Quand la musique est conne.

 

Ma chronique musicale va vous chanter les vertus du silence, non que je sois subitement devenue fan de John Cage[1] ou postulante dans un ordre contemplatif. Les critiques gastronomiques nous alertent depuis des années, en vain. De l’omniprésence de la musiquette d’ambiance. Les fonds sonores sirupeux avaient pour mission de faire patienter dans diverses salles d’attente. Ils sont devenus impératifs, catégoriques et dominants. Ils vous clouent le bec, vous empêchent d’échanger avec vos commensaux. Vous vous réjouissiez d’aller en bord de mer manger des huitres dans l’euphorie des bruits de fourchette, de la conversation, bercés par le bruit des vagues et des mouettes. Que nenni : vous êtes plongés dans du sous-David Guetta. Vous suppliez le serveur, il va relayer la requête, peut-être cracher dans l’assiette comme ils le font pour se venger, et au bar du Louxor, on coupe le son et on remet le son, j’adooooore, sauf qu’on passe de 100 dB à 90. Baisse minime du volume sonore, comme si on passait de marteau-piqueur à dame sauteuse pour lesquels le code de la santé publique prévoit des casques antibruit sur les chantiers. Voudraient-ils nous chasser de leurs établissements pour accélérer la rotation ? [2]

Quand Beethoven gesticulait dans la rue enfermé dans son univers musical intérieur, il impressionnait tant qu’on appelait la police. Gesticuler d’un air benêt avec l’iPod sur les oreilles en émettant des bruits de bouche et des postillons, ça n’émeut plus personne, c’est normal.

Alors j’ai posé la question. Naguère, ils mettaient FIP en sourdine. Il existe à présent des sociétés spécialisées dans la musique d’ambiance qui démarchent les commerçants et proposent un choix sur catalogue. Ces musiques sont composées pour : dissimuler les bruits de service, augmenter le standing de l’établissement, donner un caractère lounge, offrir davantage d’intimité et de discrétion aux conversations. Sic. Pour de la discrétion, c’est de la discrétion, puisqu’on n’arrive plus à converser du tout[3].

Pour Vladimir Cosma, une bonne musique de film est une musique qui ne se remarque pas.

Moi qui ai prêté l’oreille à la musique classique un peu grâce à Orange Mécanique, je trouve qu’on nous façonne un monde sonore qui nous conditionne à accepter l’agression, qui masque l’environnement sonore naturel, qui nous coupe les uns des autres et nous empêche de parler. En toute cohérence avec la menace totalitaire qui plane sur la liberté d’expression.

Tacet.


[1] John Cage a composé 4′33″, quatre minutes trente-trois secondes de silence, une œuvre constituée des seuls bruits de l’environnement au moment du concert et annotée tacet sur la partition. Le pianiste sur scène ouvre le couvercle du piano au début et le referme à la fin. Critiques assez dubitatifs devant la provocation.

[2] Echelle des décibels de la voix parlée :

Conversation à voix basse : 20 dB

Voix normale : 50 dB

Voix en colère : 80 dB

[3] En toute équité, il faut, à l’inverse, reconnaitre aux ingénieurs du son des reportages des JT qu’ils appuient consciencieusement sur la touche Mouettes et Vagues pour l’illustration sonore d’une scène du littoral Atlantique, et sur la touche Cigales dès qu’on filme en PACA.

 

74 Commentaires

  1. rackam

    Sourdingue donc.

  2. Il est devenu indispensable, avant de réserver un dîner au restaurant, de se faire confirmer qu’il n’y a pas de musique d’ambiance. Et s’il y en a, de fuir pour réserver ailleurs.

  3. Souris donc

    Hyperacoustique sélective aux musiques destinées à induire des comportements.
    En gros , acheter, marcher au pas, pleurer sur commande, fermer sa gueule.

