De Cathédrales en Usines

De Cathédrales en Usines

Comment traiter les sureffectifs

 

 Lorsque l’Europe bâtissait des cathédrales, on trouvait, comme aujourd’hui, deux sortes d’état d’esprit chez les artisans et les compagnons de tous métiers. Tailleurs de pierre, fondeurs, sculpteurs, peintres, maçons, menuisiers… tous travaillaient dur, 12 heures par jour, 6 jours par semaine, mais les uns œuvraient avec l’esprit  morose et se sentaient exploités, simples fabricants d’une pièce de bois ou de pierre. Les autres, l’œil brillant, épuisés mais le cœur léger, se sentaient bâtisseurs de cathédrales.

Ils étaient nombreux, tous accouraient et tous étaient embauchés car la tâche était immense et ils ne coûtaient que la soupe aux choux, le pain, parfois un peu de lard. Nourris frugalement, en général abrités pour la nuit, aucun n’imaginait devoir et pouvoir demander davantage. Cette main d’œuvre ne coûtant pas grand-chose était toujours accueillie sans limite, on n’était jamais assez nombreux. Les moines constructeurs et les architectes ne demandaient pas mieux que de gagner un ou deux siècles pour finir le monument sacré et le livrer aux générations de chrétiens futurs…

Aujourd’hui, grâce à Dieu -celui des cathédrales- et aux hommes, la « main d’œuvre » n’est plus gratuite. Elle est même très chère. Mais nous connaissons toujours les fortes concentrations humaines destinées à accomplir une œuvre. Les cathédrales, ou les châteaux, sont devenus les usines et les administrations. De main d’œuvre, et d’esprit d’œuvre, elles ont toujours besoin.

Il y a, néanmoins, une très grande différence. La surabondance de main d’œuvre, qu’on appelle maintenant sureffectif, n’est plus possible. Lorsque, par surcharge antérieure, par facilités nouvelles telles que l’informatisation généralisée,  ou par gestion laxiste, la population du groupe devient plus nombreuse pour longtemps que le besoin réel, il n’est pas d’échappatoire: il faut la réduire. Car la « masse salariale » est devenue, de loin, la plus grosse ligne de dépense.

Un responsable digne de ce nom doit donc savoir procéder à une baisse d’effectif. Dans le cas contraire il met en péril, soit l’avenir de son entreprise, soit l’efficacité de son administration et son devoir de coût raisonnable vis-à-vis de la nation.

Il va de soi que cette baisse d’effectif doit intervenir avec toute la considération sociale nécessaire : départs en retraite sans remplacement, préavis, reclassements, départs volontaires, indemnités, etc. Mais il faut s’y résoudre. C’est pour la société moderne le prix à payer pour pratiquer des salaires élevés par rapport aux anciens temps.

 

Alors, comment procéder? Il y deux méthodes. La méthode intellectuelle et la méthode brutale.

La méthode intellectuelle est la méthode « normale » (oui, comme un président), celle qui vient tout de suite à l’esprit des gens qui veulent bien faire sans risquer de heurter qui que ce soit.. Elle consiste à rechercher dans les services les personnes qui font un travail inutile, ou peu utile. Cette recherche est pilotée par un ou plusieurs responsables à plein temps de l’opération, mais elle ne peut évidemment s’opérer sans la contribution active des services eux-mêmes, donc des chefs de service. Or quelles peuvent être en la matière l’attitude et la réaction normales d’un chef de service? C’est naturellement de ne trouver que des gens indispensables, « sinon il l’aurait signalé plus tôt »! De ce fait la méthode entraîne des discussions sans fin puis se termine par les décisions centrales prises contre l’avis exprimé par les services. Qu’en reste-t-il ensuite? Amertume et ambiance délétère, qui longtemps laisseront des traces.

