Fratrie

Ils sont une quinzaine de frères et sœurs, tous majeurs, tous éduqués, tous civilisés. Ils s’entendent bien, ils se respectent, ils se disputent parfois mais ils s’aiment bien. Ils vénèrent leurs parents, leurs créateurs. Ils éprouvent aussi une amitié solide pour leurs cousins plus éloignés d’eux, mais les uns et les autres honorent leurs ancêtres communs.

Au sein de la fratrie se trouvent quelques personnalités dont l’envie de plaisir l’emporte sur la raison et la prévoyance. Ils privilégient l’immédiat, la jouissance à court terme, ils se laisseraient volontiers aller jusqu’à dilapider l’héritage, matériel et moral, que leurs parents ont accumulé pour eux. Intelligents, cultivés, mais quelque peu évaporés, ils sont les cigales de la famille.

D’autres, à l’inverse, cultivent le goût du travail, du travail bien fait, réalisé sur investissements qui ne sacrifient pas le bien-être de leurs descendants. Ceux-là aussi aiment le plaisir, ils ne pratiquent ni l’ascèse ni le sacrifice, mais ils limitent leurs agréments à ceux qu’ils peuvent s’offrir.

Or vient un temps où les excès des premiers en arrivent à mettre en cause tout l’héritage de la famille. Non seulement se rendent-ils coupables de menacer leur propre avenir et celui de leurs enfants, mais ils fragilisent la conscience, l’esprit, et la santé financière de la fratrie toute entière. Inutile de dire que les raisonnables fourmis sont tentées de mettre un frein à cette situation. Elles sont prêtes à donner la main à leurs frères et sœurs pour redresser leur situation, elles refusent de compromettre l’ensemble du groupe.

Ainsi voit-on venir une grave coupure, conduisant à la division de la famille en deux sphères, chacune en éloignement de l’autre. L’une continuant de maîtriser son futur, sauvegardant sa richesse, son travail, sa civilisation. L’autre sombrant rapidement vers des renoncements successifs au risque de perdre le contrôle de son destin.

Fort heureusement, deux ou trois générations plus tôt, les précurseurs de la famille avaient été visionnaires. Ils avaient mis en place des institutions destinées à établir des liens forts entre les membres, à gérer leur union, à régler les différents toujours possibles. Ils avaient inventé une sorte de gouvernement familial capable de servir de tutelle si nécessaire, ils avaient organisé un système de représentation de tous les membres au sein d’une assemblée. Ils avaient même, dans leur grande sagesse, créé un établissement bancaire parental pour administrer les fonds de la fratrie et assurer dans le temps la bonne tenue du patrimoine.

Ces dispositions pérennes vont à l’évidence assurer la sortie de cette crise, aboutissement de longues années d’écarts de conduite. Certes, après avoir longtemps dilapidé ses ressources, Yorgos va devoir sacrifier un peu, voire beaucoup, de sa vie dispendieuse. Certes, Wilfried va consacrer une partie de sa bonne santé économique à se porter au secours de Yorgos. Néanmoins le lien familial impose cette remise en ordre.

Remise en ordre rendue possible par l’existence de ce gouvernement familial déjà en place, dont le rôle indispensable apparaît de ce fait en pleine lumière. Rendue possible aussi grâce au poids, à la puissance conférée à Wilfried par sa sagesse des précédentes années. Disposant des moyens de l’aide, ce dernier se trouve amené à copiloter, avec la tutelle familiale, le soutien accordé aux frères et sœurs « cigales ».

Et Louis? Louis avait depuis cinq ans montré une forte volonté de rejoindre le « Cercle de Raison » en adoptant pour la première fois chez lui des mesures de réduction de dépenses. De telles mesures s’étaient heurtées à l’opposition farouche de ses enfants, néanmoins il avait tenu bon. Ainsi, Louis formait pendant ces cinq années avec Wilfried un duo de pilotage qui avait montré une efficacité reconnue. Hélas, ses enfants ont finalement réussi à s’emparer récemment de la volonté de Louis, celui-ci ayant cédé se retrouve maintenant dans les rangs des suiveurs. Seul, avec le concours heureux des autorités gouvernementales de la famille, Wilfried assure maintenant la direction des affaires. Les décisions seront prises, c’est inéluctable, mais elles seront prises sans Louis qui sera, de facto, mis sous tutelle.

Toute cette affaire cependant fait apparaître à l’horizon une lumière brillante. Face aux bouleversements causés par les emprunts déraisonnables des « cigales » pendant trop longtemps, face aux difficultés rencontrées pour corriger ces perturbations à coups de demi-mesures, Wilfried et le gouvernement familial vont être amenés à marquer un grand coup et à établir une union familiale plus resserrée, plus politique.

Nous allons donc assister enfin, mais hélas sans le leadership de Louis, à la naissance d’une véritable Union.

73 Commentaires

  1. Hérissons !

    « Les précurseurs de la famille avaient été visionnaires »

    Les précurseurs n’avaient pas vu l’élargissement de la famille à des pièces rapportées qui se sont fait admettre dans la famille en trichant (Grèce),
    Les précurseurs n’avaient pas vu l’implosion de la famille voisine et l’empressement des héritiers à les héberger à titre définitif (Pays de l’Est),
    Les précurseurs n’avaient pas vu que des dilapideurs allaient construire sur du sable (Espagne, Irlande),
    laisser les mafias s’engraisser à leurs dépens (Italie),
    le secteur public engloutir l’héritage (France),
    Les précurseurs n’avaient pas vu la concurrence chinoise, indienne et brésilienne,
    Les précurseurs n’avaient pas vu le déversement du trop-plein africain menaçant ses modèles sociaux.
    ______________________________________

    Les précurseurs n’ont rien vu venir.

  2. Entrez votre commentaire…

  3. Expat

    de jour en jour je perds de l’espoir pour l’Europe – cependant je pensais que ça allait tenir, mais vu les actions du gouvernement français, j’y crois de moins en moins.
    Voici un article très intéressant – je le conseille vivement, surtout les parallèles entre aujourd’hui et 1932…
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/06/11/20002-20120611ARTFIG00575-hollande-merkel-une-lutte-ideologique-sur-l-europe.php

  4. C’est tout l’objet de l’article, Expat. Ou bien l’Union éclate, ce qui est peu probable. Ou bien elle poursuit sa marche en avant en traînant la France derrière elle. Le « moteur » de l’Europe, qui était depuis l’origine le « couple franco-allemand », devient le « couple Institutions Européennes-Allemagne ».
    La France était une locomotive, elle devient un wagon de queue.

