Une cause juste ou juste une cause

Beaucoup de porteurs de causes justes affirment que la leur est plus valable que celle de l’autre. Ils s’entredéchirent, se tombent dessus à bras raccourcis pour aboutir toujours à la propagation d’un peu plus de haine, et d’un peu moins de compréhension.

On dirait même que le Réseau, contrairement à un « Village global », favorise une radicalisation vigoureuse des positions des uns et des autres qui seraient prêts, à les lire, à se combattre physiquement, voire à se faire la guerre, d’où parfois l’envie de leur proposer de s’enfermer dans une cage pour s’expliquer entre eux et que la violence, et la sottise, de leur discours, ne rejaillissent pas sur les autres. Ou alors de les envoyer dans l’espace ou en Antarctique.

On est toujours surpris voire atterré par les réactions violentes de nombreux intervenants de forums, de sites, de blogs, devenant parfois des professionnels de la zizanie et de l’injure.

On est également toujours déplorablement étonné des préjugés profondément ancrés sur les uns ou les autres, des lieux communs débités comme des évidences, des idées reçues balancées comme parfaitement acceptables, toujours présentées comme parfaitement acceptables sur la base de l’axiome qui semble animer la plupart de ces intervenants : « Je le pense donc j’ai raison » ou « La communauté à laquelle j’appartiens est la meilleure et la seule valable ».

Toute cette violence devient quasiment inévitable ce qui ne facilite pas les échanges ni la discussion, alors que l’on sait qu’une insulte coupe court toute possibilité d’avancer.

Le pire est que tous ces gens, qui tiennent le même discours sur les médias dits « officiels », pourris et menteurs, et sur le « système », le consolident finalement en créant le « buzz » et en lançant des polémiques qui entretiennent la société spectaculaire et son emprise, donc l’emprise des médias dits « officiels », du consumérisme, et de l’hyper-libéralisme.

La plupart de ces « rebellocrates », selon le terme de Philippe Muray, feignent de ne pas voir qu’Internet lui-même est l’émanation la plus pure du système qu’ils affirment rejeter par ailleurs, alors qu’ils en sont des maillons indispensables.

Plus le nombre de « clics » est grand, plus il fait marcher le commerce sur les sites, blogs et autres forums, raison pour laquelle les administrateurs de sites, les journalistes, blogueurs et commentateurs qui en vivent sont plutôt indulgents avec tous les semeurs, ou semeuses, de zizanie professionnels.

Ce n’est d’ailleurs pas un jugement ni même une condamnation, on ne vit tout simplement pas d’amour et d’eau fraîche.

Toute contradiction, dans la confusion actuelle entre vie réelle et virtuelle est vécue comme une profonde remise en cause personnelle car au fond ces poses ne sont qu’apparence et postures, une manière de compenser qui sa solitude, en se créant un personnage brillant, redresseur de torts, qui ses frustrations et complexes, du fait d’un parcours que la personne estimera elle-même comme médiocre tout en reprochant à d’autres de le faire par ailleurs, et bien sûr, parfois, trop souvent, c’est surtout pour étaler ses haines cuites et recuites.

Sur le réseau, la plupart suivent un champion, une « championne », politique, généralement présenté(e) comme l’égal(e) du Messie. C’est à peine si celui ou celle qu’ils soutiennent n’est pas réputé(e) guérir les « écrouelles » ou multiplier les pains. Alors que l’on sait que la plupart de ces messies en devenir sont tous des parfaites émanations du système, qu’ils se choisissent un « poulain » ou un créneau à la sortie de la grande école qu’ils ont faite, ou afin de parachever une carrière de militant « modèle ».

Ainsi, ô surprise !, en espérant que pour toi ami lecteur ce ne soit pas une découverte, la plupart n’est pas vraiment de droite, extrême ou pas, ou de gauche, extrême ou pas. Ils ont seulement l’appétit du pouvoir, jouant la comédie de tel ou tel engagement pour se maintenir en poste et laisser les autres s’étriper ainsi que font les dirigeants des groupes radicaux ou intégristes qui laissent la piétaille prendre tous les risques, quitte parfois à nier toute responsabilité et laisser des enfants ou des adolescents se faire trucider pour les plus radicaux, on parle alors de « martyrs ».

