Conservateurs.

 

 Qu’y a-t-il de commun entre David Cameron, les parabènes (E216 par exemple), le sel, la CGT et plusieurs d’entre nous ? En apparence pas grand-chose.

Et pourtant, tous ces ingrédients ( !) sont affublés du beau titre de conservateur… comme un vulgaire responsable de musée, un cadre des impôts préposé aux hypothèques.

Certains sont plus toxiques que d’autres. On pourrait établir un parallèle instructif entre parabènes et CGT par exemple, mais tel n’est pas, ici, le propos.

En politique, un conservateur est une personne préoccupée de faire durer ce qui marche, ce qui a fait ses preuves. A ce titre, il est réticent aux changements non éprouvés, et souvent allergique aux révolutions. Ces dernières ont la fâcheuse tendance, sous prétexte de mettre en place de nouvelles structures, de nouvelles élites, de nouvelles mœurs, de mettre bas une grande partie de ce qui précède. En particulier ce dont tout le monde était satisfait. Voir la chute de la fréquentation touristique de certains pays récemment révolutionnés…

Dans plusieurs nations anglophones, les partis dits « de droite » portent même le nom de « Parti Conservateur » (Royaume-Uni, Canada, …). étiquette qu’ils utilisent plus ou moins selon ce qu’elle signifie. Certains étant davantage libéraux qu’authentiquement conservateurs.

Difficile en effet de mener une politique conservatrice lorsque le  jeu consiste à s’adapter au monde tel qu’il trace sa route. Et à satisfaire les aspirations au changement qui sont devenues les marottes des peuples et de ceux qui les éclairent. Mais, en même temps qu’ils demandent que cela change, les groupes humains se montrent attachés à ce que demeurent des repères qui les ont structurés.

Le conservatisme de gauche.

Pourquoi, dès lors, avoir rangé la CGT au nombre des ingrédients précités ? Parce que cette frange de la gauche syndicale française se montre arc-boutée sur les acquis sociaux, refusant tout ce qui ressemble à un recul en matière de « conquêtes sociales ».

Aucun assouplissement des règles de licenciement, de régulation du droit de grève (et des violences qui l’accompagnent de plus en plus), de la représentativité syndicale ne trouve grâce à ses yeux. Même lorsqu’en contrepartie, un mieux est proposé sur d’autres plans ( salaire, formation, employabilité etc.).

De même, en ce qui concerne l’histoire de France, toute découverte attentatoire à l’élan né en 1789 est niée, suspectée de révisionnisme, de racisme etc.

La fameuse maxime « La révolution est un bloc » tient lieu de ligne Maginot à ces tenants du conservatisme historique, souvent déguisé en progressisme…

Les nombreuses vaches sacrées de la gauche française (assez isolée dans ce culte profane) tendent à indiquer que le conservatisme de gauche a encore de beaux jours devant lui.

Les calendriers hormonaux de cette gauche, sont souvent bloqués en 1936, 1968, 1981. Certains qui rêvent à voix haute d’y revenir franchissent le Rubicon du conservatisme et basculent dans une attitude réactionnaire. « En arrière toute » pourrait être leur devise.

Le conservatisme de droite.

D’autres personnes (plus que des groupes organisés, le conservateur « de droite » est rarement grégaire, ce qui lui coûte cher) sont des conservateurs de droite. Ce qu’ils souhaitent c’est que perdurent les structures qui ont fait leurs preuves. La famille fondée sur l’altérité des sexes, la procréation naturelle, la propriété privée, la liberté de conscience etc.

Prudence et empirisme sont les mamelles de ce conservatisme-là. L’adjectif « nouveau » ne constitue pas pour lui un Éden enviable. Sans que le mot « ancien » soit une garantie non plus. D’aucuns affirment que si l’on veut amener une société à évoluer, il convient d’en confier les rênes à des conservateurs. Si l’on veut la bousculer, tout autre courant est le bienvenu.

Finalement, un conservateur s’accommode des imperfections d’une société, là où le progressiste est prêt à sacrifier ce qui marche pour gommer une insatisfaction. Le débat sur le mariage pour quelques-uns en témoigne magnifiquement. « Mieux vaut une injustice qu’un désordre » dit-on chez ces conservateurs-là.

Ces caractéristiques hâtives ne rendent pas compte des différents conservatismes que l’on trouve. Certains, lassés de ne pouvoir conserver ce à quoi ils tiennent, ou bien perdant toutes les batailles pour y parvenir, basculent dans une attitude réactionnaire, rejoignant ceux dont l’horloge s’est arrêtée à une période du passé qui leur parle.

