites fricadelle…

  41. Sophie

    « Le libéralisme ne s’affranchit pas de ses dogmes »

    Non, le libéralisme, c’est l’absence de dogme et le renvoi des lois et règlements à la portion congrue.

    Pour le Sofitel, j’ai pas compris. Je suis un peu naze.

  42. Aventin

    Ben y a « isme » dedans, du coup…

    http://fr.wiktionary.org/wiki/-isme

    Normal, c’est une blague socialiste… private joke !

  43. « Qu’y a-t’ il de surprenant pour un expatrié, dans cette tranche de vie politique qui, à coup sûr, vous vaudra (encore) des plaisanteries douteuses de la part de vos collègues de travail surpris que l’on puisse sérieusement tenir ce genre de propos à l’ouest du mur de Berlin et après la chute de l’URSS ? Pas le propos lui-même. Même pas la stratégie de retraite du candidat PS. Non. Le fait que cette stratégie fonctionne. Le fait que l’opinion publique, journalistique, prenne cet argument moral comme un point valide, et que la messe soit dite. »

    Hep! Les enragés libéraux et autres libertariens! Oui vous là, qui composez une masse impressionnante du lectorat actif d’antidoxe! Je vous l’dis honnêtement, vous êtes vraiment tordants de rire!

    Le camarade Roosevelt était en effet un vrai petit dictateur d’une nation bolchévique lorsqu’il imposa les plus hauts revenus à plus de 90%! Et qu’est-ce que c’était horrible hein en ce temps, l’éducation américaine, la culture populaire, la civilité, la citoyenneté, qu’est-ce que c’est devenu mieux dans les années 70/80 sous l’impulsion des libéraux friedmaniens ! L’école publique se porte tellement mieux maintenant, la misère a diminué, la télévision est devenue le média par excellence de la culture, l’indépendance du politique vis-à-vis des lobbys, de l’Argent et de la finance s’est depuis lors favorablement améliorée, la presse est fondamentalement libre et pluraliste, etc… Vive le libéralisme!

    Hein, le culte du fric vous dites? Saine pratique mon ami ! On se forge la richesse « à la force du poignet » dit-on chez nous! Tant que ce poignet est assez puissant pour soutenir le lourd portefeuille qui l’accompagne, les monopoles, l’écrasement de la concurrence par les magouilles diverses et variées, ne sont que broutilles légitimes lorsque l’on veut poursuivre « the American dream »! Au nom du père, du fils et d’Adam Smith, Amen.

  44. Encore une fois, bordel de m… que foutez-vous donc chez Marine bon Dieu de diable?! Sur ce, je ne peux qu’agréer, à mon grand dam.

  45. Aventin

    Galaad,

    CNR !

  46. Sophie

    Chez nous, affreux libertariens, on se forge autre chose à la force du poignet, mon cher Galaad. Autonome jusqu’au bout.

    Bon, je sors!

  47. Ce repli sur soi me rappelle les heures les plus sombres…

  48. Force du poignet… main invisible… le libéralisme est en fait une véritable idéologie de coquins !

  49. Aventin

    En 2012, Jaurès aurait voté Marine à mon avis (mais Jamais Sarko en 2007).

    Non ?

    Heures les plus sombres ?

  50. Aventin

    Or, et c’est là surtout ce que je signale à vos esprits, l’audace même de la tentative a contribué au succès. L’idée d’un grand peuple se gouvernant lui-même était si noble qu’aux heures de difficulté et de crise elle s’offrait à la conscience de la nation. Une première fois en 1793 le peuple de France avait gravi cette cime, et il y avait goûté un si haut orgueil, que toujours sous l’apparent oubli et l’apparente indifférence, le besoin subsistait de retrouver cette émotion extraordinaire. Ce qui faisait la force invincible de la République, c’est qu’elle n’apparaissait pas seulement de période en période, dans le désastre ou le désarroi des autres régimes, comme l’expédient nécessaire et la solution forcée. Elle était une consolation et une fierté. Elle seule avait assez de noblesse morale pour donner à la nation la force d’oublier les mécomptes et de dominer les désastres. C’est pourquoi elle devait avoir le dernier mot. Nombreux sont les glissements et nombreuses les chutes sur les escarpements qui mènent aux cimes ; mais les sommets ont une force attirante. La République a vaincu parce qu’elle est dans la direction des hauteurs, et que l’homme ne peut s’élever sans monter vers elle. La loi de la pesanteur n’agit pas souverainement sur les sociétés humaines, et ce n’est pas dans les lieux bas qu’elles trouvent leur équilibre. Ceux qui, depuis un siècle, ont mis très haut leur idéal ont été justifiés par l’histoire.

