Carême : mythes et réalité.

 

Depuis mercredi dernier, le Carême a commencé pour les chrétiens. Passé relativement inaperçu dans les média, ce qui ne nous trouble nullement, tant cette période est affaire personnelle et non médiatique.

Peut-être est-il utile de rappeler ici ce que sont ces quarante jours particuliers. Car sottises et incompréhensions, ignorance et caricatures ne manquent pas à ce sujet.

Au départ, il s’agit de mettre ses pas dans ceux du Christ, qui se retire au désert pendant quarante jours, sans manger, afin de se préparer à sa Passion, sa mort et ce qui suivra. Se priver de l’accessoire pour mieux être disponible à l’essentiel…

Même la sagesse populaire, l’expérience des siècles montrent l’utilité d’un retrait pour se  préparer à une épreuve. Le sportif le pratique, le candidat à un examen, le patient avant une opération et d’autres en sont témoins.

Les trois piliers du Carême sont la prière, le partage et le jeûne. Ce dernier n’est donc pas seul en cause. Débarrassé des entraves du quotidien, on peut plus aisément se relier à Dieu par la prière, la lecture de la Bible, la méditation. Apprenant à se passer de biens habituels, on peut être plus ouvert à ceux qui manquent de tout. Exposés à une faim matérielle (raisonnable), on s’ouvre davantage aux faims spirituelles.

Ce n’est pas une mortification, comme un acte expiatoire. Ce n’est pas un retrait du monde, ni un repli sur soi. Mais une autre manière d’être, afin d’arriver préparés pour la Grande Épreuve, suivie de la Grande Joie de Pâques.

L’expérience du désert est toute autre…

D’ailleurs, le Christ y a fait une rencontre instructive, que l’Évangile de ce dimanche rappelait.

Car, tenaillé par la faim, et probablement l’angoisse de l’épreuve à venir, Il fut tenté par le démon. Quand nous faisons un effort particulier, les tentations se montrent plus mordantes qu’en temps ordinaire.

La  première tentation est  matérielle. Satan suggère à l’Affamé de changer des pierres en pain. Nos tentations habituelles se trouvent là : consommer plus que de besoin, satisfaire nos appétits, nos curiosités, nos penchants. Aller à la facilité. Comme la société actuelle nous y pousse. Facile d’oublier la sagesse, la générosité, la réflexion, lorsqu’on est environné de matières à saisir, de biens à acheter, de personnes à « consommer ».

La seconde tentation est potentielle. Le Diable montre la terre et ses royaumes à Jésus et offre de Lui en faire présent (c’est dire à qui appartient le pouvoir…) moyennant allégeance. Nombre d’humains exerçant un pouvoir en sont fascinés, oubliant souvent ceux que ce pouvoir est supposé servir. La griserie des puissants les conduit à l’oubli des petits : le pouvoir devient un bien en soi, un bien à conserver, évidemment.

La dernière tentation est la vie elle-même. Satan proposant à Jésus de se jeter dans le vide, du haut d’un escarpement, afin de voir les anges venir à sa rescousse. C’est la tentation de jouer avec la vie, la mort, le danger. Vie des autres ou la sienne propre. Franchissement des limites (voir  « La névrose de Caïn »). Jouer avec le vivant, exploiter tous les possibles de la science, non pour résoudre des difficultés nommées, mais par griserie d’aller plus loin, de franchir des limites, des interdits.

Matérielles (le pain), intellectuelles (le pouvoir), spirituelles (la vie) nos tentations sont bien là, éprouvées par le Christ, rejetées par Lui, mais sans cesse renouvelées par les siècles et les progrès divers réalisés par l’Homme.

A rebours de cette pente, le chrétien est invité, pendant quarante jours et au-delà, à réfléchir sur sa posture à l’égard des ces trois penchants qu’il porte en lui, ni plus ni moins qu’un autre homme. Mieux relié à son Créateur par une prière renouvelée, aux autres par une charité augmentée, à l’essentiel de lui-même par une privation de superflus, l’homme a une chance supplémentaire de grandir.

Aussi le Carême n’est-il pas une période austère et crispée, mais un temps joyeux, comme celui d’une délivrance des pesanteurs qui le tiennent captif. Cette joie personnelle trouvant sa pleine expression au matin de Pâques, quand la Vie aura définitivement triomphé de la mort. Nous serons ragaillardis d’avoir redécouvert que ce qui nous a manqué a si peu d’importance, comparé à la Bonne Nouvelle (la meilleure qui soit pour tout homme) : la mort est vaincue, nous sommes faits pour la Vie. Celle où les apparences ne comptent pas, les possessions matérielles non plus, les statuts et glorioles balayés comme poussière.

Un Carême librement consenti peut nous révéler ce que nous sommes en vérité : éternels et joyeux, aimés et capables d’aimer en retour. Quelle Bonne Nouvelle !

133 Commentaires

  1. Bravo pour la clarté Rackam.

  2. Texte magnifique. Une question annexe à l’auteur: le carême commence par le mercredi des cendres, que signifie cette coutume et quelle est son origine ?

  3. Lisa

    Pour la première fois le mercredi des cendres, j’ai entendu un prêche qui disait que les cendres étaient celles des idoles brulées. A vérifier ?

  4. Impat, les fils d’Israël seraient mieux placés pour répondre: se couvrir la tête de cendres, c’est « eux » qui l’ont pratiqué avant « nous ». En ce qui concerne les chrétiens il y a, comme toujours trois niveaux de compréhension:
    1. la tradition: historiquement on fait cela pour se rappeler de notre péché, de notre finitude, notre petitesse.
    La formule que prononçait le prêtre était « souviens-toi que tu es poussière ». Aujourd’hui souvent remplacée, avec la bénédiction de Rome par « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ».
    2. le symbole. On entre en carême, non pour se vanter des efforts qu’on va y faire, pour se trouver, tel un pharisien, des qualités et des mérites, mais pour se faire tout petit, comme le Christ qui va passer par une mort atroce, alors qu’il est Tout-Puissant.
    3. le temps fort liturgique: une simple messe pour entrer dans ces quarante jours ne suffirait pas, il faut marquer la spécificité du moment, les cendres et la procession qu’elles nécessitent, en plus de celle de la communion, apportent cette « originalité » source de méditation.
    En bref, les Cendres appellent l’humilité, l’imitation du chemin suivi par Jésus, l’appartenance à son troupeau, puisque nous sommes marqués au front, comme les bêtes d’un même éleveur le sont, au fer.