  5. Expat

    Nous sommes d’accord – mais la question est est-ce que Merkel va tenir contre tous ces gens qui sont nuls en économie ??

  6. … »est-ce que Merkel va tenir »…

    Rien n’est sûr, mais on peut penser qu’elle va tenir, pour les raisons suivantes:
    Elle semble très forte.
    Elle est très soutenue dans son désir de sérieux et d’intégration européenne par les parlementaires allemands et l’opinion allemande.
    Les gens de l’Etat-Major de l’Union ne sont pas tous « nuls en économie ». Je crois qu’elle peut compter, par exemple, sur Mario Draghi.

  7. Mais quel est, en fait, l’intérêt de l’union ?

  8. Aventin

    La fin de l’UE signera le renouveau de la liberté des peuples d’Europe et l’indépendance vis-à-vis des Etats-unis d’Amérique. En tant que Français il est clair que la « civilisation » avec laquelle j’ai le moins d’affinités en ce monde, ou de points communs, ce sont les Etats-Unis d’Amérique et son idéologie. Ce « Nouveau Monde » manque justement de civilisation. Il suffit pour cela d’ausculter sa politique étrangère et ses interventions diverses et variées depuis un siècle. Fasse le ciel que le monde soit enfin libéré de la politique des Etats-Unis d’Amérique !

  9. plantigrade69

    Si hollande-Heyraud ne rattrape pas sa première niaiserie révoltante contre Merkel, on est dans la mouise.

    Aventin,
    oui bien sûr, ceux qui nous pourrissent la vie en France et en Europe, ce sont les Américains! Continuez donc à boire la ciguë qu’on vous sert tous les jours et que vous réclamez avec fierté, tout en préférant maudire une éventuelle huile de ricin qui viendrait des USA.

  10. QuadPater

    Aventin permettez-moi de vous rappeler que dès 1965 l’immense Annie Chancel déclarait « Gling gling gling moi j’aime bien le folklore américain ».

    Alors vos postillons putrides anti-USA, hein…

  11. Aventin

    Hollande et Ayrault n’ont aucune existence politique attestée si ce n’est au travers des romances médiatiques et journalistiques délivrées au bon peuple que l’on gave de récits imaginaires. Il ne sont pas la gauche républicaine française, mais la gauche relativiste américaine, c’est-à-dire l’antenne culturelle du libéralisme destructeur qui est au travail depuis 68 dans ce pays. Hollande est un manager public comme l’on en trouve treize à la douzaine dans les sinistres couloirs bruxellois. Pas d’Homme d’Etat en ces lieux. Ces individus ne font pas de politique, ils sont la comédie de la politique comme il y a une comédie de la culture – si bien cultivée à « gauche » depuis 40 ans. Tout cela n’est que mirage. François s’est fait capitaine d’un supertanker en avarie moteur et poursuivant sur son erre sur un fond d’hymne européen ; et la banquise est à 500 mètres quand nous filons à 8 noeuds sans frein et gouvernail. Eh oui l’ami,tout a été transféré aux zozos de la commission européenne, avec concurrence pure et parfaite à tous les étages. En dernier lieu, ne confondez pas le peuple américain avec l’administration américaine et sa politique de pompier pyromane dans le vaste monde. La culture, la géopolitique, du Far West, voilà ce que nous offre l’administration américaine depuis plus d’un siècle…

    Et voilà l’amérique :

    Nous n’avons pas besoin des Etats-Unis d’Amérique, nous voulons la liberté !

    « US Go Home »

  12. Aventin

    Je ne confonds pas le peuple américain avec son administration.

  13. QuadPater

    J’entends bien mais c’est le peuple qui l’a élue, cette administration que vous pourfendez.

  14. Aventin

    Le peuple américain a élu le « complexe militaro-industriel » ?

    ps : lequel est apparemment plus pérenne que les législatures qui se succèdent non ?

  15. Tant d’élucubrations pour en fait dire que les Allemands sont de bons et laborieux travailleurs et les Grecs des paresseux et oisifs tire-au-flanc. Ce sont sûrement les collectivistes qui ont inventé les statistiques qui font des Grecs l’un des peuples européens qui travaille le plus. De même que la chute fulgurante du niveau de vie en Allemagne dans les classes les moins aisées.

    Dites vous aussi vous vous amusez avec votre famille à mettre les uns en concurrence pure et parfaite, libre et non faussée, avec les autres, tout en coupant les vivres de ceux qui ne suivent pas la cadence imposée à la schlague?

    L’Union Européenne, c’est une famille en effet. D’ailleurs elle a un nom: les Thénardier. Avec la troïka qui fait office de parents tyranniques imposant aux peuples libres, ces Causette et Gavroche, les diktats libéraux du marché dérégulé et du libre-échangé mondialisé via les politiciens vendus. Elle traite bien les banques et les riches, comme les Thénardier traitaient bien leurs filles, mais quand il s’agit des peuples, c’est à la trique !

    A quand un Jean Valjean pour nous délivrer de ces bons-à-rien dogmatiques et sans cervelle?

    J’aimerais dire « UE go home! », mais cette monstruosité grotesque n’a ni patrie ni frontières, c’est un Etat sans Etat. Le néant des idées pures du libéralisme me paraît être le seul endroit où la renvoyer. Ou alors Washington.

    L’UE, c’est l’anti-civilisation par essence. C’est la négation de tout ce qui a fait et fait encore l’Europe, ce beau mot, ce bel idéal : les Lumières (l’UE s’entretient avec les églises et les sectes, « partenaires privilégiés », détruit les écoles publiques et introduit l’Entreprise et la Marchandise dans l’enseignement), la démocratie (substitution de la Commission européenne non-élue et ultralibérale aux parlements nationaux ; négation des référendums populaires), la justice sociale (privatisations à la pelle, libéralisation des services publics, destructions des acquis sociaux,…) et la République (introduction du multiculturalisme anglo-saxon, promotion des régionalismes les plus divers).