    Marine (Canal +, Le Grand Journal)

  51. Je connais l’hymne de la force du poignet !
    Du dieu vulcain quand l’épouse friponne
    Va boxonner loin de son vieux sournois,
    Le noir jaloux que l’amour aiguillonne
    Tranquillement se polit le chinois.
    « va t’en dit-il à sa foutue femelle,
    Je me fous bien de ton con chassieux
    De mes cinq doigts je fais une pucelle
    Masturbons-nous c’est le plaisir des dieux!

  52. D’où l’expression libérale : « on s’en fout ! »

  53. Sophie

    Et oui, Galaad. Le libertinage est tout autant intellectuel. Relisez Diderot, « mes pensées, ce sont mes catins. »

  54. Aventin

    Quoi de plus froid que le style de Diderot, et même avec Sophie Volland… décidément… chez Diderot la mécanique intellectuelle tue l’art du verbe.

  55. Ne soyez pas si sérieux mon cher Aventin, je blaguais sur le repli du poignet de Sophie et ses amis libertariens…

    Concernant Jaurès, on va un peu stopper les gaudrioles là et relire un peu ses fondamentaux. Jaurès soutenir Marine? Et puis quoi encore? Le FN est un repère d’arépublicain et d’antirépublicains, dois-je vous rappeler ce que faisait le FN devant la statue de la pucelle d’Orléans? Les chants contre « la gueuse »? Jaurès voter Marine Le Pen? Marine n’a aucune, je dis bien aucune, mesure socialiste dans son programme ! Son programme est pseudo-républicain, libéral de façon timorée et foncièrement capitaliste, alors que Jaurès était un républicain socialiste et collectiviste ! Il aurait voté Méluche, qui est un patriote, un républicain, ET un socialiste! Il aurait voté Front de Gauche car ce dernier propose des mesures réellement anticapitalistes et antilibérales. La verrerie ouvrière d’Albi, ça n’vous dit rien ? Et bien lisez l’humain d’abord, et vous y verrez entre autre des mesures pour promouvoir les coopératives, qui sont, pour reprendre Jaurès, l’établissement de la démocratie dans l’entreprise !

    Marine Le Pen et sa retraite à la carte, soutenu par Jaurès? Marine Le Pen dont le parti est constitué de nationalistes – et non pas de patriotes ? Marine Le Pen qui pense que son père « avait raison avant tout le monde « ? Allons allons. Marine Le Pen claque des doigts et soudainement elle devient une fée à vos yeux, effaçant son passé, son passif, ceux qui la soutiennent, son parti, etc… Triste !

  56. L'Ours

    Aventin,
    lisez donc « la religieuse ».

  57. Pythéas

    Encore une fois, on ne peut que constater la proximité idéologique entre le socialisme et le conservatisme étatique (quant à la proximité stylistique…)
    De là à s’approprier la République… Il parait que c’est à ça qu’on reconnait les cons.

  58. Pythéas

    Et le neveu de Rameau ! Le passage sur les idiotismes moraux devrait vous édifier au plus haut point, vous qui aimez les cimes !

  59. Sophie

    Et le Bijou indiscret!

  60. Aventin

    @Wilgos

    Vous lisez donc dans les âmes. A Moscou, on a fait des procès sur ce principe.

    Non seulement vous lisez dans l’âme de Marine mais vous lisez également dans l’âme des militants de ce parti, quand bien même il s’agirait d’ailleurs d’individus n’y étant plus où en ayant été exclus, tous mariniste malgré leur départ, c’est évident.

    Vous lisez d’ailleurs si bien dans ces dernières âmes – et autres – que vous savez faire une radiographie complète et pour chacun de leur conception de la nation, concept par lui même subtil dont vous avez bien évidement l’exclusive, tout comme s’agissant des règles d’interprétation des mouvements de l’âme : Amen.

    Puisque cela vous intéresse, vous trouverez le programme sur ce lien : http://www.marinelepen2012.fr/

    Et que votre candidat arrête d’insulter cette candidate, ce sera-là la démonstration d’une normalisation républicaine des rapports entre ces deux opposants politiques. Faites un pas de plus vers la République.

    Si vous envisagez une pure réponse de forme où des mises en cause gratuites, vous n’aurez pas de réponse de ma part. C’est sérieux la politique.

    Cordialement.

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