Colère

A quoi mène notre colère ?

 On les entend, ceux qui nous conseillent de laisser tomber, ceux qui affirment que « c’est plié », ceux qui s’étonnent qu’on manifeste tant contre un projet qui « ne change rien ». Avec la cohorte des tièdes et des peureux, des anti-catholiques viscéraux et des amalgameurs pour qui il suffit d’un manifestant encarté au FN au GUD ou à Civitas pour qu’un cortège entier soit fasciste.

Si l’on ajoute les manœuvres du pouvoir, visant à radicaliser le mouvement en provoquant l’écoeurement par le déni, le décompte, le dégazage… Pour mieux couper les meneurs et jusqu’au-boutistes de la base tranquille, légaliste, familiale. Bien joué Manuel, tes années de trotskysme t’ont bien profité, tu connais la tectonique des foules.

Ce ne sera donc pas à ceux qui croient que c’est perdu, ni aux féaux des cinquante propositions de F. Hollande, pour qui elles pèsent plus que les dix commandements (« il faut les mettre en pratique puisqu’il les a promises… », ce qui a une connotation tautologique exquise) que ce billet s’adresse.

Mais d’une part à ceux et celles qui se sont mobilisés et risquent le découragement ou la radicalisation, et, d’autre part, aux badauds des forums et blogs qui se disent lassés de voir que le sujet ne cesse de susciter articles et commentaires.

Au risque de fâcher ces derniers, et de paraître redondant aux premiers, voici trois raisons de ne pas mettre la colère en veilleuse. J’ai dit colère et non indignation, on a sa fierté, merde quoi !

1.      Le sujet est important

2.      Le sujet est révélateur

3.      Le sujet est porteur de renouveau.

1. D’abord, le plus facile, le plus pénible pour les aguerris : le sujet du « mariage pour tous » est important. J’entends les « on le savait » d’un côté, les « bof » au centre, les « mais non, mais non » ailleurs.

La vie, l’enfant, la filiation, la recherche des meilleures conditions pour qu’un enfant s’accomplisse, la mise au point de lois et normes qui garantissent (si tant est qu’elles le puissent) un environnement favorable à la croissance physique, psychique et affective de chaque jeune pousse sont des préoccupations qui vont tellement de soi qu’on finit par ne plus y penser. Et quand il ne pense plus à quelque chose, l’homme a tendance à décréter que cela n’est pas important. Car il est souvent dans un processus d’autojustification procrastinatoire et cocoonant…

Bref, on avait abouti à ne plus trop penser à aider l’enfant à marcher tant on avait multiplié les béquilles autour de lui. Or ce sont certaines de ces béquilles qui ont tiré le signal d’alarme à propos de la loi Taubira. Professionnels de l’enfance, psychologues et psychiatres, services d’aide à l’enfance, établissements d’éducation spécialisés etc. Leur message était clair : certains sont déjà dans un pétrin compliqué, n’ajoutons pas à leur trouble en brouillant les pistes de la filiation, poutre maîtresse de leur reconstruction.

Car c’est bien sur le sujet de la filiation, plus que sur la défense du mariage hétérosexuel que le retournement de l’opinion s’est fait et se poursuit.

Pour donner un point à ceux qui affirment que cette loi ne changera rien, reconnaissons que le fait que deux hommes soient mariés à la mairie ne bouleverse pas l’équilibre de la société, du moins dans les faits. Pour les symboles c’est autre chose, or les symboles sont l’armature des lois et comportements. Mais si l’on n’est pas sensible aux symboles, on peut très bien affirmer sans honte que, statistiquement et factuellement, le mariage de femmes entre elles ne sape pas la société. Du moins à court terme…

Pourtant, aux défenseurs de l’historicité du mariage homme-femme, en référence ou non à la Bible ou à d’autres textes « sacrés », sont venus s’agréger ceux et celles qui ont souci de donner à tout enfant les meilleures chances de s’épanouir. Et cela fait du monde, croyant ou non, de droite ou non,  directement impacté par le sujet ou non. De partout se sont donc élevées des voix, compétentes ou interpellées, pour dire : non. Si le sujet n’avait pas été important cela ne se serait jamais produit.

2. Et voilà le second caractère de ce thème : il est révélateur. Mais de quoi ?

Tout d’abord, d’une capacité de la société civile, ni encartée  ni militante, à s’emparer d’une idée, à inventer des structures qui la porteront, à fédérer des courants de pensée divers, et parfois opposés sur d’autre sujets (sur l’euthanasie on ne retrouvera pas tout le monde …). Merci internet, merci aussi à la capacité de certains anonymes à donner temps, locaux, disponibilité, créativité pour rendre possible et joliment structuré un mouvement qui avait tout pour partir dans tous les sens au départ.