    Préférons donc à ce salmigondis les propos du républicain Muglioni, publié sur le blog de la républicaine Catherine Kintzler : http://www.mezetulle.net/article-la-grece-et-le-modele-de-la-fourmi-par-j-m-muglioni-85368771.html

    « Certains commentateurs politiques opposent les cigales grecques et les fourmis du Nord. C’est beaucoup d’honneur pour la corruption générale qui a sévi pendant des années en Grèce. C’est assez bien vu pour juger un modèle dont mes amis allemands n’ont eux-mêmes que faire, n’ayant pas la fourmilière pour idéal politique. Quiconque aime la musique, c’est-à-dire, au sens que ce terme avait dans la Grèce antique, la culture de l’esprit, quiconque n’a pas perdu le sens esthétique et la volonté de comprendre, doit préférer le vieil homme qui, assis devant la porte d’un riche, contemple le ciel bleu et attend l’aumône, à l’homme affairé qui accumule plus qu’il ne pourra jamais consommer – et je parle d’un travailleur acharné qui ne prend pas le temps de jouir de ses richesses. »

    Maintenant laissez tranquilles ces pauvres fourmis, elles en ont assez d’être récupérés par les libéraux – avec les abeilles.

  16. Galaad Wilgos

    Celui des banques, du capital transnational, de Mittal et de Bettencourt?

  17. Galaad Wilgos

    Vous? Mais qui, vous? Mario Monti, Mario Draeghi, Papademos, ces parachutés de Goldman Sachs?

    Mais qui diable êtes-vous? Donnez votre nom! La finance a besoin de visages.

  18. Aventin

    @Galaad,

    J’attends le vote grec, espérant un sursaut nous permettant l’ineffable bonheur de voir les européistes hurler à la dictature du peuple par le peuple pour le peuple. Ils finiront bien par nous expliquer que le suffrage universel est populiste par nature, dangereux par essence. Les Banquiers et les économistes appointés nous reparlerons alors des classes dangereuses, celles qui ne votent pas commission européenne et concurrence pure et parfaite… C’est bientôt la grande fête du ridicule européiste ; les déclarations vont être superbes et la machine médiatique va fonctionner à plein régime…

    Rappelez Paco Rabanne, qu’il nous parle de la chute de Mir…

    Oui Messieurs, nous sortons de l’Euro, nous mettons en chantier la Banque de Grèce, au service du peuple, et nous ne remboursons pas les Banquiers.

    Et que feront-ils ? On envoie l’Otan-unis et ses boys, parachutés sur Athènes commandements de payer en main ?

    – Au nom du FMI, je vous arrête !

    La Banque à la diète ; oui, austérité totale sur la Banque !

  19. Aventin

    Comme quoi, on peut même trouver des points d’accord avec les libéraux de UKIP et l’indispensable Nigel Farage !

    Vous dites fratrie, je réponds Patries !

  20. Galaad Wilgos

    Hâte que la Grèce se serve du pied d’Achille pour autre chose que l’exposition permanente de son talon. Ils ont bien compris leur intérêt, et que celui-ci avait autant de chance de se rapprocher de celui de la Banque et de la Finance que deux droites parallèles. Mais ces bons à rien libéraux sont capables d’éjecter le gouvernement issu du suffrage populaire au plaisir de Mme Merkel, M.Obama et Barroso: on voit déjà les ombres de drones de Goldman Sachs au loin se profiler.

    – Reçu cinq sur cinq mon général, les paras de Goldman Sachs sont prêts à être largués anytime.

    D’ailleurs on ne nous explique toujours pas comment une Union EUROPEENNE se coltine les yankees du FMI, responsables des pires crimes partout dans le monde. Does anybody know?

    Vous verrez, tôt ou tard Syriza bottera le train d’une Union qui botte en touche. Les peuples n’auront de répit et de liberté tant que le rocher de Sisyphe n’aura pas entamé son roulement perpétuel sur le crâne vide des camarades de l’internationale libérale.

    C’est pas la mère Merkel qui a voulu faire de la règle d’or un droit de l’Homme? C’est pas à Bilderberg et la trilatérale qu’on parle de « référendums tyranniques »? (Voir « Circus Politicus » de Deloire).

    A quand la table des 10 commandements de la main invisible?

  21. Galaad Wilgos

    Et moi à fratrie je réponds Fraternité!

    Debray : « La fraternité est un remède à la Fratrie, qui dans les mythes finit toujours mal. LA FRATERNITÉ EST UNE MANIERE DE FEINTER LE CHROMOSOME. »

    Vite Syriza!

  22. Aventin

    @Galaad

    Nous sommes d’accord sur 95 % du corpus théorique, les 5% restant intéressent la part de réflexion relative à l’action.

    Comment pensez-vous prendre démocratiquement le pouvoir pour changer les choses face à cette gauche qui a récusé la République et importe toujours plus en France un système anglo-saxon incompatible – je pense à la définition de la citoyenneté notamment – avec nos valeurs ?

    Vous connaissez aussi bien que moi la sociologie du FDG. Vous savez aussi bien que moi pour qui vote la classe ouvrière quand elle s’exprime par les urnes et ce que sont ses attentes quant au refus du communautarisme.

    JLM ne sortira pas de l’européisme du PS. Concluez !

    Dites-moi si vous le voulez qu’il faut fondez autre chose, mais ne me dites pas qu’il faut fonder ce jour avec ceux qui ont construit le réel politique depuis 30 ans (« gauche » et droite).

    Quant à la fraternité, elle ne se décrète pas par la loi, mais émerge naturellement d’une juste dialectique entre liberté et égalité ; ce rajout fait en 1848 sent un peu déjà l’URSS, non ? Garantissons la liberté et l’égalité, le reste viendra…

  23. @Aventin: Ne refaisons pas un énième débat sur Marine Le Pen, vous connaissez mon avis je vous ai déjà énuméré les nombreux arguments qui me font m’opposer aux idées de cette dame et a plus forte raison de son parti.

    Je ne sais le pourcentage de divergences théoriques, mais je sais que nous en avons, et pas des moindres. Par exemple, votre défense du christianisme qui vous conduit à dire que la laïcité n’est qu’un dérivé de cette religion de même que les ddl’h en seraient la laïcisation de ses principe. Je ne suis pas d’accord, et en effet je retrouve cette opinion chez Marine Le Pen qui veut « rechristianiser la France » (et qui était contre la loi de 2004). Pour ma part, c’est chez Pena-Ruiz (membre du PG) ou Kintzler que je vais chercher mes références en matière de laïcité, ainsi que de République, et donc d’opposition au communautarisme. Tous les communautarismes, pas juste musulman.

