La source de tous les maux

« Ainsi vous pensez que l’argent est la source de tous les maux ? » dit Francisco d’Aconia. « Vous êtes-vous déjà demandé quelle est la source de l’argent ? L’argent est un moyen d’échange qui ne peut exister à moins qu’il n’y ait des biens produits et des hommes capables de les produire. L’argent est la forme matérielle du principe selon lequel les hommes qui souhaitent passer des accords entre eux doivent le faire au travers de l’échange et donner valeur pour valeur. L’argent n’est pas l’outil des quémandeurs, qui réclament votre production par les larmes, ou des pillards, qui le prennent par la force. L’argent n’est rendu possible que par les hommes qui produisent. Est-ce cela que vous considérez comme le mal ?

« Quand vous acceptez de l’argent en paiement de vos efforts, vous ne le faites que parce que vous êtes convaincu que vous l’échangerez contre le produit de l’effort des autres. Ce ne sont pas les quémandeurs ou les pillards qui donnent sa valeur à l’argent. Un océan de larmes, ni tous les fusils du monde ne peuvent transformer les morceaux de papier dans votre portefeuille en pain qui vous permettra de survivre demain. Ces bouts de papier, qui auraient dû être de l’or, sont un gage d’honneur – votre droit sur l’énergie des hommes qui produisent. Votre portefeuille est votre profession de foi selon laquelle il existe, quelque part dans le monde autour de vous, des hommes qui ne feront pas défaut à ce principe moral qui est la racine même de l’argent. Est-ce cela que vous considérez comme le mal ?

« Avez-vous déjà cherché les racines de la production ? Jetez un œil à une génératrice électrique et osez affirmer qu’elle a été créée par l’effort musculaire de brutes écervelées. Essayez de faire pousser une graine de blé sans le savoir laissé par les hommes qui ont dû le découvrir la première fois. Essayez d’obtenir votre nourriture par le seul moyen de mouvements physiques – et vous apprendrez que l’esprit de l’homme est la racine de tous les biens produits et de toutes les richesses qui ont existé sur terre.

« Mais vous dites que l’argent est fait par les forts aux dépens des faibles ? De quelle force parlez-vous ? Ce n’est pas la force des fusils ou des muscles. La richesse est le produit de la capacité humaine de penser. L’argent serait-il créé par l’homme qui invente un moteur aux dépens de ceux qui ne l’ont pas inventé ? L’argent est-il créé par l’intelligent aux dépens du sot ? Par le capable aux dépens de l’incapable ? Par l’ambitieux aux dépens du paresseux ? L’argent est fait – avant qu’il puisse être pillé ou mendié – par l’effort de chaque honnête homme, chacun selon ses capacités. L’honnête homme est celui qui sait qu’il ne peut pas consommer plus qu’il n’a produit.

« Échanger au moyen de l’argent, c’est le code des hommes de bonne volonté. L’argent repose sur l’axiome selon lequel chaque homme est propriétaire de son esprit et de ses efforts. L’argent ne permet pas de déterminer la valeur de vos efforts, sauf au travers du choix volontaire de l’homme qui accepte d’échanger ses efforts en retour. L’argent vous permet d’obtenir de vos biens et votre labeur ce qu’ils valent aux yeux des hommes qui les achètent, mais pas plus. L’argent ne permet de transactions que celles qui sont réalisées pour le bénéfice mutuel et sur la base du libre jugement des contractants. L’argent exige de vous la reconnaissance du fait que les hommes doivent travailler dans leur propre intérêt, pas pour leur préjudice, pour leur gain, pas pour leur perte – la reconnaissance qu’ils ne sont pas des bêtes de somme, nés pour porter le poids de votre misère – que vous devrez leur offrir des valeurs, et non des blessures – que le lien commun entre les hommes n’est pas l’échange de souffrances, mais l’échange de biens. L’argent exige que vous vendiez, non pas votre faiblesse à la stupidité des hommes, mais votre talent à leur raison ; il exige que vous achetiez, non pas le pire de ce qu’ils offrent, mais le meilleur de ce que votre argent peut trouver. Et lorsque les hommes vivent de l’échange – avec la raison et non la force comme arbitre ultime – c’est le meilleur produit qui gagne, la meilleure performance, puis l’homme au meilleur jugement, le plus capable – et la mesure de la productivité d’un homme est la mesure de sa récompense. C’est le code de l’existence dont l’outil et le symbole est l’argent. Est-ce cela que vous considérez le mal ?

« Mais l’argent n’est qu’un outil. Il vous emmènera où vous le souhaitez, mais il ne vous remplacera pas comme chauffeur. Il vous donnera les moyens de satisfaire vos désirs, mais il ne vous donnera pas de désirs. L’argent est le fléau des hommes qui tentent de renverser la loi de la causalité – les hommes qui cherchent à remplacer l’esprit en saisissant les produits de l’esprit.

« L’argent n’achètera pas le bonheur de l’homme qui n’a aucune idée de ce qu’il veut ; l’argent ne lui donnera pas un code de valeurs, s’il a éludé la question de ce qui doit être valorisé, et il ne lui donnera pas un but, s’il a éludé la question du choix de ce qui doit être cherché. L’argent n’achètera pas d’intelligence au sot, d’admiration au couard, ou de respect à l’incompétent. L’homme qui tente d’acheter le cerveau de ceux qui lui sont supérieurs pour le servir, avec de l’argent pour remplacer son jugement, finit par devenir la victime de ceux qui lui sont inférieurs. Les hommes d’intelligence l’abandonnent tandis que les tricheurs et les fraudeurs accourent à lui en troupeau, attirés par une loi qu’il n’a pas découverte : aucun homme ne peut être plus petit que son argent. Est-ce la raison pour laquelle l’appelez le mal ?

