Bien, Mal et Pouvoir chez les Libéraux d’après Jean Baechler

Dans son ouvrage « Qu’est-ce que l’idéologie ? » paru en 1976, Jean Baechler montre qu’il ne saurait y avoir de vie politique sans idéologie et que l’idéologie change avec les sociétés.

« L’idéologie est le prix que les hommes doivent payer pour pouvoir forger leur destinée au milieu des conflits et des incertitudes. Il arrive que ce prix soit excessif quand l’idéologie envahit et corrompt tout. »

Après avoir défini la nature et la fonction de l’idéologie, après avoir déterminé l’offre et les noyaux idéologiques, l’auteur examine la position des différents systèmes idéologiques sur quatre questions fondamentales: le Mal, le pouvoir, les conflits et l’extérieur. Je vais essayer de  résumer ici ce qu’il dit de la position des libéraux sur les questions du Mal et du pouvoir. Certains se reconnaîtront, d’autres seront surpris et, qui sait, certains découvriront peut-être qu’ils étaient libéraux sans le savoir…

1 – La question du Bien et du Mal

Pour le libéralisme, chaque homme, pris individuellement ou en groupe est un mélange indissociable de Bien et de Mal. Chacun a son versant lumineux et son ombre. De ce principe découlent plusieurs propositions propres au libéralisme:

A l’état de nature l’ombre tend à l’emporter sur la lumière. Si rien ne vient limiter l’expansion des tendances naturelles, la méchanceté bénéficie d’un avantage si décisif qu’elle finit nécessairement par, sinon éliminer, du moins comprimer la bonté. L’homme est à la fois un loup et un agneau. Certains sont un peu plus loups, d’autres un peu plus agneaux. Si personne ne contrôle les loups ils finissent par dévorer les agneaux. L’homme est à la fois cupide et généreux. Si on ne leur impose pas un frein, les plus cupides auront un avantage sur les plus généreux et les dépouilleront.

Le Bien et le Mal étant inextricablement mêlés, il n’y a pas de cité idéale. Pour le libéral tout projet de société idéal passe nécessairement par deux étapes insupportables, la première consiste à désigner et à anéantir une source du Mal c’est-à-dire à tuer les victimes d’une projection inconsciente. La seconde se résout en une oppression constante pour étouffer les résurgences inévitables du Mal.  Le libéralisme est de ce fait tendu entre deux pôles. D’une part il exige une société pour contenir la méchanceté, d’autre part il refuse une société parfaite. Il est contraint d’accepter une société imparfaite, c’est-à-dire une société où la méchanceté soit contenue dans des bornes à peu près tolérables. Cette société n’est pas donnée une fois pour toutes: l’anarchie, tout comme la tyrannie (qui naît du désir de perfection) menacent à tout moment et doivent à chaque instant être combattues à l’intérieur de chacun comme dans la société.

Toutes les actions, les créations et les situations ont toujours deux côtés: le bon et le mauvais, le dualisme de la nature humaine se retrouve dans ses oeuvres, il n’y a rien, strictement rien, qui n’ait son bon et son mauvais côté. Le capitalisme est un moyen extraordinaire pour vaincre la misère; c’est un moyen tout aussi extraordinaire pour asservir l’homme et le corrompre. La liberté politique est un bien délectable, c’est aussi la porte ouverte à tous les dérèglements etc.

On ne peut accroître le Bien d’un côté sans accroître le Mal de l’autre. Cette proposition découle de la précédente. L’augmentation massive des ressources a multiplié l’envie. La baisse du fanatisme religieux a été compensée par la montée des fanatismes laïcs etc.

Cette proposition induit chez le libéral un bon et un mauvais côté. Le bon côté est la prudence, la volonté de supputer, dans toute innovation, les retombées négatives. D’où un conservatisme proprement libéral, la volonté de conserver des solutions qui ont fait leur preuve. Ne serait-ce que pour cette raison, le libéral répugne aux bouleversements et aux révolutions, il préfère les réformes par touches successives. Le côté négatif est le risque d’immobilisme . Entre la prudence et l’immobilisme il n’y a pas de ligne tranchée mais des nuances et des gradations.

