Vérité Historique et Roman National

 

Dans une société démocratique il n’est pas admissible que l’on jette le soupçon sur un chercheur dès qu’il ne fait pas dans le politiquement correct si ses conclusions sont étayées de façon sérieuse. Si on ne les partage pas, on réplique avec des arguments et non avec des insinuations et des anathèmes. En ce sens, j’approuve complètement le texte de Rackam qui dénonce la manière dont sont délégitimés les travaux de Reynald Secher et l’ostracisme dont ce dernier est l’objet. Il est fort possible que certains de ceux qui lui prêtent des « arrières-pensées » ne soient pas toujours mus par un souci de « vérité historique » mais par le désir de conserver le mythe de la « pureté révolutionnaire ».

Mais on peut aussi s’interroger sur la fonction d’un mythe et continuer à penser que la Révolution française, avec ses moments funestes, a été pour une grande part constitutive de notre identité. Cette révolution a fait perdre 50 ans à la France dit-on ? On aurait pu en faire l’économie et arriver au même résultat ? Oui, peut-être, sans doute même, mais elle s’est produite… Des générations ont été guidées par les idéaux  des révolutionnaires qui, après quelques soubresauts, se sont incarnés dans la République. Et l’héritage de la Révolution française que constitue  « La déclaration des  droits de l’homme et du citoyen » a servi de modèle dans le monde entier. « Un mensonge, une imposture ! »  puisque l’événement est entaché de sang et que ces idéaux ont été trahis dès le départ, entend-on ! Mais toute nation, dans le mouvement de son histoire, a besoin de repères qui, outre le fait qu’ils témoignent de sa pérennité, contribuent aussi à consolider «le désir d’être ensemble». La plupart du temps ces repères sont construits autour de faits réels ou détournés et embellis, et d’autres sont tout simplement fabriqués. Un mythe fondateur est TOUJOURS plus ou moins mensonger (voir ce qui s’est passé pour d’autres nations comme les États-Unis par exemple). Ce sont des légendes destinées à mettre en relief les côtés sympathiques de l’histoire du pays, à ré-interpréter les moments les moins agréables et à camoufler, dans une large mesure, les plus désagréables. La Révolution française a rempli cette fonction dans la construction de notre nation républicaine. Elle a été rupture mais aussi continuité comme l’a montré Pierre Nora, continuité parce qu’elle a opéré un immense transfert du sacré de la personne royale au sacré collectif de la nation. Beaucoup d’historiens ont souligné que le poids de l’histoire dans notre conscience identitaire, dans l’image que nous avons de nous-mêmes, a été primordiale – ce qui n’est pas le cas dans tous les pays. C’est le discours historique, le récit collectif autour de Clovis, Charlemagne, Jeanne d’Arc ou « la prise de la Bastille » et « la nuit du 4 août »  qui ont, plus que tout, contribué à souder les français par ailleurs toujours si prompts  à se diviser. Ce que l’on a appelé le « roman national « , parce qu’il proposait des souvenirs communs, a permis à chacun de se projeter dans l’aventure collective et donc d’imaginer un futur.

Après les catastrophes des deux guerres mondiales on a assisté à un désenchantement. Comme à chaque fois que l’on doute de l’avenir, on a commencé à interroger le passé : on a vu la remontée au grand jour de tous les refoulés de l’histoire nationale ainsi que le retour sur les épisodes peu glorieux. A partir des années 70, les « minorités » sociales, sexuelles et provinciales ont demandé leur reconnaissance et leur inscription dans l’histoire générale. Ce qui est justice mais qui modifie profondément la donne : avant « on avait une histoire nationale et des mémoires particulières de groupe, on arrive aujourd’hui à une mémoire nationale faite de la confrontation de groupes le plus souvent polémiques » dit encore P.Nora. Le « détricotage » du roman national ne peut être que douloureux parce qu’il met en péril notre unité. Il est moralement juste et nécessaire que la vérité historique soit affirmée de façon claire mais il faut – comme le dit Souris – faire attention à ce que les revendications mémorielles ne deviennent pas revanchardes ou ne fassent l’objet de concurrences victimaires.

