La Disgrâce d’Artémis

Dans la vie des paysans – un monde qui s’est éteint dans les années 80 et qui a été remplacé par celui des « agriculteurs »- il était un moment attendu : après les éprouvants  travaux des moissons, avant l’assoupissement relatif de l’hiver venait le mois de septembre et l’ouverture de la chasse. Suivant la grandeur de l’exploitation on donnait des « cartes » à quelques copains de la ville qui débarquaient le dimanche. Les hommes partaient le matin de bonne heure arpenter la campagne. Les femmes s’attelaient aux fourneaux. On mettait les petits plats dans les grands. Pendant les repas, ça bâfrait, ça parlait fort, ça rigolait gras et picolait sec – pas trop non plus, il fallait repartir l’après-midi avec le fusil. Enfants et adolescents, on attendaient ces moments-là avec impatience. Moments de convivialité brute où toutes les conversations se centraient sur la nature et le gibier. Les aventures et  mésaventures du matin étaient contées par le menu: on mettait en valeur les prouesses, on louait le flair ou la rapidité des chiens, on ironisait sur la malchance des uns, on se moquait des ratés des autres.

– Mais j ‘te dis que j’lai touché, c’lieuve, j’ai ben vu, y’avait du sang là voù qu’jai tiré !

– Penses-tu ! t’l’as pas touché ! j’te dis ! C’té une mé lieuve qu’avait ses règues ! »

Les intonations, les pauses, les éclats de rire, tout était joué et ritualisé. Nous avions le sentiment d’assister à une scène immémoriale, de celles qui, depuis la nuit des temps, servent à souder les communautés. A souder ou à exclure : celui qui courrait devant les autres, qui tuait plus que la moyenne, le « viandard », était régulièrement désavoué et risquait de ne plus avoir de carte l’année suivante.

Quand le chasseur avait été chanceux, il nous découvrait son butin. Il caressait longuement l’animal déjà raide, s’attardant sur le cou des faisans pour  lisser les plumes d’un vert profond, moiré de bleu foncé ou sur  le pelage chamois, doux et laineux des lapins. Un dernier hommage à la beauté de la bête sauvage avant qu’elle n’atterrisse dans le garde-manger et ne devienne nourriture : un extra pour la semaine qui n’en comportait jamais dans les autres périodes de l’année. Et pour nous, c’était le rude apprentissage de la vie à travers la leçon de la nature qui jaillissait chaque jour de nos expériences d’enfants : exister c’est manger et être mangé…

Aujourd’hui les fils et petits-fils de chasseurs résistent, mais de moins en moins nombreux chaque année. Le cœur n’y est plus. Culpabilisés par le discours écolo, traités de barbares ou de beaufs avinés par des moralistes geignards, de fachos par les bobos venus de la ville, ils continuent à chasser sans vraiment y croire, juste en souvenir de ce temps là …en fidélité à ceux qui n’y sont plus. Difficile  quand on a, comme eux,  une conscience aiguë des connotations péjoratives associée à ces pratiques, quand on peut contempler à longueur de pages, dans les médias, le flot d’images négatives sur la chasse, difficile d’en faire encore une fête : ils prennent rarement leurs repas ensemble, ils ne traversent plus le village en saluant haut et fort les autres habitants, ils n’exhibent surtout pas le gibier.

Notre modernité, en tout et partout, se fait l’apôtre de la non-violence. Elle réduit la distance entre l’homme et l’animal si bien que l’activité de la chasse est devenue un sadisme archaïque, et celui qui s’y livre, renvoyé à l’état de bête… Elle prétend traquer les instincts sauvages qui perdurent dans les traditions. Elle repère, classe, jauge  et juge. Vous  devez choisir votre camp. Plus d’ambivalence possible. Artémis-Diane qui  possédait le double visage de la compagne des animaux sauvages et de la   chasseresse est non seulement rejetée mais inintelligible à la plupart de nos contemporains.

Aujourd’hui on veut pouvoir déguster un lièvre en terrine mais on ne veut pas savoir où, quand, comment, ni par qui, il a été  tué… le cadavre est sale et inconvenant. La mort, celles des bêtes et celle des hommes, est expulsée loin des regards…

77 Commentaires

  1. rackam

    Comme il y a loin de la coupe aux lièvres!

  2. En tout cas Guenièvre en soulève un (lièvre), et fort joliment. Bien que non chasseur je trouverais dommage que cette activité disparaisse. Elle participe aux liens nobles qui peuvent unir les hommes, en tous lieux et de toutes conditions.
    Supprimer la chasse, à courre ou à pied, avec ses traditions, ses rencontres, ses fêtes, serait effacer encore un peu d’humanité dans la vie des hommes. Et la remplacer par un peu plus d’hypocrisie puisque nous ne deviendrons pas végétariens.