    Je suis aussi plus socialiste que vous ne l’êtes, et si je me retrouve dans les théories du républicanisme, je ne résume pas ma philosophie politique à celles-ci. Je suis un démocratie radical, et en ce sens je ne peux qu’être socialiste, à savoir partisan de la démocratie la plus directe possible et l’appropriation collective des moyens de production (en particulier les coopératives), sans pour autant être pour l’abolition de toute propriété privée.

    Enfin, je ne sais votre position sur ce sujet, mais je suis pour l’écologie politique. Donc pour la planification écologique, le développement des alternatives durables d’énergie et le remplacement de l’énergie nucléaire par une autre forme d’énergie (et attention, pas écolo à la con type bobo « on va faire pousser les éoliennes comme des arbres et espérer un miracle », ou l’écologie résumée à la charité des achats bio et autres recyclages). Donc je suis partisan d’une certaine forme de « décroissance » bien que je n’aime pas ce terme, non seulement par soucis écologie, mais aussi par soucis démocratique : seule la simplification des institutions, le remplacement de la culture de consommation par la culture démocratique (qui pousserait ainsi les gens à se préoccuper de la vie de la cité plutôt que de la vie des choses) et une rupture avec le productivisme peuvent faire advenir la véritable République démocratique.

    Sur la fraternité, je vous renvoie à Leroux : c’est la fraternité qui permet de combiner justement liberté et égalité, ces deux « frères ennemis ». Mais je suis d’accord avec vous, on n’impose pas la fraternité d’en-haut: cela part d’un sentiment horizontal. Néanmoins, c’est une valeur que la République se doit de proclamer, et celle-ci doit faire en sorte de réunir les facteurs qui poussent à la fraternité. La fraternité, c’est le seul antidote à la fratrie, càd la tribu, donc le communautarisme.

    Bref, il faudrait que vous vous révéliez un peu plus au grand jour, j’aime beaucoup discuter avec vous mais je ne sais ni votre e-mail, ni votre nom ou ni quoique ce soit qui me permettrait de vous contacter autrement que périodiquement sur les murs d’antidoxe (je vous lis aussi sur ordrespontané, et pique généralement de gros fous rires). Pourquoi n’écrivez-vous pas des articles d’ailleurs? Je me sens bien seul à parler antilibéral à antidoxe.

    Cordialement,

    Galaad

  24. Galaad Wilgos

    P.S.: Sur l’électorat populaire, c’est l’abstention qui en canalise les principales revendications. Marine Le Pen a certes un grand écho, plus grand que jamais, mais l’on ne saurait résumer le peuple à Marine. Et dans l’avenir je peux voir un changement notamment si Marine se voit confiée un poste de responsabilité au pouvoir. De même que la gauche, celle à laquelle je suis attaché, ne peut qu’advenir tôt ou tard. Regardez donc les résultats de Syriza en Grèce, et les éclosions de nombreux autres mouvements radicaux partout en Europe – Portugal, Espagne, Allemagne, Belgique… C’est de ce côté de la barricade que je veux être, quand bien même j’ai tant de choses à reprocher à mon camp.

  25. Aventin

    Je reste attaché à la sagesse – philosophie ? – du Christ, sans pour autant être attaché à l’église. L’évangile de Thomas est celui qui me convient le mieux. Je respecte les Croyances, toutes.

    Vous parliez à ce propos – les évangiles – de ce passage :

    « Matthieu 10.34. Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée.
    35 Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère;
    36 et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. »

    L’épée c’est l’esprit, ou ce qui le révèle ; il ne s’agit pas d’un 11/43. C’est donc une parole de paix et de conscience qui dérange les ordres – l’ordre – établis que livre Jésus. Il dit bien qu’il n’apporte pas la paix, mais il ne dit aucunement qu’il apporte la guerre, mais bien l’épée, le choix de la conscience se révélant à elle même.

    Au fond, pour moi, la vraie seule et unique révolution est là, et le reste de ce qui peut me convenir part et découle de là.

    Au final, ce qu’il dit, c’est que l’on est seul face à Dieu ; que les liens du sang (père, mère, frère, belle-fille…) ne sont pas les plus forts ou ceux qui importent, que ceux-ci ne sont que circonstances (voilà qui devrait vous plaire, et à juste titre).

    Apportant l’épée, il fut mis sur la croix.

    Tout le reste est l’affaire d’églises, affaires d’institutions temporelles, donc de pouvoir, et ne le regarde déjà plus.

    En matière de culture je vous rejoins. Je tiens au surplus la télévision des années 1980 à 2012 pour une des catastrophes majeures s’étant abattue sur la société française moderne et contemporaine

    Une certaine forme de décroissance – non versée dans l’écologisme – qui induit nécessairement la tempérance ne saurait m’être étrangère. Ne pas nuire, y compris à la planète, est de l’ordre du préférable ; donc je préfère. Non à la nocence (pas sûr que la référence vous plaise…) !

    Mon courriel est le suivant : globaltartarin@gmail.com

    Cordialement.

    ps : mon activité professionnelle m’interdit toute forme – ou presque – de publicité…

  26. Galaad Wilgos

    C’est une interprétation que vous pouvez avoir, hélas elle n’est ni ne fut partagée par tous les chrétiens et le christianisme depuis sa naissance. Ce passage fut au contraire aussi employé pour justifier l’injustifiable.

    Je suis un athée de conviction, matérialiste qui plus est – au bon sens du terme, un matérialiste idéaliste. Laïque politiquement. Je pense que scientifiquement la Bible et les religions sont des tissus de mensonges absurdes et grotesques, mais spirituellement je ne nie les apports positifs de celles-ci. La Bible est un fort bon outil de littérature, avec ses paraboles, ses métaphores et ses images. Mais un livre sacré, certainement pas. Un livre comme un autre, point. Jésus y fait office de personnage fictif avec sa morale, que l’on peut ou ne peut pas partager. Sur une critique historique, voir http://www.lepoint.fr/grands-entretiens/michel-onfray-jean-soler-l-homme-qui-a-declare-la-guerre-aux-monotheismes-07-06-2012-1471224_326.php.

    Plutôt Grèce et Rome que Jérusalem.