 2 – La question du pouvoir

Pour le libéralisme le pouvoir est à la fois un bien et un mal. Un bien en ce que seul le pouvoir permet de contenir la méchanceté naturelle. En effet, le pouvoir détient l’usage légitime de la force, ce qui veut dire que chaque sociétaire est à l’abri de la méchanceté des autres et doit pouvoir trouver un soutien et un juge auprès du pouvoir émané de tous. Mais les détenteurs du pouvoir sont aussi des hommes et peuvent en user méchamment. On ne peut compter sur la nature des choses pour maintenir le pouvoir dans des bornes supportables parce qu’il n’y a pas de limites intrinsèques à l’expansion du pouvoir: on ne peut le limiter qu’en dressant contre lui d’autres pouvoirs. Le caractère premier d’un pouvoir libéral est donc d’être un pouvoir divisé. Un pouvoir est divisé dès lors qu’il y a, dans une même société, au moins deux centres de décision dont aucun ne peut s’imposer souverainement à l’autre. Plus le nombre de centres de décision sera élevé, plus le pouvoir sera divisé et moins il risquera de verser dans la tyrannie. Mais au-delà d’un certain seuil, l’autonomie des centres se transforme en leur indépendance et l’on tombe dans l’anarchie. Le libéralisme parfait ou pur serait réalisé dans une société ou chacun des membres serait un centre autonome de décision, qui consentirait des délégations provisoires et partielles de pouvoir et ne s’inclinerait devant la majorité qu’en se réservant le droit ultime à la révolte. Pour cela il faudrait que chacun fût naturellement porté à conserver son pouvoir autonome et à ne pas empiéter sur l’autonomie d’autrui et il faudrait que le pouvoir de décision de chacun fût strictement égal à celui des autres. La conscience plus ou moins claire de l’impossibilité irréductible de remplir ces deux conditions a contraint le libéralisme à se contenter de solutions imparfaites: elles se nomment partis multiples, division des pouvoirs, contrôle de l’administration, procédures d’appel pour tourner un centre de décision oppresseur. On favorise les coalitions pour compenser les inégalités. On s’accroche à distinguer les sphères d’activité sociale, de manière à ce que l’individu ne soit pas contraint à s’identifier à l’une d’elle et puisse conserver son autonomie.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Baechler

59 Commentaires

  1. Difficile de trouver quelque chose de faux dans ce texte. En revanche sa lecture laisse une impression de manque, et après réflexion on s’aperçoit que ce manque provient de l’absence du mot « choix ».
    Le libéralisme consistant pour l’essentiel à laisser une part maximale de choix à chacun d’entre nous, on ne peut s’empêcher de chercher ce concept.
    En vain.

  2. QuadPater

    Bonsoir et merci Guenièvre !

    Critique rapide (j’y reviendrai)

    Le Bien et le Mal, §2 (A l’état de nature… dépouilleront) :: affirmations péremptoires. Les loups ont besoin des agneaux. Parce que s’ils les mangent tous, ils meurent fatalement de faim.

    – dernier paragraphe du 1/ (Cette proposition… gradation) : dans l’absolu, la volonté de conserver des solutions qui ont fait leurs preuves n’est pas liée au conservatisme ou au progressisme. Elle est seulement un signe de pragmatisme ! Quel que soit le domaine dont nous causons, remplacer une solution qui fonctionne par une autre dont on n’est pas sûr est extrêmement stupide. Le progrès, le vrai, ce n’est pas cela.
    La mise en œuvre d’un changement quelconque permettant de passer d’un état D (épart) à un état A (rrivée) – censé être plus intéressant que D – fait forcément passer par un ou des états I (ntermédiaires) de niveau inférieur à D. Plus le changement est important, plus les I risquent d’être bas – parfois même trop bas pour continuer le processus – sans qu’on soit vraiment sûr que la durée de la transition soit plus courte. Un changement par étapes choisies de façon que chacune comporte au moins une modification ET conserve au moins un des acquis antérieurs est un changement viable, efficace et pérenne. De plus il emmène un maximum de gens à bon port. Une révolution (tout « casser » et repartir de zéro) ne l’est pas car elle laisse beaucoup trop de monde sur le bord de la route : le coût humain est trop élevé.

  3. desavy

    Merci Guenièvre pour ce travail. Je dois avouer mon ignorance quant à la question du Bien et du Mal et trouve cet éclairage très intéressant.

    Impat, le concept de choix (élément central en effet) apparaît dans la seconde partie.

    Par exemple : « Le libéralisme parfait ou pur serait réalisé dans une société ou chacun des membres serait un centre autonome de décision, qui consentirait des délégations provisoires et partielles de pouvoir et ne s’inclinerait devant la majorité qu’en se réservant le droit ultime à la révolte. Pour cela il faudrait que chacun fût naturellement porté à conserver son pouvoir autonome et à ne pas empiéter sur l’autonomie d’autrui et il faudrait que le pouvoir de décision de chacun fût strictement égal à celui des autres. »

    Être un centre de décision, c’est justement avoir le choix. Décider, c’est exercer un choix.

    A contrario, dans le système soviétique, on parlait à tort d’entreprises car les « entreprises » soviétiques n’étaient pas des centres de décision. Or, une entreprise est un centre de décision.

    QuadPater : « Les loups ont besoin des agneaux. Parce que s’ils les mangent tous, ils meurent fatalement de faim. ». Certes, mais les loups ne le savent pas.

    « dans l’absolu, la volonté de conserver des solutions qui ont fait leurs preuves n’est pas liée au conservatisme ou au progressisme. Elle est seulement un signe de pragmatisme !  »

    La société évolue, les solutions aussi, tout en restant les mêmes dans leurs grandes lignes : « Ne serait-ce que pour cette raison, le libéral répugne aux bouleversements et aux révolutions, il préfère les réformes par touches successives. » Votre commentaire est en accord avec cette citation.