  4. rackam

    Et alors, on bénéficie du bruit des mandibules broyeuses, des déglutitions de chasse d’eau, des dentiers qui rentrent chez leur mère, des engueulades de couples mal assortis, des enfants qui ne savent plus parler mais crient pour demander le ketchup avec leur crème brûlée, des serveurs qui se houspillent, des huîtres qui appellent au secours quand approche le citron.
    On entend bouder les ados, les vitres se salir, le tartre coloniser nos dents.
    Musique, maestro please!

  5. QuadPater

    L’avis du professeur Burp :
    Le cerveau humain est suffisamment bien foutu pour qu’en général deux personnes arrivent à se comprendre alors que le bruit de leur conversation est inférieur au niveau sonore ambiant. Magique, hein ?
    Pas très inférieur, évidemment : on ne peut papoter sur un tarmac que lors d’une grève des pilotes.
    C’est sa capacité de discrimination (hihi, huhu !) d’une info pertinente au milieu d’un bazar infâme.
    Certains malchanceux-Euses perdent cette capacité de focalisation sonore. Cela s’appelle la presbyacousie.
    Vous reconnaîtrez aisément une personne atteinte de ce mal : tous ceux qui ont déjeuné avec elle dans les restaus que critique Souris Donc l’appellent Tournesol.
    Avez-vous remarqué qu’on se moque plus facilement d’un dur d’oreilles que d’un bigleux ?

  6. Sophie

    Bravo, Ma Souris! Non seulement ces « musiques d’ambiance » relève d’un goût de chiotte très sur, mais en plus elle confisque le seul condiment qui se doit d’accompagner les mets en toute circonstance : la causette!

    Au lieu d’interdire de cloper, les eurocrates cintrés eussent été mieux inspirés de limiter les DB dans les lieux publics!

  7. Sophie

    3 fautes en 3 lignes! Bravo, Sophie, va te cacher!

  8. A mon avis, pendant qu’elle écrivait, Sophie écoutait du rap.

  9. Rackam,… « Et alors, on bénéficie du bruit…. »
    Oui, mais tout ça plus la « musique d’ambiance » c’est le pire du pire !

  10. Sophie

    Du rap! Impat! Pourquoi pas une bourrée auvergnate?

  11. … « le seul condiment qui se doit d’accompagner les mets en toute circonstance : la causette! »…
    Oui Sophie, ou mieux encore : l’antidoxette.

  12. Sophie

    A propos de musiques de film, puisque Souris cite Cosma, je signale à mes amis français qu’Ennio Morricone est en tournée en Europe. 200 musiciens, 120 choristes, sa soprano attitrée, un bijou!!! Je l’ai vu à Anvers (16 000 spectateurs, moi au horreur de la foule!) en décembre, il passe à Paris vers le mois d’avril. Bien que je ne sois très loin d’être une mélomane avertie, je me permets de vous le conseiller.

  13. Guenièvre

    Qu’est-ce que vous avez contre la bourrée Sophie ? C’est bien mieux que du rap !

  14. Souris donc

    Quad, des sursollicitations sensorielles (auditives, visuelles, gustatives) émoussent toutes les perceptions. Les pianos-bars savaient cela d’instinct, que je sache, on n’a jamais eu de trompette-bar ou de cor-bar. Si vous décortiquez un peu les musiquettes de dernière génération, c’est peu ou prou du disco ou de la techno, saturés de section rythmique.

  15. Sophie,… « Pourquoi pas une bourrée auvergnate? »…
    D’accord, pour la prochaine fois, mais on veut te voir danser.

  16. Guenièvre

    On ne m’a encore pas appelée Tournesol mais je dois être atteinte de ce mal…

  17. Souris donc

    Yes !!!! The Sophie is back !
    Le bureaucrate européen veut standardiser, aseptiser, niveler, sanctionner. Le bureaucrate européen c’est l’URSS qui renait un peu plus loin, les dissidents soviétiques nous ont prévenu.
    .

  18. Sophie

    Guenièvre, je n’ai rien contre la bourrée auvergnate, la tarentelle ou la pavane, mais en fond sonore….

    Un petit quatuor à cordes me suffit amplement.

