Avec les libéraux, les peuples ont toujours tort

En effet, qu’il advienne quoi que ce soit et le peuple est toujours perdant dans l’assez formidable logique libérale. Qu’un désastre dévaste tout ou qu’un miracle sauve tout et le peuple sera selon les cas crucifié ou ignoré, et c’est ainsi que se met en place la déresponsabilisation collective de la classe dominante.

Voyez donc, le peuple épinglé au mur comme un papillon mort sous les regards méprisants des bonnes gens, en cas de trouble le peuple est toujours présent. Hitler? Le fruit du vote populaire! La corruption des élus grecs? La faute aux électeurs pardi! Ne mentionnons même pas ces innombrables états en déficit pour avoir permis à leur population de « vivre au-dessus de leurs moyens »… Il ne manquerait plus qu’un certain toupet dont seuls sont capables nos chères élites déconnectées de toute réalité pour lui imputer la faute des catastrophes naturelles. Le peuple est en effet le bouc émissaire par excellence: il n’a ni les attributs de la minorité pour plaire aux BCBG, ni la distance d’éloignement pour séduire les cosmopolites, dont Rousseau nous conseillait déjà la méfiance, tel philosophe aimant en effet « les Tartares pour être dispensé d’aimer ses voisins ».

Ah ce peuple, cet éternel enfant! Que ne t’a-t-on pas fait gober depuis tout ce temps!… Un coup tu es trop bête pour te gouverner, un autre on te demande de te la serrer, et les mêmes qui s’offusquent de tes demandes d’égalité t’ordonnent froidement de participer à « l’effort commun ». Les mêmes qui bourdonnent en chœur sur les mérites de l’individu et les bienfaits du privé sont les plus rapides à venir te solliciter, larmoyants et pitoyables, afin de dévorer le miel de ta ruche; 10 cigales vivant sur le dos d’une fourmilière, telle est la fable des bourgeois. Leurs éloges de la responsabilité sonnent comme l’écho désagréable de leur irresponsabilité: quand les uns souffrent pour leurs prétendues turpitudes collectives et ont le péché marqué au fer rouge sur leur chair, les autres n’ont pour seule sanction que le ressentiment personnel de leur propre conscience, c’est-à-dire, en définitive, rien. Il suffit de voir la racaille bancaire implorer les yeux rouges et la peur au ventre l’État qu’elle n’a eu de cesse de corroder et morigéner pour avoir un aperçu de l’infinie perfidie émanant du lucre et du fric. Perfidie lucide car se sachant protégée par un système qu’elle conduit à détruire mais qui refuse de se laisser faire.

Nos métronomes capitalistes ne se limitent néanmoins pas à cela. Non, en effet, le péché originel du peuple ne conduit pas uniquement à sa responsabilité totale et permanente, elle ne mène pas uniquement à la combinaison hétéroclite de la responsabilité du maître avec le pouvoir de l’esclave, pareil traitement serait bien trop juste. Ainsi, écouter les péroraisons de ces personnes est en outre une formidable leçon d’arrogance. Le peuple coupable des folies de ses représentants (voire des représentants de ses représentants) disait-on, mais quid de leurs bonnes actions? Il suffit de tendre l’oreille: l’abolition de la peine de mort, auparavant défendue pour son caractère humaniste, est désormais vantée comme étant le fruit du courage héroïque de dirigeants opposés à une « opinion publique » instinctive et bestiale, en somme susceptible de tomber à tout moment dans les basses fosses des « bas instincts », et qui à l’époque ne pouvait dès lors qu’être opposée à une telle réforme, sondages et experts à l’appui.

La démocratie? Conquête populaire? Certainement pas. Conquête formidable de la bourgeoisie éclairée mon ami! Les morts au front n’auront d’autre honneur que d’avoir servi de bouclier et de bras à la distinguée classe sociale susnommée. Ces gens ont comme un jeu entier de cartes dans leur manche, n’essayez même pas le poker, votre argent fondra plus vite qu’un politicien en campagne: ils sont gagnants à tous les coups! Racisme? Crasse populaire! Antiracisme? PS, Dray et BHL! Totalitarisme? La masse! Liberté? Reagan, Thatcher et Friedman! Il n’y a pas de limites à ce brillant jeu, car il ignore l’Histoire et fait fi du collectif, c’est ce qui le rend si lucratif, si formidable, et donc si à la mode.