    Sinon, non en effet je ne suis pas fan de Renaud Camus – bien qu’il ait un style qui me plaise bien de ce que j’en ai lu (peu, sur son site), mais comme bon nombre d’écrivains dont je ne partage aucunement les idées politiques. Faut dire qu’on n’est pas bien gâté niveau style à gauche – comme pour beaucoup de choses, il y a parfois un culte assez loufoque de la mocheté dans ce coin-là d’la politique, on retrouve ça d’ailleurs dans les styles vestimentaires entre autre chose de certains camarades (ô souvenirs inoubliables du gauchisme)…

    Pour les articles, comme vous pouvez le voir je crois être le seul à publier avec mon nom de famille sur ce site web (et l’avenir peut m’en faire changer d’avis s’il le faut), hormis Jorge. La plupart publient avec surnom ou prénom. Qu’est-ce qui vous en empêche?

    Bien le merci pour le courriel, j’ai un ami qui serait par ailleurs fort intéressé par une discussion sur l’art ou autre avec vous (étudiant en histoire de l’art, avec les mêmes références que vous – Clair, Domecq, …, et passionné de politique, avec des réflexions que nous pouvons partager sur la nation ou la patrie).

    Vous avez quel âge au fait si ce n’est indiscret?

  27. Aventin

    Les éthiques grecques sont également une inspiration quotidienne. N’ayant plus le temps de lire j’ai resserré mon attention sur l’essentiel et ne lis plus que de la philosophie grecque (et du théâtre, grec notamment, de la poésie quand j’ai le temps).

    De Rome je garde le stoïcisme (Epictète, Sénèque, Marc Aurèle,), lequel naît grec avant d’être romain.

    Les grecques et les romains écrivent pour la haute société ; Jésus propose une morale qui est une synthèse s’adressant à tous, de l’esclave Epictète (qui a eu accès à l’enseignement philosophique) à l’Empereur Marc Aurèle, et ce en utilisant des mots simples.

    Athènes plutôt que Jérusalem, incontestablement ; mais, le Jésus dont je vous parle passe Jérusalem ; il n’est ni un tombeau, quelques murs anciens ou une institution, mais Esprit.

    « Prenez sur vous mon joug et laissez–vous instruire par moi,
    car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos.
    Car mon joug est bon, et ma charge légère. »
    (Matthieu 11, 28-30)

    Votre ami doit également apprécier Christine Sourgins.

    Disons entre 30 et 34.

    Je tiens à l’anonymat parce que je tiens à ma liberté.

    « Il se faut prêter à autrui et ne se donner qu’à soi-même ».

    😉

  28. « … je crois être le seul à publier avec mon nom de famille sur ce site web. »

    Erreur, cher monsieur.

    Cela étant dit, j’ai regardé l’entretien de Onfray avec Soler. Croyez-moi, c’est un tissu de stupidités.

  29. Opposer l’écologie à la croissance me semble une erreur. La preuve

  30. Hérissons !

    L’usage sur Internet est d’intervenir sous pseudo.

    « Publier avec son nom de famille sur un site web » est une décision dont l’intéressé doit assumer les conséquences.
    Et non s’en prévaloir pour exiger des privilèges, des égards particuliers, une sacralisation de sa personne.
    (Sans se gêner pour menacer celui qui se permet d’élever une critique ou une objection.)

    Ceci ne s’adresse pas à vous, Rotil.

  31. Trop facile, les pseudos sont pour les lâches, exception faite pour ceux qui pour des raisons objectives (job principalement) ne peuvent révéler leur identité. Le reste n’est que littérature.

    Quand on se fait insulter de nazi par un darwiniste social il est vrai qu’il est plus intelligent d’en rire, mais quand la personne se répand sur plusieurs tribunes dont un site très visité, ma réaction est il me semble compréhensible. D’autant que les prétendus libéraux n’ont même pas daigné publier mon droit de réponse – on voit l’attachement si libéral à la liberté d’expression.

  32. Galaad,

    Si vous vous mettez à traiter tous les utilisateurs de pseudonymes de lâches, je crains que vous ne vous fassiez appeler Arthur…

  33. Galaad Wilgos

    Croissance verte, capitalisme vert, libéralisme vert, et pourquoi pas l’eau sèche. La logique de la croissance infinie et indéfinie ne peut qu’à terme amener un désastre écologique, c’est logique, pas besoin d’être un génie pour comprendre que dans un monde fini l’infini n’a pas sa place. Et que le libre-échange mondialisé pousse le monde à courir à sa perte en amenant à faire des échanges sur des distances toujours plus longues. La rhétorique des marchés qui s’ouvrent et autres billevesées est dans l’esprit des organisations internationales pourvoyeuse de l’idéologie dominante qu’est le libéralisme, mais ce n’est pas le mien.

  34. Galaad Wilgos

    Il y a de la lâcheté dans l’anonymat lorsque l’on prétend avoir un avis politique. La première des politesses dans l’espace public est de donner son nom. Le citoyen n’est pas sans visage. M’enfin je peux comprendre si l’on veut se protéger dans la vie réelle, a fortiori lorsque l’on a un avis qui dérange. Sans doute ferais-je la même chose si j’étais plus vieux.

  35. QuadPater

    Il y a de la lâcheté dans l’anonymat lorsque l’on prétend avoir un avis politique.

    Ce n’est pas faux.
    Ce n’est pas toujours vrai non plus.
    Il y a lâcheté quand on a sous couvert d’anonymat un comportement (cela va au-delà du discours) qu’on ne se permettrait pas à « visage découvert ».

  36. Galaad Wilgos

    « Oh ! je sais bien, ce mot d’homme économique crée tout de suite un malentendu. On pense malgré soi à un brave type économe qui met ses sous dans un bas de laine. Mais l’homme dont nous parlons n’est pas précisément économe, nous venons d’en voir la preuve. Il n’y a pas plus prodigue que lui. Il vient de dissiper, en quelques années d’une orgie sanglante, des richesses immenses, un nombre incalculable de vies humaines. Et il ne demande qu’à continuer.

    Nous assistons toujours à la lutte de l’homme contre l’économie qui prétend l’asservir. L’économie veut contrôler la paix, et c’est pourquoi la paix ne réussit pas à se faire. Au rétablissement de l’économie, on continue de sacrifier partout des milliers et des milliers de vies humaines, des vieillards et des enfants. »

    Bernanos

  37. Galaad, je vous avais pris pour quelqu’un d’intelligent…

    Ne voyez-vous pas que l’idéologie est la ruine de l’intelligence ?