  5. Merci Rackam. Si quelqu’un est intéressé j’ai un bon m³ de cendre de bois disponible 🙂

  6. Pour quelqu’un qui aurait la grosse tête?

  7. Souris donc

    les cendres étaient celles des idoles brulées
    (Lisa)
    Pour autant que je me souvienne, en Martinique, le mardi gras est le carnaval dans l’exubérance grivoise (hommes travestis en femme, mariages burlesques, diables en rouge, chars humoristiques sur des thèmes d’actualité). Le public est habillé en rouge et noir (la couleur du démon et du vice)
    Le lendemain, mercredi des Cendres, on fait le deuil de Vaval (le bonhomme Carnaval en paille). Des diablesses en noir et blanc et des pleureuses (hommes déguisés) mènent le cortège jusqu’à l’incinération de Vaval sur la plage. Le public est habillé en gris et blanc (Cendres traduites dans l’habillement ? Eruption de la Montagne pelée qui a couvert l’île de cendres ?)
    C’est la redescente, le dégrisement.
    Belles images sur :
    http://carnavalmartinique.free.fr/

    Le Carnaval remonte au fond des âges, l’Eglise a domestiqué des fêtes païennes parfois violentes, notamment dans le monde germanique, où toutes les fêtes de l’hiver ont un rapport avec l’hibernation de l’ours, qui, en février, sort de sa torpeur.

  8. Rackam,… « Pour quelqu’un qui aurait la grosse tête? »…

    En carême je suis moins méchant que vous :-), je ne vise pas les grosses têtes. Je réserve mes cendres à une escadrille de hérons.

  9. Souris (9h44), savez-vous que la cendre du Mont Pelé à St-Pierre a donné une image du pardon au pécheur ? Elle a tué tous les habitants de la ville (30.000) mais en a épargné un seul. Ce dernier était en prison, laquelle consistait en un abri bétonné…

  10. Souris donc

    J’y suis allée, au Musée où sont conservé toutes les photos, documents écrits, il me semble que le signal d’alarme avait été tiré, mais que les autorités ont minimisé (dans la bonne tradition bureaucratique ou parce que le bateau de je ne sais quelle ponte était en rade) jusqu’à la catastrophe. Et en face du musée, ce cachot.

  11. Nous aurions pu nous y rencontrer.

  12. Souris donc

    Le mardi gras reste l’exutoire de l’inversion des valeurs qu’on doit abandonner ensuite pour le deuil, le repentir, la conscience de la vanité de toute chose ?
    Quand j’étais enfant, il y avait des missionnaires qui revenaient du fin fond de l’Afrique avec des neuvaines. Nous devenions subitement terre de mission. Il fallait apporter les papiers du chocolat collectionnés avant le Carême pour les petits négrillons, je n’ai jamais su en quoi les petits négrillons pouvaient en bénéficier. Les pièces jaunes de Madame Chirac avant l’heure ? Les petits négrillons étaient un levier puissant de sacrifice du chocolat pendant le carême, on nous montrait des photos avant/après. Après, les petits négrillons avaient de seyantes chemisettes blanches alors qu’avant, ils allaient cul nu.

  13. Le deuil, non souris, ou alors celui de nos emportements, de nos fausses joies qui nous laissent un goût de cendres une fois passée la griserie. Si le Carême n’est pas joyeux, c’est une mortification inutile.

  14. « …chocolat collectionnés avant le Carême pour les petits négrillons….de seyantes chemisettes blanches… »
    Elles ne devaient pas rester longtemps blanches.

  15. Quand même, Rackam, honnêtement ça devient surtout joyeux le jour de Pâques !
    Oui, traitez-moi de mécréant, vous aurez raison.

  16. rackam

    Non impat, tout au plus êtes-vous conditionné par la manière ancienne de concevoir ce temps.
    L’Évangile ne dit-il pas: « Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête ». Sous entendu, montre-toi joyeux.
    Si l’on voit que nous jeûnons, notre récompense est vaine. Matthieu 6, 1-12.

  17. rackam

    Et puis, mécréant, qu’est-ce à dire?
    Qui croit mal ou pas?
    On ne peut reprocher à quelqu’un de ne pas croire.
    En revanche, on peut lui dire que ce qu’il croit est erroné.
    Surtout ce qu’il croit savoir de la Foi des autres et de la manière de la vivre.

  18. Souris donc

    Sous entendu aussi, toute ostentation est contraire à son objet, et vulgaire.
    Laurent, serrez ma haire avec ma discipline,
    Et priez que toujours le Ciel vous illumine.

  19. … « Au cachot ? » . Oui, Lisa, d’ailleurs j’avais bien regardé par le trou d’aération mais je n’avais vu personne.

  20. … « mécréant, qu’est-ce à dire? »…
    Je ne sais, mais si Lisa me met au cachot j’ai bien dû sombrer dans de lourdes fautes!

  21. … « … erroné. Surtout ce qu’il croit savoir de la Foi des autres et de la manière de la vivre. »
    Certes, et de cela la démonstration par certaines personnes est faite tous les jours sur tel ou tel site de la toile.

  22. Les mêmes qui, sous leur vrai nom, ont fait assaut de christianisme il y a peu

  23. Guenièvre

    Merci rackam pour ce beau texte très intéressant pour les ignorantes de mon espèce ( j’allais dire de mon genre ! )

  24. rackam

    Merci Guenièvre, je craignais que ce fût perçu comme un prône.
    Alors qu’il s’agit à la fois d’un témoignage personnel et d’une information destinée à éviter les sornettes habituelles, les procès en morbidité, les erreurs de jugement (dernier)…
    Bref: les mécréants (suivez mon regard) au sens de ceux qui croient à tort que ceux qui croient ont tort. Je m’entortille.

  25. Souris donc

    Et puis, mécréant, qu’est-ce à dire ? Rackam 12:11

    Mécréante pour avoir été gavée, je pense qu’un peu de religion et craindre l’enfer ne fait de mal à personne.
    Le Messie Cosmoplanétaire du Mandarom de retour dans l’actualité, on voit bien qu’il y a de la demande.
    Le jeûne, des petits malins organisent des stages de jeûne, les gens doivent payer pour ne rien avoir à manger, ça fait d’intéressantes marges bénéficiaires.
    Les évangéliques, je les ai vus à l’oeuvre. Sur une place, une estrade + hauts-parleurs hurlant du gospel. Le missionnaire vient au micro chauffer les premiers curieux. Alléluia ! Alléluia ! Peu à peu, les gens donnent la réplique. La place se remplit. Alléluia ! Alléluia ! Progressivement, il envoûte les gens, toujours sur le mode de la répétition en musique. Et enfin, il déroule son prêche, les chanteuses arrivent sur la scène. Hypnotique, le chant et le prêche. Les compères n’ont plus qu’à passer dans les rangs recueillir adresses et oboles.