La méthode appelée ici « brutale » procède autrement. Le ou les responsables désignés pour piloter l’opération, après étude des missions de chaque service, décident eux-mêmes a priori de diminuer les effectifs: ici de 5 %, là de 10 %, ailleurs de 15 ou 20 %…Ils peuvent même aller jusqu’à décider carrément la suppression totale de certains services dont la tâche est devenue obsolète (ce dernier cas est plus fréquent qu’on ne le pense). Par exemple, leur étude peut avoir montré que tel service émet régulièrement un compte-rendu d’activité à destination de l’autorité immédiatement supérieure, mais que cette dernière n’y attache aucune importance. Il y avait double perte de temps, celle du rédacteur et celle du destinataire. On trouve aussi fréquemment une anomalie du même ordre dans les bureaux de représentation à l’étranger. Ces bureaux envoient, par « précaution », des compte-rendus quotidiens pour signaler des centaines de faits anodins au milieu desquels on trouve quelques faits importants noyés au milieu des autres. C’est contre productif et ça occupe du monde pour rien. Si on enlève une ou deux personnes sur les 4 ou 5 occupées à cela, ceux qui restent seront obligés de se limiter aux faits importants. Sans travailler davantage, mais en réfléchissant un peu plus.

En vertu de cette méthode brutale, donc,  on réduit les effectifs a priori. Naturellement on peut se tromper, avoir mal vu les problèmes, avoir considéré comme secondaires ou inutiles des tâches importantes. On regarde, on discute, on se concerte, et rapidement on peut constater des effets pervers. Alors, et alors seulement, soit on allège la tâche d’un service surchargé, soit on lui alloue de l’effectif supplémentaire. Ensuite, de cette réadaptation, le chef du service pourra se féliciter et sa relation sera très bonne, tant avec son service qu’avec sa propre hiérarchie.

Cette seconde méthode, on l’aura compris, est celle qui donne les bons résultats en matière de coût et d’état d’esprit. Mais, qui en douterait, il faut l’appliquer en y mettant beaucoup de pédagogie, d’explications écrites et orales,  de doigté. Et c’est encore plus vrai lorsque, cas fréquent, la réduction d’effectif  fait suite à une fusion d’entreprises ou d’administrations. À l’épreuve du changement dans le travail quotidien vient alors s’ajouter la difficulté d’une perte d’identité au sein d’une entreprise dont souvent l’on était fier, et qui n’est plus la même. Alors, plus que jamais, il faut aider et convaincre.

Et puis cette méthode présente un avantage indéniable, très apprécié par les opposants. Ces derniers, quand ils ne trouvent pas de bons arguments pour s’opposer, peuvent toujours l’appeler « politique du chiffre ». Ainsi elle apparaît bête et méchante à souhait, ça peut les aider.

 

 

 

 

33 Commentaires

  1. Moi pas piger quoi dire Impat;
    Moi suggérer licencier Impat brutalement.

  2. … « brutalement. »…
    Mais si, ce mot montre bien que vous avez tout compris ! – 🙂

  3. Guenièvre

    Impat vous nous dites donc que, parfois, dans certaines situations, il vaut mieux un chef qui décide seul qu’une concertation qui ne satisfera personne ?
    Je connais mal les entreprises, je ne peux donc pas juger. Dans l’EN je peux dire que les concertations sont assez souvent, soit une perte de temps , soit l’occasion de manipulations. Mais bon, il ne s’agit pas de discuter de qui perdra son travail…

  4. Guenièvre, vous touchez du doigt toute la difficulté du problème, difficulté dont certainement personne ne doute. Tout est dans le sens qu’on attribue au mot de « concertation » que vous employez fort justement.

    La masse salariale représente dans la plupart des entreprises, et de loin, le plus gros poste de dépense. La gestion de l’effectif est donc primordiale, puisque c’est la seule donnée variable (à moins de pouvoir faire varier dans les deux sens le niveau des salaires, ce qui est en général exclu). Or cette masse salariale possible dépend, en premier lieu, de l’argent dont disposera l’entreprise dans l’année et les toutes prochaines années. Cela s’évalue, cela ne se négocie pas.
    Par conséquent, en cette matière, il peut y avoir « concertation » si concertation signifie explication, non si cela signifie négociation.
    Et seul le chef d’entreprise, et son état-major, peut et doit décider de l’effectif. Donc, s’il y a lieu, des licenciements. Les négociations peuvent porter, elles, sur les « modalités » : calendrier, niveau d’indemnités, frais divers, priorité à la réembauche, reclassement ailleurs, etc.

