Divorce et Compagnie

L’amour de toute une vie représente un sommet de ce qu’ici-bas une vie peut nous offrir. La compagnie, jusqu’au bout, de la personne qu’on aime et dont on est aimé, sait combler tout ce qui par ailleurs peut nous manquer, biens matériels ou considération des hommes. Elle peut même aller jusqu’à combler un manque d’amitié.

Toute une vie, réalité accessible si l’amour est le plus fort. Réalité atteinte, souvent.

Souvent, mais atteinte par environ un tiers des couples seulement. Parmi les couples mariés, on compte maintenant plus de quarante pour cent de divorces. Sur ceux qui restent ensemble il est raisonnable de penser que la moitié continue par amour, les autres par habitude ou par contrainte.

Alors ces autres, ces nombreux autres, que deviennent-ils? Pour eux la vie devient une oppression, la poursuivre en ces conditions est un malheur. On voudrait bien arrêter, retrouver une liberté perdue, et surtout ne plus avoir à supporter une présence pénible, chaque jour, chaque nuit. À supporter, parfois, la violence morale et physique. Arrêter. Oui, mais on a connu une foule d’exemples, on sait bien que le divorce est une aventure longue, pénible, et onéreuse. On n’en sort pas indemne.

Et c’est vrai, le divorce est une longue torture capable d’abîmer les plus endurcis. Faut-il pour autant poursuivre une vie entière de confrontations, de batailles, et finalement de haine? Ou dans le meilleur des cas faut-il accepter de vivre l’indifférence sans pouvoir espérer trouver un amour nouveau?

Cela parce que dans l’état actuel de notre législation et des habitudes qu’elle a entraînées il est hélas impossible, ou exceptionnel, de parvenir à une rupture sans vivre l’enfer. Pourquoi? Parce que la loi, de longue date, s’est employée à copier la règle religieuse du « sacrement de mariage » selon laquelle la vie commune est commune pour la vie. Le démarrage civil de cette vie commune s’en trouve aussi facile qu’agréable. Convenir d’une date avec Monsieur le Maire, faire publier les bans, et voilà nous sommes mari et femme devant la loi. Simple formalité…

Mais si par malheur, malheur fréquent hélas, quelques années plus tard les regrets l’emportent sur l’amour des premiers jours, si l’éden au fil du temps et des épreuves a muté en enfer, si l’issue ne se perçoit que sous forme d’un retour en arrière, alors commence une ère de souffrances. Souffrance de la rupture, accrue de jour en jour par le tourment des obstacles.

L’aversion, voire la haine, ont succédé à l’amour, à l’entente? Dès lors il faut en passer par là, et on ne peut espérer les  franchir, ces obstacles, sans de très longues périodes misérables. Chicanes d’avocats, procédures de juges, témoignages vrais et faux, discussions et disputes, deviennent le lot quotidien de l’existence. Mais faute d’accord, faute souvent de bonne volonté, comment dénouer autrement le nœud trop et mal serré?

À l’inverse, la compréhension mutuelle, les souvenirs communs, la bonne volonté, l’intelligence, ont réussi à maintenir un lien d’amitié ou d’affection? Alors il faudrait le préserver, ce lien. Il faudrait…mais de fait la loi s’y oppose! Cette loi qui n’autorise pas le divorce sans un passage chez le juge.

Car passer par la justice, cela signifie prendre chacun un avocat. Lesquels se font un plaisir de chercher mille arguments pour faire attribuer « les torts » à « l’adversaire ». Ils vous pressent de signer des lettres de reproches, voire d’injures. Ils n’hésitent pas à susciter de faux témoignages, à inventer des motivations de séparation auxquelles vous n’aviez jamais pensé. Le résultat ne se fait pas attendre, après quelques semaines de cette ambiance de lutte, tout ce qui pouvait subsister de sympathie entre les ex-conjoints disparaît  pour faire place à l’hostilité qui elle-même conduit vite à la haine. Les avocats sont redoutables.

Ils restent pourtant nécessaires pour étayer les décisions de justice quand il faut recourir aux juges. C’est le cas lorsque toute entente s’avère impossible, c’est le cas surtout quand le plus faible, en général l’épouse, risque de se faire démolir et gruger par le plus fort. La procédure « juge-avocats » doit donc absolument perdurer lorsque l’un des époux le requiert, permettant au plus faible de défendre des intérêts menacés.