  3. Guenièvre

    Impat, on m’a toujours dit qu’il valait mieux en soulever un qu’en courir deux à la fois…

  4. « On » avait sûrement raison. D’ailleurs même en en courant un seul, c’est la tortue qui a gagné.

  5. Souris donc

    « Culpabilisés par le discours écolo, traités de barbares ou de beaufs avinés par des moralistes geignards, de fachos par les bobos venus de la ville… »

    L’écolo d’opérette qui ne connait de la nature que le plan de cannabis entend pourtant réglementer la campagne, son parc d’attraction. La chasse est une corrida. Point.
    Résultat, à cause des règlementations et des restrictions, le gibier prolifère, provoque des accidents, s’approche des habitations parce que trop nombreux à se disputer le même biotope. On a maintenant des renards et des sangliers jusque dans les villes. Sans parler des risques de contamination par la rage.
    Tu parles d’une écologie.
    En plein été tout près, j’ai entendu des rafales de chevrotine. Je me dis, tiens, la chasse n’est pas ouverte, c’est donc un paysan qui a pris son coup de sang à cause des saccages. Le lendemain, nouvelles rafales. Renseignement pris, il s’agit de canons à pétards.
    C’est moderne, c’est un dispositif pour effaroucher. Avant ils avaient des épouvantails, puis des affriolants, des sortes de papillotes en alu qui bruissent et envoient des reflets, devenus inefficaces, car le gibier est moins con qu’on ne le pense et évente l’artifice. Alors ils sont passés au canon à pétards. Pour défendre leurs cultures. Pas de cannabis, de maïs.
    Mais, hein, pour mon bisounours, la chasse est « un sadisme archaïque »

  6. Souris donc

    J’ai confondu le plant de cannabis et le plan cannabis. Ooooooh…

  7. Il ne fallait pas en prendre, Souris. Vous ne vous seriez pas plantée.

  8. Je ne suis plus chasseur ça me coûte un bras en région parisienne, j’adore la corrida et « Mort dans l’après-midi ».

  9. Guenièvre

    Skarda, ici, à 200 km de Paris, c’est à l’année, 50 euros la carte !
    Je n’ai pas lu le livre d’Hemingway, il paraît que c’est très beau…

  10. Guenièvre

    Souris, il n’y a pas que les paysans qui prennent des coups de sang.Les chevreuils c’est très joli quand il s’agit de montrer  » Bambi » aux petits-enfants, quand vous les prenez contre la voiture c’est un peu moins sympathique. Ici, ça pullule , tout comme les sangliers ( encore vu une vingtaine traverser la route la semaine dernière). Chaque automobiliste du village a eu une aile ou un carburateur défoncés, parfois plusieurs fois.
    Mais les chasseurs ont  » seulement droit » à trois chevreuils et deux sangliers par an…je ne sais pas qui établit les quotas mais c’est ridicule !

  11. Guenièvre

    Impat, vous savez ce qui est le plus terrible pour un lièvre ? C’est quand on lui fait le coup du lapin…

  12. J’attends de revenir dans le Sud-Ouest, j’irai dans des chasses privées on y a la paix ! J’y allais tous les ans pour les vacances de Noël avec mon beau-père avant qu’il nous quitte, c’était vraiment fantastique. On n’a jamais de plus grande relation avec son chien qu’à la chasse. Cette campagne imbécile contre les chasseurs est absurde, ce que l’on n’aime pas chez les beaufs c’est tout simplement le peuple.
    Ce monde que vous décrivez, c’est en fait nous qui l’avons laissé mourir, on en avait honte finalement. Je ne l’ai connu que par la famille de mon épouse, ses grands-parents avaient trois enfants, un garçon et deux filles: il n’y a que quatre descendants deux générations plus tard…
    Mon cher Impat voici la réponse à votre question de l’autre jour, la fertilité française est essentiellement celle des nouveaux arrivant, sinon nous sommes dans la même situation désastreuses que nos voisins.
    L’amour de la vie que nous professons masque mal notre fascination de la mort…

  13. Souris donc

    C’est le canon, que voulez-vous, surtout à pétards.
    N’empêche que ça coûte 500 € pièce ce truc, répercuté sur le prix des céréales, bien sûr.
    Comme toutes les idées géniales des écolos.

  14. QuadPater

    Il y a 35 ans je roulais dans une Coccinelle VW avec des autocollants « Non au nucléaire » et « Chasseurs gros cons ! ». Il y a prescription, mais j’ai gardé de cette période écolotte une aversion pour la corrida : la mort d’une bête n’est pas un spectacle. En revanche je me suis repenti de mon opposition à la chasse. Il faut être cohérent, quand on mange de la viande il faut bien accepter que quelqu’un ait tué l’animal dont elle provient.
    Ne supporter que la tâche ne soit accomplie que par des professionnels dans des lieux réservés est une hypocrisie. Cachez ce sang que je ne saurais voir !