On trouve des conservateurs égoïstes, des généreux, des militants, des taciturnes, des enthousiastes, des frileux, des rigolards, des attristés… Mais tous ont en commun de se montrer vigilants à préserver ce qui, pour eux et autour d’eux, fait la solidité, la durabilité, l’éternité ( !) d’une situation, d’une société.

« Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change » déclare le prince Salina, dans Le Guépard. Conservatisme et immobilisme ne sont donc pas liés, au contraire. Le conservateur entretient sa maison, ajoutant ici, retranchant là, peignant d’une autre couleur, rafistolant, transformant, mais dans une forme qui demeure. Il développe une vision patrimoniale de la vie, de la transmission, des valeurs.

Souvent isolé (il se méfie des groupes qui prennent vite le mors aux dents et finissent par trahir les raisons qui les ont poussés à se former), le conservateur se retrouve volontiers en des amitiés informelles, qu’internet a fortement contribué à créer. Car le risque qu’il court est de se replier sur son « patrimoine » et finir par se couper du réel, devenant réactionnaire par défaut. Ce qu’on lui pardonnera volontiers tant il est ardu de se dire conservateur de nos jours. Beaucoup plus que de l’être en vérité.

93 Commentaires

  1. Flûte, me voici conservateur voire réac, on m’aurait dit ça quand j’avais vingt ans lorsque j’avais 19 ans et que je gardais des chèvres par un hiver glacial en Aveyron, je ne l’aurais pas cru.

  2. Conservateur de chèvres sur plateaux glacés: autre usage du mot…

  3. Guenièvre

    Bon, bon… finalement là où nous disions avec Florence qu’il faut un équilibre dynamique entre ceux qui veulent toujours changer et ceux qui répugnent à changer vous nous dites que cet équilibre se trouve déjà chez les conservateurs eux-mêmes. Je veux bien le croire. Mais ne nous décrivez-vous pas là des hommes idéaux ? 🙂

  4. rackam

    Guenièvre c’est un auto-portrait… je vous laisse conclure. 🙂 🙂 🙂

  5. Vous vous lancez dans les pléonasmes, Guenièvre ?

  6. Guenièvre

    non, dans les oxymores ….

  7. Dans la méchanceté, alors. 🙂

  8. Tableau magistral des conservatismes de gauche et de droite.
    Je crois qu’il serait bon de le compléter par l’évolution du sens de ce mot du 19e siècle à nos jours. Au 19e, et une bonne partie du 20e, la population plutôt de droite bénéficiait souvent d’acquis qu’elle ambitionnait de « conserver » : fortunes d’héritage, propriétés, cooptations de situations…
    À notre époque tout cela a quasiment disparu. À l’inverse la population plutôt de gauche dispose d’acquis qu’elle veut défendre : « avantages sociaux », pléthore d’associations subventionnées, fort surnombre d’effectifs, statuts privilégiés…
    Conséquence logique, les gens de droite veulent maintenant le changement par les réformes, les gens de gauche sont de vrais conservateurs au sens étymologique : ils se battent pour conserver leurs acquis.
    À cette mini-analyse il convient d’ajouter une exception, celle des questions dites sociétales. C’est sans doute pour échapper à leur inéluctable conservatisme indiqué plus haut que la gauche se précipite sur les bouleversement sociétaux. Ainsi ils compensent leur conservatisme et se rassurent : « Oui, oui, on pratique le changement. Et maintenant ! »

  9. Guenièvre

    Il faut bien être méchant parfois sinon on n’a aucun mérite à être gentil ! 🙂

  10. Guenièvre

    Bien vu Impat sur le pourquoi des changements sociétaux tellement prisés à gauche…

  11. Ce que les conservateurs français doivent éviter, c’est d’accréditer l’idée qu’ils veulent je ne sais quel retour en arrière. Sur la date duquel (1788, 1829, 1871,1958, 2012…?) ils ne seraient pas d’accord, ni sur les contours de l’état des lieux.
    Le conservateur est profondément un homme qui voit loin, vers l’avant. Alors que le progressiste se révolte devant la lenteur des choses, trépigne jusqu’à obtention de ce qu’il guigne, émeute s’il ne l’obtient pas.
    Le conservateur part pour le Vendée Globe, le progressiste surfe la première vague et peste contre Neptune si elle était minuscule.
    Le conservateur aime que les choses avancent car il souhaite les maintenir en vie, or l’immobilité mène à la mort.