Ainsi, lors de l’incendie d’un cinéma il y a une vingtaine d’années, un des responsables d’une association religieuse (lefèbvriste) avait clairement donné dans une publication la « recette » du cocktail « Molotov » faisant mine de s’étonner ensuite que des jeunes l’aient utilisée, et se sont retrouvés au poste, à sa place…

Il serait certainement plus raisonnable d’être empirique, et pourquoi pas d’utiliser pour le bien commun des moyens qui ont fait leurs preuves, sans être soumis à quelque diktat idéologique.

Ici, les semeurs de zizanie professionnels, qui aiment bien la simplification des idées, des idéaux, des combats, je les vois venir !, vont m’accuser d’être un « vieux maurrassien », puisque c’est Charles Maurras qui a lancé cette idée d’« empirisme organisateur ».

Bien qu’il se soit compromis dans l’exaltation de régimes autoritaires d’un antisémitisme obsessionnel et compulsif, cette idée est pourtant encore à creuser. Car, comme dans la chanson de Brassens, « Mourir pour des idées » :

« Mourons pour des idées d’accord, mais de mort lente, d’accord, mais de mort lente… ».

Et comme il le dit aussi dans le reste du texte :

« Encore s’il suffisait de quelques hécatombes

Pour qu’enfin tout changeât, qu’enfin tout s’arrangeât !

Depuis tant de grands soirs que tant de têtes tombent,

Au paradis sur terre, on y serait déjà. »

À propos de grandgil

Je suis Grandgil, il paraît que je suis un "anar de droite", aimable oxymore qui ne veut pas dire grand chose mais qui a pour effet d'exciter immédiatement la bile de tous ceux qui ont une "doxa" à vendre qu'il soient d'un bord ou de l'autre, les idéologies ne sont pas ma tasse thé, je déteste particulièrement qu'elles veuillent faire mon bonheur malgré moi, sans me demander mon avis. J'aurais aimé être un personnage de Marcel Aymé, ou de Boudard. Je ne suis qu'un "titi" parisien exilé en province.

31 Commentaires

  1. Georges Kaplan

    Beaucoup de closes auxquelles je souscris dans ce papier – notamment sur les motivations réelles de nos politiciens et l’aveuglement de celles et ceux qui leur prêtent les plus nobles desseins.
    Juste une chose : comment peut-on évoquer la France de 2012 en parlant d’hyper-libéralisme ?

  2. Georges Kaplan

    Beaucoup de *choses* voulais-je écrire…

  3. grandgil

    Cher Georges,
    Je me doutais que nous ne serions pas d’accord sur ce point, merci pour votre appréciation quant au reste. Ce n’est pas un rejet du libéralisme comme outil que je fais, mais qu’il soit devenu une fin en soi.

  4. Bien sûr, je suis d’accord, mais en même temps je perçois une attitude que je trouve émolliente : tous les camps se valent. Il y a deux aspects dans la polémique : la forme et le fond. Sur la forme nous devrions bien entendu éviter l’insulte et le procès d’intention, sur le fond il faut être ferme sur la recherche de la vérité, l’équité et la justice. Ce n’est pas parce que les gens s’affrontent que leurs causes sont équivalentes. Ne pas laisser l’autre s’exprimer est mal, considérer l’inique comme l’égal du juste est indigne. Je ne fréquente les forums que depuis un an, je trouve que c’est dans l’immense majorité la même idéologie qui domine et que les plus hargneux sont ceux qui récitent le mieux la juste parole médiatique : les horribles riches, les États-Unis empire du mal, les pauvres gosses des banlieues, les bons palestiniens. Il existe des sites extrémistes prêchant le contraire bien sûr, mais ce sont précisément des sites extrémistes. J’ai la curieuse impression que ce sont toujours les mêmes qui s’expriment et qu’il ne représentent au fond pas la grande majorité de ceux qui ne s’expriment jamais.
    Pour ce qui est de du discours médiatique, bravo pour l’hyper-libéralisme !