Mais ne tentez pas de dire le contraire, vous voici déjà populiste, bateleur attisant les vils instincts du peuple! Ne protestez surtout pas lorsque quelques énergumènes au trou noir cérébral mettent sur un même pied le possédant et le démuni, le détenteur du pouvoir et celui qui le subit, vous voilà repeint en démagogue! Encore heureux que vous n’ayez pas rappelé les conquêtes populaires, ce serait donner la corde pour se faire pendre: les-heures-les-plus-sombres et autres « bêtesimmondes » (à prononcer d’un trait) ne sont-elles pas déjà assez proches de nous, avec leur «cortège de socialisme, de nationalisme et de protectionnisme. » et leurs « financiers juifs » au nez crochu ?

Pour ma part, je préfère encore zigzaguer en évitant ces nazes comme on évite des flaques d’urine, un parapluie à la main droite pour me protéger de leurs crachats de haine et de suffisance, et la citation de Michelet dans mon poing gauche refermé : « Les masses font tout, les prétendus dieux, les géants, les titans (presque toujours des nains), ne trompent sur leur taille qu’en se hissant par fraude aux épaules lisses du bon géant, le Peuple ». À bon entendeur.

64 Commentaires

  1. kravi

    Fi ! Dissolvons la populace.

  2. Doc Chicago

    le peuple c’est toujours lui que l’on évoque quand on veut décrocher ou conserver une petite rente pour SOI-MEME… et les régimes qui disaient écouter et défendre les peuples ont toujours été les premiers à les massacrer… parce que c’est quoi, le peuple ? un peuple, c’est un tout pays, pas seulement des émeutiers gauchistes plus ou moins manipulés ou manipulateurs. Un libéral pense à l’ensemble de la population, il refuse de dresser une partie de la population contre une autre aux noms de discours mêlant générosité lyrique et paranoïa haineuse, lesquels recouvrent les égoïsmes les plus féroces et le genre de convoitise que l’on retrouve généralement chez les bandits de grands chemins et les pillards. Car telle est la réalité du socialisme en général et du marxisme en particulier: la jalousie des médiocres et l’appât du gain facile. On a eu un siècle pour voir ce qui se devinait déjà dès Saint-Simon et Blanc, et a pris la tournure cauchemardesque que l’on sait avec Marx. Le gauchiste se caractérise généralement par un défaut complet d’empathie, même s’il compense par des démonstrations hystériques. Il parle du Peuple, mais rarement des individus, des êtres humains tels quels. Un libéral pense au peuple dans sa totalité, il pense au destin de chaque être humain, et il souhaite que le destin de chacun s’améliore. Une société c’est tout le monde, et quelques soient les intentions affichées, spolier un individu, limiter sa liberté et le dépouiller de sa responsabilité au nom de conceptions paranoïaques et d’une défiance à l’égard de l’humanité, c’est non seulement immoral, mais ça abouti à une société déprimante constamment à la limite de la survie où règne la suspicion et où chacun déteste son voisin, dans une ambiance de décrépitude aussi bien matérielle que morale. Le Peuple tel que le conçoivent les gauchistes n’est qu’une bande de pillards. Serait-il possible de plaquer sur quelqu’un d’autre que les libéraux, pour une fois, SA PROPRE VISION de la société ? Ca ferait des vacances. Le fanatisme anti-libéral qui consiste à accuser les libéraux de ses propres félonies, il y en a vraiment marre.

  3. Galaad Wilgos

    J’attends les réactions antidoxiennes comme on attend une grosse vague sur la plage.

  4. Galaad Wilgos

    Ce n’est pas spolier les individus de leur liberté que de vouloir une liberté plus répandue, votre liberté est celle de la minorité sur la majorité, la liberté d’exploiter et d’être oisif. Par ailleurs, n’est-ce pas pour votre idole thatcher que « la société n’existe pas »? Pour les libéraux de votre école, le peuple n’existe même pas – il n’y a que des individus. Donc je ne comprends pas votre remarque.

    « Car telle est la réalité du socialisme en général et du marxisme en particulier: la jalousie des médiocres et l’appât du gain facile. »
    Tant de médiocres et de jaloux en effet, Magritte, Jaurès, Marx, Orwell, Camus, tant de médiocres et d’idiots. Tant de pauvres avides d’argent et de célébrité. Le peuple est une cohorte de losers revanchards. C’est exactement ça que mon article visait.

