Rêveries d’un Voyageur distrait

L’autre jour une occasion me permit de faire preuve encore une fois de ma distraction. Devant me rendre à un endroit, j’eus le malheur de m’assoupir au mauvais moment, laissant ainsi passer l’arrêt attendu. Pourtant, sur ce trajet de train erroné, je fus prit de court par la Beauté. Sur ce chemin sublime, l’innocuité de mon erreur fut vite remplacée par un avantage précieux: l’extase devant la Nature.

Oh les philosophes ont longtemps glosé sur cette déesse première, ils lui ont donné substance quand les poètes lui ont donné absolu. Il ne me viendrait donc pas à l’esprit de tenter une vaine conquête de ces terrains maintes fois explorés – je n’en ai ni l’envie, ni les moyens. Tout juste oserais-je proposer quelques misérables impressions, fruits des tourments de mon âme vagabonde.

Je me mouvais ainsi ce jour-là à la faveur du destin, porté par la grâce mécanique du monstre à tête d’obus, traversant champs et villages l’esprit baguenaudeur. Je me mis alors à observer paisiblement le paysage défiler a contrario avec affolement. Fort heureusement, la machine n’avait guère l’envie de se surmener… Le décor était donc clair, l’opportunité d’un véritable festin dont je me goinfrai sans scrupules.

Ce trajet inopiné fut en effet l’occasion d’observer le superbe en solitaire. Toute cette verdure me régénérait promptement, je respirais par les yeux à travers des hublots et récoltais ce vert émeraude avec le lucre d’un orpailleur. Ces grisonnantes petites églises, ces étendues d’herbe que venait claquer amicalement un doux vent estival, ces rangées d’arbres au garde-à-vous et ces nonchalants ruisseaux cristallins, me ravissaient au point de me faire oublier la carcasse métallique qui m’environnait, sorte de vestige de la modernité perdu dans un environnement archaïque. L’appareil se déplaçait ainsi scruté avec attention par des colosses au corps de granit, ces pyramides forgées par le temps que venait garnir comme une barbe une épaisse futaie. Et moi j’admirais.

Il est de fortes sensations qui proviennent de si simples choses… L’émerveillement simple, me disais-je, confine à une extraordinaire félicité. Nul besoin de faire acte de foi écologiste, nul besoin de s’agenouiller. Apprécier humblement, en athée, ce salubre recours aux forêts, suffit. L’on ne dit jamais assez que les arbres, outre l’oxygène, sont d’admirables producteurs de spiritualité. Ils sont les indispensables verticalités d’un monde sans Dieu.

44 Commentaires

  1. kravi

    Ainsi, même le vindicatif imprécateur Galaad peut être saisi par la grâce quand il quitte ses postures de redresseur de torts pour se laisser toucher par la beauté du monde. C’est toujours ça de pris.

  2. J’me suis dit que pour une fois je ne parlerais pas de libéralisme.

  3. Pottier

    Marie-Jeanne au service dans le bar TGV !!!
    Même si les arbres produisaient de l’oxygène, les deux dernières phrases seraient dignes d’une anthologie

  4. QuadPater

    Laisser évoluer les choses et voir si ça marche… Ne rien imposer, pas de dogme… Ne pas limiter la hauteur des arbres… laisser une espèce qui veut explorer le vent inventer son propre mécanisme de vol bien à elle… La Nature est libérale, Galaad.

  5. Là c’est vous qui me cherchez Quadpater !

    P.S.: On est bien d’accord, le libéralisme c’est la loi de la Nature, avec tout ce que ça a de liberticide et d’impitoyable. La loi de la jungle en somme.

  6. kravi

    Métaphore périlleuse car non pertinente. La nature se fout pas mal d’être bonne ou mauvaise. Elle est, et c’est tout.
    Nous autres humains l’ordonnons temporairement, l’exploitons avec respect ou la saccageons, c’est selon.
    Nous en sommes parties prenantes et pourtant bien différents de nature. C’est ce qui nous permet d’être touchés quand nous sommes en adéquation.

  7. QuadPater

    Hélas non, nous ne sommes pas d’accord.

    – « La loi de la Nature » n’existe pas. La Nature (la Vie si vous préférez) n’édicte aucune loi, c’est cela qui est magique. La liberté de création et d’expérimentation est totale, la seule contrainte est de respecter la physique et la chimie.

    – la paradoxale « loi de la jungle », que l’on peut reformuler en « y’a pas de loi, que le plus fort gagne », n’a rien à voir avec la vraie jungle, où tout est équilibre dynamique + régulation. Où tout individu, toute espèce ne « gagne » rien d’autre que le fait de vivre tant qu’elle s’adapte à la présence des autres.

    – le terme « impitoyable » ne convient pas à cause de son anthropocentrisme. Nous dirons a-moral, en dehors de la morale humaine.

    – Quoi, liberticide ? qui, liberticide ? où, liberticide ? quel rapport avec nos propos ? vous devez respecter un quota de termes gauchistes dans vos messages ? 🙂

  8. Moi ce que je remarque surtout c’est que quoi que j’écrive l’on arrive de toute façon à débattre du libéralisme. Je crois que je suis maudit.

    La loi de la nature c’est celle de l’évolution, le darwinisme quoi. En disant que la nature est libérale, vous êtes bien d’accord avec moi : l’accomplissement du libéralisme, c’est le darwinisme social. D’où l’usage du terme impitoyable, car en effet la nature est belle et bien impitoyable : elle n’a pas de pitié, encore moins pour le plus faible. Ce n’est pas un jugement moral, c’est une constatation, la Nature étant amorale elle est a-pitié… C’est ce qui la différencie de l’Homme qui peut, lui, se soucier du plus faible et même faire en sorte que le plus fort se préoccupe du plus faible. L’Homme peut ainsi aller au-delà des déterminismes animaux liés à ce qui est différent, à l’Autre : le racisme, la destruction de ce qui est étranger à son territoire. Il peut la surpasser.