  15. Ce n’est pas un spectacle pour vous, c’en est un pour moi et ce n’est pas la mort d’une bête c’est son accomplissement, les taureaux de combats disparaitront avec la faena. J’ai commencé à virer à droite quand les les petits ayatollahs de la moraline ce sont mis en tête de me dicter ce que je pouvais faire ou non, ce que je devais penser ou nom.

  16. hathorique

    Bonjour à tous :
    merci guenièvre pour cette partie de chasse et surtout votre conclusion :
    la mort a été évacuée de notre environnement

    La mort aujourd’hui en Occident fait l’objet d’un « refoulement » social qui est un aspect du processus plus général d’acculturation civilisationnel comme une mise sous séquestre de l’idée de mort, qui est pourtant le seul destin commun que nous unit 🙂
    Les attitudes face aux mourants et peut être aussi face aux vieillards se sont profondément modifiées : la mort éveille souvent des sentiments de malaise ou de répulsion qui poussent à la reléguer « derrière les coulisses de la vie sociale »
    Pour les mourants, il en résulte une mise à l’écart et pour les « restants » en plus du chagrin un sentiment d’abandon de frustration, de détresse.
    Personne ou presque ne meurt chez soi mais plus souvent dans l’univers anonyme froid et aseptisé des hôpitaux, il y a une confiscation médicale des derniers instants qui n’appartiennent plus aux proches, mais à de parfaits étrangers malgré la compassion que peuvent témoigner ces « aides mourants ».
    Quand un être humain en train de mourir éprouve le sentiment – bien qu’il soit encore en vie – qu’il ne signifie plus rien pour ceux qui l’entourent, c’est alors qu’il est vraiment solitaire.
    La mort est l’expérience solitaire la plus terrible qui soit, et pourtant on ne la vit ni n’en parle plus en public ; la mort est « masquée » tant comme événement que comme idée ; elle alimente un très fort sentiment de gêne et fait l’objet d’un tabou qui interdit l’expression des affects :
    Bref, elle est le nouveau tabou des temps modernes elle est refoulée socialement, et parfois psychologiquement.
    Curieusement, elle est aussi sacralisée post mortem dans une espèce de catharsis sociétale, où quelles que que soient les circonstances il faut  » faire son deuil » et si nous refusions de faire notre deuil et si nous gardions les yeux grands ouverts : accepter de mourir c’est aussi se satisfaire de vivre et comme le disait le philosophe, « vivre c’est apprendre à mourir » mais le plus tard possible.

    Mais voilà qui nous éloigne de la chasse aux palombes ou aux bécasses dont hélas il nous faut aussi faire notre deuil.

  17. Non noble Lionne cela nous y ramène tout à fait…

  18. Bonjour Hathorique, je reprends au bond votre allusion à notre « catharsis sociétale ». L’expression la plus pénible à entendre en cas de malheur, qui est en même temps la plus stupide à mon sens, arrive lorsqu’on vous questionne ainsi : avez-vous fait « votre travail de deuil » ?

  19. QuadPater

    Il m’est arrivé « d’accomplir » (c’est comme ça qu’on dit !!?) moi-même des portées de chiots et de chatons. Je n’ai pas pas trouvé cela très ragoûtant mais c’est sans doute parce que je n’avais attribué aucun sens mystique à l’affaire.

  20. Guenièvre(17 nov, 18h23)… « le plus terrible pour un lièvre ? C’est quand on lui fait le coup du lapin »…

    Aussi, s’il regardait autour de lui au lieu de songer en son gîte.

  21. Mon cher Quad, je n’obligerais personne à assister à une corrida même si c’était en mon pouvoir, je demande simplement que l’on nous laisse tranquille. Le seul argument qui vaille à mon sens contre la tauromachie est que des hommes y meurent mais c’est leur choix, ce qui grimpent sur montagnes où se jettent dans le vide avec un seul malheureux parachute du haut d’une falaise risquent leur vie après tout.
    Pour ce qui est du taureau, c’est un animal de combat sélectionné pour l’arène, il ne fait aucun choix il suit sont instinct de tueur et de combattant. Ce monde s’en va, comme le reste, tout passe, je trouve que les allumés et les mystiques se trouvent plus certainement chez les abolitionnistes et leurs outrances, ce sont les mêmes qui attaquent des laboratoires, s’en prennent à des chercheurs, humilient les femmes portant des fourrures, je n’aime pas cette graine de fasciste.