  5. Doc Chicago

    tu sais ce que j’en fais de ton brave Michelet, au fait ??? je suis un individu, un être humain, pas une gorge vociférant dans une foule, pas un bras levé dans une masse, je ne suis pas un robot au service de manipulateurs qui rêvent du grand soir pour satisfaire leurs appétits égoïstes aux frais des autres y compris de ceux qui les ont suivis.

  6. Doc Chicago

    je suppose que c’est une plage nudiste

  7. Yaakov Rotil

    Moi, j’ai pris cet article comme une galéjade, c’est du second degré, je crois… Ou bien du troisième ?

  8. Doc Chicago

    vu que c’est Galaad je n’en suis pas si sûr. Mais c’est clair que ça ressemble beaucoup à du troisième degré.

  9. Galaad Wilgos

    Un peu des deux on va dire ! Mais je ne suis on ne peut plus sérieux sur la rhétorique libérale du peuple fautif en permanence. Exercice de style autant qu’article polémique. A vous d’y voir ce que vous voulez.

  10. Galaad Wilgos

    LOL!

  11. Doc Chicago

    ha bon, je suis libéral et je ne tiens pas ce discours, et les libéraux que je connais et que je lis non plus. Par contre on dénonce le clientélisme, la bureaucratie et le capitalisme de copinage. Peut-être défendez-vous le clientélisme, qui consiste pour des politiciens irresponsables à acheter les voix en offrant des rentes comme des postes de fonctionnaires, ou des services prétendument « gratuits », aux frais des générations futures par le biais de la dette ? Sans compter l’imposition punitive de la minorité considérée comme riche, autre conséquence du clientélisme, et qui finit par appauvrir tout le monde y compris l’Etat dans ses recettes. On ne voue pas un culte au peuple pas plus qu’on ne l’accable, mais à vrai dire on considère une société dans son ensemble plutôt que de projeter nos fantasmes sur telle ou telle partie.

  12. Galaad Wilgos

    Mais, « there is no society » pourtant n’est-ce pas? Comment considérer ce qui n’existe pas?

    Par ailleurs, vous avez raison, je suis pour le clientélisme, la bureaucratie, le capitalisme de copinage, d’ailleurs je suis à la fois anticapitaliste et pro-capitaliste de copinage, et puis j’adore la bureaucratie tout en critiquant la bureaucratie libérale et marxiste. J’aime tout et son contraire.

  13. grandgil

    A Galaad, le paradoxe de ce genre d’articles, et j’en ai commis également, c’est qu’ils sont écrits sur un média qui est le parangon du libéralisme et du système, à savoir Internet.
    Sinon, on se rejoint sur la conception finalement bourgeoise de la démocratie, alibi d’une classe pour se maintenir au pouvoir, depuis 1789.

  14. Souris donc

    Merci, Doc, bien vu ! et pan dans la gueule !

  15. Galaad Wilgos

    Faut bien faire des compromis cher grandgil, je suis bien obligé d’aller faire mes courses au supermarché et non au petit agriculteur du coin qui n’existe pas. D’ailleurs je ne sais pas si internet est vraiment le parangon du système, puisque le système n’est pas encore arrivé au degré de sauvagerie sans limites et sans interdits d’internet, mais il est clair que contrairement à bon nombre de mes camarades je me méfie d’un domaine où la loi de la jungle et le fantasme d’illimitation propre au libéralisme le plus débridé règnent en maîtres – au risque de paraître « réac ».

  16. Yaakov Rotil

    Galaad, vous parlez de « peuple fautif en permanence ». Votre exercice de style ne vise-t-il pas plutôt à l’exempter de toute responsabilité ?

  17. Marie

    @Yaakov a raison. de plus plus Rousseau comme exemple ça m’a toujours chauffé les oreilles! Ce monsieur qui a abandonné ses enfants exemeplaire? Michelet qui a raconté la révolution a sa façon?

  18. Doc Chicago

    vous ne savez surtout pas où vous en êtes.

  19. Doc Chicago

    ha ouais, c’est le système maintenant. Non mais c’est pas fini les thèses paranoïaques et les abstractions fumeuses ?

  20. Doc Chicago

    Yaakov: je crois qu’il y a de ça. Et de la sienne, donc.

  21. Galaad Wilgos

    Non?

  22. Galaad Wilgos

    Non pas vraiment.

  23. Galaad Wilgos

    Voilà une vision bien moraliste et moralisante des oeuvres de l’humanité. Quant à Michelet, il a raconté brillamment la révolution.

