Peur française

Voici près d’une décennie, Alain Duhamel titrait son dernier ouvrage : « Les Peurs Françaises ». Il en énumérait beaucoup, de ces peurs : peur de l’Europe ; peur de la crise ; peur de la ville ; peur des réformes et peur des inégalités ; peur de l’immigration ; peur de l’information et peur de la démocratie ; peur de l’Histoire, … d’autres encore.

Dix ans plus tard, sommes-nous guéris ? Hélas, le mal n’a fait qu’empirer. Au point peut-être de figer notre peuple, de le raidir dans un état d’immobilisme total, de refuser tout ce qui bouge. De voter, comble d’humour noir, pour « le changement maintenant » mais de s’opposer à toute réforme. Sauf quand il se persuade, ou qu’on le persuade, que la dite réforme ne changera rien pour lui, par exemple la légalisation du mariage homosexuel.

En revanche si son gouvernement entreprend et met en œuvre de vraies réformes, de celles qui sont destinées au bien public mais peuvent avoir un impact sur la vie quotidienne d’un citoyen, son travail, son environnement, voire ses habitudes, alors ce citoyen oublie le bien public et se laisse obnubiler par les inconvénients réels ou supposés qu’il redoute. Et il prend peur.

Certes, de telles difficultés psychologiques en forme de barrières à tout progrès ne sont pas l’apanage des Français. Néanmoins deux événements de la décennie écoulée, aussi étonnants que semblables, aussi insolites qu’exceptionnels, mettent en relief un triste aspect de ce qu’Alain Peyrefitte avait dès son époque, en 1978, appelé « Le Mal Français ». Il en accusait le centralisme excessif, jugeant que dans un pays centralisé tout changement est considéré comme une agression. Centralisme peut-être, mal français certainement : les Français ont peur.

Les deux événements se recoupent parfaitement dans le déroulement d’opinion qui s’opéra dans la tête des Français : au plan national le référendum européen de 2005, au plan régional alsacien le référendum d’avril 2013 sur la fusion des départements dans la région.

2005 : quelques semaines avant le référendum national, tous les sondages d’opinion donnaient le « oui » vainqueur par une majorité des deux tiers.

2013 : quelques semaines, et même quelques jours avant le référendum alsacien, tous les sondages donnaient le « oui » vainqueur par une majorité des deux tiers, voire davantage.

On vote…et dans les deux cas le « non » l’emporte. Troublante similitude de retournement, non ?

On pourrait en conclure que les campagnes électorales ont porté leurs fruits, que les explications des partis politiques, des candidats, des médias, ont éclairé les électeurs. Cependant, alors que les longues campagnes présidentielles et législatives parviennent difficilement à faire varier les sondages, puis modifier les résultats, de quelques points ; à faire certes passer une élection de droite à gauche ou de gauche à droite, mais par simple basculement de un ou deux, au maximum de cinq pour cent des voix, comment croire qu’en 2005 puis en 2013 les seuls éclaircissements apportés en cours de campagne aient pu impacter les dénouements dans des écarts de 70 à moins de 50 % ?

En 2005 le cynisme d’un Fabius l’a conduit à profiter du référendum européen pour tenter de faire basculer son image, alors trop droitière, en  image d’homme de gauche. C’est ainsi que ce personnage brandit la menace d’une Europe trop libérale en s’appuyant sur le chapitre III du traité constitutionnel. Ce chapitre n’était qu’un rappel, récapitulant certaines mesures, certes plutôt libérales, mais déjà en application depuis des années. Le traité sur ce pont ne changeait donc rien, mais qu’importe : dans la France du 21e siècle, cela fait peur. Et cela fit peur ! Comme fit peur la rumeur du « plombier polonais » qui allait envahir notre pauvre pays et s’emparer du travail des bons Français. Comme fit peur le nom du commissaire  européen Bolkestein, auteur de la directive sur les services et dont le nom fut adroitement prononcé en appuyant sur la syllabe finale afin de…faire peur.