  22. Souris donc

    « difficile d’en faire encore une fête : ils prennent rarement leurs repas ensemble, ils ne traversent plus le village en saluant haut et fort les autres habitants, ils n’exhibent surtout pas le gibier » (Guenièvre)

    Quand l’un d’eux se marie, on sort encore le grand tralala. Ils font la haie d’honneur, après la messe de mariage inspirée de la messe de la Saint-Hubert. A la place de l’orgue, on sonne la trompe. Dos aux fidèles pour qu’ils aient le pavillon de face. Sans le latin quand la messe nous emmerde, on peut admirer les derrières des sonneurs dévoilés par la fente de la redingote dans laquelle ils sont boudinés. Pieusement transmise de génération en génération ? Equipages loués pour la circonstance ?

  23. Et voci Mélanie déjà trompée à la sortie de l’église…

  24. roturier

    Le temps qui passe tire la chasse.

  25. QuadPater

    Précisions sur le making-of du titre de l’article :
    Le 11 février 2012, à Rust (Allemagne), juste après que sa fille Isabel fût sacrée Miss Germany, Mme Gülck l’a prise dans ses bras et s’est écriée fièrement « Ach ! t’es Miss ! choisie parmi dix grâces ! »

  26. Pour que cela rime, vous auriez pu rajouter : « d’après l’article de Guenièvre » !

  27. Quad,… « making-of » ?

    Elle voulait dire “Machen”, Mme Gülck ?

  28. Souris donc

    Ne vous tracassez pas pour la mort bien gore et à domicile, ça vient, ça vient. Le génie progressiste est déjà en train de mettre au point le plan de sauvetage de la Sécu. Non pas en traquant le fraude, ce n’est pas socialement acceptable de s’en prendre à l’AME, aux urgences gratuites pour une bronchiolite, aux 18 enfants de Lies Hebbadj. Donc on va raccourcir le temps d’hospitalisation pour tous. Il a déjà une de ces hystériques qui étudie la question de la chirurgie ambulatoire, pas pour la bobologie, mais pour les grosses opérations.
    Accoucher et rentrer chez soi dans la journée. Bientôt les femmes accoucheront dans les champs comme au bon vieux temps, et quand on ne saura plus quoi faire des vieux, on emmènera tous les conscrits dans la forêt, et on les fusillera bien proprement.

  29. Souris donc

    Bien proprement, ça veut dire avec un bon coup de gnole avant, on n’est pas des chiens. Comme les arracheurs de dent, au bon vieux temps, sur le champ de foire, public en transe, roulements de tambour pour couvrir les cris, on exhibe la molaire sanguinolente au bout de la pince, et tout le monde applaudit. Festif et convivial, pas comme ces univers froids et aseptisés.

  30. Guenièvre

    J’ai aussi, dans les années 70, fréquenté un groupe d’écolos qui faisait de l’agit-prop anti- nucléaire. Ils n’ont jamais réussi à me convaincre sur la chasse .
    Je n’ai jamais vu de corrida et je n’ai pas envie d’en voir, c’est quelque chose que je ne comprends pas mais il ne m’est jamais venu à l’idée de demander sa suppression. Il y a, chez les écolos militants purs et durs une vision totalitaire qui donne froid dans le dos.

  31. Guenièvre

    Souris, là ce sont des gens qui font de la chasse à courre . Ils sont mieux organisés et résistent davantage bien que fortement critiqués ( beaucoup de pays ont interdit cette forme de chasse).
    Ici, ce sont de petites chasses à pied, c’est beaucoup plus rustique, les chasseurs sont assez isolés, peu nombreux sur un territoire et ça part en quenouille. La tradition de venir « saluer la mariée  » a été complètement abandonnée il y a déjà une vingtaine d’année.

  32. Guenièvre, Souris,
    La chasse à courre est plus cruelle que la chasse à pied. Le gibier, un animal repéré et identifié à l’avance, peut être poursuivi à cheval et par les chiens du « piqueux » pendant des heures. Épuisé, il est ensuite achevé à la main.

  33. Souris donc

    Pas forcément, Guenièvre, j’ai assisté à un tel mariage dans une région sans tradition de chasse à courre (juste des panneaux « chasse en cours », pour que l’ingénu n’aille pas aux champignons, alors qu’il y a déjà un nombre considérable de canettes descendues. Personnellement, j’ai un anorak fluo pour me balader quand la chasse est ouverte).