  12. QuadPater

    Attention aux manipulations sémantiques gauchiennes. Le verbe intransitif changer n’a pas de connotation positive ou négative, le changement pouvant être un progrès ou une régression.
    La « conduite du changement » est une tâche capitale dans la réalisation d’un projet et conditionne sa réussite. Un bon chef de projet est un conservateur au sens rackamien du terme. On ne change pas une équipe qui gagne est sa règle n°1, ex-æquo avec le d’abord ne pas nuire des toubibs.
    Le contraire d’un conservateur n’est pas un révolutionnaire, mais un bougiste. Il n’a pas de règle mais un unique slogan, « qui n’avance pas recule », dans lequel sont amalgamées la notion de changement forcément positif et l’opposition statique-dynamique. C’est stupide de voir cela ainsi parce qu’un être qui refuse d’aller quelque part n’est absolument pas statique : essayez de donner un bain à un chat ou de faire travailler un enseignant plus de 20h par semaine pour bien le comprendre.

  13. Oh Quad, in cauda venenum, sed venenum qualis ! 🙂

  14. rackam

    Quad
    le conservateur, lui, sait qu’il faut parfois reculer pour mieux retrouver un équilibre ensuite. Le bougiste partage avec bien des membres du règne animal l’incapacité de reculer, et, tel la mouche, il se cogne mille fois à la vitre du réel, intente un procès aux vitriers, fait démonter la vitre et le froid s’engouffre…

  15. Où l’on voit que Rackam a longuement étudié Windows!

  16. M’est avis que le commerce de pont-levis va faire florès…
    Si l’on veut bien équilibrer le parallèle entre conservatisme et progressisme, alors il faut mentionner que le progressisme est un agent destructeur. Rackam nous décrit très bien ce qu’est le conservatisme (il sait de quoi il parle comme il le fait remarquer avec le concours de Guenièvre) mais il est trop gentil avec le progressisme. Ce dernier est l’émanation directe du goût immodéré et incontrôlable de l’homme (et de la femme, parfois) pour le chaos et la destruction. L’aveuglement du papillon pour la lumière, la précipitation, la frénésie créatrice… autant d’éléments qui expliquent ce penchant responsable des plus grands maux.
    Il y a une volonté de progrès inscrite en chacun de nous, dès la naissance. Cette volonté, maîtrisée, tempérée, assagie, trouvera son expression la meilleure avec le conservatisme. Exacerbée, instrumentalisée à des fins idéologiques et malhonnêtes, elle deviendra progressisme.

  17. rackam

    Impat non, jamais.
    Sausage, oui.

  18. QuadPater

    Veuillez pardonner mon blasphème, ô Guenièvre. Je suis en guerre ouverte contre l’établissement auquel j’ai confié mon adoléchiant, et quand j’ai mon treillis, c’est tout le monde dans le même panier.

  19. QuadPater

    M’enfoncez pas encore plus, vous !

  20. Florence

    Rackam
    votre conception du conservateur me va comme un gant.
    J’y adhère totalement.
    D’accord aussi avec Sausage sur le progressisme qui finalement n’est que de l’agitation destructrice, souvent due au narcissime, maladie mortelle de notre époque.
    La sagesse et l’humilité font hélas bien défaut.

  21. Guenièvre

    Sausage, bonjour ! c’est très intéressant la manière dont vous expliquez « la pulsion » de progrès.
    Rackam, je le répète le conservateur que vous décrivez est parfait à mon goût. Mais concrètement que faites-vous de tous les autres ? Les progressistes ? les immobilistes ? Qui sont la grande majorité car la perfection est rare ? Les convaincre tous ? C’est mission impossible. Les neutraliser ? Les rejeter ? Est-ce que l’on ne rentre pas là, de nouveau dans un affrontement classique où l’on a d’un côté ceux qui considèrent qu’ils sont le Bien ( les conservateurs ) et qu’ils ont en face d’eux le Mal ( les progressistes ) , et où si l’un gagne l’autre doit nécessairement perdre ?

  22. Guenièvre

    Vous êtes toujours en guerre Quad ?

  23. Guenièvre, le « bien » pas forcément, disons la prudence, la sagesse, le sens du vrai bien commun. La gestion de père de famille, qui n’est pas nécessairement frileuse.

  24. Guenièvre

    Le problème rackam c’est que toutes ces définitions sont assez fluctuantes et que par exemple, dans un temps qui n’est pas si lointain, les gens que vous décrivez là comme des conservateurs de droites auraient bien pu s’appeler républicains progressistes.