« Seul l’homme qui n’en a pas besoin, est digne d’hériter de la richesse – celui qui ferait sa propre fortune peu importe où il a commencé. Si un héritier est l’égal de son argent, il lui sert ; sinon, il le détruit. Mais vous le regardez et vous criez que l’argent l’a corrompu. Vraiment ? Ou a-t-il corrompu son argent ? N’enviez pas un héritier sans valeur ; sa richesse n’est pas la vôtre et vous n’auriez pas fait mieux avec. Ne pensez pas qu’elle aurait dû être distribuée entre vous ; chargeant le monde de cinquante parasites au lieu d’un ne ramènerait pas la vertu disparue qu’était la fortune. L’argent est une puissance vivante qui meurt sans ses racines. L’argent ne servira pas l’esprit qui ne peut l’égaler. Est-ce la raison pour laquelle vous dites que c’est mal ?

« L’argent est votre moyen de survie. Le verdict que vous prononcez sur la source de votre subsistance est le verdict que vous prononcez sur votre vie. Si la source est corrompue, vous avez damné votre propre existence. Avez-vous obtenu votre argent par la fraude ? En vous pliant aux vices ou la stupidité des hommes ? En satisfaisant les imbéciles dans l’espoir d’obtenir plus que ce que vos capacités ne méritent ? En abaissant vos standards ? En faisant un travail que vous honnissez pour des acheteurs que vous méprisez ? Si c’est le cas, votre argent ne vous apportera pas la valeur d’un instant ou d’un centime de joie. Alors, toutes les choses que vous achèterez ne seront pas pour vous une reconnaissance, mais un reproche ; pas un accomplissement, mais un souvenir honteux. Alors vous crierez que l’argent est mauvais. Mauvais, parce qu’il ne remplace pas votre amour propre ? Mauvais, parce qu’il ne vous laisse pas jouir de votre dépravation ? Est-ce cela la racine de votre haine de l’argent ?

« L’argent demeurera toujours un effet et refusera de vous remplacer en tant que cause. L’argent est le produit de la vertu, mais il ne vous donnera la vertu et ne rachètera pas vos vices. L’argent ne vous donnera pas ce qui n’a pas été mérité, que ce soit matériel ou spirituel. Est-ce là la racine de votre haine de l’argent ?

« Ou disiez-vous que c’est l’amour de l’argent qui est la racine de tous les maux ? Aimer une chose, c’est connaître et aimer sa nature. Aimer l’argent c’est savoir et aimer le fait que l’argent est la création de la meilleure puissance en vous, votre passe pour échanger vos efforts contre les efforts des meilleurs des hommes. C’est celui qui vendrait son âme pour une piécette qui proclame le plus fort sa haine de l’argent – et il a de bonnes raisons de le haïr. Ceux qui aiment l’argent sont prêts à travailler pour l’obtenir. Ils savent qu’ils sont capables de le mériter.

« Laissez-moi vous livrer une astuce pour évaluer le caractère des hommes : l’homme qui maudit l’argent l’a obtenu de manière déshonorable ; l’homme qui le respecte l’a gagné.

« Méfiez-vous comme de la peste de quiconque vous dit que l’argent est mauvais. Cette phrase est la clochette du lépreux qui avertit de l’approche d’un pillard. Aussi longtemps que les hommes vivront ensemble sur terre et auront besoin d’échanger entre eux, leur seul substitut, s’ils abandonnent l’argent, est le canon d’un fusil.

« Mais l’argent exige de vous les plus hautes vertus si vous voulez en faire ou le garder. Les hommes qui n’ont aucun courage, aucune fierté ou estime de soi, les hommes qui n’ont pas le sens moral de leur droit à leur argent et qui n’ont pas la volonté de le défendre comme s’ils défendaient leur vie, les hommes qui s’excusent d’être riches – ne demeureront pas riches longtemps. Ils sont l’appât naturel des hordes de pillards qui se cachent sous les roches depuis des siècles, mais qui accourent en rampant à l’odeur de l’homme qui demande à être pardonné par culpabilité de posséder des richesses. Ils se dépêcheront de le débarrasser de sa culpabilité – et de sa vie, comme il le mérite.

« Alors vous verrez l’avènement du double standard – les hommes qui vivent par la force, mais qui comptent sur ceux qui vivent de l’échange pour donner de la valeur à leur argent volé – ces hommes qui sont auto-stoppeurs de la vertu. Dans une société morale, ils sont les criminels et les lois sont écrites pour vous protéger d’eux. Mais lorsqu’une société établit des criminels-de-droit et des pillards-en-loi – des hommes qui utilisent la force pour saisir la richesse de leurs victimes désarmées – alors l’argent devient le vengeur de son créateur. De tels pillards croient qu’il est sûr de voler des hommes sans défense dès lors qu’ils ont passé une loi pour les désarmer. Mais leur butin devient l’aimant des autres pillards, qui l’obtiennent d’eux de la même façon qu’ils l’ont obtenu. Alors la victoire ne revient pas aux plus aptes à la production, mais à ceux qui sont les plus impitoyables dans l’usage de la brutalité. Lorsque l’usage de la force est la norme, le meurtrier l’emporte sur le pickpocket. Alors cette société se désagrège dans un champ de ruines et de meurtres.