Crédules, les Français ? Oui, mais surtout craintifs, frileux devant toutes les catastrophes qu’on invente pour les effrayer.

Ce travers, hélas, n’a pas épargné les Alsaciens en avril 2013. Un sondage en début d’année, national, à la question « Faut-il fusionner les départements et les régions françaises ? » donnait une réponse sans équivoque : Oui, 87,48%, Non, 12,52%.

Et comment auraient-ils pu être contre ? Enfin un début de commencement d’esquisse de naissance de tentative d’amorçage de réduction de notre ridicule « mille-feuille administratif » !

Las ! Un sondage n’est qu’un sondage, il vit ce que vivent les roses, l’espace d’un matin…preuve en est que les Alsaciens qui, sondés une semaine avant le vote par une enquête de l’institut CSA publié par Les Dernières Nouvelles d’Alsace, confirmaient ce verdict à 75%,   rejetaient finalement le projet le 7 avril avec une majorité de « non » dans le Haut-Rhin et une forte abstention dans toute l’Alsace. Que s’était-il donc passé ?

Là encore, un tel écart si rapide ne peut s’expliquer par la réflexion : si les Alsaciens avaient juste voulu creuser la question ils n’auraient pas changé d’avis aussi rapidement. L’opinion peut évoluer, mais en général et sauf événement majeur, elle prend son temps. Un changement d’avis aussi brutal s’apparente à un réflexe davantage qu’à une réflexion, et le réflexe instantané est l’apanage de la peur.

Et pour leur avoir fait peur, on leur a fait peur ! Jugez-en.

Citons encore Les Dernières Nouvelles d’Alsace : « … le milieu socio-économique, les universitaires et les associations pour la culture régionale adhèrent à cette initiative portée par une centaine de conseillers régionaux et généraux de tous bords… Le PS, lui, est divisé  ».

Oui, mais…le Front National, Debout la République, et autres farouches anti-européens s’insurgent, en arguant de rien de moins que « Je veux l’Alsace française, je vote non », prétendant que la fusion des départements dans la région est un projet dicté par « l’Europe antinationale des régions ». Autrement dit on fait peur au peuple en lui faisant croire à la disparition de la nation…rien que ça ! Il suffit alors d’y ajouter quelques mensonges assurant qu’il n’y a aucune économie à attendre, et hop, la peur l’emporte. Que le FN, que Debout la République, lancent de tels slogans ridicules, n’a rien d’étonnant : ils font leur travail d’opposants de principe. Mais qu’une grande partie du peuple puisse les croire, montre que les Français respirent avec la peur au ventre, et que cette peur surgit à la première occasion.

 

Reste une question. Pourquoi les Français vivent-ils ainsi le dos courbé ? Ce peuple naguère vaillant, courageux, parfois téméraire, est dorénavant recroquevillé de trouille. Parmi les raisons figure probablement l’habitude d’être protégé. Peut-être en existe-t-il d’autres ?

Et une autre question. Comment guérir la France de cette maladie ?

 

 

56 Commentaires

  1. Vous avez aimé Bolkestein ? Vous adorerez Goldenberg.

    Blague à part. Nul ne peut écarter l’hypothèse que des pays et des nations accusent des syndromes psychologiques, voire psychiatriques.
    Comme ceci : http://fr.wikipedia.org/wiki/Catatonie
    Vu que tous les symptômes sont là, y’a de quoi avoir la trouille….

    Encore blague à part : c’est gentil, un Impat, mais ça pèche souvent par des interprétations faciles histoire d’étayer des hypothèses préétablies.

    Le grand gagnant du référendum alsacien est l’abstention.
    Par fort taux d’abstention des minorités agissantes deviennent majorités aux urnes.
    Le je m’en-foutisme de la majorité porte n’importe qui au pouvoir.

    Indifférence et lassitude, Impat ; pas la peur.