    En résumé le calendrier peut être le suivant :
    Explication sur la nécessité de licencier.
    Écoute des chefs de service sur leurs besoins.
    Décision du/des directeurs sur le nombre de licenciements par service, pour arriver au total indispensable.
    Après coup ( disons 3 à 6 mois), étude, en concertation, des conséquences par service, et actions correctives.

    Tout cela ne constituant évidemment qu’un schéma général.

    (ouf, pour un dimanche soir c’est dur…)

  5. impat est d’humeur licencieuse…

  6. Il est des licences plus drôles que d’autres…

  7. Guenièvre

    Merci pour vos explications et vos efforts de pédagogie ( et qui plus est un dimanche soir c’est vrai …)
    En général, que pensent les syndicats du calendrier que vous proposez ? Je peux attendre demain pour la réponse ! 🙂

  8. Merci Guenièvre, pour le répit!

  9. Patrick

    Certains licenciés cherchent l’oubli dans la licence IV !
    cf. la chanson d’Eddy Mitchel : « il n’a plus d’espoir, il va de bar en bar, il ne rentrera pas ce soir. »

    Il écrase sa cigarette
    Puis repousse le cendrier,
    Se dirige vers les toilettes,
    La démarche mal assurée.
    Il revient régler ses bières,
    Le sandwich et son café.
    Il ne rentre pas ce soir.

    Le grand chef du personnel
    L’a convoqué à midi :
    « J’ai une mauvaise nouvelle.
    Vous finissez vendredi.
    Une multinationale
    S’est offert notre société.
    Vous êtes dépassé
    Et, du fait, vous êtes remercié. »
    Il n’y a plus d’espoir, plus d’espoir.
    Il ne rentre pas ce soir.
    Il s’en va de bar en bar.
    Il n’y a plus d’espoir, plus d’espoir.
    Il ne rentre pas ce soir.

    Il se décide à traîner
    Car il a peur d’annoncer
    A sa femme et son banquier
    La sinistre vérité.
    Etre chômeur à son âge,
    C’est pire qu’un mari trompé.
    Il ne rentre pas ce soir.

    Fini le golf et le bridge
    Les vacances à St Tropez,
    L’éducation des enfants
    Dans la grande école privée.
    Il pleure sur lui, se prend
    Pour un travailleur immigré.
    Il se sent dépassé
    Et, du fait, il est remercié.
    Il n’a plus d’espoir, plus d’espoir.
    Il ne rentre pas ce soir.
    Il s’en va de bar en bar.
    Il n’a plus d’espoir, plus d’espoir.
    Il ne rentre pas ce soir.

    Paroles: Claude Moine. Musique: Pierre Papadiamandis

  10. Mouai… simple simplification simpliste. C’est le chef d’entreprise à la retraite qui parle.
    Il y a autant de mal à dire des décisions avec ou sans concertation; car il y a concertation et concertation.
    Chouf la méthode allemande qui, nombreuses preuves irréfutables à l’appui, donne des résultats infiniment meilleurs que la française.
    Pourtant les syndicats y sont puissants et représentatifs, bien plus qu’en France; et la concertation y est très largement pratiquée.
    En matière de salaires, Smic, (sur)effectifs, d’horaires de travail etc…
    MAIS PAS au niveau de l’Etat allemand (La République Fédérale, s’entend).
    SI au niveau des régions (Länder), corporations, entreprises, individuel.
    Bref, sur le plancher des vaches et près des problèmes; pragmatique, et non au niveau de la politique idéologisante avec ses drapeaux qui claquent au vent de la Patrie.
    Prêcher pour le droit seigneurial unilatérale genre Impat s’inspire de la Jacobinité qui est à l’origine de presque tous nos maux.
    Les syndicats à la française adorent les Impat; ça renforce leur raison d’être; pour mener une lutte de classes, faut avoir des ennemis de classe.