  5. grandgil

    Ce ne sont pas les idées que je remets en cause, chacun a ses idées, j’en ai, que j’exprime d’ailleurs depuis longtemps sur le net en particulier.
    Ce que je remets en cause c’est cette tentation de faire des idées que l’on a un système globalisant qui fonctionnera pour tout et guérira de tous les maux ce qui est rationnellement impossible, d’où ma critique des théories globalisantes.
    Je ne pense pas qu’il y ait un Bien absolu d’un côté et un Mal absolu de l’autre. Il est évident que les pays démocratiques, le moins mauvais des systèmes et le pire en même temps, ne sont pas dans une situation comparable aux pays qui ne le sont pas, c’est évident. Mais les sociétés démocratiques là encore ne sont pas du côté d’un Bien absolu et elles ont aussi des responsabilités.
    Sur les causes « communautaires » dont parlait Zemmour d’ailleurs ce matin à la radio, sujet sur lequel je le rejoins, je trouve lamentable que chaque communauté ne veuille défendre une société qui maintiennent un lien entre elles plutôt que de favoriser continuellement cet affrontement communautaire. Maintenir ce lien ne signifie pas un discours lénifiant, ou de la sensiblerie, mais au contraire l’affirmation de valeurs que personne n’ose évoquer maintenant sans se faire traiter de réac.
    Sur l’hyper-libéralisme dans les médias, certes le discours global, que l’on retrouve de NKM à Clémentine Autain est sur les moeurs et la société est le même discours bien pensant et mièvre, mais finalement le socle libéral n’est jamais vraiment remis en cause, et ce discours moralement libertaire participe des conséquences du libéralisme et d’un consumérisme mental où l’on réfléchit en consommateur comme l’on fait ses courses : un peu de ci, un peu de ça, ce que je choisis, rejetant toute forme de critique de ce que je veux consommer même si cette consommation intellectuelle n’a aucun sens.
    A lire là-dessus « Lipstick Traces » de Greil Marcus qui analyses les mouvements populaires depuis 30 ans sous cet angle.

  6. Tout est gris peut-être mais il y a du gris anthracite et du gris très pâle. Pour le libéralisme je reste perplexe, n’est-ce pas un mot valise pour décrier tout ce qui n’est pas totalement étatique ? Dans notre douce France il doit y a avoir un salarié sur deux qui est fonctionnaire ou assimilé, ce n’est pas vraiment le libéralisme, on ne peut pas dire. Quelles sont les incitations à entreprendre ? Quel intérêt y-a-t-il à créer une entreprise ? Parler d’hyper-libéralisme en France est confondant.

  7. grandgil

    Différentes nuances de gris effectivement…
    Pour le libéralisme le problème ce n’est pas l’outil théorique et économique en lui-même, c’est le fait que les personnes en sont devenus les instruments alors que ce devrait être l’inverse.
    Actuellement, je sais bien que pour un libéral, il n’y aura jamais assez de libéralisme économique en France.
    Cependant, je me souviens d’une étude sortie il y a quelques années qui montrait que du point de vue de l’ouverture des frontière et du commerce, en dehors de ses lois sociales, la France est un pays libéral.
    il y a un paradoxe assez fort du rapport des libéraux à l’état. Ils n’en veulent plus mais l’état bureaucratique et jacobin est toujours assez bon malgré tout pour régler les dette d’entreprises ou de banques qui n’ont fait pas leur boulot correctement.

  8. grandgil

    Quant à l’empirisme..
    J’ai en tête l’exemple de mon grand père, de droite, qui avait proposé de mettre en place un système de petites fermes collectivistes, sans pour autant se baser sur une organisation marxiste, dont la production aurait été à la fois vivrière (les quartiers « écolos » de grandes métropoles ne font pas autre chose), et aussi pour vendre à l’exportation à l’étranger en se basant sur des produits de qualité.

  9. QuadPater

    On est toujours surpris voire atterré par les réactions violentes de nombreux intervenants de forums, de sites, de blogs, devenant parfois des professionnels de la zizanie et de l’injure.

    Au contraire, ce n’est pas étonnant. La psychologie de l’internaute relève en partie de sa certitude d’impunité, qui fait tomber bien des barrières morales. Imaginez un homme invisible pauvre entrant dans une banque. Il ressort les mains vides ? Ou comme dans la nouvelle de R. Matheson, en appuyant sur le bouton d’une boîte magique on reçoit une énorme somme d’argent et quelqu’un dans le monde (qu’on ne connaît absolument pas) est foudroyé. Or on est vraiment dans la misère… on appuie ? on n’appuie pas ?