    La nature est liberticide car ses membres sont à peu près totalement déterminés. On peut même penser que l’Homme ne survivrait pas au monde libéral puisqu’il n’a pas les armes innées des autres animaux, il est forcé de faire de la solidarité, de se regrouper, pour lutter contre la nature ou l’accomplir. « L’homme est cet animal fou dont la folie a inventé la raison » dirait mon pote Momo éboueur. Et en effet, l’homme est fou. Seul l’homme peut trébucher, faire des erreurs, aller à l’encontre de son intérêt pur. Le désintérêt est humain, car il n’est pas libéral.

    Seul l’homme ne peut survivre sans une transmission de connaissances, d’une langue, d’une morale, etc… En sorte que l’ordre spontané tant vanté du libéralisme n’est possible que dans la Nature, car comme vous le dites elle arrive à faire son harmonie et son ordre inconsciemment, par la logique purement animale des instincts : l’intérêt bien compris du lion qui chasse le zèbre, du prédateur et de la proie. L’ordre spontané dans l’Homme, à moins de devenir une Machine, un D-503 – l’aboutissement final de cette logique quand on y réfléchit – est impossible, et son imposition, comme toute utopie dogmatique, ne peut provoquer que des heurts, sans jamais être réalisé dans les faits. D’où cet incroyable résultat de voir qu’après l’application des remèdes de cheval qui le tuent, les mêmes s’obstinent à recommander lesdits remèdes pour parvenir à guérison : les économistes sont les médecins de Molière du 21ième siècle. On sait trop comment cela se termine : après un long cheminement douloureux, le corps social n’en peut plus et explose. « Laissez faire, laissez passer » conduit irrémédiablement au « travail qui rend libre » !

  9. Enfin ce n’est pas tout mais j’attends aussi, si possible, des critiques de mon style – car à la base ce n’était qu’un exercice d’écriture.

  10. Joli texte qui ne peut s’empêcher de finir sur une ineptie… « Un monde sans Dieu. »

  11. Guenièvre

    « L’émerveillement simple, me disais-je, confine à une extraordinaire félicité. »

    C’est, pour moi, vraiment une très belle phrase , la plus belle phrase de votre texte, celle qui traduit l’essentiel, sans fioriture. Faites simple Galaad, simple, mais sans vous déprécier : vos impressions ne sont jamais « misérables » !
    J’aime aussi le « je respirais par les yeux »

  12. C’est en effet un postulat personnel, d’où mon lyrisme athée. Mais je pense que vous serez d’accord avec moi pour dire que nos sociétés – je pense surtout aux francophones belges et à la France – sont de moins en moins religieuses. Il y a après tout de moins en moins de croyants chez nous, et les croyants le sont de moins en moins (pensons à ces chrétiens qui ne croient pas en Dieu, un peu comme ces marxistes qui ne croient pas en la lutte des classe). Suite à la déchristianisation révolutionnaire, suite à la modernité, la société des individus n’a plus de sens religieux donné d’avance par la société et intégré comme tel par les individus. C’est, il me semble, ce que l’on nomme plus communément la sécularisation. Merci pour le compliment !

  13. Aventin

    @Galaad,

    Je ne crois pas au lyrisme athée. Ce qui part de l’âme est passé par dieu. Luc Ferry a posé ou a reposé la question d’une possibilité d’un art laïque. Je crois cela impossible. Pour moi l’art est un moyen pour l’esprit de se manifester dans la matière – d’en triompher. »Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde »(Jean 16-33). Le lyrisme athée n’est-il pas un refus d’ouvrir entièrement les yeux, ou de se souvenir vraiment en remontant à la source ? Je ne crois pas non plus à la déchristianisation en occident. La sécularisation ne fait aucun doute, mais qui aurait l’idée de réduire le message chrétien à l’institution qu’est l’église, ou aux églises. Il reste que « nous ne pouvons pas ne pas nous dire chrétiens »(Croce). Je maintiens que la vraie et unique révolution en occident a eu lieu avec le gars de Nazareth ; tout le reste n’est que soubresauts divers et variés, plus où moins heureux, plus ou moins fidèle à la cause première. J’ai moi aussi des réserves sur l’église, évidemment.La question de l’église est une vraie question. A ce jour, je n’ai pas de réponse satisfaisante sur ce point.
    Bravo pour ce texte.

  14. Merci Guenièvre, contrairement aux apparences je pense que la simplicité est une vertu. Et je dirais même plus : la simplicité est révolutionnaire. Mais je suis un impayable graphomane, je ne peux vraiment pas m’exprimer façon twitter, les réponses en 10 lignes me sont très difficiles.

  15. @Aventin : Léon Bloy disait déjà à son époque que les chrétiens n’avaient plus rien de vraiment chrétien – il détestait la plupart de ses coreligionnaires -, que les vrais chrétiens étaient de plus en plus rares. Péguy disait pareil en affirmant que les hussards noirs laïques anticléricaux des débuts de la IIIe République étaient bien plus chrétiens, sans le savoir, que les bigots du début du XXe. Je crois pour ma part qu’il est de moins en moins possible de se dire « chrétien », à plus forte raison « catholique ». Les (non-)valeurs capitalistes ont triomphé grâce à la révolution libérale, et engloutissent désormais tout, les valeurs spirituelles, religieuses, républicaines, tout. On ne me fera pas dire qu’il y a quoi que ce soit de chrétien dans ces hordes de consommateurs puant la publicité par tous les orifices, ou ces bigots des temps modernes attroupés dans ces monstrueuses cathédrales de verre à écouter les prêches d’un charlatan en costume.