  11. Guenièvre (21 octobre 2012 à 20:48)
    … « En général, que pensent les syndicats »…
    Ils pensent en premier lieu, aux prochaines élections professionnelles. N’y voyez pas une critique, le syndicalisme se voulant démocratique il ne peut en être autrement. Donc leur réaction première consiste à faire de la surenchère entre eux ( CGT, Sud, CFDT, FO) pour montrer aux troupes qu’ils en sont les meilleurs défenseurs.
    Cela dit, les représentants syndicaux sont le plus souvent des gens intelligents et avertis, ils ont suivi les CE et comprennent très bien que les licenciements, quand l’entreprise en arrive à ce point de décision, sont inéluctables. Leur objectif est donc d’obtenir les meilleures conditions : les « modalités ».
    Mais s’il s’agit d’une grosse entreprise leur arme principale est médiatique, c’est-à-dire émotionnelle. Or on n’émeut pas les foules avec des modalités, donc le mot d’ordre est « non aux licenciements ». Et pendant qu’on occupe les usines pour agiter les médias, on discute en position de force pour améliorer les modalités.
    C’est un jeu de rôles, toujours le même.
    Le danger réside dans une telle lutte trop prolongée, car par définition l’entreprise qui licencie ne se porte pas très bien à terme, donc plus le temps passe, moins elle a les moyens d’accroître le coût de ces « modalités ».

  12. Guenièvre

    @ Impat,
    Merci ! Des jeux de rôles c’est bien cela et ce n’est pas une critique, c’est souvent la base de toute socialité.

    @ roturier,

    Oui mais c’est parfaitement normal que les comportements ne soient pas les mêmes en Allemagne et en France , nous n’avons pas la même histoire. D’autre part j’entends souvent vanter, en France, la façon de faire des allemands et c’est vrai que les syndicats y sont moins politisés et plus pragmatiques mais ils sont confrontés aux mêmes difficultés et la désyndicalisation, sans être aussi importante qu’en France s’accélère depuis quelques années . Le processus qui va vers plus d’individualisme ne s’arrête pas aux frontières. En plus, je crois me souvenir qu’il y avait eu quelques scandales mettant en cause des syndicats et que cela a contribué à les décrédibiliser . D’autre part le syndicat national le plus important, le DGB, avait exigé que le salaire des travailleurs est- allemands atteignent le niveau des travailleurs de l’ouest rapidement ce qui a provoqué la faillite de nombreuses entreprises, du chômage et un fort sentiment de méfiance . Bref , les allemands râlent aussi pas mal contre leurs syndicats …
    C’est l’encadrement du droit de grève qui est vraiment différent en Allemagne : ce droit n’est possible qu’au moment des négociations entre partenaires sociaux, après il est illégal ! Et il suffit que l’on parle de faire la grève pour que les négociations aboutissent d’où le fait que ces grèves sont bien moins importantes qu’en France.

  13. Guenièvre

    Ah ! je ne connaissais pas cette chanson d’Eddy ..merci Patrick !

  14. QuadPater

    Bonjour Guenièvre ! Qu’est-ce qu’une socialité, mot que mon dictionnaire ignore ?

  15. Quad,… « socialité »…
    Je suggère une définition : c’est le côté face du socialisme, sans le côté pile.
    …?

  16. Peut-être est-il utile de préciser que la méthode dite dans le billet « brutale » s’appliquerait très bien aux administrations.
    Le scénario serait :
    On supprime a priori, par exemple, 5 % de l’effectif d’un service. De lui-même, le personnel du service s’attachera à n’exécuter que les 90% de tâches les plus nécessaires. Il s’en suivra que quasi automatiquement les tâches les moins utiles, c’est-à-dire en fait les tâches inutiles, seront éliminées.
    Cette marcherait pour la majorité des services administratifs. Mais naturellement, comme toute méthode, elle ne saurait être universelle. Elle ne peut guère s’appliquer, par exemple, aux enseignants qui enseignent. Aux autres enseignants, oui.