  4. Desavy, d’accord, l’absence du mot (choix) me trouble car il est important mais le concept est bien présent.

  5. QuadPater

    desavy, c’est bien de l’avoir remarqué ! Oui, le mécanisme de progrès le plus au point qui existe, l’évolution des espèces, fonctionne de cette façon-là. Je n’irai pas trop loin trop loin dans la comparaison mais qu’y constate-t-on ? pas de révolution, pas de Grand Soir, mais réutilisation des bons vieux principes qui ont fait leurs preuves pour satisfaire un besoin donné (tu veux voler ? fabrique-toi des ailes ! chaque espèce volante les a conçues à sa façon : seul le principe est réutilisé. Mais toujours des ailes, jamais d’hélice…)

  6. Quad, l’hélice ne remplacerait pas les ailes…-:)

  7. QuadPater

    Ben si ! comment l’hélico vole-t-il à votre avis ?

  8. Avec une voilure tournante. Ce n’est pas une hélice. Ah ah!
    Sur la lancée, et pour poursuivre votre joli rapprochement avec l’évolution des espèces, j’ajoute que cette voilure tournante est plus libérale que l’hélice,car chaque pale possède un axe de rotation supplémentaire. – 🙂

  9. L’argument classique anti-libéral ne va pas manquer d’apparaître ici :
    « le libéralisme, c’est le renard libre dans le poulailler libre ».
    J’ai donc demandé à mes 4 poules ce qu’elles en pensent, voici leur réponse unanime :
    Avec le socialisme le poulailler est fermé, nous sommes à la merci du prédateur (étatique par exemple) qui sait se faufiler sous la clôture. Avec le libéralisme le poulailler est ouvert, nous pouvons nous enfuir ailleurs si un prédateur se présente.

  10. Guenièvre

    @ Impat,
    Il est bien évident que, outre la précision de Desavy qui montre que la question du choix intervient déjà dans ce passage, cette notion est abordée à de nombreuses reprises.

    @ tous,

    Je précise que sur les 405 pages du livre de Jean Baechler ne sont résumées ici que 6 pages. C’est dire si ce n’est qu’une toute petite partie de son analyse.
    Ce qui est intéressant c’est la comparaison qui est faite à chaque fois entre les systèmes idéologiques. Par exemple sur la question du Mal , le nationalisme, le socialisme et la fascisme ont des conceptions diamétralement opposées au libéralisme et promettent le triomphe du Bien sur le Mal après avoir désigné  » l’ennemi ». Pour le socialisme , la propriété privée et la richesse porteuse d’inégalité, pour le nationalisme les autres nations et la division intérieure, pour le fascisme tout ce qui est porteur de modernité. Comme on ne peut détruire des abstractions il faut bien incarner le Mal et désigner nommément des individus et les groupes à éradiquer pour atteindre la perfection. Cette désignation peut d’ailleurs parfois être tout à fait fantaisiste .
    Si Galaad lit cela il va bien sûr s’étrangler parce que ce qui est décrit ici c’est l’idéologie de base et il est bien évident que ces idéologies de base ont évolué et se sont ramifiées à l’infini en sous-systèmes. Il n’empêche que l’on peut repérer très souvent des « tendances » dans ceux qui se réclament de telle ou telle idéologie.
    J’ai par ailleurs trouvé dans cet essai une définition tout à fait intéressante et fine de l’idéologie : « une idéologie est une formation discursive polémique, grâce à laquelle une passion cherche à réaliser une valeur par l’exercice du pouvoir dans une société. » Dans l’un des chapitres l’auteur va donc déterminer la passion qui est à la base de chaque expression idéologique …très intéressant là aussi .

  11. … « le nationalisme, le socialisme et la fascisme ont des conceptions diamétralement opposées au libéralisme »…
    À partir de cette déclaration difficilement contestable, comment peut-on ne pas pencher vers le libéralisme?

  12. Dixit Quad: ‘Une révolution (tout “casser” et repartir de zéro)….laisse beaucoup trop de monde sur le bord de la route : le coût humain est trop élevé.’
    Merci de confirme mon texte précédent sur l’indignation, révolution etc…

  13. roturier

    Que messire l’ingénieur aéronauticien nous explique la différence entre une voilure tournante et une hélice?
    Accessoirement: avoir un ‘axe de rotation’ (=degré de liberté?) supplémentaire est peut-être plus libre; mais est-ce plus libéral? Ceci supposerait une une égalité entre ‘libre’ et ‘libéral’ que je ne prendrais pas la liberté de poser.

  14. QuadPater

    Bon…voilà… peut-être qu’un hélico a des pales, un rotor. J’amende mon affirmation en « aucun animal volant n’a choisi la technique pales + rotor pour se déplacer en l’air »
    De même, il n’existe aucun poisson pourvu de rames.

    C’est bon, là ?