« Souhaiteriez-vous savoir si ce jour arrive ? Surveillez l’argent. L’argent est le baromètre de la vertu d’une société. Lorsque vous voyez que les échanges se font, non par consentement, mais sous la contrainte – lorsque vous voyez que pour produire, il vous faut obtenir la permission de gens qui ne produisent rien – lorsque vous voyez que l’argent coule vers ceux qui ne négocient pas des biens mais des faveurs – lorsque vous voyez que les hommes s’enrichissent plus par la corruption et l’influence que par le travail et que vos lois ne vous protègent pas contre eux, mais les protègent contre vous – lorsque vous voyez la corruption récompensée et l’honnêteté devenir une forme d’abnégation – vous saurez que votre société est condamnée. L’argent est un moyen si noble qu’il ne rivalise pas avec les armes et n’accepte aucun compromis avec la brutalité. Il ne permettra pas qu’un pays puisse survivre en tant que demi-propriété, demi-butin.

« Lorsque des destructeurs apparaissent parmi les hommes, ils commencent par détruire l’argent, puisque l’argent est la protection des hommes et la base d’une existence morale. Les destructeurs saisissent l’or et laissent à ses propriétaires une pile de papiers contrefaits. Ceci détruit toute norme objective et livre les hommes au pouvoir arbitraire d’un régulateur de valeurs arbitraire. L’or était une valeur objective, un équivalent de richesse produite. Le papier est une hypothèque sur une richesse qui n’existe pas, garantie par une arme pointée vers ceux qui sont supposé la produire. Le papier est un chèque tiré par les pillards légaux d’un compte qui n’est pas le leur : sur la vertu de leurs victimes. Surveillez le jour où cela adviendra, marqué « compte à découvert ».

« Lorsque vous faites du mal le moyen de la survie, ne vous attendez pas à ce que les hommes restent bons. Ne vous attendez pas à ce qu’ils restent moraux et perdent leurs vies dans le but de devenir la proie des immoraux. Ne vous attendez pas à ce qu’ils produisent alors que la production est punie et le pillage récompensé. Ne demandez pas « qui détruit le monde ? ». C’est vous.

« Vous vous tenez au milieu des plus grands accomplissements de la plus grande civilisation productive et vous vous demandez pourquoi tout s’écroule autour de vous alors que vous maudissez son essence même – l’argent. Vous considérez l’argent comme les sauvages l’ont fait avant vous et vous vous demandez pourquoi la jungle se resserre autour de vos villes. Tout au long de l’histoire des hommes, l’argent a toujours été saisi par des pillards aux noms divers mais dont les méthodes sont restées les mêmes : saisir la richesse par la force et garder les producteurs liés, humiliés, diffamés et privés d’honneur. Cette phrase au sujet du mal de l’argent que vous prononcez avec tant d’insouciance vertueuse, vient d’une époque ou la richesse était produite par le travail des esclaves – esclaves qui répétaient les mouvements déjà découverts par l’esprit de quelqu’un d’autre et laissés sans amélioration pendant des siècles. Aussi longtemps que la production était dominée par la force et que la richesse était obtenue par la conquête, il y avait peu à conquérir. Pourtant tout au long de ces siècles de stagnation et de famine, les hommes ont exalté les pillards, aristocrates d’épée, aristocrates de naissance, aristocrates de bureaux, et méprisé les producteurs, esclaves, marchands, commerçants et industriels.

« Pour la gloire de l’humanité, il y a eu, pour la première et seule fois de l’histoire, un pays d’argent – et je n’ai pas d’hommage plus élevé, plus révérencieux à rendre à l’Amérique puisque cela signifie : un pays de raison, de justice, de liberté, de production et d’accomplissement. Pour la première fois, l’esprit et l’argent de l’homme ont été libérés, et il n’y eut plus de fortunes par conquête, mais seulement des fortunes par le travail, et au lieu d’hommes d’épée et d’esclaves, est apparu le véritable créateur de richesses, le plus grand travailleur, les type le plus élevé d’être humain – le self-made man – l’industriel américain.

« Si vous me demandez de nommer la plus remarquable caractéristique des Américains, je choisirais – parce qu’elle inclue toutes les autres – le fait qu’ils sont le peuple qui a inventé l’expression « faire de l’argent ». Aucune autre langue ou nation n’a jamais utilisé ces mots avant ; les hommes ont toujours considéré la richesse comme étant une quantité statique – à saisir, mendier, hériter, partager, piller ou obtenir en guise de faveur. Les Américains furent les premiers à comprendre que la richesse doit être créée. Les mots « faire de l’argent » contiennent l’essence de la moralité humaine.

« Pourtant ce sont les mots pour lesquels les Américains ont été dénoncés par les cultures pourries des continents de pillards. Maintenant le crédo des pillards vous a amené à considérer vos plus grands accomplissements comme une marque de honte, votre prospérité comme une culpabilité, vos plus grands hommes, les industriels, comme des canailles, et vos magnifiques usines comme le produit et la propriété du travail musculaire, le labeur des esclaves sous le fouet, comme les pyramides d’Égypte. La crapule qui minaude en disant qu’il ne voit pas de différence entre le pouvoir du dollar et le pouvoir du fouet devrait apprendre la différence sur sa propre peau – comme, je crois, il le fera.

« Jusqu’à ce que et à moins que vous ne découvriez que l’argent est la racine de tout bien, vous demanderez votre propre destruction. Quand l’argent cesse d’être l’outil avec lequel les hommes échangent entre eux, alors les hommes deviennent les outils des hommes. Le sang, les fouets, les fusils – ou les dollars. Faites votre choix – il n’y en a pas d’autre – votre temps est compté.

(Extrait d’Atlas Shrugged (La Grève) de Ayn Rand, traduction proposée par Georges Kaplan.)

