Ville, Viol, Violence

Il ne semble pas utile de s’appesantir sur un état des lieux. Le problème est connu, il saute aux yeux, il fut maintes fois traité dans tous les médias.

Et il est permanent. Car le symptôme très médiatique des émeutes urbaines, type Villiers-le-Bel en 2005 et Amiens en septembre 2012, n’est formé que d’événements violents collectifs qui attirent l’attention pendant quelques jours, mais la violence quotidienne qui perturbe le retour au domicile de milliers d’habitants des « tours » de banlieue, et qui importune leurs nuits, cette violence est perpétuelle, ininterrompue. Elle gâche la vie entière, même de ceux qui jusqu’ici n’ont souffert d’aucune blessure, d’aucun vol, d’aucun sévice physique. Elle peut aller jusqu’à conduire au suicide, on l’a vu récemment.

Alors que faire?

On ne peut placer partout et en permanence des compagnies de CRS. L’usage de la force est évidemment nécessaire pour éteindre l’explosion quand elle se produit, mais elle est impossible comme solution préventive permanente.

Une idée a été proposée et débattue récemment: envoyer l’armée. Idée que nombre de personnes ont fortement attaquée pour une raison de principe, le rôle de l’armée n’étant pas de faire la police. L’armée, certes doit être consacrée à la défense du territoire et non au combat de rue, mais quand on parle de territoires de non droit il s’agit bien de les défendre, ces territoires. Et même de les récupérer. Il est donc parfaitement raisonnable, au plan des principes, de songer à utiliser les moyens et les personnels militaires. C’est aussi légitime que d’envoyer la troupe nettoyer les plages polluées.

Raisonnable, oui. Légitime, oui. Mais est-ce efficace ?

Non, sauf à laisser en permanence un régiment patrouiller dans chaque quartier chaud. Nous n’en sommes pas là, ce serait un aveu d’échec et ça donnerait une image désastreuse de l’état du pays. Plus désastreuse encore que l’état réel, qui n’est pourtant pas reluisant.

Alors, oui, que faire ? La prévention, bien sûr, les mesures pour l’emploi, bien sûr. Celles qui sont efficaces, si possible, c’est à dire l’inverse des solutions pratiquées en France. Mais il s’agit là, si on les met en œuvre, de mesures de long terme qui ne résoudront rien avant longtemps. Pour sécuriser sans attendre ces quartiers dangereux, il reste une chose à faire.

Prendre en compte le nombre des manifestants violents. On dénombre semble-t-il dans les banlieues 200 à 300 bandes, soit environ 15.000 émeutiers potentiels. Admettre qu’un tiers d’entre eux est  constitué de personnages violents et dangereux n’est pas absurde, on arrive donc à 5.000 personnes concernées. On sait par ailleurs, à  partir des rares interpellations effectuées, que pour la plupart il s’agit de récidivistes, que la police a les moyens d’identifier. Mais le problème n’est pas un problème de police, c’est un problème législatif concernant la Justice.

Car la police fait bien son métier, qui consiste à découvrir, interpeller, et livrer à la Justice des individus qui sont toujours les mêmes. Et cette Justice, même si elle en manifestait le désir, ne peut pas donner suite. En effet, arrêter quelqu’un mêlé à une émeute ne suffit pas. Pour le condamner il faut apporter la preuve que c’est bien lui qui a tiré sur la police, ou qui a lancé une pierre sur la tête d’un CRS, ou qui a mis le feu à une voiture. Faute d’une telle preuve, l’individu sera automatiquement libéré conformément à la loi.

Bon, alors la solution? Eh bien en voici une. Ces émeutes nous placent en situation d’exception. À situation d’exception, comme à la guerre, loi d’exception. Cette loi d’exception consisterait à rendre délictueux et punissable le simple fait de participer à un groupement se livrant à des agissements volontaires contre les personnes et les biens. Tu as été pris dans un groupe d’émeutiers? Arrestation, jugement, prison. Et la nouvelle loi de préciser pour ce cas: prison réelle. Il s’agirait d’une « peine plancher » automatique.

Il faudrait construire 5.000 places de prison, avec travail obligatoire?  Oui, c’est à notre portée et ça coûte moins cher en argent et en désespérance que la prise en compte des dégâts.

Il y aurait parfois des condamnations d’innocents? Hélas oui, mais ce choix est préférable à l’existence de milliers de vies quotidiennement pourries. De plus, si la méthode est largement rendue publique, aucun innocent ne devra se trouver « innocemment » parmi les émeutiers.

Cette proposition n’est évidemment pas destinée à convaincre le gouvernement actuel, ou les autorités qui lui sont soumises, de l’adopter. Ce ne serait qu’un vœu pieux. Elle est seulement destinée à montrer que la situation n’est pas désespérée, qu’une solution est possible, et qu’un jour peut-être un gouvernement plus responsable envisagera de s’y résoudre.

 

13 Commentaires

  1. Souris donc

    Prem’s !
    Faut nommer Impat « Conseiller occulte et spécial de Madame Taubira »

  2. Moi, Souris, c’est l’Elysée ou rien. Chui comme ça.

  3. Impat, ministre de l’Intérieur (et des cultes par la même occasion ! ! )

  4. Patrick, c’est une caricature.

  5. Guenièvre

    @ Impat,

    Pourquoi pas ? Je proposerais aussi de confisquer les biens qui ne peuvent pas se justifier, ceux dont il est évident pour tous le monde qu’ils ne proviennent pas d’activités licites.

    Mais j’ai bien peur que cela ne suffise pas et que les « manifestants » ne soient que l’écume des choses.

    http://www.amazon.fr/La-mafia-cit%C3%A9s-souterraine-banlieues/dp/2207258513

    A lire absolument avant votre « prise de fonction » 🙂
    http://www.xavier-raufer.com/site/IMG/pdf/cahiersInhes1_juin2007.pdf

  6. Guenièvre

    Commentaire en attente…

  7. grandgil

    Cet article, proposant de construire des prisons, vieille antienne de la bourgeoisie positiviste sur les « classes dangereuses », me rappelle la diatribe du méchant du film parodique « Johnny English », Pascal Sauvage

  8. Guenièvre

    @ Grandgil,

    Jusqu’au milieu du XXè siècle ceux que la bourgeoisie appelait « classes dangereuses » étaient les gens pauvres qui, pour survivre, s’en prenaient éventuellement aux riches. Aujourd’hui la plupart des délinquants dont on parle sont , grâce aux trafics divers, bien plus riches que les personnes dont ils pourrissent la vie tous les jours.

  9. Aux antidoxiens,
    Planquez-vous, ou surveillez votre vocabulaire : Amaury Watremez est de retour !

  10. Bonjour Grandgil, et bienvenue, votre retour ici réjouira nombre d’entre nous.

  11. Guenièvre,
    … « A lire absolument avant votre “prise de fonction »…

    Je viens de lire, je réfléchis car votre lien me fait hésiter. Finalement, entrer dans une bande me paraît plus rentable qu’entrer à l’Elysée. Et plus pérenne…

  12. LIsa

    Moi j’ai une idée, mais vraiment de très vilaine fasciste, la double-peine, que Sarko a supprimée, c’est rigolo d’ailleurs, personne ne lui dit merci parmi les djeuns de nos cités…..

  13. Lisa,
    De l’étranger on revient encore plus vite que de la prison! Mais je dois être encore plus facho que vous…-:)

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