La Vieille Ecole

 

En fouillant dans le grenier du futur, on a retrouvé les lignes ci-après. Écrites sur du papier pas encore jauni, même pas encore écrit, mais du papier dense, lourd, empli de songe. C’est un enquêteur — chercheur,  journaliste, ?—qui s’est intéressé à la description du système d’instruction en France un siècle plus tôt, donc en 2012, avec celui qu’il vit en 2112.

Entre les deux, une vraie révolution !

 

(Une autre enquête a été retrouvée, en même temps. Elle décrit comment fut opéré le passage de la vieille école à celle du 22e siècle. Mais c’est un autre sujet.)

 

 

 La vieille école

 

Une drôle d’école en vérité. Un seul organisme, central, tout-puissant, monopolistique. Institution la plus grosse du monde après avoir été la seconde derrière l’Armée Rouge, cette « éducation Nationale », via son ministère et son syndicat, régentait l’ensemble des établissements scolaires de France. Programmes, cycles scolaires, méthodes d’enseignement, recrutement et évaluation des professeurs, tout venait d’en haut, tout était imposé, et gare aux initiatives locales, gare aux enseignants récalcitrants. Lycées et collèges dans sa dépendance directe, 80 %, ou établissements privés sous contrats, 20 %, tous devaient suivre ces règles. Quelques très rares établissements libres subsistaient, hors contrats et hors de prix, mais soumis aux mêmes examens « nationaux ».

Parmi ces derniers, le baccalauréat, qui n’était plus un examen puisqu’on le donnait à tout le monde, conservait une existence par tradition. C’était un rituel, comme l’avait été le service militaire, une sorte de marqueur du passage à l’âge adulte. C’était aussi un vrai gâchis, et une tricherie laissant croire à certains jeunes gens naïfs qu’ils pourraient en faire usage pour trouver un emploi.

En tout cas le taux de réussite au bac ne constituait plus un critère de qualité pour choisir un lycée. Rien ne permettait aux parents de se faire un jugement sur cette qualité, non plus que sur les spécificités cachées pratiquées. Rien que le bouche à oreille pour savoir si son enfant allait tomber sur un prof efficace, sur un prof laxiste, sur un prof pratiquant la méthode « pédagogiste » ou non…Aucune information officielle ou crédible, puisque selon la foi étatique tous les établissements se valent.

Or le bouche à oreille est la méthode d’information réservée à ceux qui s’informent, et ces derniers appartiennent aux classes sociales supérieures et au corps enseignant. C’est dire que le renouvellement des niveaux sociaux par l’école se trouvait en panne totale.

De toute façon ces classes sociales se trouvaient être les seules à pouvoir bénéficier de l’école de leur choix grâce à des passe-droits de toute sorte. Car, aussi surprenant que cela nous semble au XXIIe siècle, le choix de l’établissement n’était pas libre! Il était établi par une « carte scolaire » imposée à l’échelon national. Vers le début du siècle, un Président avait « allégé » ce dispositif. Las, dès 2012 le Président suivant y était revenu, c’est dire à quel point l’envie de cette contrainte dominait certains esprits!

Mais il y avait plus grave encore.

Il suffisait d’assister à une discussion publique entre professeurs, conférence ou débat. On ne pouvait qu’être frappé d’une chose, ces discussions ne portaient quasiment jamais sur l’instruction, sur la transmission du savoir. Le thème abordé, sur lequel revenaient toujours les participants quel que fût le thème officiel du débat, était « la lutte contre les inégalités ». On trouvait là, d’évidence, ce qui était devenu de facto la préoccupation prioritaire du corps enseignant, poussé en cela par la doctrine ministérielle. Certes, de nombreux professeurs restaient attachés à leur vocation de transmetteur de savoir, et enseignaient en conséquence. Ils repéraient les meilleurs, les conseillaient et les incitaient à s’améliorer encore, autant qu’ils se consacraient à l’aide apportée aux moins doués. Certains collèges avaient même mis en place des niveaux de classes, séparées afin de ne pas retarder le progrès des meilleurs par une attention consacrée d’abord aux moins bons. Mais ces exceptions ne constituaient que des initiatives tolérées, elles allaient à l’encontre de la ligne considérant que tous les élèves se valent, que si certains présentent des difficultés ce n’est dû qu’à l’inégalité des classes sociales, qu’il fallait en priorité effacer cette inégalité, et que les mélanges de niveaux profitent à tous.

Résultat, les meilleurs perdaient leur temps à cause du niveau moyen trop faible, et les moins bons perdaient leur temps, par découragement devant le meilleur niveau des autres. Seuls s’en sortaient les enfants dont les parents disposaient des moyens intellectuels et/ou financiers de les faire progresser hors école.

Résultat du résultat, la proportion des élèves de familles défavorisées fréquentant les classes préparatoires aux grandes écoles diminuait d’année en année. L’inverse de l’objectif recherché. Et un quart des élèves de primaire entraient en secondaire sans savoir correctement lire, écrire et compter.

 

 

La révolution : l’école du XXIIe siècle

 

 

Quand j’écris maintenant ces lignes, en 2112, nous sommes enfin parvenus à mille lieues des errements de la vieille école. Nous y sommes parvenus, comme toujours face à des problèmes presque insolubles, en mettant en avant quelques principes fondamentaux puis en s’y attachant avec force. La base que nos responsables ont posée tient en deux parties.

D’abord, enlever à la notion d’école tous les adjectifs qui depuis trop longtemps l’ont troublée. L’école n’a pas à être prioritairement républicaine, ni nationale, ni de gauche, ni de droite, ni publique, ni privée, ni civile, ni militaire, ni laïque ni religieuse. L’école doit être l’école.

Et notre école doit remplir trois critères essentiels. école instructive, École obligatoire, école gratuite.

 

Un siècle après 2012, voici comment fonctionne l’école en France, du primaire à l’entrée en Université.

Chaque établissement est indépendant, libre dans son enseignement, ses recrutements, sa gestion. C’est une entreprise, contrôlée par un conseil d’administration et dirigée par un directeur nommé par ce conseil. Tant qu’il n’est pas démis, le directeur possède tous les pouvoirs d’un chef d’entreprise. Il est responsable devant les familles des élèves de la qualité de l’enseignement. Il décide du nombre et du choix des professeurs, qu’il embauche ou révoque, et dont il fixe les appointements avec toute latitude d’augmenter le salaire d’un enseignant faisant preuve de grandes capacités professionnelles. Les appointements sont forfaitaires afin de respecter le caractère de vocation de ce métier. Autrefois les heures supplémentaires payées avaient conduit à la prolétarisation de la fonction.

Les programmes sont décidés par l’établissement, et publiés chaque année. Ils peuvent donc être différents d’un collège ou lycée à un autre. Le lycée délivre en fin d’étude un certificat: le « diplôme du lycée untel ». La valeur de ce diplôme, au lieu d’être uniformément nulle comme l’était celle du défunt bac, dépend du lycée, de sa réputation de qualité.

La sécurité au sein de chaque lycée et collège est placée sous l’autorité du directeur. Dans son choix de professeurs ce directeur tient évidemment compte de la capacité à assurer le calme nécessaire à l’efficacité des cours. On constate à ce sujet que l’usage d’un uniforme propre à l’établissement s’est rapidement généralisé. Cette pratique, outre son intérêt quant à l’absence de discrimination liée à la tenue des élèves, a participé au retour de l’autorité ainsi qu’à un sentiment de fierté d’appartenir à leur lycée.

Les ressources des établissements scolaires sont assurées par le paiement effectué par les familles. Ces dernières bénéficient d’un « chèque instruction » délivré chaque année par l’Etat et calculé par la loi, en fonction du nombre et de l’âge des enfants. Ce système permet d’atteindre le double objectif visé: gratuité totale pour les familles, choix de l’établissement scolaire.

Il reste que les lycées et collèges doivent garantir une qualité suffisante, et qu’il faut parer au cas où pour une raison quelconque un établissement survivrait à la concurrence malgré un mauvais niveau. à cet effet a été mis en place un système d’évaluation des écoles par un corps d’inspecteurs qui visite régulièrement chaque établissement, effectue un « audit » et délivre, ou non, un permis d’enseigner. Cela n’enlève rien aux prérogatives du directeur, car c’est l’établissement qui est contrôlé, non chaque professeur. Est donc maintenu un corps de 10.000 inspecteurs. 10.000 fonctionnaires, au lieu du million du siècle précédent.

Voilà, à gros traits, comment notre XXIIe siècle a retrouvé des jeunes gens familiers de l’effort, entrant en 6ème en sachant lire, écrire et compter. Et des étudiants entrant à l’Université, s’ils le souhaitent et en ont acquis le niveau, avec un diplôme attestant de ce niveau.

 

 

 

 

 

 

 

 

106 Commentaires

  1. desavy

    Encore des clichés sur l’école. Antidoxe avait pourtant des objectifs ambitieux et louables.

  2. QuadPater

    Merci Impat pour ce travail de recherche historique. Sans trop vouloir critiquer nos ancêtres je rappelle toutefois qu’il y a un siècle de cela 94 % du budget de la Vieille École était réservé aux dépenses de personnel (cf. les Vieilles Archives).
    On se demande encore comment ça pouvait fonctionner leur truc.

  3. desavy

    Le lien ne mène nulle part.

    QuadPater

    C’est bien d’écrire 94% en gras. Cela ne peut qu’impressionner le lecteur. Mais dans ce « budget », ne figurent pas les investissements par exemple. Par ailleurs, les dépenses d’entretien incombent aux collectivités. Il est donc logique que l’essentiel des dépenses de l’État en matière d’enseignement concerne les salaires.

    Ce truc fonctionne, pour employer votre terme assez méprisant. L’école ne fonctionne pas auprès d’enfants et d’adolescents qui n’ont peur ni de leur famille, ni de la police, ni de la justice. Comment voulez-vous alors que l’école les remplace ?

    Quand je rentre dans une salle de cours, mes élèves se lèvent. Quand la sonnerie retentit, ils attendent que je dise que le cours est terminé avant de ranger leurs affaires. Mais ils n’ont pas de casier judiciaire, ils ne participent pas à des émeutes, ils respectent leurs parents…

    C’est facile de critiquer l’école.

  4. desavy

    Merci pour ce lien QuadPater, mais je confirme que ces 94% ne veulent rien dire pour les raisons énoncées au dessus.

  5. QuadPater

    Lorsqu’une personne paie – ne serait-ce qu’indirectement – un service, elle est en droit de donner son avis sur la façon dont ce service est assuré. Le droit de le juger, le droit de le critiquer en bien ou en mal. Je paie le service public via mes impôts, je peux donc dire ce que je pense de la qualité des prestations dudit service public.

    desavy, j’ai répété ce qui précède pendant 8 ans en vain à mon ex (une instite), à ses collègues, ainsi qu’à tous les fonctionnaires que j’ai pu côtoyer. Aucun n’a admis ce principe tant qu’il (elle) était en privé et seul avec moi. Curieusement, une fois en groupe et en public les mêmes personnes prennent régulièrement à témoin la population devant la baisse de qualité du service public, manque d’effectifs, manque de moyens, manque de formation initiale, etc.
    Je suis persuadé que ce refus d’une critique pourtant légitime est pour beaucoup dans le désamour, l’incompréhension, voire le mépris des Français pour leur administration.

  6. C facile pour Quad. Puisqu’il fait 1m95, 130kg et pratique la boxe thailandaise.
    Mais que ferait une frêle prof femelle devant une classe de lycée du 9-3 ?

  7. …  » Mais que ferait une frêle prof femelle devant une classe de lycée du 9-3 ? « …
    Excellente remarque. Dans l’école de 2112, une « frêle prof femelle » n’est pas prof dans le 93 tel qu’il est en 2012. Pas plus qu’un frêle prof mâle.
    Le directeur a la responsabilité de recruter les profs aptes à exercer leur métier pour l’établissement concerné.
    C’est, en 2112, devenu un fonctionnement normal des entreprises d’instruction.

  8. Guenièvre

    Impat,
    Chic alors ! on ne va pas être d’accord ! C’est là que mon côté  » républicain se cabre devant le libéralisme 🙂 !
    Franchement je suis perplexe quant à votre vision de notre éducation dans l’avenir et de ce qu’il faudrait faire pour que « ça aille mieux ». Je ne suis pas sûre que le recrutement par les chefs d’établissement et la privatisation donneraient forcément de meilleurs résultats . Enfin tout dépend de ce que l’on entend par « meilleur ». Une école n’est pas une entreprise comme les autres : on ne fabrique pas des objets , on y travaille sur de l’humain. Vous préconisez des programmes différents pour les collèges et les lycées ? J’imagine bien que ça peut être une motivation pour un enseignement de qualité mais aussi la porte ouverte au communautarisme. On a dit que l’école républicaine avait été un « creuset », le mot est explicite. Qu’elle ne le soit plus aujourd’hui ne veut pas dire qu’il faille aller encore plus en avant dans « l’éclatement » de la communauté nationale.
    Ensuite que, dans une certaine mesure, l’école soit soumise aux impératifs économiques, qu’elle soit dépendante des demandes des différentes composantes de la société, celle des parents, des industriels et des patrons c’est normal mais dans une certaine mesure seulement.
    Les connaissances ne sont pas non plus des marchandises comme les autres, susceptibles d’être achetées et vendues selon les règles ordinaires du commerce international. Ces connaissances doivent servir AUSSI à faire des êtres de culture ( culture employé en opposition à nature). Autrement dit une école digne de ce nom doit, à mon sens, conjuguer l’humanisme et l’utilitarisme.

  9. Guenièvre, vous imaginez bien comme je vous attendais au coin du bois! – 🙂

    Je commence par la fin de votre commentaire : « une école digne de ce nom doit, à mon sens, conjuguer l’humanisme et l’utilitarisme. ». Rien n’est plus juste, je partage ce point de vue à 1000 %, …et j’ai la certitude qu’une école dirigée par un vrai directeur a davantage de chance d’y arriver qu’une école dirigée ( ?) de loin par un club de fonctionnaires et de syndicalistes.

    Par ailleurs vous n’êtes « pas sûre que le recrutement par les chefs d’établissement et la privatisation donneraient forcément de meilleurs résultats ». Moi non plus je n’en suis pas sûr, mais je le pense très fortement par l’expérience acquise dans les résultats comparés, quand ils sont comparables, des organismes d’Etat et des organismes privés.
    [D’ailleurs, entre 2012 et 2112, la chose fut essayée dans une Région expérimentale, avec succès – :)]

    Enfin, « Une école n’est pas une entreprise comme les autres : on ne fabrique pas des objets , on y travaille sur de l’humain ». Certes, et j’ajouterai qu’aucune entreprise n’est une entreprise comme les autres.
    « Entreprise » n’est pas synonyme de « fabrique d’objets ».
    Entreprise, c’est un groupe de personnes qui se réunissent pour entreprendre une action. Une action de production, ou une action de communication, ou de formation, ou de service, ou etc.
    Ces personnes mettent leurs moyens, leur énergie, et leur cœur en commun pour réussir. L’avantage, c’est que si elles ne réussissent pas elles disparaissent, au lieu de grossir démesurément aux frais des autres.

    Bon, allez-y, je tends le dos…

  10. Guenièvre

    @ Impat,
    Je n’ai pas le temps de répondre maintenant mais vous ne perdez rien pour attendre !

  11. QuadPater

    Guenièvre, il existe déjà en France plusieurs dizaines de milliers de petites entreprises libérales qui elles aussi travaillent sur de l’humain (en l’occurrence elles ne l’instruisent pas, elles le soignent) et, ma foi, le système est efficace et rentable, ce qui est parfait.
    Bien sûr le fonctionnement d’une école 2012 et celui d’un cabinet de dermato n’ont rien à voir, mais pourquoi ne pas imaginer qu’une école-Impat soit gérée selon les mêmes principes qu’une petite clinique (et soit soumise à des contraintes semblables) ?

  12. QuadPater,
    … « pourquoi ne pas imaginer »…
    J’ai une réponse : par manque d’imagination ?

  13. desavy

    QuadPater

    « Lorsqu’une personne paie – ne serait-ce qu’indirectement – un service, elle est en droit de donner son avis sur la façon dont ce service est assuré. Le droit de le juger, le droit de le critiquer en bien ou en mal. Je paie le service public via mes impôts, je peux donc dire ce que je pense de la qualité des prestations dudit service public. »

    Oui, vous avez dit ce que vous pensez : « On se demande encore comment ça pouvait fonctionner leur truc. »

    Après tout pourquoi pas… Chacun a le droit de s’exprimer par les moyens qu’il souhaite utiliser même dans un forum qui se veut être de qualité.

    « desavy, j’ai répété ce qui précède pendant 8 ans en vain à mon ex (une instite), à ses collègues, ainsi qu’à tous les fonctionnaires que j’ai pu côtoyer. Aucun n’a admis ce principe tant qu’il (elle) était en privé et seul avec moi. Curieusement, une fois en groupe et en public les mêmes personnes prennent régulièrement à témoin la population devant la baisse de qualité du service public, manque d’effectifs, manque de moyens, manque de formation initiale, etc.
    Je suis persuadé que ce refus d’une critique pourtant légitime est pour beaucoup dans le désamour, l’incompréhension, voire le mépris des Français pour leur administration. »

    Vous ne me verrez pas me plaindre comme ces personnes.

    La critique est bien entendu légitime. Elle existe aussi dans le texte que j’ai commis sur l’école, par exemple sur ce que je nomme le pédagogogisme. Mais la critique doit être argumentée, étayée, on ne doit pas écrire seulement parce que l’on dispose d’un clavier et de 10 doigts.

    C’est devenu un réflexe sur Antidoxe. Je remarque qu’il y a des choses fausses et vérifiables dans un texte, on me dit que je fais de l’ergotage. Je réponds par un argument qui me semble juste sur les 94%, vous n’en tenez pas compte, vous n’essayez même pas de le démonter.

    De quoi Antidoxe est-il composé désormais ? De textes sans références, de connivences (les « kikoo lol » ), de private jokes pour initiés, de sentences jamais justifiées… Cela avait plus de gueule avec les sionistes.

    Relisez la charte !

  14. QuadPater

    desavy, Antidoxe est tout ce qu’on veut, et même le reste, et plus encore. Il n’y a qu’une chose que ce site ne soit pas : une messagerie en temps réel. Quand on m’interpelle sérieusement, je ne réponds en général pas tout de suite, seulement quand j’ai le temps.

  15. Guenièvre

    Tout d’abord les objections que je fais Impat, j’ai tout à fait conscience qu’elles sont presque inutiles et que nous allons dans le sens que vous dites. Mais, n’est-ce pas  » c’est bien plus beau lorsque c’est inutile »… 🙂
    Ensuite l’école que je regrette, et qui était à mon sens efficace, est celle qui perdura jusque dans les années 70/80 . J’avoue donc là bien sûr une composante nostalgique dans mes remarques et je sais aussi ce qu’elles doivent à l’idéologie républicaine.

    Ce qui me gêne dans ce que vous dites c’est surtout cette idée de choix de programmes par chaque établissement. Je suis pour une orientation plus précoce ( après la cinquième ou la quatrième) mais il faut un minimum d’apprentissage de valeurs communes pour pouvoir vivre ensemble. Qui vous dit que certains établissements ne choisiront pas uniquement des enseignements utilitaires ? Et que les parents ne plébisciteront pas ce genre de collège ? Je gage que La Fontaine ou Molière seront vite jugés comme complètement inutiles et ne seront plus étudiés que dans des endroits très restreints.
    Une collectivité n’est pas seulement un agrégat de particularités. Une société démocratique ne peut pas se résumer à une collection d’individus, uniquement rassemblés par centres d’intérêts. On se plaint à juste titre que certains jeunes n’aient plus l’amour du pays. Je ne crois pas que celui-ci s’acquiert par l’apprentissage de la Marseillaise ( même s’il faut l’apprendre ) ou par des cours d’instruction civique ( même s’il faut en faire) car la connaissance des règles n’a jamais signifié qu’on se les appropriait. J’aime bien ce que dit A. Finkielkraut à ce sujet :  » L’amour de la France n’est pas un but, il est une conséquence possible de la connaissance de la civilisation française. Et cette civilisation française se nourrit de la précision des mots et de la fréquentation des œuvres. » Je me souviens aussi de cette femme d’origine italienne qui disait son émerveillement lorsqu’elle égrenait les départements et les préfectures et quelles les découvrait sur la carte de France…
    Ce que la République a su faire accepter quelquefois par la contrainte, par la culture commune de son école , ce ciment- là doit être recomposé, il a sans doute besoin d’ingrédients nouveaux en particulier il serait utile de voir comment l’articuler à la construction européenne mais il ne peut se reconstituer si l’on ne continue pas un minimum de « tronc commun ». Enfin, il me semble…

    Je comprends bien votre définition de l’entreprise mais « ne pas réussir » correspond tout de même à  » ne pas être rentable » . Comment évalue-t-on la « rentabilité de l’école ». Vous admettrez que cela ne se mesure pas à court terme , en tous cas pas seulement à court terme et que ces critères de rentabilité sont difficiles à évaluer. Pour les services de santé Quad , c’est tout de même plus simple, il suffit de voir les taux de guérison.

    « Cette pratique ( le port de l’uniforme), outre son intérêt quant à l’absence de discrimination liée à la tenue des élèves, a participé au retour de l’autorité ainsi qu’à un sentiment de fierté d’appartenir à leur lycée. »
    Le retour de l’autorité grâce à l’uniforme ( je ne suis pas contre ) mais là Impat je crois que vous rêvez ….

  16. Guenièvre

    @ desavy,

    J’aimerais bien vous lire à nouveau sur l’école parce que vous prenez le contre pied de l’idée du déclin. Il est très important de ne pas ronronner dans ses certitudes…

  17. desavy

    QuadPater

    Vous avez raison, j’ai été injuste avec vous. Comme vous m’aviez répondu, j’ai cru que c’était toute votre réponse.

  18. desavy

    Guenièvre,

    Je le copie ici. Il est sans prétention mais j’ai essayé de jouer le jeu. Je suis assez réticent face à toute idée de déclin. En même temps, je n’aime pas la tournure que prend l’école depuis quelques années. Je suis assez d’accord en général avec Marcel Gauchet.

    Souvenez-vous les professeurs *

    Par desavy / 29 Avril 2012 / De Savy, Inactualités / 30 Commentaires

    Il est de bon ton de critiquer l’Ecole. Certains, lecteurs de Pierre Bourdieu, la considèrent comme le vecteur principal de la reproduction sociale. D’autres, fascinés par une époque préhistorique à l’abri de toute modernité, ne rêvent que de dépecer le mammouth. Les derniers, enfin, désirent la transformer en une multitude d’entreprises privées, lorgnant du côté de l’atomicité, l’une des hypothèses du modèle de la concurrence pure et parfaite. Un diagnostic assené moult fois les rassemble pourtant : notre système scolaire connaît un échec absolu, il est dans un état pitoyable et forme des générations d’abrutis (1). Comme nous avons tous, peu ou prou, un compte à régler avec un de ces professeurs qui ont jalonné notre scolarité, nous ne pouvons que partager cette doxa. De temps en temps, un classement international, pas toujours bien compris, vient opportunément la confirmer.

    Pourtant, l’Ecole se porte beaucoup mieux qu’on le prétend. Les personnes qui réussissent le mieux socialement – les dirigeants d’entreprises, ingénieurs, cadres supérieurs, chercheurs, médecins, pilotes, etc. – sont celles qui ont le mieux réussi leur scolarité. Elles ont bénéficié de très bonnes formations qui leur ont permis d’accéder aux meilleures places. Celles qui vivaient déjà dans un milieu aisé ont ainsi évité de dilapider leur héritage. Les professeurs sont souvent accusés de refuser toute sélection. Ils la pratiquent au contraire de façon drastique et impitoyable. Les meilleures formations sont les plus recherchées, et, par définition, les plus sélectives.

    Toute sélection entraîne des échecs. Ainsi, de nombreux élèves sortent de l’Ecole sans diplôme. S’ils finissaient tous leur scolarité diplômés, les titulaires des titres les plus bas connaitraient les mêmes affres, les mêmes déboires, que les non diplômés actuels. Une société ne pourrait vivre avec 100% de sa population active constituée d’ingénieurs. Beaucoup d’artisans se plaignent de ne pas trouver assez de salariés disposés à travailler pour eux. Les offres d’emploi qui ne trouvent pas preneurs se chiffrent par milliers, voire par centaines de milliers (2). Mais en quoi l’Ecole serait-elle responsable de décisions individuelles ? L’Ecole propose d’ailleurs de plus en plus de formations directement « professionnalisantes » et, si celles-ci ne conviennent pas, les artisans ne refusent pas de former leurs apprentis.

    Il serait impossible de réformer l’Ecole. Pourtant, elle n’arrête pas de l’être (3). On souhaiterait qu’elle arrive à soigner par miracle tous les maux. Les professeurs auraient renoncé à leur autorité. Allez exercer votre autorité auprès d’élèves qui ne craignent ni leurs parents, ni la police, ni la justice ! Il est beaucoup plus difficile de réformer la société, ou encore de retrouver une situation de plein emploi. Comme il était plus facile de bombarder la Libye que la Syrie, il est plus facile de bombarder l’Ecole que notre société, délicieux mélange de modernité et de décadence.

    * Je me suis permis d’emprunter le titre de cette chronique à E. Badinder, R. Debray, A. Finkielkraut, E. de Fontennay, C. Kintzler, (Souvenez-vous les professeurs, Le Monde du 26 novembre 1995).

    (1) Jean-Paul Brighelli, La fabrique du crétin : La mort programmée de l’école, Editeur Jean-claude gawsewitch / Essais (2005). On pourra aussi lire sur le même sujet Natacha Polony.

    (2) Entre 300 000 et 600 000 selon les sources.

    (3) Parmi les dernières réformes, on pourra plus particulièrement s’intéresser à l’Idéologie des compétences. Lire à ce sujet Marcel Gauchet : « Nous sommes en proie à une erreur de diagnostic : on demande à l’école de résoudre par des moyens pédagogiques des problèmes civilisationnels résultant du mouvement même de nos sociétés, et on s’étonne qu’elle n’y parvienne pas… Quelles sont ces transformations collectives qui aujourd’hui posent à la tâche éducative des défis entièrement nouveaux ? Ils concernent au moins quatre fronts : les rapports entre la famille et l’école, le sens des savoirs, le statut de l’autorité, la place de l’école dans la société. » in Le Monde du 2 septembre 2011.

  19. Un tombereau de ratiocinations ultralibérales qui mériterait un livre tant il arrive à concentrer en si peu de pages tant de clichés et de préconçus idéologiques. Il y aurait tant à dire, je ne ferai néanmoins que quelques remarques. Ce texte part du principe que la concurrence libre et non faussée 1) est possible 2) est idéale 3) améliorerait globalement l’enseignement d’un pays. Déjà qu’une telle vision s’est révélée catastrophique au niveau de l’économie, on s’imagine déjà à quoi mènerait une telle folie au niveau des lycées.

    1) Si le but de l’école n’est pas de réduire les inégalités sociales, contrairement au billevesées pédagogos et bourdivines, cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas des inégalités sociales causant des inégalités scolaires basées sur autre chose que le talent ou l’intelligence. Pour que ce soit bien clair : ce n’est pas à l’école d’y remédier, mais bien à la société elle-même.

    2) Le chèque-scolaire, qui est une invention parfaitement loufoque du délirant professeur Friedman (ou du moins l’une de ses armes favorites contre l’école publique), et qui était auparavant uniquement proposé par un certain Jean-Marie Le Pen (désormais, plus personne ne le propose il me semble), a montré les calamités qu’il pouvait engendrer par exemple aux Etats-Unis. Il part du principe que le choix est la liberté, alors qu’il n’y a guère de liberté pour la famille qui n’a ni les relations ni l’argent pour inscrire son enfant au prétendu meilleur établissement scolaire, càd en fait l’établissement qui aura su pomper les meilleurs (profs, élèves,donations,…) et ruiner ses « concurrents » scolaires. La carte introduit une saine égalité républicaine, qui n’est pas nivelante en soi, mais bien juste et apte à permettre à tous, quelque soit leur statut social, de bénéficier d’une éducation et d’une instruction de haute qualité.

    Par ailleurs, l’idéologie libérale, qui motive la logique d’impat, conduirait logiquement si l’on y réfléchit à enlever l’obligation de l’école. On rappellera aux amnésiques que l’obligation scolaire a été une violence pour les familles qui voulaient garder leur enfant pour travailler, càd une négation de choix. Ceci ruine à nouveau l’idée que refuser le « choix » des parents est liberticide : l’enseignement ne relève pas du domaine parental mais bien du domaine de la « polis », de la cité, bref, de la politique, car « toute éducation est publique » (Castoriadis). Donc ce n’est en rien liberticide d’imposer un choix scolaire aux parents.

    3) Prendre pour exemple l’une des institutions capitalistes les plus abrutissantes (l’entreprise) en modèle pour l’école, est une galéjade sans nom ni bornes. On ne gère pas une école comme une entreprise sauf dans les fantasmes des libéraux les plus dingues : la logique de l’école, comme d’ailleurs des services publics, n’est pas le profit, n’est pas la domination, n’est pas l’intérêt, n’est pas l’obéissance absolue et acritique, etc… Bref, l’école n’est pas utilitariste, désolé ! Lire « l’enseignement de l’ignorance » de Michéa, ou Kintzler, Pena-Ruiz, Robert-Dufour, j’en passe… Dans une école-entreprise, on peut dire adieu aux matières qui a priori n’amènent aucun profit : littérature, philosophie, histoire, géographie, enfin toutes les matières qui depuis quelques décennies s’amenuisent voire sont en voie d’extinction (le gouvernement Sarkozy n’a-t-il pas d’ailleurs tenté d’éliminer le cours d’histoire ?). Toutes les matières, en fait, classiques et proprement émancipatrice, sans lesquels il n’est de citoyen critique. Dès lors,

    4) Un tel système conduirait en 2112 à l’abrutissement généralisé de toute la population, hormis une infime minorité de privilégiés dont on sait historiquement qu’elle ne l’est jamais grâce à son intelligence, sa culture ou son érudition. Cet « enseignement de l’ignorance » serait génial pour former de parfaits consommateurs abrutis, incultes, excités, pulsionnels, procéduriers et soumis, il impliquerait un abaissement catastrophique du niveau général qui certes mettrait en valeur le peu de gens qui a su tirer son épingle du jeu de la concurrence mais ce ne serait en rien un progrès par rapport au système ancien.

  20. Guenièvre

    @ desavy,

    Je l’avais déjà lu , je disais  » de nouveau » 🙂 ! Un autre texte …
    J’aime bien ce que dit M.Gauchet. On demande beaucoup trop à l’école !

  21. L’école n’est pas une entreprise tout court, elle n’est, pour paraphraser le grand esprit rédacteur de ce texte, que l’école, et rien d’autre. Et c’est déjà beaucoup.

    Tant que les savants esprits qui se succèdent en croyant réformer l’école comme on modifie une entreprises ne comprendront pas qu’une école est avant toute chose l’endroit où l’on transmet un savoir, où l’on développe l’esprit critique de l’enfant pour devenir plus tard citoyen, RIEN D’AUTRE (non Impat, ce n’est pas pour servir d’armée de réserve au capital – non Quadpater, elle n’est pas là pour former de bons travailleurs disciplinés). Et c’est un but qui est gratuit, et non intéressé. C’est un moyen qui vise le but par excellence de la liberté, pas le bonheur, pas l’intelligence, pas la capacité à entreprendre/inventer/innover/…, pas les facultés requises pour réussir dans le monde du travail, la Liberté.

    Tel est du moins l’idéal qui sous-tend à l’origine l’école républicaine, un idéal d’autonomie (tant individuelle que collective, car il n’y a pas d’individus libres sans collectivité libre et vice-versa) qui a néanmoins toujours dû s’affronter à l’autre grand imaginaire de l’Occident qu’est celui du capitalisme, et qui aujourd’hui dans la postmodernité semble triompher de plus en plus dans la société, donc aussi dans l’école. On s’étonne que les gosses deviennent de plus en plus cons, mais quand toute la société ne cherche qu’à les rendre cons, et qu’ils assimilent toujours plus vite et facilement les valeurs (?) dominantes que sont celles de l’Argent (combien de fois n’en a-t-on pas entendu dire qu’ils « aimeraient être payés pour aller à l’école » ? je me rappelle même d’une proposition, belge ou française je ne sais plus, de payer les enfants pour qu’il y ait moins d’abstention !), il n’y a rien de surprenant à ce qu’ils soient de moins en moins enclins à apprendre (autre chose que ce qui pourra leur servir pour gagner du fric plus tard, càd généralement le strict, très strict minimum).

  22. @QuadPater : L’école n’est pas un service public, l’école est l’école, point barre et absolu. Logique comptable par excellence, et ultralibérale de surcroit, vous ne payez pas pour l’école, vous participez au bien commun à la hauteur de vos revenus, et celui-ci à son tour finance l’institution centrale de toute République digne de ce nom, à savoir l’école. Si vous avez évidemment le droit de dire ce que vous en pensez, ce n’est pas en tant que consommateur aigri et égoïste, qui réclame « son du », mais en tant que citoyen participant à la vie de sa cité.

  23. Très intéressantes références (et belle citation de Gauchet). Je rajoute, en prolongement de vos remarques (« Ce truc fonctionne, pour employer votre terme assez méprisant. L’école ne fonctionne pas auprès d’enfants et d’adolescents qui n’ont peur ni de leur famille, ni de la police, ni de la justice. Comment voulez-vous alors que l’école les remplace ? »):

    « Quand le citoyen-écologiste prétend poser la question la plus dérangeante en demandant : « Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? », il évite de poser cette autre question, réellement inquiétante : « À quels enfants allons-nous laisser le monde ? ». » (Jaime Semprun)

    A l’évidence, ce n’est pas dans nos piteuses sociétés libérales de consommation, où tout est fait pour attiser les pulsions les plus primaires de l’Homme au profit de la sublime Main Invisible, que nous arriverons à résoudre le sérieux défi de l’éducation. Comment croire encore possible l’élève discipliné, silencieux et relativement attentif (typique de la IIIe République) dans un monde où l’enfant est l’éponge favorite de toutes les crasses qui pullulent dans la sphère marchande et ludique ? Des écrans partout (désormais même à l’école !), des pubs partout, des images-sons (toujours plus rapides, trash et extrêmes) partout, des babioles partout, des jeux partout, bref un bruit lumineux cacophonique et envahissant dont les effets sur la psyché en développement du gamin se font ressentir tous les jours, voilà ce vers quoi l’univers enfantin tend de plus en plus. Il faudrait une bulle pour s’en isoler. Ou une révolution.

  24. Erratum : Tant que les savants esprits qui se succèdent en croyant réformer l’école comme on modifie une entreprises ne comprendront pas qu’une école est avant toute chose l’endroit où l’on transmet un savoir, où l’on développe l’esprit critique de l’enfant pour devenir plus tard citoyen, RIEN D’AUTRE (non Impat, ce n’est pas pour servir d’armée de réserve au capital – non Quadpater, elle n’est pas là pour former de bons travailleurs disciplinés), rien ne s’améliorera. Et c’est un but qui est gratuit, et non intéressé. C’est un moyen qui vise le but par excellence de la liberté, pas le bonheur, pas l’intelligence, pas la capacité à entreprendre/inventer/innover/…, pas les facultés requises pour réussir dans le monde du travail, la Liberté.

  25. Guenièvre, à mon tour.

    Là encore je commence par la fin, avec un petit (tout petit) reproche. Transformer « l’uniforme a participé au retour de l’autorité » en « Le retour de l’autorité grâce à l’uniforme »…vous trichez un peu, non? Mais le reproche est tout petit car le sujet n’est pas primordial.

    Le choix des programmes. C’est une objection majeure. Pour les autres points j’avais tourné ma langue 7 fois, pour celui-là 14 fois. On peut bien sûr imaginer cette école 2112 avec des programmes imposés, mais je le regretterais pour les raisons suivantes.
    Il est bien que les écoles rivalisent de programmes concurrents, laissant un choix aux parents. C’est un procès d’intention que d’en déduire qu’ils seraient tous « utilitaristes », je suis persuadé du contraire car il existe dans la population de tous niveaux un fort besoin de culture générale. De plus les entreprises, ces horribles adorateurs du profit, sont très demanderesses de salariés cultivés. Elles ont compris, de longue date, que ce sont les meilleurs.
    Quant au « minimum d’apprentissage de valeurs communes pour pouvoir vivre ensemble », vous avez raison. Mais je trouve que nous pouvons fort bien vivre ensemble lorsqu’un de nos enfants épouse un Belge ou un Suisse. Pourtant les programmes qu’ils ont étudié à l’école n’étaient pas imposés par l’E.N. Par ailleurs, d’une année sur l’autre, les auteurs étudiés en classe X ou Y de l’E.N. ne sont pas les mêmes, donc les enfants n’ayant pas le même age ne pourront pas vivre ensemble ?
    Enfin, « Comment évalue-t-on la “rentabilité de l’école ?». Eh bien vous évaluez la rentabilité des services de santé par le taux de guérison, 2112 évaluera la « rentabilité » des écoles par le taux d’inscription des élèves. Cela, en comprenant « rentabilité » comme je disais qu’il faut comprendre « entreprises », la rentabilité n’est pas qu’une affaire de gros sous.

    Il reste, pour en revenir à la question essentielle des programmes, qu’un « tronc commun » sera une bonne solution de compromis. Son application pourra faire partie des « audits » mentionnés par l’article, permettant de délivrer les permis d’enseigner.

  26. Galaad Wilgos, je vois que mon billet entraîne la colère des statolâtres, c’est plutôt bon signe – 🙂

  27. … « non Impat, ce n’est pas pour servir d’armée de réserve au capital – non Quadpater, elle n’est pas là pour former de bons travailleurs disciplinés »…
    Galaad, soyez gentil s’il vous plait, ne jouez pas ce jeu trop connu consistant à prêter des opinions inventées aux autres pour pouvoir plus aisément les critiquer.

  28. Florence

    Bonsoir à tous

    j’ai beaucoup de choses à dire sur l’école mais comme je n’ai pas trop le temps, je vais essayer de résumer :

    sur le papier, je suis mille fois d’accord avec Guenièvre et desav. Mais dans la pratique, je crois, hélas encore hélas, que Impat a raison.

    En deux mots, la vision de Guenièvre et de desavy est idéale et j’y adhère à 100 %. D’autant plus que cela a fonctionné à merveille durant des décennies. La preuve donc que c’est possible.

    Le problème est que cela ne fonctionne plus. J’ai cru longtemps qu’un retour en arrière pouvait être possible. Aujourd’hui, je ne le crois plus. Il y a encore des îlots où cela fonctionne encore, grâce à des desavy, des Guenièvre du côté de l’EN, des Florence du côté des parents, mais c’est une bataille de tous les jours et c’est une bataille perdue au plan général. Non pas que je sois défaitiste ( ça fait tant d’années que je me bats comme tant d’autres et je suis prête à continuer encore longtemps ) mais parce qu’au niveau où tout se décide, droite et gauche confondue, tout le monde est d’accord. L’école n’est pas là pour instruire , sa mission est de former des citoyens. C’est-à-dire de les formater. Hollande l’a rappelé l’autre jour et rien ne change.

    En quelques mots, c’est cuit. Tout est verrouillé. L’école étouffe sous les verrous.

    Et c’est là qu’Impat a raison : le salut ne peut venir que de la liberté. Seule la liberté peut nous sauver de ce vérouillage auquel nous assistons depuis des décennies, gauche et droite confondues.

    J’ai mis du temps à m’y faire mais aujourd’hui, je m’y résous par la raison.

    Seule la liberté peut nous faire repartir vers le haut.

  29. Florence

    Verrouillage, pardon !

  30. Florence

    Pour finir, provisoirement :

    ce que Peillon propose depuis hier ou avant-hier, tout le monde a l’air d’y trouver plus ou moins son compte car en fait tout le monde y met sa propre interprétation et donc approuve.
    Si cela se passait comme je le souhaiterais, ce serait très bien.

    Le problème, c’est que cela ne se passera pas comme vous et moi le souhaitons, cela se passera comme dans le pire des cauchemars.

    On fera de la moraline à deux balles en culpabilsant les Français et en portant aux nues les immigrés; cela ne fera qu’accentuer ce qui se fait déjà !

    Au mieux, certains professeurs feront le minimum sur la question et nous les remercierons.

    Juste pour l’anecdote : cette année, première année socialiste depuis longtemps, mon fils ( terminale S dans un lycée public de bonne réputation) aura eu exactement DEUX heures de cours depuis la rentrée, c’est-à-dire mardi et nous sommes vendredi soir !). Il m’annonce ce soir que lundi matin, il n’aura qu’une heure de cours sur les 4 programmées.

    Ma fille, en hypokhâgne dans le même lycée, travaille depuis le premier jour.

    Pas le même état d’esprit ! Cela doit être pour cela que l’on veut casser le système des Grandes Ecoles. Dans ce système, les professeurs et les élèves ont envie de travailler. Il faut donc arrêter ce scandale, n’est-ce pas !
    Du reste, c’est déjà prévu !

    Je suis d’accord avec Impat : nombreux sont ceux, parmi les professeurs, parmi les élèves, parmi les parents, qui veulent faire du bon travail, du beau travail. Si on nous en empêche, je suis prête à tout casser.
    C’est trop important

  31. QuadPater

    J’ai indiqué ce chiffre de 94 % parce que c’est le premier qui est mis en avant sur le site… et que je ne me lasse pas de m’interroger à son propos. Comme vous j’ai une furieuse envie de mettre des guillemets autour de budget. Le chiffre ressemble plus au plébiscite d’un dictateur nègre qu’à un vrai budget global. Comme vous le faites justement remarquer, il en manque ; tout ce qui est pris en charge par les collectivités. Mais admettons. Un ministre doit pouvoir piloter de façon fine ce dont il a la charge.
    Jetez un coup d’œil au budget de la justice, il indique la répartition des sous sur les grands projets. D’autres que Taubira mettraient peut-être plus sur les juridictions, moins sur l’informatique (ce ne sont que des exemples) etc.
    À l’EN, rien de cela. On dirait que le ministre n’est rien de plus qu’une sorte de super DRH.

    Je ne pense pas que ce soit le cas, mais enfin ce chiffre me trouble pour sa non-signification.

  32. desavy

    Florence,
    Je suis d’accord avec vous sur le constat. L’école se dégrade mais elle n’est pas dans l’état qui est trop souvent décrit.
    Pour moi, elle se dégrade suite à une alliance infernale entre libéraux et pédagogos. Je sais que cette constatation énerve des 2 côtés. Creusez un peu l’idéologie des compétence pour vous faire une idée.
    Au risque de me répéter, le principal problème est tout de même ailleurs. Un certain nombre d’établissements hébergent des enfants et des adolescents qui ne craignent rien, ni la police, ni la justice, ni bien entendu leurs parents. Le problème est donc avant tout social : l’ordre doit être rétabli partout. Ils auront l’air fin les élèves en uniformes au milieu des tirs de kala.
    L’enseignement doit continuer à être contrôlé par l’État. Adam Smith (la main invisible si chère à Galaad) l’écrit lui-même. Le mieux serait donc de reconquérir l’État…

  33. QuadPater

    Guenièvre, vous disiez craindre que ce type d’école favorise le communautarisme.
    Je ne vois pas trop comment. Pourrirez-vous en dire plus ?
    Merci.

  34. Florence étant d’accord avec moi, je suis d’accord avec Florence.
    Une fois posée cette affirmation osée, je l’explique.

    Florence était séduite par l’école « républicaine », celle des hussards noirs, celle qui enseignait. Moi aussi.
    Florence constate que, sauf efforts individuels de quelques profs, cette école n’enseigne plus car elle a changé sa mission. Je le constate aussi.
    Florence estime que cette institution est arrivée à un point où le rétablissement n’est plus possible, ou hautement improbable. Moi aussi.
    Florence pense donc qu’il faut tout reconstruire en libérant l’école pour qu’elle réponde à sa première mission : transmettre le savoir. Moi aussi.

    Le choix de Florence est donc guidé par une raison pratique, même si ce choix va à l’encontre de sa préférence idéale. Voilà pourquoi je suis d’accord avec Florence qui est d’accord avec moi.
    Car nous ne nous sauverons pas si nous ne sauvons pas l’école.

  35. Guenièvre

    @ Impat,
    « Vous trichez un peu, non? »
    Oui je triche un peu car me suis aperçue juste au moment d’envoyer mon post que vous aviez mis  » a participé  » . Je l’ai laissé partir quand même – j’espère que je serai pardonnée- simplement parce que je suis très sceptique sur ce  » retour de l’autorité ». Je crois que je m’étais déjà expliquée là-dessus. L’autorité est – en grande partie- « donnée » par l’institution. A partir du moment où l’institution elle-même est en faillite , l’autorité ne peut plus exister . Il reste des profs un peu plus aptes que d’autres à se faire respecter mais c’est très très aléatoire. Pour retrouver l’autorité il faut que l’institution de l’école soit de nouveau respectée et pour qu’elle soit respectée il faut… de l’autorité. Un cercle vicieux !

    Sur les programmes : Je n’ai pas dit que tous les établissements choisiraient des programmes utilitaristes …. j’ai écrit :  » Qui vous dit que CERTAINS ne choisiront pas que des programmes utilitaristes. » Vous trichez un peu, non ? 🙂

    « Il existe dans la population de tous niveaux un fort besoin de culture générale. »
    Sans doute , sans doute mais vous n’imaginez pas l’abandon affectif, spirituel et moral dont souffrent certains enfants . Pour les parents de ces enfants la nourriture intellectuelle est peu importante et même tout à fait inutile.

    « Mais je trouve que nous pouvons fort bien vivre ensemble lorsqu’un de nos enfants épouse un Belge ou un Suisse »
    On ne peut pas, je crois, comparer la vie entre les membres d’une communauté nationale avec la vie de famille qui suppose des liens déjà existants et des sentiments particuliers.
    Je crois que je ne me fais pas bien comprendre sur ce problème : il ne s’agit pas d’étudier exactement les mêmes choses mais il se trouve que l’étude de quelques unes des oeuvres classiques de notre patrimoine est à même de transmettre plus sûrement des valeurs communes que des leçons de morale. Cela a d’ailleurs constitué un lien entre les gens et les différentes générations pendant longtemps. Même dans les classes populaires tout le monde avait appris les fables de La fontaine. Un peu comme il en est de l’opéra en Italie…

  36. Guenièvre

    Dans la journée , j’essaierai….

  37. « je suis persuadé du contraire car il existe dans la population de tous niveaux un fort besoin de culture générale. »

    En témoignent d’ailleurs les victoires répétées du Livre face à l’Ecran, ne voit-on pas quotidiennement des masses de gens brandissant un livre de leur poche pour lire dans les transports en commun ou les bancs ? N’est-il pas flagrant qu’à l’opposé seule une minorité marginale préfère l’écran de son gsm ou de sa « tablet pc » ? On voit bien en effet que la population est demanderesse de culture générale. Il suffit de voir quelles émissions et quelles chaînes de TV ont du succès.

    « De plus les entreprises, ces horribles adorateurs du profit, sont très demanderesses de salariés cultivés. Elles ont compris, de longue date, que ce sont les meilleurs. »

    Source ? Il ne me semble pas requis de connaître le Lagarde et Michard par coeur pour pouvoir actionner une machine ou inscrire un répertoire dans un tableau excell. Je ne vois donc pas en quoi les entreprises, qui sont uniquement (mais c’est la logique du système) motivées par le gain et l’intérêt, seraient heureuses d’accueillir des employés cultivés, alors que ladite culture n’a pour ainsi dire aucun intérêt dans leur travail. Culture générale qui, par ailleurs, s’oppose totalement à la logique utilitariste : elle ne sert à rien pour le « travail », on se cultive pour s’émanciper en tant qu’homme, et non pour gagner quelques euros de plus à la fin du mois. Pour ça il y a les stages et les formations.

  38. Bah il me semble avoir répondu quand même un peu plus longuement que ça.

  39. Florence

    Galaad,

    je crois que vous avez une vision très négative de l’entreprise.
    Ma fille depuis quelques jours en hypokhâgne me répète ce qu’elle entend aujourd’hui dans son nouveau milieu ; les débouchés pour les khagnes sont en train de s’ouvrir de manière sensible.
    Les écoles de commerce, les entreprises sont de plus en plus en recherche de personnes cultivées et sachant manier la langue.
    Contrairement à ce que vous pensez, l’entreprise a besoin de personnes intelligentes.
    Du reste, dans les entreprises que j’ai fréquentées directement ou par l’intermédiaire de mon mari, on rencontre beaucoup de gens attachés à la culture, et quand je dis culture, je ne parle pas de télévision ou de rap.

  40. Florence

    Desavy

    que j’aimerais que vous ayez raison !

  41. Florence

    Guenièvre,

    je partage totalement votre avis sur les fables de La Fontaine et autres grandes oeuvres.
    Mais cela se fait de moins en moins : il ne faudrait pas stigmatiser ces pauvres enfants issus de l’immigration dont les parents ne les connaissent pas.
    L’idéologie actuelle et indéboulonnable est : « bradons tout ce qui a fait la France, balance-le à la poubelle, pour ne pas stigmatiser qui vous savez ».

    Le retour en arrière ne se fera hélas pas

  42. Guenièvre,
    Bon, si nous trichons (un peu) l’une et l’autre, qui va pouvoir gagner?… Personne, j’espère.
    Mon exemple d’épousailles entre deux pays différents était mal choisi. Le sens que je voulais donner est qu’il n’est nul besoin d’avoir suivi à l’école des programmes identiques pour ensuite se comprendre et bien vivre ensemble. Les entreprises (pardon) le savent bien, qui aiment recruter quelques étrangers pour que le contact des cultures porte ses fruits.
    Plus généralement, je crois que ce qui sépare nos points de vue est une vision différente des initiatives naturelles des hommes. Vous semblez penser que si on ne « contraint » pas les écoles à enseigner une culture qui ne soit pas seulement « utilitariste » elles ne le feront pas. Je pense, moi, le contraire. L’école d’aujourd’hui, contrainte par sa hiérarchie, se persuade elle-même qu’elle transmet une culture; en fait elle ne transmet plus rien (je caricature, mais pas tant que ça). L’école libérée, celle de 2112, transmettra volontairement ce qu’elle voudra, et dans la grande majorité des cas ce sera beaucoup mieux qu’aujourd’hui car les gens qui gèreront cette école auront envie de bien faire. Et, à l’inverse d’aujourd’hui, ils seront libres de bien faire.
    Ainsi, je suis certain d’une chose : l’école de 2112 fera apprendre les fables de La Fontaine. L’école de 2012 ne le fait plus. Et, en plus, certaines d’entre elles en 2112 choisiront de faire connaître l’opéra, italien et français.
    Il restera, certes, quelques mauvaises écoles. Il n’y en pas aujourd’hui?

  43. desavy

    Florence,

    Où sont situés les établissements scolaires dans lesquels les professeurs ne peuvent pas faire cours ? De façon indéniable, ils le sont dans les quartiers et villes les plus difficiles. Ramener l’ordre et la paix sociale est un préambule obligatoire. Alors, seulement, on pourra réfléchir sérieusement sur l’école.

    Mais bon, on peut aussi broder sur des contes de fées.

    Je veux bien aussi réfléchir sur des lycées qui seraient des entreprises privées mais cela suppose un minimum de connaissances sur les entreprises. Or, celles-ci se transforment soit en démons, soit en Éden. Par exemple, la notion de rentabilité est une notion précise, qui comporte des définitions (rentabilité économique, rentabilité financière).

  44. Revenons vite sur terre.
    Impat se la raconte ; il propose de remplacer un système centralisé et inopérant par un autre, atomisé et au moins aussi inopérant .
    Naturellement la solution est entre les deux ; et elle consiste d’abord à ne pas en avoir. Autrement dit, avoir la modestie de reconnaître que :
    • Trop d’organisations humaines atomisées et indépendantes mine la survie de l’espèce.
    • En revanche, centralisées et dépassant une certaine taille elles sont, par définition physique et mathématique, inéluctablement ingérables.
    Ce dernier constat découle, entre autres, des principes de Parkinson, de Peter et de Murphy dont j’invite tout le monde à (re)lire au moins les définitions sur Wikipedia.
    Ainsi que de la célébrissime Loi Roturier dite ‘de la chaîne’ qui stipule ceci :
    • La solidité d’une chaîne est celle du maillon le plus faible.
    • Statistiquement, plus une chaîne aura de maillons, plus le plus faible sera faible.
    • En conséquence, plus une chaîne sera longue, plus elle sera faible.
    Loi plagiée par Mark Twain comme ceci : ‘un chameau est un cheval dessiné par un comité’.
    Ce débat fait écho à celui mené par votre humble serviteur avec un contradicteur dénommé ‘Grandgil’, prof de son état et ardent défenseur de l’ECOLE (à prononcer la bouche pleine de majuscules). En conséquence aussi de la REPUBLIQUE (majuscules SVP). En marge de mon texte modeste et génial ‘Indignation, Révolution et Fête Nationale’ sur ce même site.
    Je donnais en exemple le système allemand qui évite, expérience historique oblige, de faire sonner les clairons et claquer les drapeaux au vent en confiant le système scolaire aux ‘Laender’, privant le ‘national’ de son potentiel de nuisance.
    Décentralisation, régionalisation. VERITABLES, pas comme les homonymes françaises qui telle la bourse d’Harpagon confient aux régions que de corvées sans jamais lâcher une once de pouvoir.
    Tous les intervenants ici, Impat compris, pèchent par l’énoncé de principes généraux. La solution consiste à ne pas en avoir. Sauf, peut-être, en étant proches (oui, physiquement) des problèmes.

  45. Guenièvre

    @ QuadPater,
    « Guenièvre, vous disiez craindre que ce type d’école favorise le communautarisme.
    Je ne vois pas trop comment. Pourrirez-vous en dire plus ? »

    Je vais prendre un exemple qui me sera reproché – pas par vous – mais c’est le plus facile et il correspond à l’actualité du moment dans mon entourage.

    J’ai une ex collègue qui ne décolère pas depuis la rentrée . L’un des nouveaux enseignants de son collège, lorsqu’il s’est présenté , a serré la main aux hommes qui l’entouraient mais l’a retirée quand elle a tendu la sienne : je ne serre pas la main des femmes a – t-il dit. Et il a ajouté  » Mais ça n’empêche pas le respect ! » Ce monsieur a une longue barbe et on voit bien que ses idéaux ne sont pas exactement ceux de la République. Mais tant qu’il enseigne correctement les mathématiques à ses élèves ce n’est pas trop grave…et on peut penser que vu la diversité des élèves qui fréquentent l’établissement il sera assez facile de voir s’il dérape.

    Je reprends le texte d’Impat :

     » « Chaque établissement est indépendant, libre dans son enseignement, ses recrutements, sa gestion.  »

    Qui empêchera ce monsieur de devenir chef d’établissement s’il s’entoure de personnes ayant la même façon de voir les choses que lui et qu’elles le désignent comme directeur ? Et bien sûr il recrutera les personnes de son choix et il fera le programme de son choix. Vous voyez ce que je veux dire. Et des parents inscriront leurs enfants dans cet établissement vous ne croyez pas ? Avec le chèque éducation …

    Quant au corps d’inspecteurs qui feront des audits je vous fiche mon billet qu’ils ne pourront en rien démontrer qu’il n’y a pas un enseignement de qualité dans cet établissement : il suffira d’y faire d’excellents cours de maths et de physique . Et comme personne ne se plaindra on n’ira pas voir de plus près…

    Le recrutement par concours et un minimum de programme commun est la condition nécessaire pour éviter le renforcement des communautarismes, j’en suis à peu près sûre.