    Je ne suis pas chrétien, je dirais même que je suis anti-chrétien. Je suis un athée matérialiste qui se cherche, mais républicain je dois hériter de ce « catholicisme sécularisé » (Debray). Je me sens bien plus proche des philosophies grecques, comme je vous l’ai déjà dit, avec un soupçon de rigueur romaine. Pourtant, j’éprouve une véritable admiration pour ces écrivains chrétiens hétérodoxes et marginaux – Bloy, Péguy, Ellul, Bernanos en tête. Cela doit venir de mon côté antimoderne.

    Pour en revenir à l’art, je ne suis pas d’accord. Je dirais même plus : je pense que tout art est par essence laïque. L’art est ce qu’il y a de plus laïque, car c’est en donnant forme au divin que l’artiste ramène celui-ci à l’ordre immanent de l’Homme. Je ne suis pas platonicien, je ne crois pas aux idées pures, ni à un ciel quelconque, a fortiori des idées. « Tout art est séculier »(1) disait Arendt, et en effet l’art est éminemment laïque : il donne forme à ce chaos, cet abime insondable que l’on appelle « esprit » afin que tous puisse le voir. Il lui donne chair, il rabaisse au niveau de l’Homme même ce qu’il y a de plus absolu, de plus transcendant, à savoir Dieu. En faisant une image de Dieu ou du Paradis, l’artiste sécularise le divin. L’Art est le produit le plus magnifique de ce génie humain si particulier que Castoriadis appelait « imaginaire radical ». Et matérialiste anti-cartésien, je ne fais pas une séparation entre esprit et matière, je pense que l’esprit EST matière. Pour citer l’admirable Péguy,
    « Car le spirituel est lui-même charnel
    Et l’arbre de la grâce est raciné profond
    Et plonge dans le sol et cherche jusqu’au fond. »

    On peut être athée et penser la transcendance, dans le Temps, le Monde, l’Humanité. Je ne crois pas qu’il faille être croyant pour cela.

    Merci.

    P.S.: Pour moi la plus grande Révolution fut celle de l’Athènes antique et démocratique, celle où naquit pour la première fois l’imaginaire d’auto-institution radicale de la société, où le philosophe était citoyen et vice-versa (tout le contraire du charlot Platon, qui annonça par son exil intellectuel la décadence de la démocratie grecque).

    (1) »(…)si la beauté, beauté d’une cathédrale comme beauté d’un bâtiment séculier, transcende besoins et fonctions, jamais elle ne transcende le monde, même s’il arrive que l’œuvre ait un contenu religieux. Au contraire, c’est la beauté même de l’art religieux qui transforme les contenus et les soucis religieux ou autres de ce monde en réalités mondaines tangibles. En ce sens tout art est séculier, et la particularité de l’art religieux est seulement qu’il «sécularise», réifie et transforme en présence «objective», tangible, mondaine, ce qui n’existait auparavant qu’en dehors du monde – où il n’importe de suivre la religion traditionnelle et de localiser ce «dehors» dans l’au-delà d’un avenir, ou bien de suivre les explications modernes et de le localiser aux plus intimes replis du cœur humain. » (Crise de la culture)

  16. QuadPater

    kravi, je connais bien mal les mécanismes économiques, mais il me semble que la régulation d’une économie libérale s’appuie plutôt sur des rétroactions que sur des contraintes, ce qui la rapprocherait davantage du fonctionnement du vivant qu’une autre.

    Ma « conclusion » n’est pas une métaphore mais une taquinerie envers Galaad. 😉

  17. La loi de Darwin et la loi de l’éthologie me paraissent nettement plus contraignantes que les lois de l’Homme, mais sans doute encore un poncif de gauchiss’ ;-).

  18. QuadPater

    Meuuh non vous n’êtes pas maudit. À force de lire les gens on leur [découvre ? attribue indument ?] des marottes. Exemple, le jour où je ne glisserai plus dans mes messages des allusions à la biologie, la science-fiction ou l’invasion de l’Europe par l’islam vous pourrez en déduire qu’on a piraté mon compte WordPress.
    La vôtre à vous, telle que moi je la vois, c’est la lutte contre le libéralisme.

    J’aurai deux-trois trucs à vous objecter sur Darwin mais on verra ça demain.

  19. Aventin

    @Galaad,

    Je suis d’accord avec Bloy. Mais je ne vous apprends rien.J’ai beaucoup aimé « Le sang du pauvre » ou « Le désespéré ». Je ne comprends pas la raison pour laquelle vous êtes anti-chrétiens. Que le christianisme vous indifére, je peux tout à fait l’entendre, mais pourquoi antichrétiens ? Il faut récuser le message des Evangiles ?

    Quant à l’art laïque… Où trouve t-on souvent a Rome, à Florence, tous ces chefs-d’oeuvre ? Dans des églises, non ? Je ne doute pas que parmi la fine fleur de l’art contemporain il y ait peu de chrétiens – « croyant » – et un certain nombre de matérialistes? Non ? Le contemporain à parfois même besoin de l’image du Christ – théâtre…- pour bredouiller un propos qui d’ailleurs, bien souvent, est un modèle de vacuité encadré par la prétention la pire.