  25. Raison pour laquelle le conservateur s’accommode mal des étiquettes.
    Il est jardinier qui n’hésite pas à couper ce qui nuit au port de l’arbre, à sa survie, au développement de fruits sains. Le progressiste ne se retourne jamais, sauf pour vilipender un passé hâtivement jugé. Son jardinage est porteur d’OGM, les racines ne l’intéressent pas, il veut des pommes bleues, des roses sans épines.
    On pourrait filer la métaphore loin encore, mais je pars « faire le catéchisme »: L’idée de Dieu depuis le paléolithique jusqu’à nos jours. roturier est absent.

  26. QuadPater

    Guenièvre : c’est plus une lutte au sens CGT qu’une guerre. Passons… 🙂

  27. Guenièvre,… « les gens que vous décrivez là comme des conservateurs de droites auraient bien pu s’appeler républicains progressistes. »..
    Belle illustration de la vacuité totale des appellations avec lesquelles les partis, clubs, et autres mouvements s’auto baptisent. Ces noms, qui souvent ne durent que ce que durent les roses (oui, les roses, c’est exprès 🙂 ), ne sont là que pour la com.à l’usage des crédules (c’est-à-dire de tout le monde, comme vous savez) et ne signifient rien.
    Seules sont à prendre en compte les actions passées de ces organisations, et les capacités de leurs chefs.

  28. Guenièvre

    Oui, Impat mais là encore chacun tire les couvertures à lui et tente de s’accaparer les réussites des autres : il y a de belles légendes qui se construisent dans ce domaine ….et puis on peut toujours dire : « oui, vous avez fait cela mais c’est parce que nous vous avons aiguillonné sinon , rien ne se serait fait » . Et après tout qui peut savoir ?

  29. … « qui peut savoir ? »…
    Mais…nous. Nous tous. Je crois que les choses sont souvent plus simples et claires qu’on le croit. Aiguillonné ou pas, c’est celui qui a décidé qui est responsable de l’action.
    Un exemple : de bonnes âmes nous bassinent quelquefois avec les bienfaits « du CNR » à la libération. C’est une faute, car il est facile de se réunir en « think tank » et d’élaborer des programmes. Plus difficile est de passer à l’action en pesant le pour et le contre. En l’occurrence, le décideur, le responsable, l’audacieux, fut De Gaulle, c’est donc à lui que nous sommes redevable de ces bienfaits. Et aussi de ces méfaits.

  30. Guenièvre

    @ sausage,

    Ce dernier ( le progressisme ) est l’émanation directe du goût immodéré et incontrôlable de l’homme (et de la femme, parfois) pour le chaos et la destruction. L’aveuglement du papillon pour la lumière, la précipitation, la frénésie créatrice…

    L’aveuglement du papillon pour la lumière , c’est intéressant sausage .

    Cet aveuglement à donné lieu à une très belle parabole dans le Mantic Uttaïr de Fariduddin Atar, parabole qui aurait là un côté plutôt positif…

    Un jour les papillons se réunirent, tourmentés par le désir de s’unir à la bougie.

    Un premier papillon alla jusqu’au château lointain et il aperçut à l’intérieur la lumière d’une bougie.
    Il revint, raconta ce qu’il avait vu.
    Mais le sage papillon qui présidait la réunion dit que cela ne les avançait guère.

    Un deuxième papillon alla plus près de la bougie.
    Il toucha de ses ailes la flamme et la bougie fut victorieuse.
    Il revint, les ailes brûlées, et raconta son voyage.
    Mais le sage papillon lui dit: Ton explication n’est pas plus exacte.

    Alors un troisième papillon se leva, ivre d’amour.
    Il s’élança sur ses pattes de derrière et se jeta violemment sur la flamme.
    Ses membres devinrent rouges comme le feu.
    Il s’identifia à la flamme.

    Alors le sage papillon, qui avait regardé de loin, dit aux autres:
    Il a appris ce qu’il voulait savoir.
    Mais lui seul le comprend, et voilà tout.

  31. Guenièvre

    a donné lieu…

  32. Florence

    Pour info, les progressistes » ont vraiment envie de tout casser :

    [Communiqué de Jean-Frédéric Poisson, député des Yvelines ] – Vendredi 8 février, en séance publique de l’Assemblée, la gauche, sous l’impulsion du groupe communiste et des écologistes, a adopté un amendement prévoyant d’obliger toute association représentant les familles (sans exception, nationale ni locale) à accueillir dans leur sein des représentants des familles homosexuelles.

    Le résultat de cette opération de lobbying avouée place la majorité en situation d’avoir violé purement et simplement le principe constitutionnel de liberté d’association. Nous le défèrerons devant le Conseil constitutionnel, et il sera sans aucun doute annulé.

    Mais la philosophie militante de la majorité ne se cache même plus, et se moque éperdument des principes les plus fondamentaux de notre droit et de nos libertés.

  33. grandgil

    Les conservateurs étroits rêvent d’un bon vieux temps qui n’a jamais existé, les progressistes eux sont persuadés que le futur sera riant et utopique, tous sont incapables de simplement constater les faits au présent et regarder par delà le bout de leur nez, qu’ils ont court. Aucun d’entre eux n’a généralement de vues à long terme…
    Une constante chez tous les politiques depuis longtemps en France, l’avènement de la IIIème République en l’occurence.
    Il y a une idée politique qui me plait bien par contre, qui s’appelait « l’empirisme organisateur », je vais encore me faire traiter de maurrassien, consistant à mettre en place des politiques qui ont fait leur preuve quant au bien commun sans se soucier de leur origine politique ou idéologique.

  34. desavy

    « essayez de donner un bain à un chat ou de faire travailler un enseignant plus de 20h par semaine pour bien le comprendre. »

    Au moins, les attaques gratuites contre les enseignants se conservent merveilleusement bien.

  35. Lisa

    Florence, » pas de liberté pour les ennemis de la liberté ».

  36. Bonjour Guenièvre,
    Merci pour cette histoire, j’ai peur de ne pas tout bien saisir et d’être un peu terre-à-terre mais c’est le risque…
    Pour revenir à la question du conservatisme et du progressisme, l’idée est justement de refuser les étiquettes.
    Ici le progressisme représente la déviance de quelque chose qui est en nous, une force, un mouvement enfoui au plus profond de notre être, et le conservatisme un idéal (l’idée est originale, tout de même) qui arriverait à canaliser cette force.
    On peut très bien utiliser d’autres mots et la question, finalement, est toujours la même : où est la liberté ? Mais cette notion est trop souillée par nos petits égoïsmes aves lesquels elle se confond si bien (voir le slogan moderne : « la liberté s’arrête là où commence celle des autres ») et perd de sa substance.
    La notion de conservatisme est juste un peu plus intelligible (donc un peu moins nuancée) mais incarne justement ce que pourrait représenter la paix de l’âme pour nos contemporains. Elle n’a pas de valeur scientifique ou historique et si Rackam esquisse une typologie, tout le mérite lui en revient.

  37. roturier

    @ Rackam hier 15H05: Roturier absent? Optimisme déplacé. Roturier pourrait dire « je suis partout ».
    Mais il le laisse à d’autres.
    En plus, il adore la provoque. Joyeuse messe.

  38. Guenièvre

    C’est une provocation Desavy, n’y faites pas attention…

  39. QuadPater

    Tous les enseignants dos au mur le jour de la Révolution !

  40. desavy

    « C’est une provocation Desavy, n’y faites pas attention… »

    Vous représentez la sagesse Guenièvre. Mais tant qu’à faire, le « je suis partout » de Roturier a plus de classe.

    « plus de classe » est une sorte de jeu de mots. Je me mets au niveau.

  41. grandgil

    De Desproges
    « Je manifeste toujours tout seul.
    Quand on est plus de quatre on est une bande de cons. A fortiori, moins de deux, c’est l’idéal. (…)
    Au reste mes idées sont trop originales pour susciter l’adhésion des masses bêlantes ataviquement acquises aux promiscuités transpirantes et braillardes inhérentes à la vulgarité du régime démocratique imposé chez nous depuis deux siècles par la canaille régicide.
    Qui, parmi vous qui êtes ici ce soir et qui ne semblez globalement pas plus hébétés que le commun des électeurs, qui accepterait de se lever publiquement, comme j’ose le faire, pour exiger l’extermination des mercières, le rétablissement de la peine de mort pour les chanteurs illettrés, l’émasculation des architectes paysagistes et l’interdiction de stationner devant chez moi.

    Théâtre Grévin / Tôt ou tard, Éditions du Seuil / « 

  42. Sophie

    Hello à tous,

    Si vous m’y autorisez, je fais, après de beau texte de Rackam, un quasi copié-collé du commentaire que j’ai fait suite au papier d’E. Lévy, sur le même sujet.

    “J’ai souvent l’impression -peut-être fausse, d’ailleurs – que les réacs et les progressistes, à défaut de se ressembler, s’abreuvent à la même angoisse, celle de notre impuissance et de notre impérennité. Pour conjurer cette peur, on s’arcboute, parfois jusqu’à la caricature, sur des lignes de tranchées, certains bougent voire s’agitent, d’autres freinent, voire s’immobilisent. “C’était mieux avant” ou “ce sera mieux demain”, c’est toujours une façon d’éviter le présent.”

    Ma question reste entière…

  43. roturier

    Desproges connaissait le nombre optimal d’associés dans une entreprise:
    Un nombre impair et maximum deux.

  44. On vous y autorise d’autant plus, Sophie, que nous n’avons pas (enfin, pas moi…) de réponse même partielle à votre question entière !

  45. Florence

    Hello Sophie !

    vous parlez de réac et Rackam parle de conservateurs. Peut-être y-a-t-il une différence ?
    A vrai dire, je ne sais pas car tous ces termes ont tellement été galvaudés que j’en ai totalement perdu le sens.

  46. desavy

    Un vocabulaire qui peut être simple : les réactionnaires veulent revenir en arrière, les conservateurs veulent conserver ce qui existe et les progressistes veulent aller vers ce qu’ils pensent être un progrès.

    « Vous allez me traitez de réac, réac ! », le bon Jean-Pax a repris la scène depuis quelques mois.

  47. desavy

    me traiter*

  48. Florence

    Desavy
    Soit mais quand on veut revenir en arrière sur certains sujets, conserver sur d’autres et aller de l’avant sur d’autres sujets encore, tout ceci avec des arguments, dans quelle vilaine petite case peut-on nous enfermer ?

  49. Florence, laissez-moi achever votre pensée: il ne faut pas se laisser enfermer…

  50. desavy

    Florence

    A mon avis dans aucune. Mais les gens se qualifient volontiers de conservateurs (voir le très bon forum des Pères fondateurs) ou de progressistes. On se réclame moins de la réaction.

  51. Sophie

    Mais n se réclame du principe de précaution.

    Autre genre de conservatisme….

  52. Sophie

    Mais ON se réclame du principe de précaution, etc…

  53. grandgil

    Qui décide qui sont les réacs ? Qui décident qui est progressiste ? Les « progressistes » ???

  54. grandgil

    Il y a des réacs de gauche comme de droite

  55. grandgil

    à Desavy, c’est malheureusement vrai

  56. Lisa

    Si j’oszais je proposerai comme solution à cette angoisse, la religion ! laquelle, devinez.

  57. Lisa

    sauf pour les enfants !

  58. desavy

    Grandgil

    Oui, les progressistes aiment en général se qualifier de progressistes. Quant aux réacs, j’en soupçonne quelques-uns de savourer le plaisir d’en être. Il y a même une sorte de snobisme à se proclamer réac.

  59. De même que les conservateurs se plaisent à se dire cons servateurs. 🙂
    Il y a quelque chose de réconfortant à voir tout un chacun se proclamer fier de ses propres opinions, bien que soient nombreuses , mais cachées, les exceptions : ainsi les hommes politiques choisissant tel ou tel parti en fonction des possibilités de carrière offertes…

  60. grandgil

    Alors qu’est-ce que je suis snob de savy !

  61. desavy

    Grandgil

    Ce snobisme est sain. Il m’arrive à moi aussi d’y succomber.

  62. Trop snob ce fil vivement qu’il ferme!

  63. Vous voulez le fermer d’un coup de fil ?

  64. Souris donc

    …le progressisme est un agent destructeur (Saussage et Florence)

    On observe chez le progressiste une forte équation personnelle, avec étiologiquement les invariants suivants :

    – Composante sadique refoulée et opportunément planquée sous un affichage de bons sentiments*.
    – Goût pour le slogan et l’idéologie ready made.
    – Grégarisme de la subversion facile et sans risque.
    – Appétence pour les zakis et les planques.
    – Théâtralisme hystériforme, parfois à bouffées mystiques (Ségolène).
    The Lancet rapporte des études de cas d’attaques par morsure.

    En conséquence :
    Le progressiste aime la loi. Car elle permet de sanctionner l’infraction. Le progressiste est volontiers tatillon, voire monomaniaque, dans l’application du règlement. On peut compter sur lui, à condition que les circonstances s’y prêtent favorablement, pour censurer, dénoncer, museler, voire torturer.
    La rééducation est un de ses domaines d’excellence.