  38. Guenièvre

    Rotil, le débat est faussé ,de toute façon, parce que l’idéologie ne peut pas concevoir qu’on lui oppose une objection si ce n’est au nom d’une autre idéologie.
    Or, je n’ai jamais entendu un libéral dire que l’ambition du libéralisme était de bâtir une société parfaite. Il se contente de comparer les diverses sociétés qui existent ou ont existé et de retenir les leçons à tirer de l’étude de celles qui fonctionnent ou ont fonctionné le moins mal . Le libéralisme, il me semble, n’a jamais , contrairement au socialisme soutenu que le marché résolvait tous les problèmes.

    Retour aux sources du libéralisme par l’un des penseurs les plus subtils de notre temps :

    http://www.philolog.fr/grandeur-et-misere-du-liberalisme-pierre-manent/

  39. Galaad Wilgos

    Mais alors pourquoi soutenez-vous l’idéologie libérale?

  40. Guenièvre

    @ Rotil,

    Et voilà …

  41. Galaad Wilgos

    Ah? Vous voulez que je vous cite les auteurs qui pensaient que le marché pur, libre – pur car libre – allait aboutir à l’abondance et à la résolution de la plupart des problèmes par l’action spontanée de la main invisible issue des croisements entre l’offre et la demande, càd la somme des intérêts individuels?

    Ce ne sont pas des libéraux qui ont pensé le marché laissé libre et « sans entraves » (très 68ard pour le coup) comme utopie à faire advenir, contre l’abominable état oppresseur des initiatives individuelles?

    Je n’ai jamais pour ma part ambitionné de créer une société parfaite, tout comme les penseurs dont je me réclame, car « nous n’avons jamais dit que nous supprimerions les problèmes humains. Nous voulons seulement, et nous espérons les transporter du terrain bourgeois, où ils ne peuvent recevoir que des solutions ingrates, sur le terrain humain, libre enfin des servitudes économiques. Nous laissons les miracles aux praticiens des anciennes et des nouvelles Eglises. Nous ne promettons pas un Paradis. Nous préparons une humanité libérée. » (Péguy).

    Le libéralisme est une idéologie de la fin des idéologies, de la fin de l’histoire. C’est le compost des post-, postmodernité, posthumanité, postdémocratie. Le libéralisme, c’est une plaie quoi.

  42. C’est bien ce que je craignais, vous êtes un idéologue… Quel gâchis !

  43. Galaad Wilgos

    Mais que voulez-vous dire par idéologue? Quelle est votre définition de l’idéologie? Est-ce être idéologue que d’avoir une pensée ordonnée? Est-ce s’opposer au libéralisme qu’être un idéologue? N’est-ce pas la aussi une idéologie?

  44. Hérissons !

    La communauté des internautes a la particularité d’ignorer le nom, l’âge, le sexe, la nationalité, le CV, le compte en banque, le physique.
    __________________________________________

    Ceux qui arrivent en brandissant leur nom ont quelque chose à vendre.
    Soit matériellement (des livres par exemple) soit symboliquement (acquérir plus de surface, en notoriété, en autorité).
    _________________________________________

    Ceux qui interviennent avec leur nom faussent le jeu.
    Si ça ne leur plait pas, qu’ils ouvrent un site dédié aux internautes-sous-leur-vrai-nom, qu’ils publient leur fiche de paie, leur bulletin de santé et leur déclaration d’impôts. Et qu’ils cessent de geindre et de menacer.

  45. Galaad,
    En 1972, je suis allé au « miljoforum » organisé à Stockholm… L’heure était gravissime, le monde allait sombrer.

    J’y ai cru. Un temps. Maintenant, j’ai compris: ce n’était – et ça ne reste qu’une idéologie: un monde coupable de la croissance.

    Pardonnez-moi, mais je vis dans un pays qui n’est pas pessimiste.

  46. Aventin

    @Galaad,

    Arrêtez de citer Bernanos – non n’arrêtez pas – vous allez virer encore plus réac que moi. Tout ça me fait penser à « La France contre les Robot » ou aux écrits d’Ellul sur le système technicien. Cet atroce machine du chiffre qui fera de nous des chiffres et des choses, et où tout est efficacité, maximisation du profit, souci du coût marginal.

    Ford, Taylor, et la liberté du libéralisme…

    Quel est votre numéro ? Avez-vous salué l’Ordinateur ce matin ?

    « – gloire à D503
    – calculez, ne réfléchissez pas
    – réfléchir c’est désobéir
    – répétez : le libéralisme c’est la liberté : 2 + 2 = 5
    – il n’y a de science qu’économique
    – aimez l’argent, seul l’argent vous rend libre et permet la décence et la morale
    – à l’origine de toute fortune il y a un don fait à l’humanité entière
    – aimez les Etats-Unis d’Amérique
    – plus il y a de riches moins il y a de pauvres
    – il faut se vendre
    – chacun a un prix
    – le temps c’est de l’argent
    – il n’y a de vertu que par l’égoïsme
    – les vices privés font le bien public
    – le crime paie
    – il n’y a pas d’Homme, seulement des abeilles ou des fourmis
    – tout sera mis en équation
    – l’âme est un mythe d’avant la civilisation libérale »

    « La guerre, c’est la paix. » (Vietnam ? Chili ? Irak ? Libye ? Syrie ?)
    « La liberté, c’est l’esclavage. » (Ingérences et tutelles pour le bien des peuples ?)
    « L’ignorance, c’est la force. »(le divertissement partout ; Hollywood et son grand déversoir d’images ?)

  47. Guenièvre

    @ Galaad,

    Au sens le plus général du terme l’idéologie est la manière dont les hommes pensent et écrivent dès qu’ils font de la politique. En ce sens bien sûr que le libéralisme est une idéologie. C’est même « le berceau de la pensée politique moderne » toujours selon Manent.
    Au sens étroit du terme c’est une système de pensée clos qui se ferme à toute objection de la réalité. J’ai vécu quelques années dans ce monde là …

  48. Galaad Wilgos

    « La communauté des internautes a la particularité d’ignorer le nom, l’âge, le sexe, la nationalité, le CV, le compte en banque, le physique. »

    C’est bien pour cela qu’elle n’est point une communauté. Elle est d’ailleurs l’anti-communauté par excellence.

    Et je ne geins ni ne menace personne. J’ai décidé d’afficher mon nom, ayant dit à Sophie que je ne m’étais pas caché jusque là malgré les menaces d’imbéciles et que je ne voyais pas pourquoi je n’assumerais pas mon nom. Ca sert à ça d’être étudiant, aussi.

  49. Galaad Wilgos

    Vous avez oublié « il n’y a pas de société », ou « greed is good ». Ou « la richesse des riches donne du travail ».

    Je n’y peux rien l’ami, il faut parfois être un peu réactionnaire pour être révolutionnaire. Bernanos est probablement mon écrivain préféré. Balzac n’était-il pas l’un des écrivains préférés de Marx?

    La France contre les robots, peut-être le plus beau pamphlet sur la civilisation de la Machine. Il devrait être enseigné partout et à tous, car pour tous.

  50. Galaad Wilgos

    [audio src="http://n-reac.org/audio/repliques/2000_Michea_Bruckner.mp3" /]

    Michéa et Bruckner chez Finkie, sur « les valeurs de l’homme contemporain ». Avec Jean-Claude, on en a pour son argent! 😉

  51. Galaad Wilgos

    Les repentis sont généralement les plus cyniques en effet :-(.

  52. Aventin

    @Galaad,

    « soyons modernes, regardons vers le passé »
    (Le Grand Régis)

    Caramba !

    ps : Hasta siempre la revolucion, Bolivarienne…

  53. plantigrade69

    Galaad Wilgos,
    sans-doute êtes-vous jeune. Je dis cela non pas par dénigrement, mais simplement parce qu’un nom propre n’engage pas que sa personne lorsqu’on a une famille.
    Regardez où en est Redeker.

  54. Hérissons !

    C’est une communauté. Qui a aboli les barrières, qui communique à une vitesse folle, que les politiques craignent.

  55. QuadPater

    Non Hérissons, M. Wilgos a raison. Rien ne définit l’ensemble des internautes, sauf évidement que tous ont utilisé Internet un jour. Ils n’ont pas d’activité commune, pas d’intérêt commun. Ça n’a pas plus de sens que de parler de la communauté de ceux qui ont un jour emprunté le périph à Paris.

  56. Galaad,

    L’expérience socialiste la plus réussie – déjà parce qu’elle n’était pas une obligation, mais librement vécue – est peut-être le kibboutz. Or, ce mouvement se privatise à toute allure.

    A votre avis, pourquoi ?

  57. plantigrade69

    Rotil,
    à mes yeux, le kibboutz n’était pas une expérience socialiste mais une autogestion. Toute entité ne peut vivre que si elle participe à l’extérieur à la société marchande, que cela plaise ou non. Et justement, le libéralisme permet à quiconque le veut, de créer sa structure « collectiviste » et d’en vivre. L’inverse n’étant pas vrai.

  58. Hérissons !

    QuadPater, c’est le contraire ! Les usagers du périph sont un ensemble continu (éphémère et juxtaposé). Les internautes sont un ensemble discontinu, instable mais qui communique.
    Si le terme communauté vous semble trop fort, « l’ensemble discret des internautes » ?

  59. Marie

    J’espère que Aventin est « comblée » les grecs veulent rester dans l’Europe et oui ils semblent plus doués de raisons que certains autres!Quant à écrire que l’Europe c’est l’américanisation quelle erreur tout ce que souhaite les Us c’est l’effondrement de l’euro et le retour à un avant qui nous mettrait tous dans une situation d’infériorité qu’est la France comparée aux Us à l’Inde à la Chine ? un département et encore!

  60. … »les grecs veulent rester dans l’Europe »…
    Oui Marie, et cette nouvelle est très importante, les opposants à l’Union ne pourront même pas dire que la décision est prise « contre le peuple ».
    À mon sens cette élection grecque l’emporte à long terme, en importance devant l’Histoire, sur la récente élection française dont l’impact est limité à 5 années.

  61. Galaad Wilgos

    Une grande nation avec une culture à porter, une voix à tonner, et une richesse spirituelle à partager. C’est aussi accessoirement la 5ième puissance du monde.

    L’Europe ce n’est pas l’américanisation. L’UNION EUROPÉENNE c’est l’américanisation forcenée. C’est Texas à Bruxelles avec ses cow-boys de la commission toujours prêts à flinguer ce qui a fait l’Europe – démocratie, justice sociale, Lumières, Culture et cultures.

    Les USA veulent l’effondrement de l’euro? Belle blague! L’euro plus fort que le dollar et incapable de faire marcher la planche à billet ravit les yankees qui peuvent ainsi tranquillement continuer à faire de la concurrence dans les exportations via leur monnaie moins bien évaluée. La fin de l’euro monnaie unique, ou l’autorisation d’emprunter directement à la BCE et aux banques centrales nationales pour les Etats, mettrait probablement un grand coup dans le bide des amerloques.

    L’Union Européenne, c’est l’anti-Europe par excellence: qui a autorisé les ricains avec Swift à aller visiter nos comptes bancaires sans contrepartie? Qui construit le Grand Marché Transatlantique dans le dos de tout le monde – en particulier les parlementaires européens, aveugles, sourds et muets? Qui a délégué des tâches à l’OTAN sous domination ricaine? Qui, enfin, a introduit dans les textes du droit européen et les mécanismes économiques européens, càd dans la troïka, le monstrueux FMI, temple des dévots dogmatiques du libre-échange et de la main invisible, où le seul pays à avoir droit de véto n’est nul autre que… les USA?

    Quant aux Grecs, je vous signale qu’ils ont quand même voté à hauteur de 27% pour Syriza, et pour de nombreux autres pourcents pour les autres partis de gauche. Avec plus de 40% d’abstention. Et que le choix n’était pas « rester ou sortir de l’Union Européenne » mais surtout « continuer ou nom l’austérité maladive ».

  62. Galaad Wilgos

    Phénomènes mondiaux complexes. Je dirais la mondialisation avant tout, avec son moteur nucléaire qu’est le libéralisme.

  63. Marie

    oui m^me si cela déplait à Galaad 😉

  64. Marie

    Grandissez un peu Galaad vous avez une vision totalement dévoyée des US comme beaucoup de français d’ailleurs.
    En ce qui concerne le vote grec il a autant de valeur que l’élection de Hollande qui n’a m^me pas franchi la barre réelle des 50 °/° et pis encore pour les législatives!