  24. Yaakov Rotil

    Ben si, quand même un peu… Dès lors que vous gueulez – comme sur votre avatar – pour nous expliquer qu’il est injuste de dire que le peuple a toujours tort, que vous nous citez en plus de beaux exemples, il me semble que vous exemptez le peuple de toute responsabilité.

    Prenons donc vos exemples, en allant jusqu’au bout: le peuple n’est pour rien dans l’élection d’hitler, comme il n’était pour rien dans les massacres de la révolution française, comme il n’était pour rien dans la prise du pouvoir de Lénine, etc… Ce n’est d’ailleurs pas le peuple qui a élu Hollande, et il ne sera nullement responsable des catastrophes qu’il va subir et qui vont résulter de cette élection…

    C’est cela que vous voulez dire ?

  25. Marie

    Michelet a raconté brillamment la révolution? si il vous plait d’y croire….
    « Ses recherches dans les sources manuscrites et imprimées étaient des plus laborieuses, mais son imagination vivace, et ses forts préjugés politiques et religieux, lui faisaient voir tout d’un point de vue trop
    personnel. On constate une inégalité de traitement des évènements historiques  »
    « Michelet ne cherche pas à faire une histoire objective, qui considère froidement
    son objet. Il s’efforce plutôt de susciter chez son lecteur une émotion équivalente à
    celle des contemporains de l’événement. Pour cela, il joue habilement de relais de
    subjectivité.
    Il rapporte l’événement à travers le regard de spectateurs, attestés ou supposés.
    Cela lui permet de créer un point de vue subjectif, d’ouvrir la voie à l’expression des
    émotions »http://www.univ-paris-diderot.fr/Mediatheque/IMG/pdf/L_Histoire_de_la_Revoluti.pdf
    ce n’est pas ma vision d’un historien !

  26. Galaad Wilgos

    Je trouve cela formidable pour ma part, je lis Michelet non pas pour sa scientificité mais pour son agréable style et son rapport affectif et subjectif au passé. L’histoire n’est pas une science dure, il existe de nombreuses façons de la narrer, et la révolution française fait partie de ces moments de l’histoire qui ont suscité et suscitent toujours d’énormes controverses historiographiques. Michelet a parlé de la révolution en patriote populaire, et c’est formidable, ce qui ne l’a pas empêché de garder la raison historienne et ne pas inventer n’importe quoi. Il a fait un travail d’historien engagé, voilà tout.

  27. Yaakov Rotil

    L’engagement, y’a que ça d’vrai, ma bonne dame. Engagez-vous !

    Tiens, ça me fait pensez à enderlin… Il a fait un travail de journaliste engagé, avec l’affaire al-dura… Voilà tout.

  28. Galaad Wilgos

    Ce que je veux dire c’est que le peuple n’étant pas maître de son destin dans le présent système démocratique bourgeois, il ne peut être tenu pour responsable des agissements de la classe dominante. L’esclave par exemple n’était pas tenu pour responsable de ses actes mais bien son maître. Cela ne veut pas dire que je légitime les massacres populaires ou les élections hitlériennes, ou que je nie l’erreur flagrante du peuple ayant mis au pouvoir un dictateur – le peuple a déjà été de nombreuses fois trompé – mais je ne supporte pas cette façon de mettre sur un même pied celui qui détient le pouvoir et celui qui ne détient pas. J’entends ici et là les bonnes gens mettre la faute des actes commis par les représentants sur le dos des représentés, parce qu’ils auraient « élu ceux qui font ceci ou cela », et je trouve cela absurde. C’est aussi par idéal : je suis pour que le peuple soit responsable, ait plus de responsabilités, c’est bien pour cela que je suis socialiste, que je suis pour que la démocratie soit aussi en entreprises, et que la démocratie politique soit véritablement démocratique. Contre la prétendue maîtrise et expertise des « sachants », je plaide pour le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, qui s’éduquerait ainsi par l’exercice de la démocratie.

  29. Galaad Wilgos

    Les antidoxards sont bien fatigués aujourd’hui, je m’attendais à plus de réactions outrés de votre part :(.

  30. desavy

    Yaakov, ne voyez dans ma remarque qu’un amusement mais avoir casé Enderlin ici c’est très fort.

  31. desavy

    Vous savez Galaad, nous ne sommes pas là non plus pour répondre sur commande.