En revanche le système judiciaire, avocats en tête, ne fait que rendre horrible une situation difficile quand il s’agit d’un couple qui, ensemble, choisirait de se séparer à l’amiable. Pourquoi alors ne pas se satisfaire d’une décision civile, à la mairie, accompagnée le cas échéant d’un partage organisé par une étude Notariale? Ce que le Maire a un jour accompli, le Maire peut un jour le défaire. Et puis, rêvons un peu, une telle séparation douce laisse une chance, une toute petite chance, de se retrouver comme le chantait Brel:

« On a vu souvent… Rejaillir le feu… De l’ancien volcan »…

Sarkozy avait initié une loi en ce sens, vers 2009. Le projet avait, ô surprise, soulevé une opposition farouche des corporations d’avocats qui tirent une bonne part de leurs revenus du malheur des couples mariés. Parmi les nombreuses réformes réalisées en cinq années, ce changement est une des deux réformes tentées sans succès au cours du quinquennat, l’autre concernant la dérégulation des taxis.

C’est dommage.

40 Commentaires

  1. Sinon, il y a le PACS…
    Là, pas besoin d’avocat.

  2. Guenièvre

    Je pensais que le divorce par consentement mutuel était plus simple. Il est vraiment dommage que, lorsque l’on est d’accord pour se séparer en bons termes, l’on soit encore obligé de passer par des chicaneries. Par contre je pense que l’on doit toujours imposer un temps de réflexion …

  3. Patrick
    … « Sinon, il y a le PACS »…
    On trouve là, peut-être, une des raisons du succès du PACS au détriment du mariage.

  4. Comme souvent sur ce site on passe à côté du principal.
    A tel point que cet oubli du principal explique la fréquence des divorces.
    Car, mon cher Impat et les autres, je n’aI vu nulle part le mot ENFANTS.
    Or, le mariage n’est pas, et n’a jamais été, autre chose qu’un cadre juridique régularisant la famille; qui, elle, est la cellule fondamentale de la société.
    Puisque chez le mammifère humain il faut, survie de l’espèce oblige, faire des petits certes, mais surtout les socialiser (élever, éduquer, si vous préférez) pendant des longues années.
    Ce qui nécessite une cellule fondatrice stable pendant des décennies.
    Débattre de divorce sans prononcer une seule fois ‘enfants’ démontre que vous avez totalement perdu le nord et l’essentiel. Vous auriez mieux fait de na pas vous marier, vous n’avez pas compris à quoi ça sert.
    Le divorce d’un couple sans enfants est une broutille. Les discordes matérielles, des bricoles.
    Le principal problème, souvent unique, en cas de divorce, sont les enfants; la principale douleur aussi; et les principales victimes.
    Parler de divorce en oubliant ça explique déjà pourquoi il y’en a tant.
    Quelle race gâtée et gâteuse, prête pour l’abattoir.

  5. Roturier,
    … « Le divorce d’un couple sans enfants est une broutille »…
    On pourrait commenter cette phrase ainsi: écrire cela, c’est n’avoir jamais aimé.
    Mais heureusement tout le monde, enfin presque tout le monde, se garde d’être aussi catégorique dans ses commentaires.

  6. @Impat: tout est relatif dans ce bas monde. Un divorce sans enfants est une broutille COMPARé à un divorce avec. Je reste catégorique.
    Maintenant, le verbe ‘aimer’: jamais mot ne fut galvaudé à ce point, prononcé à tort, détourné. Y compris certes par des religions; désormais par Impat.
    Il n’est pas deux personnes à en avoir le même sens; y compris au sein d’un couple. Sauf se bercer d’illusions.
    Je l’évite soigneusement donc. Lorsqu’on me bombarde avec je revêt mon gilet pare-balles. Catégoriquement.

  7. Galvaudé ou pas par Roturier ou qui que ce soit d’autre, « Aimer » est le seul mot qui compte.
    Quant aux enfants, ils n’étaient pas le sujet du billet qui traite des procédures de divorce à mettre en œuvre quand celui-là est nécessaire. Mais voici ce que, comme bien d’autres, j’en pense en fonction d’expériences vécues autour de moi.
    Le divorce des parents est une épreuve difficile pour tous les enfants, dont ils sortent souvent malheureux.
    La mésentente profonde des parents, violente ou non, est une épreuve plus difficile encore, plus traumatisante encore.
    Pour tout enfant, une expérience de divorce des parents dans l’amitié préservée, laisse une trace moins pénalisante pour sa vie future, beaucoup moins, qu’une expérience de plusieurs années de désaccords, de disputes, de silences, de violences verbales ou physiques.

