Données Gelées, Esprit Figé.

Données Gelées, Esprit Figé.

 

 Honni soit qui pense libéral.

« Libéral » peut signifier diverses choses, parfois même des choses contraires comme dans les idées politiques française et américaine comparées. Il peut concerner l’organisation civile de la société aussi bien que le système économique d’un pays. Il peut désigner un parti, associé ou non avec tel ou tel autre qualificatif en « al » ou en « iste ». En France il a cependant une connotation quasi unanime de repoussoir. La pensée politique de notre pays est si marquée par les idées collectivistes que même si on est tenté par le libéralisme on ne le dit pas trop fort. On n’ose à peine le penser intérieurement, on en a un peu honte.

Bon, après cette petite entrée en matière vous allez ricaner. Il va encore nous accabler avec son « idéologie » libérale. Eh bien non, vous n’y êtes pas. Pas vraiment. Ce billet, tout simplement, se propose d’essayer de comprendre. Comprendre quoi?

Il est des pays développés où la richesse moyenne de la population augmente continuellement. Avec des hauts et des bas, avec des crises imprévues, avec des « cagnottes » tout aussi imprévues, mais bon an mal an la richesse augmente plus vite qu’ailleurs. Elle augmente globalement, et elle augmente pour tous, les riches deviennent plus riches, les pauvres deviennent moins pauvres. Ces pays, citons-en quelques uns, ce sont les pays du Nord de l’Europe, les États-Unis, l’Allemagne, l’Australie, la Nouvelle-Zélande…Pays ou la protection sociale est comparable, à l’exception notable des États-Unis, à celle de la France.

Ces pays, ils ont en commun de tous pratiquer une économie libérale, plus ou moins libérale certes, mais plus libérale que collectiviste. Et surtout, malgré des soubresauts parfois violents, le taux de chômage s’y maintient dans une moyenne bien plus favorable que dans les autres pays, dont la France. Et lorsqu’il arrive un accident de parcours, ces pays en guérissent à un rythme spectaculaire; ainsi les États-Unis dont le chômage oscillait entre 4 et 6 % de 2000 à 2008 virent la crise faire grimper ce taux à 10 % en 2010. Mais il redescendit très vite, il est maintenant à 8,2 %. Le chômage australien descendait régulièrement depuis 2000 (7%) à 2008 (4,2%), il remonte à 5,6% en 2009 et retombe à 5,1% en 2010 pour s’établir maintenant à 5%.

Alors comprendre quoi? Comprendre comment il se fait que de nombreuses personnes qui pourtant connaissent cette relation entre libéralisme économique et amélioration du sort des populations, persistent à préférer les contraintes étatiques. Parmi ces personnes, il n’est pas douteux qu’un grand nombre agit en toute sincérité. Alors d’où vient cette distorsion entre résultats constatés et préférences politiques?

Beaucoup de raisons personnelles, certainement, en  provenance du milieu familial et professionnel. En provenance de l’éducation, de l’histoire intime, des expériences collectives et individuelles. Néanmoins on repère une constante dans la tournure d’esprit de ces hommes et femmes. Le mot juste s’avère difficile à trouver; ce qui s’en approche le mieux pourrait être « blocage sur l’existant ».

C’est un blocage qui consiste consciemment ou non à penser ainsi: les choses sont ce qu’elles sont, prenons-les comme ça, et voyons ce qu’on peut faire. De ce raisonnement, tout découle.

La richesse dont dispose le pays? C’est une donnée intangible. Conséquence: pour améliorer les ressources des moins riches, une seule solution est envisageable, « prendre aux riches pour donner aux pauvres ». En imaginant le total comme un gâteau à découper, c’est imparable. Sauf que le gâteau est le résultat de l’activité humaine, c’est-à-dire du travail global des hommes. Loin d’être intangible, c’est une donnée éminemment variable, un pays qui globalement travaille davantage accroît sa richesse.  Il est donc efficace d’augmenter l’activité pour augmenter la richesse disponible. Et c’est le seul moyen  d’y parvenir, hormis  la découverte de richesses naturelles. À l’inverse, en taxant fortement « les riches » on les conduit à moins consommer et surtout à moins investir. De ce fait l’activité globale baisse, la richesse créée diminue. Et elle diminue naturellement pour tout le monde. Les entreprises, moins alimentées en commandes, travaillent moins et sous-traitent moins. Et l’emploi décroît.

