Tannhaüser

Tous à l’Opéra !

2013, Année Verdi et Wagner, les mélomanes sont à la fête. Et les metteurs en scène y mettent du leur. Surtout ceux qui depuis les années 70 nous infligent l’asile, l’hôpital, le cabaret, activent leurs relectures. De préférence au temps des nazis. Avec au milieu de la scène : un lit sursignifiant avec lourdeur l’amour, l’inceste, la mort. Bien sûr, l’amour charnel diabolique et l’amour sublimé, la rédemption par l’amour traversent toute l’œuvre de Wagner. D’où le lit emblématique. L’apothéose étant, dans Parsifal, l’accouchement sur scène où l’on brandit un frétillant bébé en silicone avec le cordon qui pend.

Difficile d’aller plus loin dans la transgression bien conformiste, vue et re-vue et, pour tout dire, prosaïque ?

Eh bien, non !

A Düsseldorf, début mai, Tannhaüser. Le metteur en scène Burkhard C. Kosminski fit encore plus fort.

Sur scène on vit une famille juive rasée avant d’être poussée dans une chambre à gaz figurée par un cube en plexiglas embrumé. 12 spectateurs se mirent à vomir et à tourner de l’œil et durent être évacués. La salle hua (buh ! buh !). Tannhaüser fut retiré de l’affiche et donné en version de concert.[1]

La presse allemande assez éruptive conclut qu’à l’opéra moins il y avait d’idées et plus il y avait de croix gammées. La presse israélienne souligna une faute de goût.

Il faut dire que la première tombait en pleine controverse sur le passé nazi de l’inspecteur Derrick et que s’ouvrait le même jour le procès de Beate Zschäpe, l’inspiratrice d’un groupe néonazi.

Tannhäuser chez les nazis. Encore ça. Wagner-Hitler, le réflexe conditionné. L’habituel raccourci paresseux et ambigu. Le moralisme dégoulinant de culpabilisation-repentance n’est que le prétexte. Pour mettre en scène une fascination esthétique trouble pour le hiératisme de la botte et de l’uniforme. Même David Bowie s’y est laissé aller (Hitler est la première rockstar[2]).

Question :

Si les metteurs en scène sont séduits par l’esthétique sado-maso hitlérienne, pourquoi n’assument-ils pas leur fétichisme porno-nazi ?[3] Pourquoi le masquer par un hypocrite et bavard discours de compassion pour les horreurs du nazisme ?

Bien sûr, la ballade de Heinrich Heine dont Wagner s’inspire commence par la mise en garde suivante :

Ihr guten Christen, laßt Euch nicht von Satans List umgarnen !…
Bons chrétiens, ne vous laissez pas circonvenir par les ruses de Satan

C’est pour édifier votre âme que j’entonne la chanson du Tannhaüser…

Mais Tannhaüser se passe au Moyen-âge. L’argument est un tournoi de troubadours, un radio crochet avant l’heure. Tannhaüser est viré pour avoir chanté un peu hard (Satans List). Il doit aller se repentir auprès du Pape qui lui refuse le pardon. Après son départ, le bâton du Pape refleurit, signe divin que Tannhaüser a gagné son salut.

Du chant, de la musique, du mouvement, des péripéties, du chœur des pèlerins. De l’opéra, loin du nazisme.

Que le public se rebiffe comme à Düsseldorf ! Que les organisateurs craignent pour leur billetterie !

S’il faut ABSOLUMENT dépoussiérer le répertoire, donner dans la surenchère, faire jeune et postmoderne, on suggérerait à Kosminski et alii de transposer Tannhaüser sur le plateau de The Voice. Des battles entre troubadours, voilà qui aurait de la gueule. Qui marquerait avantageusement le bicentenaire de la naissance de Wagner en l’adaptant aux concepts actuels du spectacle, et non à ceux des années 70, ressassés depuis le Portier de Nuit de Liliana Cavani. Et qui collerait exactement au titre entier : Tannhaüser und der Sängerkrieg auf Wartburg.