  34. Souris donc

    Oui, tout passe, tout lasse, tout casse. Mais l’oeuf dure (Pierre Dac)

  35. Bon finalement on en arrive à la cruauté…

  36. Guenièvre

    @ Hathorique,
    Que de choses intéressantes dans votre développement sur la relégation de la mort dans notre société : vous pourriez nous en faire un billet… 😉
    Et le sujet de celui-ci n’y est pas étranger puisque la conscience que nous avons des animaux a radicalement changé depuis 50 ans sans doute à cause des nombreuses découvertes scientifiques qui ont révélé que ceux-ci étaient capables de performances que l’on croyait réservées aux hommes . Dernièrement encore des chercheurs ont montré que le cerveau des abeilles est capable de fabriquer et de manipuler des concepts abstraits, et peut même utiliser simultanément deux concepts différents afin de prendre une décision face à une situation nouvelle. Et puis on a ce béluga qui imite le langage humain… et puis les généticiens qui nous disent que nous avons 95 pour cent de gènes communs avec les chimpanzés, 90 pour cent avec la souris…Tout cela mal compris, mal digéré ont fait que les places respectives de l’homme et de l’animal ont été remises en causes : de l’animal objet on est passé à l’animal humanisé . Il y a même une théoricienne italienne, Paola Olivieri, qui réclame ni plus ni moins que l’extension des droits de l’homme aux « grands singes non humains ».

  37. QuadPater

    Lire « les animaux dénaturés » de Vercors, un régal :la loi humaine (anglaise en l’occurrence) est-elle applicable à ces créatures mi-singe mi-homme qui viennent d’être découvertes en Papouasie ?

  38. Pourquoi pas ? On trouve bien, sur un site où l’on cause, des gens qui pensent que la loi des animaux s’applique aux hommes : la loi de la jungle.
    Juste retour des choses.

  39. hathorique

    @Souris,

    Ne nous annoncez vous pas la future apocalypse d’un « soleil vert » avec recyclage écologique et ingestion de tablettes nutritives hétéroprotéinées transformistes ou pour rester dans l’air du temps homoprotéinées, si cela existe 🙂
    @ Guenièvre

    il existe une similitude de comportement entre les humanoïdes associés que nous sommes et les Bonobos pour lesquels j’ai une profonde empathie, car c’est l’espèce la plus proche de nous, et il nous faudrait peut être plus attentifs à leur méthode de régulation des tensions communautaristes. :

    « Les bonobos vivent en groupes d’une cinquantaine d’individus, Sans parler de matriarcat, ce sont généralement les femelles qui prennent les décisions pour la communauté, mais il semble qu’il existe un certain égalitarisme entre les sexes.
    A la puberté, le comportement des jeunes bonobos est différent suivant le sexe : les mâles restent aux côtés de leur mère, alors que les femelles cherchent une autre communauté pour s’établir. On leur accorde une vie sociale très spécifique :
    les bonobos utilisent le sexe comme régulateur.
    En cas de querelle ou de tensions, les pratiques sexuelles viennent apaiser le groupe. Le bonobo est donc le primate ayant la plus grande fréquence de rapports sexuels.  »

    Je n’ose recommander cette méthode d’apaisement pacificateur à nos élus, encore qu’ une intense séance de réflexologie « bonobiste » à l’Assemble Nationale, pourrait apaiser les ardeurs combattantes de cette basse cour de récréation.

  40. Guenièvre

    Ah! oui, j’avais noté cela un jour, puis oublié…

  41. Oh mais vous avez tort, Hathorique. Pour ma part je leur recommande fortement cette méthode. D’ailleurs je songe à me présenter aux prochaines législatives.

  42. Guenièvre

    @ tous,
    Une conférence un peu longue mais intéressante : « Y-a-t-il une barrière entre l’homme et l ‘animal ? » J’aime beaucoup la partie Alain Prochiantz …

    http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/y_a_t_il_une_barriere_entre_l_homme_et_l_animal.1483

  43. rackam

    Georges Tron avait entamé une cure de réflexologie plantaire…

  44. Il avait de bon réflexes. Mais…au logis seulement?

  45. Guenièvre

    @ Impat,
    Mais nous avons failli avoir un président compétent en la matière qui a eu la malencontreuse idée de faire des tests aux USA, ce vilain pays puritain où l’on ne comprend rien aux bonobos…

  46. hathorique

    Tron :
    plantigrade ongulé et ténébreux philosophe abscons du 21° siècle adepte du gay pied

  47. Guenièvre, Der Schoen Kolosse ?

  48. Guenièvre

    Ja, natürlich !

  49. Guenièvre

    Quad , je vous dis bonsoir ici, en réponse à votre bonjour sur Causeur, je n’ai pas trop envie de relancer sur le mariage homo là-bas !

  50. QuadPater

    Oui bonsoir Guenièvre ! ce n’est pas grave, j’ai l’habitude d’être discriminé, exclu et stigmatisé. 🙂

  51. Souris donc

    @ Hathorique
    (Je n’insiste pas sur le Soleil vert. Je vais assaisonner dans un papier les verts et la cause animale)

    Pour votre billet à venir sur la relégation de la mort dans notre société :
    Le laboureur sentant sa mort prochaine fait venir ses enfants afin de leur délivrer un dernier radotage sentencieux.
    Puis il s’écrie Mehr Licht ! et s’éteint.
    (Comme il a dit « Gardez-vous de vendre l’héritage, un trésor est caché dedans », tout le monde se regarde en biais à cause du Livret A exonéré mais plafonné qu’il va falloir partager déduction faite de la facture des pompes funèbres)
    Au boulot, Hathorique !

  52. Mais continuez, Souris ! Et laissez Hathorique à sa propre inspiration, personne ne regrettera l’existence de deux billets. Concurrents ..- 🙂

  53. rackam

    impat règne d’une main de fer sur sa ménagerie où souris et vaches quasi-sacrées cohabitent.

  54. Rackam, n ‘oubliez pas le gant de velours, quand même.

  55. Descartes voyait les animaux comme des automates, nos chers cagots de Gaïa les voient comme nos égaux sinon comme ce qui nous est fondamentalement supérieur, puisqu’après tout nous ne sommes qu’un cancer qu’il faut soigner.
    Ce qui nous différencie du Bonobo c’est que nous ne discuterons jamais avec lui au coin du feu des choses de la vie, c’est qu’il ne ressentira jamais l’angoisse de sa propre fin, que de toute façon il ne nous en parlera jamais. L’irruption grotesque des sciences de la nature dans les sciences de l’homme est la source de toute les imbécilités sur la place de l’homme dans le monde, la nouvelle révolution copernicienne consiste à ne plus considérer l’homme comme le centre de la création mais comme un avatar disgracieux et malveillant de l’évolution.
    La religion de l’homme qui se hait a pris les sciences de la nature en otage, et prédit l’apocalypse en leur nom, apocalypse que nous auront provoqué bien entendu.
    Les animaux souffrent, aiment parfois, nous aiment même comme nous pouvons les aimer en retour, ceci n’a rien à voir avec ce qu’il nous est permis de leur faire ou pas. Depuis la nuit des temps nous mangeons des animaux et nous nous vêtons de leur peau, depuis la nuit des temps des hommes se sont confrontés à des fauves pour prouver leur courage et leur valeur, les Japonais aiment manger du dauphin, les Chinois prisent le chat et le chien, les boucheries chevalines de mon enfance était la preuve que la plus belle conquête de l’homme charmait certains palais. Tout est question de coutumes, la mort violente des animaux a longtemps été une chose banale, j’ai connu des paysans qui aimaient sincèrement leurs vaches et parfois leurs porcs. Le loup n’est pas cruelle mais il chasse comme nous chassons à courre, pourquoi le serions nous ? Nous ne faisons que reproduire ce que nous voyons et ce qu’un profond instinct nous pousse à imiter.
    Mais l’homme édicte ses propres règles et peut-être demain des singes siègeront à l’ONU, pourquoi pas? La chasse disparait, elle a disparu de certaines régions d’Inde il y a longtemps, est-ce une preuve d’élévation morale ? Je ne crois pas, pas plus que la disparition de la corrida, je crois qu’au contraire, il y a un symptôme inquiétant, celui d’une maladie de l’âme plus profonde : la haine de soi dont nous pouvons constater tous les ravages dans notre société.
    J’aime la vie, j’aime manger ce que je tue et j’aime mon chien qui m’aide à débusquer le gibier et qui me tient compagnie, je l’aime plus que beaucoup d’hommes, mais il n’est qu’un chien qui a moins de valeur que le moindre des hommes.

  56. QuadPater

    Un roman très original, facile à lire, beaucoup d’humour, des personnages attachants + une question philosophique passionnante et complexe qui fait le fil du bouquin : qu’est-ce qui différencie l’homme de l’animal ?
    Je vous laisse découvrir la réponse de Vercors qui n’est pas sotte du tout.

  57. tony

    Enfin un site ou on peut être en désaccord sans s’injurier. Merci à tous. Mon opinion n’est pas faite, j’attends la suite.

  58. QuadPater

    Veuillez imprimer et encadrer le message en français où je me suis laissé aller à utiliser un terme anglais : il est rare que je dérape à ce point ! 😉
    — QP, membre du CSA (Collectif pour la Stigmatisation de l’Anglomanie) —

  59. Bienvenue sur Antidoxe, Tony.

  60. Guenièvre

    @ Tony,
    Bonjour !
    Je n’ai pas voulu forcément provoquer un débat pour ou contre la chasse . Je n’ai fait que décrire une évolution qui est de toute façon irréversible et je voulais m’élever contre l’image des chasseurs véhiculée dans certains milieux : non, les chasseurs ne sont pas tous des beaufs sanguinaires qui n’aiment pas les animaux. . En ce qui concerne ceux que j’ai pu connaître je n’ai pas vu de cruauté, leur but étant toujours au contraire d’éviter que l’animal ne souffre trop longtemps. Maintenant il y a sûrement des exceptions comme partout …
    Après viennent toutes les questions liées à cette évolution dont effectivement le rapport de l’homme à l’animal et bien d’autres comme celle-ci :
    On détruit toutes les formes de convivialité qui existaient dans les traditions mais par quoi les remplace-t-on ? Et d’ailleurs les remplace-t-on ?

    http://www.lefigaro.fr/livres/2012/10/10/03005-20121010ARTFIG00541–la-fin-du-village-l-heure-de-la-crise-a-sonne.php

  61. Guenièvre

    @ QuadPater,

    Merci, je lirai : « Les animaux dénaturés », d’autant que je m’étais promis de le faire il y a très longtemps après la lecture d’un autre roman de Vercors qui abordait déjà le même thème :

    http://www.evene.fr/livres/livre/vercors-sylva-8835.php

  62. Guenièvre… « On détruit toutes les formes de convivialité qui existaient dans les traditions mais par quoi les remplace-t-on ? Et d’ailleurs les remplace-t-on ? »…
    On ne les remplace pas. Le maintien de ce mode de vie convivial au village me semble être une cause perdue.
    Deux raisons au moins : d’une part la disparition selon vos propres termes de la paysannerie par l’agriculture, d’autre part la télévision.
    La convivialité, si elle perdure, ne sera plus centrée sur le village. C’est d’une tristesse sans nom.

  63. Souris donc

    Oui, Guenièvre, et ils savent remarquablement réguler les populations de façon que les équilibres écologiques soient respectés. Ils n’ont pas besoin des adeptes de la cause animale, qui détournent la défense de l’animal à leur profit, pour pouvoir agresser et insulter tout en se donnant le beau rôle.
    Quant à l’ivrognerie, elle est relative.
    Beethoven descendait son litre de vin à chaque repas, jusqu’à la fin de sa vie. Même couvert d’honneurs, il allait s’arsouiller à peu près tous les jours à la taverne. On le sait, parce que, devenu sourd très précocement, il conversait grâce à des carnets qu’il tendait à ses interlocuteurs. (Enfin ce qu’il en reste, car Schindler son secrétaire a fait le tri, déchirant les pages qui n’étaient pas à son avantage, à lui Schindler, et rajoutant des mentions flatteuses, pour lui Schindler. Les biographes le haïssent)

  64. Souris donc (19 novembre 2012 à 12:03 )

    C’est une spécialité des Schindler, faire des listes.

  65. Guenièvre

    Merci skarda pour la sincérité de votre 21h 22 auquel je souscris globalement. Je préciserai – et vous serez sans doute d’accord avec moi – qu’ entre l’animal machine et l’animal humanisé il y a peut- être un juste milieu. J’ai vu des scènes d’une brutalité inouïe, vraiment insoutenables, sur le traitement des chiens en Chine. Alors oui , c’est culturel de manger du chien mais on peut tout à fait admettre ce fait, et penser que la conscience morale exige qu’on le fasse de manière à ce que l’animal souffre le moins possible.
    Autre chose : je vois régulièrement chaque année, aux départs de vacances, des chatons abandonnés à l’entrée du village ; les gens qui font cela ne sont pas excusables : un animal n’est pas non plus un objet que l’on prend et que l’on jette.

    Allez spécialement pour vous ! 🙂

    http://www.paillardes.com/P259.html

  66. Souris donc

    « la disparition selon vos propres termes de la paysannerie par l’agriculture »
    Ou « l’exploitation », pire encore, ça fait plus prédateur de subventions agricoles, d’animaux et de planète.

  67. Tibor Skardanelli

    Chère Guenièvre je ne la connaissais pas merci, mon répertoire s’enrichit 🙂 Bien sûr, notre sensibilité à la souffrance animale est plus grande, à la fin du XVIIIe on trouvait encore amusant de jeter des sacs de chats dans des feux.

  68. C’est de l’humour?

  69. Guenièvre

    Une version complète skarda :
    http://www.chansons-paillardes.net/chansons_paillardes/chorales/CUCEC/Titres/80_Chasseurs.html

    @ aux modérateurs
    Pas censurer svp, c’est dans le thème et ça donne une idée de la convivialité …:-)

  70. Tibor Skardanelli

    <<<<<<<<<<<<j'espère que mon précédent commentaire sous ma vraie identité ne passera pas sinon je suis démasqué 😦