    Sur la séparation entre esprit et matière, je repense à l’Evangile de Thomas : « Si c’est la matière qui a créé l’esprit, c’est une merveille. Si c’est le contraire, c’est une merveille des merveilles. Mais moi, je m’étonne comment ce tout peut habiter ce néant. » Débrouillez-vous avec ça…

    Je me sens chrétien et proche des éthiques grecques (Platon, le stoïcisme impérial, notamment). Mais je crois l’Evangile plus universel encore que ces dernières. Les grecs produisent une morale d’aristocrate pour les aristocrates. Le Christ simplifie le message, l’universalise, et ne distingue pas entre l’aristocrate et l’esclave, qu’il fait destinataires égaux de sa « philosophie ».

    Je dirai enfin que je n’aime pas le mot croyant. Le mot croyant est bête. Il renvoie à des espoirs bien terrestre. On ne croit pas en la vérité, celle-ci s’impose ou est accueillie. Le mouvement volontaire de la croyance – c’est un acte – revient pour moi à venir élire dieu comme étant dieu. On croit d’abord quand on a peur ; c’est en son salut que l’on croit d’ailleurs en ces matières : autant dire qu’on est à côté de la plaque et que l’on a rien compris ou accueilli (enfin c’est ma vision des choses). Bref, on prend acte, ou pas ! Ce n’est pas la peine d’aller chercher plus loin. Plus loin, c’est déjà du bavardage.

    Le charme ou la beauté de la forme ne saurait résumer l’esprit qui réside au sein d’une oeuvre – raison pour laquelle c’est une oeuvre. Ce qui s’appelle « beau » ou « beauté » dans le texte que vous reproduisez semble être une perfection de la forme ( une beauté géométrique, grecque) : il lui manque encore un contenu. Dans une oeuvre, ce contenu, c’est la part de divin et d’éternel dont témoigne l’esprit qui s’incarne. C’est-là qu’il y a, enfin pour moi, une oeuvre : l’esprit incarné de manière singulière en une forme. Votre texte final désigne la beauté mais manque l’esprit – enfin à mon sens -. Pour moi Arendt se trompe. Y a t-il pour Arendt une différence entre beauté et oeuvre (ou Chef-d’oeuvre) ?

    Jean : 1-14
    « Et le Verbe s’est fait chair et il a planté sa tente parmi nous,
    et nous avons vu sa gloire,
    la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. »

  20. kravi

    Pour Quad du 30 juillet 2012 à 23:39
    les dysfonctionnements du site nous amènent à de plaisants contresens : je m’adressais à Galaad et non à vous. Dorénavant, j’utiliserai pour répondre le dernier cadre en bas.

  21. kravi

    Pour Galaad :
    enfin ! Il est donc possible de discuter avec vous sans que, emporté par le galop furieux de vos imprécations passionnelles, vous vous érigiez en Saint-Just d’Antidoxe, prêt à raccourcir le ci-devant libéral et à pourfendre le contradicteur un poil plus à droite que vous. Ça repose et permet la discussion.
    Ne possédant pas les tournures d’esprit d’un inspecteur de l’éducation nationale vétilleux, je ne me permettrais pas de corriger votre style : cela vous appartient.
    Pour le fonds, juste un mot : n’abusez pas du « moi je », des « oui je sais » ou des « je l’ai lu ». Nous savons déjà que votre culture est immense et votre narcissisme s’en devrait satisfaire. Les motivations à écrire, y compris sur un blog, sont multiples et respectables, à l’exception de l’étalage du soi-même et de ses innombrables qualités.

  22. QuadPater

    À Galaad et Galaad
    Exercices du jour (en moins de 5 lignes chaque)
    – expliquez-moi pourquoi vous faites une erreur grave en tentant de comparer loi Gayssot (par exemple) et loi de la Gravitation Universelle (par exemple). Piste : cherchez un tribunal chargé de sanctionner les viols de la deuxième.
    – profitez-en pour réviser la polysémie du mot « loi ».
    – « la loi de Darwin » et celle « de l’éthologie » n’existent pas. Expliquez-moi pourquoi c’est mal de tenter d’appuyer une argumentation sur des concepts inventés pour l’occasion..
    – la phrase « la Nature est liberticide » n’a aucun sens. Développez.
    – l’apparition au fil des ères de la pitié, de la solidarité, de l’empathie… chez l’Homme et quelques autres animaux supérieurs est parfaitement compatible avec la théorie de l’évolution. Dites pourquoi.

    Par ailleurs la relation proie-prédateur est à prendre en compte à deux niveaux, celui des individus et celui des populations. Vous omettez le deuxième – le plus important – ce qui enlève tout intérêt à son évocation dans le débat.

    “Laissez faire, laissez passer” conduit irrémédiablement au “travail qui rend libre” !

    Antidoxe a le plaisir de vous remettre un point Godwin pour ce passage.
    Vous êtes décidément l’homme des amalgames farfelus. On vous donne un mot, mettons ‘libéral’, et vous arrivez à caser pêle-mêle en quelques paragraphes tous les termes ayant la même racine, qu’ils aient un rapport ou non. C’est très pénible.

  23. Anti-chrétien car je suis anti-monothéiste : la morale idéaliste et le dogme des monothéismes vont à l’encontre de mon athéisme matérialiste. L’idée d’une divinité me parait à la fois insupportable et illogique. La morale chrétienne manque de virtus, elle est une morale de l’abstinence, de l’un au détriment du multiple, de l’universel déraciné et de la haine du corps. Par ailleurs, le christianisme est intrinsèquement patriarchal et misogyne, en tant que féministe je suis bien obligé de m’opposer au monothéisme tel que proclamé par les textes. Entre la prostituée et la vierge Marie, je choisis Marianne !

