Tout va bien.

 

 À lire certains commentateurs, et auteurs, ici et ailleurs, tout irait de travers. La société dans son ensemble partirait en vrille, et plutôt vers le bas que vers le haut. C’est une opinion que les blogs et forums du net favorisent. Bien sûr elle est respectable.

Mais il y en a une autre qui l’est autant.

C’est que bien des choses vont mieux.

Alors, peut-être qu’on ne les voit pas ou plus, peut-être qu’elles sont moins visibles, moins importantes que le reste.

Ne nous lançons pas dans une longue liste. Contentons-nous de citer la santé, l’accès à la culture, l’ouverture au monde, les transports, le tourisme…

Pensons de temps en temps à ce que nous ne pouvions pas faire il y a dix ans, vingt ans… Aux facilités de la vie moderne, qui ne vont pas sans contreparties, certes, mais tout de même.

L’esprit d’antidoxe est volontiers critique. Pourtant on y trouve bien des articles qui vantent tel compositeur dont nous n’aurions jamais entendu le nom ou les œuvres sans internet, tel village qui a adopté un mode d’organisation original. Sur d’autres sites on mentionne et critique des livres, pièces, recettes qui auraient connu le même sort.

L’information aussi est plus disponible, même sans internet. Les journaux locaux, les gratuits, les radios locales, les télévisions régionales ou à thème.

Et la mondialisation, si décriée, offre de nouveaux produits et services, moins chers, autrefois rares ou inaccessibles. Les satellites, skype et autres permettent de nouer ou entretenir des relations avec des personnes éloignées. Les échanges scolaires et universitaires  offrent une ouverture à d’autres cultures, à la maîtrise de langues que l’école n’a pas vraiment favorisée…

Mais nous préférons souvent commenter ce qui va mal ou bien les catastrophes, les accidents. Et les journaux télévisés montrent volontiers des images de ces drames petits ou grands ce qui entretient notre esprit chagrin.

Or nous avons aussi une capacité à nous réjouir, à encourager ce qui marche, et même à l’imiter. C’est même un besoin vital pour éviter neurasthénie et isolement. On ne peut se résigner à n’éprouver de satisfactions que dans la sphère privée, et se lamenter de tout ce qui survient dans la vie collective.

Bien sûr, on pourra rétorquer que les temps sont durs, que l’avenir est plus incertain qu’hier. C’est vrai. Mais il ne faudrait pas que cela occulte les autres aspects du monde qui est le nôtre.

Sans réciter le mantra du docteur Coué (« Tout va de mieux en mieux »), on peut retrouver en soi le désir et la capacité à se réjouir. Et entretenir cette faculté qui périclite quand on l’oublie. Comme un muscle abandonné.

Tout va bien? Non. Mais bien des choses…

 

18 Commentaires

  1. Certes, Madame la Marquise.

  2. Une vrille vers le haut…hum, je demande à voir. Ce jour là les choses iront vraiment, vraiment mal, nous auront tous la tête à l’envers. À moins que la tête à l’envers ne nous rende tous éthérés, aériens, et célestes… à Noël tout est possible.

  3. desavy

    On passe pour plus brillant en jouant les Cassandre. On a peur de passer pour l’Idiot du village si on n’écrit pas sans arrêt que tout va mal. La plainte de l’homme blanc a encore de beaux jours devant elle.

  4. … « On passe pour plus brillant en jouant les Cassandre. »…
    Très vrai. De plus on gagne à tous les coups : si la noire prévision est confirmée on a eu raison, si elle est infirmée tout monde est heureux de la bonne nouvelle et oublie Cassandre.

  5. Une vrille vers le haut, ça ne pouvait qu’intriguer le pilote et l’aéronauticien.

  6. C’est terminé, Noel?
    Retour aux affaires? Le champagne remisé à la cave, le vitriole retrouve sa place?
    Faut que je sache, j’en ai à revendre.

  7. rackam

    Faites péter le vitriol, Rotu, les socialos sont encore là. Aucun OVNI n’est passé les ramasser le 21.
    C’est ma tournée, Tony a raison, il y a plein de bonne nouvelles: le chamboule-tout est ouvert, Cahuzac en a plein les fouilles, Mosco veut partir mais pas là où on l’envoie, bref, pendant la foire le souk continue.
    Bien chambré, le vitriol, rotusalem, dans des coupes en étain. Merci.

  8. roturier

    Effectivement, ça va mieux. Mise en bouche:
    Cela va beaucoup mieux aux USA. Le chômage y baisse, indépendance énergétique à l’horizon 2030.
    Et aussi en Allemagne: le chômage y baisse, équilibre budgétaire à portée de main.