    Je continue mes doigts ont dérapé, ce que je ne sais pas c’est ce que vaut moralement cette sensibilité, j’ai un ami galicien qui est le plus brave des hommes, il est maquignon pèse 120 kg et mesure 1,9 m. Il part dans les collines avec son fils récupérer des chevaux sauvages et les vend pour pour la boucherie. J’ai une totale confiance en cet homme et sa famille, ma fille dormait chez eux parfois et elle partait avec son fils faire des virées à cheval dans les collines. Pour lui un cheval de boucherie est plus près de l’automate qu’autre chose, j’ai vu son père en frapper un récalcitrant à coup de marteau. Ce sont des hommes rudes au grand coeur et il ne me serait jamais venu à l’idée de lui faire la moindre réflexion ni sur sa façon de traiter les chevaux, ni sur sa façon de traiter ses chiens. Il y en avait toujours deux ou trois qui trainaient dans la cour, à moitié éclopés et rampant devant les maîtres. Cet ami est certainement plus ouvert sur les autres que je ne le serai jamais, il est certainement plus humain et moins orgueilleux que moi, aime certainement plus la nature et ses splendeurs que moi, monte à cheval comme un dieu, élève son fils avec amour et se tient droit dans le monde sans dissimuler ce en quoi il croit, sans honte et sans détour. Je suis honoré qu’un tel homme me considère comme un ami, je suis touché par la sensibilité qu’il lui a fallu pour voir chez moi l’homme derrière le touriste, le gavacho et le girl.
    Notre sensibilité n’est pas le signe d’une élévation de l’âme, le plus souvent elle est un signe d’infantilisme, un attendrissement sur nous même. Je fais partie de ce monde mais je connais l’autre, je ne sais pas qui vaut mieux. Je suis en tout cas très méfiant face à cette autre tentation de cadenasser les esprits, qui avance masquée derrière la cause animale: je me souviens avec consternation d’une bande d’excités qui étaient intervenus sur un plateau de télévision pour dénoncer les bétaillères assimilées au trains partant pour les camps de la mort, je ne reagrde plus ces émissions imbéciles sur les singes où l’on parle d’orphelins dont on a tué la mère devant eux en parlant de singes, je suis absolument outré que des terroristes menacent des chercheurs et saccagent des laboratoires pour s’opposer à la nécessaire expérimentation animale.
    Mais comme je vous dis je suis gaga de mon chien…

  71. Skarda,… « récupérer des chevaux sauvages et les vend pour la boucherie »…

    Justement en Galice il est une pratique en ce domaine que je trouve assez honteuse. Les chevaux capturés, peut-être aussi des chevaux nés captifs, sont maintenus à l’herbage entravés. Une poutre de plus d’un mètre est fixée sur un sabot, ce qui les contraint à la quasi immobilité. Un cheval, privé de trot et de galop ! Une telle habitude n’est pas défendable.
    S’il ne s’agit que de les empêcher de fuir, pourquoi ne pas se contenter d’un licol et d’une corde ?

  72. Je n’en sais rien, ce n’est pas ma profession et franchement c’est le cadet de mes soucis. Je préfèrerais bien sûr qu’ils soient mieux traités, mais c’est loin, très loin dans mes priorités. En Afrique, là où je vivais, les chiens sauvages pullulaient et de temps en temps un pick-up Land-Rover passait avec des soldats qui tiraient au fusil de guerre sur tout chien qui trainait: mesure de salubrité publique.
    Allez faire un tour dans les cimetières galiciens et regardez à quel âges les gens mourraient il y a trente ans, je connais des gens qui ont souffert de la faim enfant, alors le sort des chevaux…

  73. Souris donc

    Les lignes mélodiques et les cadences particulières (là il s’agit d’une parodie, merci Guenièvre, je n’arrive plus à m’en défaire !) seraient des signaux (empreintes, alertes, appels, charges, replis…) qui viennent, parait-il, en ligne droite des codes sonores, aigus, graves, lents, rapides, échangés par Cromagnon avec son semblable pour signaler différentes péripéties de la capture d’un animal. Que le chien comprend, il serait très sensible au taïaut (trille)…

  74. Guenièvre

    « Notre sensibilité n’est pas le signe d’une élévation de l’âme, le plus souvent elle est un signe d’infantilisme, un attendrissement sur nous même »

    C’est tout à fait possible skarda….
    Je suis contre ceux qui parlent de « droits des animaux », je crois qu’une législation dans ce sens serait non seulement ridicule mais dangereuse. Par contre je suis de ceux qui pensent que l’on doit leur éviter des souffrances inutiles. Sensiblerie ? Peut-être, je n’en sais rien . Je ne juge pas, pour autant, de l’humanité des personnes en fonction de la rudesse ou de la douceur dont ils font preuve avec les animaux. L’histoire nous a appris que cela n’avait rien à voir.

  75. Guenièvre, je crois que nous sommes fondamentalement d’accord, je n’aime pas faire souffrir inutilement un animal et j’ai de l’empathie pour les animaux, je forçais le trait c’est tout.

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