    Et je ne serais fidèle à moi-même si je n’appuyais à nouveau, pour la Nième fois, là ou ça fait mal :
    La démocratie, luxe pour des riches, est opérationnelle lorsqu’il n’y a pas de controverses civilisationelles majeures, que tout le monde a la panse pleine et en conséquence 90% des gens sont d’accord sur 90% des questions.
    Donc lorsqu’on n’a pas besoin de gouvernement puisque tout marche tout seul.

    Elle est inopérationnelle en d’autres temps ; bref par tous les temps.

  2. Intéressante déclaration d’Alain Jupé aujourd’hui dans Le Monde, (il doit lire « Antidoxe »…) :
    « Le pays ne doit pas seulement sortir d’une crise, il doit entrer dans un nouveau monde. Or, une grande partie des Français a peur de ce nouveau monde et certains responsables politiques entretiennent cette peur en parlant de protections et de barrières. »

  3. Guenièvre

    Analyse de BFMTV ? Hum …. d’autres labos ( et pas qu’un seul ) donnent des résultats différents . le journaliste qui a commencé l’enquête est même effrayé de la tournure que prend l’affaire :

    http://lamanifpourtous.fr/fr/toute-la-presse/267-manif-pour-tous-la-preuve-des-images-retouchees-existe?buffer_share=22660&utm_source=buffer&utm_medium=twitter&utm_campaign=Buffer%253A%252BLaManifPourTous%252Bon%252Btwitter

  4. Guenièvre

    @ Impat,
     » Parmi les raisons figure probablement l’habitude d’être protégé. Peut-être en existe-t-il d’autres ? »

    – les français ils ont peut-être plus à perdre que d’autres :  » un tiens » vaut mieux que deux  » tu l’auras »…
    – une défiance croissante envers les responsables politiques français qui exercent le pouvoir depuis 40 ans : sur certains points on ne peut leur donner tort…les solutions des partis qui n’ont jamais eu le pouvoir semblent donc meilleures !
    – Une certaine idée qui fait son chemin et qui remet en cause l’opinion selon laquelle pour « progresser » il faudrait toujours changer ce qui existe : voir l’opposition au mariage gay… et voir…. http://antidoxe.eu/2013/02/11/conservateurs/

  5. Guenièvre, la première des trois raisons que vous exposez est sans doute, en effet, un motif de crainte.
    Les deux autres me semblent pouvoir expliquer un désarroi, une méfiance, peut-être un écœurement, mais pas vraiment la peur bien réelle qui paralyse nos compatriotes. Les Français sont tétanisés.

  6. Guenièvre

    Je ne sais pas Impat, j’essaie encore…

    – à cause de leur histoire : les français plus que les autre peuples ont été structurés par l’Etat- Nation. Il leur est plus difficile de s’insérer dans la mondialisation.
    – la mésestime de soi après l’aventure coloniale …se détester n’est pas vraiment un encouragement pour entreprendre…

    ou alors on va découvrir un gêne particulier chez les français , un gêne responsable d’une allergie à la mondialisation. 🙂

  7. QuadPater

    NdC : gêne gène

  8. Guenièvre

    Mais oui, merci Quad ! mais reconnaissez qu’un gène responsable d’une allergie est une gêne 🙂 !

  9. … « un gène particulier chez les français , un gène responsable d’une allergie à la mondialisation. »…
    Oui, il se pourrait bien. Mais je vois plutôt ce gène sous forme d’un virus, insidieusement implanté par les tenants de « l’exception française » consistant à faire croire aux Français qu’ils sont mieux protégés et que cette protection tombe du ciel, gratuitement. S’apercevoir qu’on est vulnérable, qu’il faut se battre, après 32 années d’illusion entretenue par des mensonges, ça peut faire peur.

  10. Guenièvre

    Les illusionnistes ici, transforment, à coups de baguette magique, les accents circonflexes en accents graves ! 🙂

  11. Et ça fait peur, n’est-ce-pas ?

  12. Guenièvre

    Bien sûr , si c’est grave, c’est terrifiant !

  13. Mais heureusement ce n’est pas grave, et pourquoi se gêner ?

  14. La France était la Chine de l’Europe, un des pays les plus peuplés au monde jusqu’à la Révolution. Napoléon a saigné ce pays, l’a conduit au désastre, depuis nous régressons lentement mais sûrement.
    Daniel Boorstin dans « Les découvreurs » notait aussi notre propension à aimer les corporations, la rigidité sociale. Alors que les Anglais inventaient la révolution industrielle, les instruments de mesure au XVIIIe en France étaient l’apanage des émailleurs, nul en dehors d’eux n’avait le droit d’en fabriquer. Ce n’est pas la peur, qui nous accule à la faillite, c’est l’égoïsme, le déni de réalité, la défense des avantages acquis comme on dit : le simple fait que cette expression existe en dit long d’ailleurs. Le rêve français, c’est la fonction publique, aucune peur là-dedans mais une triste mentalité de rond de cuir que Pagnol raillait déjà. Notre administration qui plus est fonctionne mal au contraire de la Suède au du Danemark qui pour des niveaux de prélèvement obligatoire comparable au notre (les plus élevés du monde occidental) ont su réformer leur administration et les rendre efficaces. Non définitivement, ce n’est pas la peur notre problème, c’est la médiocrité.
    http://economiepolitique.org/evolution-et-repartition-des-depenses-publiques-en-france/

  15. Si les quelques Alsaciens qui ont voté, ont voté contre, c’est d’abord parce qu’ils savaient qu’ils allaient perdre des emplois de fonctionnaires territoriaux. Si la droite a perdu le Sénat, c’est que Nicolas Sarkozy voulait faire une peu de ménages dans les conseils généraux.

  16. Aucuns de nos millionnaires du gouvernement n’a investi dans l’industrie ! La pierre est une valeur sure, ils le savent d’autant mieux qu’ils font partie de ceux qui sabordent l’économie réelle, il faudrait qu’ils soient idiots pour investir dans ce qui n’a plus d’avenir en France.

  17. Skardanelli, l’éventuelle médiocrité des Français constitue un sujet intéressant, mais, réelle ou supposée cette médiocrité à mon sens n’est pas à rapprocher de la peur. Ce ne peut être une quelconque médiocrité qui en 2005 puis en 2013 a fait changer du tout au tout l’opinion de millions de gens en quelques semaines ou quelques jours. Si les Français étaient médiocres avant, ils l’étaient aussi après.
    En revanche on peut concevoir que la peur puisse engendrer un tel revirement rapide.

  18. Non l’inconstance suffit, la haine de la réussite, le déni de réalité, le manque de courage, tout ce qui justifie le refus des nécessaires réformes qu’entreprennent les autres nations.

  19. Faut-il encore que je réitère?

    Moi qui ai traîné mes guêtres ailleurs je ne connais aucune spécificité française « biologique ». Il n’existe pas d’ADN spécifique français et par conséquence les Français ne sont certainement pas plus « trouillards » que les autres.

    Ils sont, en revanche, devenus las et indifférents.
    PARCE QU’ILS ONT PERDU L’HABITUDE D’AVOIR PEUR.

    La peur au ventre est une incitation à bouger; c’est presque la seule que nous, humains, ayons.
    La peur de manquer, d’avoir faim, d’être diminués; certes physiquement mais socialement.

    L’ETAT PROVIDENCE fournit (enfin… c’est sa prétention) des matelas permettant de résorber pas mal de chocs.
    A force de vivre avec on fini par les prendre pour (avantages…) acquis et on n’a plus peur.

    Et on se laisse aller à la paresse qui nous est naturelle. Pourquoi se fatiguer si l’essentiel est garanti? Pourquoi ne pas être fonctionnaire?