L’emploi, justement…Autre blocage du même type dans l’esprit socialiste français. Vraiment de même type: l’emploi est une donnée, il est ce qu’il est, donc la solution unique consiste à le répartir. Cela vous étonne, j’exagère, ils ne sont pas si simplets? Eh bien n’entendez-vous jamais, ne lisez-vous jamais, des phrases telles que celles-ci:

 

La France fait trop d’enfants, elle n’a pas d’emplois pour eux

Les immigrés prennent nos emplois

La réduction du temps de travail va créer des embauches (slogan du PS à l’époque Aubry)

« Notre emploi » est un bienfait, il faut le partager.

 

Toutes ces expressions courantes montrent fort bien que ce concept de l’emploi, donnée figée s’est emparé des esprits français corrompus par la vision socialiste. Tout le monde, mentalement « socialisé », semble convaincu que si la population diminuait de 3 millions de personnes le chômage disparaîtrait, et que si elle augmentait d’un million, le nombre de chômeurs augmenterait d’un million. À tous ceux-là je pose la question: lorsque plus d’un million de Pieds-Noirs sont arrivés en métropole en 1962, le chômage a-t-il augmenté? Lorsque dans ces mêmes années, les 20% de femmes travaillant à l’extérieur sont devenues 80%, le chômage a-t-il augmenté?

Mitterrand, le « modèle » de l’équipe Hollande, avait simulé  l’impuissance: « contre le chômage, on a tout essayé ». Tout, sauf ce qui fonctionne: augmenter l’activité globale. Par les horaires, par la flexibilité, l’activité des uns créant du travail pour les autres…

 

 

 

C’est ainsi que la double course exigée de notre économie, diminuer le chômage et augmenter le pouvoir d’achat, se trouve bloquée dans son élan. Le coureur est enchaîné, il lui manque dès le départ l’impulsion que lui donnerait l’idée de sortir des sentiers battus. Le gel supposé des données entraîne la glaciation de l’action.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

45 Commentaires

  1. Christiane

    Impat,

    je n’ai pas, hélas, les compétences et connaissances pour entrer dans une discussion sur l’économie, je vais juste m’en tenir à une constatation pratique concernant :

    « À tous ceux-là je pose la question: lorsque plus d’un million de Pieds-Noirs sont arrivés en métropole en 1962, le chômage a-t-il augmenté? Lorsque dans ces mêmes années, les 20% de femmes travaillant à l’extérieur sont devenues 80%, le chômage a-t-il augmenté? »

    En 62 et la décennie qui a suivi (bref les fameuses trente glorieuses d’après guerre !) : je faisais de l’intérim afin d’être libre comme le vent. Dès que j’avais fini une mission (j’étais sérieuse !) si l’envie m’en prenait, je partais en vadrouille. Pendant mon absence, les agences d’intérim dans lesquelles j’étais inscrite téléphonait régulièrement à ma mère pour savoir si j’étais de retour ou en connaître la date précise.

    Est-ce le cas aujourd’hui ?

    Alors, la référence à 62 m’apparaît mal venue dans la situation actuelle. Je me trompe peut-être en ne prenant pas le problème par le bon bout : pourquoi les « trente glorieuses » se sont cassé la figure ? Uniquement le choc pétrolier de 73 ?

  2. Hérissons !

    En ce Quatorze Juillet, disons que les Français se sont vitrifiés dans le culte de l’égalité, pas une tête ne doit dépasser, sinon la guillotine.
    ________________________

    Chez Orwell, la Ferme des Animaux, à la fin du roman, Douce la jument demande à l’âne Benjamin de lui lire les commandements inscrits sur le mur. Il lui dit qu’il n’en reste plus qu’un seul :
    « Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres. »
    ________________________

    Halte aux privilèges ! Si le privilégié est le voisin. Pour ses propres petits privilèges, euh, on s’arrange…

  3. Christiane, votre question est un peu hors sujet, un peu seulement, mais je vous donne volontiers mon point de vue.
    … »pourquoi les “trente glorieuses” se sont cassé la figure ? »…
    Il existe sûrement plusieurs explications. Pour ma part j’en vois au moins trois:
    Le choc pétrolier, en effet.
    La dette, qui était inexistante dans les années 60 et a commencé à enfler exagérément dans les années 80.
    Le code du travail, qui a lui aussi enflé démesurément. Il dépasse maintenant 3000 pages. Son volume, et certaines dispositions, sont dissuasifs et constituent un véritable frein à l’embauche par les PME.
    Sans oublier le « gel des esprits » qui forme l’objet de l’article.

    La solution: desserrer l’étau.
    Le problème: nous sommes en train de le resserrer.