( Der Sängerkrieg = la bataille des chanteurs. La battle)

Ras le bol de la problématique de la cruauté rabâchée depuis Artaud. Du cercle vicieux entretenu par les bons sentiments. Et qu’on ne vienne pas nous raconter que le succès chez les jeunes des sous-genres torture movies et nazixploitation[4] prouve que la société est encore et toujours travaillée par le nazisme. Les Cinquante Nuances de Grey dans le panier de la ménagère ont porté le coup de grâce au jeunisme sado-maso. Passons.

 Tannhaüser à Paris vue par Baudelaire (ne pas manquer la savoureuse fin de l’article sur la cabale du Jockey Club) :

http://www.page2007.com/news/proust/baudelaire-richard-wagner-et-tannhaeuser-paris

L’ouverture de Tannhaüser. A la baguette, le colérique Toscanini, qui a fui l’Italie de Mussolini et n’a accepté de diriger Wagner qu’en 1947 :

http://www.dailymotion.com/video/xxfqsz_tannhauser-ouverture-wagner-arturo-toscanini_music


[2]  Je suis un partisan du fascisme : notre unique chance de nous sortir de ce libéralisme répugnant, c’est l’extrême droite, tyrannique et dictatoriale. Les rock-stars sont fascistes aussi et Hitler était l’une des premières. Ce n’était pas un politicien mais un grand artiste moderne. Il a utilisé la politique et le théâtre pour créer cette chose qui allait gouverner et contrôler le spectacle pendant ces douze années-là : il a mis en scène un pays. 

(Playboy, 1976)

[3] Susan Sonntag Fascinating fascism sur l’ubiquité et l’ambiguité du nazisme dans la fiction.

http://www.anti-rev.org/textes/Sontag74a/index.html

36 Commentaires

  1. Transgression conformiste : j’adopte la formule. Pour le reste, ces débordements ne sont-ils pas inéluctable dans un art qui ne crée plus, qui n’existe que par les créations passées, dans une culture qui met la création au centre de ses valeurs ? L’aboutissement de l’art c’est le musée, pas son jaillissement.
    Aucune offense, ni provocation Souris : j’aime les musées, c’est une question sincère.

  2. roturier

    La rongeuse se faisait trop rare ici.

    On a attendu longtemps qqc de sa plume; on n’est pas déçus.
    Voilà qui vaut le détour.

    Wagner ne nécessite aucune « modernisation » ni « interprétation »; il est bien assez grandiose dans son jus nature.

    Ceux qui tentent « d’améliorer » ignorent que souvent mieux est l’ennemi du bien.

  3. roturier

    Quelle contradiction y-a t-il entre musée et jaillissement?
    La prochaine étape c’est quoi: « améliorer » un tableau de Raphael en le mettant en 3D?

  4. Roturier, côté pavlovien vous vous posez là…

  5. Pour les buses donc, ce que je veux dire c’est que notre culture est fascinée par l’acte créateur et que de ce fait n’être que l’interprète est peut-être frustrant pour certains, ça ne les excuse en rien, mais c’est peut-être inéluctable dans un art que la création a à peu près déserté.

  6. Skardanelli, … « notre culture est fascinée par l’acte créateur »…C’est bien vrai.
    Mais les « metteurs en scène » comme leur nom l’indique, ne sont pas, ne devraient pas être, des créateurs, ou ne le sont que très partiellement. Leur rôle ne doit, ne devrait, se limiter qu’à mettre en valeur la création des auteurs de la musique et du livret. Or comme beaucoup d’autres professions ils sortent de leur rôle.

  7. Oui, oui, nous sommes bien d’accord, mais n’est-ce pas inéluctable si la création artistique s’est asséchée ? Toutes ces transgressions conformistes ne sont-elles pas la marque du figement des arts classiques, la créativité n’est-elle pas partie ailleurs laissant aux médiocres la poussière des vertus de grands artistes et seulement la poussière.

  8. … « mais n’est-ce pas inéluctable si la création artistique s’est asséchée ? »…
    Oui, sans doute.