    Voilà la France.
    Magnifique pays; d’énormes atouts; mais une population fonctionnarisée, gâtée pourrie.

  20. QuadPater

    Je reconnais. Pardonnez-moi, je dois rester vigilant si je veux qu’Impat renouvelle mon contrat.


    Un PD fameux avait passé cette annonce : « maison de correction cherche faute d’orthographe »

  21. La lassitude, l’indifférence, la médiocrité, expliquent un changement radical d’avis en quelques semaines…élémentaire mon cher Watson !!!
    En revanche ces trois tares pourraient expliquer le taux d’abstention, ce qui est un autre problème.

  22. Wikipedia, qui dit parfois des choses sensées, affiche sur ce point une définition crédible des peurs collectives :
    …« Dans d’autre cas il y a manipulation de l’opinion par certains acteurs politiques (…) qui n’hésitent pas à jouer sur les peurs collectives, voire à les susciter dans l’optique de s’assurer un pouvoir sur les populations sensibles à ce discours.
    Souvent une peur collective s’accompagne de la désignation de boucs émissaires. »…

  23. Impat, vous tenez à absoudre d’une certaine façons nos fautes collectives en invoquant une peur qui nous paralyserait, je veux bien croire que les gens commencent à avoir les chochottes : il y a de quoi après tout, mais quarante ans de dépenses inconsidérées doivent bien se payer un jour ou l’autre. Lorsque la droite a commencé à dire qu’il fallait commencer à dégraisser le mammouth que l’on ne pouvait plus tenir avec de telles dépenses de l’état, nous avons préférés faire mine de croire ceux qui criaient aux intolérables atteintes au service public, nous avons fait les matamores, criant que l’on allait voir ce que l’on allait voir, que les Allemands devraient en rabattre. Total : nous avons hérité une réforme sociétale et nous allons passer sous les fourches caudines ou nous jeter dans les bras d’imbéciles qui nous promettrons des choses plus délirantes encore.
    Un gamin comprendrait qu’à force de dépenser ce que l’on a pas, qu’à force de ponctionner les forces vives de la nation pour continuer de nous prélasser dans une vie médiocre où nous n’inventons plus, n’osons plus, qu’à force de ponctionner les forces vives de la nation donc nous nous sommes devenus pauvres.
    C’est pour toutes ces raisons que je ne crois pas que notre comportement fut dictée par la peur, mais bien par la médiocrité, le confort chiche des subsides et des emplois payés par l’impôts. L’un dans l’autre plus d’un tiers des personnes en âge de travailler sont payées par l’impôt, s’y ajoute l’énorme masse des retraités ! Si la peur devait vraiment gagner les Français ce serait peut-être salutaire, si les politiciens de droite au lieu de se précipiter comme Fillon pour déclarer son patrimoine comme un bon petit toutou, osaient dire que notre fonction publique roi être réformée en profondeur, que nous devons travailler plus et plus longtemps, que nous devons réformer d’urgence notre système d’aides sociales, si la droite donc sait prendre le mors au dent et, pour une fois dire la triste vérité aux Français peut-être aurions-nous une chance, si au lieu d’écouter les idéologues d’extrême-gauche peints en vert, nous décidions d’exploiter les gaz de schiste ce qui nous permettrait de prendre une bouffée d’oxygène de relancer la recherche nucléaire sur les petits réacteurs et la transmutation, peut-être aurions nous une chance oui.
    La peur comme le dit Roturier serait plutôt une bonne chose aujourd’hui, encore faudrait-il que des politiciens courageux osent dire la vérité aux Français.