  15. Guenièvre

    Il faut demander aux anti- libéraux, Impat !
    Tout cela vous semble difficilement contestable donc objectif mais Jean Baechler est considéré comme un libéral bon teint donc comme un propagandiste par les anti-libéraux.
    Une anecdote : j’avais acheté ce livre au début des années 90, j’ai commencé à le lire mais j’ai arrêté au bout de quelques pages .Je baignais encore beaucoup dans les milieux  » gauchistes ». Je crois même que j’ai pensé  » quel c.. !  » Des lunettes idéologiques trop fortes vous donnent souvent une sacrée dose de morgue et de stupidité ! J’ai repris l’ouvrage au début des années 2000 , je l’ai trouvé très intéressant même s’il m’arrive de m’interroger sur certaines de ses affirmations.

  16. roturier

    Que sommes-nous merveilleusement d’accord.
    Y sont méchants, les pas gentils.
    C’est nous qui avons raison car libéraux.
    Sauf que cette notion, comme toutes les autres, ne se défini que par opposition. Et si on se met au boulot à définir les notions ‘opposées’ on risquerait d’être beaucoup moins d’accord dès qu’une application pratique deviendrait nécessaire.
    Rien que par l’idée que l’on se fait de cette notion des deux côtés de l’Atlantique, passablement opposée…
    Idem pour le bien et le mal ; sachant qu’il n’existe dans l’univers qui nous est accessible ni blanc ni noir ; seulement des nuances de gris.
    Et que ces deux notions nous sont interdites. Ceci est dit clairement dans les premiers mots de la Genèse : Adam et Eve furent chassés du paradis pour avoir mangé le fruit de l’arbre à reconnaître le bien du mal.
    A partir de ces évidences qui nous imposent le doute et interdisent les certitudes (même celle-ci…) ce texte semble relever d’un enfoncement massif de portes ouvertes. J’adore surtout la phrase : ‘Toutes les actions, les créations et les situations ont toujours deux côtés: le bon et le mauvais’.
    Ben voyons… qui l’eût cru….

  17. Guenièvre

     » J’adore surtout la phrase : ‘Toutes les actions, les créations et les situations ont toujours deux côtés: le bon et le mauvais’.
    Ben voyons… qui l’eût cru…. »

    C’est peut être évident pour vous, c’est loin d’être évident pour tout le monde. Pour beaucoup de gens encore, le capitalisme c’est le mal et uniquement le mal, pour certains laïcs la religion c’est mal, uniquement mal…et la liste est longue !

  18. … « comment peut-on ne pas pencher vers le libéralisme?…… Il faut demander aux anti- libéraux, Impat ! »…
    Justement j’ai essayé. Ils répondent que poser la question est inconcevable….
    Cela donne envie d’être libéral, non?

  19. Le paragraphe de l’article sur « La question du pouvoir » est particulièrement intéressant en regard des attaques omniprésentes contre le libéralisme accusant celui-là de prôner le laisser-faire, laisser-aller. Loin d’amoindrir le rôle de l’Etat, ce libéralisme l’organise et le tempère pour le rendre à la fois plus efficace et moins enclin à verser dans la tyrannie.
    Pouvoir de régulation, de délégation, mais de contrainte limitée.

  20. Guenièvre

    @ Impat,
    « ce libéralisme l’organise et le tempère pour le rendre à la fois plus efficace et moins enclin à verser dans la tyrannie. »

    C’est tout à fait ce que dit J.Baechler, Impat : le libéralisme sans arrêt doit trouver un équilibre entre deux écueils également haïssables : l’anarchie ( la retombée à l’état de nature) et la tyrannie . Equilibre fragile et constamment remis en cause. Ouahh! c’est fatiguant finalement d’être libéral !

  21. … «c’est fatiguant finalement d’être libéral !»…
    Oh mais il n’y a pas de doute sur ce point!
    Il est beaucoup beaucoup moins fatigant d’être socialiste, c’est même reposant. On ne se pose pas de question, on est bon et généreux et les autres sont méchants et égoïstes. Comme c’est confortable!
    J’exagère peut-être un peu, mais à les entendre…
    Une des conséquences de cette différence d’état d’esprit, est que les socialistes sont à l’aise dans le discours, les libéraux dans l’action.

  22. Guenièvre

    Comparaison entre socialisme et libéralisme , toujours selon J.B.
     » Les espèces du socialisme sont innombrables mais elles constituent un genre clairement repérable au fait que la valeur suprême est toujours l’égalité……Le socialisme s’oppose point par point au libéralisme : l’un met l’accent sur la collectivité, l’autre sur l’individu et les groupes composant la collectivité. L’un renforce l’état et l’autre s’en méfie et cherche à le limiter et à le contrôler le plus possible. L’un croît à l’efficacité de la volonté collective, l’autre fait confiance à la confrontation de projets divergents; l’un exalte la liberté – comment exalter la non-liberté ?- mais n’hésite pas à la sacrifier pour instaurer l’égalité, l’autre ne hait pas l’égalité – la confrontation de projets concurrents suppose l’égalité- mais ne la poursuit pas au-delà du point où elle menace la liberté. »

    Je précise à nouveau que ces descriptions correspondent aux principes de base du socialisme et du libéralisme, qu’ils ont pu légèrement évoluer …

  23. Je me demande si on ne trouve dans cette idée, « les socialistes sont à l’aise dans le discours, les libéraux dans l’action », l’explication du fait a priori étonnant que 80% des journalistes ont des idées de gauche. Les journalistes par définition sont des hommes de discours.