Nous sommes dans une période transitoire. Les Nations s’effacent, le modèle républicain s’étiole.  A l’heure de la mondialisation et de la construction européenne les mythes anciens sont en train de s’émousser. Est-ce que d’autres mythes sont déjà en construction ? Ou sommes-nous arrivés à une étape de notre civilisation où la structuration de nos sociétés peut s’en dispenser ?

50 Commentaires

  1. Belem

    Dame Guenièvre, je partage tout, sauf l’optimisme inclus dans votre dernière question.

  2. Il me semble qu’un peuple majeur, mature, éduqué, doit pouvoir se passer de mythe. Que nos mythes anciens s’écroulent, ce qui est indiscutable, n’est donc pas à mon sens une mauvaise nouvelle.
    Car les mythes représentent par nature une déformation de la vérité. Or un peuple majeur doit assumer cette vérité, qu’elle soit flatteuse ou accusatrice. Vivre sur des mythes serait vivre sur le mensonge.

  3. grandgil

    Donc Guenièvre, vous préférez le mythe à la vérité ?
    Et à relire vos coms sous l’article de Rackam, qui contredisent votre premier paragraphe, vous préférez la mythologie là encore aux faits ?
    Rien de personnel, simplement une constatation.
    Vous savez, critiquer la véracité des mythes ne revient pas à tout remettre en cause dans un évènement.
    Louis XVI lui-même a signé et paraphé la déclaration des droits sans aucun problème car ce n’est finalement que la laïcisation des valeurs chrétiennes.
    L’évolution naturelle du droit a conduit au Code civil, qui était en soi une bonne chose, et ce qui s’est passé à Valmy a parachevé la construction nationale.
    Cela empêche-t-il d’être lucide ? De dire ce qui s’est passé ?
    Je pense que non.
    Cela permet de se libérer des scories idéologiques qui empêchent ce pays d’avancer. La vérité rend libre disait un « rabbi » de Judée il y a deux mille ans, mais hélas « l’esclave aime son esclavage » disait Nietzsche…
    Actuellement la déclaration des droits semble à géométrie variable chacun voulant qu’elle s’applique selon les désidarata en vigueur dans sa « communauté » sans tenir compte des autres, c’est là tout le problème.
    Dernière question, oui, la Révolution a énoncé plein de bonnes intentions, mais l’enfer en est pavé.

  4. grandgil

    Sur les évènements ‘sympathiques » je rappellerais comment s’est réellement déroulée la prise de la Bastille, le gouverneur de la forteresse, protégé par 21 gardes françaises et un canon hors d’âge, a ouvert la porte à 35000 émeutiers qui se sont hâtés de les massacrer et de libérer les cinq prisonniers : un pédophile, trois nobles en rupture de ban mis là par leur famille, et un faussaire.
    Rappelons aussi ce qui s’est passé aux Tuileries, une foule vociférante qui cherchait « la vaisselle en or » qu’elle ne trouva pas bien sûr (car il n’y en avait pas) et qui de rage massacra marmitons, gardes et valets, (je rappelle que Louis XVI ce « tyran » refusa alors de faire tirer sur la foule malgré tout).
    Sans parler des massacres de septembre, des dénonciations anonymes (déjà !) etc etc…

  5. Que d’eu, dame Guenièvre! Que d’eau (tiède)!!!

  6. roturier

    Et puis, n’ai-je pas assez cloué au pilori le mythe révolutionnaire (sur ce même site, « Indignation, Révolution et Fête Nationale » du 16/08/12) pour ne plus me retrouver devant ses circonstances atténuantes?
    Le passé est mort; en soit, il ne présente aucun intérêt. Sauf que la condition humaine nous oblige à percer l’avenir autant que faire se peut; l’unique moyen étant d’extrapoler du passé. D’où l’importance capitale de bien le connaître, sous peine de le revivre.
    C’est exactement ce qui arrive en France et en ce moment même; la culture ‘ressentimentale’ prenant le pas sur le regarder le monde en face; l’utopie indignatoire sur les faits.
    La Russie, contrainte et forcée, a fait son ‘aggiornamento’ de sa Glorieuse Révolution. Pas la France. Attend-elle de passer par là ou est passé la Russie?