  4. Christiane

    Oui Impat, je me suis rendue compte en parlant des « trente glorieuses » que ne n’était pas très glorieux de l’évoquer : HS ! Mais je répondais surtout au  » pourquoi » le chômage n’avait pas augmenté en 62 avec l’arrivée du million de pieds noirs. Non seulement ils ne suffisaient pas à la demande de l’offre puisque l’on allait chercher ailleurs des travailleurs.

    En 2012, on peut donc se poser la question de la justification de l’immigration non qualifiée, on l’a déjà à domicile ! J’évoque l’immigration parce que vous en parlez  » Les immigrés prennent nos emplois ».

  5. QuadPater

    Bonjour !

    Encore plus HS : non seulement le chômage il a pas augmenté en 62-63, mais la délinquance non plus ! ouallou pour cent ! parole d’Algérois, pô pô pô !

  6. QuadPater

    L’article est particulièrement intéressant, parce qu’on ne parle jamais de ce mythe du gâteau qu’on a tous plus ou moins dans la tête quand il est question de chômage et richesse.

    Les citations sont pertinentes. Ma contribution à votre collec’, Impat. Je me souviens d’un politique passant à la télé pendant la campagne présidentielle et affirmant, gestes à l’appui, « Dans c’pays [il parlait du sien, du nôtre, la France] nous avons la chance de posséder des richesses, il faut mieux les répartir ». Je ne me souviens plus qui c’était, mais il était UMP… C’est beau, non ?

  7. Christiane,
    Sur l’immigration.
    Une immigration « normale » (!), c’est à dire comprenant la proportion habituelle d’actifs et de non actifs, augmente l’activité d’un pays, donc son taux d’emploi et sa richesse.
    Mais une immigration comprenant une proportion hors standard, très élevée, de non actifs, aboutit hélas à l’effet inverse. Ce fut le cas du regroupement familial décidé par Giscard d’Estaing, économiquement désastreux bien que justifié par ailleurs.

  8. QuadPater 14h24,
    Ce politique UMP n’avait rien compris. Sa seule excuse, qui n’en est pas une, est qu’il raisonne comme presque tous les Français, drogués au socialisme à la Française.
    Le socialisme est un cholestérol, il y le bon et le mauvais. La France, hélas, ne connaît que le mauvais.
    Blair et Schröder étaient des bons.

  9. QuadPater

    Je pense que depuis le 1er choc pétrolier nous ne raisonnons plus pareil. Ayant réalisé que certaines ressources étaient limitées (i.e. pas en quantité infinie), nous avons plus ou moins extrapolé à tout et n’importe quoi, y compris à des domaines comme l’emploi. La quantité de travail a été perçue comme une donnée fixe – gelée – que nous devions nous partager. Le succès à l’époque des ouvrages Travailler deux heures par jour (collectif Adret, 77) et Tous à mi-temps (G. Aznar, 81) et qui détaillaient comment ce partage pourrait se faire plus équitablement en est un signe.

  10. Arrêtez de citer un socialiste, pensez à votre réputation !…

  11. Marie

    Comme vous prenez l’exemple des pays du Nord, je peux vous dire que le mot libéral n’est pas un gros mot. En Suéde l’an passé SAAb était quasi en faillite , l’Etat n’a pas levé le petit doigt considérant que les problèmes des entreprises ne sont pas du domaine du gouvernement. Résultat Saab a été repris et fait des bénéfices… Dans les pays du Nord le socialisme à la française est considérée comme à la limite du communisme, c’est dire! Quand dans ce pays on veut prendre exemple sur eux on se fait conspuer , ici on en est encore au patron voleur au riche encore plus voleur , des images d’Epinal bien entretenues tant par l’EN que certains politiques, médias et syndicats …

  12. desavy

    Je ne me suis pas dit, Impat, que vous alliez nous accabler avec votre idéologie libérale mais que vous alliez définir ce terme. Or, je retiens qu’une seule chose, une économie libérale est une économie qui n’est pas collectiviste.
    Pour la fin des Trente Glorieuses (évoquée dans les commentaires), les explications sont nombreuses. L’augmentation de la dette à partir des années 1980 ne me semble pas convenir pour expliquer un évènement datant du début des années 1970.
    L’illustration du code du travail trop volumineux tend à expliquer la fin des Trente Glorieuses par un excès d’intervention de l’État. Or, l’État est fortement intervenu pendant cette période.
    Quant aux pays scandinaves, je ne suis pas certain que le terme « libéral » soit celui qui leur corresponde le plus.

    Pour en revenir aux Trente Glorieuses, il faut surtout avoir en tête que cette période a été une période exceptionnelle (il suffit de regarder les taux de croissance qui l’ont précédée et ceux qui l’ont suivie) et qu’il n’est donc pas très logique de la prendre comme référence (même si c’est très humain puisque beaucoup l’ont connue). La question n’est peut-être pas de se demander pourquoi elle a pris fin mais plutôt pourquoi elle a commencé.