  24. Guenièvre :… «qu’ils ont pu légèrement évoluer … »…
    …et se différencier d’une culture à l’autre. Le socialisme qui « sacrifie la liberté pour instaurer l’égalité » est aujourd’hui une spécificité bien française.
    Et aussi, c’est vrai, cubaine et Nord-coréenne. Allez, j’ajoute quand même un -:)

  25. Pourrait-on dire que le libéralisme voit le monde comme il est et le socialisme, comme il devrait être?

  26. Guenièvre

    Bonne question roturier à laquelle je ne sais pas répondre. La devise des alter- mondialistes est, je crois  » Un autre monde est possible  »
    Sans aucun doute ! mais  » est-il souhaitable cet autre monde ? »

  27. Comment, à partir de ce commentaire, ne pas voir dans le libéralisme la nouvelle religion postmoderne ?

    Comment ne pas pencher en effet vers le christianisme, se disait l’inquisiteur en son temps… Problème que l’on résolvait assez facilement à l’aide d’un bon feu de camp autour d’un hérétique. Aujourd’hui on a trouvé mieux : le silence médiatique, ou « le dérapage ». Quiconque s’oppose au dogme dominant du libéralisme économique reçoit une raclée silencieuse du système (M.Allais), quiconque critique le libéralisme culturel ou politique se ramasse une volée de bois vert bien pensante (Jean Clair).

    Et on dit que le libéralisme favorise la liberté ? C’est pas ce qu’affirme le P.C. de nos « boys » Etats-Uniens.

    Soyez consterné, cher Impat, car les peuples le rejettent, votre libéralisme du moindre mal. Ils le rejettent en masse ! A coup de faux ou de mitraille dans le ventre s’il faut ! Le moteur va bientôt manquer de « sang du pauvre » pour carburer !

  28. roturier,
    Racine libéral, Corneille socialiste ?
    Pour ma part je ne pense pas. Je vois un côté idéaliste chez les tenants des deux écoles. Mais les libéraux corrigent leur idéalisme par leur goût de l’action, donc du possible. Les socialistes, même lucides, ne corrigent pas, ils se mentent à eux-mêmes.

  29. Je ne m’étrangle guère, je pouffe. Le copain Baechler, le pauvre, rigolerait bien de son livre aujourd’hui à la vue de ce qu’a produit ce fameux libéralisme du moindre mal. Y a de quoi être rigolard en lisant le type parler de société, de limites et de liberté quand on compare à la copine Thatcher et son « there’s no society, only individuals », aux dérégulations bruxelloises ou à la « société de surveillance » mise en place par un pouvoir libéral de plus en plus répressif (et de moins en moins social).

    Je ne suis pas étonné néanmoins par ses affirmations, en effet il suffit d’avoir un peu lu Michéa pour voir que le problème originel du libéralisme n’est pas tant dans son extrémisme mais bien dans son anthropologie pessimiste et son modernisme privatisant et individualiste. Certes il y a eu des fanatiques comme l’ineffable Molinari pour vouloir notamment privatiser les rues (l’on m’expliquera où est le choix là-dedans, svp. Impat ? Jorge ?), mais il y a eu aussi des Constant, des Smith ou autres bien moins illuminés. Pourtant, la logique libérale qui découle de cette vision du monde, conduit aux désastres que l’on connait aujourd’hui, et qui effareraient probablement ces intellectuels libéraux là, très mesurés dans les propos en général.

    Lisez Michéa, ça risque de vous dérouter dans vos caricatures des antilibéraux. Rien d’gauchiss’ là-dedans chère madame.

    Le libéralisme n’est pour ainsi dire pas une idéologie neutre, puisqu’elle affirme que l’homme est d’essence plus négative que positive. De là découle toute une anthropologie qu’il faut savoir critiquer. Le libéralisme ne sait pas concevoir la communauté, et encore moins la politique au sens noble du terme. Le libéralisme n’est en ce sens pas démocratique, car il considère l’autonomie uniquement du point de vue de l’individu monade, au contraire du républicanisme qui considère l’autonomie concevable uniquement en partant d’individus membres d’une communauté politique distincte – supérieure à la simple somme des individualités – capables à la fois de subvenir à leurs propres besoins et donc, partant, de se consacrer aux affaires de la cité, au bien public, bref à la délibération collective. Le libéralisme préfère le confort tranquille de la maison au tumulti de l’ekklesia et à l’échange de l’agora, il prône certes une responsabilité, mais une responsabilité uniquement individuelle, qui en se focalisant sur l’individu considéré comme atome délié, provoque divers maux à celui-ci qui se voit sommé par la société (there’s such a thing, boys) de résoudre par lui-même des problèmes qui ne peuvent être résolus que de manière collective. Enfin, pour terminer là-dessus, le libéralisme a ce gros travers de la modernité qui consiste à définir la liberté comme illimitation, une liberté de déraciné qui ne pourrait, en s’accroissant, que conduire aux fléaux, à l’hybris. Au contraire, la « liberté antique », je dirais grecque, ne se détache jamais de l’idée de limite, tant individuelle que collective. N’est pas libre à ses yeux l’homme incapable de se poser ses propres limites, la société incapable de se poser ses propres limites. Bref, ne sont pas libres nos sociétés dites libérales et l’individu qui est son fondement, l’égoïste narcissique jouisseur.

