Une tache au culte de la personnalité

L’échec de la Cosmic Rocket nord-coréenne me navre.

Rien ne me plait autant que la tente de Khadafi à l’Elysée, sauf peut-être le couronnement de L’Empereur Bokassa 1er et l’émission Aló Presidente de Ugo Chavez.

Le culte de la personnalité est une grande chose qui fédère la foule et fait taire l’opposant. Il y a un côté art performance, mise en scène, installation éphémère et happening qui a sa beauté plastique. Les arrangements gymniques de masse faisant tableau vivant, les défilés géométriques de militaires chamarrés au pas de l’oie tournant la tête comme un seul homme vers le cher lider en passant devant la tribune officielle, confèrent aux manifestations officielle une pompeuse solennité réjouie par l’exubérance visuelle de la foule des masses laborieuses agitant frénétiquement les drapeaux, petits écoliers devant. C’est ce qu’on appelle une célébration.

Nous autres avons perdu le sens du grandiose et de la célébration (sauf le festif Bertrand Delanoë)

Nous sommes devenus prosaïques, pusillanimes et consommateurs abrutis de slogans publicitaires destinés à nous faire acheter des assurances et ouvrir des comptes en banque, le bon sens près de chez vous, votre argent nous intéresse parce que le monde bouge.  Tandis que nous craignons de vivre à proximité des champs électromagnétiques des lignes à haute tension, que les Verts commanditent toutes sortes d’études plus scientifiques les unes que les autres afin de démontrer la nocivité du dit champ, les lignes à hautes tension sont affichées fièrement dans la symbolique des armoiries de La République Populaire Démocratique de Corée :

C’est pourquoi l’échec de la Cosmic Rocket nord-coréenne me navre.

La presse française unanime s’est inquiétée. De La Croix à Libé. La fusée ne cacherait-elle pas quelques mauvaises intentions à l’égard de ses voisins ? La trajectoire ne viserait-elle pas la Corée du Sud ? Satellite d’observation, vraiment ? Le tir ne dissimulait-il pas l’essai d’un missile balistique ?

Même la Chine a montré des signes d’agacement.

Ce n’est pas inquiet qu’il faut être. Ni agacé. C’est navré.

En effet, la mise sur orbite du satellite Kwangmyongsong-3 devait être l’apogée des célébrations du centenaire de la naissance de Kim Il-Sung, le fondateur du régime communiste.

Et voilà que la fusée de l’apogée des célébrations fait pschitt.

Ça fait tache dans le culte de la personnalité.

Avant que l’on ne jette l’ingénieur-chef au cachot, voici cependant un autre cafouillage moins connu qui devrait permettre à la Propagande de notre Brillant Camarade, notre  « Génie des Génies en science militaire » (sic), notre cher Leader Suprême du Parti et de l’Armée, de minimiser l’incident et de relativiser l’échec :

La mise en orbite de Troposphère 5, par la République Populaire du Congo : « un petit pas mais un grand pas pour la recherche scientifique », selon le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche :

http://www.youtube.com/watch?v=D-zYs15Ia6E&feature=related

Longue vie au Grand Successeur !

 

51 Commentaires

  1. grandgil

    Un bon coup de pied au culte ! oui, tout ce qu’ils méritent

  2. Moi, je suis d’accord avec Souris, il n’est pas bon que les traditions se perdent. Il serait bien cependant que le Persan Atomique se fasse péter sa bombinette à la figure ça mettrait de l’ambiance. Libé soupçonnerait le maussade certainement.

  3. Souris donc

    Vous êtes dur, Grangil, Mélenchon ne crache pas sur le culte de la personnalité, le suscite et l’entretient avec soin.

  4. QuadPater

    En Corée du Nord, on sait faire la fête, au moins. M’étonnerait que ça se passe pareil ici le 6 mai.

    J’ai cru que la vidéo de l’Anthropopisphère 5 qui part de traviole était un faux tant elle est sublime, merveilleuse, grandiose.

  5. Souris donc

    Sublime, merveilleuse, grandiose. Ce sont les derniers à avoir le vrai sens de la fête et du collectif. Que pas une tête ne dépasse. L’ubu a le sens de l’hyperbole et de la parabole. A défaut d’avoir celui de la balistique. C’est pourquoi ils veulent tous envoyer des fusées, des missiles, des roquettes, des satellites. Ce sont les plus grandioses feux d’artifices, et nous nous perdons en conjectures sur la destruction de l’Occident, ce genre d’ânerie. Non, non, l’ubu se doit seulement d’éblouir sans cesse.
    L’ubu est une star.

  6. Yaakov Rotil

    Paraît – le bruit en a ici couru – que c’était un missile iranien qui était testé sous les couleurs nord-coréennes… Je sais pas si c’est vrai.

  7. QuadPater

    Un cacanalyste se régalerait à expliquer que l’envoi en l’air de cette fusée phallique est un symbole bien plus fort que le harem, c’est « je suis un surhomme, je nique le ciel ».

    La future devise de Kim : « Splendet et ascendit » ?

    Bah c’est mieux que la satisfaction des chercheurs de la RP du Congo parce qu’ils ont crevé un rat à grands frais.

  8. Souris donc

    En même temps, elle est trop, Troposphère 5 « Tout commence par une petite aventure intellectuelle, une petite folie, un petit rêve ». On dirait du Cheminade.

    En fait, je trouve assez touchant cet enthousiasme, et les ultimes réglages (couche de peinture au pistolet, coup de meule…) pour fignoler la phallique fusée.

  9. Sophie

    « On dirait du Cheminade »

    Ecroulée!

  10. plantigrade69

    Je me Kim Jong ilise tous les matins quand je descends et suis acceuilli par mes chiens.
    Le problème, c’est que j’ai aussi un chat.
    Tous les dictateurs devraient avoir un chat!
    … ou connaître une souris!

  11. Souris donc

    Nounours, vous avez des dispositions, continuez sur cette voie. Un Kim-Jong-Ours sommeille en vous, qui sait ?

  12. Souris donc

    L’ex-Congo belge est riche en minerais. Quand il est payé, un fonctionnaire gagne 20 € par mois. Cherchez l’erreur.
    Etonnez-vous que toute l’Afrique soit tentée par notre RSA à 475 € et aides sociales tombant du ciel. Et les Mélenchon réclament la régularisation pour tous les clandestins. Venez, venez !

  13. Saul

    republique démocratique du Congo.
    la populaire c’était l’autre, qui elle se disait bien communiste, à la différence de la « démocratique »

  14. Saul

    argh… foutue balise…encore un sabotage de l’ingénieur chef nord coréen…

  15. Souris donc

    Panorama de la célébration nord-coréenne
    http://www.20minutes.fr/monde/diaporama-2229-coree-nord-celebre-kim-jung

    Je recommande l’image 8 : le Crazy Horse, version Démocratie Populaire.

  16. Souris donc

    Dès que République est associé à Démocratique, Socialiste, Populaire, on peut être sûr que ce sont des totalitarismes et des dictatures. Du Prolétariat, OK.
    Je me demande si les partis de gauche français perçoivent ces atteintes, folkloriques mais pas tant que ça, à des concepts qui, pour nous, ont un sens positif d’émancipation de l’individu.
    Les ubus des Républiques Démocratiques, Socialistes, Populaires nous caricaturent et galvaudent l’histoire des idées.
    Mais chez nous aussi, on galvaude.
    Exemple, ce matin, Arthaud : « Il faut en décider démocratiquement, et bla bla ».
    Je décrypte :
    Démocratiquement : Harcèlement idéologique avant, puis vote à main levée, et harcèlement pour celui qui ne lève pas la main.
    Et Philippe Poutou, touchant avec son air gentil et hésitant. Mais quand il débite le dogme, c’est un perroquet à qui on n’a pas forcément envie de confier les clefs.

  17. Saul

    en général oui. là c’est celui du fils Kabila. Bien qu’il « bénéficie » de circonstances atténuantes avec la guerre ravageant le pays, j’ai aussi un doute sur son démocratisme si je peux me permettre.
    en général donc, mais il y a des exceptions : ainsi la « république socialiste démocratique du Sri Lanka » qui est néanmoins et relativement une démocratie.
    ou encore la « république démocratique du Timor oriental », qui lui est aussi assez démocratique réellement.
    un truc rigolo : la « république populaire du Bangladesh ». bon c’est pas vraiment démocratique comme régime, mais pas du tout communiste non plus.
    (je ne connaissais pas cette « troposphère ». Ca a quand même l’air d’un gag…)

  18. Guenièvre

    Ouah ! c’est vrai ça impressionne ! A côté, les cérémonies du précurseur Bénito c’était de la pure rigolade !

    http://www.ina.fr/fresques/jalons/fiche-media/InaEdu02010/les-balillas-effectuent-une-demonstration-de-gymnastique-a-rome-en-presence-de-mussolini.html

  19. kravi

     » Un cacanalyste  » : pouvez-vous préciser, siouplait ?

  20. QuadPater

    Cacanalyste : n.m., néologisme issu du croisement de caca et de psychanalyste. L’utilisation de mots-valises tels que cacanalyste, enfeignant, Mollande, indique une forte propension du locuteur à une moquerie certes économe mais de très bas niveau. L’absence de rouge à son front nous alerte sur une carence profonde de son surmoi.

  21. kravi

    C’est bien ce que je subodorais. La figure de style — que dans notre jargon de psychanalyste nous appelons ‘condensation’ — employée par le locuteur nous expose ainsi sa détestation du fait psychanalytique assimilé à de la merde. Dès lors, son absence d’érythème frontal témoigne moins d’une carence surmoïque que d’une crasse ignorance du soin psychodynamique.

  22. QuadPater

    Je ne l’ignore pas, mon ami, je nie son existence. Je serai ravi d’en débattre avec vous dès que l’occasion se présentera.

  23. kravi

    @Quad :
    Ainsi donc je me suis formé pendant de longues années à une pratique qui n’en est pas une, et ai pratiqué une thérapeutique qui n’existe pas. Plus fort que M. Jourdain !
    Il en découle que je suis soit un délirant, soit un charlatan. Peut-être les deux ensemble ?
    Il faudrait demander aux quelques milliers de personnes qui ont eu le malheur de passer entre mes mains au cours de ces 30 et quelques dernières années ce qu’elles en pensent. Je sais en avoir aidé la plupart, qui ne souffraient pourtant pas de « bleus à l’âme » ou de chagrin d’amour, mais le plus souvent de troubles gravissimes.
    Mais, bien sûr, elles ont été trompées et manipulées, comme je m’abuse moi-même.

    Quant à en débattre plus tard, j’en doute. Voyez-vous, je ne perds pas mon temps avec les négationnistes.

  24. Yaakov Rotil

    QuadPater bonsoir,

    Le fait de ne pas comprendre, connaître, ou adhérer à la psychanalyse doit-il vous amener à la nier purement et simplement ?

    Personnellement, elle m’a sauvé au moins la raison et peut-être la vie quand j’étais tout jeune, et je suis toujours étonné de voir des gens qui, comme vous, souhaiteraient la mettre à la poubelle ou en parle avec mépris…

    Cela dit, je suis d’accord sur le fait qu’une discussion sur un fil dédié serait intéressante.

  25. Souris donc

    La question que je me pose (aucun soupçon sur Quad, bien sûr ! ) :
    Pourquoi les totalitarismes interdisent-ils la psychanalyse ?
    Comment interpréter le deuil bruyant à la mort du dictateur ? Ils pleurent et ce ne sont pas des larmes de commande. Ça tient de la transe.
    On peut comprendre qu’à condition de ne pas l’ouvrir, il y ait un relatif confort à vivre dans une dictature : aucun choix à faire, tout est tracé, balisé, tout est à sa place. Staline sait ce qui est bon pour toi.
    Mais pleurer à gros sanglots ?

    L’Ostalgie dans l’ex-RDA tient de ce phénomène ?

  26. Souris donc

    Une démonstration de plus, que communisme = fascisme. Comme leur peinture, leur architecture, leurs symboles, leur enrôlement de la jeunesse, leur propagande, leur culte de la personnalité, leur emprise mentale sur les gens, leur façon de bâillonner l’opposant, voire leurs goulags et camps d’extermination.
    Resterait un ouvrage à composer :
    Page de gauche un produit culturel du totalitarisme de gauche, page de droite, le même produit culturel du totalitarisme de droite. En miroir.

  27. Guenièvre

    @ Souris donc,
    Mon explication est peut être un peu simple mais dans le cas de Staline ( pour d’autres aussi sans doute ) je crois que c’est l’assimilation directe du dictateur à la figure du père :  » le petit père des Peuples ». Toute la propagande allait dans ce sens, il y avait très régulièrement de nombreuses représentations de Staline portant des enfants ou avec des enfants qui lui offraient des fleurs …( la même chose pour Mao ) . Bien sûr la psychanalyse était dangereuse puisqu’elle pouvait amener démythification et démystification.

  28. kravi

    Excellente remarque, Souris.
    Par essence, les totalitarismes ne sauraient tolérer que des individus pensent, ce qui risquerait de remettre en question les dogmes et fonctionnements qui maintiennent l’édifice totalitaire en bon état de marche. Ce dernier étant indiscutable par définition, toute entreprise de pensée critique doit être rejetée comme un corps étranger.
    L’analyse nous permettant de penser plus librement, non seulement en échappant à nos répétitions, mais aussi en développant notre autonomie psychique par rapport aux images parentales et à notre propre surmoi, elle devient hautement subversive pour des pouvoirs qui ne sauraient être discutés.

    Après une très courte parenthèse d’acceptation, voire d’enthousiasme, au début de la révolution bolchevique, la psychanalyse fut stigmatisée comme « science bourgeoise » et interdite.
    Les nazis voulurent la récupérer dans un institut Goering — il me semble que le directeur était parent de l’autre, à vérifier –, non sans l’avoir épurée de tous ses praticiens juifs. Il est vrai qu’il ne restait plus grand monde. Ce qui s’y pratiquait n’avait strictement rien à voir avec la psychanalyse.

  29. QuadPater

    kravi, le négationniste est celui qui doute de l’existence de certains crimes contre l’humanité, veuillez utiliser ce terme à bon escient. Si vous tenez vraiment à me qualifier d’un mot se terminant par sioniste je vous propose « réfutationniste ».

    Je sais que ça vous enquiquine qu’on vous demande sans cesse de justifier la validité de la théorie freudienne, mais ce serait la seule façon d’écarter les soupçons de charlatanisme qui planent autour. Comment évaluer une thérapie dont les critères de guérison ne sont pas objectifs ? Où le concept même de guérison est remis en question ? Où la notion de preuve est particulièrement malmenée : mon fils de 5 ans s’oppose-t-il violemment à moi ? c’est la preuve de l’existence du complexe d’œdipe. Il me fait les yeux doux et repousse sa mère ? c’est la preuve de l’existence et de l’œdipe et de mécanismes de refoulement ! Comment se fier à une théorie qui se valide elle-même et qui n’accepte pas d’être éventuellement réfutée, chaque tentative d’opposition étant considérée par les praticiens comme renforçant la théorie elle-même ?

  30. kravi

    Quad,
    « je nie son existence » porte en soi le terme de « négationniste ». Mais puisque la connotation vous désoblige, va pour réfutation.
    La psychanalyse n’a pas à justifier ses théories : ses résultats, probants quoi que vous en ayez, parlent pour elle. Ses praticiens, analystes et analysants, le savent bien pour l’avoir vécu. On a le droit de ne pas vouloir utiliser le divan, sûrement pas pas celui de dénigrer sans en rien savoir une pratique qui a sauvé une foultitude de gens du malheur, voire du suicide.
    Il est intéressant de voir que certains tenants des sciences dures réclament aux sciences humaines les mêmes critères d’évaluation, i.e. privilégiant le quantitatif au qualitatif. Comme si on pouvait mesurer par échelles le degré de souffrance ou de bien-être, d’autonomie psychique ou d’engluement dans la répétition, de masochisme ou de liberté à penser, de rigidité ou de souplesse des défenses. La quantification obsessionnelle non seulement n’a aucune utilité, mais surtout elle n’a aucun sens en ce domaine.
    Faisons un sort au « concept même de guérison » : vous faites allusion à la phrase de Lacan que pour ma part je récuse, comme la plupart des lacaneries. La psychanalyse est une thérapeutique. On ne commence pas un travail psychanalytique par simple curiosité ou par désœuvrement bourgeois comme le prétendent les tenants des poncifs les plus éculés, mais parce qu’on est au bout du rouleau et qu’il ne reste plus d’autre espoir.
    Vos questions seraient légitimes si la psychanalyse n’était qu’un système de théories : cela vous permettrait de dire que nous sommes dans le domaine de la croyance. Malheureusement pour vous, grâce à cette pratique, des millions de gens sont sortis de leur souffrance, i.e. guéris, des milliers d’analystes ont éprouvé, d’abord pour eux-mêmes et ensuite pour leurs patients, l’ineffable plaisir de quitter masochisme, répétitions mortifères et défenses rigides.
    Ce sont les preuves que vous invalidez tout en les réclamant. Prenez garde : ça témoigne d’un clivage et ça nuit à l’unité du moi. Un bon travail analytique devrait pouvoir vous en débarrasser. N’hésitez pas à me demander des adresses.

  31. Yaakov Rotil

    QuadPater,

    Je vous avais mis ce commentaire, cependant: Yaakov Rotil 21 avril 2012 à 6:59.

  32. Souris donc

    Outre les lacaneries, il y a l’incompréhensible proximité de la psychanalyse avec le marxisme, résidu post-soixante-huitard « psy et po » ? Mondanités de provocation, minauderies à la Gérard Miller, le dernier, rafraichissante candeur, à s’imaginer effrayer le bourgeois ?

  33. kravi

    Souris, je réponds à votre 10:58
    votre description est tout à fait juste. Cette improbable proximité s’explique à la fois par l’air du temps, cette révolte d’enfants gâtés en retard d’une guerre [cf. « nous sommes les nouveaux résistants ! » slogan de la Gauche prolétarienne maoïste] et le parfum délicieux de subversion dégagé par le lacanisme et ses zélotes atteints de psittacisme. Lacan, expulsé de la Société Psychanalytique de Paris en raison de ses pratiques perverses est passé pour une victime et s’est plu à « tirer sur le quartier général », ce qui a beaucoup plu aux révolutionnaires en peau de lapin.
    Il y aurait beaucoup à dire sur les ravages qu’ont exercés les lacaniens sur la psychanalyse en raison de comportements et d’absence de formation véritable. C’est cette dernière qui a fait leur succès : l’incroyable facilité avec laquelle on pouvait se prétendre psychanalyste sans formation aucune a mis « sur le marché » une foultitude de zozos infatués et souvent dangereux. Miller en est la caricature médiatique.
    Je peux comprendre que, agacé par ces boursouflures et ces postures post-adolescentes, on regarde ces comportements — qui n’ont plus grand-chose de psychanalytiques — avec suspicion, voire répugnance. Encore faudrait-il ne pas tout mélanger ni jeter le bébé avec l’eau sale du bain.

  34. QuadPater

    Bonjour Yaakov !

    Le fait de ne pas comprendre, connaître, ou adhérer à la psychanalyse doit-il vous amener à la nier purement et simplement ?

    Ce que je nie est la relation de cause à effet entre d’un côté de fumeuses théories impossibles à prouver mettant en jeux des entités arbitraires, des « pulsions », etc… interagissant selon des règles floues où tout est dans tout et réciproquement, et, de l’autre, la disparition d’un symptôme.

    On connaît depuis des millénaires le pouvoir du verbe : il est le simple reflet du pouvoir immense du cortex humain sur l’organisme. On appelle cela l’effet placebo, mécanisme admirable et injustement méprisé. Un vieil ami a fait cessé du jour au lendemain l’énurésie (pipi au lit) tardive de sa fille en lui imposant les mains de manière solennelle tout en marmonnant une litanie incompréhensible. Un somnifère rouge est moins efficace qu’un bleu. Il est parfois possible de guérir les verrues d’un enfant en les lui achetant. Mon acné juvénile a disparu après que j’aie absorbé pendant quelques temps des pilules homéopathiques, qui, dois-je le rappeler, ne contiennent rien d’autre que du saccharose. Les rebouteux, chamanes et autres guérisseurs ont de tous temps obtenu des résultats.

    Une guérison n’est jamais la preuve de la véracité des hypothèses du thérapeute. Il faut en outre que le thérapeute démontre que ses résultats vont au-delà de l’effet placebo.

  35. plantigrade69

    Personnellement j’incriminerais plus le syndrôme de Stockolm que tout autre considération. Le facteur « trouille » explique à mon avis beaucoup de choses.

  36. QuadPater

    Moi je vote pour l’hypothèse sourisique de la transe collective. Souvenez-vous du vrai bon gros chagrin public des fans de McCartney lorsqu’il s’est marié. Ce n’est d’ailleurs peut-être pas incompatible avec un Stockholm. En tout cas on ne voit ça qu’en groupe.

  37. QuadPater

    Comme si on pouvait mesurer par échelles le degré de souffrance ou de bien-être, d’autonomie psychique ou d’engluement dans la répétition, de masochisme ou de liberté à penser, de rigidité ou de souplesse des défenses.

    Mettons de côté les psychotiques. Bien sûr qu’on peut évaluer l’intensité de sa propre souffrance, et décrire son évolution dans le temps. Il ne s’agit pas de savoir si hier j’estimais mon besoin de me laver les mains au niveau 13,8 contre 23,1 la semaine dernière (quoique les comportementalistes vont loin dans cette direction). Non, juste savoir si j’ai moins d’idées noires, si j’ai pu sortir de chez moi, bref si je vais mieux ou moins bien. J’imagine donc qu’un analysant est tout aussi capable de répondre oui ou non aux bêtes questions « ça vous fait du bien ? » « vous estimez-vous guéri ? ».

    La quantification obsessionnelle non seulement n’a aucune utilité, mais surtout elle n’a aucun sens en ce domaine.

    Quoi, « obsessionnelle » ?? Dites, vous n’êtes pas au boulot, là ! 🙂

  38. kravi

    Pas de temps à perdre : je tire l’échelle et vous laisse à vos certitudes.

  39. QuadPater

    kravi

    Sujet tabou ? dommage.

    Sachez quand même que les gens de mon âge qui n’ont pas pu acquérir dans leur vie un minimum de certitudes, vous les retrouvez sur votre divan.

  40. QuadPater

    Pourquoi les totalitarismes interdisent-ils la psychanalyse ?

    Peut-être que les Ubu, haïssant les juifs, redoutent aussi leurs inventions ?

  41. kravi

    Quad,
    il n’est pas de sujet tabou. En l’occurrence, il y a impossibilité de faire comprendre des concepts et des notions extrêmement complexes.
    La métapsychologie, comme son nom l’indique, est méta, c’est à dire à côté ou au-delà. C’est une construction de l’esprit qui tente de rendre théoriquement compte des phénomènes psychiques observables par la psychologie. Ce point est essentiel, tant les glissements de sens font courir des risques à la pertinence de la pensée et de la recherche. La pensée, les rêves, les fantasmes conscients, les trous de mémoire, les lapsus, les actes manqués, les symptômes, etc. sont des éléments observables de la vie psychique, ils ne font pas partie de la métapsychologie. L’inconscient, le moi, le ça, le surmoi, la libido, personne ne les a jamais vus. Ce sont des inventions de Freud, reprises par ses successeurs qui les agencent de diverses manières ainsi que bien d’autre concepts. Gardons à l’esprit la distinction claire et nette entre la métapsychologie, d’une part, et la psychologie ainsi que la psychopathologie d’autre part. Les symptômes relèvent de cette dernière, les hypothèses qui s’y rapportent sont le plus souvent de l’ordre de la métapsychologie.
    Comme la plupart des gens qui prétendent invalider les théories psychanalytiques sans rien connaître du fonctionnement psychique, vous mélangez tout ; ce qui vous amène à confondre ce que vous imaginez vaguement comprendre de la théorie avec des observations frappées au coin du « bon sens » le plus simpliste.

  42. QuadPater

    dénigrer sans en rien savoir

    il y a impossibilité de faire comprendre des concepts et des notions extrêmement complexes.

    sans rien connaître du fonctionnement psychique

    alon, kravi… j’est alée à lécol, vou pouvé esséillé du mespliquez.

  43. QuadPater

    kravi,

    « métapsychologie », si vous voulez. Plus simplement il y a la théorie et la mise en pratique.

    Une théorie scientifique est critiquable, réfutable, amendable, évolutive. La psychanalyse ne l’est pas car toute critique externe est analysée, prévue et expliquée dans les termes de la théorie elle-même. On n’est donc plus en face d’une théorie mais d’un dogme. Quand je dis que Dieu n’existe pas à un catho, il me répond que je n’ai pas été touché par Sa Lumière. Vos freuderies, c’est pareil. Je vous fais remarquer incidemment que l’impossibilité d’une critique externe interdit de fait l’évolution du dogme.

    Dogme + Écrits Originels Sacrés et Indiscutables + initiés péremptoires affirmant que le pékin ne peut rien comprendre = ??? À votre avis ?

    Mise en pratique : je me réjouis sincèrement de vos résultats. Vous contribuez à la diminution de la souffrance humaine et je vous rends hommage pour cela. Je voudrais cependant vous alerter sur le didactisme outrancier de certains de vos confrères, dont les clients se retrouvent, au bout de longues années de macération sur le divan, pas plus avancés qu’au départ dans la vie quotidienne, mais capables de réciter par cœur des sourates entières de Freud. Ces soi-disant thérapeuthes ne font pas leur boulot.

  44. Yaakov Rotil

    QuadPater, si je peux me permettre, je ne vous trouve pas d’une parfaite bonne foi avec Kravi.

    Déjà, votre tendance à assimiler la psychanalyse à un dogme voire une secte, et ensuite la critique de « certains de ses confrères » que vous lui adressez. Je crois avoir compris qu’il vous avait répondu sur ce point par sa critique des lacaniens ?

    Enfin, je puis vous dire une chose: dans mon cas, non, ce n’était pas un effet placebo…

    Bonne soirée, n’oubliez pas d’ouvrir une bouteille de Golan à la santé d’Israël qui fête ses 64 ans !

  45. QuadPater

    Yaakov je peux être méchant, confus, moqueur, tout ce que vous voulez, mais jamais de mauvaise foi. Il y a des similitudes avec des pratiques religieuses, pour autant je n’ai pas évoqué d’aspect sectaire.
    « certains de ses confrères » : je ne peux préciser davantage. Je rendais compte de l’expérience d’analysants que j’ai connus. Je ne peux pas donner un nom générique à leurs analystes dont je ne connais pas les écoles.