    Pourquoi l’Eglise n’arrive-t-elle pas à capter à son profit cette demande de spiritualité ?

  26. Rackam,… « Je m’entortille. »…
    Mais vous torpillez beaucoup de monde.

  27. Souris,… « Pourquoi l’Église n’arrive-t-elle pas à capter à son profit cette demande de spiritualité ? »…
    Voilà une vraie question. J’aimerais bien savoir y répondre.

  28. rackam

    Souris créante, au Brésil, devant le succès de ces églises évangéliques, certains prêtres catholiques ont commencé à rendre plus festives (chants, danses, acclamations etc.) leurs messes.
    Je me garderai bien de juger qui que ce soit (Patrick, c’est amical pour vous), mais il y a des liturgies qui éloignent du mystère, des mantras qui annihilent la pensée, des chants qui rendent imbécile (même chez les cathos).
    Quant au besoin de spiritualité de nos contemporains, je ne le nie pas, mais les solutions light ont plus de succès (bouddhisme dans sa version écolo-durable, sectes à penchant sexuel, etc.) que les églises qui proposent un chemin d’exigence. Ce qui fait dire, en privé, à certains prêtres qu’ils préfèrent les églises presque vides, mais pleines de personnes qui croient, cherchent, prient en vérité. Le nombre nuit à la qualité parfois. À moins que ce soit la qualité qui décourage le nombre…

  29. Souris, question obsédante. Je discutais avec un ami et il s’étonnait que j’aime les pénitents espagnols, ces processions, ces tambours. J’ai une amie en Galice qui participe aux processions, pieds nus, en chemise et corde au coup : elle est coiffeuse dans la vie et n’a absolument pas l’air d’une folle. J’ai vécu ce qui se rapproche le plus d’une expérience mystique dans une église orthodoxe de Vilnius : je ne comprenais rien, j’écoutais les chants, je voyais des babouchkas ramper vers l’autel, tout cela a duré deux heures, je n’ai pas vu le temps passer. Il y a une dimension qui échappe à la raison dans toute croyance et dans la foi en particulier, l’Église a trop voulu raisonner peut-être, tout ce décorum s’est vidé de sa substance.
    Au Japon les grandes écoles Zazen sont pour ainsi dire réduites à assurer les services funéraires, les prétendus guerriers croyants de l’Islam ne sont ni plus ni moins que des nihilistes comme les athées qui déifient la bourse, les sciences naturelles ou l’État, ils adorent des idoles.
    La raison est le grand défi posé à la religion.

  30. Rackam, ils faut qu’ils retournent aux béatitudes…

  31. Ce que j’aime entre autre dans les processions c’est la ferveur populaire…

  32. lisa

    Il faut qu’ils lisent Benoît XVI alors, dont un des deux grands thèmes est de concilier Foi et Raison.

  33. lisa

    non non, c’est juste que « cachot » etait le dernier mot du post.
    Et puis je ne me permettrai pas de vouloir vousmettre au cachot….

  34. Souris donc

    Mais bien sûr !
    Et c’est dommage qu’on laisse les gens errer dans des sectes new age, alors que l’Eglise possède ce côté envoûtant des liturgies, des chants, de la musique sacrée, de la parole, de l’encens, des vitraux, de la lumière, de la réverbération sonore. Qu’elle cache de peur qu’on ne la taxe de Civitas. Moi, ce que j’ai bien aimé chez Benoit XVI, c’est son goût affiché pour les ornements sacerdotaux.
    Est-ce que l’Eglise n’a pas vu les gens s’éloigner quand elle a commencé à singer la CGT, quand les Chrétiens de gauche ont jeté le sacré aux orties ? (style Jésus reviens, de Bouchitey…)

  35. rackam

    Si, souris, elle les a vus, mais, à l’époque elle était livrée aux sociologues, psychoschtroumpfs et autres herméneutes du soupçon, dont elle a mis du temps à se débarrasser (c’est presque fini). La peur de n’être pas moderne a fait des ravages, là aussi.

  36. Je n’ai pas trouvé ses explications convaincantes, en tout cas je ne vois pas comment m’en servir. Les deux arguments qui m’ont le plus frappé sont les suivants :
    La croyance est le mode connaissance de l’existence (Ce que dit Rosenzweig aussi), nous utilsons les objets de tous les jours parce que nous savons qu’ils marchent : nous croyons, à juste titre, que le l’interrupteur électrique allume la la lumière quand on l’actionne alors que la plupart d’entre nous ne se souviennent d’à peu près rien des cours élémentaires sur l’électricité, nous croyons au modèle atomique parce que nous savons que Rutherford a été acclamé par ses pairs même si l’on sait que ce modèle (celui de Rutherford est faux aujourd’hui), nous croyons d’une façon générale beaucoup plus que nous savons par la raison. La croyance est basée sur la confiance, nous ne faisons plus confiance aux saints et aux docteurs de l’Église.
    Le deuxième point est lié au premier, l’expérience mystique de certains nous en seigne qu’il existe une réalité plus vaste que celle de la sensualité, que celle de la preuve, c’est la troisième épreuve dont parlait Rackam.
    Ceci étant, par expérience, je sais que nous n’avons là aucun outil pour aborder l’athéisme qui n’admet que la preuve…

  37. Je ne sais jamais pourquoi je perds la foi, ni pourquoi je la retrouve…

  38. Souris,… « Est-ce que l’Église n’a pas vu les gens s’éloigner quand elle a commencé à singer la CGT »…
    Les deux phénomènes, en tout cas, furent concomitants. Je me souviens de mon père, un mécréant, répétant dans les années 60 : l’Église est en train de déchristianiser la France.

  39. rackam

    C’est héréditaire, donc…

  40. Souris donc

    La peur de n’être pas moderne, elle est toujours là (rien ne manque, pas même le maillot de…Messi)

  41. rackam

    Pas de compliments, please.

  42. Souris donc

    La raison est le grand défi posé à la religion…Ceci étant, par expérience, je sais que nous n’avons là aucun outil pour aborder l’athéisme qui n’admet que la preuve…
    Skarda 15:17 et 15:46
    La raison, quand elle devient athéisme militant ? Quand elle est le fait des demi-habiles ?
    « Les sciences ont deux extrémités qui se touchent. La première est la pure ignorance naturelle où se trouvent tous les hommes en naissant. L’autre extrémité est celle où arrivent les grandes âmes, qui, ayant parcouru tout ce que les hommes peuvent savoir, trouvent qu’ils ne savent rien, et se rencontrent en cette même ignorance d’où ils étaient partis ; mais c’est une ignorance savante qui se connaît.
    Ceux d’entre deux [les demi-habiles] qui sont sortis de l’ignorance naturelle, et n’ont pu arriver à l’autre, ont quelque teinture de cette science suffisante, et font les entendus.
    Ceux-là troublent le monde, et jugent mal de tout. »
    (Pascal, Pensées, B327).

  43. Guenièvre

    Mécréante pour cause de gavage ( mais en sens inverse de souris), je trouve cependant que les trois tentations que vous énumérez- là sont des questions essentielles dans le monde d’aujourd’hui. On peut être imprégné de morale chrétienne sans avoir la foi ?

  44. rackam

    Bien sûr Guenièvre.
    Mais c’est disposer du livre de recettes sans avoir d’appétit…

  45. … « c’est disposer du livre de recettes sans avoir d’appétit »…
    Joli. Trois étoiles au guide rouge.

  46. Il y aquatre catégories je crois : les nihilistes, les bigots, les athées et les croyants refusant l’hypocrisie. Qui que nous soyons, nous avons tendance à être attirés par les deux premières : par la grande porte.

  47. Guenièvre, Girard considère justement que le christianisme s’est imposé à tous, même à ceux qui le refuse, droits de l’homme, dénonciation du processus du bouc émissaire, etc. Le problème est que le mal est toujours là…

  48. Oui, oui, Souris, moi je les appelle les nihilistes et les hypocrites, mais je crois que ce sont les mêmes : Dawkins et Onfray par exemple.

  49. Mais beaucoup se disent agnostiques, ce qui est une façon polie de refuser d’aborder le problème.

  50. Souris donc

    La morale chrétienne, judéo-chrétienne, s’est imposée à tout l’Occident jusque et y compris ceux qui ont refusé l’inscription des racines chrétiennes dans le préambule de la constitution européenne, par peur de froisser nos nouveaux compatriotes susceptibles comme on sait.
    (D’ailleurs est-elle rédigée maintenant ?)

  51. rackam

    Tibor, on peut avoir de la curiosité à l’égard des nihilistes (à quoi cela les mène-t-il?), de l’amusement bienveillant pour les bigots ( souvent leur pratique n’est que superstition, coutume familiale, peur, routine,…), de la pitié pour les athées qui n’ont de cesse de prouver qu’ils ont raison (alors qu’ils ont aussi peu de preuves que nous du VIde de Là-Haut, encore que nous en ayons quelques unes… du Plein). À condition bien sûr qu’ils ne passent pas leur temps à nous hurler dessus, à ameuter la rousse pour nous bannir, à nous traiter de ce que nous ne sommes pas.
    Et là, droits de l’homme ou pas, je ne vois que la sulfateuse. Ce qui leur donnerait raison btw. Nous sommes
    insupportables. Mais pas infernaux. 🙂

  52. rackam

    Souris ces hooligan en Cyrillus et Burberry font froid dans le dos. Que fait la BAC?

  53. … »Mais pas infernaux. »…
    Pourtant sur ce chemin on trouve plein de bonnes intentions.

  54. Je ne crois pas qu’Onfray soit athée digne de ce nom, je l’ai déjà dit, j’aime l’approche des Amis de la Vérité qui cherche d’abord à trouver un accord sur la lumière intérieure qui nous habite, que nous appelons l’oeil par lequel nous voyons Dieu et par lequel Dieu nous voit. Je trouve que c’est un enjeu diablement important 🙂

  55. Souris,… « l’inscription des racines chrétiennes dans le préambule de la constitution européenne, »…
    Inscription souhaitée par presque tous les pays de l’Union mais refusée par la France. De quoi se sentir plus européen que français.

  56. rackam

    Onfray c’est un produit marketing. Nourri comme professeur par les Ursulines de Caen pendant des années, avant de jeter les religieuses avec la crème pâtissière.

  57. Souris donc

    @ Impat
    Quand Sarkozy a affirmé les racines chrétiennes au Puy-en-Velay, on l’accusé de chasser sur les terres du FN et de la « France des terroirs ». Autant dire beauf aviné. L’insulte.

    @ Rackam
    À condition bien sûr qu’ils ne passent pas leur temps à nous hurler dessus, à ameuter la rousse pour nous bannir, à nous traiter de ce que nous ne sommes pas.

    Chacun son truc, à condition de ne pas emmerder l’autre. Curieusement l’athéisme militant est une caricature de religion. Dogmatisme, endoctrinement, fanatisme et bienpensance. Même la chaisière de gauche est là, à lancer l’anathème, tout en prêchant les vertus chrétiennes de tolérance et de respect.

  58. roturier

    Des noms!!! Des adresses!!!!

  59. roturier

    J’ai surtout adoré « comme il a fait pour Juda ».

  60. @souris,
    l’autre jour, j’ai croisé un athée.
    Il m’a dit « Dieu n’existe pas! »
    Je lui ai demandé comment il le savait.
    « C’est Lui-même qui me l’a confié. »

  61. roturier

    C’est hormonal.

  62. Souris donc

    L’athée dit : la question ne m’intéresse pas, je suis un mammifère à peine plus intelligent que les autres, j’accepte mes limites qui seront repoussées par mes descendants.

    Et voici la chanson CULTE !

  63. Dieu n’existe que pour qui a ressenti une fois, même de façon fugace sa présence. On pourra crier au fou, expliquer que c’est une aberration, un espèce d’effet secondaire du cerveau, ce qu’on veut : on peut dire la même chose de l’émotion artistique, de l’amour, de tout ce qui donne un sens à l’existence.
    Ne pas avoir aperçu Dieu, et ne pas faire mine de l’avoir aperçu est otut à l’honneur de l’athée, comme ne pas faire mine de s’extasier devant ce que l’on considère comme étant une croute est à l’honneur de l’homme honnête et sincère.
    La véritable question est de savoir si rejeter toute transcendance dans la morale est une chose souhaitable. Pour revenir à lui et parce qu’il est vraiment difficile de faire l’impasse, Nietzsche le pensait, il la remplaçait par la volonté de puissance, par ce qui favorise la force vitale, la survie de l’espèce. Vous aurez beau dire, moi ça me donne la peau de galline.

  64. Ah, Souris que vous êtes cruelle, c’est tout ce que je ne supporte pas à la messe !

  65. Petite nature. Ce qui vous sauve c’est d’avoir quand même évoqué Nietzsche. Comment faire autrement.

  66. Sauvé par la grâce j’imagine 🙂

  67. Que faire, Tibor ; si « Dieu n’existe que pour qui a ressenti une fois…etc… » ; Il n’existe par pour moi. Heureux ceux qui peuvent se blottir dans l’utopie ; je n’en suis pas.

    Je trouve la petite séquence apportée par Souris, tirée de « La vie n’est pas un fleuve tranquille… » Excellente, parfaitement symptomatique de certaines attitudes.
    Ce n’est que ridicule, me dis-je ; pas méchant ; le ridicule ne tue pas.
    Et pourtant… « Il nous pardonnera comme il a fait pour Juda… ». La caricature n’en est pas vraiment une, le trait à peine grossi.

    Pardonner de quoi ? Inciter les gens à demander le pardon c’est déjà tenter de les rendre coupables à leurs propres yeux.
    Se racheter c’est payer une dette ; le vouloir c’est être redevable ; s’imposer une pénitence n’est rien d’autre que de se punir ; mais de quoi ? Et payer à qui ? Avoir une sensation de pureté après la pénitence est une sublimation de pulsion masochiste.

    Enfin… Je pourrais en rajouter, mais par les temps qui courent ce serait tirer sur une ambulance.
    Soyons compréhensif, me dis-je. Ayons les idées larges. Oublions.

    Mais il reste Juda. Nom choisi au hasard ? C’est par coïncidence que l’archétype du salaud et du traitre dans la mythologie chrétienne, d’autant plus haïssable qu’ayant été « pardonné », se nomme comme ça et pas autrement ?

    Juda a une sens. Une étymologie. Une appartenance ; ce n’est ni Pierre ni Paul ni Jacques. Comment oublier ?

  68. Souris donc

    Il y a dans cette séquence de prime abord une candeur attendrissante. Très bien filmée, comme un super8 d’amateur, puis ce gros plan sur Bouchitey au moment du « pardonné à Judas », l’incarnation de la bonne conscience de ce sourire plein de dents. Prêtes à mordre ? Je n’en suis pas sûre, l’antisémitisme catholique, s’il existe encore, je ne l’ai jamais perçu.

  69. Roturier, vous qui aimez l’histoire : http://misraim3.free.fr/gnosticisme/juifs_et_chretiens.pdf
    La recherche de Dieu existe aussi, à chacun sa voie, on peut effectivement nier des millénaires de spiritualité et prétendre que l’étroite raison aura balayé ça et tout le reste.

  70. Marie

    @roturier Sur le Pardon nous avons assisté à une conférence menée par le père FX Dumortier, un moment formidable car pédagogique .
    « Le pardon fait partie de tout ce qui fait un être humain social, il est lié à l’agir, et est aussi un rapport au passé.  »
    « Il n’y a pas de pardon sans bonté . Il change le pardonné.  » La foi chrétienne dit que le pardon est désintéressé pas justifié par des besoins de réparations  »
    Le pardon fait vivre et donne vie.
    Le pardon est difficile car il s’oppose à la vengeance
    Le pardon est un long cheminement vers l’autre, c’est aussi une tâche , c’est à dire dépasser ce qui revient toujours à la mémoire, refuser d’être prisonnier du passé mais y revenir pour pouvoir pardonner. « 

  71. @Souris: vous et moi, nous ne sommes peut-être pas assez antiques pour l’avoir perçu, l’antisémitisme catho (chrétien, d’ailleurs; les cathos n’en ont pas le monopole).
    Mais mes parents, si; sous des formes il est vrai indirectes. Et les leurs sous des formes plus franches.

    Effectivement imperceptible; mais la flamme est-elle vraiment éteinte sous la tête couverte de cendres?
    Quand on sait que Benoit 16 a réinstauré (une forme un peu édulcorée de) la traditionnelle prière pour les juifs (appelant à ce qu’ils puissent enfin voir la VRAIE lumière…) supprimée sous Vatican II, suppression réitérée avec vigueur par Jean-Paul II.

    Existe-il une prière semblable pour les musulmans? Non? Soucieux de leur santé, les prélats?

    L’Eglise des premiers siècles était consubstantiellement anti-juive. Il y allait de sa raison d’être. Prétendre à un changement radical serait pour le moins prématuré. J’abrège.

    @Tibor : Mais, je cherche ; je ne fais que peu de confiance à mon « étroite raison ». Je vous ferais signe si trouvé.

    Cela dit, il est UN. Non car on a tenté d’en dresser l’inventaire ; et après avoir cherché sous les lits et aux fonds des tiroirs on n’en a pas trouvé un deuxième.
    MAIS par ce que l’incompréhensible ne peut pas être scindé en plusieurs. Le mystère est ENTIER et l’entier est indivisible.

    Scinder en trois n’est qu’une facilité mnémotechnique, les païens peuvent facilement saisir ça, n’est-ce pas. Excellent marketing.

  72. Marie, heureuse êtes-vous d’avoir partagé ce moment avec F-X Dumortier, un jésuite comme on les aime: une belle intelligence, une Foi assurée, un sens pédagogique étonnant. Si vous avez le texte complet de son speech je suis preneur.

  73. … « je suis preneur. »…
    Je le suis aussi, Marie.

  74. Marie

    Les messieurs ce sont des notes 5 pages plus celle de mon mari . Bon je vais les taper ce sera mon exo de Car^me!

  75. Marie, le remord m’assaille. Simplement une photocopie, ou un résumé ?

  76. Et voici le remord. Impat nous dira 3 aveu et 4 pater.
    Je vous salue, marie.

  77. roturier

    Pardon… 3 « Ave »… Significatif, le lapsus.