Image: Stoonn / FreeDigitalPhotos.net

59 Commentaires

  1. Noble texte, et traduction très réussie.

  2. grandgil

    Cet éloge du flouze, du blé, de l’oseille, me laisse froid. Et me fait dire que le problème n’est pas le pognon mais l’avidité de l’être humain à en avoir, quitte à tout perdre de son humanité.

  3. Livre excellent le plus lu aux USA après la Bible.
    Titre en français La Grève mal traduit .
    Atlas Shrugged titre en anglais signifiant : Atlas souleva les épaules.
    À la gloire des chefs d’entreprises , des concepteurs , des créateurs de ceux qui prennent des risques et qui enrichissent leur Pays.

    http://incarnation.blogspirit.com/archive/2011/12/26/un-roman-pour-la-vie.html

    grandgil, lisez le livre avant d’émettre des jugements à l’emporte pièce

  4. Atlas shrugged= Atlas haussa les épaules les épaules pour se débarrasser des parasites, des jaloux , de la pensée unique
    Un exemplehttp://incarnation.blogspirit.com/archive/2011/12/26/un-roman-pour-la-vie.html un des personnages entend limitervac10.000 le nombre de livres pouvant être vendus par un auteur à succès pour laisser de la plaça aux autres : les médiocres bien entendu

  5. Georges Kaplan

    loaseaubleu,
    Une très bonne traduction est sortie récemment aux Belles Lettres.

  6. Grandgil, vous avez tort je pense, ce dont on souffre le plus surement en France c’est de l’hypocrisie autour de l’argent. Ce texte justement dénonce l’avidité, dénonce ceux qui ne produisant pas de valeur méprisent l’argent qu’ils volent aux autres, dénonce ceux qui ne produisant rien haïssent ceux qui créent la richesse. L’avidité est le plus souvent le fait des parasites, la plupart du temps les créateurs et les entrepreneurs ont peu de temps à eux. Ce livre est vraiment bien quoiqu’un peu daté, le parasite type y est d’ailleurs le patron d’un grand consortium industriel, incompétent et avide.

  7. Georges Kaplan

    « Le problème n’est pas le pognon mais l’avidité de l’être humain à en avoir »
    Même pas.
    Avoir du pognon pour avoir du pognon, c’est le syndrome de l’oncle Picsou – si les gens cherchent à « faire de l’argent », c’est pour améliorer leurs conditions de vie – pour acheter des trucs. S’acheter une nouvelle voiture, un appartement plus grand, se payer de belles vacances, offrir un beau cadeau au gamin ou une belle robe à madame. C’est la vie, c’est aussi ça être humain.
    Ceux qui ont « fait l’argent » dont ils disposent savent que ces bouts de papier sont le fruit de leur travail, de leur talent et des risques qu’ils ont accepté de prendre. Ils savent qu’ils ont touché ce pognon en échange des services qu’ils ont rendus à leurs semblables ; ils savent que cet argent est la mesure *exacte* de la valeur de leur travail – sa vrai valeur, celle qui est fixée par ceux à qui ils ont rendu service.
    Ceux qui méprisent l’argent sont ceux qui ne savent pas ce qu’il représente. Ce sont ceux dont les portefeuilles sont plein de bouts de papier qu’ils ont obtenu en pleurnichant, en volant ou par décret d’un type qui tient un fusil.

  8. grandgil

    au bel oiseau, je n’ai aucune envie de me convertir au libéralisme, tout comme je n’ai aucune envie de virer ma cuti vers le marxisme.

  9. grandgil

    A Georges, on me parle de jugement à l’emporte pièce un peu plus haut, moi mon argent, je l’ai mérité non pas pour 35 heures ni même 39 heures de travail mais à peu près 60 heures par semaine, donc, je crois connaitre la valeur du travail.
    Quand l’argent est le fruit du travail ou d’une vie de labeur, je ne vois pas où est le problème, on pourrait parler d’ailleurs des impôts indus sur les successions quand des parents veulent transmettre un bien.
    Mais dans la société actuelle, Georges, la valeur travail est totalement mésestimé. Vous qui êtes in économiste, nulle ironie, connaissez sûrement cette équation LSKS sur l’équilibre nécessaire à atteindre entre Capital et Travail, or en 2012, le poids du capital est largement déséquilibré.

  10. grandgil

    De plus, en plus de ce travail, je passe mes loisirs à écrire…

  11. Mais enfin Grandgil, qui a dit que vous ne méritiez pas votre argent ?

  12. Je suis justement en train de la lire
    Déjà les années 50 j’avais lu  » la Source  »
    Cet été j’ai acheté aux USA le premier épisode -sur trois- du film tourne d’après Atlas Shrugged
    Il y a également  » Ayn Rand for beginners  » de Andrew Bernstein permettant de retrouver tous les personnages de ses livres et une présentation de sa philosophie  » l’objectivisme « 

  13. aventin

    Chaque phrase est une perle, mais celle-là est superbe :, »Mais l’argent exige de vous les plus hautes vertus si vous voulez en faire ou le garder ». Monsieur Capone, from Chicago, aurait applaudi des deux mains non ?

    Remarquez, celle-là est pas mal non plus : « L’argent est le produit de la vertu, mais il ne vous donnera la vertu et ne rachètera pas vos vices. L’argent ne vous donnera pas ce qui n’a pas été mérité, que ce soit matériel ou spirituel ».
    On nage dans le superbe, Et moi qui croyait que la vertu « produisait » ( l’argent produit ?) avant tout de la vertu, laquelle se suffisait à elle-même.L’argent donne ( quoi au juste, et à quelle heure ?), puis l’argent est la mesure du mérite : il va sans dire que tout cela est une évidence.