  9. rackam

    Miam, sluurp! Encore! Et la Hongrie? J’aime beaucoup la Hongrie depuis peu. Avec son gouvernement de centre-droit… vous avez les chiffres rotusédech? comme plat de résistance…

  10. rotusédech? Contradiction dans les termes. C’est la plèbe et la royauté.
    Mais Monsieur est trop bon car moi, c que la plèbe, rien de Royal; surtout pas dans l’acception du Poitou.
    Sinon, la Hongrie, qu’elle vous plaise ne m’étonne qu’à moitié…
    Cela dit, inutile d’y aller, elle arrive ici.

  11. La preuve que tout va bien: tous les antidoxiens ont la gueule de bois.

  12. Guenièvre

    Bonjour à tous !
    Même pas la gueule de bois Impat ! 🙂

    Merci Tony ! Rappel salutaire ! Arrêtons de nous plaindre!
    Je reviens d’un petit séjour dans le Nord-Pas de Calais où j’ai visité le Centre minier de Lewarde, les tranchées de Vimy et le cimetière de Notre-Dame de Lorette. La vie de nos grands- parents ou arrières grands-parents a été ponctuée de drames, de souffrances quotidiennes et de rudesses que nous avons du mal à imaginer aujourd’hui !
    Il faut cependant prendre en compte que nous vivons une époque déstabilisante à beaucoup d’égards comme le sont toutes les périodes de transition historique : l’ordre de l’ancien monde et beaucoup de nos repères se sont effondrés et nous avons encore du mal à dessiner le monde à venir. Se tourner vers le passé n’est pas nécessairement s’enfoncer dans une nostalgie stérile. On peut s’efforcer de comprendre et de recueillir ce qu’il a eu de structurant pour les générations précédentes.
    Non, tout n’était pas mieux « avant » et il est vain de vouloir restaurer une époque révolue mais regretter certaines choses de cet « avant » sans pour cela haïr le présent et désespérer du futur c’est s’inscrire dans la vie tout simplement.

  13. Quoi? Elle a dit quoi, la Dame?

  14. Guenièvre

    Je vous disais bonjour, roturier ! 🙂

  15. roturier

    Mes hommages donc, gente Dame. Le gueule de bois ralentit ma comprenette; son absence aussi.

  16. Bonjour Guenièvre,… « regretter certaines choses de cet « avant » »…
    En fait en regardant en arrière on voit peu de choses à regretter. Hormis la télévision, qui avait le mérite sublime de ne pas exister, et l’école qui n’avait pas encore sombré, tout ou presque tout était plutôt moins bien.

  17. Guenièvre

    @ Impat,
     » tout ou presque tout était plutôt moins bien. »
    Le déclin de l’autorité et son corollaire, le délitement de l’école sont tout de même de sacrés défis que nous avons à relever. J’y rajouterai l’éclatement de la société et l’émiettement du corps social qui laisse l’individu solitaire et isolé. Le lien affectif qui liait les ouvriers à leur entreprise s’est distendu, voire rompu. Les liens familiaux et inter générationnels se sont fragilisés. Chacun se veut libéré de toutes les entraves traditionnelles qui encadraient la personne tout au long de sa vie, de l’enfance à l’âge de la vieillesse. Nous y avons gagné en intimité et en autonomie. Mais autant de liberté peut aussi rendre fou. Et je suis en plus persuadée qu’il y a une part de la condition humaine qui ne peut pas être choisie mais qui doit être reconnue comme un héritage. C’est cette tendance lourde de notre époque à vouloir que chacun soit le seul et unique constructeur de soi-même et de sa destinée qui me semble la plus redoutable.
    Pas très libéral ça non ? 🙂

  18. J’aime bien cette phrase, … « une part de la condition humaine qui ne peut pas être choisie mais qui doit être reconnue comme un héritage »…mais je pense que c’est encore mieux quand cet héritage est à la fois reconnu et choisi. Choisi parce que reconnu comme héritage.
    Par ailleurs, que … « chacun soit le seul et unique constructeur de soi-même et de sa destinée »…peut en effet être considéré par un libéral comme un objectif, néanmoins ce libéral, qui n’est pas idiot (puisqu’il est libéral :-)) sait bien que c’est un objectif inatteignable. Ce libéral cherche donc seulement, plus modestement, à augmenter la part de sa destinée sur laquelle il peut agir.
    En fait méfiez-vous de vous-même, Guenièvre, je vous voie pencher dangereusement vers le libéralisme…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :