Littérature désagrégée ou littérature des agrégés ?

On parle beaucoup en ce moment d’une perte de vitesse de la culture générale, ce qui est tout à fait exact, la littérature, déjà méprisée depuis quelques décennies, étant considérée surtout comme un divertissement non quantifiable, n’apportant rien, qui existe d’abord et avant tout pour se détendre, une détente en plus sans « utilité sociale » avérée et  qui n’est pas là même pour amener à plus de performances dans son job, non la littérature est une occupation considérée comme un incitant au nombrilisme, au narcissisme, voire, ô scandale !, à l’introspection.

Il y a une lecture indispensable, ou pas, sur le sujet, qui est « La situation des esprits » de Jean-Philippe Domecq et Eric Naulleau, paru en 2005 et ressorti cette année en édition augmentée et actualisée, dans la collection « Agora » chez Pocket.

C’est une suite d’entretiens menés à bâtons rompus et sans prétentions par ces deux auteurs.

De plus en plus, de toute façon, plus personne ne lit vraiment, sauf les « SMS » ou les « MMS » ou les mails reçus continuellement sur son « Smartphone », qui sont une «laisse électronique » acceptée sans problème par la plupart des gens. L’individu post-moderne trouve parfaitement normal de payer une fortune un ou deux forfaits afin d’assurer la pérennité de cette « laisse ».

Dans les films des années 60, 70, déjà, il n’y avait que les « méchants » pour avoir une bibliothèque conséquente, le héros étant souvent une brute ignare et fière de l’être. Dans les pubs, on ne voit jamais de rayonnages de livres derrière les personnages, tout comme dans les émissions de « coaching » télévisuel qui montrent des familles ou des particuliers souhaitant que la téloche les aide à re-décorer ou à faire taire les gosses qui braillent un peu trop souvent, réclamant des gadgets à la mode trop chers en temps de crise.

Il est exact que la littérature ne sert à rien, à rien du tout, comme l’intelligence, elle permet surtout à l’être humain d’accéder à la « conscience de l’immensité de son malheur », comme disait Desproges, à moins que ce ne soit mon beau-frère. Elle mène à la lucidité, à condition de la vouloir, elle laisse croire aussi que les amours passionnées sont amusantes à vivre, elle rend plus douloureuses les médiocrités que l’on doit souffrir dans la routine de la vie quotidienne, les bassesses des uns ou des autres.

Les jeunes filles en fleurs, par obligation

Longtemps, contrairement à l’auteur de « A la recherche du temps perdu », je ne me suis pas couché de bonne heure, j’adore me coucher tard, mais par contre j’ai cru que les jeunes gens et les jeunes filles bien sages qui étaient en « classes prépas » littéraires lisaient tous, par goût, les livres qu’ils aimaient afficher dans le métro, au café ou ailleurs, le titre bien en évidence pour que les voisins de table, supposés admiratifs, n’en perdent pas une miette.

Alors qu’ils les lisaient par obligation et uniquement pour cette raison, à une ou deux exceptions. Ils étaient finalement tout à fait dociles, et s’ils lisaient bien Proust, ils s’arrêtaient au premier tome de la « Recherche …», les autres opus n’étant pas au programme.

Il suffit pour s’en apercevoir d’aller au rayon « occasions » de « Gibert Jeune » ou « Gibert Joseph », on y trouve quelques dizaines de premiers tomes du cycle de Proust revendus après coup par les jeunes gens et les jeunes filles sages de khâgne ou d’hypokhâgne qui s’endorment dessus tout comme le premier béotien.

Ces jeunes gens ou jeunes filles sages, devenus diplômés de haut rang, ou agrégés, qui n’ont pourtant aucune appétence réelle pour la littérature, imposent pourtant depuis longtemps déjà en France leur absence de goût en la matière, leurs vaches sacrées scolaires et lisses, de Zola à Proust justement, en passant par Sartre ou Simone de Beauvoir, Boris Vian ou Kérouac pour les jeunes comme icônes indéboulonnables, et Millet, Houellebecq, Angot, Sollers ou Marie Darrieusecq et même BHL qui, s’il est détesté apparemment par beaucoup, est le « philosophe que les gens aiment détester » du fait de l’antisionisme de mise actuellement, ce qui en pousse d’autres à le porter aux nues inconsidérément pour les raisons strictement inverses, et toujours sans jamais lire réellement ses livres.

Ils ne vont pas jusqu’à prôner la lecture de Claude Simon, cet écrivain incompréhensible, et imbitable, qui leur permettrait de se donner le genre intellectuel pendant leurs bachotages alors qu’ils auraient finalement aimé, mal se conduire, boire trop, et draguer les filles comme les autres boutonneux, quitte à se payer quelques déconvenues. C’est souvent la raison pour laquelle, plus tard, le diplômé ou l’agrégé de haut rang se donne alors le genre voyou, qui dit des gros mots et qui se conduit mal avec les dames.

Bien sûr, au lieu d’ouvrir le reste de la population aux lettres, cela a fait comme partout ailleurs de la culture un domaine réservé aux enfants les plus favorisés de la bourgeoisie, qui en font leur « ghetto doré » avec ses codes, ses idoles, ses grands prêtres intouchables.

L’image illustrant ce texte a été empruntée ici à cet excellent blog

À propos de grandgil

Je suis Grandgil, il paraît que je suis un "anar de droite", aimable oxymore qui ne veut pas dire grand chose mais qui a pour effet d'exciter immédiatement la bile de tous ceux qui ont une "doxa" à vendre qu'il soient d'un bord ou de l'autre, les idéologies ne sont pas ma tasse thé, je déteste particulièrement qu'elles veuillent faire mon bonheur malgré moi, sans me demander mon avis. J'aurais aimé être un personnage de Marcel Aymé, ou de Boudard. Je ne suis qu'un "titi" parisien exilé en province.

64 Commentaires

  1. Doc Chicago

    A mon avis deux facteurs jouent essentiellement dans le déclin de la littérature française:

    _ l’enseignement lamentable de la lecture et de l’écriture, puis du français, à base de méthodes qui sont une insulte au cerveau humain (le tout lié au noyautage de l’éducation nationale par un ramassis de marxistes pédants plus aptes à prendre le pouvoir qu’à manifester la moindre intelligence). Avec une chute globale du niveau, carrément des temps de la conjugaison sont passés à la trappe, et la chute du niveau se remarque sans fard dans les torche-culs destinés à la jeunesse, où semble-t-il on se soucie plus souvent d’idéologie boboïde que de transmettre une compétence linguistique.

    _ la nullité profonde de la littérature française généraliste. Quand un produit est mauvais, il ne trouve pas acheteur s’il n’est pas une nécessité vitale et ne bénéficie pas d’un monopole. La littérature étrangère traduite se porte très bien par contre. Et même certains best-sellers… en VO. J’ai compris de quoi il en retournait quand un Harry Potter en anglais (le phénix, je crois) a réussi à vendre plus que l’ensemble de la littérature autochtone en un an. Un des signes de la panique c’est la quantité hallucinante de premiers romans chaque mois de septembre, plus d’un milliers, qui invariablement finissent pour la plupart au pilon avant le printemps.

    Je crois que la décadence a commencé pour de bon avec Nathalie Sarraute. Pour caricaturer je dirais qu’on a un milieu d’éditeurs parisiens fermé, replié sur le passé et rétif à toute évolution, bobo et farouchement à gauche, qui produit une littérature de fonctionnaires pour les fonctionnaires. 50% de la population qui vit de l’Etat, dont 25% au moins directement, sans compter les retraités, avec un vieillissement, il fallait bien que ça finisse par impacter sur la culture française. Hé bien c’est le même impact que sur l’économie: apathie généralisée, appauvrissement sordide, copinage et refus technophobe de l’avenir.

    Franchement, incriminer les SMS c’est confondre la cause et la conséquence.

  2. Aventin

    N’est-ce pas cette génération 68 qui impose ce libéralisme culturel qui nous a conduit à la cata actuelle ? Ca c’est sûr, le « mainstream » ça peut se vendre en « pack » de douze…

    Essayez donc Renaud Camus.

    Quant à Millet, je ne vois vraiment pas ce qu’il fait au milieu des « écrivants » que vous énumérez.

    Sinon, qui a détruit l’école de la République au nom du libéralisme culturel ?

    Christopher Lasch, reviens !

    Lire « L’enseignement de l’ignorance » de J-C Michéa.

  3. Je me pose quand même la question de savoir comment gérer l’inflation de nouveaux auteurs parmi lesquels je suis sûr, il existe de réels talents. Doit-on figer la littérature à une certaine période, considérant que ce qui suit sera nécessairement une immense cacophonie indéchiffrable ? La galaxie Gutenberg n’est-elle pas remplacée par la galaxie Berners-Lee ? Le formidable bavardage de la toile s’oppose aux anciens rythmes de lecture. La littérature n’est-elle pas au monde qui vient, ce que la calligraphie a été à celui qui s’en va ?

  4. grandgil

    à Aventin je parle de Catherine pas de Richard Millet, j’aime bien aussi Jean-Philippe,Domecq.
    Au Doc, on est d’accord sur les causes.
    A Tibor, il ne s’agit pas de figer la littérature mais de lui redonner une valeur. Beaucoup de partisans de différents « mondes qui vient » et qu’ils nous promettent depuis fort longtemps déjà ont tous en commun de haïr la littérature car elle va contre leurs certitudes, mais il y aura toujours des rêveurs pour écrire.

  5. grandgil

    Je pense que le problème c’est que domine chez les libéraux comme les libertaires un point de vue quantitatif sur la littérature, alors que la littérature ce n’est pas quelque chose de quantifiable.

  6. Aventin

    @Grangil

    Domecq, auteur éternel de l’expression « artistes sans art »… je vous suis sur Domecq !

    En dernier lieu, c’est la lecture – enfin il me semble – qui n’a pas d’utilité sociale directe ; la littérature quant à elle et sur ce plan fait évoluer la langue et s’inscrit dans ce monde comme la traduction de l’histoire et de la singularité d’un peuple. On est aussi français par la littérature !

  7. grandgil

    pour la littérature, je ne sais même pas; peut-être reflète-t-elle notre identité en effet ?

  8. Aventin

    @Grangil

    Le point de vue quantitatif dominera toujours chez les libéraux. Les libéraux sont toujours des matérialistes. Pourtant, il y a l’Esprit (ce qualitatif)… « mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai »…

    😉

  9. grandgil

    Oui et les libéraux/libertaires, et l’esprit souffle où il veut aussi…
    Ils ne peuvent comprendre l’enjeu existentiel de la chose.

  10. La question de la quantité se pose inévitablement car tout auteur aspire à être lu et reconnu, ne fait-on pas une confusion entre vanité et identité d’ailleurs. Puisque l’on est aux Évangiles, la notion d’auteur préoccupait-elle ceux qui les ont écrits ? La littérature ne concerne qu’une élite, la vanité passe aillleurs or la vanité fut un puissant moteur pour les romanciers. Comme toute les activités élitistes elle risque de se figer dans un ensemble de conventions qui détermineront la valeur. À ce propos Harry Potter entre donc dans la sphère de la littérature, il y a là effectivement un problème de détermination de la valeur, parle-t-on de valeur marchande ? Quelle est la valeur marchande d’un mandala de sable ?

  11. Marie

    Si il y a une khâgneuse qui a tout lu Proust c’est ma fille ainée, elle le relit tout comme sa grand mère ma suédoise de mère. Moi j’avoue que Proust m’ennuie et malgré une nouvelle tentative suite à une discussion avec un ami tchèque lui aussi passionné de Proust, je n’arrive pas à franchir le premier chapitre. Il est des oeuvres qu’on nous a imposé au lycée et qu’on renâcle à relire , d’autres qu’on aimerait relire. La littérature contemporaine est dans l’ensemble mauvaise, que de livres en rayons qui ne valent pas tripette. Ce qui est bon ne bénéficie d’aucunes publicités dans les prétentieux rendez vous télévisuels. Je mets à part la bibliothèque Médicis ou Elkabach reçoit des auteurs quasi confidentiels .
    La lecture , une activité d’élite pas si sûre il y a des lecteurs très discrets dans des milieux populaires, j’en connais!

  12. QuadPater

    C’est grave, ce qui se passe aujourd’hui. Une frontière infranchissable s’installe entre ceux qui lisent par plaisir (quoi qu’ils lisent, même un peu c’est déjà ça) et ceux qui ne lisent pas du tout.

    Ce sont ces derniers dont il faut se préoccuper. Une fraction considérable de jeunes en 2012 ne sont jamais « entrés » dans un livre, et refusent de le faire par peur de ce que vont en penser leurs potes. Peur d’être catalogués intellos. Peur d’entrer dans un monde inconnu, alors qu’ils touchent à la drogue et l’alcool dès 12 ans. C’est effrayant.

  13. grandgil

    A Marie, professionnellement parlant je voudrais être d’accord, mais d’expérience j’ai des doutes, excepté un ou deux succès de librairie qui montrent que tout n’est pas perdu.
    A Quadpater, Ce rejet de la littérature par les plus jeunes actuellement est en effet terrifiant..
    A Tibor, oui il y a certainement une vanité à croire que ce l’on écrit est intéressant, mais c’est une vanité généreuse, qui ouvre des univers et permet de grandir son point de vue, d’élargir son horizon. La littérature, la vraie, en soi n’a pas de valeur marchande et heureusement, même si un écrivain ne vivra pas d’amour et d’eau fraîche.
    Ce n’est pas une activité élitiste, c’est une activité que l’on a rendu élitiste par cette curieuse alliance objective depuis des décennies entre libéraux et libertaires qui ont systématiquement détruit l’enseignement des lettres considéré comme inutile car non quantifiable.

  14. Aventin

    Tout cela n’a bien évidemment rien à voir avec la marchandisation libérale du monde : consomme et tais-toi ! Bienvenue dans l’hypermarché mondial. Ici, pas de frontières entre les rayons ; la seule frontière, c’est la caisse. Deux classes dans le supermarché mondial, ceux qui peuvent payer et les autres. La Constitution libérale sera la loi fondamentale de cet hypermarché mondial où tout sera création artificielle de besoins artificiels (il faudra donc sans cesse innover). La conscience de l’homme nouveau ne devra être traversée que par des signaux électriques actant stimuli et réponses déterminés : excitation d’un besoin puis satisfaction d’un besoin. Le champ de conscience du citoyen libéral nouveau sera réduit à des opérations de maximisation entre ces réponses et stimuli. L’hypermarché est le modèle achevé de l’organisation libérale du monde. Et, dans ce monde, la littérature, qui ne répond pas à l’impératif de maximisation, sera nécessairement un problème.

  15. Ce fut toujours une activité élitiste, quel pourcentage d’élèves atteignait les sections où l’on enseignait vraiment la littérature avant 1968 ? Ensuite on a fait semblant. Le problème de l’enseignement des lettres fut bien plutôt l’inappétence des élèves qu’autre chose. En France au collège comme au lycée les deux professeurs les plus importants dans les conseils de classe sont le professeur de français et le professeur de mathématiques, deux enseignements élitistes dont les élèves ne retiennent à peu près rien. On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif, le dressage nécessite une participation active des familles, une exemplarité qu’il serait vain de chercher dans les classes laborieuses, le plus souvent. Au lieu de se concentrer sur les éléments les plus doués on prétend éduquer tout le monde, c’est d’une grande imbécilité mais l’on persiste pour des raisons qui ont plus à voir avec des revendications syndicales qu’avec l’amour des belles lettres.
    La critique des libéraux et des libertariens est un peu courte, ils n’ont jamais rien représenté dans une France dominée par les grands appareils étatiques. Non, c’est notre mauvais génie idéologique qui nous a poussé à croire à des chimères, à construire une ligne Maginot éducative que la naturelle paresse humaine aura contourné sans peine. La littérature, comme la musique ou les mathématiques nécessitent de faire des efforts, une discipline sans faille. Les hommes à l’âge où les automatismes s’acquièrent suivent plus volontiers leurs hormones que leur neurones. C’est la vie et cela n’a rien à voir avec la volonté maligne des maigres troupes libérales françaises qui sont un bouc émissaire commode pour nos idéologues de tous poils qui se réveillent avec une gueule de bois carabinée à force d’avoir trop tété les nuages.

  16. … » libéraux et libertaires qui ont systématiquement détruit l’enseignement des lettres »…
    Oui ces libéraux sont des ordures. Déjà qu’ils ont imposé le « pédagogisme » avec les IUFM de Mérieux, déjà qu’ils ont cassé l’école en prônant le collège unique qui désespère les meilleurs et décourage les moins bons, voilà maintenant qu’ils « détruisent l’enseignement des lettres » !
    Vivement que l’Etat mette de l’ordre.

  17. Marie

    Il est vrai grangil que mes lecteurs de classes populaires ne sont plus des jeunesses! Ils avaient pour certains eu la chance incroyable d’avoir un instituteur qui leur a donné l’envie de découvrir tant l’art que la littérature. Quel bonheur que d’entendre un OS de Renault parlé de l’art russe par exemple … Entendre une amie fille d’agriculteurs parlé des soirées lectures chez ses parents. Mais c’est vrai que c’était avant! Cependant , je viens de recevoir le magazine de littérature de Basse Normandie ou il est question de la nouvelle médiathèque de Colombelles , haut lieu ouvrier, celle ci compte de milles abonnés depuis sa récente ouverture, cela laisse de l’espoir!
    Je souscris pour le reste à ce qu’écrit skarda…

  18. Marie

    Je rajoute grangil que je pense que l’amour de la lecture se transmet mais de façon alléatoire, j’ai dans mes petites filles des lectrices acharnées. L’ainée dévore ça a commencé par Harry Potter , a dix ans l’épaisseur des livres ne l’a pas rebutée. Elle écrit des « romans » comme sa soeur des pièces de théatres, les plus petites dorment au milieu de leurs livres!

  19. L'Ours

    « Comment sais-tu que tu l’aimes pas, tu l’as pas lu? »
    Combien de fois me suis-je fait avoir avec des auteurs « up to date » qui me tapaient sur le système à la téloche et qui une fois lus, m’énervaient encore plus par leur nullité totale et malgré leurs prix obtenus.
    REMBOURSEZ!
    Car cette question qui vous incite à sortir votre monnaie, on ne la pose jamais avec les grands classiques et les quelques grands contemporains!

    Autre chose. A un poil près, j’en ai marre des écrivains! Depuis quand n’avez-vous pas lu un vrai roman? Oui! un roman d’un romancier? D’un romancier qui imagine totalement une histoire qui ne tourne pas autour de son nombril?
    Où est l’imagination, les personnages, les situations… etc? A part le policier ou l’anticipation, walou!
    Les seuls qui ont pignon sur rue sont les pondeurs d’ennui mortels, les sentencieux creux et les narcisses!
    Bien sûr! on me sortira un nom par ci par là, mais dans l’ensemble, n’importe quel être médiatique qui pondra une merde qu’il appellera roman, même si c’est un footeux inculte, aura plus de chance de se faire éditer qu’un inconnu talentueux dont le style ou l’argument ne sera pas « hic et nunc », enfin soi-disant, parce que « ici et maintenant », ce n’est pas assez frime.
    En fait ceux qui ont disparu et qui étaient les plus précieux d’entre tous, ce sont les découvreurs désintéressés et passionnés.

  20. QuadPater

    Marie,

    je pense que l’amour de la lecture se transmet mais de façon aléatoire

    Permettez-moi de vous faire remarquer que l’aspect aléatoire (indéniable) ne permettant pas de prédire l’attachement à la lecture des enfants à partir de celui des parents, on ne peut qu’en déduire que l’amour de la lecture ne se transmet pas des parents aux enfants. Ni par les gènes, ni par l’environnement.

    Comme tout amour, il prend sa source dans une rencontre, événement aléatoire s’il en est. Un parent, un enseignant, une quelconque personne extérieure peut tenter de favoriser cette rencontre mais n’est jamais sûre qu’elle va se produire.

  21. Aventin

    @ Impat,

    Quoi qu’il arrive vous mélangez tout.

    L’oeuvre pédagogiste n’est aucunement liée à la capacité opératoire de l’Etat. Ce sont des individus qui font cours.

    Un certain nombre parmi ces derniers, et notamment au sein de la haute administration – non, Impat, un fonctionnaire ou un groupe de fonctionnaire n’est pas l’Etat ou même son principe – ont clairement opté pour le libéralisme culturel (68 notamment) dont Christopher Lasch parle si bien dans « La culture du narcissisme ».

    Le pédagogisme est très clairement en lien avec le libéralisme et la marchandisation anglo-saxonne (USA – GB) du monde. C’est là la même chose, le même programme.

    Cette idéologie est là, et l’on a même eu droit à un syndicalisme – lobbying…- prescripteur aux fins de défendre cette idéologie libérale.

    Le pédagogisme et ses ravages, c’est encore le libéralisme, mais le libéralisme culturel cette fois-ci.D’où il résulte que le libéralisme, qui n’est en rien la liberté, est un vrai problème, un grand problème.

    L’état de l’école en 2012, c’est le libéralisme, incontestablement !

    Vivement que l’Etat mette de l’ordre républicain, et remise le libéralisme (Culturel et économique…) au magasin des – très mauvais – souvenirs.

  22. Aventin

    Pourquoi réduire la littérature au roman. Pendant très longtemps le roman a été une part tout à fait moyenne de la littérature française. Journaux, correspondance, théâtre, mémoires, récits, poésie, confessions, nouvelles, fables… le romancier, le plus grand de tous (pas seulement en France), c’est Balzac, enfin pour moi ; mais il y a de plus grands écrivains que celui-ci, enfin pour moi. Le roman est probablement ce que j’aime le moins.

  23. grandgil

    A Tibor,
    Aimer la littérature ne signifie pas que l’on soit obligé d’avoir fait un cursus de lettres pour y arriver. L’école n’induit pas l’amour de la littérature, même si elle agit comme un « booster » à mon avis. En France où l’on aime bien les petites cases, on range celui qui aime les lettres comme forcément ayant fait les études qui vont avec…
    Alors que ça n’a rien à voir.
    Je crois cependant que cet élitisme, ou pseudo élitisme, scolaire est de pire en pire, le système l’entretenant, je vous parlerai bien de ce prof qui voulait emmener ces élèves au théâtre à qui on a dit « vous feriez mieux de les emmener à Disneyland, le théâtre ce n’est pas pour eux ».
    S’il y a cet élitisme pour quelques uns, par contre, il n’y a plus du tout de demande d’exigence ou d’excellence pour les autres, c’est là qu’est aussi le problème, on nivèle par le bas.
    A Marie,
    Oui, la lecture de « Harry Potter » par de nombreux enfants a pu laisser croire que tout espoir n’était pas perdu. Mais c’est un leurre, car on a lu « Harry Potter » dans des milieux « protégés ». Mais la plupart des enseignants du public ne partageront pas votre optimisme. Sinon, l’amour de la lecture ne se transmet pas de manière aléatoire, les enfants lisent parce que les parents, les frères, les soeurs le font. C’est aussi une question de société, dans une société matérialiste comme la nôtre, lire, qui n’est pas une activité quantifiable est- considéré comme inutile.

  24. grandgil

    A l’Ours,
    Oui, depuis plusieurs décennies, du fait de l’influence du « nouveau roman », genre grisâtre consistant à décrire 20 pages de suite un papier peint vu par le trou de la serrure, et de l’autoficttion, le romanesque est vu toujours péjorativement, ce n’est pas un genre « sérieux », comme l’a dit un jour un imbécile, « je ne lis pas de romans, je lis des livres sérieux », alors que c’est très sérieux l’écriture d’un roman qui ouvre sur un univers, un style, etc…

  25. Aventin

    Renaud Camus, Grangil. Lisez Renaud Camus. Un des rares contemporains produisant ce que l’on peut appeler une oeuvre. Il a un site et des textes en lignes.

  26. grandgil

    A Aventin, je lis déjà Renaud Camus, mais j’aime bien aussi des romanciers anglo-saxons comme Don DeLillo…

  27. L'Ours

    Vous avez raison Aventin,
    et il y a de grands écrivains qui ne sont pas à proprement parlé des romanciers. Mais ce que je veux dire, c’est que depuis quelques décennies fort médiatiques, on trouve un grand nombre de malin(e)s qui se sont engouffrés dans cette brèche et qui n’ont absolument aucune imagination. De ce fait ils puisent dans le néant de leur vie de quoi écrire des pages insipides avec la conviction que c’est du grand art. En général, ces gens mettent en avant, comme si c’était fabuleux, la peur de la page blanche.
    Mais connard, ne te force pas. Si tu n’as rien à dire, ferme là!
    Car les Voltaires, Primo Lévi, etc. ne courent pas les rues mais le nombre de ceux qui s’imaginent être suffisamment talentueux pour s’aventurer sur les mêmes sentiers est fort élevé.

  28. L'Ours

    Des Voltaires, même au pluriel, il n’y en a qu’un, bien sûr! :o)

  29. Guenièvre

    Comment voulez-vous qu’un élève aime lire s’il ne comprend pas ce qu’il lit ? Il ne peut rentrer dans une histoire si elle n’a pas de sens pour lui. C’est l’une des constatations que je faisais quand les enfants arrivaient en sixième . Alors bien sûr peut-être que nous avons tendance à idéaliser le passé mais tout de même, j’ai connu des vieilles personnes qui avaient été à l’école jusqu’à 12 ans et qui lisaient beaucoup, pas de la grande littérature, mais elles étaient capables de s’absorber complètement dans un roman donc de  » sortir d’elle-même  » .
    Il y a certainement de multiples causes à ce phénomène mais Il faut lire l’ouvrage de Liliane Lurçat : « La destruction de l’école élémentaire et ses penseurs » qui analyse comment à partir de la fin des années 60 on a introduit par idéologie des systèmes nouveaux d’apprentissage, en particulier d’apprentissage de la lecture. C’est suite au rapport Migeon, commandé par Jospin en 1988 que des spécialistes des « sciences de l’éducation » comme Charmeux, Foucambert, Mérieux ont été chargé de convaincre l’opinion du bien fondé de ces méthodes et ont cherché à imposer ces idées de manière autoritaire dans les IUFM . Il s’agit en particulier d’interdire le « déchiffrement » et de privilégier « l’imprégnation », l’enfant apprendra à lire comme il apprend à parler…et il « construira lui-même ses savoirs ».On est revenu en partie sur ces méthodes mais en partie seulement.

    @ Grangil,

    « S’il y a cet élitisme pour quelques uns, par contre, il n’y a plus du tout de demande d’exigence ou d’excellence pour les autres, c’est là qu’est aussi le problème, on nivèle par le bas. »

    Tout à fait d’accord. Je me fais régulièrement démolir parce que , dans le club théâtre que j’anime je demande d’apprendre des textes d’auteurs. Cette année « Dialogues de bêtes » de Colette. On m’a dit que c’était bien trop littéraire , qu’il fallait reprendre la situation mais que les élèves devaient parler avec « leurs mots à eux » sinon ça faisait « petits singes savants » . On a eu des « ça me gave ! » et j’ai failli laisser tomber. Heureusement ce sont les élèves eux-mêmes qui se sont aperçus qu’ils étaient un peu creux et qui ont demandé à reprendre le texte original. En renonçant à l’exigence on commet un crime !

  30. grandgil

    A Guenièvre, j’ai souvent vécu les situations que vous décrivez, mais je n’ai jamais renoncé à porter les élèves vers le haut. J’ai fait un concours lecture avec des classes de SEGPA, et ils ont passé toutes les étapes, et on a bien bossé.

  31. grandgil

    A l’Ours, il n’y a pas que Voltaire, il y a aussi la Bruyère, la Rochefoucauld, Swift…

  32. Grandgil, vous ne perdez rizn pour attendre, je pense à vous.

  33. Guenièvre

    Moi non plus je n’ai jamais renoncé de part le passé, seulement actuellement je suis à la retraite depuis trois ans et je fais ce travail de façon bénévole. C’était le sens de mon  » j’ai failli laisser tomber ». J’ai failli arrêter le club plutôt que continuer avec ce genre de pressions qui vont à l’encontre de ce en quoi je crois.

  34. Guenièvre

    de par le passé…

  35. L'Ours

    Bien sûr Grangil et bravo pour garder votre volonté de tirer vers le haut malgré les chausse-trappes!
    Félicitations adressées aussi à Guenièvre, évidemment.

  36. grandgil

    à l’ours, contrairement à ce que l’on croit, les profs essayant de maintenir un niveau d’exigence sont quand même quelques uns, il faut tenir compte aussi des instituts universitaires des (dé)formation des maîtres.
    Je dirais aussi que l’exigence rend libre et que cela ne signifie pas être docile et se plier à tout.
    à quadpater, nous sommes d’accord.

  37. grandgil

    à Tibor,
    Je n’ai jamais vraiment caché que je ne suis pas vraiment libéral sans être pour autant de gauche, voire de gôche.
    pas vu votre commentaire sur les libéraux et les libertariens, ce que je pense c’est qu’il y a une alliance objective depuis 68 entre libéraux et libertaires, et la gauche sociétale, pour détruire progressivement les humanités. Greil Marcus explique ça très bien dans « Lipstick Traces » où il replace tous les mouvements populaires sous le prisme de l’économique et de la domination des marchés, et que finalement l’anarchie voulue par les punks et d’autres favorise le consumérisme.

  38. Marie

    à l’Ours
    « De ce fait ils puisent dans le néant de leur vie de quoi écrire des pages insipides avec la conviction que c’est du grand art. » votre réflexion est celle de ma nièce dans un de ses bouquins.

  39. L'Ours

    Marie,
    vous voulez bien me donner les références du livre?
    En tous cas, c’est la digne nièce de sa tante! 😮

  40. Aventin

    Toute littérature officielle – portée au pinacle – met à jour l’idéologie de son temps, et même malgré elle. A quoi correspond cette ère du vide intérieur, si ce n’est à ce libéralisme, utilitariste, matérialiste, si caractéristique de l’idéologie – notamment – 68 (Lasch…). Il va falloir faire le bilan idéologique, politique, culturelle, éducatif, de 68 un de ces jours, et ce bilan sera terrible ! Vos enfants et vos petits enfants, dont je suis, ne se priveront pas de le faire, croyez-moi.