  65. Hérissons !

    « Le monstrueux FMI, temple des dévots dogmatiques du libre-échange et de la main invisible, où le seul pays à avoir droit de véto n’est nul autre que… les USA? »
    (selon Galaad Wilgos)
    Stiglitz a élevé une critique en ce sens. Mais c’est faux : les Etats-Unis contribuent moins que l’Europe, et ont proportionnellement moins de droits de vote. Environ 17 % pour les Etats-Unis, 32 % pour l’Union Européenne.
    Le FMI régule l’économie mondiale, en prêtant des fonds en contrepartie d’un droit de regard sur les dépenses de l’emprunteur. C’est votre argent qui est prêté, et vous accepteriez que l’emprunteur bamboche à vos crochets ? Vous ne l’accepteriez certainement pas de votre voisin, s’il venait à vous taper.
    Suggérer à vos amis grecs de se débrouiller sans emprunter, ainsi ils bambocheront à leur aise, sans avoir de compte à rendre à personne, ni à l’horrible Merkel, ni au FMI.
    _______________________________________________

    …”les grecs veulent rester dans l’Europe”…
    « Oui Marie, et cette nouvelle est très importante, les opposants à l’Union ne pourront même pas dire que la décision est prise “contre le peuple”.
    (selon Impat)
    Les Grecs ne veulent pas rester dans l’Europe, les Grecs veulent les aides financières de l’Europe. Nuance !

  66. Yaakov Rotil

    Un hérisson, ça pique énormément !

  67. Galaad Wilgos

    J’ai une vision totalement réaliste des USA, comme beaucoup d’antilibéraux d’ailleurs.

  68. Hérissons,… » les Grecs veulent les aides financières de l’Europe. »…
    C’est possible. Les électeurs font leur choix, il serait à mon sens présomptueux de décider de leurs motivations.

  69. Galaad Wilgos

    « Stiglitz a élevé une critique en ce sens. Mais c’est faux : les Etats-Unis contribuent moins que l’Europe, et ont proportionnellement moins de droits de vote. Environ 17 % pour les Etats-Unis, 32 % pour l’Union Européenne. »

    Faux, complètement faux.

    « Les Etats-Unis ont un pouvoir énorme par rapport aux autres pays. D’abord, le Trésor américain joue un rôle prédominant auprès du FMI. Ensuite, ils disposent d’un droit de veto sur les décisions importantes nécessitant une majorité de 85 %. Les autres pays se sentent donc lésés. Ainsi en janvier dernier, le rapport Crockett avait suggéré de vendre 400 tonnes d’or (sur les 3217 appartenant au FMI) pour résoudre les difficultés financières du FMI. Les Américains ont posé leur droit de veto.  » http://www.politique.net/fonds-monetaire-international.htm

    « L’UE veut aussi obtenir des concessions des États-Unis, qui sont les seuls à disposer d’un droit de veto de facto au sein du Fonds. L’affaire s’annonce compliquée. Dès la mi-septembre, les États-Unis ont fait savoir qu’ils n’étaient pas prêts à renoncer à cette prérogative. Le FMI pourra aborder la question dès le week-end prochain, lors de son assemblée d’automne à Washington. » http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/10/01/04016-20101001ARTFIG00721-fmi-l-ue-prete-a-faire-plus-de-place-aux-pays-emergents.php

    Je rajouterais que le FMI se fout pas mal des déficits de l’Empire car sa monnaie sert d’étalon (et celle-ci est séparée de l’or depuis quelques décennies maintenant).

    « Le FMI régule l’économie mondiale, en prêtant des fonds en contrepartie d’un droit de regard sur les dépenses de l’emprunteur. C’est votre argent qui est prêté, et vous accepteriez que l’emprunteur bamboche à vos crochets ? Vous ne l’accepteriez certainement pas de votre voisin, s’il venait à vous taper.
    Suggérer à vos amis grecs de se débrouiller sans emprunter, ainsi ils bambocheront à leur aise, sans avoir de compte à rendre à personne, ni à l’horrible Merkel, ni au FMI. »

    Arrêtez les analogies foireuses, en particulier sur le voisinage. Je ne demande pas à quelqu’un à qui je prête de ne plus rien manger le temps de rembourser, et des ensembles de grande envergure ainsi que des institutions publiques (donc de droit public) n’ont rien à voir ni à faire avec les voisins, les familles et autres foutaises privées. Faut vraiment être un gai luron du libéralisme pour mettre sur un même pied Etats et voisins.

    Par ailleurs, non, le FMI ne régule pas l’économie mondiale : il le dérégule. C’est lui qui depuis bien longtemps maintenant pousse tout le monde à libéraliser, privatiser, mettre en concurrence tout et à tout va. Ses fameux « plans de restructuration » qui ont ravagé les pays africains, la Russie, l’Indonésie ou l’Argentine. Regardez donc un peu comment vont désormais ceux qui s’en sont débarrassés radicalement et violemment : Russie et Argentine ont par exemple des taux de croissance fort positifs, et ce dernier pays n’a de cesse de faire avancer la démocratie et la justice sociale. Regardons maintenant comment vont ceux qui subissent « l’aide » du FMI: Grèce en guerre civile avec des néo-nazis au parlement suite aux plans d’austérité du bon docteur FMI, et un Etat encore plus délabré qu’avant la fameuse « aide ». Avec le FMI, pas besoin d’ennemis!

  70. Hérissons !

    C’est vrai. Enormément.
    Je rédige un commentaire, ensuite, en relisant, je trouve que j’utilise trop la première personne (je pense que, je crois que, à mon avis…). Que ma personne n’a pas à être si première.
    Alors je supprime la première personne.
    Cela devient terriblement affirmatif.
    Quand je me relis, plus tard, je trouve que « je ne voudrais pas faire partie d’un club qui voudrait de moi comme membre » (Woody Allen)
    Par conséquent, comme Kravi, « mieux vaut que j’aille sévir ailleurs »… !

  71. Hérissons !

    Un petit HS :
    Sait-on que Napoléon III avait déjà mis en place une union monétaire comprenant la France, la Belgique, La Suisse ( !) et, je crois, l’Italie ?
    _______________________________________

    Sait-on que la Grèce a fait plusieurs fois faillite ? On ne faisait pas appel à l’Europe, mais on installait sur le trône un prince allemand, et hop, ça repartait pour un tour ?
    _______________________________________

    Les problèmes de l’Europe ne datent pas d’aujourd’hui…

  72. Un excellent moment passe avec vous, merci enormement pour cette excellente.

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