    Avec tact et mesure, on peut affirmer que les germes pathogènes du totalitarisme sont inscrits dans l’équation personnelle du progressiste.
    *Communément nommée hypocrisie.

  65. Brillant retour, Souris !!!

  66. Souris,
    excellent.
    Il existe une autre sous-catégorie de progressards: ceux qui le sont par trouille de n’être pas « dans le coup », les remorques froides attelées aux locos rougeoyantes… Typiquement tel ou tel auteur et multi-commentateur d’un site où nous nous sommes croisés. Pour une approbation d’un rouge AOC, ils feraient bassesses et courbettes, tirs contre leur camp et frappe d’un homme à terre. Le masochiste déguisé en sadique: ils attendent les baffes. Négligeons leurs joues creuses, leurs cervelles sous chapeau mou, laissons-les se consumer de n’avoir ni talent ni amis. Ce sont des progressistes larbinants.

  67. Rackam en « croisé »…vous prenez tous les risques !
    C’est le propre de ceux qui ont raison.

  68. Souris donc

    Ce chercheur émerite a découvert une sous-catégorie de progressiste, le Larbinant. Le grégarisme facile et sans risque en version personnel domestique, femme de ménage, agent de propreté et d’hygiène. Le Larbinant© tue le microbe au Schadenfreude de chez Proctol & Crampe qui refoule du goulot.

    Le progressiste aime la loi. Car elle permet de sanctionner l’infraction.
    Illustration :
    http://leplouc-emissaire.blogspot.fr/2013/02/stalinisme-droidelhommien.html
    A la saint-Valentin, un fast-food affiche un menu promotionnel pour couples H/F.
    LGBT porte plainte et parvient à faire fermer le resto.
    On avance, on avance.

  69. Ce fast-food a manqué de réflexe avec son H/F, il lui suffisait de prétendre faire allusion aux couples « Haute Fréquence ». Vous croyez qu’on l’aurait accusé d’incitation porno ?

  70. Guenièvre

    Le lien de souris est tout simplement terrifiant ! Et je pense que ce n’est qu’un début. On ne a pas tarder à interdire la séparation des vêtements homme-femme dans les magasins…

  71. Et les cabines d’essayage aussi?

  72. Guenièvre

    @ rackam ,

    🙂 !

    Il faudrait que Marie nous confirme ou pas ces informations mais il semble que le vent de folie n’en est qu’à son début….

    http://www.correspondanceeuropeenne.eu/2012/06/12/suede-les-folies-du-genre-neutre/

  73. Guenièvre

    …n’en soit qu’à son début….. c’est mieux

  74. il semblerait… n’en soit
    il semble… n’en est
    Non?

  75. Souris donc

    Qu’importe ? Halte à la grammaire, cette contrainte bourgeoise !
    En Suède le genre neutre remplacera le masculin et le féminin, les petits bonshommes sur les pictogrammes auront bientôt vécus, les satyres pourront entrer dans nos toilettes sans entendre des cris aigus. Ceux qui rôdent au rayon lingerie des grands magasins sont des précurseurs.
    Tous ces archaïsmes : à la poubelle ! Chacun son truc ! Le truc pour tous ! Egalité !

  76. Guenièvre

    rackam,
    il me semble…..n’en est
    il semble….n’en soit
    un peu au feeling, mais je crois qu’il y a une histoire de COI…

  77. Mais comment vont faire les mecs (les anciens mecs) pour arriver à bavarder autant que les anciens/anciennes meufs quand ils/elles rencontreront des cop..x sur le trottoir en faisant leurs courses?

  78. Souris donc

    Mais il rêve ? A genou, le mec à l’ancienne, en rééducation, le gardien de la Révolution Culturelle lui demandera son autocritique et tous lui cracheront dessus. Il doit bien rester des manuels du parfait petit tortionnaire. C’était quand déjà, le charmant Douch ? 1973 ? Quant aux meufs, tondues !

  79. Guenièvre

    Tout à fait souris ! D’ailleurs un mec qui dit que les meufs sont bavardes c’est déjà très très suspect ! Au goulag ! Vous allez voir si on va pas vous « libérer des préjugés et des stéréotypes acquis par atavisme culturel » – dixit Najat Vallaud Belkacem.
    Bien sûr elle ne parle pas du goulag.
    Elle dit simplement « qu’il faut inciter chaque citoyen à penser par lui-même pour se libérer d’un certain nombre de préjugés et de stéréotypes acquis par atavisme culturel ». Le « il » qui va nous y inciter fortement vous l’avez bien compris c’est le gouvernement socialiste !