  19. Sophie

    Impat, chiche? Tu réserves ma premier danse? OK, je le note illico dans mon carnet de bal, qui ne me quitte jamais!

  20. QuadPater

    Si vous ne pouvez pas téléphoner dans une pièce quand des gens parlent autour de vous ce n’est pas bon signe.
    Si dans la rue vous faites souvent répéter une femme¹ avec laquelle vous marchez côte à côte² c’est encore moins bon.

    ———————
    ¹ qui émet des sons plus aigus qu’un homme
    ² autrement dit quand votre interlocutrice n’est pas face à vous : vous captez moins précisément ses paroles. Mes proches se sont habitués à me regarder quand ils me parlent, mais on m’a demandé un jour avec beaucoup de sollicitude si je lisais sur les lèvres… « Non, non, moi pas (encore) sourd ! »

  21. Hélas le mien n’est qu’un carnet de mal-adresses.

  22. Sophie

    De mâles-adresses?

    Je peux jeter un oeil?

  23. Je te croyais une préférence pour les mâles adroits ?

  24. Sophie

    Sinon, pour la « musique d’ambiance », pardon, « l’habillage sonore », il y a une nouvelle tendance dans les resto branchouilles : la musique ethno, à base de bâtons de pluie et de crécelles! Moins bruyante, mais TRES crispante. Un peu comme si un quincailler s’était mis en tête de trier des clous à côté de vous.

  25. Sophie

    Oui, Impat, mais pour les mâles adroits (et à droite), j’ai tout ce qu’il me faut en magasin!

  26. Souris donc

    On devrait se réjouir quand un art entre dans nos vies.
    Mais là, on est dans une grosse histoire de taxes. Les habillages sonores sont fabriqués pour être libres de droits, pour échapper aux agents de la SACEM, SPRE, SPCA, qui patrouillent dans tous les lieux publics, dont les commerces. 1200 €/an rien que pour mettre la radio, qui, elle-même, paie déjà des droits de diffusion. C’est un cercle vicieux. Les fabricants de musique kilométrique ont trouvé la parade. Le commercial persuade le restaurateur qu’il répond à une demande de la clientèle. Et la clientèle se voit imposer ce qui est bon pour elle.

  27. QuadPater

    Oui, il paraît qu’on apprécie moins un plat quand la musique gueule autour.
    Un niveau sonore élevé, perçu comme une agression anticonviviale par certains, est recherché par d’autres, comme un prétexte à une non-communication. Je mets dans le même sac ces groupes de jeunes, ou même ces couples, qui se promènent ensemble mais où chacun trifougne son portable.

  28. Sophie

     » la SACEM, SPRE, SPCA, qui patrouillent dans tous les lieux publics, dont les commerces. 1200 €/an rien que pour mettre la radio, qui, elle-même, paie déjà des droits de diffusion. »

    On se demande d’ailleurs où va ce pognon. Pas tellement dans la poche des artistes…

  29. Souris donc

    Le pognon est réparti. Ces sociétés gèrent les droits des compositeurs, auteurs, éditeurs de musiques et techniciens de la musique. Au bout de 70 ans (augmentés des temps de guerre, si !) une musique tombe dans le domaine public. C’est sans compter les droits des interprètes, donc on n’en sort pas. Les artistes ne perçoivent pas chacun des droits (à ce que j’ai compris), il y a un système de répartition codifié, dans lequel entrent aussi la rétribution de métiers annexes, et leurs propres frais de fonctionnement.
    Je suis convaincue que les auteurs de musiquette sont des gens honorables et sortis des conservatoires, qui vont cachetonner en douce, et répondent à un cahier des charges.