    Enfin, le quotidien Les Échos du 3 mai 2012 a publié un graphique montrant que, ces dernières décennies, les impôts avaient plus augmenté sous les gouvernements de droite que sous les gouvernements de gauche. La France n’est en effet pas un pays libéral.

  13. Marie

    :@desavy
    et pourtant la politique éco de la Suède est libérale n’importe quel suédois vous l’expliquera!

  14. Marie

    et en ce qui concerne les impôts il faut savoir des quels on parle …à peine 50 °° des français payent des impôts sur le revenu par contre la ponction à la socialiste c’est de ponctionner les particuliers sur la CSG et autres joyeusetées. Nous avons habités une ville de droite puis une de gauche et nos im^pots locaux ont quasi doublés dans celle de gauche , vous avez une explication ? C’est aussi demander une rétroactivité sur la suppression de la défiscalisation des heures sup, et c’est inique puisque ceux qui sont touchés sont les employés à petits salaires. Les socialistes à la mode française sont d’indécrottables dépensiers qui ne connaisent rien à l’entreprise car ils sont en majorité sortis de l’administration.

  15. Hérissons !

    Desavy, l’emballement de l’endettement a bien commencé sous Mitterrand, Jospin a connu une forte croissance aussi inexpliquée que les Trente Glorieuses, au lieu de réduire l’endettement, il a gaspillé la cagnotte à satisfaire les syndicats. C’est ça la folie dépensière inconséquente de la gauche.
    ________________________

    L’endettement pendant les Trente Glorieuses correspondait à de l’investissement, on a construit, dans tous les sens du terme, reconstruction après la guerre, aménagement du territoire, grands fleurons industriels.
    L’endettement à partir de Mitterrand ne correspondait pratiquement plus à de l’investissement, mais ne payait plus que des dépenses de fonctionnement, toujours plus de fonctionnaires, dramatiquement alourdis par la fonction publique territoriale. Doublons, clientélisme et népotisme.
    ________________________

    Quant aux impôts, j’ignore quels impôts vous évoquez, mais les impôts locaux étaient minimes, et la CSG est une invention de Rocard pour combler le trou de la Sécu, plutôt que de s’attaquer aux fraudes, par peur d’être accusé de « chasse aux pauvres ».

  16. Hérissons !

    Encore le Sapir Camembert !
    Le plus simple, consulter la liste des économistes pour qui la victoire en chantant ouvre la carrière :

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/04/17/nous-economistes-soutenons-hollande_1686249_3232.html

    « En matière d’emploi et de pouvoir d’achat une nouvelle orientation est nécessaire. La France dispose d’un atout exceptionnel, celui d’une jeunesse nombreuse et dynamique. Mais celle-ci connaît un taux de chômage inacceptable. L’accent doit donc être mis sur les mesures en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes, à travers la sécurisation des parcours professionnels, la réorientation des efforts de formation professionnelle, le développement de contrats ciblés – tels que les contrats de génération – et le renforcement de l’éducation nationale. Redonner leur place aux syndicats – en organisant une Conférence nationale pour la croissance et l’emploi – est également crucial pour que les salariés contribuent à la transformation du monde professionnel sans être cantonnés à la seule critique de décisions déjà prises par l’employeur. »

    (Nos distingués économistes oublient le service à la personne, si générateur d’emplois d’avenir)
    ___________________________

    Des emplois aidés et des conférences.
    Engager un gus pour faire un trou, c’est créer un emploi,
    Engager un autre gus pour boucher le trou, c’est créer 2 emplois.
    Réunir une conférence nationale des trous pour la croissance qui va incanter pour qu’il pleuve de l’emploi, c’est occuper une centaine de personnes.

  17. desavy

    @ Hérissons !

    Je ne discute pas l’augmentation de la dette sous Mitterrand mais la logique qui consiste à expliquer la fin d’une période (les Trente Glorieuses) par une augmentation qui a eu lieu quelques années après. Les Trente Glorieuses se terminent en 1973 et Mitterrand a été élu en 1981.

    @ Marie

    Je vais regarder de plus près la situation de la Suède parce « n’importe quel suédois vous l’expliquera » ne m’aide pas vraiment à comprendre.

    Le graphique publié par les Échos concerne l’ensemble des prélèvements obligatoires.

    Prenons le cas de la CSG, effectivement créée par un gouvernement socialiste, pourquoi les gouvernements de droite qui ont suivi ne l’ont-ils pas supprimée ?