  24. Skarda, de tout cela je ne disconviens pas. J’insiste simplement sur le fait que votre commentaire traite de nombreux problèmes et défauts des Français, y compris une éventuelle peur permanente qui « nous paralyserait », mais ce n’est pas ce point que tente de soulever l’article. Il tente de donner une explication à deux événements ponctuels majeurs, au cours desquels on a vu l’opinion basculer brutalement et fortement en quelques semaines, et il émet l’hypothèse que ce fut une réaction de peur suscitée par le mensonge et le cynisme de certains politiques et de certains médias. Cette réaction ponctuelle de peur ne s’apparente que de loin à l’idée que « les gens commencent à avoir les chochottes : il y a de quoi après tout », idée qui par ailleurs correspond probablement à la réalité actuelle.
    Et non, la peur n’est pas une bonne chose, elle enlève les réflexes sains.

  25. Impat, sur le basculement, il y aurait aussi beaucoup à dire, et en premier lieu que les sondages à l’exemple des médias sont devenus des instruments de propagande comme d’autres : les questions y sont biaisées, les échantillons aussi et le gens n’osent en général pas dire ce qu’ils pensent vraiment…

  26. Par ailleurs je suis étonné de cette réaction consistant à croire qu’en leur imputant une certaine peur « j’absous »les Français. J’aurais tendance à penser exactement l’inverse.

  27. J’ai cru le contraire Impat, j’ai cru qu’au fond les bons Français étaient trompés par des politiciens retors jouant sur leurs peurs…

  28. Je crois que les politiciens retors promettent de part et d’autre des prébendes payés par la dette et l’impôt depuis quarante ans.

  29. …. « depuis quarante ans. »…
    Pour être précis, depuis 32 ans surtout.

  30. Je ne crois pas du tout, Impat, à un changement radical d’opinion public en qq semaines.
    En revanche, je crois absolument à des « instituts de sondage » qui font un travail de sagouin.
    Lorsque ce n’est pas simplement du faux et de l’intox.

  31. roturier

    Message injurieux supprimé.

  32. roturier

    Vu le débat ci-dessus entre Impat et Tibor, il ne serait peut-être pas inutile de déplacer ici mon comm de 1H43:

    « Je ne crois pas du tout, Impat, à un changement radical d’opinion public en qq semaines.

    En revanche, je crois absolument à des « instituts de sondage » qui font un travail de sagouin.
    Lorsque ce n’est pas simplement du faux et de l’intox. »

  33. Tibor; suite v 28/2 12H20 disant:
    « encore faudrait-il que des politiciens courageux osent dire la vérité aux Français ».

    Encore faudrait-il que les Français se mettent à faire croire à leurs politiciens que dire la vérité garantit l’élection et/ou la réélection du politicien qui la dit.

    Pour l’instant c’est le contraire; les politiciens français savent que le premier qui dit la vérité est mort.

    Auquel cas ce premier est stupide et suicidaire et en conséquence incompétent pour la gouvernance.

    C’est une démocratie; les politiciens sont ce que nous avons voulu qu’ils soient. CQFD.

    Ce pays a la gouvernance qu’il mérite.

  34. roturier

    Pardon: ci-dessus c’est le 28/4, pas le 28/2…

  35. Pas tout à fait vrai Roturier, on ne sait pas vraiment ce que feraient les Français face à quelqu’un disant la vérité puisqu’un tel animal n’existe pas…

  36. roturier

    C’est vrai. On n’est pas absolument certains que sauter d’un gratte-ciel est mortel.
    Personne n’a jamais démontré que les miracles n’existent pas.
    Allez-y, Tibor. Honneur au premier.

  37. Une nouvelle peur, à l’état rampant depuis des années chez certains nostalgiques du passé, est en train d’éclater au grand jour au sein du PS et de certains affidés. Elle représente à mon sens le plus grand danger parmi les périls graves qui menacent la France depuis 11 mois : la peur irraisonnée de l’Allemagne.

  38. Ce n’est pas de la peur mais « l’envie, la jalousie, et la haine impuissante » comme disait Stendhal…

  39. … « l’envie, la jalousie, et la haine impuissante »…
    qui conduisent à la peur. Ne nous battons pas sur l’œuf et la poule. Le danger est là, extrêmement grave, plus grave même que les désastres en cours concernant chômage et pouvoir d’achat dont un jour le pays pourra se relever.