  30. Sophie

    A ma connaissance, c’est 75 ans après le décès de l’artiste qu’une oeuvre tombe dans le droit public. Mais le problème des sociétés d’auteurs, chargées entre autres de récolter les droits de diffusion, c’est l’opacité qui y règne. Voire le copinage…

  31. Au professeur Burp : les « malchanceux-Euses » vont devenir la norme, à cause des 120 db destructeurs d’oreille que tout un chacun aura dû subir en discothèque

  32. Vu à New York chez Barnes & Nobles le plus beau cadeau à offrir à votre restaurant préféré : un CD permettant d’écouter 10 minutes de silence. Et il se vendait…

  33. Souris donc

    M’étonne pas ! Vous avez au rayon musique le coin des inclassables où l’on trouve toutes sortes de musiques improbables. Pour relaxer, notamment. Des chants d’oiseau aussi.

  34. … « musiques improbables. Pour relaxer, notamment. Des chants d’oiseau aussi. »…
    Pourquoi pas. C’est très beau, les chants d’oiseaux. Néanmoins pour « écouter du silence », je pense qu’un Européen aurait plutôt le réflexe de tourner le bouton de sa chaîne hi-fi ou autre baladeur, que de passer un « disque de silence ». Non ?

  35. QuadPater

    Un CD de silence ! Dans le genre ridiculetés hilarantes il a existé un baladeur disposant d’un microphone. Son utilisateur n’avait pas à enlever les écouteurs quand on lui parlait, un bouton activait le micro et coupait la musique.

  36. Florence

    C’est vrai que cette manie de mettre de la musique ( de M. en général) partout et de plus en plus fort est tout bonnement insupportable.

  37. Souris donc

    La musique de merde résulte aussi probablement du cahier des charges imposé au compositeur, genre charabia marketing.

    Un nouveau marché compétitif s’ouvre à nous où nous devons réfléchir à nos processus d’implantation et à la convergence des pratiques ce qui est un challenge signification pour notre business model. En partenariat avec notre client, nous devons aligner notre capital de connaissances implicites et explicites au travers d’un continuum plein de sens permettant d’architecturer la mission qui est la nôtre en un message stratégique entrant pleinement en synergie avec les valeurs fondamentales de notre partenaire.

    Play it again, Sam !

  38. Cadet

    Ca fait du bien de rire, et le sujet (me) tombe à pic (dessus). Je me suis engagé pour raisons professionnelles à passer deux jours dans un hôtel de Rimini depuis lequel j’écris… dans le calme de ma chambre.
    J’ai fuis.
    Je l’appelle musique d’ascenseur. En elle-même je la trouve gonflante. Acceptable pendant les trois minutes d’une « élévation » ou d’une « descente » aux enfers, elle devient insupportable lorsqu’elle se répand. Ici, c’est au niveau sonore italien, donc plus fort qu’en France. Le marbre obligatoire réverbe comme un allumeur, e « Professore Girasole », ou pas, impossible de téléphoner ou de se parler d’une banquette à l’autre dans les salons. Vrai, nous sommes à deux pas de la rue Berlinguer, mais je jure que l’URSS est innocente. Nous savons nous faire du mal sans elle.
    Pourtant, c’est si caressant le son du saxophone. Même aussi sucré ou crémeux que l’a chanté Ferret, careless whisper n’est pas caresse-less; Mais là c’est un crime contre l’humanité qui est commis d’avant l’aube à bien après le crépuscule. Lasciate ma cantare, con la gitarr’al mano… la canzonetta piano piano…

    Note : Je suis avec un collègue (et ami) qui était précedemment régisseur d’un festival à Grenoble, puis de l’ISTS, institut supérieur des techniques du spectacle à Avignon. Tout cela vit, pour part majoritaire, de sociétés civiles telles que la SACEM.

  39. Souris, vous êtes mure pour grignoter dans le new business.

  40. Guenièvre

    Merci Quad, je vais vérifier cela.
    En fait , en réfléchissant bien, je crois surtout que mon incapacité de focalisation ne se révèle que dans des cas bien précis. Par exemple quand quelqu’un essaie de faire un aparté dans un groupe alors que je veux suivre la conversation générale. Même si la personne est à côté de moi, je n’entends rien de ce qu’elle dit !
    ça doit être un autre type de maladie 🙂

  41. Souris donc

    Allez, on respire, Philippe Katerine en France profonde, j’adoooooore !