  9. Souris donc

    La question est, en effet, celle de la création. Depuis 30 ans on patine dans les mêmes stéréotypes. Dans l’hypocrisie de la dénonciation du nazisme alors qu’on jubile à étaler, en fait, une esthétique nazie sado-maso.
    C’est plus généralement le paradoxe du réflexe conditionné de la gauche morale et hypocrite qui crie au nazisme dès que quelque chose ne lui convient pas, tout en installant une société totalitaire.
    Exemple, une minorité ne saurait être qu’opprimée. Au nom de ce dogme marxiste, on bouleverse une société pour imposer le mariage « pour tous » avec l’appareil répressif de l’homophobie.
    (Impat : merci de supprimer les interlignes)

  10. Voilà le genre de réaction de cour de récrée qui me fatigue d’avance.

  11. Ceux qui affirment que la création artistique s’est asséchée sont asséchés.

    Il n’y a aucune raison à cette affirmation sauf la nostalgie d’un ancien temps supposé meilleur, symptomatique des vieillards et des fanatiques.

    Wagner et Verdi (et Mozart etc…) n’auraient jamais fait de l’opéra s’ils avaient les moyens techniques offerts par le cinéma.

    Le cinéma est l’opéra actuel. Pas seulement le cinéma dit « musical »; puisque TOUS les films ou presque sont accompagnés de musique.

    Jamais n’a-ton vu une telle avalanche de créativité que l’actuelle. Avec, comme d’habitude, 90% de déchets. Mais les 10% de belle qualité qui restent, c’est déjà énorme.

    Les meilleurs opéras montés actuellement sont filmés (pas forcément ceux filmés sur scène dans une salle avec des spectateurs; des VRAIS films).

    L’erreur consiste à s’obstiner, par snobisme ou appât du gain (Bayreuth, Salzburg) ou manque d’imagination, à « monter » des opéras en salle « à l’ancienne »; ce qui suppose d’inventer on ne sait quels gadgets de mise en scène pour choquer le bourgeois vu qu’il est supposé aimer ça.

  12. Mais que ce Roturier est hargneux, quand on précise : « dans un art », cela ne veut pas dire partout.

  13. Les anciens d’antidoxe savent ma passion pour l’opéra et la propension que j’éprouve à le rendre plus compréhensible par tout un chacun.
    Souris, avec sa plume de magicienne (un rongeur à plumes, nous sommes déjà en plein conte !) a dit tout le mal qu’elle pense de la mise en scène d’un Tannhaüser récent.
    Or, une souris vit, comme la société française, sous la menace constante de tapettes, donc son expression est surveillée.
    Mais de quoi s’agit-il ? Qui est Tannhaüser, où cela se passe-t-il, pour dire quoi, que pouvons-nous en tirer ? Je m’en vais vous le dire et pardon à ceux qui connaissent cette version wagnérienne de The Voice.
    Déjà, l’action se situe entre Ellwangen et Dinkelsbuhl au XIII ème siècle, c’est vous dire si on se sent proche. Un trouvère s’est lassé de ses amours avec Vénus, dont il a trouvé la cachette, le filou. Vénus ne doit pas être un si bon coup parce qu’au bout d’un an il ne pense qu’à se barrer. Ce qu’il fait malgré d’exquis châtiments à lui infligés, ou à cause d’eux. Certains hommes n’aiment pas longtemps que les femmes, même magnifiques, les fassent tourner en bourrique. Faiblesse masculine.
    Bon, le trouvère (Minnesänger en allemand, Minnesota en américain, Yves Duteil en moderne) est recueilli sur le chemin par deux autres trouvères qui se trouvèrent là à point nommé. Mince, quel hasard ! Merci qu’ils soient passés sinon l’opéra perd tout son sel. Mais on se serait ennuyé moins longtemps.
    Tann se lamente sur son séjour, promet d’expier sa faute, sans qu’il soit bien clair si c’est d’y être allé ou d’en être parti. Coquin. Les autres trouvères, joyeux et farceurs comme des allemands savent l’être, le ramènent au château d’où il s’était esbigné, et où, ciel mon mouchoir ! se languit la belle (108 kilos, une poitrine de B52) Elisabeth qui a un faible pour le petit filou. Mais une poignée de chevaliers, qui en pincent pour le quintal sopranien, décident d’estourbir Tann, parce qu’il a fauté. Zabeth le sauve, il promet d’aller demander au Pape son pardon.
    Wagner est protestant, en plein Kulturkampf Bismarckien, il ne peut donner une image positive du pontife. Le Pape refuse, disant que c’est impossible tant que son bâton ne reverdit pas. Aucune allusion phallique là-derrière, quoique.
    Bref Tann revient mourir chez Zaza, mais alors qu’il finit par clamser (après 28 minutes de récitatif, ce qui, pour un agonisant est digne du Guinness), on apprend que le bâton a reverdi. Madame Pontife est aux anges, c’est le cas de le dire.
    Voilà la folichonne aventure de Tann qui s’est trop égaré sous le Mont de Vénus (littéralement Venusberg, sic) en est revenu contrit, et finit mal pour avoir laissé une enfant gâtée lui sauver les miches. Toute ressemblance avec la vie actuelle ou la vôtre récente ou ancienne serait involontaire. L’Opéra n’est pas là pour cela, souris vous l’a dit, il est là pour que des metteurs en scène étalent leurs fantasmes et leurs cauchemars aux frais du contribuable. Le compositeur et le librettiste, eux, faisaient cela aux frais des princes. On n’est pas mieux élevé.
    En bref, Tannhaüser devrait prochainement être remboursé par la Sécu, en cas de constipation aggravée.
    Tout ce qui est exact dans ce post est involontaire, tout ce qui est excessif….