    Sur l’art laïque, vous confondez il me semble causalité et corrélation. Ce n’est pas parce que l’art a été majoritairement religieux, parce qu’il y a plus de gens ayant la foi dans les artistes figuratifs que dans les artistes d’art dit contemporain, que cela prouve qu’il n’y a d’Art que divin. C’est non-sequitur. Si l’art est majoritairement religieux, c’est tout simplement parce que celui-ci s’inscrit aussi dans un donné, dans une culture, une civilisation, et que bien souvent à l’origine de celles-ci se trouve une religion qui lui donne un sens. Les symboles issus de la religion sont alors employés par les artistes pour faire de l’art, tout comme les symboles mythologiques. Mais il n’y a pas que cela. Il y a eu et y a toujours de grands artistes agnostiques ou athées, je pense que vous le savez autant que moi. Et parmi les plus grandes productions artistiques se trouvent des créations qui n’ont rien de religieux, qui ne font que dépeindre la beauté du Monde, la vie de l’Homme, la splendeur de la Nature, ou tout simplement le Réel. L’art a besoin de transcendance, d’où aussi une prépondérance du religieux, mais la transcendance n’est pas uniquement religieuse. Des choses durent sans appeler à l’aide Dieu, je crois que c’est là où nous divergeons fortement. Pour vous, de ce que j’ai lu de votre part sur antidoxe, là où Dieu finit commence le règne de l’instantané consumériste.

    Sur l’éthique grecque, nous différons là aussi, car pour ma part je me sens plus proche des éthiques grecques matérialistes (Epicure, Démocrite) et honnis Platon, qui pour moi augure déjà les dogmes modernes du libéralisme et du marxisme, avec l’intellectuel à l’écart de la société, la République des cuistres (vous connaissez comme moi la critique orwélienne du stalinisme ; voir aussi l’expertocratie ou la technocratie libérales), le ciel des idées parfaites et pures, dont les averses devraient purifier le monde réel imparfait, etc… Le stoïcisme me conviens moyennement. Mais je manque de lectures pour me faire une véritable idée sur le sujet : comme je vous l’ai dit, je me cherche encore, d’autant plus que pour l’instant mes lectures ont surtout un caractère politique et non éthique ou individuel.

    Sur croyance, je parle de croyance car cela ne découle pas en effet d’une connaissance rationnelle. La raison rend l’existence de Dieu futile et illogique – voir l’abbé Meslier. C’est en cela que je vois dans celle-ci une facilité, car la « lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil » (Char). Pour autant, l’homme qui croit en Dieu n’est pas forcément plus bête ou moins libre qu’un autre. Bernanos plutôt qu’Ayn Rand les yeux fermés…

    Sur Arendt : elle ne résume pas l’oeuvre à la Beauté au sens le plus froid du terme. Au contraire, plus loin dans ce texte elle parle bien de la durée comme définition de la Culture : n’est culturel que ce qui dépasse la durée de la simple consommation pour durer à travers les siècle, transcender le temps. L’art que nous détestons confond vie et monde, loisir et culture, consommation et art. « La culture concerne les objets et est un phénomène du monde ; le loisir concerne les gens et est un phénomène de la vie. ». Il est bien évident que la pissotière de Duchamp ne durera pas des siècles, si ce n’est en tant que symbole d’une époque décadente (ou dans les latrines de l’historiographie avant-gardiste).

  24. Nooon ma culture est loin, très loin d’être immense (ce n’est pas de la fausse modestie, c’est un fait, je raisonne en termes généraux et n’ai de véritable culture que politique, je suis inculte en matière d’art, de philo, d’histoire, etc…). Par ailleurs, l’emploi systématique de la première personne, croyez-le ou non, est chez moi le résultat d’une volonté de ne pas trop paraître péremptoire ou docte. Le je introduit mon subjectif, là où il n’y aurait que de l’objectif. Le problème c’est qu’à force, cela donne une impression narcissique ou égotiste. Donc ici j’affirme que ce n’était pas du tout mon intention !

  25. kravi

    Galaad, « Anti-chrétien car je suis anti-monothéiste ». Seriez-vous un admirateur de Jean Soler lui-même encensé par Onfray ? votre amour proclamé pour les Grecs, selon certains inventeurs de la démocratie, semble le laisser entendre.

  26. – Je ne mets pas un signe égal entre Darwin et Gayssot. Je ne les compare pas non plus. Je réponds à votre affirmation que « la nature est libérale », en vous montrant qu’en effet il n’y a de libéral que la Nature, seul milieu où l’ordre spontané est véritablement concevable. La différence entre la Nature et l’Homme, c’est que celui-ci ne se résume pas à cette première. Il n’est pas totalement déterminé par la loi de l’évolution, non seulement ses loi qui s’appliquent à lui sont modifiables et changeantes, mais en plus il peut aller à l’encontre des lois de la nature, ici de l’évolution. Jusqu’à un certain point, évidemment, car l’Homme est aussi issu de la Nature. C’est aussi un animal. Mais le libéralisme le résume à cette part animale, avec son primat de l’intérêt bien compris, de la main invisible et autres sottises de ruche mandevilienne.

    – Sur Darwin et l’éthologie, c’était sommaire j’en conviens. Ce que je voulais exprimer par là c’est que les autres animaux sont à peu près totalement déterminés par ces lois de la nature, par leurs instincts, par la loi de l’évolution (je dis à peu près car il serait faux d’affirmer qu’ils sont incapables de raisonnements abstraits ou à moyen terme). Bref, par leur animalité. L’Homme non. Celui-ci par un long processus d’évolution a su s’extraire de ce long cheminement afin de développer des choses qui lui sont propres : la démocratie, la morale, la pitié, la solidarité, et plus particulièrement l’égalité, qui n’est pas naturelle en soi. Je crains que le libéralisme soit un retour brutal à cet état de nature, justifié par des sophismes complexes et une vision du monde où le plus fort doit logiquement l’emporter sur le plus faible.