  17. C’est quoi un enseignant qui n’enseigne pas? Un enfaignant?

  18. rackam, faignants ou pas faignants, ils sont des milliers. Profs d’allemand, de latin, de grec, sans élèves, profs détachés à la FSU, profs en formation longue…etc.
    Ils ne feignent même pas d’enfaigner.

  19. @Impat: l’absentéisme dans l’éducation nationale est une calamité.
    Sans oublier ceux (celles..) qui sont à toutes fins utiles absent(e)s même en étant présent(e)s.

    MAIS comme ça, en passant: en Allemagne l’éducation jusqu’au niveau lycée est gérée par les Länder.

    Et l’Histoire est faite par des hommes (certes des femmes).
    Rien d’inéluctable dans nos petites différences.

  20. roturier, si vous voulez dire qu’il serait préférable de confier l’éducation aux Régions, je vous rejoins.
    En attendant qu’elle ne soit gérée par personne…c’est-à-dire que les lycées et collèges soient indépendants.

  21. Guenièvre

    Des milliers je ne sais pas Impat. Dans toute ma carrière je n’en ai pas connu beaucoup qui restaient sans élèves bien longtemps. Des profs détachés dans les rectorats oui, des « qui n’arrivaient plus à tenir leur classes » mais qui étaient payés pour « apporter la bonne parole » aux autres oui, j’en ai connu quelques uns. Une année ils sont venus chaque semaine à trois pour nous apprendre à faire un  » projet d’établissement ».
    On se demande d’ailleurs comment faisaient les collèges et les lycées quand il n’y avait pas encore de projet d’établissement…

  22. grandgil

    « Les cathédrales, ou les châteaux, sont devenus les usines et les administrations »
    Hélas, hélas…
    Pour le reste vous vous présentez en 2017 ?

  23. Guenièvre,… « On se demande d’ailleurs comment faisaient les collèges et les lycées quand il n’y avait pas encore de projet d’établissement… »…

    – 🙂 – 🙂 – 🙂 !
    Que voilà un superbe exemple de ce qui plus haut est appelé « tâches inutiles » !

    Sur la question des « milliers » d’enseignants qui n’enseignent pas, il y a un raisonnement tout bête (ce sont les meilleurs) qui me semble parlant.
    Je me souviens d’un chiffre maintes fois cité, globalement nous avons en France, dans le secondaire, un prof pour 11 élèves. La moyenne européenne est de l’ordre d’un prof pour 15 élèves. Or en moyenne les classes ne sont pas moins chargées en France, certains prétendent même qu’elles comportent plus d’élèves qu’ailleurs. Je ne vois pas d’autre explication possible que dans le nombre de profs qui font autre chose qu’enseigner.

  24. Grangil,… « Pour le reste vous vous présentez en 2017 ? »…
    Je n’y avais pas songé, mais…prenez-vous l’engagement de voter pour moi ?

  25. Guenièvre

    @ Impat,
    « Que voilà un superbe exemple de ce qui plus haut est appelé « tâches inutiles »
    Je suis absolument d’accord avec vous. C’est d’ailleurs à dessein que j’avais parlé du PE. Est-ce que l’on a besoin de se réunir pour définir cela par exemple quand on sait en plus qu’il existe un « projet type national » et un  » projet type académique » dont on doit s’inspirer :
    http://www.ac-nice.fr/mariecurie/sc/le-college/textes-legaux/le-projet-detablissement/

