Des vœux à mon mouchoir.

 

 (Fort probablement, notre président va nous adresser ses vœux télévisuels, voici la réponse, qu’en homme bien élevé je lui enverrai)

Mon Pas-si-bien-élu-que-cela,

Je te remercie de nous avoir souhaité une bonne année après l’avoir présentée comme une succession de mauvaises nouvelles. La pire étant, pour moi, que c’est toi et ton équipe d’ouvriers de la dernière heure qui allez être à la barre pour encaisser les déferlantes.

A mon tour, je te présente mes meilleurs vœux pour 2013.

Assortis de quelques recommandations amicales.

Jusqu’à présent vous avez excellé à décourager, diviser, décevoir. Les mots en « d » n’aident pas à recoudre le tissu social. Ton électorat est boudeur, entre ceux qui voudraient que tu ailles plus vite, plus loin, et ceux qui se contenteraient de te voir faire ce pour quoi tu as été élu : mobiliser le pays pour faire face. Au lieu de mettre ton point d’honneur à marier ceux qui veulent être différents tout en ressemblant à tout le monde, et leur confier des enfants confisqués à une destinée plus équilibrante, tu devrais marier le pouvoir avec la bienveillance. Ils auraient une descendance talentueuse, vertueuse, généreuse.

Plutôt que de décourager les entreprenants, et de les inciter par des postures et une fiscalité hargneuses à déguerpir, tu pourrais les rencontrer, constater qu’ils ne sont pas moins bénéfiques que des piquets de grève pour favoriser l’emploi, la croissance, la santé des comptes publics. Plutôt que d’engraisser la fonction publique qui ne rapporte rien sauf des emmerdes à vie, des arrêts de travail, des  contrôleurs tatillons qui n’aident pas à résoudre quoi que ce soit, tu devrais favoriser les embauches transitoires faites en fonction des commandes et non des échéances électorales.

Ta réformette de l’école passe à côté de la cible. Les cours d’instruction citoyenne ne répondent pas au défi de l’éducation qui est la restauration de l’autorité. Au lieu de craindre cette dernière comme un ado boutonneux stupéfié par la fumette des auteurs libertaires de ton camp, tu devrais en faire ta préoccupation principale.

Essaye de préférer l’énergie à l’idéologie, le réel à la doxa, le politiquement efficace à son cousin correct. Ne crois pas un instant qu’en faisant entrer Bayrou dans ton conseil tu rassurerais le peuple. À moins  qu’une réorientation de ta politique en soit le fruit. Faute de quoi sa cohabitation avec la bande d’excités du portefeuille dont tu es entouré s’avèrerait foireuse.

Ajuste tes vêtements à ton tour de taille retrouvé, ta cravate à tes courbes de phacochère, apprends à prononcer deux phrases de suite sans « euh » disgracieux. Montre la fermeté de tes choix par la clarté de ton propos et sa constance.

Remercie mon maire et rends-le moi (il n’est pas consigné), nomme un patron et non un apparatchik, constitue une équipe soudée par les résultats et non la rivalité. Mettez-vous enfin au service de la France et non à celui de ton programme à la gomme que personne n’a lu. Et dans lequel se drapent tes soutiens comme des nudistes sur la Grand’place. Le courage vaut mieux qu’une fidélité de toutou.

Essaye d’aimer ton pays au lieu de te tuer à essayer d’effacer de son passé ce qui te plaît moins.

Je ne te demande pas de m’aimer moi, nous ne vieillirons pas ensemble. Ta fonction est un service public, pas un aboutissement, c’est un moyen de guider le peuple vers un avenir commun, heureux et bénéfique.

Je sais que tout cela est nouveau pour toi. Ce n’est pas un concours que tu as réussi, mais une épreuve qui en annonçait de bien plus redoutables. Montre-toi à la hauteur des faits au lieu de jouer avec des idées comme des lego usés.

Gouverne, bordel, cesse de faire campagne.

Je te souhaite, mon pas-si-mal-élu, une année d’efforts couronnés de succès, de surprendre par ton adaptation au réel, d’aimer plus que tu ne seras aimé, c’est à ce prix qu’on rend vraiment service.

Bien à toi

 

 

 

12 Commentaires

  1. Expat

    Bonne année Rackam ! Et j’espère que tu as envoyé ces voeux !

  2. Merci expat, good to read you again.
    Bonne année à toi et à tes entreprises… ce sera meilleur que 2012 en tout cas.

  3. Même plantés comme des pieux féroces, avec piété mais sans pitié, des vœux pieux restent des vœux. On peut toujours rêver et souhaiter qu’il les entende.
    En tout cas, Bonne Année pour vous Rackam !