  14. Oui Roturier, d’ailleurs en peinture on fait plus beau que Rubens, en musique (non lyrique) on fait plus beau que Mozart, en architecture on fait plus beau que Versailles, en théâtre on fait plus beau que Molière….

  15. Rackam, votre 20h16 (16 minutes de retard pour l’ouverture) est mieux qu’un opéra (actuel).
    Bravissimo!

  16. QuadPater

    l’action se situe entre Ellwangen et Dinkelsbuhl

    Ça ne donne pas envie d’en savoir plus…

  17. Un point pour moi!

  18. Rackam,… « tout ce qui est excessif…. »
    Pour ma part je n’ai rien trouvé 🙂

  19. Impat, j’ai dû avoir un coup de mou, je m’y remets, sauf si souris proteste!
    Ou l’Ours, qui aime l’opéra aussi.
    Que des animaux décidément!

  20. Si Souris proteste je lui envoie un petit rat.

  21. Nietzsche, le copain à Roturier, après avoir été longtemps le porte-coton de Wagner disait préférer Bizet, il trouvait ça moins lourd, c’est dire.

  22. Effectivement, on fait mieux. Mais autrement.
    Mais naturellement, les asséchés sèchent.
    Le classique se crée en permanence; il lui faut l’épreuve du temps pour le devenir.
    Les Beatles seront, d’ici qq décennies, classiques.

  23. roturier

    Versaille est une crotte.
    Mérite pas le pluriel.

  24. roturier

    Je finirais Skardaphobe (=antibor?).
    .
    Nietzsche a eu avec Wagner (et probablement vice-versa) un problème amour-haine sur fonds de femme « commune » (en qq sorte) et divergences idéologiques.

    Sa saillie sur Bizet est une pique à l’égard de Wagner genre « même lui est meilleur que toi ».

    Ils avaient trop en commun, dont un absolutisme teuton, pour s’entendre ad vitam…

  25. Un problème de l’art lyrique est qu’il coûte cher. Il ne devient accessible, relativement, que par subvention publique.
    Il existe heureusement un palliatif, assez récent, grâce aux projections d’opéras sur grands écrans, qui permettent au grand public amateur d’y accéder. Ces palliatifs ne procurent pas le même plaisir, mais ils ont le grand mérite de pouvoir faire connaître à tous cet art unique.