  42. Lisa

    « Crispante » Sophie, parce que vous êtes une réac sûre de la supériorité de la musique occidentale…
    Dans mon adolescence j’ai joué le John Cage pour ensemble de flûtes à bec, cela revenait au même qu’au piano.

  43. Sophie

    « « Crispante » Sophie, parce que vous êtes une réac sûre de la supériorité de la musique occidentale… »

    Excellent diagnostic, Lisa, comme toujours!

  44. Et…un dîner à partager sans « habillage sonore » à Paris jeudi 14, ça dirait quoi à qui ?

  45. hathorique

    Bonjour à tous

    Pour ce qui est de la critique de Souris, notre Euterpe à la flute enchantée qui écrit avec la lyre entre les dents, et dont je partage le lamento, je me demande s’il n’y a pas de pire que du Guetta : du Mozart, Beethoven, Schubert qui n’en finit pas de pécher sa truite, Ils sont gettaïsés parfois même rapés, si elle me le permet s’agissant d’une chronique pour les Jeunesses Musicales à qui je dois beaucoup, je voudrais aussi m’insurger contre beaucoup de documentaires de télévision dont certains remarquables en particulier sur Arte mais pas que sur cette chaine, où la musique est si prétentieuse irritante et surtout aussi tonitruante qu’un galop de boeufs musclés dans la pampa argentine, elle couvre les commentaires que l’on entend pas ; à croire que le compositeur est beaucoup plus payé que le commentateur et que pour mieux le lui faire sentir, il le nargue sur tous les tons de la gamme.
    Il faudrait presque que l’on voit SA musique, elle prend le pas sur le reste et on reste sur sa faim.

    la vidéo d’une flamboyante on y reconnait même en bel Hidalgo, non pas Anne Hidalgo la future Maire du Palais, mais Anthony Quinn dans Arènes Sanglantes, comme notre Assemblée Nationale le lieu où l’on ne pactise plus avec une ministre que l’on devrait renvoyer sous ses flamboyants exotiques.
    Souris, votre vidéo que je ne connaissais pas m’a fait penser à un film délicieux « Priscilla folle du désert' » transposé dans le Berry de George Sand

  46. Souris donc

    Dans mon adolescence j’ai joué le John Cage pour ensemble de flûtes à bec
    (Lisa 15:10)

    C’est un clin d’oeil qu’elle n’a pas développé : John Cage, un admirateur de Satie. Lequel s’est penché sur…la musique d’ameublement, l’a revendiquée et en a composé !!! mais en réaction à la musique romantique où l’on étale le sentiment. Il l’a intitulée « Carrelage phonique », « Tapisserie en fer forgé »…

    Lettre de Satie à Cocteau (1920) :
    La « Musique d’Ameublement » est foncièrement industrielle. L’habitude – l’usage – est de faire de la musique dans des occasions où la musique n’a rien à faire. Là, on joue des « Valses », des « Fantaisies » d’Opéras, & autres choses semblables, écrites pour un autre objet.

    Nous, nous voulons établir une musique faite pour satisfaire les besoins « utiles ». L’Art n’entre pas dans ces besoins. La « Musique d’Ameublement » crée de la vibration; elle n’a pas d’autre but; elle remplit le même rôle que la lumière, la chaleur & le confort sous toutes ses formes. (les & sont d’origine)

    Heureux contemporains de Satie à qui on donnait à entendre des valses et des fantaisies d’opéra pendant les dîners.

  47. Mais qu’ont-elles donc toutes à vouloir nous envoyer dans les bras de Rita Hayworth …:-) ?

  48. Souris donc

    Hatho,
    On ne peut que vous rejoindre sur les documentaires, le dernier de Yann Arthus-Bertrand était superbe, visuellement comme toujours. Couper le son dispense de la musique trop présente et du commentaire endoctrineur.
    Comme vidéo, sauf qu’Impat se fâche, il faudrait aussi les passages de Casablanca, où Sam le pianiste fait la liaison entre les scènes, entre le passé et le présent, avec l’inoubliable As Time goes by.