    L’anonymat nous permet de donner libre cours à nos pulsions sans trop de risques d’être inquiétés. Nous pouvons insulter les gens qui nous déplaisent. Pourrir une discussion. Nous prendre pour le Corbeau, écrire des lettres anonymes, faire des dénonciations, lancer des rumeurs ignobles, casser la vie sociale d’autrui. Le tout dans la peau d’un personnage qu’on modèle à sa guise. On peut jouer au poète vicieux, au truand ; personne ne connaît notre visage, notre âge, notre sexe ; c’est le déguisement parfait, la panoplie protéiforme dont nous avons tous rêvé depuis tout petit.

  10. Je suis bien d’accord Quad, j’ai longtemps hésité l’année passée entre utiliser mon nom et choisir un pseudo, en fait j’ai choisi un pseudo mais je donne mon identité à qui me donne la sienne.

  11. grandgil

    à Quad, quand je dis qu’on est toujours surpris, je ne le suis pas vraiment, mais disons que j’en suis toujours atterré.
    Et d’accord avec la suite du com, c’est terrifiant pour moi cet anonymat.
    Moi je suis ici un anonyme connu car tout le monde sait mon vrai nom.

  12. QuadPater

    L’usage de pseudos dans un espace virtuel ouvert à tous vents comme le Web n’est pas critiquable en soi. Ces petits noms que nous utilisons régulièrement, par lesquels nous sommes même parfois interpelés par nos amis au téléphone, sont comme des personnages d’un jeu de rôle. Nous intervenons sous ces pseudos par coquetterie ou simple souci de discrétion, non pour nous cacher. Le statut paradoxal d’ « anonyme connu » existe depuis Usenet et le Minitel, qui ont permis l’émergence d’un nouveau mode d’interaction sociale de masse. Revers de la médaille, c’est depuis cette époque qu’existent les « trolls » et les semeurs de zizanie dont vous parlez, Grandgil.
    Avant les années 80 il n’était pas possible à tout un chacun de s’exprimer publiquement, d’emménager dans le fameux village global de McLuan. Aujourd’hui nous y vivons quotidiennement et y rencontrons ses écrivains, ses orateurs, mais aussi ses tagueurs et ses commères.

  13. QuadPater

    McLuhan…

  14. grandgil

    Le problème c’est que la nature humaine n’est pas bonne en elle-même, et que dés lors que certains se croient à l’abri ils s’en donnent à coeur joie. D’ailleurs, même en utilisant les vrais noms et prénoms, beaucoup se permettent un langage qu’ils n’utiliseraient pas face à la personne.

  15. Il y a un autre point à prendre en compte. Beaucoup de sites se réjouissent des polémiques qui attirent pugilistes et spectateurs faisant monter la fréquentation, toute cette violence est de pacotille et masque ce qu’il y a de fondamental dans Internet : la naissance de la noosphère. Je m’étonne que notre ami pourfendeur de libéraux n’ait pas plus appuyé sur l’aspect commercial de la polémique et du scandale qui furent les mamelles du journalisme populaire.

  16. grandgil

    J’en ai déjà parlé en fait…
    ^^
    Effectivement, ça fait marcher le commerce et les clicks
    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-posters-de-filles-nues-sur-tes-112219

  17. grandgil

    Une citation de Desproges que j’aime bien et qui résume bien la déformation des points de vue sur le réseau, et notre époque : « réjouissons de ce siècle qui a appelé un chat un chien pour se prétendre au pinacle de la civilisation »

  18. Souris donc

    Grangil, pardonnez-moi d’arriver après la bataille.
    Le sociologue E. Goffman a décrit les interactions sociales, il y a plus de 50 ans, rien de plus futé que sa « Mise en scène de la vie quotidienne » (Ed. de Minuit).
    T.1 La présentation de soi
    T.2 Les relations en public
    Très intéressant, il fait partie de ces sociologues américains qui se penchent sur l’infime, par exemple il décrypte pourquoi nous nous comportons si sottement dans les ascenseurs, pourquoi nous secouons nos mains quand nous posons des surgelés sur le tapis de la caisse… Lire Goffmann, c’est comprendre ses comportements.
    Et maintenant ils ont ouvert un séminaire de sociologie d’Internet à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. La bibliographie sur le sujet est copieuse.
    Goffmann, c’est la bible du sociologue, il est indémodable. Il n’a pas connu internet, dommage. Je le recommande vivement aux Superdupont du Net, aux rebelles de pacotille qui manient volontiers l’insulte.