  78. Marie

    pas de remord impat les premiers notes sont parties!

  79. Lisa

    C’est la caricature de la chanson « pote », je vous conseille un peu de grégorien;.

  80. Lisa

    Je vous conseille les ermons allant avec les chants sus cités.

  81. Lisa

    Ambulance…en France et en EUrope, ailleurs l’Eglise est en progression. Ah les français qui ne voient que leur petit pays….

  82. Lisa

    Très bon choix de travail de Carême, Marie, merci d’avance.

  83. Marie

    Impat , deuxième partie (mes notes) envoyées! Lisa faut il vous les passer aussi ?

  84. Marie

    J’ai aussi en stock la Théologie de la Croix 🙂 mais d’un prof de théologie de Caen.

  85. rackam

    Faut-il envoyer un chèque à impat? Prend-il la Carte American Express? Peut-il éditer une facture avec T.V.A.?Le chèque emploi-service fonctionne-t-il? Est-ce déductible du Denier de l’Église?

  86. Oui, c’est déductible du Denier du culte si vous le souhaitez, mais je ne prends que les
    chèques sans-poids sans-vice.

  87. rackam

    Merci.
    Au passage, c’est la fête d’expat aujourd’hui, ceux qui ont conservé son adresse mail…

  88. Bonne fête Expat, bon courage, reviens-nous vite!

  89. rackam

    Bon, Marie a fait son effort de Carême. À qui le tour?
    Il n’y a qu’à demander.
    Pénitences, corvées, services, économies, sacrifices, renonciations, amaigrissement, dons aux oeuvres, GPA, accueil d’un SDF roumain, soupe chaude livrée en séance de nuit à l’Assemblée, poster de Mme Taubira affiché dans sa chambre, dîner avec Harlem Désir, nuit chez Pierre Bergé, varappe à grue à Dunkerque, évangélisation de rue à Tombouctou, cinéclub avec pirate, retraite ignacienne animée par roturier, il n’y en aura pas pour tout le monde. Demandez votre lot à l’accueil!

  90. Marie

    Un papa sur un viaduc à Montpellier?

  91. @ Rackam 20/2 18H51:
    Si retraite animée par moi elle ne pourrait qu’être ignaTienne.
    Ensuite:
    Je donnerais une conférence sur la consubstantialité entre St Ignace et l’avènement simultané de l’Inquisition Espagnole, démontrant qu’il n’y a pas un sans l’autre.

  92. Erreur mon rotu. Inquisition espagnole ou non c’est au douzième/treizième siècles, et c’est plutôt saint Dominique.
    Quant à Ignace c’est fin quinzième… donc le simultané est mouru.
    Par ailleurs, on sait quand on lit un peu qu’on a prêté bien des excès à l’Inquisition qui étaient le fait de la justice seigneuriale ou populaire. C’est en revanche elle (inquisition) qui a « inventé » la défense dans un procès. Quant au nombre de condamnations à mort il aura été ridiculement petit. Sauf croisade contre les patarins. Mais ils l’avaient cherché.

  93. Lisa

    C’est quoi les patarins ?
    Sinon merci je ne savais pas que la défense venait de l’inquisition…vive la religion catholique !

    Roturier,
    Voir ou plutôt lire Jean Sévilla, « Historiquement Correct ».

  94. Patarins = cathares = bons hommes = parfaits = bogomils = albigeois.
    Secte absurde mêlée de revendications territoriales locales transmuées en élan sympathique de l’occitanisme dressé contre Paris et le Vatican. Bref des martyrs de jadis, qu’on va statufier prochainement.
    Et pourtant, leur doctrine est aux antipodes de l’air ambiant.

  95. Lisa

    Ce prêtre parle de formation pour les ados et adultes.
    Il existe déjà les parcours alpha, à essayer par Roturier pour Carême ?

  96. Lisa

    Merci, leur doctrine est aux antipodes de l’ait ambiant mais ce n’est pas grave, ils sont antipape.

  97. grandgil

    Merci Rackam d’aller par cet article contre des poncifs qui ont la vie dure, les bougres, contre le catholicisme

  98. De souverains poncifs…

  99. roturier

    @ rackam aujourd’hui 8H15:

    Pas d’erreur; sauf chez vous. Et encore, je suis poli.

    Ignace de Loyola (je me passe de « Saint » naturellement) est né en 1491, en plein Reconquista.
    L’Espagne se croyait en guerre de religion et se comportait avec le fanatisme qui convenait. En 1492, par exemple, les « Rois Catholiques » (officiellement appelés ainsi ; ça ne s’invente pas) décrétaient la conversion forcée des juifs et l’expulsion obligatoire immédiate des récalcitrants. Ainsi fut fait. Ils étaient des centaines de milliers à partir, baluchon sur le dos et mains vides, du pays qui fut le leurs pendants de nombreux siècles et j’abrège.

    Le tout assorti de mesures policières à l’encontre des « faux convertis » restés sur place, dits « judéisants » ou « marranes ». La tache fut confiée, évidemment, à l’Inquisition (je vous laisse toujours le soin de dire « Sainte »). Et accomplie avec zèle exceptionnel ; puisque des « judéisants » (parfois des vrais convertis, mais leur ascendance juive suffisait), furent traqués, « soumis à la question » (amateur d’Inquisition, vous en comprenez le sens), « jugés » (inutile d’expliquer les guillemets) et invariablement suppliciés, la méthode favorite étant la purification par le bûcher.

    J’abrège toujours.

    Ceci pendant les décennies coincidant avec la vie d’Ignace; voilà l’ambiance de son existence et la base de sa foi ; donc de sa geste.

    Moi animateur de retraite ignatienne, la question que je poserais serait donc la suivante : « Enseignement ignatien et Inquisition, même combat ? ».
    Et encore, par miséricorde ; car certaines formulations reviendraient à tirer sur une ambulance.

    Votre défense de l’Inquisition me déçoit certes mais ne m’étonne qu’à moitié.

  100. Et Sainte Thérèse d’Avila et Saint Jean de la Croix, de familles juives converties… il faut tout dire ou rien du tout…

  101. Pour aller plus loin à propos de l’Inquisition:
    http://serge-bs.over-blog.com/article-quelques-remarques-sur-l-inquisition-47755136.html
    Un peu long, très documenté, établissant la distinction entre Inquisition et Inquisition espagnole.
    Mais servant à ramener les chiffres et les faits dans le contexte de l’époque.

  102. Difficile, mais vous arrivez à aggraver votre cas, Rackam.

    Que voulez-vous démontrer par l’ascendance juive de Thérèse d’Avila et de Jean dit « De La Croix » ? (Appellation typiquement marrane destinée à éloigner les soupçons. Comme l’Arabe qui se nommerait « Dupont »).

    Vu la judéité, assumée jusqu’au dernier souffle, de Jésus et à toutes fins utile des apôtres, quoi d’étonnant que des figures de proue de l’Eglise soient d’ascendance juive ? On pourrait arguer qu’elles le sont toutes.

    Cela dit, en l’occurrence, que vaut la chrétienneté des convertis en question, acquise, au demeurant, sous la contrainte ? Sinon une expression particulièrement repoussante du syndrome de Stockholm ?

    Et non, merci, à votre proposition de « aller plus loin à propos de l’Inquisition: ». Et après quoi ? L’Opus Dei ? La banque Ambrosiano ?

    Etre croyant est une chose.
    Défendre un système politico-financier finissant, croulant sous ses contradictions, ses compromissions et ses impostures « spirituelles », en est une autre.

  103. Roturier, que voulez-vous, c’est tout de même être mauvais joueur de partir de la reconquête pour en arriver de fil en aiguille à aujourd’hui et proposer de jeter le bébé avec l’eau du bain. La légende noire de l’inquisition a été bâtie par les protestants pour discréditer l’église catholique, ils ont brûlé plus de sorcières que l’inquisition. Les conversions forcées ont toujours été monnaie courante et les juifs ont été persécutés partout, même les pierres dénonceront les juifs qui se cachent derrière elles aux vrais croyants.
    Il est par contre absolument attesté que l’inquisition a introduit la noyion de procès qui a bien des égards fut un progrès en ces temps terribles. Vous dénoncez les religions alors que sont les hommes qui portent la violence en eux, elles ont plutôt adouci les moeurs, et si l’on considère les grands génocides du XXe, l’athéisme fut autrement plus efficace dans l’horreur.
    Défendre l’église catholique et le christianisme d’une façon générale, même en étant athée comme Maurras, c’est défendre nos racines ici en Europe.

  104. Joueur, Tibor? Joueur de quoi?

    J’ai failli oublier : Rackam le 21/2 8H15 dit ceci :
    « Quant au nombre de condamnations à mort il aura été ridiculement petit. Sauf croisade contre les patarins. Mais ils l’avaient cherché. »

    Soumis à la question (enfin…virtuellement, don Inquisition chérie n’est plus en état de nuire) il explique à 9H05 :« Patarins = cathares = bons hommes = parfaits = bogomils = albigeois. Secte absurde….. ».

    On parle donc bien du massacre des albigeois et des autres. D’après Rackam c’est donc une secte absurde qui l’avait bien cherché.
    Naturellement son discours s’inverse s’agissant de l’ethnocide perpétré contre les vendéens et les Chouans (et d’autres) par la République. Des chrétiens légitimes (donc cathos) peuvent légitimement massacrer des « sectes absurdes », mais c’est interdit aux anti-cléricaux.
    Comme quoi, une secte est absurde lorsqu’elle est celle des autres.

    Serait-ce inconcevable de postuler que la secte la plus absurde a son siège à Rome? Un martien au regard anthropologique sur la Terre pourrait bien le penser.

    Et puisque Rackam démontre qu’elle n’a rien oublié et rien appris, elle continue à bien le chercher.

  105. Lisa

    Roturier, vous êtes de mauvaise foi.

  106. Lisa

    Enfin je pense, escusez mon abrupté…

  107. roturier

    Abruptitude, Lisa. Soyez moderne.
    Ce mot convient aussi au « renoncement » du pape.
    Pa si surprenant vu les raisons invoqué dans la presse de ce matin.
    J’adore.

  108. roturier

    Quand je définissais la position de Rackam comme
    « Défendre un système politico-financier finissant, croulant sous ses contradictions, ses compromissions et ses impostures « spirituelles »….. ».
    Je na savais si bien dire.

  109. Plus je lis roturier plus je pense au quatrième Dalton. Le plus grand. Hispano-grec.
    Lequel m’avait signifié de ne plus lui adresser la parole (sic) sur un site en « C ».
    Il avait ressurgi ici dans les fourgons d’une paradisiaque ordurière.
    J’applique donc le principe de précaution.
    Je me tais.

  110. Ces guillemets dans « renoncement » du pape rappellent ceux de « victoire » française écrit ici voici quelques jours. La marque de dépit ressenti quand on mentionne des notions un peu trop nobles pour qu’on soit capable de les atteindre.

  111. @Rackam: j’ignore tout de ce Dalton et je n’ai rien d’hispano-grec. Jamais intervenu sur le site en « C » que je devine être « causeur » vu les fréquentes mentions ici. L’idée ne m’effleure pas de vous signifier de ne pas m’adresser la parole, bien au contraire. Que nous ne soyons pas d’accord ne m’empêche nullement d’avoir de la sympathie à l’égard de vos certitudes. il en faut; SANCTA SIMPLICITAS… Et je suis étranger à la paradisiaque en question, elle ne me dit rien, je n’ai jamais signé ici autrement que « Roturier ».

    @Impat: votre position de Maître des lieux ne vous empêche nullement hélas, que je constate, de faire dans le AD HOMINEM. Dommage. Mauvais exemple. Il y va de la noblesse comme des bonnes intentions.

  112. Souris donc

    « Serait-ce inconcevable de postuler que la secte la plus absurde a son siège à Rome? Un martien au regard anthropologique sur la Terre pourrait bien le penser. »
    (Roturier)

    Le Christianisme est une secte qui a réussi, je ne sais pas de qui est ce trait d’esprit. Quoi qu’il en soit, ouvrez le Figaro de ce jour, l’article de Chantal Delsol y répond.
    .
    Qui veut éradiquer la chrétienté ?
    …Eradiquer le chrétienté, ce serait tuer la culture même qu’elle a façonné, comme si on voulait éradiquer entièrement chez un individu la francité ou la germanité. On en ferait un zombie. Ainsi s’attaque-t-on aux symboles qu’on croit les plus forts…laissant entendre par mille subterfuges que le christianisme a marouflé sur le culture occidentale toutes sortes de coutumes superficielles qu’il suffirait d’éliminer pour qu’enfin nous sortions de l’obscurantisme, de l’intolérance et du machisme. Mais qu’est-ce que la culture occidentale, sinon ce que le christianisme en a fait ? […]
    Chaque fois qu’on a tenté d’éradiquer le passé, le résultat n’a pas été une nouvelle culture, sortie du néant et débarrassée des scories précédentes, mais la sauvagerie nue.

  113. Belle citation, Souris.
    La chrétienté, c’est davantage qu’un passé, c’est notre Histoire. Nous nous confondons en elle. Nous tous.

  114. roturier

    Essayez de placer ici un texte violemment anti-catho.
    Je le descendrai en flammes (enfin… dans la mesure de mes modestes moyens).
    Je ne suis pas anti-catho mais anti-doxique.

    Je croyais que l’antidoxie c’était ça. Et quoi de plus doxique que la doxa? Entre autres (pas la seule, mais avec un considérable potentiel de nuisance) la catholique?
    Et ne venez surtout pas prétendre que ça n’en est pas une; cela voudrait dire que vous êtes antidoxiques sauf lorsque la doxa est la vôtre.

    Mais, il est vrai que c’est un peu facile. Et sans risque. L’Islam version chi’ite, ça vous dit?

  115. Guenièvre

    Enfin, roturier, quoi de plus dans l’air du temps ( du temps qui dure depuis quelques dizaines d’années ) quoi de plus doxique comme vous le dites que de critiquer la religion catholique ? C’est chic, c’est branché, ça ne déclenchera pas d’émeute .Non, je ne suis pas d’accord avec vous : le texte de rackam est tout à fait à sa place sur Antidoxe.
    Très beau texte de Chantal Delsol, souris !

  116. @ Guenièverissima.

    La question si le catholicisme démonstratif à la Rackam est, aujourd’hui en France, doxique ou antidoxique, je n’ai pas la prétention de pouvoir l’aborder sérieusement ici. Donc je m’abstiens.

    En revanche il y a une autre: ce site dénommé « antidoxe », est-il doxique ou antidoxique?

    L’uniformité des opinions, tous sujet confondus, est flagrante et le débat ne porte que sur des broutilles, souvent prétextes à un feu d’artifice verbal.

    Ma modestie légendaire m’empêche hélas de prétendre être l’unique véritable antidoxien dans le lot. Ce fil en est un exemple parmi d’autres.

    Ce n’est nullement une critique, mais un constat désabusé: on prétend souvent que l’Internet permet un débat général qui serait impossible autrement. Mais, naturellement, on se trouve vite enfermés dans des ghettos idéologiques ou intéressés avec le type d’indéniable uniformité constatée ici.

    Je m’en vais participer au forum des fan de l’OL (Lyon, pas l’autre). C’est moins uniforme.

  117. Souris donc

    Roturier, je crois que vous faites un contresens sur le mot doxa. Nous sommes antidoxiques, ou nous essayons de l’être, au sens où nous allons à contre-courant des idées reçues dominantes. Nous faisons partie de la réacosphère et nous assumons. Relisez la charte : ce que nous ne voulons en aucun cas, c’est le défoulement.
    Si vous rêvez d’une guerre civile, d’une blogwar interne, où les gens s’insultent les uns les autres, on peut vous fournir des adresses.

  118. Ou ça, Souris ? 🙂

  119. Souris, votre 23/2 10H53 « Nous faisons partie de la réacosphère et nous assumons… »
    Confirme intégralement mon 23/2 10H08.
    Votre « Nous » déclare le ghetto et la suite en délimite le périmètre.
    Merci donc Souris donc.

  120. Souris donc

    La guerre du rap est archétypale. Pour un motif futile que tout le monde a oublié, les 3 rappeurs, du même ghetto, parfaitement interchangeables dans leur mode d’expression, leurs critiques sociales (d’opérette, mais ça rap-porte gros) en viennent à se rapper mutuellement des insultes (petite bite et autres gracieusetés). Puis à se cogner dessus par bandes interposées. Maintenant ils se jettent leurs casiers judiciaires à la figure. Et un rappeur sociologue du dimanche analyse : le rap est en déclin.
    J’espère que la réacosphère n’est pas en déclin.
    Le seul fait de se démarquer constitue-t-il en soi une preuve d’indépendance d’esprit ? Ce serait trop facile. Il suffirait alors de prendre le contrepied du commentaire précédent. C’est ce qui se passe parfois, hélas.

  121. Me confondre avec Booba… ou l’autre Roh2f… Vraiment, Souris? Je ne vous crois pas…
    Ce qui est excessif est insignifiant. .
    Enfin… à la limite, c’est mieux que le rôle de Bouchitey dans « La Vie etc… ».
    J’y verrais bien Rackam.

  122. Roturier, savez-vous qu’il est possible de critiquer sans être désagréable ? Si,si, je vous assure. Vous devriez essayer, au moins une fois, pour voir.

  123. roturier

    Impat, savez-vous qu’il est possible d’être critiqué sans plonger dans le Ad-Hominem?

  124. Souris donc

    Je ne vous confonds pas avec les rappeurs, ce n’est pas le propos.
    J’essaie de dire qu’un blog suscite une proximité, attire des personnes qui veulent échanger, mais que si on cherche à échanger des coups au lieu d’échanger des idées, c’est du défoulement qui n’apporte rien au blog.

  125. Guenièvre

    @ souris,
    « Le seul fait de se démarquer constitue-t-il en soi une preuve d’indépendance d’esprit  »

    Vous avez raison Souris, on ne va pas se mettre à critiquer systématiquement pour apparaître « antidoxien ». Ce genre d’attitude qui tient du réflexe est exactement le contraire de la réflexion.

    Allez ne soyez pas modeste, roturier, assumez : vous êtes le seul et unique antidoxien ici, heureusement qu’on vous a , il faudrait vous remercier ? vous tresser une couronne ? vous décerner une médaille d’honneur ? vous désigner comme membre honoraire ? vous voulez que l’on indique sous le titre du blog  » avec la participation exceptionnelle de roturier » ? Dites le nous, à nous qui entrevoyons à peine une lueur là où vous nagez en pleine lumière ! 🙂

  126. roturier

    OUI !!! ABSOLUMENT !!!

    Et désormais, puisque Impat me reproche (22/2 14H34, ma réaction du 22/2 15H48), vu que je ne suis pas de son avis, un manque de noblesse, je m’appellerai désormais « De La Roture ».

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