  46. Guenièvre, votre objection de 8 Septembre 2012 à 12:42 est très solide, le risque de communautarisme est un vrai problème.
    Mais vous êtes bien pessimiste quant aux possibilités des audits. Dans votre exemple, terrible exemple, « l’auditeur » ayant procédé à l’interrogation de quelques profs et de quelques élèves, décèlera très vite que l’établissement ne délivre pas un « enseignement de qualité », enseignement qui, entre autres qualités, ne doit pas tomber dans ce communautarisme.
    C’est justement le système actuel d’inspection des profs, et non de l’établissement, qui se contente de voir si on y « fait d’excellents cours de maths et de physique » au lieu d’examiner l’ensemble du fonctionnement de l’école concernée. Cette inspection actuelle bénit un prof, mais peut laisser passer n’importe quoi sur l’établissement.
    Il faut préciser qu’un audit, ça ne dure pas une heure. Cela peut durer une semaine, et se renouveler très vite en cas de doute. Ensuite, l’établissement audité reçoit une certification, valable pour une durée indiquée.

  47. Guenièvre

    @ Impat,

    « Mais vous êtes bien pessimiste quant aux possibilités des audits. »

    C’est que, voyez-vous, nous avons eu un audit de trois jours dans le dernier établissement où j’étais. Il est relativement facile de mettre en avant certaines choses et d’en cacher d’autres. Surtout si tout le monde , parmi les profs et les élèves est persuadé ou a été persuadé qu’il en va de son intérêt.
    Dans mon collège où la liberté d’expression était réelle des petits disfonctionnements sont apparus à l’interrogation des élèves. Mais j’imagine que c’est quasiment impossible quand on a à faire à une communauté très soudée de part ses convictions et farouchement décidée à préserver son établissement.

  48. Guenièvre

    @ roturier,
    « • Trop d’organisations humaines atomisées et indépendantes mine la survie de l’espèce.
    • En revanche, centralisées et dépassant une certaine taille elles sont, par définition physique et mathématique, inéluctablement ingérables. »

    C’est assez bien résumé !

  49. … « c’est quasiment impossible quand on a à faire à une communauté très soudée de part ses convictions et farouchement décidée à préserver son établissement »…

    Ce cas est celui d’un établissement déjà communautarisé avant la mise en place des audits. Si cette communauté est très soudée et décidée, cela ne peut pas ne pas sauter aux yeux des « auditeurs ». Ils refuseront donc de délivrer le certificat.
    Cette école pourra évidemment continuer d’exister, mais ne pourra pas être payée en chèques d’instruction. Sauf si la loi en décide ainsi, cas par exemple d’une France dont la population et ses représentants serait devenus musulmans à 70 %. C’est là un autre problème…

  50. … »seraient »…
    L’Ecole 2112 me manque.

  51. Guenièvre

    @ Impat,

    Bien sûr que l’on peut bien vivre ensemble sans avoir suivi des programmes identiques à l’école. Mais ici il ne s’agit pas seulement de bien vivre ensemble mais de former une communauté qui jusqu’ici s’appelait une nation et qui partageait plus ou moins un passé commun, des valeurs communes et un projet commun. J’ajoute que les cultures dont vous parlez ont justement été apprises, portées et partagées par une pluralité d’individus qui constituent des communautés dont la nation a été un exemple.

  52. Guenièvre

    Excusez-moi Impat , mon intervention précédente est une réponse à ces deux phrases :
    « il n’est nul besoin d’avoir suivi à l’école des programmes identiques pour ensuite se comprendre et bien vivre ensemble. Les entreprises (pardon) le savent bien, qui aiment recruter quelques étrangers pour que le contact des cultures porte ses fruits. »

  53. Guenièvre,… « former une communauté qui jusqu’ici s’appelait une nation et qui partageait plus ou moins un passé commun, des valeurs communes et un projet commun »…
    Rien à redire à cela. Mais cette nation, qui d’ailleurs existait dans les cœurs français bien avant l’introduction de l’école de Jules Ferry, n’a pas besoin pour vivre de programmes scolaires communs. En précisant, comme vous l’avez fait plus haut, qu’un tronc commun sera cependant nécessaire.
    Demandez à Sophie (Sophie, ou êtes-vous?) : ne se sent-elle pas incluse dans la communauté culturelle française ?

  54. Galaad Wilgos
    … « ne voit-on pas quotidiennement des masses de gens brandissant un livre de leur poche pour lire dans les transports en commun »…
    Eh oui, on voit. Vous ne prenez jamais le métro ou le RER?

  55. Guenièvre

    @ Florence,

    Je comprends parfaitement votre découragement et votre colère .J’ai eu les mêmes réactions en voyant une institution qui remplissait son rôle de transmission de façon tout à fait honorable se transformer petit à petit en  » lieu de vie ». Je comprends que l’on ait envie d’en sortir ses enfants et de leur donner de meilleures chances.Le système d’Impat produira incontestablement des établissements d’élites mais j’ai peur que cela ne s’accompagne d’un émiettement encore plus important de la communauté nationale.

  56. … « produira incontestablement des établissements d’élites »…
    Ce sera déjà un beau succès. C’est par ses élites qu’un peuple survit.

    …Je re-tends le dos!

  57. desavy

    Guenièvre,

    « mais j’ai peur que cela ne s’accompagne d’un émiettement encore plus important de la communauté nationale ». C’est indéniable.

    On émiette mais on fait réaliser des audits de 3 jours et on donne des certifications. Et sans certification, pas de chèques d’instruction… C’est un système soviétique qui n’a rien à voir avec les entreprises.

  58. Oui, d’ailleurs une entreprise de transport non agréée n’est pas autorisée à transporter, une entreprise de restauration non agréée n’est pas autorisée à servir ses tables, une entreprise bancaire non agréée n’est pas autorisée à délivrer des crédits, une entreprise notariale non agréée n’est pas autorisée à garantir une succession…etc. Un système soviétique, vous dis-je.

  59. desavy

    Impat,

    Jadis, vous m’avez expliqué comment répondre à un message. Je suppose que vous vous adressez à moi.

    « Un système soviétique, vous dis-je. »

    C’est vrai, pour vous, notre beau pays est un pays libéral. Je comprends mieux le réflexe de l’audit et de la certification.

  60. Roturier,… « confiant le système scolaire aux ‘Laender’, privant le ‘national’ de son potentiel de nuisance. »…

    Comme diraient les syndicats, cela serait un pas dans la bonne direction.
    La transition vers l’école 2112 s’est d’ailleurs opérée ainsi. Transfert total de la responsabilité de l’Instruction vers les Régions, puis accord national pour que les Régions volontaires adoptent « l’école 2112 ». Une Région se porte volontaire. Cinq années plus tard c’est un succès. Une à une les Régions l’adoptent.

  61. GalaadWilgos, 7 sept 19h33 et 8 sept 10h43

    Vous avez raison, ma « réponse » était trop succincte et votre commentaire méritait mieux.
    Je vous accorde que mon projet d’école n’a rien de socialiste, il se veut simplement plus efficace que l’actuel.
    Vaut-il mieux une école publique qui instruit mal et accroît les inégalités, ou une école quasi indépendante qui instruit mieux quel que soit la situation sociale des parents ?
    Peut-être penserez-vous que cette nouvelle école n’instruirait pas mieux. C’est possible, mais alors pourquoi ne pas essayer? Dans une seule Région par exemple?

  62. Nicolas Baverez écrit ceci dans Le Figaro aujourd’hui (je jure que je n’ai eu aucun contacte avec lui – :)…) :
    « Un gigantesque effort d’investissement éducatif doit être entrepris, mais qui n’a de sens que s’il est accompagné d’une véritable décentralisation, d’une autonomie des établissements et d’un bouleversement des structures de l’Éducation nationale. Elle ne souffre aucunement d’un manque de moyens comme le souligne un taux d’encadrement très élevé, mais d’une centralisation et d’une bureaucratisation extrêmes. Au nom d’une conception dévoyée du principe d’égalité, elle nie la dimension humaine et la transmission des connaissances qui se trouvent au principe même de l’enseignement, en refusant de prendre en compte de manière individuelle tant la personnalité des enfants que la gestion de la carrière des professeurs. »

    Il a dû entendre parler de l’école 2112…

  63. Il m’apparaît assez clair qu’ils sont loin d’être la majorité, et que l’industrie du divertissement surpasse assez allègrement celle du livre… Et faut voir quels livres ont hélas aujourd’hui du succès…

  64. Oui, les écoles de commerce… Hauts lieux de spiritualité et d’esprit critique, bien connu qu’entre un graphique à mémoriser et deux trois termes anglo-saxons de « management » l’on y rencontre une véritable diversité d’opinions, comme par exemple sur le libéralisme.

    Je ne parlais bien évidemment pas des grands cadres, ceux qui ne font pas un boulot aussi aliénant que la base – encore que…

    L’entreprise telle qu’elle est faite aujourd’hui m’apparaît clairement comme le meilleur endroit du totalitarisme mou et de l’aliénation du citoyen de base. La seule lueur qu’on puisse y trouver provient en général des écrans. Voir par exemple l’excellente comédie « office space ».

    Combien d’employés ou d’ouvriers n’éteignent pas leur cerveau, consciemment ou non, afin de pouvoir répéter ad infinitum des mouvements identiques ou des actions abrutissantes ?

  65. Galaad, 9 septembre 13h
    … « ils sont loin d’être la majorité, »…
    C’est vrai. Mais ils sont nombreux, et souvent lisent de bons livres. (Oui, je regarde par-dessus les épaules…)

  66. QuadPater

    À Guenièvre, à propos du risque de communautarisme :

    Je vous aurais fait à peu près les mêmes réponses qu’Impat. J’y ajouterais simplement que la certification dépendrait aussi de la validation préalable des programmes détaillés (publiés en début d’année dans le scénario Impat).

  67. QuadPater

    Guenièvre,

    Le retour de l’autorité grâce à l’uniforme ( je ne suis pas contre ) mais là Impat je crois que vous rêvez ….

    Figurez-vous que je n’y croyais absolument pas jusqu’au 4 juillet 2012
    Et puis le 5 juillet j’ai inscrit mon fils cadet en seconde techno dans le lycée d’hôtellerie-restauration de Gascogne (près de Bordeaux).
    Étaient présentes les 70 familles qui inscrivaient leur marmaille dans la même classe.
    Discours assez long du proviseur, dont une partie non négligeable fut dédiée au comportement attendu (sinon gare). Cette année le lycée impose à TOUS ses élèves de suivre les cours dans une tenue irréprochable (costard + éventuellement cravate pour les mecs, tailleurs pour les nanas). Pas de piercing ni de tatouages apparents, cheveux de couleur naturelle, coiffure classique, etc.
    Sinon l’élève n’entre pas dans l’établissement.
    Au fur et à mesure que le proto détaillait ses exigences, les 70 ados, qui avaient au départ uniformément adopté la posture « Gaston Lagaffe », affalés sur les sièges comme des larves sans squelette, se sont redressés sur leurs chaises !
    Le jour de la rentrée, ils étaient tous bien plus élégants que leurs parents, et aucun n’était assis par terre : il faut faire attention de ne pas salir (dans tous les sens du terme) de beaux vêtements… Quand on est en costard, on a beaucoup moins tendance à faire des frasques. Ajoutez à cela des règles de fonctionnement bien plus strictes qu’à mon époque (années 73-75), et vous avez un établissement qui se donne toutes les chances de ne connaître que peu de raffut en 2012.
    À suivre, évidemment, mais j’ai bon espoir. 🙂

  68. Guenièvre

    @ QuadPater,
    1- Il s’agit d’un Lycée d’hôtellerie, les élèves ont déjà choisi ( plus ou moins) une orientation . J’ai enseigné dans ces établissements. Contrairement à ce que l’on croit les élèves sont souvent bien plus motivés qu’en collège et donc ont déjà moins tendance au raffut sauf peut être dans certains cours qu’ils jugent moins importants .
    2- Je pense aussi qu’un uniforme ne nuit pas au rétablissement de l’autorité, que ça peut même y contribuer mais, à mon avis, ça ne résoudra pas le problème de fond.

  69. Guenièvre

    …et bonne chance pour votre fils !

  70. QuadPater

    Genièvre,

    À propos de l’autorité des enseignants (et plus globalement des employés de l’école) sur les élèves, je me disais, tout Simple et Normal que je suis, que :

    Pour pouvoir exister, elle doit figurer dans le règlement.
    Son existence n’empêche pas qu’elle soit forcément respectée.
    Dans ce cas il faut prévoir et appliquer des sanctions.

    Or le problème revient éternellement dans les discussions sur l’école. On parle de société permissive, de parents démissionnaires et de plein de terribles choses encore. Moi je me focalise sur la vie de l’établissement lui-même, sur la relation élèves-adultes que les 3 lignes ci-dessus devraient suffire à cadrer, mais visiblement, euh…

    Alors, ma question : où est-ce que ça coince précisément ?

  71. QuadPater

    Merci ! il a intérêt à la saisir, le bougre.

  72. Guenièvre

    Les sanctions existent Quad, le problème est que sur les élèves qui posent problème, elles n’ont absolument AUCUN effet. Quand on sait que certains sont bien heureux d’être exclus 8 jours on se rend bien compte de l’inutilité de la chose.

  73. Florence

    Guenièvre,

    je suis bien d’accord que le port d’un uniforme ne règlera rien si rien ne bouge par ailleurs.
    Mais, dans les faits, le port d’un uniforme n’est qu’un aspect, le plus visible, d’un état d’esprit.
    Un état d’esprit d’exigence.
    Cet état d’esprit d’exigence vis à vis des élèves, vis à vis des professeurs, vis à vis des enseignements, fait toute la différence entre une école qui marche et une école qui sombre.

    Les jeunes sont beaucoup sensibles à l’exigence qu’on ne le croit : quand on est exigent avec eux, cela veut dire qu’on les croit a priori capables de réussir, de se dépasser, de devenir adultes.

    C’est le manque d’exigence actuel qui tue l’école.

    Quad,
    bonne chance au fiston !

  74. Florence

    Cela aussi, je ne le comprends pas : s’ils sont heureux d’être virés, qu’on les vire donc une bonne fois pour toutes ! ça fera des vacances aux professeurs et aux élèves de bonne volonté.
    On ne va pas pourrir toute une classe à cause d’un ou de deux emmerdeurs irréductibles. C’est une mauvaise solution.

  75. Guenièvre

    Ah ! je suis bien d’accord avec vous Florence !
    Mais les établissements doivent respecter la loi. La scolarité est OBLIGATOIRE dans notre pays jusqu’à 16 ans . Si un conseil de discipline décide le renvoi d’un élève, le chef d’établissement DOIT trouver un autre établissement pour scolariser cet élève, il doit donc convaincre un de ses collègues de prendre un emmerdeur …( enfin c’était comme cela il y a 3 ans )

  76. Guenièvre

    Entièrement d’accord avec tout ce que vous dites ! Il n’empêche que je crois que l’effondrement de l’autorité est dû, au départ, à l’effritement qu’ont subi, depuis 40 ans, toutes les Institutions ; pour des raisons historiques, Nation, Ecole , Police , Justice se sont vues suspectées et déligitimées . Autrefois le  » maître d’école » était respecté « à priori », on n’avait pas besoin de connaître ce qu’il valait réellement…

  77. Guenièvre

    Une anecdote pour aller dans le sens de Florence à propos de cette notion d’exigence.
    J’ai beaucoup travaillé dans le cadre des clubs théâtre avec une comédienne spécialiste de Commedia dell’Arte, école exigeante par excellence, notamment en ce qui concerne la tenue physique. Les premières leçons étaient toujours une guerre sans merci contre « l’avachissement des corps ». Défense de s’appuyer aux murs ou aux tables, se redresser, mettre du tonus jusqu’au bout des doigts, avoir des postures impeccables. Ensuite, ils « sentaient » bien mieux leur texte…

  78. Guenièvre

    On peut très bien publier des programmes détaillés tout à fait corrects et faire de la propagande dans les cours. Dans l’EN ça s’est vu sauf que les parents d’ élèves ou les élèves ont réagi. Pas sûr que ça réagisse dans le scénario d’Impat parce qu’ils seront tout à fait consentants.

  79. QuadPater

    Guenièvre (10 Septembre 2012 à 14:49) et Florence :

    Une loi doit être respectée.
    Une loi dont l’application systématique amène à certaines impasses¹ peut être amendée aussi.
    Un élève de moins de 16 ans se fait virer d’un établissement. On lui en trouve un autre. Il se fait virer aussi. Au bout de 2 ou 3 événements semblables dans une année scolaire « on » pourrait constater 1/ que ce jeune est fâché avec le système scolaire classique et 2/ que le système scolaire classique est inapte à le prendre en charge, et par conséquent décider de le transférer dans une filière « autre »², non ? Ça ne me paraît pas aberrant comme décision.

    ————————–
    ¹ Un problème similaire se posait à Mayotte mais un peu décalé (comme tout ce qui concerne cette île) à l’époque récente où existait encore l’examen d’entrée en 6è. Certaines filles (ou plutôt jeunes femmes !) échouaient régulièrement à l’examen d’entrée en 6è et redoublaient sans relâche le CM2 jusqu’à leurs 16 ans, loi française oblige. Entretemps il pouvait arriver qu’elles tombent enceintes. On observait parfois de jeunes mamans au CM2, qui bénéficiaient très logiquement de congés maternité !

    ² Ne me demandez pas laquelle, je n’en ai aucune idée.

  80. desavy

    QuadPater

    « Alors, ma question : où est-ce que ça coince précisément ? »

    Au risque de me répéter de nouveau, comment se faire respecter auprès de certains élèves qui n’ont peur ni de leurs parents, ni de la police, ni de la justice ?

    Il ne faut pas résonner comme si l’école était un sanctuaire. Que peuvent-faire les uniformes contre les kalas ?

  81. QuadPater

    desavy :

    comment se faire respecter auprès de certains élèves qui n’ont peur ni de leurs parents, ni de la police, ni de la justice ?

    La réponse est terriblement simple : on ne PEUT PAS obtenir ce respect dans le cadre scolaire classique. D’où ma petite suggestion ci-dessus de sortir ces jeunes de l’école et de chercher des solutions en-dehors.

  82. Guenièvre

    @ Quadpater,

    « Une loi dont l’application systématique amène à certaines impasses¹ peut être amendée aussi. »

    Si vous voulez dire que c’est un problème politique qui doit être résolu et pas seulement un problème d’autorité des profs je suis d’accord avec vous.
    Depuis les années 90, j’ai parlé de ce problème des dizaines de fois avec mon député ( PS). Il n’était pas d’accord. Je crois que N. Sarkozy avait fait un petit pas ( tout petit) dans ce sens mais le gouvernement Hollande vient de supprimer le dispositif. Et ne croyez pas ce que raconte Libération : tous les enseignants que je connais reconnaissaient que c’était un petit mieux de pouvoir se passer des élèves qui ne voulaient absolument plus travailler au collège.
    http://www.liberation.fr/societe/2012/04/29/l-apprentissage-arme-anticollege-unique_815232

  83. desavy

    QuadPater

    Je pense que votre réponse serait la même dans le cadre de cette école 2112…

    Si on arrive à sortir ces élèves du système scolaire, plus besoin d’autres réformes…

    Mais après, on en fait quoi ?

  84. QuadPater

    Ah oui, Guenièvre, c’est un problème politique ! Notre société dispose d’une École pour accompagner l’enfant jusqu’à son entrée dans la vie adulte (sous le nom majuscule je mets la maternelle, l’école, le collège, l’apprentissage, les lycées…).
    On peut modifier ce système tant qu’on veut, il restera toujours inadapté à certains cas particuliers comme les chieurs décrits par desavy.
    Soit on traite ces cas dans l’École en créant une filière nouvelle (maisons de correction, centres psy, abattoirs spécialisés…) et un comité d’orientation exceptionnel qui décide au cas par cas qui y envoyer, soit on accepte que l’École puisse avoir des ratés et on confie les chieurs à la Légion, à la DDASS, aux crocodiles sacrés de Cléopâtre…
    Pour les inadaptés à la scolarité classique, il y a la solution intra-École de l’apprentissage. À quel âge ? mon Dieu, qu’est-ce que j’en sais ? je n’y connais rien ! Je sais seulement que Libé ouvre largement ses pages sur ce thème aux personnes les plus réactionnaires et immobilistes qu’on puisse imaginer. Pas question de changer une équipe qui perd, jamais. Pas question de demander aux profs de faire 1h de plus ou de moins, pas question de changer quoi que ce soit.

  85. QuadPater

    J’ai proposé quelques idées ci-dessus 😉

    Plus sérieusement, je n’en sais rien, ami desavy. Peut-être qu’un jour je raconterai l’histoire que je connais bien de ces parents qui écopent d’un ado à problèmes et qui doivent chercher tout seuls des solutions, des voies, des pistes pour qu’il n’aille pas en prison.

  86. desavy

    « Pas question de demander aux profs de faire 1h de plus ou de moins, pas question de changer quoi que ce soit. »

    Voilà… Une nouvelle fois… Les professeurs bien entendu acceptent de faire des heures supplémentaires. Quant au changement, l’Éducation nationale est sans arrêt réformée.

    Quant à « l’équipe qui perd », elle n’est pas du côté des professeurs, mais de tous ces dirigeants qui ont laissé se créer des zones de non-droit, qui ont souhaité mettre l’élève au centre du système, qui ont entraîné un pays dans une quasi-faillite, qui livrent les pays musulmans aux Islamistes, etc.

    Pour les parents que vous connaissez QuadPater, j’imagine qu’ils vivent une grande souffrance. Mais les lecteurs de ce forum qui ne les connaissent pas, à votre avis, que pensent-ils ?