  8. Guenièvre

    Les divorces sont la rançon du fait que maintenant, en Occident, on se marie par amour. Il n’y avait aucune raison de divorcer quand on faisait un « mariage de raison ».
    http://www.amazon.fr/La-r%C3%A9volution-lamour-Luc-Ferry/dp/2259210538

  9. … « Il n’y avait aucune raison de divorcer quand on faisait un “mariage de raison” »…
    C’est vrai. Et les enfants étaient élevés dans l’exemple de parents qui se supportaient, sans amour. Cet exemple quotidien de toute une enfance ne risque-t-il pas d’être pire que le mauvais exemple d’un divorce ?
    C’est une question sans réponse.

  10. Guenièvre

    « Cet exemple quotidien de toute une enfance ne risque-t-il pas d’être pire que le mauvais exemple d’un divorce  »
    A l’époque des mariages de raison non, je ne le crois pas, puisque c’était la norme… Le mariage d’amour étendu à la majorité de la population est une invention de l’époque moderne et dans de nombreux pays non occidentaux il n’existe pas .

  11. Exact, Guenièvre. Les civilisations de ces pays non-occidentaux, vu que leurs cellules fondatrices sont indestructibles, car indépendantes des caprices puérils post soixante-huitards de l’un ou de l’une, ces civilisations donc sont en train de nous bouffer.
    Et nous l’aurons bien cherché. Car nous avons jeté par dessus bord l’obligation de solidarité inconditionnelle à vie, à sa moitié et à ses enfants. Remplacée par le droit de jouir sans entrave, ce que Impat appelle aimer.
    Et ce n’est pas un catho qui vous parle. Oh que non.

  12. Le mot « amour » est bien trop galvaudé : on l’emploie pour « agapé » (amour de Dieu), « philéo » (amitié), éros (ça tout le monde sait ce que ça veut dire !).
    Quand Dieu dit : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, toute ton âme, toute ta force et toute ta pensée« , et encore : « tu aimeras ton prochain comme toi-même« , il ne s’agit pas de sentiments, ni d’éros, ni d’amitié. C’est bien plus que tout cela : c’est un CHOIX. Notamment le choix de rechercher le bien de l’autre, de renoncer à ses propres égoïsmes. Le jour où j’ai commencé à fréquenter celle qui est devenu mon épouse, il y a plus de 33 ans, j’ai fait le CHOIX de l’aimer. Et elle a fait le CHOIX de m’aimer. Cela n’empêche pas les moments difficiles et les épreuves, mais à les surmonter ensemble. Quand il y a faute, il y a aussi pardon et demande de pardon. Étant croyants de surcroît, nous comptons sur l’aide de Dieu, mais nous assumons nos responsabilités. Et c’est ainsi que notre mariage tient depuis le début. Et aujourd’hui encore, je rends grâces à Dieu pour m’avoir accordé l’épouse que j’ai. Et je la remercie encore aujourd’hui pour ce qu’elle est, et qu’elle ait accepté de vivre avec moi.
    Bien sûr, l’amitié et l’éros ont leur place dans le mariage, mais ils ne sont pas l’amour à eux seuls. La vie de couple n’est pas forcément facile tous les jours. Il y a parfois des renoncements, mais il y a aussi beaucoup de joie.
    Quant aux enfants, ils sont une bénédiction du mariage, une grâce de Dieu. Ils ne sont pas un dû, mais c’est un autre sujet.

  13. Guenièvre

    @ roturier,

    Ne vous méprenez pas , je constate des faits mais je ne déplore pas de ne plus en être aux mariages de raison ! J’imagine – parce que nous avons de nombreux témoignages écrits- ce qu’était la vie de certaines femmes qui étaient  » livrées » à des hommes pour lesquels elles n’éprouvaient que répulsion !

  14. roturier
    Ce que Impat appelle aimer, vous l’ignorez. Et vous ne semblez pas apte à le discerner.
    En revanche je peux vous expliquer une chose que Impat n’aime pas: c’est de faire état du sentiment des autres dont on ne sait rien.