  32. Galaad Wilgos

    L’offre n’est-elle pas censée suivre la demande ?

  33. Galaad Wilgos

    En effet cela mérite quelques applaudissements.

  34. aventin

    @Galaad,

    Rousseau, Platon, Lucien de Samosate, Vico, Mauss, Freund, Strauss, Evagre Le Pontique… d’accord, mais ça s’rait pas un peu court niveau références face à Ayn Rand ?

  35. Le peuple n’a pas le pouvoir, il le délègue, en théorie du moins. Les politiques prennent souvent des décisions qui ne vont pas dans l’intérêt du peuple, qu’ils soient de droite ou de gauche.
    Certains opposent ici le libéralisme et le socialisme.
    Je me contente de citer un exemple : Juppé a été condamné par la justice. Sitôt sa période d’inéligibilité terminée, les Bordelais l’ont élu comme premier magistrat de la ville ! Et en parfaite connaissance de cause. Dans ce cas, oui, le peuple est responsable de sa décision. Et qu’on ne me dise pas : « où est le problème ? la peine est purgée ». En ce qui me concerne, je n’aurais jamais voté pour un repris de justice.
    Ou alors, faut-il trouver des circonstances atténuantes ? « C’est le meilleurs d’entre nous » !

  36. aventin

    @Galaad,

    Non de Dieu, mais vous êtes vraiment de gauche alors… vous verrez, du coup, vous finirez forcément par voter Marine !

  37. aventin

    A mon Patou

    « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. » (Martine à la plage – Art. 3)

    Appartient ?

    Cf. L’article 544 du Code civil !

  38. Yaakov Rotil

    Rien de vraiment fort, en fait. J’ai pensé immédiatement à cet exemple, je voulais simplement illustrer le fait que l’argument « historien (ou autre chose) engagé » ne justifie rien, qu’un engagement n’autorise pas à tout et n’importe quoi… Mais si ça vous a fait sourire, why not ?

    Je ne sais pas si vous avez lu mon histoire à ce sujet, je l’ai souvent racontée, mais j’ai subi personnellement et dramatiquement la suite du reportage d’enderlin, ce qui explique que j’y ai immédiatement pensé.

    Bonne soirée.

  39. Galaad Wilgos

    Ouch!

  40. Galaad Wilgos

    Ce jours-là la corde sera à portée de main pour me pendre !

  41. Galaad Wilgos

    Ces poids légers ne font en effet pas le poids face à toute l’intelligence et la sagesse du grand président Ronald Reagan, philosophe méritant de son état, ayant prodigieusement élevé le niveau d’instruction de sa patrie. Nous les socialistes ne sommes que des machines propulsées par l’envie et la cupidité. Comment ne pas envier en effet les bunga bunga de Berlusconi ou les soirées au Fouquet’s de Sarkozy?

  42. Galaad Wilgos

    Michelet n’a pas menti il a simplement usé d’une historiographie personnelle, ses ouvrages ne sont pas des fraudes intellectuelles.

  43. aventin

    Précisez donc en évoquant ces principes contraires aux vôtres et précisément énoncés – références à l’appui – par Marine.

    « Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant été une évidence »

  44. aventin

    Galaad, ce que vous appelez ‘la gauche » n’est pas la gauche, on vous trompe et l’on trompe votre sincérité.
    20h01  » j’appelle à voter Hollande sans conditions… »

    Accablant !

  45. desavy

    Non, je ne l’ai pas lu mais je le ferai. Je partage votre vision (je ne sais pas si c’est le bon terme). A vous aussi.

  46. desavy

    Galaad :

    « L’offre n’est-elle pas censée suivre la demande ? »

    Pour les keynésiens oui, mais pas pour les libéraux.

  47. Doc Chicago

    « Comment ne pas envier en effet les bunga bunga de Berlusconi ou les soirées au Fouquet’s de Sarkozy »

    ou les jets de Hollande, ou son repas au Laurent, plus cher que le Fouquet’s….

    quant à Ronald Reagan et Margaret Thatcher, ils avaient une solide culture économique et politique que l’on peine à retrouver à gauche……….

  48. Doc Chicago

    Reagan et Thatcher avaient une solide culture économique et politique.