  7. grandgil

    La Russie, contrainte et forcée, a fait son ‘aggiornamento’ de sa Glorieuse Révolution. Pas la France.
    Oui, exactement.

  8. Marie

    Guenièvre
    Je veins de faire un peu d’histoire avec ma petite fille qui est en cinquième, du roman nationale à la sauce pédago bobo, une absence totale d’intérêt de plus pour les enfants tant la façon d’apprendre me désole. J’ai adoré l’histoire , c’était une heure très agréable mais voici que pour mes petits ce n’est plus le cas. On demande à un enfant de 12 ans de disserter sur la condition des paysans dans une seigneurie… Lesgrands moments de Dugesclin ou autres bof! Alors ne nous inquiétons pas la vérité historique ces enfants là ils ne la chercheront surtout pas et avalerons tout cru tout ce qu’on leur dira ,car ils n’auront plus l’envie de se plonger dans leur passé!

  9. Guenièvre

    Mais c’est juste une question cher cadet de Gascogne, ni optimiste, ni pessimiste…

  10. Guenièvre

    « . Que nos mythes anciens s’écroulent, ce qui est indiscutable, n’est donc pas à mon sens une mauvaise nouvelle »
    Je le pense aussi mais faisons bien attention de ne pas en recréer d’autres . Certains pensent par exemple que la construction de l’Europe en est un.

  11. Guenièvre

    Mais où avez-vous vu que je préfère les mythes à la vérité ? Je n’ai fait que décrire un processus, la construction de la nation républicaine. Et j’ai dit que ce n’était que justice que l’on rétablisse la vérité . Mais on aura beau déconstruire on ne fera pas que ça n’a pas eu lieu et que des générations ont vécu avec ce mythe .

  12. Guenièvre

    Où ai-je affirmé que  » la prise de la Bastille » était un événement « sympathique » ? J’ai simplement dit que c’était un événement symbolique qui faisait partie du « roman national » et j’ai expliqué avant que tout ce qui faisait partie de ce « roman » était bien sûr transformé ou enjolivé…

  13. Guenièvre, … « Certains pensent par exemple que la construction de l’Europe en est un. ».
    Oui, en effet. Mais il s’agit là d’une controverse sur un projet présent et futur, ce qui n’a rien en commun avec un mythe. L’existence d’une Europe historique pourrait être considérée comme un mythe, mais certainement pas « la construction de l’Europe ».
    D’ailleurs ceux qui affichent cette idée de « L’Europe est un mythe » utilisent simplement la notion de mythe comme prétexte pour s’y opposer. Un prétexte parmi d’autres.

  14. Guenièvre

    Marie, le »roman national » c’est surtout notre génération qui l’a entendu à l’école dans les années 60. Aujourd’hui on ne fait plus de roman, on analyse des documents .

  15. Roturier,… « La Russie, contrainte et forcée, a fait son ‘aggiornamento’ de sa Glorieuse Révolution. Pas la France. »…

    Comparaison très pertinente, et partiellement (à mon avis) juste. Partiellement car cet aggiornamento est plus que contraint et forcé, il existe au cœur des Russes.
    Un exemple : voici quelques années, Poutine a présidé à St-Petersbourg une cérémonie d’hommage à la famille du dernier Tsar, assassinée en 1918 à Ekaterinenbourg.
    Imagine-t-on le Président de la République Française rendant officiellement hommage à Louis XVI, Marie-Antoinette, et leur fils au nom de la France ?

  16. rackam

    Guenièvre,
    si le politburo du site l’autorise, je mitonnerai demain un élément complémentaire à mon précédent poulet afin que chacun puisse, sans avoir lu Reynald Secher, se faire une idée de ce que le Comité de Salut Public a réellement ordonné, essayé, couvert ou constaté.
    Son livre n’est pas sous mes yeux hagards, gavés de chrysanthèmes, de cimetières et d’huîtres de Marennes iodées à bloc. Demain, promis.