    Stratosphérique !

    ps : si une âme charitable veut bien nous donner la définition de cette vertu dont on cause ci-dessus…

  14. plantigrade69

    Si je peux permettre, voici ma définition de l’argent (« les pirates de l’économie »),:
    « L’argent est un crédit accordé au troc. Au lieu d’échanger une chose contre une autre, on l’échange contre une valeur qui permettra de choisir plus tard un objet qui n’était pas proposé immédiatement. »
    Il me semble que cela rejoint ce texte magnifique tout en rappelant l’origine: le travail et les besoins.

  15. plantigrade69

    PS,
    je rejoins tout de même les bémols d’Aventin, mais pas ceux de Grangil.

  16. QuadPater

    J’ai peut-être lu trop vite, mais il me semble qu’on ne décrit ici que 3 façons de s’approprier de l’argent : le voler, bénéficier d’un don et le gagner à la sueur de son front.

    Mais la base du capitalisme n’est-elle pas un 4è mécanisme : le prêt à intérêt ?

  17. aventin

    @G,

    « Jusqu’à ce que et à moins que vous ne découvriez que l’argent est la racine de tout bien »

    Tiens, j’l’avais pas vu celle-là ; faut dire que j’suis pas allé tout d’suite au bout du truc aussi…

    Quand on pense qu ‘Aristote et Platon ont quand même arrêté deux après-midi en semaine pour rédiger trois paragraphes sur la notion de bien, alors qu’Ayn nous fait ça en une demi phrase… la marche inexorable du progrès…

    Bravo !

  18. Aventin, votre ironie est un peu lourde. Aristote et Platon sont de vieilles barbes ne vous en déplaise, je voudrais que vous m’expliquiez comment les incroyables progrés de humanité en un peu plus d’un siècle et demi auraient pu être possibles sans l’argent que vous méprisez tant. S’il vous plait épargnez-moi le couplet sur les abominations du XXe, la colonisation et que sais-je encore, la population mondiale a décuplé, l’espérance de vie a partout augmenté tandis que la mortalité infantile a sans cesse reculé. Une des caractéristiques des squelettes de soldats américains retouvés à Little Big Horn que l’on a récemment étudié est leur très mauvaise dentition, ils souffraient de terribles caries qui devaient les tourmenter pendant des mois, vive le paracétamol, sans les antibiotiques je ne serais certainement pas là à vous écrire emporté quinze ans plus tôt par un abcés intestinal. Il n’y a pas de progrès scientifique sans argent, pas de recherche médical, sauf dans l’esprit de quelques réveurs qui se sont multipliés au fur et à mesure que nos conditions de vie sont devenues plus confortables.

  19. Georges Kaplan

    Et, par ailleurs, attaquer Rand en citant Aristote est une bourbe ridicule qui révèle l’inculture (et la malhonnêteté) de celui qui la commet… Laissons à Aventin le plaisir de découvrir lui-même pourquoi.

  20. aventin

    @Jorge,

    Culture…

    Décidément Georges tout chez vous ramène au capital, ici il est culturel. Je m’enorgueillirais d’être détaché de la Culture tant celle-ci n’est « utile » qu’à ceux qui cherche ; le sage n’a pas besoin de culture, il est au but (pas de vilains jeux de mots svp…). Accumulez donc si cela vous chante mon jojo.

    Mais puisqu’il faut de la Culture, expliquez-nous donc en quoi Aristote, parlant du bien et de l’utile ( on vous voit venir de loin quand même…) peut finir par justifier la si grande sagesse qui suit :

    « Jusqu’à ce que et à moins que vous ne découvriez que l’argent est la racine de tout bien, vous demanderez votre propre destruction »

    A vous, Georges le pur matérialiste… et que la Culture se mette en branle…

  21. aventin

    Argent = progrès. C’est l’équation du siècle. Définissez donc le mot progrès que je rigole un coup… la recherche médicale ? L’argent encore… faut dire que ça pense sévère un billet de 10 dollars…

  22. Vous pensez sévèrement là ? Si vous ne vous rendez pas compte de l’amélioration de la vie des hommes depuis la révolution industrielle, il n’y a effectivement plus de discussion possible. Vive la gangrène, la faim, la loi du plus fort et la mortalité infantile.

  23. QuadPater

    Ah le XIXe siècle… ses écrivains, ses musiciens, ses peintres, ses architectes…

    … ses dentistes…

  24. aventin

    TS,

    Zoon politikon d’abord ; homo oeconomicus est la part rationnelle la plus animale en nous. Et le don dans tout cela, et si c’était le processus du don (Cf. Mauss) qui était au coeur du progrès ? Je suis anti-utilitariste et résolument du côté du don maussien.

    http://www.revuedumauss.com/

  25. Mais mon cher Aventin soyez ce que vous voulez, les processus humains sont ce qu’ils sont, la réalité existe et l’amélioration des conditions de vie des hommes que vous répugnez à appeler progrès est plus surement venu de la somme des intérêts bien compris de tous que du don. L’utilitarisme est une facette ancienne, Rawls a eu une authentique réflexion sur la justice sociale qui réfute justement l’utilitarisme. La rationalité animale est un concept étrange, dans les affaires des hommes ce n’est pas la nature l’essentiel, ce sont les signes, l’argent est un signe, un symbole arbitraire auquel on attribue une valeur d’échange, une de ces merveilles comme la parole qui distingue l’homme de l’animal.

  26. Et ses médecins Quad, et ses médecins…

  27. aventin

    @TS,

    Rawls ? Bof… il a bien lu les contractualistes. Moi je dis Julien Freund, là ça envoie l’bois… ve-gra !

  28. aventin

    à TS,

    Médecins ? Moi je dis économistes, ce qui nous renvoi a Molière…

  29. Vous voyez quand vous voulez vous pouvez…

  30. QuadPater

    Et ses médecins Quad, et ses médecins…

    Aucun contemporain ne supporterait d’être obligé de vivre 150 ans en arrière : avant n’est pas plaisant. Mais Aventin est un plaisantin, il est là pour amuser la galerie. Qu’il en soit remercié.

  31. aventin

    Quel lien direct nécessaire et inéluctable y a t-il entre l’argent et le progrès ? La question est simple, mais je fais le pari que vous n’y répondrez pas – sauf pirouette et évitement habituels à mon avis. Une démonstration sérieuse de ce lien nécessaire induit évidement une définition de la notion ou du concept de progrès. C’est à vous.

  32. Expat

    Bof. Aventin. C’est tellement évident le lien entre l’argent et le progrès. S’il faut expliquer ça !
    Sinon j’ai tout lu de Ayn Rand à l’âge de 12 ans. Même si je ne suis pas d’accord avec toute sa pensée aujourd’hui – elle m’a formatée, et m’a permis de voir plus clair.

  33. aventin

    Oui, il faut expliquer.

    Mais j’ai peur que vous confondiez l’argent avec l’amélioration du processus d’échange économique qu’aura permis la monnaie, lequel processus ne peut s’analyser en un progrès (social, économique, individuel, citoyen, politique, individuel, moral ?…de quel progrès parlez-vous ?) que parce que ce moyen est encadré par la norme juridique et politique. L’argent seul n’est rien qu’un peu de métal sans lien nécessaire avec le progrès – que vous n’avez d’ailleurs toujours pas défini. L’argent ne devient monnaie que par l’intervention du droit et de la politique.

    CQFD

  34. Expat

    Mais le progrès a été défini par Skarda ! Et c’est connus par tous ! Économique, culturel, tout ! Et ben oui c’est le ‘gain’ qui fait tout ça. Vous aimeriez vous retrouver au 18eme ? Mais c’est l’emperisme (on peut dire ça?) de l’homme qui fait qu’on progresse – et c’est tres souvent le désire de devenir riche qui est derrière. Et tant mieux !

  35. aventin

    Vous confondez la technique et le progrès, non ? N’y aurait-il pas une dimension morale dans toute notion véritable de progrès ? Il se dit que le libéralisme est amoral ; peut-il dès lors être un progrès ? Et l’argent dans tout ça ?

    Aventin-plaisantin

    ps : répondez quand même expat, ainsi qu’à mon post précédent.

    😉

  36. QuadPater

    Avoir une vie plus facile est le rêve récurrent de chacun. Je vois le progrès comme l’accès du plus grand nombre à une vie un peu plus facile, à un peu plus de confort et de sécurité. Il y a des petits et des grands progrès. L’éradication de la variole a été un grand progrès. L’arrivée des micro-ondes dans les foyers un petit. Toute avancée technologique n’est pas un progrès : les montres à affichage numérique et les lave-linge aux 50 programmes sont une régression.

    En revanche je n’ai pas de définition de l’expression « progrès social » à proposer et Je trouve le lien avec le fric plutôt lâche.

  37. aventin

    Donc pas de lien nécessaire avec l’argent Quad ? Alors que faut-il penser des écrits de Madame Rand ?
    Je vous laisse conclure…
    😉

  38. Georges Kaplan

    Amélioration généralisée des conditions de vie. Le fait que nos semblables aient pu enfin se nourrir décemment – en quantité comme en qualité – et ne plus souffrir des famines chroniques qui étaient le lot commun des régimes autoritaires d’autrefois, les progrès considérables de la médecine, l’amélioration des conditions de travail liés essentiellement à l’automatisation des tâches les plus ingrates et les gains de productivité qui en ont découlé et donc, l’amélioration du niveau de vie des masses. Augmentation de l’espérance de vie, chute de la mortalité infantile, raréfaction des grandes épidémies…
    En rendant désormais possible une vie décente sans se tuer à la tâche du matin au soir, sept jours par semaine et de l’enfance à la tombe, ces progrès ont permit aux hommes d’accéder à l’éducation, à la culture, aux plaisirs de la vie et de l’esprit. L’imprimerie de Gutenberg, pour ne citer que cet exemple, permettra la diffusion à grandes échelle des œuvres de l’esprit là où, avant cette invention, seuls les plus fortunés pouvaient s’offrir des livres copiés sur commande par des moines : culture de masse et consumérisme dirait le tartuffe.
    Comment l’aventure de Johannes Gutenberg a-t’elle été possible ? Eh bien grâce à son cousin qui lui avance les fonds nécessaire à la construction d’une première presse puis à Johann Fust, banquier de son état, qui accepte de lui avancer 800 florins au démarrage et 300 autres par an pour mettre au point et développer son invention.
    L’argent.
    Produit de l’effort des hommes, symbole de l’échange librement consentit et pour le bénéfice mutuel des deux parties : l’argent. Là où le tartuffe, bien nourri, bien soigné, confortablement assis dans son fauteuil, au chaud dans sa maison et face à son écran d’ordinateur nous bassine de ses vagues utopies, c’est à l’argent, au capitalisme, à la liberté économique qu’il doit le simple fait de pouvoir le faire.
    Le tartuffe rêve d’une société de mendiants ? Qu’il commence par appliquer ses préceptes à lui-même !