  30. Non, c’est très facile d’être libéral quand tout le monde, du moins aux manettes, l’est. Il suffit de suivre le cours paisible du ruisseau, se laisser porter agréablement par l’air du temps, et réciter les deux-trois phrases de catéchumène libéral qu’apprennent en général par coeur les politiciens au sortir de leur entretien avec leur assistant comm’. Mots clés : main invisible, croissance, progrès, marché, concurrence libre et non faussée, Europe, etc.

  31. « Les espèces du socialisme sont innombrables mais elles constituent un genre clairement repérable au fait que la valeur suprême est toujours l’égalité… » A-t-il lu, notre ami Baechler, autre chose que Lénine ou que je ne sais quel papelard libéral sur le socialisme ?

    Jaurès :  » Plutôt la solitude avec tous ses périls que la contrainte sociale ; plutôt l’anarchie que le despotisme quel qu’il soit. »

    J.Sarraute : Le socialisme « est l’individualisme des opprimés »

    V. surtout Proudhon, Leroux, Castoriadis, Péguy, Michéa, j’en passe…

  32. C’est pas ce que dit mon copain Adam Smith et sa main invisible. Ca m’parait fort idéaliste, cette main invisible. Vous en connaissez, vous, des mains concrètes mais invisibles ? Moi pas. J’ai beau poser la question à mon épicier Robert, i’m’dit que la seule main invisible qu’i connaisse c’est celle de son vendeur qu’il a viré l’aut’ jour pour avoir tripoté la caisse…

  33. roturier 25 Août 2012 à 14:57

    … «une égalité entre ‘libre’ et ‘libéral’»…

    Même dans un pays aussi égalitaire que la France, il est vain de faire appel en toute occasion à l’égalité, que ce soit pour la prôner ou pour la rejeter…- 🙂

    « libre » et « libéral » n’ont pas le même sens et ne peuvent donc être égaux. Mais un œil avisé décèle dans le second mot de 7 lettres les 5 lettres du premier. On se demande s’il n’y aurait pas quelque chose qui rapprocherait les deux sens… ?

  34. Guenièvre

    @ Galaad,

    Excusez-moi mais je n’ai pas votre culture politique pour pouvoir vous répondre sur des points précis. Il me semble toutefois que vous parlez le plus souvent du libéralisme en ne tenant compte QUE de l’aspect économique. Or l’aspect politique et philosophique est indispensable. J’ai d’ailleurs souvent entendu des hommes politiques de droite comme de gauche se revendiquer des penseurs libéraux du XVII è et même s’en disputer l’héritage puisque le libéralisme s’est construit au départ en opposition au conservatisme. A l’origine le libéralisme a toujours pris en compte l’existence de biens publics que le marché ignore et a donné un rôle à l’État. Aujourd’hui on inverse la tendance : le libéralisme économique serait le garant des libertés fondamentales contre les totalitarismes, ce qui est absurde. La conquête de la liberté économique, de produire et d’échanger librement, a certes joué un rôle essentiel mais elle ne peut pas être durable en l’absence du cadre juridique garanti par l’État de droit, des libertés fondamentales. Les composantes du libéralisme sont donc inséparables.

  35. plantigrade69

    Galaad Wilgos,
    « Soyez consterné, cher Impat, car les peuples le rejettent, votre libéralisme du moindre mal. Ils le rejettent en masse ! »
    Soyez heureux car la plupart des peuples sur la planète doivent l’être. Il suffit de le constater chaque fois qu’il n’y a pas de libéralisme chez eux.
    J’ajoute que vous ne manquez pas d’air quand vous insinuez que le « moindre mal » serait une religion. Il m’apparaît que la dévotion portée aux certitudes des idéologies de gauche y ressemblent beaucoup plus. Le libéralisme, c’est tout le contraire, et notamment en incluant l’incertitude.

  36. Clair que nos peuples libéraux sont heureux, d’ailleurs ça se voit, quand les antidépresseurs ou les consultations de psy explosent clair que c’est pour le bonheur joyeux et merveilleux des individus occidentaux.

    Les peuples poussés dans la misère par les libéraux, voilà en effet une belle preuve du malheur des peuples qui ne sont pas libéraux. Car les peuples qui ne sont pas libéraux sont bien sommés par ceux qui le sont de le devenir, sous peine d’être encore plus ruiné. Les Amérindiens, voilà un peuple heureux poussé au malheur par les libéraux, jusqu’à l’extinction.

    Je vois le libéralisme avancer, et pourtant le bonheur ou la prospérité ne semblent pas suivre. Faudrait revoir vos calculs chers amis.

  37. Guenièvre

    @ Galaad,
    « Lisez Michéa, ça risque de vous dérouter dans vos caricatures des antilibéraux. Rien d’gauchiss’ là-dedans chère madame. »

    Mais je l’ai lu, en partie, cher Monsieur ! 🙂 Et je trouve que sur certains points ses analyses sont intéressantes . Par contre je ne partage pas ses conclusions. D’ailleurs, si vous vous souvenez bien, ses critiques vont surtout à ce qu’il appelle l’alliance des libéraux- libertaires.

     » le libéralisme a ce gros travers de la modernité qui consiste à définir la liberté comme illimitation, une liberté de déraciné qui ne pourrait, en s’accroissant, que conduire aux fléaux, à l’hybris »

    Cette définition de la liberté est plutôt celle des libertaires. Et c’est effectivement le degré 0 de la véritable Liberté. Pour un libéral, mais j’aimerais l’avis de ceux qui s’y connaissent mieux que moi, être libre signifie ne pas être astreint, ne pas être assujetti à un pouvoir arbitraire . Un libéral n’empêchera personne de se conduire comme il l’entend, mais cela ne signifie pas valoriser des agissement ridicules. Il me semble que l’on emploie le terme de « liberté négative » pour désigner cette liberté qui ne serait pas entravée et cela n’a rien à voir avec »la possibilité de faire tout ce que l’on veut ».

    .

  38. Guenièvre,
    Pour un libéral, je ne saurais dire.
    Pour le libéral que je suis, être libre signifie ne pas être contraint lorsque cette contrainte n’est pas indispensable au bien public.

  39. plantigrade69

    C’est de la faute aux libéraux si les autres peuples vivent sous dictature ou dans la misère, comme ça, la boucle est bouclée et on peut continuer à adorer son gourou. Et puis, dès qu’ils peuvent sortir de chez eux, ces peuples, et même nos peuples sous joug libéral, s’empressent de s’expatrier en Iran, à Cuba, en Corée du Nord ou simplement en Bolivie.

  40. Guenièvre

    Proudhon ? Proudhon ? Celui qui disait : « Une femme qui exerce son intelligence devient laide, folle ou guenon » ? Je lui préfère nettement le libéral John Stuart Mill qui lutta pour leur émancipation…

  41. Guenièvre, 27 Août 2012 à 18:16

    Superbe double exemple. Proudhon et Stuart Mill.
    Le premier, anti-libéral, prônait la contrainte exercée par la moitié de l’humanité sur l’autre moitié.
    Le second, libéral, luttait pour l’allègement de cette contrainte.

  42. Reagan et sa droite chrétienne, prônaient l’inverse – au 20ième siècle !

    Autre exemple : Pierre Leroux. Il luttait pour cet allègement, contre Proudhon et les proudhoniens – et pas mal de machos de l’époque. Il était antilibéral. Et féministe.

    Je ne sache pas que De Beauvoir fut une éminente défenseresse du marché et du Capital.

  43. Guenièvre

    Galaag, je pense que personne ici ne prétend que tous les socialistes sont des machos et tous les libéraux des féministes. Ce serait bien sûr totalement faux et je n’irai même pas jeter la pierre à ceux qui partageaient encore certains préjugés au début du XIXè siècle.
    Mais Proudhon ! Ce type a dit de telles horreurs sur les femmes au moment même où J.Stuart Mill publiait un ouvrage qui défendait leur émancipation que la comparaison était vraiment trop tentante !

    « Reagan et sa droite chrétienne » Donc, vous le dites vous-même : Reagan même s’il a fait du libéralisme économique ( ce que certains contestent d’ailleurs ) était plutôt conservateur.
    Reste Pierre Leroux qui a su voir les dangers totalitaires dans le socialisme et pour lequel j’ai de la sympathie d’autant plus que c’était un grand ami de George Sand.

  44. … »un grand ami de George Sand. »…
    C’est le Berry qui parle!

  45. QuadPater

    Guenièvre, son prénom est Galaad.
    Goulaag c’est son idéologie. 😉

  46. Guenièvre

    Galaad, pardon ! Galaad c’est le fils de Lancelot ça devrait me parler !
    Quad voyons pas de provocation !

  47. Guenièvre

    Je n’suis ( de par ma mère) qu’une moitié de Berriate, Impat. Et, nous autres, en Nivernais, avions coutume, dans les temps anciens, de dire que « quatre-vingt-dix-neuf moutons et un Berriat (ou Berrichon) faisaient… cent bêtes »,

  48. Et c’est ainsi que le Berrichon s’embête…

  49. Guenièvre

    Galaad pour notre instruction à tous ici vous pourriez peut-être nous faire un billet sur les socialistes utopiques ? Cela montrerait que ces penseurs là étaient tous contre la violence, qu’ils n’ont jamais prôné la lutte des classes et qu’avec eux le socialisme n’aurait sans doute pas abouti au goulag . Des gens comme Robert Owen ( dont la première communauté connu un énorme succès) ou Pierre Leroux méritent le respect et ne doivent pas être confondus avec les marxistes et autres socialistes scientifiques qui ont semé les germes du totalitarisme dans leur théories .