  80. Guenièvre

    Ce qui était rapporté dans votre lien est le début de « l’incitation ».

  81. Bon, je dis plus rien et je vous laisse, il faut que j’aille repasser ma jupe.

  82. Souris donc

    Il faut inciter chaque citoyen à penser par lui-même pour se libérer d’un certain nombre de préjugés et de stéréotypes acquis par atavisme culturel.

    Chaque mot fait frémir :
    Citoyen, pour commencer. Connoté échafaud.
    Penser par lui-même pour se libérer, mais incité à. Elle ne voit l’injonction paradoxale.
    Préjugés et stéréotypes, ben voyons, elle va inciter à les remplacer par des préjugés convictions et stéréotypes positifs (comme chance pour la France).
    Acquis par atavisme. Si c’est acquis, ce ne saurait être atavique. Habituellement.
    La contradiction ne leur fait pas peur, aux adjudantes de la Révolution Culturelle qui martèlent. Qu’est-ce qu’elles ont toutes à marteler façon CGT ? Même les journalistes femelles martèlent.
    Ça doit être subliminal pour faire rentrer de force les incitations.
    Najat Vallaud-Belkacem est effrayante.

  83. Toutes ces vieilles ministres qui rêvent d’un homme nouveau… allo, docteur Freud?

  84. Souris donc

    Cadeau !
    http://www.ldh-france.org/section/loudeac/2013/02/17/une-galette-des-droits-pour-lancer-les-droits-en-fete/
    A Loudéac, il y en a qui remplacent déjà la galette des rois par la galette des droits, et la couronne par un bonnet phrygien citoyen. (C’est Didier Goux qui les épingle dans ses Modernoeuds). Cliquer sur la photo pour agrandir, ça vaut le coup.

  85. Lisa

    Je n’irai pas voir les liens, c’est trop déprimant. Mais merci de nous signaler ces nouveaux faits vers la modernitude.

  86. Souris donc

    La modernitude, le goulag rose et soft, trop mignon.

  87. desavy

    Goulag again…

  88. Souris donc

    Oui, again, mais soft et insidieux. Regardez l’acte inaugural du Mariage pour Tous. Le temps des débats a été centré sur les bons sentiments. On pouvait attendre un mariage homo bien parodique, bien grotesque. Au lieu de quoi les nouvelles dispositions légales sont utilisées par LGBT qui met au chômage les employés d’un fastfood pour avoir proposé un menu de la Saint-Valentin aux couples H/F.
    La loi n’est pas arrachée POUR les homos qui ne revendiquent que le droit à la différence et à l’indifférence, la loi est arrachée comme permis de chasse CONTRE une homophobie fantasmée.
    Si c’est pas une mentalité de petit kapo de camp de rééducation ?
    Les germes du totalitarisme sont en place. Que cela vous plaise ou non, c’est un goulag soft, pas un camp matériellement délimité, mais une surveillance, une ingérence dans l’opinion et la vie des gens, une réduction de la liberté, diffuse mais bien réelle. Avec sanctions, désignations, ostracisme professionnel, familial, social. Comme celui qui frappe le franchisé de ce fastfood et ses employés.

  89. Souris donc

    Voilà l’objet du délit

    La sanction hors de proportions a une autre fonction, servir d’avertissement à tous ceux qui ne sont pas conformes.

  90. desavy

    Souris donc,

    La question n’est pas que cela me plaise ou non. Elle est que le relativisme gangrène tout et que comparer le mariage pour tous avec le goulag et ses millions de victimes n’en est qu’une triste illustration.

    Une sorte de revanche posthume pour les communistes…

  91. Souris donc

    Comment appelle-t-on les atteintes à la liberté d’opinion et d’expression, les lois qui ne servent qu’à pousser à l’infraction (les –phobies), à réécrire l’histoire, à engraisser des troupeaux de censeurs (associations) qui veulent faire notre bonheur malgré nous, édicter nos comportements, notre façon de penser et d’élever nos enfants ? Surveiller et punir ?
    C’est ainsi que tous les camps de rééducation ont commencé : un corpus idéologique totalitaire et des censeurs.
    La modernité, la justice, l’humanisme sont l’empaquetage pour faire soft.
    Revanche posthume pour les communistes, sûrement. Ce n’est qu’un début ?

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