Ensuite, c’est révélateur d’une inquiétude de très nombreuses personnes quant au fractionnement de la société, encouragé par les lois, en divers groupes et communautés. Avec les risques de repli sur soi, d’incapacité à vivre avec les autres, d’étiolement du savoir-vivre ensemble, d’édification de herses et chevaux de frise pour « se défendre » etc. L’éclatement en factions, sport typiquement gaulois, menace la paix, la santé de chacun et de l’économie, l’avenir.

Cette loi, dictée par la satisfaction à donner à une petite clique bruyante et surmotivée, qui ne représente que très mal la majorité de ceux qui se définissent comme homosexuels, inquiète ceux qui pensent que toutes les façons de mener sa vie sont tolérables, mais que certaines assurent, mieux que d’autres, l’avenir d’une société, le bien-être général, l’harmonie des générations…

C’est une loi clientéliste. Or, le réveil de certains, d’où qu’ils viennent est probablement dicté par le refus de ce clientélisme. La multiplication de lois faites pour calmer ou flatter tel ou tel pan de la société aboutit à ce que nous vivons de plus en plus dans une « dictature sournoise » où tout ce qui n’est pas interdit devient obligatoire.

Alors, les lignes bougent. Les méfaits mortifères d’un individualisme grégaire (je défends mes intérêts avec ceux qui ont les mêmes), d’un libertarisme des mœurs (chacun fait ce qu’il veut avec qui il veut, où il veut etc.), d’un instantanéisme ravageur (je veux tout de suite ce dont j’ai envie, je veux aussi pouvoir ne plus en vouloir dans une minute, mon avis instantané compte plus que ma structuration à long terme), ont donné à réfléchir à ceux et celles qui suivaient jusque là, ronchonnant parfois, approuvant souvent, ignorant très souvent où l’on voulait les mener et pour quoi y faire.

Le cocktail gangrenant d’un socialisme clientéliste et formatant les esprits (l’homme nouveau que l’on veut « fabriquer ») et d’un libéralisme dont les excès heurtent les consciences même de ceux qui s’en sentent proches (marchandisation des corps, humain comme variable d’ajustement, recherche de profits maximum au détriment d’un bien-être optimum partagé, financiarisation, virtualisation de l’économie, opulence écœurante juxtaposée à misère révoltante,…) a fini par faire sauter les barrières idéologiques bien commodes derrière lesquelles les moutons que nous sommes parfois se sont laissé parquer.

Voici donc que chrétiens engagés, chrétiens de biotope, musulmans et juifs, athées et agnostiques, hommes et femmes de gauche, de droite ou de nulle part se retrouvent pour dire ensemble : attention, on joue-là avec le vivant, le fragile, on met en danger l’essentiel au nom d’un accessoire caprice d’adultes gâtés.

3.      Dès lors, ce mouvement peut s’avérer prometteur.

Peut-être bien ces retrouvailles entre personnes que les clivages imbéciles des habitudes avaient éloignées les unes des autres vont elles permettre de recoudre le tissu social que cette loi menace de morceler un peu plus. Ce sursaut de la société civile, heureusement ou non rejointe par les partis politiques et autres associations, peut se révéler annonciateur d’une nouvelle façon de penser puis de réaliser la société dans laquelle nous voulons que vivent nos descendants et ceux de nos concitoyens.

Car, ce qui semble la marque du mouvement qui vient de naître est le souci du long terme. En rupture complète avec la surconsommation du stupéfiant de base de la politique depuis des décennies : l’immédiateté, le court terme, la loi (ou l’absence de réaction) dictée par la perspective d’une proche élection…

Lorsque l’un des porte-paroles de la Manif pour tous, engagé depuis longtemps aux côtés des plus faibles (les handicapés par excellence) propose de réfléchir, par-delà les frontière factices des étiquettes que nous nous sommes collées à nous-même ou les uns aux autres, à une « écologie humaine », c’est de cela qu’il s’agit.

Les principes de précaution appliqués aux céréales, à l’alimentation, aux jouets, etc. ne s’appliquent pas à l’humain et au social. Étrange, non ? Plutôt que de s’acharner à façonner un homme nouveau, conforme aux dogmes et panthéons clivants des uns ou des autres, si nous essayions de formuler le cadre dans lequel l’humain s’épanouirait le mieux dans les années et même les siècles à venir ?

Cette réflexion en est encore à ses balbutiements, il est trop tôt (et peut-être inutile) pour lui donner forme, structures, noms et programmes. Mais, ce mouvement de l’hiver 2012/2013 porte en lui cette possibilité que se parlent, se rencontrent, et s’attellent à une construction commune des personnes et des  groupes que de factices lignes édifiées par on ne sait qui faisaient paître dans des prés séparés.

Réfutons les questions de personnes, de leadership, de préséance, acceptons les bonnes volontés d’où qu’elles viennent pourvu qu’elles soient sincères, c’est à dire animées d’une volonté de réfléchir, de créer et non de rapetasser de vieilles idéologies qui pendent à leur cou comme des hardes loqueteuses. Donnons-nous du temps, de la bienveillance, des encouragements, de la persévérance face aux échecs et divisions qui ne manqueront pas. Restons fidèles à nos engagements anciens s’il le faut, mais faisons place, parmi nos conforts et routines, à une nouvelle façon de travailler avec l’autre, le tout autre, remisant nos préjugés et nos craintes au grenier de nos infécondités passées.

Il y aura des slogans tartes, des porte-parole agaçants, des tensions pénibles, des adversaires redoutables (y compris notre découragement, nos peurs), des temps morts et des déceptions. Mais, flûte, l’édification d’une société durable, rassemblée, amicale, douce avec les faibles, respectueuse des forts, généreuse, accueillante et créative, ne vaut-elle pas la peine qu’on renonce à des habitudes et cadres de pensée qui n’ont pas fait leurs preuves pour construire, brique à brique, une société dans laquelle nous aimerons vivre et faire vivre les générations futures ?

Les cortèges bigarrés, mélangés, si divers de dimanche dernier et du 13 janvier, et ceux qui viendront ne sont-ils pas l’annonce du fait que cette coproduction d’un bien-être partagé, par des gens ordinaires mais qui se sentent responsables, est possible, souhaitable, bénéfique ?

75 Commentaires

  1. grandgil

    D’accord, Rackam, mais il faut impérativement que tout cela débouche sur une réflexion et une remise en question profonde et globale de notre société, et non une remise en question « un petit peu » ou « par bouts ».
    Cette remise en cause de la filiation, mais pas seulement, car derrière c’est une remise en cause de la famille, elle vient d’où ? Du matérialisme roi, qui touche tout le monde, du darwinisme social, des idéologies qui d’où qu’elles viennent sont morfifères.
    En tant que catholique, quel est l’autre problème ? Principal, évident. C’est bien beau de parler d’écologie humaine, de ci, de ça, d’altérité, très bien, bravo, mais vivons le ! Vivons le enfin ! Or pour l’instant les catholiques sont timorés, et pensent encore pouvoir vivre selon la même absence de valeurs que les autres

  2. Guenièvre

    @ rackam, je n’enlèverai pas une virgule à votre texte.
    @ grandgil, je ne rajouterais pas de virgule au texte de rackam.

  3. Guenièvre,
    merci doublement,car je l’ai écrit en pensant précisément à vous et à ceux qui « viennent d’ailleurs ». Que pouvais-je dire (que je pense vraiment et non comme un exercice de communication) qui puisse être en accord avec les raisons qui animent ces « extra-terrestres » ( 🙂 )?
    Grandgil,
    je suis d’accord avec vous aussi. Ce n’est pas par timoritude que je ne vais pas plus loin. C’est parce que le moment me semble opportun pour échanger sur l’analyse, avant de passer aux propositions. Si nous percevons la même chose, que nous lui attribuons un même coefficient de gravité, alors nous pourrons, les uns avec les autres, mettre au point le comment.
    Sur le point particulier des catholiques, je vous suis également. Mais lorsque j’ai, avec ma brutalité coutumière, dit quelque chose comme cela, je me suis fait excommunier par plus d’un, ici même.
    J’ajoute que, sur le point du « vivons » que vous évoquez, des nouvelles de Rome, ce matin, me laissent penser que bien des choses vont être dites, proposées, faites dans les mois à venir.
    Patience, Grandgil, les lions sont à nos portes, mais Daniel est dans la fosse…

  4. grandgil

    A Guenièvre,
    Qu’est-ce qu’on veut ? Se faire plaisir ? Ou remettre le système tel qu’il est profondément en question. Rackam parle de clivage, mais concernant la famille, la filiation, la morale individuelle, et commune, il n’y a strictement aucune différence entre ce qui est véhiculé par la gauche, et ce qui est véhiculé par la droite, l’attitude de l’UMP étant ici exclusivement électoraliste.
    Les problèmes ne datent pas de Hollande, ne datent même pas de Mitterrand. Ils proviennent du fait que nous sommes dans une société qui prone l’individualisme tout puissant, et pose l’égoïsme en valeur reine. Mais cela, beaucoup refuse encore de le voir, un peu comme le jeune homme riche de la parabole qui aime bien ce que dit Jésus mais qui n’a pas envie de quitter un certain confort intellectuel et matériel…

  5. Guenièvre

    @ grandgil,
    rackam vous a répondu pour moi :

     » le moment me semble opportun pour échanger sur l’analyse, avant de passer aux propositions. Si nous percevons la même chose, que nous lui attribuons un même coefficient de gravité, alors nous pourrons, les uns avec les autres, mettre au point le comment. »

    il ne faut jamais brusquer les choses…

  6. Guenièvre (12h47), est-ce volontairement que vous commentez Rackam au futur et Grandgil au conditionnel ?
    À tout hasard j’ajoute une virgule, avec un 🙂

  7. Guenièvre

    @ rakam,
    Votre texte que je trouve vraiment excellent, très clair et très complet ( je ne fayote pas, je vous assure 🙂 ) tel qu’il est écrit je vais l’envoyer à deux ou trois amis que j’ai encore dans l’E.N parce que je sais qu’ils risquent fort de l’apprécier. Mais dans la tradition de la maison E.N. je sais bien que toute allusion trop appuyée au catholicisme aurait été rédhibitoire…

  8. Guenièvre

    Mais non, Impat, c’était un hasard 🙂 !

  9. rackam

    Vous trouvez mon texte sans « c »? raCkam… 🙂 🙂 🙂

  10. Très, Rackam, ainsi personne ne sera à vec »c ».

  11. rackam

    Ces « c »!

  12. D’accord, c ta c.

  13. Marie

    Il va falloir c’est évident remuer les tièdes et ramener une fraction de cathos dont des prêtes dans le bon chemin. Notre évêque a reçu des lettres de menaces et d’injures pour avoir pris fermement position contre ce projet de loi.

  14. Guenièvre

    je le touve vaiment exellent, tès clai et tès complet ! 🙂

  15. rackam

    Vos amis sont aux Antilles?

  16. grandgil

    Goldman Sachs Signs Amicus Brief in Supreme Court Case on Marriage Equality
    27 FEB 2013

    Goldman Sachs is proud to be a signatory to the amicus brief filed by Gay & Lesbian Advocates & Defenders (GLAD) on behalf of Edith Schlain Windsor et al. The brief was filed on February 27, 2013 and highlights the burdens and challenges imposed on employers in the application of the Federal Defense of Marriage Act (DOMA).

  17. Voilà ce qu’a dit Mme baleine à Mr baleine devenu trop entreprenant.

  18. Florence

    Rackam,
    j’aime beaucoup votre texte auquel je souscris complètement. .
    Je comprends aussi l’impatience de Grandgil même si je ne la partage pas. L’impatience de Grandgil nous en avons besoin. Nous avons besoin de tous. Les slogans un peu gnagnan m’agacent un peu ( papa maman, ce n’est pas vraiment mon style de vocabulaire ) mais je regarde ceux qui les apprécient avec bienveillance tout comme j’espère être regardée avec la même bienveillance en retour ( j’ai été de ceux qui ont crié « Hollande Démission » et qui ont voulu aller sur la Place de l’Etoile pour braver l’interdiction) . Pour aller plus loin, nous avons tous besoin des autres, sans exception.

  19. Florence

    J’ai aussi lu ce texte tiré d’Atlantico et je dois dire que moi aussi, j’en ai assez de cette société sans âme.

    http://ac.matra.free.fr/FB/20130325ame.pdf

  20. roturier

    Très bien dit, Rackam.

    Reste à signaler :

    « Dégazage » est un sport pratiqué au large des côtes bretonnes et non le fait d’utiliser du gaz sur des gens. Ce dernier s’appelle « gazage » et je conteste son utilisation irréfléchie ici vu ses connotations historiques ; rien à voir avec le reflexe professionnel de qq flics face à un mouvement illégal de foule en passe de devenir incontrôlable.

    Trotskyste, Manuel? Vous gagneriez à éloigner un discours par ailleurs excellent des poncifs propagandistes.

    Je ne puis qu’applaudir au distinguo entre colère et indignation.

    Certains passages frisent le crier Victoire. Ce serait oh combien prématuré.

    L’éclatement en factions, sport typiquement gaulois ? Moi qui ai copieusement traîné mes guêtres ailleurs qu’en Gaulle je ne connais rien qui soit typiquement gaulois. Chez les juifs (exemple au hasard) on dit « deux juifs, trois opinions ». Partout pareil.

  21. Rackam, absolument d’accord avec vous ! Ce mouvement est important, l’acharnement du pouvoir médiatique et de ceux qui sont aux affaires à le minimiser et à le ridiculiser en est la preuve.
    Merci pour ce texte optimiste, nous en avons besoin.

  22. Roturier, en Israël s’il vous plait. Les Juifs français sont chez eux en France.

  23. Guenièvre

    Voilà ce que c d’être prê c. C’était cen c être sans c et sans r. C raté !

  24. QuadPater

    Très beau discours, très motivant ! Si vous acceptez les républicains sans dieu, je suis à vos côtés !

  25. grandgil

    « L’humanité est-elle menacée de mort, oui ou non? Ce qu’on veut nous faire prendre pour la crise du régime capitaliste n’est-elle pas une crise de la civilisation toute entière? Non pas que nous ayons jamais pensé à identifier capitalisme et civilisation. »
    Georges Bernanos, La France contre les robots.

  26. Guenièvre

    Sur votre premier point : le sujet de la filiation est important. Il me semble que lorsque l’on a pris conscience de cette importance les deux autres points suivent. Une société n’est pas une juxtaposition d’ électrons libres qui se construisent par simple immersion .
    Et si la prise de conscience se fait en ce moment c’est parce que ce coup porté aux liens de filiation arrive après de nombreux autres , perte de l’autorité paternelle, jeunisme ( manière d’inverser le rapport traditionnel entre les générations ) et que l’on voit bien que ce serait le coup de grâce !

  27. Certes. Mais quel rapport avec mon commentaire? J’ai dit « chez les juifs ». C’est vous qui donnez à ça une connotation géographique.

  28. roturier

    NOUVEAU MOT de Jean d’Ormesson.

    > INAPTOCRATIE : Système de gouvernement où les moins capables de gouverner sont élus par les moins capables de produire. Système de gouvernement où les moins aptes à subvenir à eux-mêmes, sont récompensés par la confiscation des fruits du travail de producteurs en diminution continuelle.
    >
    > Il n’y a pas lieu de désespérer parce que comme l’a dit Margaret Thatcher : « Le socialisme ne dure que jusqu’à ce que se termine l’argent des autres », ou comme l’a dit Winston Churchill :  » Les socialistes, c’est comme Christophe Colomb, quand ils partent ils ne savent pas où ils vont et, quand ils arrivent, ils ne savent pas où ils sont. »
    > D’où l’invention du GPS : Guide Pour Socialiste.
    >
    A l’école primaire des socialistes , on apprend les 4 opérations :
    >
    > – L’addition des impôts
    > – La soustraction des revenus
    > – La multiplication des fonctionnaires
    > – La division du travail.

    > Aux élections prochaines, votez pour Ali Baba, au moins vous serez sûrs de n’avoir que 40 voleurs !!!

  29. Guenièvre, l’objectif de cette manipulation de longue haleine (perte de l’autorité, l’enfant au centre, mariage gay, PMA etc) c’est l’enfant sans père et sans repère.
    Manipulable par les « archies » (olig, en, ..), les  » craties » (plouto, géronto, démo-pop, etc.) qu’elles soient libérales-marchandes ou socialo-homme-nouveau. L’enfant-soldat du Congo (ou Cambodge, ou ailleurs) est l’annonce de ce qui attend les nôtres si on laisse faire.

  30. Guenièvre

    @ rackam,
    J’ai toujours eu du mal avec les  » théories du complot » . Je ne crois pas que la « manipulation » soit un objectif déclaré et voulu au départ ( même si certains ont tout de suite vu l’intérêt de la chose ) .
    Je pense plutôt que le processus qui a été engagé est celui de la progressive recherche de l’autonomie de l’individu qui est aujourd’hui devenue folle. La liberté a été comprise comme le fait de « se déprendre » de toute attache pour enfin « être soi-même » jusqu’à vouloir retirer à l’homme les matériaux et les point d’appuis dont il a besoin pour se constituer.
    Vous avez dans « Les Mots  » de J.P.Sartre un passage très intéressant où il dit ceci :
     » Pourquoi donc le passé m’eût-il enrichi ? Il ne m’avait pas fait, c’était moi au contraire, ressuscitant de mes cendres, qui arrachais du néant ma mémoire par une création toujours recommencée…..J’ai beau me mettre tout entier dans ce que j’entreprends, me donner sans réserve au travail,à la colère, à l’amitié, dans l’instant je me renierai, je le sais, je le veux et je me trahis déjà, en pleine passion par le pressentiment joyeux de ma trahison future…Quand je remontais la rue Soufflot, j’éprouvais, à chaque enjambée, dans l’éblouissante disparition des vitrines, le mouvement de ma vie, sa loi et le beau mandat d’être infidèle à tout. »
    Etre libre c’est s’arracher à toutes les attaches affectives et aujourd’hui biologiques . Vous avez lu NVB sur Causeur :  » Ce qui fera filiation désormais c’est la parenté sociale !  » celle que l’on peut choisir finalement et que l’on pourra renier un jour après tout et non plus le « donné biologique « , insupportable parce que « donné » et irréfutable.
    On doit « s’auto- construire », si on pouvait s’auto-engendrer ce serait encore mieux…ne devoir rien à personne !
    Mais peu importe les raisons finalement, certains ont bien vu le parti que l’on pouvait tirer d’un tel individu isolé et solitaire …

  31. Guenièvre,
    je ne pense pas complot mais sédimentation. Depuis Rousseau, chaque génération voulant épater la précédente, ajouter sa « création », déconstruire plus avant. S’il n’y a pas de plan d’ensemble, le résultat est alors d’autant plus navrant. Comme dans l’art, s’il n’y a plus rien à inventer dans la société, il reste toujours de quoi détruire.

  32. Florence

    Guenièvre
    vous écrivez « On doit « s’auto- construire », si on pouvait s’auto-engendrer ce serait encore mieux…ne devoir rien à personne ! ».
    Vous touchez, à mon avis, du doigt Le truc : je n’existe que par moi même et je ne dois rien à personne.
    Ce que chez les Chrétiens nous appelons le péché d’orgueil. L’agnostique (ou l’athée) éclairée que vous êtes ne manquera pas de comprendre pourquoi l’orgueil a été classé parmi les sept péchés capitaux, c-à-d les péchés dont découlent tous les autres.

  33. Florence

    C’est vrai que chaque génération veut imprimer sa marque et c’est très bien comme ça. Mais le problème actuel, c’est l’inspiration. Par manque d’Esprit, cette génération au pouvoir est totalement dénuée de créativité. D’où ce mouvement déconstruiviste ( ça existe comme mot ?), l’expression du nihilisme.
    Ce qui me fait plaisir, ce sont les jeunes. Beaucoup de jeunes d’une vingtaine d’années à la manif, avez-vous peut-être remarqué.
    Un mouvement de renaissance ?

  34. Marie

    @Guenièvre

    si on est pas parano on le devient en écoutant ceci

  35. Marie, merci pour ce lien. J’ai réussi à incorporer la vidéo dans la page (voir ci-dessous).

  36. « Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous ! »
    Citation de la Bible, épitre de Paul aux Romains, chapitre 1 verset 22. Texte cité ici.

  37. Marie

    Merci à vous Patrick, je pense que beaucoup de gens ne pensent pas que c’est à ça qu’on veut en venir!

  38. \[
    \begin{aligned}
    \dot{x} & = \sigma(y-x) \\
    \dot{y} & = \rho x – y – xz \\
    \dot{z} & = -\beta z + xy
    \end{aligned}
    \]

  39. Zut, ça ne passe pas désolé…

  40. \[
    \begin{aligned}
    \dot{x} & = \sigma(y-x) \\
    \dot{y} & = \rho x – y – xz \\
    \dot{z} & = -\beta z + xy
    \end{aligned}
    \]

  41. \[
    \begin{aligned}
    \dot{x} & = \sigma(y-x) \\
    \dot{y} & = \rho x – y – xz \\
    \dot{z} & = -\beta z + xy
    \end{aligned}
    \]

  42. Bonjour Skarda, de quoi s’agissait-il en gros?

  43. Utilisation de Mathjax sous WordPress…

  44. Manif pour tous : Mais que fait la police ? Un échange téléphonique d’un journaliste avec la préfecture de police.

  45. Joyeuses Pâques à tous, chers amis, que ceux que j’ai pu offenser me pardonnent comme je ne tiens rancune à aucun d’entre vous.

  46. Merci Skarda, Joyeuses Pâques à vous et à tous.

  47. Florence

    Merci et joyeuses Pâques à tous !

  48. Merci à beaucoup.
    Que cette journée soit l’occasion de nous interroger sur ce qu’est la joie, sur les efforts que nous consacrons à son avènement, sur la place qu’elle occupe dans nos jours.
    Que la vraie Joie soit votre compagne, des jours avec et des jours sans.
    Soyons en amitié, en intimité avec ce qui procure un Bien durable, contagieux, enthousiaste.
    Joyeuses Pâques à tous, croyants ou non; certains fêtent aujourd’hui le jour où la mort a été vaincue.
    Que tous y lisent un message de paix et d’espérance.

  49. Un peu tard, mais tout de même, joyeuses Pâques à tous !

  50. QuadPater

    Un peu tard, mais tout de même, joyeuses Pâques à tous !
    Je viens de réaliser que mon nom signifie « de Pâques ». On ne me l’avait pas dit au catéchisme, pfff…

  51. Joyeuses Pâques, Quad, j’espère que « de Pâques » vous n’êtes pas un agneau.

  52. QuadPater

    Hello Impatus ! Non juste une tête d’œuf.
    Je ne comprends pas (au sens de ne pas savoir éprouver ce genre de sentiments) ce message de Rackam. Ça a l’air d’être chouette pourtant, de croire.
    J’ai beau savoir que le ciel est vide, certains jours j’aimerais bien y voir trôner un vieux barbu bienveillant. Mais macache, ça vient pas.

  53. Regardez bien derrière les stratus, les cumulus, les nimbus. Derrière les orages… Qui sait ?

  54. Quadounet,
    vous ne  » savez pas » que le Ciel est vide. Tout au plus n’y avez-vous rien vu. Ou pas assez bien regardé. Ou vu quelque chose que vous ne savez pas nommer, ou qui vous a effrayé…
    Parfois cela rassure de penser que le Ciel est vide, l’homme est tellement petit, laid, cruel, sale,mesquin, éphémère… quel Dieu sadique aurait aimé cela?
    Parfois cela rassure de penser que le Ciel est vide parce que l’homme est capable de grandes choses seul, pour autrui, pour ses enfants, pour l’inconnu qui passe. Créateur de beautés, constructeur de bateaux, d’instruments de musique, de musées, de logements, de dolmens, d’Aston Martin Vantage et de bien d’autres choses suffoquantes de beauté. Sans parler de ce que la femme peut accomplir, devant quoi l’homme est baba. Alors pourquoi s’encombrer d’un Dieu qui présiderait à tout cela?
    Parfois enfin on a le temps ou l’urgente nécessité de s’interroger sur le lieu d’où l’on vient, le lieu où l’on va et ce que nous aurons accompli entre les deux, on a l’envie ou c’est elle qui vous saisit, de s’émerveiller devant un paysage, un être vivant animal, végétal ou humain, et ça nous dépasse et cela nous transporte et nous rend capables de sentir qu’un souffle divin (au double sens d’exquis et de « Tout Autre ») passe par nous, devant nous et là où nous ne l’attendons pas.
    La Foi n’ a pas besoin de religions pour naître. Pour s’épanouir et rayonner si. Pour se nourrir de l’expérience des anciens et des tout petits, il faut se relier, c’est la vertu d’une religion.
    Maintenant, si ce sont d’autres lignes obscures que vous ne comprenez pas, demandez directement à l’auteur, impat n’est pas interprète-traducteur que je sache. Il a déjà assez de qualités comme cela, ne le divinisons pas.

  55. … « ne le divinisons pas. »…
    Dommage, mais bon..

  56. Ah!, impat, vous étiez là? Mes dommages.

  57. … »Mes dommages »… et intérêts ?

  58. Libéral, va! Tout pour le fric!

  59. Je vois, non libéral que vous êtes, vous ne pensez qu’à l’argent. Mais le monde fourmille d‘intérêts non matériels !

  60. QuadPater

    « demandez directement à l’auteur »
    Oui, bien sûr…
    Je ne m’adressais à personne en particulier, je songeais à écriture haute.

  61. @ QuadPater,
    « certains jours j’aimerais bien y voir trôner un vieux barbu bienveillant. »
    Je ne veux pas vous décevoir, si c’est un vieux barbu bienveillant que vous cherchez à voir, vous ne le verrez sans doute jamais.
    « Nul ne peut voir Dieu et vivre« , nous dit la Bible. Cependant, ce Dieu, plein d’amour, s’est révélé en Jésus-Christ, que les hommes ont pu voir de leur vivant, qui est maintenant « assis à la droite de Dieu ». Il n’attend qu’une chose, c’est que l’homme réponde à son amour. Mais c’est une démarche personnelle, nul ne peut la faire à la place d’un autre.

  62. QuadPater

    S’il faut donner son nom,
    Veuillez donner le vôtre
    Vous êtes bon apôtre,
    Mais moi je vous dis non.

  63. QuadPater

    S’il n’y a même pas un gentil vieux c’est donc qu’il n’y a personne, j’avais raison.

  64. Florence

    Quadpater
    libre à vous d’avoir envie d’imaginer Dieu comme un « vieux barbu bienveillant », ou un » gentil vieux » mais Dieu peut-il se laisser enfermer dans une case ? J’espère bien que non.
    Un vieux barbu bienveillant ? Bof. J’espère bien qu’Il est mieux que ça.

  65. Florence

    Et puis, les vieux barbus, non vraiment, sans façon

  66. Patrick, Florence,
    l’une des choses qui nous attristent sans nous laisser abattus, c’est cette tendance qu’ont les hommes de chercher Dieu là où ils l’attendent, vêtu comme ils l’imaginent, soucieux de ce qui les préoccupe. Nous aussi, nous succombons à cette pente, parfois, souvent, trop…
    L’homme, et pas seulement Quad, aimerait une évidence, une forme de divinité qui s’impose, or la délicatesse de Dieu, du moins chez nous (si vous m’autorisez ce « nous ») c’est qu’Il se murmure, se diffuse, s’offre. Et qu’il est au moins autant féminin que viril, donné que dominant, souffrant que vainqueur.
    Jeune glabre ou vieux barbu, peu importe, les images que nous essayons d’en donner sont mensongères, Il est patience, confiance, Amour, là où nous sommes urgence, curiosité, possession.
    Plus on en parle, plus Il est Autre. Je me tais. Ça ne saurait durer…