  87. QuadPater

    Il y a maldonne, je parlais de ces auteurs de Libé qui brament à l’annonce du plus petit changement, qui dénoncent le viol des Grands Principes à la moindre velléité de réforme (provenant de la Droite). On dirait que pour eux le monde de l’éducation est parfait tel qu’il est.

    L’équipe qui perd, c’est toute la chaîne. Quand un prof accepte une casquette en classe, ou qu’il sanctionne mais que sa hiérarchie ne le soutient pas. Ou que le politique ne veut pas entendre parler du quotidien moisi de ses ouailles.

  88. QuadPater

    Pour les parents que vous connaissez QuadPater, j’imagine qu’ils vivent une grande souffrance. Mais les lecteurs de ce forum qui ne les connaissent pas, à votre avis, que pensent-ils ?

    Si j’osais, je vous répondrais que je m’en fous, que ce n’est pas important l’opinion de quelques Antidoxistes qui ne fait qu’illustrer le manque d’intérêt général pour ces difficultés.

  89. QuadPater

    Guenièvre (10 Septembre 2012 à 19:28)

    Toujours dur avec les profs Quad

    Vous vous trompez, amie Guenièvre. Il est vrai que je ne cesserai d’écrire « enfeignants » tant que vous ne travaillerez pas 35 heures par semaine et 47 semaines par an comme les copains. Mais c’est un autre débat, ailleurs, une autre fois.
    Je divise en 2 parts égales le restant de ma colère entre
    le Mammouth, son organisation inconnaissable, ses syndicats tentaculaires et ses penseurs distingués,
    l’arrêt GISTI du Conseil d’État (1978) sur le regroupement familial, sans lequel tous ces gamins de merde qui vous (nous) détruisent la vie depuis 30 ans seraient restés dans les couilles de leurs pères.

    À part cela, vous imaginez combien j’ai été profondément touché par la lettre de M.C. Perrin-Faivre.

    La lecture du deuxième lien (souffrancedesprofs.com) génère chez moi successivement un sentiment de compassion, puis des rêves de lance-flammes, et enfin une indignation immense devant le manque de liens entre les enseignants, leur hiérarchie, les syndicats. Aucune solidarité : cette souffrance quotidienne mériterait un mouvement social de première grandeur, grèves, occupation de locaux, prise en otage des ministres concernés, non ? Ben non, pas grand-chose. Un site. Quelques interview TV. Par contre « vous » vous mobilisez volontiers et nationalement contre une réforme de votre évaluation. Ça fait bizarre.

  90. desavy

    QuadPater

     » Il est vrai que je ne cesserai d’écrire “enfeignants” tant que vous ne travaillerez pas 35 heures par semaine et 47 semaines par an comme les copains. »

    Vous pensez que les cours ne se préparent pas ? Que les copies se corrigent toutes seules ? Que les parents sont ignorés ?

    Pour corriger un paquet de copies de terminale (devoir de 4 heures), il faut environ 20 minutes par copie. Faites le calcul pour une classe de 30 élèves. Ce sont de vraies heures de travail, pas des heures à glander comme dans beaucoup d’entreprises privées.

    « Si j’osais, je vous répondrais que je m’en fous, que ce n’est pas important l’opinion de quelques Antidoxistes qui ne fait qu’illustrer le manque d’intérêt général pour ces difficultés. »

    Osez ! Vous avez de l’empathie pour ces personnes parce que vous les connaissez. Toutes les situations dénoncées dans les forums correspondent aussi à de vraies personnes. Nous avons trop tendance à l’oublier.

  91. QuadPater

    Je serais désolé de donner l’impression d’être insensible aux problèmes des enseignants d’élèves infernaux. Certains témoignages me mettent en colère tandis que je n’en comprends pas d’autres. Une copine d’enfance devenue instite m’avait raconté qu’un CM1 lui avait craché dessus. Elle avait formulé une plainte auprès de sa direction, restée sans suite. J’aurais été à sa place, le marmot ne mettait plus les pieds dans ma classe, point.

    Les ados de 13-14 ans, en pleine forme physique, violents, insultants et globalement ingérables, c’est une autre paire de manches. Ils mènent la vie dure à leurs profs, mais ils ont des parents, que les profs décrivent si volontiers comme dépassés et démissionnaires dans un foyer éclaté par le chômage, la misère et la polygamie qu’on finit par s’imaginer qu’ils sont TOUS comme cela.

    Ce n’est pas le cas des gens que j’évoquais. Il existe des parents d’ados incontrôlables qui ne sont pas nés au Bénin, qui n’habitent pas la Courneuve, et dont les autres enfants passent le cap de l’adolescence avec les quelques remous et rébellions classiques, sans plus. Et il y en a un/une avec lequel c’est le drame quotidien. Ayant constaté le no man’s land législatif / social dans lequel ils se débattent, je suis très surpris de voir que les professionnels qui ont affaire aux mêmes salopiots ont exactement le même souci de non-reconnaissance du problème par la « société ». La différence c’est qu’ils en ont plus et qu’ils sont beaucoup moins impliqués dans leur chair que des parents. Sinon, même combat de tous les jours.

  92. Guenièvre

    @ QuadPater,

     » Par contre “vous” vous mobilisez volontiers et nationalement contre une réforme de votre évaluation. Ça fait bizarre. »
    Vous savez lors des grèves, les syndicats s’arrangent pour faire une plate-forme de revendications « fourre-tout » où chacun va trouver une raison d’arrêter le travail. Les médias n’entrent pas dans les détails de ces revendications ils en choisissent une qui devient symbolique. Et puis il y a ceux qui en profitent pour  » souffler » une journée ( et cette journée n’est pas payée contrairement à ce que l’on raconte).
    La dernière grève que j’ai faite en 2002 c’était contre la réforme Allègre . Enorme succès puisque nous avons eu  » la peau du ministre ». Parmi les grévistes il y avait toute la mouvance gauchiste anti-libérale, vent debout contre celui qui voulait  » dégraisser » le mammouth et des gens comme moi qui refusaient « le pédagogisme » qui n’a jamais été si prégnant que pendant ces années-là ( c’est de cette époque que datent les fameuses formules  » l’enfant au centre », » l’inclusion » plutôt que l’exclusion etc…) . On a mis tout le monde dans le même sac et l’opinion a conclu que  » décidément il était impossible de réformer cette E.N ! ». Sans se poser trop de questions. Grand malentendu, c’était à pleurer ! normalement on aurait dû avoir tous les parents avec nous !

    « Je serais désolé de donner l’impression d’être insensible aux problèmes des enseignants  »
    Quad , on sait bien que vous n’avez pas un coeur de pierre 🙂

  93. QuadPater

    normalement on aurait dû avoir tous les parents avec nous !

    Guenièvre, devant une communication sur les raisons des manifs soigneusement brouillée (je n’étais pas du tout informé de ce problème de pédagogisme), les parents ont fait au plus court et considéré les actions comme une sorte de référendum anti-Allègre. Tous n’étaient pas contre lui, loin de là, surtout quand il avait clairement annoncé vouloir casser la cogestion de l’EN par les syndicats, le SNES en particulier. Vous avez vidé la baignoire (encore que le pédagogisme me semble bien en forme), mais bébé est passé par la bonde.

  94. Guenièvre

    @ Quadpater,

    Le pédagogisme survit à tous les ministres de gauche comme de droite. J’ai connu des chefs d’établissements PS et une principale qui appartenait à  » Alternative libérale » . Ils étaient tous farouchement pour ces méthodes. Robien a bien fait quelques tentatives pour revenir à un apprentissage de la grammaire plus conventionnel mais tant que l’on n’aura pas viré tous ceux qui dans les ministères et dans les rectorats les défendent on ne pourra pas réformer !

  95. Guenièvre

    Finalement, dans le système proposé par Impat, ce sont les méthodes pédagogiques qui devraient pouvoir être choisies et affichées pour chaque établissement, avec les professeurs volontaires pour les appliquer , beaucoup plus que les programmes. Là je pense que l’on verrait une grande différence !

  96. Florence

    Galaad,
    pourquoi ce mépris pour les écoles de commerce ?
    Du reste, je n’en parle même pas. Dans le privé, il n’y a pas que des gens qui ont fait des écoles de commerce. Et oui ! 😉
    Vous devriez essayer de sortir de vos a priori et rencontrer des gens qui bossent dans le privé et vous verrez qu’il n’y a pas de sales cons incultes, sans spiritualité, ivres d’argent.

  97. Parce qu’elles forment des moutons libéraux plutôt que des citoyens critiques, voilà pourquoi. Ce qui n’est pas un jugement à l’encontre des étudiants en commerce, mais c’est une institution qui m’apparaît peu encline à remettre en cause les dogmes dominants, tout simplement parce qu’elle en vit, un peu comme les facs d’économie…

     » Vous devriez essayer de sortir de vos a priori et rencontrer des gens qui bossent dans le privé et vous verrez qu’il n’y a pas de sales cons incultes, sans spiritualité, ivres d’argent. »
    Je n’ai jamais dit ça.

  98. QuadPater

    Florence, mettez-vous un instant à la place de l’ami Galaad. Pour qu’il y ait école de commerce il faut qu’il y ait commerce, et si possible qu’il se fasse librement. Entreprises, ventes, achat, marchandises, argent, liberté… autant de concepts qu’il rejette avec la dernière énergie. Son mépris était inévitable. 😦

  99. Florence

    Le commerce ? Pouah !! 🙂

  100. Florence

    Bien d’accord avec vous Guenièvre. Ce serait le rêve. Tout le monde, même les pauvres, pourraient choisir.
    Pour l’instant, ce ne sont que les riches qui choisissent.

  101. Guenièvre, votre 11 sept. 12 :52
    … «Finalement, dans le système proposé par Impat, ce sont les méthodes pédagogiques qui devraient pouvoir être choisies et affichées pour chaque établissement, avec les professeurs volontaires pour les appliquer , beaucoup plus que les programmes. Là je pense que l’on verrait une grande différence ! »…

    Vous avez mille fois raison! Les « programmes » n’étaient mentionnés qu’à titre d’exemple, c’est bien l’ensemble des spécificités de fonctionnement de l’Entreprise d’Instruction 2112 qui est affiché et publié. Parmi ces spécificités, les méthodes pédagogiques sont en première ligne.

    Cela dit, on peut penser qu’en 2112 le stupide « pédagogisme » façon 2012 est oublié depuis longtemps…

  102. Un court extrait d’un édito signé Agnès Verdier-Molinié actuellement sur le site de la Fondation IFRAP :

    « Lorsqu’un établissement peut concevoir de manière un peu plus libre son projet éducatif, recruter ses professeurs et gérer son budget, il est en mesure d’adapter sa pédagogie aux profils de ses élèves. Certains pays l’ont bien compris. Quand on lit le témoignage de cette jeune professeure de mathématique française partie enseigner en Finlande (au classement PISA 2009, la Finlande est 3ème en lecture, 6ème en mathématiques et 2ème en sciences…) que nous publions cette semaine, cela apparaît clairement : « Le Principal choisit les professeurs travaillant dans son établissement. Il s’agit la plupart du temps de contrats temporaires. Pour ces contrats, le principal décide seul des enseignants avec lesquels il désire travailler. Puis si la collaboration est fructueuse, il peut proposer à l’enseignant un contrat permanent ». »

  103. Pingback: La révolution scolaire | antidoxe

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