  18. Marie, le cas de la Suède est exemplaire. Vers les années 60 ce pays sombrait dans les dépenses sociales exagérés, l’excès de fonctionnaires, les emprunts à tout va. Cela fait penser au cas actuel d’un autre pays…dont d’ailleurs les socialistes de l’époque montraient la Suède en exemple.
    Puis les Suédois ont eu le courage, l’intelligence, et l’énergie de réagir devant le danger. Ils ont vu qu’ils allaient dans le mur, ils ont inversé la marche. Aujourd’hui c’est un pays prospère, cité en exemple par…les libéraux.

  19. desavy

    Pourquoi la droite française ne s’en est-elle pas inspirée ?

    Cela me rappelle les commentaires à mon premier article ici où je prétendais que Sarko n’était pas un libéral. Impat, vous aviez pris l’image du gros navire pour expliquer qu’il était difficile de manœuvrer, de corriger les erreurs du passé. Vous aviez pourtant déjà l’exemple de la Suède en tête, non ?

    Cet exemple montre que lorsque des dirigeants veulent, ils peuvent.

  20. Nul besoin de chercher longtemps pour expliquer cela.
    -1- Sarko n’est effectivement pas assez libéral. Mais un « non libéral » comme lui, on s’en contenterait volontiers car pour la France ce n’est déjà pas mal.
    -2-La Suède a eu besoin de plus de 5 ans pour rétablir sa santé. En France c’était bien parti, mais il faut, il faudra, bien davantage. Une génération au moins.
    -3- La crise mondiale, évidemment, n’a pas aidé. Pendant plusieurs mois l’urgence était ailleurs.

  21. QuadPater

    La Suède ? je sais où c’est, j’y ai même passé une semaine en 1975…
    Où je me rends compte que je ne connais rien au fonctionnement des autres pays… Juste du ouï-dire, des images d’Épinal…
    Qu’ont inversé les Suédois que nous ne saurions inverser ?

  22. Marie

    @Qad
    il me semble très difficile de faire en France ce qui s’est fait en Suède pourtant l’ancien Premier Ministre suédois l’avait dit en particulier aux socialistes français il faut réformer pour sortir de la spirale endettement. pourquoi ça a marché en Suède parce que les syndicats ne sont pas des partis politiques ils discutent non avec l’Eata mais avec l’entreprise . Le suédois est pragmatique et m^me si il n’a pas sauté de joie à l’idée de ces réformes et privatisations massives il a bien compris que c’était l’unique voie. Les médias suédois ne sont pas dans le commentaire permanent . le suédois sait ce qu’est la valeur travail de plus si il accepte le verdict des urnes . Nous sommes pas des latins avec tout ce qui va avec!

    En substance privatisation de la Poste des chemins de fer , 25 °/° de postes de fonctionnaires supprimés .

  23. Marie

    http://www.objectifliberte.fr/2005/01/le-modle-sudois.html depuis les hôpitaux sont sur la voie de la privatisation aussi et contrairement à ce que j’ai lu ici ou là mes amis suédo-français disent que le cout n’est pas plus exorbitant et les soins très bons.

  24. … » 25 °/° de postes de fonctionnaires supprimés »…
    Intéressant. C’est le sureffectif dont nous souffrons, 1 million au minimum.

  25. Ah bah si c’est vos amis suédo-français – probablement tous issus d’un milieu populaire – qui vous le disent, je suis convaincu ! Ô glorieuses sources personnelles, vous n’en finissez pas de m’éblouir de votre blanc éclat, désormais imprimé sur ma rétine à jamais pour me remémorer, en cas de doute, la source de ces Lumières idéales de la Main Invisible. Le libéralisme désormais a un argument de poids. Je suis converti : je vais désormais faire un pèlerinage à Wall Street en passant par la City, invoquant tour à tour, bible en main (principes de l’économie – Mankiw et sa table des 10 commandements), les mannes magnifiques de ces prophètes du Chiffre, les ineffables Rand, Friendman, Hayek, Von Mises, De Sauvy et j’en passe.

    Préparez vos pinceaux, car nous tracerons comme des beaux diables !… et nous gloserons comme des forcenés sur les courbes adroitement plaqués sur du marbre par ces divins prophètes.

    Hallelujah ?

  26. Je ne trouve point de Sapir, de Lordon, de Nikonoff ou même de Généreux dans cette liste d’illustres socio-libéraux, serait-ce que votre argument est troué ainsi que le camembert que vous brandissez tel un sceptre magique ? Du moins en partage-t-il l’odeur, vous disais-je aimablement dans notre discussion précédente.