  41. Guenièvre

    Aventin,

    C’est un peu plus compliqué que cela et vous allez un peu vite en besogne : je vous défie bien de trouver des libéraux dans les groupes situationnistes, les maoïstes, les trotskistes et les anars du mouvement du 22 mars de Cohn Bendit qui ont fait Mai 68.. Tous ces groupes faisaient une critique non simplement du capitalisme, mais de la civilisation occidentale et de la consommation qui était considérée comme aliénant les rapports humains. Seulement, il se trouve que, paradoxalement, la critique de la société était portée par les héritiers des trente glorieuses qui y trouvaient un certain confort.

  42. Marie

    Pour l’Ours
    « L’écrivain le plus libre » j’ai beaucoup aimé …
    http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=19778
    ma digne nièce comme vous y allez j’aimerais avoir un centième de son talent et de son érudition!

  43. Marie

    J’ai extrait ceci de ce qu’elle dit dans l’article en référence
    « Toujours à propos de polémique, vous n’y allez en revanche pas de main morte dans votre adresse au lecteur au sujet du roman…
    Oui, je m’amuse de ce que j’appelle le totem-roman. Le roman est certes le genre qui permet la plus grande liberté, une forme susceptible d’accueillir toutes les autres formes, poésie, dialogue, pensée ou fragment, mais l’étiquette sert aujourd’hui à promouvoir une marchandise littéraire. Tout le monde écrit des romans, il faut absolument en écrire, moyennant quoi on assiste à une avalanche de saloperies qui paraissent sous ce nom et constituent une forme d’escroquerie.

    Mais qu’est-ce qui vous irrite particulièrement dans le roman contemporain ?
    Le subjectivisme forcené qui consiste à penser que si on étale ses tripes ou son intimité, on va forcément écrire quelque chose d’intéressant. Sans aucune médiation de la pensée dans le langage. Je veux bien qu’on écrive ses sensations, ses histoires, mais encore faut-il trouver une langue, une forme qui les fassent accéder à autre chose que le ressentiment ou la complainte névrotique. Dans la littérature, il y a avant tout du sens et de la pensée. C’est sur ce point qu’achoppent bien des débats contemporains et je crois pour ma part que le terme générique le plus intéressant serait celui de  » fiction « .

  44. L'Ours

    Merci Marie.
    Ah! je sens que votre nièce me plairait! (pas de mauvaise interprétation dans mes propos, please.) ;o)

  45. Admettons que 1968 soit le triomphe du libéralisme malgré les apparences : en France on se réclamait tout de même plus de Marx et Lénine que d’Adam Smith et de Hayek mais admettons. L’individualisme, Berkeley, les blue-jeans, le LSD, Kérouac, la bagnole, la TV, le Rock’n’roll, les pin-up, Hollywood, Marilyn Monroe, le coca et ce grand vent de liberté qui venait de ce côté là, et c’est vrai je ne le changerai pas pour Proust, Balzac, l’ennui des dimanches sans fin, l’odeur de laine mouillée dans les salles d’attente, Mireille, Zitrone, les concierges, ce monde gris qui nous rappelait sans cesse que nous venions de sacrifier des millions de vies sur l’autel des idéologies.

    Si la littérature est le prix à payer pour internet et notre liberté, bah ! Payons le cœur léger.
    Je me permets d’autant plus cette provocation que je ne vois pas très bien sur quoi on pleure. Quelqu’un a-t-il connu ici une France où cinquante pour cent de la population se hâtait de rentrer le soir pour se jeter goulûment sur Stendhal, Mauriac ou qui sais-je en écoutant de la grande musique sur un poste de TSF ? Allons, allons, il faut redescendre sur terre, l’immense majorité des français préférait jouer aux cartes, lire des magasines, des romans photos, et ceux qui avaient le goût de la lecture tapaient plus volontiers dans la série noire et San Antonio, allez ! ceux qui avaient des lettres lisaient les Rois Maudits, la Lumière des justes et Vipère au poing, je parle là de la crème, entendons nous bien.

    Les gosses que l’on emmène au théâtre n’y retourneront jamais pour la plupart, ça les barbe les petits chéris, au mieux y voient-ils l’occasion de rompre la monotonie du quotidien, croire que l’on fera naître des vocations est une illusion. Tout ceci était bon lorsqu’une grosse croute d’ennui accablait la jeunesse, mais aujourd’hui, franchement, il faut lutter contre Grey’s anatomy en streaming et Koh Lanta, c’est une autre paire de manche. La crétinerie a-t-elle augmenté de ce fait ? Je ne crois pas, le niveau des meilleurs élèves au concours général n’a pas bougé d’un iota, et si l’agrégation fait moins recette c’est que la profession s’est tellement dévalorisé à force de démagogie et d’idéologie qu’elle a perdu à peu près tout prestige. Le pédagogisme, cache-sexe des médiocres qui n’avaient pas le niveau a fait plus de ravages dans l’enseignement en France que le pauvre Alain Madelin, les IUFM sont des pétaudières où l’on se soucie de la littérature comme de son premier stylo.