  40. roturier

    Ils en sont jaloux.
    Ou plutôt, ils ont peur non de l’Allemagne mais de la comparaison avec.

    Il est vrai que l’Allemagne, forte de l’expérience traumatisante de l’issue de la guerre, en a tiré, depuis les années 1950, des conclusions que la France n’a pas su tirer.

    Réitérées par les réformes Schroeder du début des années 2000, presque simultanées à l’introduction des 35H en France.
    Rappelons-nous sa saillie goguenarde : « la réduction du temps de travail en France est une excellente nouvelle pour l’économie allemande ».
    Effectivement, hélas.

    Bien que l’honnêteté commande de reconnaître que les 35H sont une coproduction hexagonale gauche-droite ; je vous fais grâce de la démonstration.

    Autrement dit, la France est tantôt gouverné par des socialistes de gauche, tantôt de droite.

  41. Le grave danger n’échappe pas à tout le monde :
    Bernard Accoyer, ancien président (UMP) de l’Assemblée nationale, «réclame l’inscription dans les meilleurs délais à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, d’une déclaration du Premier ministre suivie d’un débat sur la politique européenne du gouvernement, à l’issue duquel Jean-Marc Ayrault engagerait sa responsabilité, en application de l’article 49-1 de la Constitution».

  42. desavy

    M.Accoyer devrait savoir que la France n’a pas de leçons à recevoir.

  43. desavy

    Je suis très septique sur la psychologie sociale de bazar, peut-être même sur toute la psychologie sociale d’ailleurs. Les peurs des Français… « La France s’ennuie »… Chaque Français a ses propres peurs, comme il a ses moments de joie, mais la somme de ces ressentis ne forme pas un ensemble, ce n’est qu’une somme de ressentis. On ne peut pas personnaliser une nation, A.Duhamel devrait le savoir.

  44. Desavy est très septique.
    Moi je suis très antiseptique.
    Mais je suis sceptique.

  45. desavy

    Un peu comme Faust.

  46. Desavy, vous devriez y aller voir, dans les bazars, et écouter vos compatriotes.

  47. desavy

    Écouter plus de 60 millions de personnes me prendrait trop de temps.

  48. En effet, Desavy, cela se voit. 🙂

  49. desavy

    Je suis confus, Impat, de ne pas partager cette connivence sur les Français qui sont ainsi, qui pensent ça, pratique qui pousse à faire entrer chaque personne dans une petite catégorie bien mesquine.
    Je suis désolé, aussi, d’avoir osé contredire M.Duhamel. Cela ne doit pas se faire 🙂

  50. Je comprends votre confusion, Desavy, car il n’est pas douteux pour moi que les Français « pensent ça » et « sont ainsi ». Il en est ainsi de toutes les nations, seuls les « ça » et les « ainsi » varient selon les peuples, et selon les époques. On pourrait même, de la sorte, définir partiellement la « nation ».
    Duhamel (Alain) l’avait remarqué, bien d’autres avant lui et quelques uns après.

    Mais de votre confusion je ne me formalise point ! Permettez-moi d’ajouter que votre opinion sur cette question pourrait faire de votre part l’objet d’un intéressant article qui serait le bienvenu sur Antidoxe.

  51. desavy

    Merci Impat pour votre proposition. Sur ce sujet je ne pense pas mais peut-être sur d’autres. Depuis le départ de Sophie, je ne sais plus comment les poster. Je ne pense pas que l’on puisse directement passer par l’administration WordPress ?

  52. …  » comment les poster »…
    Voici la recette: rgrouot@gmail.com

  53. desavy

    Merci Impat 🙂

  54. desavy, vous réciterez trois impater…

  55. Rackam, c’est une pénitence ?

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