  49. Sophie

    Impat, tu nous invites à Paris pour al Saint-Valentin?????????????

  50. Sophie,… « al Saint-Valentin » ? C’est Al Capone qui t’inspire ?
    Quant à moi je donne des « dates » sans regarder les dates, mais une fois donné c’est donné. 🙂

  51. Sophie

    Hé, oui, on n’a pas toujours le choix dans la date…

    OK, je sors.

  52. hathorique

    Il y a eu auparavant un merveilleuse interprétation de cette chanson par l’inoubliable, l’inégalable, l’unique, la bouleversante Billie Holiday

    Une dernière pour la route du Rhum, sinon nos amis vont prendre le maquis berrichon pour bachelotter avec Rosa Rosa Rosam : Roselyne B. la rosière du pré carré rose, padamalgam S.V.P : c’est juste en référence à ses crocs roses

    ilhttp://www.youtube.com/watch?v=2qujHKmU95o

  53. Souris donc

    @ Cadet 14 :20
    Merci, Cadet, je découvre votre post qui a dû coincer, ça fait un bien immense de voir un professionnel partager son déplaisir, on se sent moins seul et moins Tournesol radoteur. On imagine à peu près ce que peut être le niveau sonore italien…Bien dit, un crime contre l’humanité, avec un petit i auquel nous tenons, l’humanité de proximité. La canzonetta omnipresenta, una tortura.
    Faites-nous un papier sur la SACEM, ou votre collègue, on lit tellement tout et son contraire, les commerçants sont remontés comme des coucous.

  54. Souris donc

    …humanité avec un petit h, pardon. Quant aux restaurateurs qui veulent contourner la SACEM, ma suggestion serait : pas de musique du tout ! Foutez-nous la paix. Concentrez-vous sur nos assiettes.

  55. Souris,… « Foutez-nous la paix. Concentrez-vous sur nos assiettes. »…
    + mille. (feuilles)

  56. Sophie 17h48,
    Tu peux revenir. 🙂

  57. Souris donc

    Si la peinture est de l’espace et la musique du temps (Paul Klee était préoccupé par ce rapport espace/temps), la musique d’ambiance est une occupation de l’espace. Abrutissante et décérébrante qui, en adéquation avec les autres moyens de formatage, participe à la production de zombies obéissants à l’air du temps, incapables de se retrouver face à eux-mêmes, ne réagissant qu’aux indignations et apitoiements de commande.

  58. On disait, muzak fut un temps Souris, dommage que l’on ait abandonné ce terme. Il faut vous achetez un bon casque et transporter partout votre bulle, c’est ce que je fais en tout cas quannd je dois affronter le supermarché.

  59. Souris donc

    Sur le dico participatif :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Muzak
    Ça vient de Musique + Kodak, John Lennon et Glenn Miller en ont composé. Ouaou.
    Enjeux
    Si la Muzak n’a pas de finalité artistique, des morceaux de toutes origines, du répertoire classique à la variété, fournissent les mélodies, permettant une identification rapide et rassurante. La réorchestration que ces œuvres subissent leur enlève toutefois quelque pouvoir émotionnel, ce qui fait partie d’ailleurs des buts recherchés. Pour cette raison, elle est parfois critiquée comme une forme de manipulation inconsciente.
    La Muzak se classe dans l’easy listening.

    Rassurante ? Moi, la « manipulation inconsciente » me fout les miquettes, Skarda.

  60. Ah, ben mince alors ! On trouve vraiment tout dans Wikipédia.

  61. J’ai un Sennheiser, vraiment bien, je n’ai pas les moyens pour un Bose à 350€.

  62. Souris donc

    Haouahhhh un Sennheiser, carrément le haut de gamme.