    – La Nature est liberticide car totalement déterminée. Laissez là s’organiser elle-même et en effet un ordre surgira de lui-même, tout simplement parce qu’elle ne réfléchit pas. L’Homme lui a besoin de constituer son ordre, et quand il veut être autonome, il a besoin de le délibérer collectivement.

    – Le darwinisme social est incompatible avec les notions de morale, de pitié, de solidarité, de charité, etc… C’est la loi naturel du plus fort qui l’emporte sur le plus faible. On n’imagine pas un loup prendre soin d’une brebis, et bien de la même manière pour le darwinien le riche n’a aucun devoir envers le pauvre.

    – Non ce n’est pas un point Godwin, c’est un fait historique. La politique de déflation du chancelier Bruning a conduit à l’arrivée au pouvoir de Hitler. La dérégulation financière et économique américaine, le laisser-fairisme des dirigeants de l’époque, ont conduit à la crise de 29 et aux grands désastres qui en découlèrent. Si je ne résume évidemment pas le totalitarisme à l’économie libérale, je n’ai pas peur d’affirmer que l’économisme libéral, son libre-échangisme furieux, ses destructions sociales et son anarchie économique ont grandement aidé les dictateurs de l’époque, en particulier Hitler. La chienlit laisser-fairiste est un fumier fertile où viennent pousser les plantes qui serviront plus tard de combustible aux brasiers humains.

  27. Je ne l’ai pas lu (si ce n’est le résumé d’Onfray) donc je ne pourrais pas affirmer cela. Il me parait évident néanmoins que la démocratie est une invention grecque à la base.

  28. Je rajoute par ailleurs que le mythe du Progrès ainsi que l’illimitation humaine, pour moi, découlent si l’on va jusqu’aux racines, du christianisme. L’homme qui peut tout faire et qui n’a pas besoin de limites, n’est que la transposition du divin monothéiste dans l’Homme, et le Progrès le fruit de la vision linéaire chrétienne. La modernité n’a fait que transposer le Dieu unique et absolu dans l’Homme, lui donnant alors cet imaginaire d’expansion illimitée de la pseudo-maitrise pseudo-rationnelle. Chez les Grecs, même les dieux sont limités, ils ont non seulement apparence humaine et attitude humaine, mais ils sont aussi soumis à des lois qui leur sont supérieurs. Avec Dieu, tout cela disparaît, celui-ci devient abstrait, unique, absolu, auto-engendré, omniscient et omniprésent, avec une maitrise rationnelle parfaite et illimitée. Il peut tout.

  29. Galaad, « Anti-chrétien car je suis anti-monothéiste ». Donc j’imagine que vous êtes aussi anti-musulman !
    OK, je sors…

  30. Anti-chrétien n’est pas le mot adéquat vous avez raison, j’aurais du dire anti-christianisme. En ce sens, je me sens aussi bien évidemment anti-islamique, et anti-judaïque de manière individuelle. L’expression islamophobe me parait être l’insulte la plus raciste envers les athées. Je ne suis pas malade! Pour autant, je ne fais pas de cette conviction personnelle un outil de revendication dans la sphère publique, je ne confonds pas non plus musulmans laïques et musulmans intégristes, car je suis laïque avant tout. Ca me paraît être de l’ordre du bon sens.

  31. hathorique

    Ce que je lis ici est très intéressant et votre style à mille lieues de ce que laissait croire vos tribunes précédentes, or donc si il vous a été révélé les charmes de Dame Nature, c’est par pur hasard qui n’a donc pas besoin de la nécessité pour donner à voir la beauté du Monde, seriez vous rousseauiste ?
    Mais cette nature que vous avez admirée n’a rien de naturel elle est le fruit d’un travail constant durant des siècles de l’homme pour la domestiquer, la transformer à son usage et la plier à sa convenance.
    @Aventin
    l’Art et la Religion sont nés mains dans la main au fond d’une caverne, qui n’était pas encore platonicienne, et l’une et l’autre se confronteront pour l éternité dans une lutte sans fin.
    Ils se sont unis l ‘espace d’un court instant dans l’Art sacré du Moyen Age, mais les primitifs flamand et surtout les peintres de la Renaissance ont permis leurs émancipation respective.
    Depuis Dante et Giotto l’artiste a dans notre culture occidentale une responsabilité individuelle Il donne Sa vision du monde en prenant le risque de se tromper.
    La représentation religieuse est heureusement sortie gagnante de la querelle entre les iconoclastes et iconodules qui se déchiraient dans la Byzance du VIII° siècle sur le rapport entre le monde divin et ses représentations.
    Vous parlez de Florence, mais le Duomo de Ste Maria del Fiore n’a pu exister que parce que Brunelleschi a longuement arpenté Rome qui au début du 15° n’était que ruines antiques. Il a étudié les monuments anciens et s’est s’inspiré de ses merveilles et surtout du Panthéon romain, durant ces études il retrouva les lois mathématiques qui les réglaient et en fit le principe essentiel d’une nouvelle architecture religieuse en Italie ,
    Pour ce qui est de la Foi, je crois qu’il ne faut jamais forcer autrui à penser comme soi.

  32. Aventin

    On peut être chrétien à la manière de Bloy, on peut l’être enfin sans passer par le dogme des églises, quelles qu’elles soient. Pourquoi faudrait-il médiatiser la relation à une éventuelle transcendance. Je suis tout autant laïc que vous. Au sein de la sphère privé je réserve même une sphère intime qui est le juste périmètre de la croyance. Toute autre attitude se porte vers la revendication de nature politique par le biais du fait religieux. L’espace public est politique, par nature.