  39. aventin

    Zoon Politikon !
    L’argent seul n’est rien. Il convient ni de le mépriser ni de lui rendre un culte. Il suffit de savoir que par lui même il n’est rien, absolument rien !
    CQFD.
    😉

  40. aventin

    Ayn Rand : 0
    Aventin : 1
    😉

  41. Et Georges Kaplan: 10 -:)………

  42. Et Georges Kaplan: 10.
    Le compte est bon.

  43. aventin

    C’est à dire impat ? Il y a un rapport direct et nécessaire entre l’argent et le progrès ? Vous pourriez à votre tour préciser ?

  44. QuadPater

    Vous êtes rigolo de distribuer des bouts de dissertation à rédiger, Aventin 🙂
    Je ne conclue rien parce que je n’ai pas lu Mme Rand. Pour le lien je vais rester niveau 5è.

    Qu’est-ce qui n’a pas de lien avec l’argent ? Rien. Pourquoi ça vous embête tellement ? Vous avez une heure, 50 lignes max.

  45. aventin

    Quad, vous confondez le mot question avec le mot dissertation ; du coup vous produisez par votre dernier commentaire une mauvaise analyse de notre situation de débat. C’est dommage, ma question était pourtant simple, et c’est votre droit de ne plus répondre.

  46. …  » un rapport direct et nécessaire entre l’argent et le progrès  »
    Ne faites pas semblant de ne pas le voir. Le progrès avance grâce aux échanges. Sans argent, pas ou peu d’échange. L’argent est le medium de l’échange.

  47. aventin

    Non, le progrès, que vous n’avez toujours pas défini, n’avance pas nécessairement grâce aux échanges. Et de quels échanges parlez-vous – et de quel progrès – ? Les indiens d’Amérique ont gagné à échanger avec les Conquistadors ? De quels échanges parlez-vous ? Rester dans le flou vous permet d’affirmer sans avoir à démontrer. Le doux commerce est un mythe. La réalité est la guerre commerciale, nous la vivons chaque jour. L’échange n’est bénéfique ou ne peut l’être que parce qu’il est régulé par la politique et le droit. Mais je ne vois toujours pas où est le rapport entre argent et progrès, étant entendu qu’entre échange et progrès il n’y a pas de lien nécessaire ; et puis vous n’avez toujours pas défini le mot progrès. Qui ne veut pas voir ?

  48. … »de quels échanges parlez-vous – et de quel progrès – »…

    Excusez-moi, je trouve cette discussion oiseuse et elle ne m’intéresse pas. Si le sens des mots vous échappe, consultez un dictionnaire.
    Et si vous préférez effectuer vos échanges sans argent, donc en pratiquant le troc, libre à vous, je vous souhaite bon courage.
    Je peux même, en prime, vous suggérer une devise: « Troc’n troll ».

  49. Guenièvre

    @ Bonjour Aventin !
    Et le don dans tout cela, et si c’était le processus du don (Cf. Mauss) qui était au coeur du progrès ?

    Vous savez bien que dans les sociétés qui pratiquaient le système dont vous parlez ( celui de la triple obligation : donner, recevoir et rendre ) ce qui liait les personnes, ce qui faisait qu’elles avaient en commun une histoire , un rapport s’inscrivant dans le temps ( il fallait attendre et parfois longtemps avant d’être obligé de rendre ) c’était la dette symbolique . On avait toujours en cours une ou des fidélités à honorer . Oui, ces sociétés avaient du « liant » ! Un peu trop même ! Dans un monde ou l’endettement symbolique est l’unique fondement du lien social vous ne pouvez jamais connaître la solitude si jamais vous en avez envie ou même une quelconque intimité. C’est l’un des mérites de l’argent : il offre la possibilité d’être quitte sur le champ de toute dette envers un donateur . Il permet de prendre des libertés avec autrui. Il permet aussi d’opposer beaucoup plus nettement les notions d’intérêt et de désintérêt. Et, paradoxalement, on pourrait même affirmer que les actes véritablement désintéressés ne peuvent avoir lieu que dans un système ou l’argent existe.

  50. aventin

    Désolé Guenièvre, mais un acte purement désintéressé n’a aucunement besoin de l’existence de l’argent pour être tel. C’est terrible cette manière de tout lier finalement à l’argent. Et puis le processus du don peut tout à fait être perfectionné ; pourquoi en rester à l’ordre primitif et nous faire croire que le don entendu comme processus de structuration sociale ne peut prospérer que dans ce cadre primitif évoqué ? Vous pensez que « faire de l’argent », et faire de l’argent pour l’argent lui-même est un saut « civilisationnel » décisif ? La civilisation, le progrès ? Mais les junk Bonds bien sûr…

  51. Expat

    Désolée, tres occupée ces derniers jours. Je trouve que GK et impat et Guinièvre ont tres bie répondu, pas la peine que j’en rajoute. Si Aventin continue dans sa lignée, je dois dire comme a dit impat : troc et troll !

  52. Guenièvre

    « Vous pensez que “faire de l’argent”, et faire de l’argent pour l’argent lui-même est un saut “civilisationnel” décisif ? »

    Je n’ai jamais dit cela. Je pense qu’il n’y a rien au monde qui n’ait son bon et son mauvais côté : l’argent est un moyen extraordinaire pour vaincre la misère, c’est un moyen tout aussi extraordinaire pour asservir l’homme et le corrompre. Toute la nature humaine est ainsi faite d’une dualité irréductible : ceux qui se sont essayés à la changer ont toujours basculé du côté de la tentation totalitaire. On peut juste , et c’est déjà beaucoup, s’employer à maîtriser le côté négatif des choses. Que vous jugiez que l’on ne s’y emploie pas assez aujourd’hui est un autre problème.