  63. Souris donc

    Le professeur Burp va encore me traiter de Tryphon dépourvu de capacité de focalisation, moi, je trouve que le rejet de l’intrusion sonore est plutôt sain
    L’enfer, c’est la musique des autres.
    Un jour, excédée par un voisin porté sur le métal à fond la sono fenêtres ouvertes, en rétorsion, je lui ai envoyé une très grosse quantité de décibels de soprano, Dessay dans Alcina, et du ténor aigu, Juan-Diego Florez dans la Fille du Régiment (la fin de Ah mes amis quel jour de fête) .
    Eh bien, il ne s’en est même pas aperçu.

  64. Espérons que le voisin de l’autre côté n’était pas, lui, dépourvu de capacité de focalisation…

  65. QuadPater

    Ma chère Tryphonne, la rétorsion n’est pas toujours possible et c’est cela qui provoque stress, dépressions voire névroses chez les victime du bruit des autres.
    On peut sortir d’un restaurant trop bruyant et ne plus y revenir, mais pas empêcher des groupes d’ivrognes, chaque soir différents, de venir beugler sous nos fenêtres.

  66. Sophie

    Depuis le temps qu’on ne vit plus dans des grottes, épiés par des tigres à dents de sabre, on aurait dû évoluer et munir nos oreilles de clapets, genre paupières!

  67. … « munir nos oreilles de clapets, genre paupières! »…
    Beau projet pour les OGMistes.

  68. roturier

    Comment expliquer que personne n'(évoque le rôle de la musique d’ambiance dans l’asile psychiatrique du « Vol au dessus d’un nid de coucou »?
    Nous y sommes tous et c’est pour nous que sonne le glas (et les cymbales.

  69. Souris donc

    C’est pas moi qui vais me plaindre que le cinéma ou la pub répandent la musique classique dans ce monde de métal hurlant…qu’on souligne une attaque militaire par la Chevauchée des Walkyries, que le Trio opus 100 de Schubert et la Sarabande de Haendel soient devenus des tubes grâce à Barry Lindon. Etc.
    Mais au resto : de grâce, qu’on nous laisse l’environnement sonore naturel d’un resto.

  70. Souris donc

    J’étais hier à la manif, en avance pour voir comment ils s’y prennent. Une sonorisation tonitruante. Normalement, pour suggérer la sphère céleste du souchien réac et catho, on attend le xylophone, le glockenspiel, le seraphim, le glasharmonika bien que ce dernier fasse hurler les animaux.
    Non ! Musique techno et décibels pous tous !
    Je tombe tout de suite sur une table de mixage et interviewe le DJ qui m’explique que, même pour une manif, ils doivent déclarer la liste des titres à la SACEM.
    Une petite protestation de 4-5 personnes sur un balcon, calicot arc-en-ciel, et sifflet à roulette.

  71. desavy

    Encore une comparaison entre l’UE et le goulag… Une pensée pour les millions de victimes qui n’ont aucune tombe pour se retourner…

  72. Souris donc

    C’est vrai, Desavy, parler de bureaucratie totalitaire soft est une insulte aux morts. Dorénavant, je dirai vaselinage et enfumage, plus élégant.

  73. Souris donc

    UE/URSS, était une allusion à Bukowski « L’Union Européenne, une nouvelle URSS ? », ouvrage documenté, il relate des rencontres, des nominations pour le moins curieuses, le rôle pas clair de Gorbatchev. Je ne sais pas s’il est totalement crédible, troublant, en tous cas, Bukowski est un de ces opposants à Poutine, autour d’un joueur d’échec (Kasparov, je crois).

  74. desavy

    Merci pour votre réponse Souris donc. J’ai tendance à me méfier des opposants à Poutine ainsi que du prêt-à-penser occidental à son sujet. Dans une autre vie, j’ai pourtant beaucoup aimé Kasparov.
    Parler de totalitarisme ne me semble pas être une insulte aux morts. Certains bons auteurs parlent aussi de totalitarisme libéral. C’était plus pour le goulag, qui est en train d’être progressivement oublié.

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