  15. Guenièvre, la vie des femmes dont vous parlez à 10h45 n’était autre qu’un viol permanent.

  16. Guenièvre

    J’ai beaucoup d’admiration pour la façon dont vous avez construit votre couple Patrick mais
    je crois que la plupart du temps on ne choisit pas de façon si délibérée. D’ailleurs ne dit-on pas que l’on  » tombe amoureux ». Pourquoi cette personne et pas une autre ? Pourquoi a -t-on l’impression d’une révélation ? d’une redécouverte ? Beaucoup d’ouvrages ont expliqué le phénomène mais toujours est-il que dans cette période « on ne voit pas une personne réelle mais une projection de nos désirs « . Petit à petit le voile va se déchirer et on va apprendre ( ou pas) à aimer la personne comme elle est.
    Vous avez bien montré que les grecs employaient plusieurs mots là où nous n’en avons qu’un.
    D’où les multiples malentendus …
    Plus près de nous, un psychanalyste comme Boris Cyrulnick parle de « sentiment amoureux » et « d’attachement » dans un livre appelé  » Sous le signe du lien  » que j’avais trouvé très intéressant parce qu’il permet d’expliquer pas mal de choses sur les comportements de notre époque .

    Quelques passages :

    « De l’extase amoureuse au tranquille attachement, le verbe aimer désigne deux sentiments de natures différentes et de fonctions incompatibles…

    Pour que l’implosion amoureuse advienne, il faut que l’objet d’amour soit porteur des traits fondamentaux auxquels aspire le quémandeur. Il lui faut de la peau, de la chaleur, de la douceur, de l’odeur et des paroles pour réveiller en lui les traces de sa mémoire d’un bonheur parfait, d’une plénitude sensorielle passée.
    C’est pourquoi l’objet d’amour n’est pas une personne. C’est un révélateur narcissique, un objet qui doit porter les traits sensoriels susceptibles de réveiller en nous la mémoire du bonheur..

    L’amour est une surprise qui nous arrache à l’insipide, l’attachement est un lien qui se tisse au quotidien…

    On tombe amoureux, puis, quand l’amour s’éteint, on découvre le réel dans la personne aimée.Alors, on l’explore, comme le petit avait exploré sa mère dès qu’il avait cessé d’être envahi par l’amour….
    On tombe amoureux, et quand on s’en relève…, on s’attache!  »

    A partir de là toutes les combinaisons sont possibles : on peut tomber amoureux sans jamais s’attacher ( ce sont les gens qui vont d’aventure en aventure). On peut s’attacher sans avoir été amoureux ( c’est pourquoi certains mariages de raison ont tout de même été heureux )

  17. Guenièvre,
    Votre dernier paragraphe est un constat, décrivant fort bien l’éventail des situations.
    Mais je récuse la citation portée au-dessus : « On tombe amoureux, puis, quand l’amour s’éteint, »…car cette phrase sous-entend que l’amour s’éteint forcément un jour, et que par conséquent il n’est que sexe. Je pense, à l’inverse, que l’amour étend son empire bien au-delà du sexe, et qu’il peut ne pas, ne jamais, s’éteindre.

  18. Guenièvre

    @ Impat,
    Cette phrase n’est pas de moi, elle est de B.Cyrulnick.
    Ce qu’il essaie d’expliquer dans son livre , entre autres, c’est que nous employons le même mot  » amour » pour des sentiments différents. Et donc, il essaie de distinguer le  » sentiment amoureux » qui n’est pas seulement l’attirance sexuelle mais toute cette période que Stendhal nomme « cristallisation » et qui décrit le phénomène d’idéalisation à l’œuvre au début d’une relation amoureuse : « En un mot, il suffit de penser à une perfection pour la voir dans ce qu’on aime ». Cette période là ne dure pas , et, j’allais dire, heureusement, car ce n’est pas la personne réelle que l’on aime mais un modèle rêvé ! Ensuite un autre sentiment s’installe (ou pas ) que lui, Cyrulnick, appelle « attachement » pour le différencier du sentiment précédent même s’il y est articulé. Mais rien ne vous empêche de l’appeler aussi « amour » 🙂 !
    Moi, j’aurais tendance à parler de passion amoureuse au début, puis d’amour pour le sentiment construit dans la durée mais cela dépend de nos histoires personnelles et de notre nature… romantique ou pas….