  53. aventin

    Faire de l’argent ?

    Relisons Martine.

    « C’est là, cependant, qu’on peut trouver logiquement l’origine de la richesse. A mesure que ces rapports de secours mutuels se transformèrent en se développant, par l’importation des objets dont on était privé et l’exportation de ceux dont on regorgeait, la nécessité introduisit l’usage de la monnaie, les denrées indispensables étant, en nature, de transport difficile. § 14. On convint de donner et de recevoir dans les échanges une matière qui, utile par elle-même, fût aisément maniable dans les usages habituels de la vie ; ce fut du fer, par exemple, de l’argent, ou telle autre substance analogue, dont on détermina d’abord la dimension et le poids, et qu’enfin, pour se délivrer des embarras de continuels mesurages, on marqua d’une empreinte particulière, signe de sa valeur. » (Martine à la plage – Page 246, deuxième paragraphe)

    « L’acquisition des biens étant double, comme nous l’avons vu, c’est-à-dire à la fois commerciale et domestique, celle-ci nécessaire et estimée à bon droit, celle-là dédaignée [1258b] non moins justement comme n’étant pas naturelle, et ne résultant que du colportage des objets, on a surtout raison d’exécrer l’usure, parce qu’elle est un mode d’acquisition né de l’argent lui-même, et ne lui donnant pas la destination pour laquelle on l’avait créé. L’argent ne devait servir qu’à l’échange; et l’intérêt qu’on en tire le multiplie lui-même, comme l’indique assez le nom que lui donne la langue grecque. Les pères ici sont absolument semblables aux enfants. L’intérêt est de l’argent issu d’argent, et c’est de toutes les acquisitions celle qui est la plus contraire à la nature (Martine apprend à nager, P 27, in fine) ».

    Qu’en pensez-vous ?

  54. aventin

    Après Martine, la pensée de Michel Freitag :

    http://www.ababord.org/spip.php?article761

    ps : pourriez-vous me citer un philosophe de la politique qui prend au sérieux les écrits de Madame Rand ?

  55. aventin

    Guenièvre,

    Vous confondez – vous aussi – économie et capitalisme financier. Repensez à l’expression terrifiante employée dans le risible ouvrage de Madame Rand « faire de l’argent ».

    « Faire de l’argent » c’est là l’objectif d’une société civilisée, d’un Homme conscient et responsable ? C’est-là un objectif « civilisationnel » raisonnable et humain (Comme dirait Axel Kahn) ?

    « Faire de l’argent », l’expression est terrifiante…

    A quoi sert de faire pousser des billets ? Cultivons notre jardin…

  56. Souris donc

    La Grève est un pavé de 1300 pages. Sous le pavé la plage, je sais ce que ça veux dire maintenant : juste bon à caler sa tête en prenant le soleil sur la plage. Ennuyeux comme la pluie. Démonstratif, un aphorisme, style radotage sentencieux, toutes les 3 lignes.
    Que les Etats-Unis en fassent le livre le plus lu après la Bible m’ouvre des abîmes de perplexité. Je me suis accrochée pendant 300 pages sur les 1300, ce qui est proprement héroïque. Puis je ai abandonné le pavé sur un banc de square.
    Résumé :
    Les bons montent des entreprises, aciérie et chemin de fer. Les méchants, intellectuels de gauche et bobos frivoles des années 50, leur mettent des bâtons dans les roues. A la page 300 on en est toujours là. L’héroïne trouve dans une friche industrielle, un moteur dont elle recherche l’inventeur.
    J’ai renoncé à savoir si oui ou non elle retrouvait l’inventeur, par peur des aphorismes radoteurs et sentencieux toutes les 3 lignes, à la page 300 c’est sans espoir.

  57. Galaad Wilgos

    On se demande bien quels énergumènes – libéraux mis à part – pourraient croire dur comme la main de fer de Thatcher qu’un trader, qui a passé la majeure partie de ses journées à roupiller devant un écran, en gagnant quelques millions de dollars en un instant mérite en effet pour son « dur labeur » 1000, 10 000 ou 100 000 fois plus que le smicard moyen. Il est clair que dans la réalité auto-créée par les libertariens l’argent est toujours le « fruit de la vertu ». Une vertu aisément reconnaissable chez ces vertueux personnages que sont les héritiers, les financiers et les patrons de grandes entreprises.

    La vertu financière et l’intelligence du trader dans son activité : http://www.dailymotion.com/video/xkpzy4_quot-on-devient-tous-des-requins-quot_news

    D’ailleurs l’argent tiré de la spéculation sur les matières premières qui touche les pays pauvres est le juteux fruit de la vertu de nos grands chevaliers de la Finance.

    « Avoir du pognon pour avoir du pognon, c’est le syndrome de l’oncle Picsou »

    C’est pas surtout le syndrome du capitaliste moyen ? (Dont Picsou était une métaphore ?)

    « Ceux qui ont « fait l’argent » dont ils disposent savent que ces bouts de papier sont le fruit de leur travail, de leur talent et des risques qu’ils ont accepté de prendre. »

    J’ai beau me creuser les méninges à grands coups de pelle, je n’arrive pas à voir les risques des dirigeants de Goldman Sachs ou des banques « too big to fail » qui spéculent et qui reçoivent l’argent des contribuables en cas d’erreur. Mais peut-être allez-vous me dire que ce n’est que juste compensation pour leur grande contribution au bien commun, cher Jorge ?

    P.S.: http://www.pauljorion.com/blog/?p=37983 😉

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