  50. Guenièvre, Galaad,… « nous faire un billet sur les socialistes utopiques »…

    Suggestion que j’appuie avec un impatient espoir!

  51. Franchement… ne croyez-vous pas que le sujet est épuisé avant son commencement?
    Il n’y a pas 2 personnes qui définiraient libéral de la même manière, dès qu’une application pratique se présente et oblige de sortir du blabla..
    Sans oublier que outre-atlantique c’est exactement le contraire d’ici. On reproche à Obama d’être libéral, quasi synonyme de socialiste, la-bas.

  52. Guenièvre

     » Il n’y a pas 2 personnes qui définiraient libéral de la même manière… »

    C’est bien le problème effectivement et c’est pour cela que je pense qu’il est intéressant de remonter aux sources et de voir ce que ce mot signifiait au départ.
    Dans les années 2007 / 2008 Monique Canto Sperber avait proposé cela au PS : revoir les prémices du libéralisme pour se recomposer un corpus idéologique , proposition qu’ils ont refusée bien sûr. Rien que le mot provoque des poussées d’urticaires chez beaucoup de français. Je pense que cela a quelque chose à voir avec ce que vous avez écrit à propos de la Révolution.

  53. Convaincu que le principe du libéralisme constitue à terme (à long terme) le futur souhaitable et probable de toutes les sociétés du monde, je pense pour ma part qu’il est tout à fait intéressant de réfléchir aujourd’hui aux différentes formes sous lesquelles il peut se présenter.

  54. Convaincu du bien-fondé de l’analyse béate d’optimisme de mon camarade Impat, je pense pour ma part qu’il est tout à fait primordial de se bouger le popotin pour faire autre chose que danser dans une boîte de nuit ou jouer à la Wii. Je pense, par exemple, à la politique. Je pense, par exemple, à tout ce qui permet de contrecarrer l’avènement de l’utopie telle que décrite par Impat.

  55. Ce ne sont que des mots, cela fait belle lurette – 1983 ? – que le PPS (parti prétendument socialiste) navigue dans les eaux du libéralisme à la faveur des bourrasques de l’air du temps.

  56. Que voilà une bonne nouvelle!
    Galaad est presque convaincu, au point de qualifier d’optimiste (et même béat!) l’idée que le libéralisme pourrait devenir universel. De quoi s’endormir heureux ce soir…- 🙂

  57. Vous êtes bien gentille mais je n’ai à instruire personne car j’en ai déjà besoin moi-même. Un billet sur le socialisme dit utopique ? Pourquoi pas, mais je manque de lectures, donc pas tout de suite. J’avais écrit il y a un temps pour le journal respublica (gauche républicaine) un article sur Pierre Leroux et le socialisme républicain, je pourrais le modifier un peu pour le proposer à Impat s’il y consent. Je n’appellerais pas pour ma part ce socialisme un socialisme utopique, c’est une qualification marxiste qui ne me convient pas, d’autant qu’ils sont fort divers. Je ne me reconnais en aucun cas dans ce socialisme de Fournier, ni dans le saint-simonisme et surtout de ses héritiers qui préfiguraient le totalitarisme communiste, ou dans ces utopies qui semblent abolir toute forme de vie privée.

  58. En attendant, lire Michéa sur le trésor perdu de ces socialismes : http://www.journaldumauss.net/spip.php?article877
    ou encore Philippe Chanial : http://www.journaldumauss.net/spip.php?article608

    Les socialismes des origines ainsi que les suivants de Jaurès, Fournière ou Malon, n’étaient en effet pas des dogmatiques de la lutte des classes, mais ils savaient prendre en compte l’existence d’une majorité opprimée par une minorité.

  59. Sur Reagan : c’était un cynique férocement libéral – il n’y a que des fanatiques grotesques pour le nier – qui s’est appuyé sur le fondamentalisme protestant afin d’assoir son pouvoir en effet. De là à parler de conservatisme, c’est être aveugle devant ce qui fut de l’ordre d’une véritable révolution libérale, anéantissant l’Etat-providence américain, l’éducation publique, les protections sociales, les syndicats, etc… Reagan et Thatcher ont été pour grand chose dans le basculement de la modernité vers la postmodernité, parler de conservatisme est un non-sens. La roublardise politicienne invoque le conservatisme pour charmer les foules, mais tous sont des capitalistes libéraux, donc des révolutionnaires. Le développement du capitalisme porte en lui la révolution des moeurs jusqu’à l’absurde comme la nuée blabla… La société de consommation a besoin de cela pour carburer. La révolution permanente, c’est le capitalisme !

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