    Quant au peuple de gauche, ce qui me frappe, c’est sa capacité à élire des gros bourgeois méprisants en croyant à la révolution. Sarkozy était un parvenu, il allait au Fouquet’s. Hollande va au Laurent, bien plus cher et classe, il voyage en jet, avec des jets d’accompagnement pour sa suite, et il fraude copieusement sur sa fortune immobilière. En plus d’être un technocrate qui se vantait de ne rien foutre du temps où il allait à la cour des comptes passer des coups de fil et que tout le monde méprisait pour son incompétence crasse (en sachant que dans la république française, il faut vraiment être nul pour être considéré comme peu fiable). Ca c’est un vrai leader populaire qui va apporter du changement ! Finie la misère ! fini le fascisme ! finie la dictature des marchés ! on est passé de l’obscurité à la lumière ! ben tiens

  49. aventin

    @Doc,

    Culture économique = oxymoron

    La culture, au final, et si l’on veut bien y réfléchir un peu, est ce qui réveille ou révèle l’esprit et la conscience, alors la culture économique… Quand Aristote vous parle d’économie il vous parle de morale ; quand des zozos tracent à Chicago des courbes dans tous les sens avec un air d’individu considérable, c’est un solo de fifre qui n’aura jamais rien à voir avec la culture.

    Oh certes, on finit toujours par extraire une morale d’un positionnement politique, mais il loin d’être acquis que le positionnement considéré vous élève l’âme.

    Tenez, par exemple, au motif que l’enfer est pavés de bonne intention on a connu certaines bonnes âme, un peu simple – et je suis aimable – qui considèrent par un raisonnement a contrario particulièrement subtil que le paradis terrestre est inévitablement pavé du plus pur égoïste – cf l’inénarrable Mandeville.

    Il semble se confirmer que Ronald est là encore le nom d’un clown vendeur de burger, non ?

    Le libéralisme est une monstruosité qui fait se lever les peuples d’Europe et bientôt la jeunesse du monde.

    A quoi sert la « culture » économique ? A rien !

    Philo, lettres, histoire, littérature, droit, sciences véritables… on ne s’élève pas l’âme en étudiant des courbes de rentabilité interne…

  50. aventin

    …pavé… bonnes intentions…

  51. Marie

    Hollande vu de Suède
    « Traduit du Svenska Dagbladet de vendredi un des journaux les plus lus et sérieux en Suède!
    http://www.svd.se/naringsliv/nyheter/varlden/vanlige-hollande-visade-sig-vara-rik_7192489.svd

    Hollande riche de 10 millions

    François Hollande a essayé de se positionner comme un «gars ordinaire» par rapport à son extravagant prédécesseur Nicolas Sarkozy. Mais maintenant, il s’avère qu’il a une fortune de plus de 10 millions d’euros.
    Sarkozy a été raillé pour ses habitudes coûteuses, et qu’ il est ami avec l’ élite économique. Il a donc obtenu le surnom de « Président Bling Bling. »

    François Hollande a un profil plus bas-, et s’est appelé lui-même «Monsieur normale. » Mais sa déclaration qui a été rendu public ce vendredi révèle que c ‘est un homme riche qui devient maintenant le prochain président de la France.

    Peut-être bloqué sur cette image de Hollande comme appartenant à la « Gauche Caviar » – « foie gras à gauche» – les gens riches avec des valeurs de gauche.

    Au total, les actifs d’une valeur de 1,2 million de Hollande d’euros, soit près de 11 millions de couronnes suédoises. La majeure partie d’une villa de 130 mètres carrés dans le village chic de Mougins sur la Côte d’Azur française.

    Autres éléments d’actif sont 8200 euros dans divers comptes bancaires et 15 000 dans le mobilier ainsi que la participation dans deux appartements à Cannes.

    Sarkozy a par comparaison, une fortune de 2,7 millions de dollars, selon Reuters

    Un sauveur????

  52. grandgil

    Exact, il faut bien quelques compromis, internet correspond à la marchandisation de la pensée et des échanges. Et à leur virtualisation un peu plus affirmée chaque jour.

  53. plantigrade69

    De quel peuple parlez-vous?
    Les libéraux ne font pas partie du peuple?

  54. Marie

    ben non cher plantigrade!

  55. Guenièvre

    Oui, c’est bien la question que je me pose . Je ne sais pas si je suis « libérale » mais cette division de l’humanité en deux groupe, en deux « classes » , le peuple ( dominé ) et la bourgeoisie (dominante ) m’a toujours semblé non seulement simpliste ( les notions d’exploitation et d’aliénation par exemple même si elles sont parfois avérées sont toutefois bien impuissantes pour décrire l’infinie complexité du jeu social ) mais encore dangereuse.