    Je compatis, j’imagine ces talents fracassés sur la médiocrité quotidienne, ces érudits qui sont passés par une sélection impitoyable qui se retrouve à enseigner nos grands classiques à des ânes formés par des ânes.Oui, je compatis, mais ceci n’a rien à voir avec le libéralisme ou les petits hommes verts dont on croyait qu’ils peuplaient Mars, ceci a à voir avec l’idéologie, le nivellement par le bas. Nos agrégés devraient être bien payés et enseigner dans un petit nombre d’établissements de qualité où seuls les meilleurs seraient acceptés, si nous devons dépenser de telles sommes pour l’enseignement, dépensons les de façon rationnelle, de façon à former une véritable élite. Mais la solution est-elle de continuer à dépenser des sommes aussi faramineuses pour un résultat aussi incertain, ne faudrait-il pas mieux que l’État se dégage progressivement de ce monstre bureaucratique qu’il ne sait manifestement pas gérer ?

  46. grandgil

    Je connais dans ma famille des personnes simples qui lisaient. Alors, certes, la proportion de personnes cultivées n’a jamais été majoritaire. Mais c’est malgré tout une perte qualitative, car cette minorité de personnes élevaient les autres vers le haut. Un individu sans culture, sans marques, sans désir de s’élever, est un individu docile, taillable et corvéable à merci, et qui consommera ce qu’on lui dit de consommer.
    Je n’accuse pas que le libéralisme, c’est une alliance objective entre les personnes de gauche pour qui les « humanités » étaient insupportables car à leurs yeux élitistes et socialement inutiles, (par leur sottise, ils ont amené encore plus d’élitisme et de nivellement par le bas), et les libéraux pour qui un individu sans attaches, sans repères est facile à manoeuvrer, se posera moins de questions.
    La question de l’enseignement n’est pas une question de moyens, mais de philosophie générale de la chose, sur les IUFM on est d’ailleurs d’accord. Deux notions devraient y être fondamentales, le travail et l’exigence. Là on aura une élite qui d’ailleurs se formait avant, en 1980 il y avait 20% d’enfants d’ouvriers, sans quotas, ni quoi que ce soit, à sciences po, en 2010, il n’y en avait quasiment plus après plusieurs réformes débiles…

  47. Patrick

    Aïe, le lien est mal fait, le voici à nouveau :
    François Hollande et l’enjeu de la culture générale.

  48. grandgil

    à Marie, le problème du CAPES, c’est que beaucoup le passent par défaut, parce qu’ils n’ont pas réussi le reste,

  49. grandgil

    à Patrick, Hollande est totalement dans la doxa actuelle concernant l’inculture générale et les préjugés lénifiants.

  50. Guenièvre

    S’intéresser à la littérature a toujours été l’apanage de l’élite. Et certainement que cette élite n’était pas plus importante hier qu’aujourd’hui, c’est-à- dire une qu’elle concernait et concerne toujours une minorité.L’éducation peut accroire cette minorité, mais pas indéfiniment et pas de beaucoup il faut être honnête.
    Ce que je déplore c’est que l’éducation ne se donne même plus les moyens de le faire. La régression importante du pourcentage d’élèves des classes populaires dans les grandes écoles en témoigne.
    D’autre part, s’il est vrai que beaucoup d’enfants ont des connaissances plus larges et plus variées que ceux d’autrefois ils ont régressé sur la maîtrise de la langue . Or la maîtrise de la langue structure la pensée. Et pouvoir exprimer ce que l’on ressent évite parfois le recours à la violence;

  51. grandgil

    « Or la maîtrise de la langue structure la pensée. Et pouvoir exprimer ce que l’on ressent évite parfois le recours à la violence; »
    Oui, trois fois oui

  52. Patrick

    Mais je n’en doute pas un seul instant, Grandgil !

  53. Quel reste ? La voie est étroite en lettres…

  54. A Tibor, ceux qui ont loupé journalisme ou ressources humaines…

  55. C’est fou ce que l’image du professeur certifié a pu se dégrader… Dire qu’il fut un temps où c’était le premier choix. Nous ne sommes pas d’accord sur l’analyse des raisons mais quel gâchis…

  56. Aventin

    @grandgil

    http://nouvellelanguefrancaise.hautetfort.com/

    Plus que furieusement utile, ce dernier blog est tout simplement indispensable.

  57. grandgil

    En effet, quel gâchis ! Je pense que c’est le nœud de la question ces postulants au concours qui n’ont en fait pas envie d’être prof. Et c’est aussi une question de responsabilités des parents.

  58. grandgil

    ça m’a donné envie d’écrire un article sur le sujet…

  59. J’ai envie de le lire 🙂

  60. grandgil

    A Guenièvre,
    Certes, les « situs » et les libertaires ne sont pas libéraux, mais après 68, il y a eu une alliance, contre nature, entre eux, pour des raisons différentes, pour détruire progressivement l’enseignement, où ce qu’il en restait. Ce n’est d’ailleurs pas que ce fut parfait avant, à mon sens, l’éducation nationale est encore à réinventer.

  61. grandgil

    Le problème aussi, ce sont les collègues qui achètent la paix sociale en laissant tout faire…

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