  19. … « Cette phrase n’est pas de moi »…
    Oui Guenièvre, je l’avais bien dénommé « citation ». Ah, l’amour des mots !

  20. Guenièvre

    Mais oui ! J’ai fait preuve d’inattention …

  21. @Impat: vous dérapez, mon cher. J’ai cru comprendre que vous exercez une position centrale sur ce site; auquel cas vous devriez vous interdire le ad-hominem.
    Ne me connaissant pas, vous êtes mal placé pour savoir ce que je suis capable ou non de discerner.
    J’ai dit et je reste aussi catégorique, d’autant que Patrick ci-dessus (pas bien catho non plus, j’en ai l’impression) vient de me donner raison: le mot ‘amour’ est trop galvaudé; l’utiliser dans un débat c’est comme dire ‘trucmuche ». Le sens que je lui ai donné (jouir sans entrave) vaut bien le vôtre, s’il en est.

  22. roturier

    @Guenièvre: mais celle-ci est de vous, pas de Cyrulnik:
    « Cyrulnick appelle (ce sentiment) “attachement” pour le différencier du sentiment précédent même s’il y est articulé. Mais rien ne vous empêche de l’appeler aussi “amour” ! »
    EH! Principe de base violé!!! C’est fondamental! Nous ne savons rien faire d’autre que d’appeler des choses par des noms. La survie de l’espèce en dépend. La parole est maîtresse de la vie et de la mort. Interdiction donc d’appeler deux choses différentes par le même nom. Ni d’ailleurs la même chose par deux noms différents. Tout le débat, certes de Cyrulnik mais de TOUTE la pensée humaine s’articule autour de ça.
    Mal nommer les choses augmente le malheur du monde (évidemment c pas de moi…).
    C’est pourquoi il faut s’interdire l’usage de mots rendus obsolètes par l’usure comme ‘amour’.
    Pourtant vous ne cessez pas de vous en gargariser.

  23. @ Guenièvre
    Vous parlez fort justement du « sentiment amoureux ». Je n’en ai volontairement pas parlé concernant mon couple, mais il n’était pas absent. Et j’ai précisé que l’amitié et l’éros ont leur place dans le mariage.
    Le tout est de savoir ce qu’on en fait. Faut-il y céder sans autre comme on céderait au chant d’une sirène ? Je me souviens d’un orateur traitant ce sujet, dire qu’il est bon, dans sa fréquentation, certes de rencontrer l’être chéri au clair de lune, mais qu’il ne fallait pas négliger d’autres aspects : que croit-il (ou elle) ? Comment se comporte-t-il avec ses proches, sa famille ? Avons-nous des idées ou des opinions communes ? Avons-nous les mêmes centres d’intérêts ? Sinon, sont-ils compatibles entre eux ? etc.
    Puis le jour viendra où la flamme baissera un peu, ou beaucoup. Mais tout ce qui a été solidement construit subsistera, même à travers l’épreuve. Et qui sait, la flamme peut se raviver !
    Je peux témoigner que je le vis : la flamme ne s’est pas éteinte, et elle se ravive parfois. Je peux dire comme un chanteur : je suis amoureux de ma femme.
    En même temps, en tant que croyant, je me dis que tout est grâce…

  24. Guenièvre

    @ roturier,
    « Mal nommer les choses ajoute au malheur du monde » . Personne n’est capable de dire où Camus aurait dit cela.
    En plus il semble que la citation exacte parle » d’objet » et pas de  » choses » . Un objet est réel. C’est la façon de déformer le réel en le mal nommant qui est dangereuse. Ici nous sommes dans le subjectif, c’est totalement différent.
    Il existe des traits dominants qui dessinent les contours des façons de concevoir l’amour. Ce que les psy décrivent est une grille de déchiffrage biologique générale mais la vie – heureusement ! – déborde toutes nos tentatives d’établir des catégories ou des classifications : chacun porte en soi une façon originale et unique d’aimer. C’est le fruit alchimique de notre histoire, de nos rencontres, de notre éducation comme de notre expérience de la vie.