    Vous parlez de logique des trous du camembert, permettez-moi de vous rétorquer avec la plus affable convenance qu’elle n’est point moins honorable que cette assez cocasse histoire d’abeilles, non ? Ou peut-être devrais-je invoquer la morale randienne de l’Argent source de toute vertu, comme chacun le sait ?… Non ?

    Logique du libéralisme : produire plus pour gagner moins, partager les fruits de la ruche pour la solidarité bourgeoise, et un peu de charité, ces miettes si généreusement offertes par la reine et sa cour, reversera la fraction homéopathique de la production aux producteurs, la masse immense de travailleurs.

  27. « Ces pays, citons-en quelques uns, ce sont les pays du Nord de l’Europe, les États-Unis, l’Allemagne, l’Australie, la Nouvelle-Zélande… Pays ou la protection sociale est comparable, à l’exception notable des États-Unis, à celle de la France. »

    Ah bon ? J’ai du concevoir dans un de ces rêves fous de bolchévique les diverses destructions assez colossales des protections sociales de ces pays, je pense aux jobs à 1 euro, au colossal revirement néolibéral entamé par la gauche néo-zélandaise (http://www.monde-diplomatique.fr/1997/04/HALIMI/8115), à l’éducation à la carte nord-européenne (pays où par ailleurs l’on ne lésine pas sur la répartition des richesses), etc…

    L’Allemagne, qui a pourtant réussi à pomper les sous de l’Union Européenne en pratiquant une politique de compétition férocement anti-sociale et qui protège les intérêts de ses rentiers et de sa population vieillissante, aurait ainsi une protection sociale « comparable à celle de la France » ?

    Etonnant !

  28. … »Etonnant ! »…
    Oh il faudra vous habituer. Les pays à société libérale n’ont pas fini de vous étonner…-:)

  29. QuadPater

    Une wikipediaterie sur le mythe de l’offre de travail fixe : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mythe_d%27une_quantit%C3%A9_fixe_de_travail

    ———————-

    Avec le projet de « refiscalisation » des heures sup’, l’actualité nous offre quelques illustrations de la Mathématique Normale Socialiste :

    Christian Eckert, député (socialiste), sur Europe1 : « Encourager les heures supplémentaires avec le chômage qui explose, c’est incompréhensible« .

    J’ai fait un calcul (socialiste), en partant du principe (socialiste) que les salariés sont tous interchangeables, et par conséquent qu’une tâche effectuée par l’un en une heure peut être accomplie par n’importe quel autre en une heure également.

    177 millions d’heures sup déclarées au 1er trimestre 2012 (13 semaines)
    = 389 010,99 CDD de 3 mois (le dernier a dû être un peu malade)

    Ma déduction (socialiste) est que l’interdiction des heures supplémentaire créerait 389000 emplois à plein temps. Transformons ces ETP en emplois à dixième de temps – ces feignants de chômeurs seront ravis – et le chômage tombera à zéro.

    Le même député malcomprenant a déploré par ailleurs que « le dispositif de défiscalisation et d’exonération de charge des heures supplémentaires coûte 5 milliards d’argent public par an à l’État« . Moi j’aurais plutôt dit que c’était un manque à gagner, pas un coût. Mais je ne suis pas député, hein, encore moins économiste, et pour rien au monde socialiste.

  30. … »“Encourager les heures supplémentaires avec le chômage qui explose, c’est incompréhensible“. »…
    Triste exemple, significatif.
    Ce raisonnement primaire, très représentatif de la réflexion socialiste qui s’arrête au premier automatisme de la pensée, est aussi devenu hélas celui de tout un chacun dans notre pays.
    Et comme c’est aussi ce qu’on souffle aux enfants dès l’école, seul un séisme pourra nous en sortir.
    La France est bien partie pour se retrouver un jour sous tutelle.

  31. Hérissons !

    Même raisonnement que les 35 heures. Si on rationne d’un côté, on peut distribuer de l’autre.
    Du moment qu’ils ne touchent pas aux heures sup elles-mêmes, seulement à leur fiscalité (ce qui sera déjà dissuasif pour une PME dont les charges sont alourdies).
    Les heures sup sont une souplesse pour lisser les inégalités du carnet de commandes. Un cerveau de socialiste ne peut pas comprendre.

  32. Marie

    Ce matin sur RMC branle bas de combat et bronca contre la suppression de la défiscalisation des heures sup et du rattrapage dans les impôts et aussi contre l’augmentation de la CSG puisque cette dernière en plus d être prélévée sur le salaire n’est pas déduite des impôts donc très intéressante pour Bercy!Il est heureux que certains aient encore de notions arithémétiques!

  33. Aventin

    Libéral,-ALE, -AUX, adj., didact.,ecclés., indéf., interj.,impropre, internat., myth., techn.

    Terme spontanément éclos de la notion de liberté dont il est un perfectionnement à la fois théorique et concret, manifestement indépassable, ainsi qu’éminemment plein au niveau du Sens.

    Une simple pierre descendant une montagne au gré de ses déterminations propres sera ainsi défini comme un cailloux libéral, soit une forme lancée dans le monde afin de réaliser toute la liberté que son mouvement pure et parfait contient – sa capacité libérale.

    En système bancaire – gloire Ô Très Haut taux de rentabilité interne – dérégulé le mot libéral entend décrire le droit de nature du loup à être un loup et à se comporter tel. En effet, mère Nature est libérale.

    Il se serait même murmuré, dans les couloirs de la Fédérale Reserve Bank – haut lieu de la vertu libérale – que l’homme libéral est entéléchie de l’homme – ou de la pierre,ou de l’abeille, ou de l’amibe libérale, tout cela étant à peu près la même chose à hauteur de l’l’horizontalité libérale.

    D’ailleurs, précisons tout de suite qu’il n’y a pas de vice libéral, car tout vice libéral est une vertu.

    L’antonyme du mot libéral, à en croire ses grands prêtres, serait, selon les traductions du grec ancien référencées, les mots mal, malin ou innommable, lesquels renverraient tous à l’épisode de la chute des âmes dans la République communiste de Platon.

    Quand les mots auront enfin remplacé les mots et que nous aurons fini d’être libres, nous serons alors enfin libéraux. Soyons patient : la soupe libérale se réchauffe avec le temps.

    Demain Victor Hugo écrira – tout est possible au paradis libéral, même le retour d’Hugo sous le nom d’Any Rand – « quand l’Ordre libéral reviendra, je reviendrai ».

    Quelqu’un a vu Victor ?

  34. Une autre fixation d’esprit socialiste est en cours ces jours-ci: obsession de faire le contraire de Sarko.
    Remplacement de l’augmentation de TVA par une augmentation de CSG. Même effet sur la dégradation du pouvoir d’achat, mais plus injuste (car non progressive) et sans effet sur les délocalisations contrairement à la TVA.
    On cherche une autre raison pour ce choix que l’obsession maladive anti Sarko…

  35. Hérissons !

    Sarko a peut-être joué finement aux échecs : les socialistes se reçoivent le réel en pleine figure mais sont encore sous leur pesanteur idéologique. Ils vont commettre erreur sur erreur, Normal sup va rapidement devenir le plus impopulaire de tous les présidents de la Ve.
    _______________________________

    Dans 5 ans, de gré ou de force, les socialistes auront montré leur démagogie dans issue, démystifié malgré eux l’impasse économique de l’Etat-Providence. Et comme ils seront seuls responsables puisqu’ils sont à la tête de toutes les instances nationales et régionales, les Français désenchantés auront eu le temps de voir le socialisme « à l’état pur ».
    On repartira sur des bases plus saines. Et ce sont les socialistes qui vont faire le boulot.

  36. Hérissons,
    Je vous trouve bien optimiste. Les Français se sont laissés berner par Mitterand pendant 14 ans, ils ne sont pas devenus plus clairvoyants depuis.
    Quant à… « ce sont les socialistes qui vont faire le boulot. »…ça ne règlera rien devant des aveugles. Et puis le « boulot » sera moins difficile que pendant le terrible début de crise de 2009/2010.
    Je crains que le pays soit mal parti pour longtemps.

  37. Souris donc

    A propos du job à 1 € que la gauche dégaine pour prouver que la prospérité allemande se fait sur le dos des plus défavorisés :

    « Le job à 1 euro (1 Euro Job) a été mis en place dans le cadre des réformes dites Hartz IV. Ce sont des travaux d’utilité publique qui servent de mesures d’intégration sur le marché du travail. Ces emplois sont réservés aux bénéficiaires de l’allocation chômage II (financée par l’impôt et versée sous condition de ressources aux chômeurs, qui s’est substituée à l’allocation chômage I financée par les cotisations). Ils sont rémunérés 1 ou 2 euros de l’heure, rémunération qui s’AJOUTE à l’allocation chômage. »

    http://www.vigie2012.eu/Aujourd-hui-c-est-l-Allemagne-la

  38. Hérissons !

    C’est vrai que 14 ans de mitterrandisme n’ont ouvert les yeux à personne, surtout pas aux nouvelles générations endoctrinées par les leaders d’opinion et les médias, les enseignants et les juges, tous acquis à la démagogie Sans issue du progressisme paré d’éthique.

  39. http://www.viva.presse.fr/En-Allemagne-l-esperance-de-vie_16295.html

    « L’espérance de vie des plus pauvres – ceux qui ne disposent que des trois-quarts du revenu moyen – recule en Allemagne. Pour les personnes à bas revenus, elle est tombée de 77,5 ans en 2001 à 75,5 ans en 2011 selon les chiffres officiels. Dans les Lander de l’Est du pays c’est encore pire : l’espérance de vie est passée de 77,9 ans à 74,1 ans.

    Ces chiffres ont été fournis au député Matthias Birkwald (Die Linke) en réponse à une question écrite, interpellation qui oblige le gouvernement à répondre à en fournissant toutes les données officielles.
    Matthias Birkwald est un spécialiste des retraites et son interpellation éclaire d’un jour nouveau la réforme intervenue dans le système allemand de retraites. Le parlement a en effet adopté en 2007 – le gouvernement de l’époque rassemblait sociaux-démocrates du Spd et conservateurs de la Cdu – un report graduel de l’âge de la retraite à 67 ans justifié (comme en France) par l’allongement de l’espérance de vie…
    Le pays est souvent montré en exemple pour son taux d’emploi des plus de 60 ans. Dans les faits, montrent les chiffres livrés hier, leur situation les expose souvent à la pauvreté.

    En mars 2011, seulement 26,4 % des 60-64 ans occupaient un emploi “normal”, soumis à cotisations sociales. Et moins de 19 % de ces actifs seniors avaient un travail à temps plein.
    Qu’en sera-t-il demain ? Il n’y a pas de salaire minimum garanti en Allemagne et 7,6 millions de personnes ne disposent que d’un “emploi atypique”. Environ 5 millions des quelques 30 millions de travailleurs allemands sont à temps partiel.

    En 2009, 2,5 millions de travailleurs – dont 600 000 retraités – étaient en contrat “mini job” payé environ 400 euros (sans cotisations patronales, sans assurance-maladie, sans droits à la retraite…).
    Autant de formes de travail qui font (et feront) des retraités pauvres, premières victimes de ce recul de l’espérance de vie. »

    😉

  40. Marie

    @Galaad
    Ma famille suédoise est dans le monde ouvrier mais amis professeurs …. D’ailleurs en Suède on ne regarde pas spécialement de quel milieu vous venez et les patrons ne sont pas considérés comme des ennemis … Ma mère était une des premières filles d’ouvrier à faire l’école normale . J’ai bon là vous comprendrez peut être ainsi que je ne dis pas n’importe quoi juste pour vous contrarier!

  41. Hérissons !

    Il n’y a que des socialistes pour proclamer qu’ils vont faire payer les riches et, aussitôt, de faire les poches aux classes moyennes et populaires. Les heures sup seraient injustes parce que payées par ceux qui n’en font pas.
    _____________________________

    Et les intermittents payés par la caissière qui ne va jamais au théâtre ? Y a une mine de ce côté.
    Mais ils n’y toucheront pas. Y a ceux qu’on peut tondre et ceux qu’on ne peut pas tondre parce qu’ils se mobiliseraient aussitôt, et les intermittents, ça glande et c’est haut en couleurs, les télés sont friandes. C’est comme le tweet de Madame Trierweiler, y a matière pour tout le monde, de Gala au Monde. Tandis que l’ouvrier de PME va la fermer, bien content d’avoir encore un boulot.

  42. Les travailleurs seniors allemands sous payés dont parle Galaadwilgos (17 juillet 2012 à 19:52) sont selon toute vraisemblance soit des retraités, qui touchent ce salaire en sus de leur retraite, soit des chômeurs longue durée. Ces derniers, en France, seraient des chômeurs ne pouvant pas travailler sans voir supprimer leur allocation. Ils toucheraient moins d’argent que leurs homologues allemands.
    Quant à la durée de vie moyenne plus courte en Allemagne qu’en France, étant donné que c’est vrai aussi pour classes riches, il faut trouver une autre explication que le niveau matériel de vie.
    Je crois, à vérifier, que la durée de vie moyenne est plus longue en France que partout ailleurs sauf au Japon. C’est ce que les les Américains appellent sottement le french paradoxe », et qui n’a rien d’un paradoxe.

  43. Souris donc

    Le french paradox n’est-il pas que les Français devraient avoir plus de problèmes cardiovasculaires à cause de leur consommation de foie gras et de vin ? Je savais bien qu’il me fallait défendre le gavage. Le gavage, une mesure de santé publique.
    Quant à l’espérance de vie des Allemands, leur population vieillit, c’est même leur problème, le german paradox.

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