  67. @ Rackam,
    « si vous m’autorisez ce « nous » »
    Oui, je l’autorise !
    « Et qu’il est au moins autant féminin que viril »
    Tout à fait. Dans la mesure où il a « créé l’homme à son image, mâle et femelle« , il y a en Dieu les caractéristiques des deux. Nous sommes soit homme, soit femme, donc complémentaires. Dieu a institué le mariage pour unir les deux. Ce qui exclut toute autre forme d’union. Mais je m’arrête là, car cela nous amène vers un sujet traité dans d’autres articles…

  68. Guenièvre

    Une réflexion très intéressante de Monette Vaquin sur la notion de  » risque anthropologique » qui aborde tous les risques liés à la négation de la différence sexuelle, au brouillage de la filiation et plus largement au désir illimité de la pulsion épistémophilique ,  » cette volonté de tout tenter qui témoigne d’une dangereuse excroissance de la pulsion d’emprise… »
    http://www.erudit.org/revue/crs/2003/v/ncrs1517600/1002336ar.pdf

    J’aurais voulu en « copier » des passages mais j’ai un mot par ligne…

  69. Guenièvre

    La manif pour tous dans le contexte international…

    http://www.ndf.fr/poing-de-vue/02-04-2013/la-manif-pour-tous-dans-le-contexte-international#.UVwni8q9ph4

    « Je vous conseille aussi de « jeter un œil » sur un guide édité par une ONG américaine, le Council for Global Equality, dont l’un des trois dirigeants est un ancien ambassadeur américain (2001 à 2004) en Roumanie, Michael Guest : destiné à encourager les ambassades US à défendre les droits LGBT (« partie intégrante du message américain sur les droits humains » dixit Mrs Clinton), il comporte des cas pratiques qui illustrent l’ingérence, discrète ou affichée, de la diplomatie US au profit des LGBT. Vous apprendrez avec un amusement tout relatif que l’ambassadeur américain à Rome est intervenu personnellement pour que la chanteuse Lady Gaga se produise à l’occasion de la gay pride romaine il y a peu d’années. Vous lirez aussi que tout ambassadeur US, dans le rapport annuel qu’il doit rédiger et concernant le pays où il se trouve, doit consacrer un chapitre aux discriminations LGBT dans le dit pays (On aimerait voir le rapport relatif à tel ou tel grand pays du Golfe producteur de pétrole… mais il est fort probable que l’ambassadeur US à Moscou soit plus vigilant pour les libertés LGBT en Russie qu’en Arabie Saoudite…). »

    « En réalité, nous sommes bien face à une idéologie libertaire, porteuse d’une anthropologie mortifère et qui veut s’étendre sur toute la planète (dans le code civil du Québec, le père est défini comme « le pourvoyeur de forces génétiques » ; directives Peillon de lutte contre les « stéréotypes sexués »…). En elle se conjuguent l’antique tentation de la Genèse d’être comme des dieux et donc de refuser l’ordre naturel, des objectifs ou des instruments de politique étrangère, les plus sordides intérêts financiers de l’ultra libéralisme, l’avilissement sans vergogne de la personne humaine (la GPA (coût : 80 000 dollars) étant autorisée par exemple en Californie, de riches citoyens de cet état n’hésitent pas à « acheter » des enfants à des femmes pauvres d’Asie…) et la volonté d’imposer aux pays pauvres des programmes d’aide au développement sous réserves que ces pays mettent en œuvre l’égalité des droits au profit des LGBT (un fait dénoncé avec force par le Saint Siège depuis longtemps). »

  70. Guenièvre, rendons hommage à votre don pour expliquer clairement les motivations essentielles des soutiens à la manif pour tous :
    …« l’antique tentation de la Genèse d’être comme des dieux et donc de refuser l’ordre naturel, des objectifs ou des instruments de politique étrangère, les plus sordides intérêts financiers de l’ultra libéralisme, l’avilissement sans vergogne de la personne humaine »…

  71. Guenièvre

    http://www.chevenement.fr/Il-faut-maintenir-des-reperes-fondamentaux-face-a-la-deferlante-de-l-hyper-individualisme-liberal_a1477.html

    De la difficulté d’aller jusqu’au bout de ses convictions  » par peur de l’instrumentalisation ». Chevènement a fait preuve de plus de courage autrefois ( que l’on soit d’accord ou non avec sa démission lors de la première guerre d’Irak, il avait au moins agi en accord avec ses convictions… )

  72. Merci Guenièvre. Sur ce coup, Chevènement que j’ai beaucoup admiré autrefois exprime comme souvent les bonnes idées. Mais sa conclusion, en effet, ne se montre pas très courageuse. De quoi a-t-il donc peur ?

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