    Je n’irai jamais expliquer à quelqu’un que ce qu’il ressent n’est pas ce qu’il nomme. Je n’en sais rien

  25. … « Je n’irai jamais expliquer à quelqu’un que ce qu’il ressent n’est pas ce qu’il nomme. Je n’en sais rien »…

    Sage et lucide Guenièvre…

  26. Souris donc

    Bonjour à vous tous ! Il me semble qu’en revenant au papier, Impat fustige plutôt le rôle des avocats pour qui le divorce est une manne. Loin d’arranger le litige, leur intérêt bien compris est de l’attiser, de multiplier les consultations et honoraires afférents. Le divorce par consentement mutuel avec communauté réduite aux acquêts a été un progrès par rapport à l’ancienne guerilla, il n’en reste pas moins qu’il vaut mieux au départ un contrat personnalisé établi par un notaire. Car le projet de l’avocat repassera de toutes façons par les mains d’un notaire qui n’en tiendra aucun compte. Vu que les avocats n’y connaissent rien en patrimoine.
    Et maintenant les avocats salivent dejà à l’idée des class actions. Il y a beaucoup trop d’avocaillons en France, la plupart sans cause et sous le SMIC. Alors quand ils trouvent le pigeon, ils le plument. C’est humain.

  27. Dire que des homosexuels veulent se marier ! Ils ne se rendent pas compte des tracasseries judiciaires en cas de divorce ! Certains vont le regretter amèrement et se dire qu’il aurait mieux valu se contenter du PACS.

  28. Souris,… « quand ils trouvent le pigeon, ils le plument. »…
    Et ils ne se contentent pas de le trouver. Pour le trouver ils le cherchent activement. Les nombreuses plaintes en tout genre qu’on voit fleurir partout après le moindre, ou le moins moindre, incident, sont presque toujours le fruit d’une démarche d’avocats en chasse.
    De même pour les victimes d’accidents, mais en ce cas, seulement si le présumé « responsable » est suffisamment solvable.

  29. QuadPater

    En cas de divorce d’un couple avec enfants, l’intervention d’un juge est indispensable.
    En effet, il faut bien que l’autorité publique informe le père qu’il peut se brosser pour la garde des mômes et lui communique le montant de la pension alimentaire.

  30. Si terminer une phrase par « je n’en sais rien » suffit pour être sage et lucide, cessons d’écrire quoi que ce soit, de participer à des blogs de ce type et fermons nos clapets.
    Nous serions sages et lucides.
    A moins qu’être d’accord avec Impat permet aussi d’être sage et lucide?

  31. Quad,… « avec enfants, l’intervention d’un juge est indispensable »…
    Pas forcément si le divorce et ses conditions ont lieu par accord mutuel, ce qui, il est vrai, n’est pas très fréquent. La pension et la garde des mômes pourraient être contractées devant notaire, ce qui ne nécessite pas le poids et le prix de deux avocats.

  32. QuadPater

    Impat, une fois le sarcasme extirpé de mon 00:02 il prend le sens de votre 08:55. 😉

  33. … « une fois le sarcasme extirpé »…
    Nul doute que les divorces se passeraient bien mieux sans les mères…- 🙂

  34. roturier

    Et surtout sans les chiares, n’est-ce pas, Impat.

  35. Guenièvre

    roturier, vous êtes psy pour pouvoir juger des sentiments des autres ?

  36. QuadPater

    Peut-être serait-il possible de traiter à part la rupture du mariage (le divorce lui-même) ? Impat faisait remarquer que le maire aurait un rôle légitime. L’absence de conflit n’est peut-être pas le cas le plus fréquent, mais au moins un tel divorce ne mobiliserait pas juges & avocats.
    Les éventuels conflits concernant la répartition des biens et la garde des enfants seraient classiquement gérés par la justice.

  37. QuadPater 1 Septembre 2012 à 15:27

    Dans cette construction sociétale que nous sommes en train d’imaginer, je crois que votre proposition tient la route. Toutefois je la préfèrerais ainsi :
    Divorce prononcé par le maire, comme le fut le mariage.
    Puis accord de répartition et de garde d’enfants par contrat mutuel devant notaire, et en cas de désaccord sur la rédaction de ce contrat, recours devant le juge.

  38. QuadPater

    Yapuka faire une proposition de loi dans un cadre de référendum d’initiative populaire, et en 2023 nous fêterons le dixième anniversaire de la loi Impater1.
    – décriminalisation du divorce
    – désengorgement des tribunaux
    – nouvelles attributions aux maires

  39. Et les avocats à la lanterne. Sauf ceux du diable.

  40. Je savais que in fine nous trouverons le coupable.
    KILL THE LAWYER !

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