    Quel que soit le mécanisme d’une guérison, elle est la bienvenue. Placebo a une coloration tromperie, foutage de gueule voire trahison qu’il ne mérite absolument pas. Qu’est-ce qui est important ? d’aller mieux ! 🙂

    Bonne soirée également et bon annif !

    Pour paraphraser les Beatles
    Hey Jews !
    will you still need me ?
    will you still feed me ?
    … when I’m sixty-four !

  46. Yaakov Rotil

    Mais on peut aussi être sincère tout en étant de mauvaise foi…

    La sincérité étant le fait qu’on croit ce qu’on dit, la mauvaise foi étant une inadéquation dans le raisonnement – incluant ses présupposés.

    En ce sens, je crois / pense que vous êtes de mauvaise foi, tout en étant sincère.

    Dailleurs, quelqu’un qui aime Still, Nash & Young au lieu et place de Beethoven, Schubert et Schumann, oh ! Làlà ! (Je plaisante, of course…)

  47. QuadPater

    Étant plus jeune que vous, je n’ai jamais vu sur scène vos artistes préférés. 😉

  48. kravi

    Quad,
    en prétendant que la théorie psychanalytique n’est ni critiquable ni évolutive, vous vous trompez. Depuis le début de la psychanalyse, les analystes critiquent différentes théories et combattent sur de nombreux points qui font désaccord. Au point que l’on a pu dire que, si entre un psychanalyste et un chiffonnier il y a probablement beaucoup de différences, entre un groupe de chiffonniers et un groupe de psychanalystes il n’y en a aucune.
    Vous prenez l’exemple de la foi qui n’a strictement rien à voir, mais qui vous permet d’insinuer finement que nous sommes les défenseurs d’une secte forcément dogmatique.
    Quant à la critique externe : j’ai quelques vagues lumières en astrophysique, suffisamment pour « croire » les astrophysiciens quand ils me parlent de trous noirs ou d’antimatière. Je ne leur demande pas de me redémontrer chaque notion de leur discipline. Ce que vous appelez freuderies sont des théories qui ont été élaborées à partir de la pratique, ce qui exclut le dogmatique , puis discutées par des praticiens dont je n’ai pas peur de dire qu’ils comptent parmi les cerveaux les mieux outillés de ces temps.
    Enfin, inutile de m’alerter sur les dérives : comme vous avez lu mes commentaires, vous ne pouvez ignorer que je suis le premier à les dénoncer : les pratiques perverses, l’absence de formation de certains psys autoproclamés, l’abus de la psychanalyse hors de son champ ou à toutes les sauces, la surmédiatisation de pseudo-thérapeutes aussi ignares, cuistres et infatués que surmédiatisés, le terrorisme intellectuel et la psychanalyse de comptoir. Tous ces abus existent et j’ai toujours défendu l’idée qu’il était de notre devoir de les dénoncer en faisant le ménage chez nous. Malheureusement, les autoproclamés s’y sont toujours opposés, qui ont tout à y perdre.
    Depuis son début, la psychanalyse a inspiré de nombreux ennemis. Outre les régimes totalitaires évoqués par souris, comptons les lobbys de labos pharmaceutiques commercialisant les psychotropes — médicaments fort utiles dans certains cas –, les comportementalistes bêtas ou ignorants du fait psychique, et quelques plumitifs en quête d’un coup médiatique juteux.
    Je me garderais bien d’inciter quiconque à entreprendre un travail analytique, car le prosélytisme est antinomique de la démarche volontaire nécessitée par un tel travail. Je ne puis accepter en revanche que l’on discrédite au moyen de poncifs et de préjugés une méthode thérapeutique qui a depuis longtemps fait ses preuves.

  49. Peu de temps apres l’annonce de Pierre Mauroy que tous » les clignotants etaient au vert » on a fini par devaluer trois fois.

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