    Mais ce ne sont pas les enseignants qui sont en cause : cela leur est imposé et cela suppose des réunions en dehors de leurs heures des cours.Les enseignants croulent de plus en plus sous ce genre de tâches administratives, ils passent leur temps à remplir des papiers qui serviront à justifier l’existence de bureaucrates !
    Je trouve, comme souvent, que l’on ne cible pas les bonnes personnes : que l’on fasse des coupes dans les personnels du Rectorat qui n’enseignent pas mais dont de « travail » est d’inventer ce genre d’exercices , et de les récupérer pour les mettre au fond d’un tiroir, dans tous les « chargés de mission » qui sont là parce qu’ils n’en peuvent plus des élèves et qu’ils ont eu une connaissance pour leur procurer la bonne planque.
    Sarkozy n’a jamais voulu ( pu) faire le ménage, je le regrette et il a eu bien tort. Au lieu de cela on s’en prend toujours « aux enseignants » …

  26. Patrick

    @ Guenièvre – 23 octobre 2012 à 17:55
    Entièrement d’accord ! Mon épouse, maintenant retraitée était enseignante. Lorsqu’elle a commencé à me parler de « projet d’école », je lui avait répondu que pour moi, le projet d’école est universel. Il consiste à apprendre à lire, écrire et calculer, l’histoire, la géographie, les sciences, au moins une langue étrangère etc.
    Mais voilà que ce « projet d’école » a effectivement mobilisé beaucoup d’énergie, de réunions etc., à mon sens pour rien. Mais comme vous le dites Guenièvre, les enseignants ne sont pas en cause. Ils n’ont pas le droit d’avoir des états d’âmes. Toutes les imbécilités imposées par les rectorats doivent être appliquées.

  27. Guenièvre,
    … on s’en prend toujours « aux enseignants »..
    et on a tort, vous avez raison. En fait je crois que tous ceux, dont je suis, qui déplorent un trop grand nombre de personnes dans ce « service public » ne visent pas les enseignants mais les « personnels du Rectorat » auxquels vous faites allusion, et leurs semblables. On dit « enseignants » parce que c’est plus facile.

  28. D’ailleurs, à quoi ça sert un rectorat ?
    (j’aurais voulu ajouter un ½ « smiley », mais je ne sais pas les couper en deux…)

  29. CQFD, les rectorats ne servent à rien.

  30. Souris donc

    Il se trouve que Laurence Parisot, sur LCP-Public Sénat, émission « Place aux idées », a argumenté dans le même sens qu’Impat.
    L’impossible flexibilité, qui pourrait calquer l’effectif sur le carnet de commandes, provoque le gel de toute embauche. Intéressant, son développement sur la dépense publique qui provoque les prélèvements confiscatoires mettant en danger l’investissement productif. Le premier poste à réduir : la dépense publique.
    Dans le désordre (selon moi) : les embauches inconsidérées et népotiques des potentats locaux, la corruption à tous les échelons (ça commence à se savoir, petit scandale après petit scandale*), les pléthoriques cabinets entourant les ministres en remerciement des bons et loyaux services électoraux, la fraude aux aides sociales, les niches à gros chien (je sens venir mon coup de sang sur les DOM-TOM).
    *Dernière en date, la Verte impliqué dans le blanchiment à l’insu de son plein gré.
    Evidemment, la bureaucratie à banderoles s’abrite derrière les vaches sacrées (Ecole-police-hôpitaux).
    Exemple de gaspillage :
    France-Télévision : 2 milliards € PAR AN avec 10 000 salariés. Audience voisine de zéro des JT régionaux à sureffectifs. Les maires sont contents, ils ont leur ¼ d’heure de célébrité tous les 6 mois.

  31. Souris,… « les embauches inconsidérées et népotiques des potentats locaux »…
    Oui, mais pas seulement locaux. Au plan national comme local, les administrations vivent depuis longtemps sur cette habitude d’embaucher du monde a priori sans le souci de savoir si on pourrait faire aussi bien avec le personnel présent. J’ai été témoin de questions posées par des chefs de services administratifs justifiant des actions à entreprendre par le fait qu’il leur fallait occuper des gens.
    Très récemment dans un village voisin du mien, le maire a informé ses administrés, dans le magazine local, de l’achat d’un château par la commune, en précisant qu’il ne savait pas, pour l’instant, ce que la commune pourrait en faire…
    Ces gens n’ont pas le souci de gérer correctement l’argent public.

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