  19. QuadPater

    Dans le même ordre d’idée, cf. « Micropsychologie et vie quotidienne » de Moles.

  20. grandgil

    Merci de l’indication.
    En fait les rebellocrates du net se comportent aussi faussement que dans la vie quotidienne.

  21. Souris donc

    Bonjour Quad !
    Je suis allée voir sur Amazon : ouvrage non-disponible. Peut-être à la bibliothèque ?
    Bonjour Grangil !
    Rebellocrates du Net (joli, j’achète !)
    L’idée de territoire dans les rituels d’interaction sociale me semble assez féconde :
    Goffmann postule que nous emportons avec nous notre territoire à défendre, où que nous allions, et que nous sommes particulièrement bien armés pour empiéter sur le territoire des inconnus que nous croisons. Donc nous devons donner des signaux à l’autre pour lui montrer nos intentions pacifiques, en même temps que nous avons à identifier les agressions potentielles.
    D’où tout un langage extrêmement subtil de signes avec une grammaire (un ex. le regard coulissant quand nous croisons quelqu’un, je ne lui fais pas l’affront de le regarder, mais je le regarde quand même).

    Peut-être Goffmann aurait-il dit que le web abolissait tout ce « langage de signes » des rituels d’interaction ? Que certains voient ainsi s’ouvrir devant eux un territoire infini où l’on peut se griser de son invulnérabilité, et la tester encore et toujours ?

  22. grandgil

    Sa pseudo invulnérabilité, d’ailleurs..
    Le net montre aussi que le vernis social, à notre époque, est finalement très mince, et qu’il craque vite pour peu que la personne croit qu’elle peut le faire sans risques. Cela en dit long je trouve sur la crise morale qui secoue notre société.
    « rebellocrate » c’est de Philippe Muray 😉

  23. Souris donc

    A ma grande honte, je n’ai jamais rien lu de Muray. Je m’y mets, promis.

  24. QuadPater

    Mon Dieu quelle andouille ! je n’avais pas réalisé… Goffman… un de ceux qui gravitaient dans le réseau Bateson… Souvent cité par P. Watzlavick dont j’ai dévoré les ouvrages il y a, euh, longtemps ! Moles n’a que je sache rien à voir avec l’école de Palo-Alto, et son bouquin est intéressant sans être inoubliable. Mais je pourrai le prêter aux Bordelais qui ne le trouveraient pas.

    Peut-être Goffmann aurait-il dit que le web abolissait tout ce “langage de signes” des rituels d’interaction ?

    Certainement. L’humain sur le Net doit adapter sa notion de territoire physique à un monde virtuel et sans signes, où la règle « on ne peut pas ne pas communiquer » s’applique très différemment ; d’où un certain malaise.

  25. Souris donc

    Le vernis craque depuis longtemps, Grangil !
    En territoire protégé comme la bagnole :
    qui n’a jamais traité l’autre d’enculé, geste à l’appui ? Curé son nez puis examiné la crotte : on ferait ça dans un ascenseur ?

  26. grandgil

    Bien sûr que cela fait longtemps, il n’y a pas besoin du net.

  27. grandgil

    Perso, j’aime beaucoup « Homo Festivus » qui résume bien notre époque.

  28. Souris donc

    Au départ, je trouvais intéressante la notion de netiquette, avec son corollaire d’exclusion par tous les autres de celui qui l’enfreint. Je ne sais pas si cela est resté du vœu pieux ou si cela a existé, peut-être du temps d’une communauté restreinte d’internautes (comme quand les motards levaient la main pour se saluer en se croisant).
    Quand, vilipendée, et dans quels termes…, pour avoir soulevé sur un site la question des pseudos multiples récurrents, je n’ai trouvé que peu de solidarité contre les manquements à la netiquette.

  29. grandgil

    Je crois que la netiquette est respectée par ceux qui sont déjà à peu près bien élevés dans la vie réelle. C’est aussi un jeu en quelque sorte, qu’il faut savoir ne pas trop prendre au sérieux.

  30. Souris donc

    Oui, ils sont sur la console de jeu, on va dire ça, c’est plus valorisant que ce qui vous développez dans votre papier.

  31. grandgil

    Ce qui est valorisant en ce moment, c’est le virtuel, la réalité craint pour la plupart des internautes.

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