  4. Patrick

    Hum oui, je crois que je vais écouter les voeux de Mme Merkel, la langue de Goethe ne pose pas de problème de compréhension. Celle de Hollande par contre, euh, le mariage pour tous, euh, l’euthanasie, euh, surtaxer les riches, euh, le changement c’est maintenant, euh, très peu, euh, pour moi !

  5. Alors, Rackam, il n’a même pas été capable de répondre a posteriori aux questions que vous soulevez !
    Il n’a donc même pas lu antidoxe, à quoi sert-il, ce président élu ?

  6. bonne année à tous
    merci pour ces voeux

  7. Souris donc

    Euh, son phrasé pleurnichard est, euh, un bonheur pour les humoristes imitateurs.
    Et traduit l’homme d’hésitation, de synthèse pour plaire à tout le monde, l’otage des groupes de pression qui l’ont fait élire, les plus dogmatiques, et merci Nafissatou. Qui compte sur les prévisions de croissance bidouillées à la hausse. Mentalité de petit joueur de loto.

    Le plus scandaleux : tondre le contribuable sans toucher au train de vie de l’Etat et des collectivités locales.

  8. Souris donc

    Puisque Hollande nous fait les poches, on ajouterait volontiers au mouchoir en dentelle de Rackam quelques mesures plus rugueuses de saine gestion de notre portefeuille dégarni :
    Avons-nous besoin d’être représentés, au Sénat et à l’Assemblée Nationale, par un nombre aussi élevé d’élus ? 927 !
    350 sénateurs et 577 députés. Et émoluments assortis. 6000 €/mois. (Et pendant 5 ans, une fois qu’ils sont battus !)
    Serions-nous moins bien représentés avec, disons, 400 élus ? A 5000 €/mois ? Calculez…Affolant.

  9. Souris donc

    Si la rémunération (6000 €) de nos représentants élus vous semble modeste, c’est que s’y ajoutent :
    – Une indemnité représentative de frais de mandat de 6 000 € nets. Non imposable. Pour les petits fours et le mauvais champagne tiède quand ils reçoivent. Sans justificatifs.
    – Jusqu’à 2757 € autorisés au titre du cumul des mandats locaux (c’est pourquoi ils plaident pour conserver le contact avec la dure réalité de l’électeur)
    – Carte SNCF en 1ère classe, poste gratuite, cantine, coiffeur et autres services avantageux.
    – Et 7 600 € pour rémunérer des collaborateurs.

  10. Souris donc

    Nouveauté sur la feuille d’impôts locaux : la taxe supplémentaire d’intercommunalité, qui se rajoute à la commune, au département et à la région.
    Super : les conseillers des communautés de commune sont TOUS vice-présidents. Car lorsque l’on est vice-président l’indemnité est… doublée.
    Qui a dit « quand un socialiste a besoin d’argent, il le vole » ? La preuve. Encore que de droite ou de gauche, ils soient tous d’accord, là.
    De même pour les Maisons du Conseil Général et les Hôtels de région avec leur clientélisme à 150 ou 200 fonctionnaires.

  11. Ce qui serait bien, par exemple, serait une loi qui remplacerait les conseillers régionaux et généraux (départementaux) par des conseillers territoriaux communs, divisant ainsi par deux leur nombre et le nombre des divers fonctionnaires qu’ils emploient .
    Le rêve, n’est-ce pas ?

  12. Souris donc

    Le rêve, et ce n’est pas du tout la direction que prend le changement…
    Nouvelle couche au millefeuille : la superintercommunalité, appelée « Pôle Métropolitain »
    (pour terminer le mouchoir brodé par Rackam, Nounours confirmera s’il passe par là, après je me tais).

    En Rhône-Alpes, le Pôle Métropolitain regroupe les communautés de communes de Lyon, Vienne, Saint-Etienne et Bourgoin.
    (et d’autres Pôles Métropolitains entérinés sur Loire-Bretagne, Besançon-Dijon et Brest-Métropole Océane)

    Lire l’ahurissant verbiage sur leur site :

    « Principes fondateurs de la coopération métropolitaine
    Volontariat :
    – coopérer sur la base du volontariat, dans le respect des identités et de la diversité des territoires.
    Pragmatisme :
    – produire des actions concrètes et génératrices de valeur ajoutée.
    Innovation :
    – explorer et expérimenter de nouvelles formes de coopération institutionnelle.
    Ouverture :
    – piloter et consolider la coopération à 4, puis associer les partenaires des projets dossier par dossier ».
    http://www.economie.grandlyon.com/metropole-lyon-pole-metropolitain-cooperation-metropolitaine.322.0.html

    Qu’à cela ne tienne, augmentons les impôts !

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