    Mais, en réponse à ce poulet-ci qui me plaît et me chagrine, voici quelques épices.
    Un peuple, un groupe humain a besoin de mythes, de légendes et de héros.
    Même les entreprises, où j’ethnologue depuis plus de trente ans ont les leurs.
    Et ces constituants de leur identité viennent du passé. Enjolivés ou non.
    Nous avons besoin de Vercingétorix, même si Alesia et Gergovie ont été botoxés. De Jeanne d’Arc, même si on n’est pas croyant (or, elle s’explique difficilement sans cela) et puis de Valmy (même si ce fut un arrangement entre « frères »), de Fachoda, du Chemin des Dames, des Cadets de Saumur, de Dien-Bien-Phu, de juillet 1998 au Stade de France et de bien d’autres repères.
    Un mythe structure la mémoire collective, la personne publique. Le sacré et le profane, la morale sociétale. Lire Mircea Eliade à ce sujet.
    L’Europe n’en fait pas partie. Elle constitue une Utopie en ce sens qu’elle n’est pas faite.
    Fasse le Ciel qu’elle devienne un mythe prochainement, c’est-à-dire un socle, un appui pour avancer.
    Pour l’heure elle pourrait aussi bien être un mirage. Ça fait avancer mais on peut n’y jamais parvenir.

  17. @ Impat: Et finalement pourquoi pas?
    Louis Capet était un brave bonhomme; probablement pas bien brillant mais pas particulièrement méchant.
    Sa femme et son fils n’ont jamais fait du mal à une mouche.
    Si au lieu d’assassiner cette famille on avait fait comme les Britanniques, monarchie constitutionnelle, c’est le Français qui aurait été la langue mondiale now; et non l’Anglais.
    Braudel dit que la Révolution a fait perdre 50 ans à la France; il est bien au dessous de la vérité.

  18. plantigrade

    Guenièvre,
    j’aime beaucoup votre texte mais si je sais pas de quoi le peuple a besoin, je sais de quoi moi j’ai besoin, et je crois que c’est aussi ce qu’il faudrait apprendre en cours d’Histoire: la vérité toute crue!
    Mais l’éducation ne s’arrête pas là. Et c’est cela qui m’importe car il me semble que Grangil fait plus l’idéologue que l’historien ou le philosophe.
    35000 émeutiers ont assassinés 20 personnes à la Bastille? Si cela entâche la révolution, est-ce que cet acte signifie que l’idée d’égalité entre les hommes est nulle parce qu’elle été mal défendue?
    Les plus belles pages sur les droits de l’homme et sa philosophie ont pour moi été écrites par un marquis. Il s’appelait Condorcet. Est-ce que ça fait de moi un royaliste?
    Il y a les faits historiques commis par des hommes, point! Il y a ensuite les principes.
    Est-ce que les exactions monstrueuses commises par l’Eglise au cours des siècles doit condamner le christianisme? A mes yeux, l’un n’a rien à voir avec l’autre!
    Alors on peut être royaliste comme Rackam ou Républicain comme moi, mais on ne doit discuter que sur deux choses et rien d’autre: la confrontation des principes d’une part et les actes que les hommes ont exécuté en se basant réellement sur ces principes et non simplement en leur nom, après les avoir vidés de leur substance, comme presque toujours.

  19. Guenièvre

    rackam, quand je parlais du fait que certains considéraient l’Europe comme un mythe je pensais à ceux qui nient l’existence d’une Europe historique. Vous avez raison cela n’a rien à voir avec sa construction.

  20. rackam

    plantigrade rhônalpin,
    ne confondons pas les marquis et les royaumes. Sade aussi était marquis, et Talleyrand, et Philippe-Égalité était un peu plus que cela. Le fait que je ne les aime pas ne fait pas de moi un républicain.
    Venise était une soi-disant république, en réalité une aristocratie.
    Et puis, vous me pardonnerez cette louche supplémentaire, mais pour moi, les plus belles pages sur les droits de l’homme ont été écrites par quatre juifs qui citaient les paroles d’un cinquième. On nous les rappelait dimanche. Le plus grand commandement est d’aimer Dieu-et-son-prochain-comme-soi-même…
    Le reste est broderie, complément, illustration, exégèse… que sais-je encore, mise en oeuvre, appropriation, imitation, singerie, torsion, contre-exemple, négation…

  21. « pourquoi pas? », Roturier?
    Mais parce que justement, ce qui s’est produit en Russie est inimaginable en France. Notre Pays ne s’est jamais remis de la coupure introduite dans les esprits au moment de la Révolution. Cette révolution était juste, elle n’a pas « voulu » cette cassure, mais elle a abouti à deux sortes de Français, deux sortes de familles qui cohabitent sans tout partager de leurs espoirs. Deux cents ans après, la soudure entre Français n’a pas encore eu lieu.
    Si un président voulait rendre hommage « aux rois qui ont fait la France », il serait aussitôt accusé de…diviser les Français. Ce qui est paradoxal, non?
    Combien de familles amies se connaissent bien, s’estiment, peuvent parler de tout…sauf d’un sujet, un seul ?

  22. Guenièvre

    @ Impat,
    La Révolution est évidemment la rupture qui pèse encore le plus directement sur nous. Mais n’y-a-t-il pas toujours eu en, France, des divisions qui se sont traduites de manière très violente ? Si l’on songe à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons en pleine guerre de cent ans , aux terribles guerres de religions, à la Fronde et, si l’on remonte plus loin, aux moments de ruptures lors du passage des Mérovingiens aux Carolingiens puis aux Capétiens … l’unité de la France ça a toujours été une gageure, un pari, non ?

  23. @ rackam.
    Incontestable, votre:  » les plus belles pages sur les droits de l’homme ont été écrites par quatre juifs qui citaient les paroles d’un cinquième « .
    Mais incomplet.
    Car le cinquième ne faisait, lui, que citer les paroles de prédécesseurs…
    Vous devriez le savoir, car vous citez:  » aimer Dieu-et-son-prochain-comme-soi-même… « .

  24. Guenièvre,… « n’y-a-t-il pas toujours eu en France, des divisions qui se sont traduites de manière très violente ? »…

    Oui, vous avez raison. Mais ces divisions anciennes appartiennent au passé, à l’Histoire, elles sont absentes des préoccupations actuelles des Français, et même de leurs discussions si on excepte les spécialistes. En revanche la division droite/gauche, héritière de la Révolution y compris par son nom, divise encore les Français davantage qu’elle ne le fait partout ailleurs.
    Cette division est à mon sens l’une des causes du délabrement moral (au sens de délabrement du moral) conduisant au pessimisme, lui aussi plus fort ici que partout ailleurs.

  25. grandgil

    « Est-ce que les exactions monstrueuses commises par l’Eglise au cours des siècles doit condamner le christianisme? A mes yeux, l’un n’a rien à voir avec l’autre! »
    Vous avez lu ce que j’ai écrit sur la Révolution en com ?
    Vous avez lu mon premier com avant d’écrire ça ?
    Sinon de quelle idéologie suis-je tributaire, je suis curieux de le savoir ?

  26. grandgil

    La Chrétienté telle qu’elle existait sous l’Ancien Régime était l’Europe et n’était pas un mythe

  27. grandgil

    De fait si, Guenièvre. Et encore une fois avez vous lu mon commentaire ?
    Je précise bien qu’il ne s’agit pas de tout renier de la Révolution.
    Ces mythes sont ce qui pose problème actuellement dans la politique française. Et qui ont coupé la Nation d’une grande partie de ces racines, avant 1789 c’était nul ? Il ne s’est rien passé ? Obscurantisme ?

  28. grandgil

    A Marie, et l’entretien des mythes et clichés est pire encore

  29. grandgil

    En fait Louis XVI avait tout simplement une haute conscience de son rôle, pour lui il était inimaginable de tirer sur la foule et de mener une répression

  30. grandgil

    La division actuelle est la pire, car elle se base sur des abstractions.

  31. plantigrade

    rackam,
    Alors disons « parmi » les plus belles pages.
    Je vois aussi que vous faîtes des différences entre les noblesses, même si elles ne sont pas d’Empire, mais alors que sommes-nous, nous la roture… :o)
    Sinon, pour prolonger votre dernier commentaire, Bibi avait rappelé les paroles de Hillel dont les apôtres se sont inspirés: « Ce qui est détestable à tes yeux, ne le fais pas à autrui. C’est là toute la Torah, le reste n’est que commentaire. Maintenant, va et étudie. »

  32. GrandGil,… « La division actuelle est la pire, car elle se base sur des abstractions. »…
    Oui, c’est un peu cela. Et les abstractions s’effacent moins facilement que les faits. Les faits peuvent être pardonnés et effacés, l’abstraction n’est pas sensible au coup de gomme.

  33. rackam

    roturier, l’ours,
    vrai. Mais le peuple qui avait trouvé en sa sagesse l’axiome cité n’avait pas grand souci de l’annoncer au reste du monde. Et voilà qu’un groupe d’hommes comprend qu’il ne peut garder pour un peuple élu, le secret universel. Et qu’un catalogue de commandements se trouve utilement complété, magnifié, sublimé par d’inspirantes Béatitudes. Cela ne minimise pas l’apport précédent, ça le met à la portée de tous.

  34. @ plantigrade: welcome to la roture.
    Cela dit, (voir mon com de 8H26): on peut, à juste titre, citer Hillel, prédécesseur immédiat de Jésus, sans avoir recours à Bibi, politicien controversé qui ferait bien d’appliquer cet enseignement à lui-même.
    Et on arrête là car la politique politicienne la-bas est aussi malodorante qu’ici.

  35. rackam

    Et puis, l’ours, il ne suffit pas de « ne pas faire à autrui ce qui est détestable », il convient de l’aimer ce qui est à la fois plus difficile, plus ambitieux et plus prometteur… Relisons le Bon Samaritain.

  36. plantigrade

    Rackam,
    nous touchons là à la différence fondamentale entre le judaïsme et le christianisme. Dans le premier, si l’amour est évidemment d’une importance considérable, c’est toujours le rapport à la loi qui est mis en avant. Or il il impossible de légiférer sur l’amour.

  37. roturier

    @ rackam.
    RAS sur votre com du 11H38. Vu que nous ne sommes pas en désaccord frontal.
    Epiloguer sur des discordes secondaires, voire obsolètes, gaspillerait une énergie nécessaire pour faire face à plus urgent et important…

  38. Guenièvre

    @ garndgil,

    « Ces mythes sont ce qui pose problème actuellement dans la politique française. Et qui ont coupé la Nation d’une grande partie de ces racines, avant 1789 c’était nul ? Il ne s’est rien passé ? Obscurantisme ? »

    Qu’une grande partie de la gauche pense que l’Histoire de France commence à la Révolution c’est bien possible, qu’il y ait des idéologues parmi les professeurs qui présentent les choses ainsi c’est certainement vrai mais la plupart des historiens ne se désintéressent pas de ce qui s’est passé avant. Si j’ai parlé de Pierre Nora c’est parce qu’il a parfaitement bien montré, dans l’une de ses conférences, comment l’identité nationale républicaine s’était « emboîtée » dans l’identité monarchique et comment la continuité entre les deux périodes ( à travers les notions de sacré et d’universalité) s’était établie malgré la rupture. Maintenant je ne connais plus les nouveaux livres d’histoire…

    « Et à relire vos coms sous l’article de Rackam, qui contredisent votre premier paragraphe. »

    Pourquoi contradiction ? On peut trouver inadmissibles les insinuations qui sont lancées contre un historien et le méthodes employées pour le discréditer et ne pas être d’accord sur ses conclusions. On peut constater qu’en France il est particulièrement difficile de critiquer la Révolution et penser que l’utilisation d’un terme comme génocide est anachronique.

  39. Guenièvre

    Là je suis entièrement d’accord avec vous !

  40. Guenièvre

    @ Plantigrade ,
    « Les plus belles pages sur les droits de l’homme et sa philosophie ont pour moi été écrites par un marquis. Il s’appelait Condorcet »
    Merci de parler de ce personnage attachant , militant sincère des droits de l’homme – et de la femme , ce qui était assez remarquable pour un homme à l’époque !