    Pour ma part je ne me réfère pas à une divinité anthropomorphique mais à une forme d’existence supérieur à propos de laquelle les mots sont sans efficacité le Christ étant un – parmi d’autres – médiateur inspirée, sachant laisser à César ce qui lui appartient.

    Je ne vois pas enfin en quoi le monothéisme induirait nécessairement la guerre ici bas aux autres dieux. J’ai défini pour moi le périmètre du religieux.

    Je ne vois rien dans les évangiles appelant à la haine ou à la destruction de l’autre ou de ses « croyances ». Encore une fois, vous voulez faire de moi un catholique, un orthodoxe ou un protestant, ou que sais-je d’autre : je répète que je refuse de me reconnaître chrétien au sein d’une institution ecclésiale.

    Je ne vois pas plus dans les Evangiles de haine du corps – révélé l’esprit n’est pas haïr le corps – pas plus que je n’y vois de l’antiféminisme (voir les gnostiques, ou se rappeler l’épisode de la samaritaine…). Vous confondez le dogme catholique – ou de toute autre église chrétienne – avec les Evangiles – c’est pénible.

    Je ne mentionne pas l’art comme fait religieux, mais comme possibilité d’un fait spirituel – l’esprit… son incarnation…

    Scindez religion (au sens courant) et spiritualité ! Dieu, si c’est le nom qu’il faut lui donner, n’est pas une aide, mais un constat – enfin pour moi.

    Quant à la virtù, je me demande si la plus haute n’est pas celle qui donne la force de tendre la joue gauche. Et, là encore, je ne vois pas où est ce défaut de virtù dans la vie du Christ.

    Sur les éthiques grecques, je maintiens – vous le relevé pour Platon – que cela reste des philosophies pour aristocrates ou pour Happy few. On trouve des croix sur les trottoirs de Manille, et bien plus rarement le « De rerum Natura » ou les « Pensées pour moi-même ».

    Ce qui dur c’est l’esprit, c’est la part la plus solide de ces chefs-d’oeuvre intemporels dont l’enveloppe, la forme, finira par disparaître.

    Sur le libéralisme contemporain, je fais le même constat que vous. Sa vulgarité est de plus en plus insupportable. Pour ma part, ce qui m’inquiète s’agissant de nos démocraties, c’est le pouvoir d’injonction médiatique – regardez par exemple les médias anti-chavez au Vénézuéla, qui finance ?. Le journalisme actif signifie forcément liberté et démocratie ?

    Personne n’aborde réellement ce sujet du pouvoir médiatique et de la force de sujétions de celui-ci. Il faut se détourner un moment des grands médias et du grand flot d’injonction pour se rendre compte du lavage de cerveaux en cours – volontaire ou non, ce n’est pas même le problème.

    C’est après, en revenant vers le monstre distributeur de soft power postérieurement à une longue diète d’images et de propos, que l’on se rend compte de la domestication des esprits qui est à l’oeuvre. Les médias sont une grande entreprise d’abrutissement des populations. Le cinéma – qui pour moi n’est pas un art – est une superbe machine de propagande (Cf Hollywood).

    Il reste heureusement la réinformation par le net, et certains pans de la presse étrangère. En France le phénomène est particulièrement prégnant, l’emprise et le black out particulièrement efficace. Prenez ne serait-ce que le débat sur l’Euro, juste cela… le débat existe à l’étranger, chez nous il est impensable, interdit, blasphématoire.

    Bref, les médias sont, je le répète, la plus grande des catastrophe démocratique de ces 30 dernières années, et ce surtout depuis qu’ils sont aux mains du libéralisme économique et culturel – deux faces d’un même euro-dollar – le plus décomplexé.

    Dis-moi qui te paie et je te dirai qu’elle est ta ligne éditoriale.

  33. Aventin

    @ Hathorique

    Je crois Hathorique qu’au moment même où un homme souffle une poussière de couleur sur la main qu’il appuie sur les parois de sa caverne, apparaît l’esprit, sa manifestation : l’Homme est là. Tout art véritable est une victoire sur le temps, la matière et la mort. Je relie l’art d’abord à la spiritualité, et ne dénie à aucun moment la part de spiritualité des religions. Je ne parlerais pas pour ma part de foi malgré une indéfectible fidélité – mot même dépourvu ici de sens – en la « bonne nouvelle ».

    😉

  34. Aventin

    @Galaad,

    Just for fun :

    😉

  35. hathorique

    OUI l’Homme est là et bien là mais ce qui m’interroge toujours c’est de savoir quand, comment et pourquoi il a eu la conscience d’être à la fois la main ET l’esprit, par hasard par religiosité ???

    Mais ce sont des interrogations qui resteront à jamais sans réponse du moins pour ce soir.

  36. Je n’ai parlé nulle part d’église (par ailleurs Bloy, ou Bernanos, se revendiquaient de l’église catholique). Le problème c’est que vous avez une définition très, très personnelle de ce que vous nommez le christianisme, ce faisant vous ne comprenez pas que l’on puisse être anti-chrétien parce que vous ne voyez rien de mal dans votre interprétation très très personnelle de la Bible. Le christianisme, hélas, n’a pas été ni historiquement ni dans ses courants ayant vraiment fait religion (communauté) ce que vous semblez prendre pour le christianisme. Néanmoins, je vois quand même des divergences qui me font être aussi anti-chrétien du point de vue de votre définition du christianisme : l’idéalisme. Vous avez une métaphysique idéaliste, platonicienne qui vous fait prendre l’esprit pour autre que de la matière – quelque chose à côté. Nous ne sommes pas d’accord ici. Ceci vous pousse par exemple à dire une énormité, selon moi, comme quoi l’esprit dépasserait la matière, et là où cette dernière disparaît dans le temps, cette première serait apparemment infinie, ce qui me parait absurde tout au plus puisque sans matière il n’y a plus par définition d’oeuvre. Cet esprit est une vue de l’esprit… Brulez Aivazovsky et vous n’aurez que des cendres de peinture. Il est clair que sans matière il n’y a plus d’esprit, à moins de soutenir l’invraisemblable. Je dirais même plus : il n’y a rien de plus idéaliste que l’art contempourri qu’on sert à grand renfort de balivernes au Palais de Tokyo. Il y a un sacré mépris de la forme en effet dans ces sottises informes et infâmes, ces abstractions moches et ces ramassis d’ordures dont on semble faire l’emblème de l’art présent. Ce mépris de la matière me parait très spirituel dans sa distinction esprit-matière.

    Je ne confonds pas les dogmes de l’Eglise et l’Evangile, vous parlez comme un jésuite. Vous avez lu la Bible, vous ne pouvez nier qu’il s’y trouve des passages intolérables et insupportables. N’est-pas dogmatique que d’affirmer qu’il ne se trouve pas des archaïsmes rigides et inaceptables dans un texte qui date du 1e millénaire ? Etes-vous philosophe ou missionnaire ? « Les juifs sont les fils du Diable » – Jésus ou Momo l’éboueur ? Je n’ai pas besoin de mentionner les innombrables passages antisémites des évangiles, ou misogynes de la Bible en général, ce sont des évidences. Le texte, enfin, manque de virtus, car il prêche à plusieurs reprises l’acceptation et le pardon absolus (la fameuse joue gauche), ce qui a cette assez fâcheuse tendance de servir les tyrans – mais après c’est vraiment de l’ordre de l’interprétation, il a existé des mouvements révolutionnaires chrétiens.

    Je pense que la Bible est un bon texte poétique ou lyrique, ce n’est pas de la haute philosophie, mais je n’irai pas par dogmatisme le dénigrer à tout jamais. Je vois le socialisme comme l’accomplissement des diverses traditions, je ne suis pas partisan de la table rase et je pense qu’il y a du bon dans l’héritage chrétien.

    Totalement d’accord avec vous sur les médias, ce contre-pouvoir qui est pouvoir sans en vouloir les responsabilités.

  37. Aventin

    @Galaad,

    Mettez-moi du côté des courants gnostiques si vous le voulez (ça m’ira). Il reste que le texte est-là. Je suis fidèle à ce texte (Evangiles).

    « Il est clair que sans matière il n’y a plus d’esprit »
    Nous divergeons sur ce point, c’est entendu.

    Je ne dis pas que l’art – pour moi – est esprit, mais qu’il est cette incarnation en une forme au sein de la matière. L’art est cette incarnation – enfin pour moi.

    Je ne vois pas à quel moment l’esprit s’incarne dans l’art contemporain – c’est bien ce que je lui reproche. Il est donc, pour moi, une production purement matérialiste et horizontal, correspondant bien à cette époque matérialiste et libéral (soyons clairs, je ne réduis évidemment pas le courant matérialiste – je sais quels sont vos références, de quelle philosophie il s’agit – au libéralisme qui est lui amoral et parfois immoral).

    Vous confondez manifestement les Evangiles – et notamment synoptiques – avec la bible. Je ne retiens pas la bible au titre de mes convictions intérieurs.

    Tentez Eckhart (lequel a été condamné par l’église, ça vous plaira… :-)), un mystique rhénan comme l’on dit.

    Chavez est matérialiste ?

    Amicalement.

    ps : tenez, je viens de me lancer dans la lecture de Maine de Biran… (je sais pas encore où ça mène, de Biran. Ok je sors !)

    😉

  38. Souris donc

    Kravi, c’est vous le spécialiste. « Narcissisme et étalage du soi-même », ça s’appelle exhibitionnisme. C’est exactement comme celui qui sort sa bite. C’est puni par la loi, mais en général, suffit de leur dire « Cache ça, tu vas prendre froid », pour les mettre en fuite. Ils ne sont pas méchants.

  39. isa

    @Galaad qui demande ce que l’on pense de son « style »: me rappelle celui de certains allemnds du premier tiers du XXème siècle: même adoration du Dieu Nature, même sens de Sa Supériotité contemplative, même défense de spectres idéologiques.

  40. Vous avez dû manquer la partie où je dis assez clairement et distinctement que je suis « athée »… Quant à vos insinuations, elles ne me touchent guère, l’ami Jorge étant déjà passé par là auparavant avec un peu plus de franchise, je suis désormais immunisé.

  41. isa

    L’ami, vous comparer à Semprun, c’est gonflé!

    Oui, oui, athée dans le plus pur style néo-panthéiste.

  42. Non, Jorge as in George Kaplan… qui avait fait les mêmes insinuations sur moi et mon idéologie. Le panthéisme n’est pas athée. Je ne me sens pas d’affinités avec les dévots de la Nature. Je n’ai de dévotions aucune. Je ne suis pas fan de Jorge Semprun. Z’avez d’autres sottises à me sortir ?

  43. isa

    Est_ce une bêtise ma confusion entre les deux georges(écrit « jorge »)?

    Comment puis_je comprendre que vous vous référez au libéral G. Kaplan?
    Comment pourrais-je connaître vos dernières amours intellectuelles (vaut mieux préciser) sauf à lire @SI (E. Chourd, les Athéniens, toussa, toussa).

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