  56. Souris donc

    Moi pareil, Guenièvre, simpliste et simplette.

  57. grandgil

    Ce n’est pas si simpliste, la bourgeoisie était le milieu social en pointe au XVIIIème siècle, qui a pris le pouvoir en 1789 sur la base d’un malentendu (la fin des privilèges) et qui l’a toujours depuis.C’est une simple réalité.

  58. Guenièvre

    Je ne conteste pas que cette division ait pu, à un certain moment de l’histoire des pays industrialisés, constituer une analyse de l’état des sociétés pour des théoriciens toujours en mal d’unification . Analyse un peu rapide tout de même : quid des petits paysans qui constituaient une part encore très importante de la population ? Ils faisaient partie du peuple mais n’étaient « exploités « ou « dominés » par personne. En tant que fille de l’un d’eux , dans les milieux gauchistes des années 60, j’étais un peu « suspecte » . Pas vraiment prolo, possédant un « capital » je n’entrais dans aucune des cases! . Analyse réductrice parce que vue uniquement sur le plan économique et politique et impuissante à exprimer les minuscules situations de tous les jours qui constituent la part essentielle de la trame sociale .
    Ce que je conteste c’est l’utilisation idéologique de cette division en classes , le fait d’avoir instauré leur lutte comme moteur de l’histoire, d’avoir décrété que l’une de ces classes ( la bourgeoisie) était condamnée par l’histoire donc « sacrifiable » : sa destruction ne pouvait être empêchée ni regrettée , c’était le prix que l’humanité devait payer pour « le progrès » de ‘humanité. On a ainsi donné une liberté aux pulsions meurtrières en les habillant de nécessité et de scientificité. On a vu le résultat !

  59. Yaakov Rotil

    Mais ça veut dire quoi, « le peuple » ?
    Il y a des peuples, et aucun peuple n’est une collection d’individus…

    Chaque peuple a ses structures, ses codes, son histoire, sa culture.

  60. plantigrade69

    Très juste Guenièvre.
    J’ajoute qu’on a tôt fait de mettre dans la classe bourgeoise, qui n’est rien d’autre que la classe moyenne surétranglée et sans qui la société va à la ruine et à la dictature, simplement des familles possédant des entreprises.
    Mais on oublie les juges, les préfets, les généraux, les maires, etc, sans qui la société deviendrait une coquille vide ou un terrain de jeu pour les plus forts!

  61. QuadPater

    Galaad, êtes-vous de ceux qui estiment que déléguer, c’est se déresponsabiliser ?

  62. Souris donc

    Guenièvre, vous avez raison de rappeler les ravages immenses que ces théoriciens marxistes et maoistes ont provoqué en désignant une catégorie sociale, et en en faisant les boucs émissaires de tous les problèmes économiques, sociaux et politiques. Cette désignation avec sa scientificité simpliste, mais efficace pour manipuler l’opinion et créer une cohésion sociale autour d’un culte de la personnalité, a été à l’origine de déplacements punitifs de population (Pol Pot, Mao spoliant les bourgeois, envoyant les intellectuels à la campagne), de rééducations sous la torture, de hordes terrorisant les paysans et les contraignant à une adhésion forcée (Sentier Lumineux, FARC), d’accaparement des richesses du pays (pseudo-nationalisations opérées par les autocrates africains dont les populations plongent dans une misère toujours grandissante), psychiatrisation des opposants et dissidents isolés et maltraités dans des camps et goulags, totalitarisme enrôlant la jeunesse et l’amenant à dénoncer ses parents, réécrivant l’histoire, accaparant tous les pouvoirs et médias, installant une bureaucratie et une nomenclature à sa dévotion.
    Le XXe siècle a été le siècle de deux utopies meurtrières dont on est toujours étonné de constater que l’une continue de trouver grâce aux yeux de nos intellectuels et politiques de gauche. Qui ont l’air de trouver que la théorie est bonne, mais que, simplement, elle a été mal appliquée. Les ravages meurtriers, les millions de morts, seraient quelque chose comme des dégâts collatéraux. Mais la théorie est bonne ! Puisqu’elle prône le partage, l’égalité, la justice…
    Comme dit le Plantigrade, les germes de la dictature sont présents, dès la première ligne de l’écrit théorique.

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