  41. rackam

    Guenièvre, juste pour mégotter: Condorcet, brillant esprit a eu tort de souper avec le diable muni d’une trop courte cuiller. Il en est mort, girondin, en prison, vénéré par les francs-maçons alors qu’il n’en était probablement pas… Paix à ses cendres qui ne sont pas au Pantheon, puisqu’on ne les a jamais identifiées. La fosse commune lui tient lieu de linceul. Tiens, le Pantheon, vaste mythe national, singerie des singeries, bidonnage sublime… et encore, je me retiens… 🙂

  42. Guenièvre

    Mais, vous avez eu, rackam, hier, un très beau couplet sur la nécessité des mythes, couplet qui finalement emporte mon adhésion alors que, balançant encore, j’avais posé la question de savoir si nous en avions encore besoin et que j’avais, un court instant, penché du côté d’Impat – pardon impat ! mais oui nous aurons toujours besoin de mythes….le Panthéon ne vous convient donc pas ?

  43. rackam

    Eh non, Guenièvre, ça ne me convainc pas du tout.
    Confisquer une église pour en faire un cimetière lugubre, plein de morts dont certains n’y sont pas, cela relève du vol, de la supercherie, de l’endoctrinement. Quant au mot « panthéon », pour des laïcards absolus, ça me laisse songeur. Mais je n’irais pas le taguer, le farenheit451iser, le réclamer. Quoique, un jour, rendre à sa destination première une belle église classique, pourquoi pas?

  44. Guenièvre, Rackam,… « j’avais, un court instant, penché du côté d’Impat – pardon impat ! »…

    Bon, je vous pardonne…mais quand même, avouez qu’un court instant c’est peu. – 🙂

    Bien que seul face à deux combattants, – et quels combattants ! – je résisterai vaillamment.
    Je vous accorde que les mythes sont inéluctables, le poids de l’Histoire et des légendes leur donne une force qui les rend inexpugnables. Mais je conteste que nous en ayons besoin. On n’a pas « besoin » de tromperies, de vérités enseignées, de fables déformées ou inventées. De manière beaucoup plus justifiée que pour la religion, on pourrait qualifier ces mythes « d’opium du peuple ». Tout cela nous détourne de la santé morale, de la réflexion, de la connaissance.
    Nous avons besoin d’autre chose : d’idées, de perspectives, de projets.
    Rassembler un peuple autour d’un projet n’est-il pas plus noble que le laisser rêvasser sur des mythes ?

  45. QuadPater

    Que vous ont-ils fait de mal ces mythes, Impat ?
    le petit Jésus dans une crèche bâtie par nos ancêtres les Gaulois, avec sur le mur des photos de Jeanne d’Arc au pont d’Arcole, Pasteur abolissant l’esclavage et, 1515 = Napoléon à Roncevaux… C’est mignon, c’est comme Papa Noël, ça crée de la complicité, des liens (la preuve, votre sourire en remettant automatiquement dans l’ordre les fables évoquées ci-dessus).
    Moi j’aime bien les mythes quand je sais que c’en est. Tous ceux qu’on m’a appris à l’école m’ont offert une appartenance à une civilisation, et j’en suis reconnaissant à mes maîtres.
    Charlemagne était glabre et il n’a pas inventé l’école ? Et alors ? 🙂

  46. Mais Quad, je n’ai rien contre les mythes, ils sont amusants et parfois intéressants. Je dis que nous n’en avons pas « besoin ».

  47. grandgil

    A Impat, précisément, d’où la survivance de mythes sans substance, car pour qu’un mythe soit intéressant il faut qu’il vive un peu.

  48. Souris donc


    Les grands hommes du mythe national : Léon Blum, Jean Jaurès et Mitterrand

  49. Guenièvre

    Excellent ! souris !

  50. Merci, Souris. Ce n’est donc pas si mal, l’Educ Nat. Je croyais que c’était pire : qu’en cas d’absence d’un prof de philo on le remplaçait par un prof de philo.

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