  26. Souris donc

    Parodie rackamienne bien tumultueuse, convulsive, et tout à fait wagnérienne. Merci pour ce grand moment de fou-rire. Quand nous parlions du Parsifal, les versions burlesques, genre Monty Python semblaient une alternative. Preuve est faite que c’est vrai.
    Je crois qu’on a des doutes sur la réalité du tournoi, mais sur les protagonistes. Tannhaüser, Walther v. der Vogelweide et Heinrich v. Ofterdingen sont historiques. Et le livret reprend une ballade de Heine.
    Si on veut se faire une idée du beau selon l’homme du XIIIe, cf Codex Manesse dans un moteur de recherche d’images. Walther von der Vogelweide y figure. Je trouve d’autant plus gonflés de situer l’opéra chez les nazis. On voit bien que les metteurs en scène se servent du label Wagner pour la fascination trouble qu’ils éprouvent, eux, pour le nazisme, et dont ils se dédouanent par un préchi-précha compassionnel pour les opprimés. Vieille lune marxiste.

  27. Souris donc

    « Wagner ne nécessite aucune « modernisation » ni « interprétation »; il est bien assez grandiose dans son jus nature ». Exactement !
    Pour les films, y en a-t-il d’autres que le Don Giovanni de Losey, formidable réussite ?
    Quand la mise en scène est confiée à l’école Strehler ou à Bob Wilson, c’est toujours sublime. Ce sont les transpositions asile-hôpital-cabaret, qui surchargent de significations faciles. On est tenté de conclure, en effet, moins y a d’idées, plus y a de croix gammées. Il faudrait styliser. Hélas, styliser, c’était l’avis de Hitler. (Ceci dit, Hitler était végétarien, et les végétariens ne sont pas forcément tous nazis non plus).

  28. Souris donc

    c’est vrai que ces cinémas connaissent un grand succès, ce qui démontre que l’opéra attire.
    D’accord avec vous, Impat, que les metteurs servent l’oeuvre plutôt que de s’en servir pour leurs prosaïques transgressions. Qu’ils relèvent le défi, par exemple, de décors dans la joliesse, qui nous semble un peu mièvre, des enluminures. Au lieu de nous engluer dans le nazisme dont la seule fonction est d’effrayer à bon compte le bourgeois mélomane avec toujours les mêmes ficelles qui commencent à devenir un peu grosses depuis 40 ans qu’on nous les sort.

  29. Aucune difficulté à accepter les comm de Impat & Souris ci-dessus.
    D’autant mieux qu’ils ne font que réitérer les miens + haut.

  30. Il semble, mais je ne possède pas de chiffres à ce sujet, qu’en ce domaine de l’art lyrique comme en beaucoup d’autres les Américains (au moins sur la côte Est) soient plus conservateurs que nous Européens. Il est courant de donner à NYC les grands opéras dans une mise en scène très classique.

  31. Les américains sont peut-être plus conservateurs car moins rompus aux représentations « traditionnelles » d’opéra sur scène; donc moins à la recherche de « renouveau » dans ce domaine.

    MAIS (comme souvent) ils sont plus efficaces.

    Les retransmissions en « direct ou presque » (vu les décalages horaires), par le web, d’opéras en provenance du Met de NY sur des centaines (milliers?) de salles de cinéma du monde entier (y compris en France) permettent une diffusion large, rentabilisée et « démocratisée » (prix un peu plus cher qu’une entrée de cinéma; la différence étant due surtout à la longueur du spectacle, souvent 4H & + pour Wagner).

    Et il serait peut-être temps de cesser de cracher dans la soupe. La qualité « technique », visuelle et auditive, est souvent supérieure à celle que l’on trouve dans la « vraie » salle; même assis au premier rang.

    Faut dire que si la voix de Nathalie Dessay passe bien dans ces conditions, il n’est pas forcément flatteur pour une soprano « mure » d’être vue de près sur un énorme écran en HD…

  32. Souris donc

    Les apparences sont contre moi. Ceci n’est pas un papier sur l’opéra. Mais sur la perversité
    J’ai tenté de démonter l’escroquerie intellectuelle de la gauche morale hystérique. Raté !

    Les bourgeois mélomanes sont habitués aux codes et conventions de l’opéra, et admettent les invraisemblances. C’est ainsi que dans Tannhaüser on a vu la première mezzo noire dans le rôle de Vénus. C’était Grace Bumbry en …1960.

    Ce que je voulais souligner dans ce papier, c’est l’hypocrisie de la gauche morale et antiraciste qui traite ses contradicteurs de nazis, fachos et cas psychiatriques pour ne pas avoir à argumenter et pouvoir confortablement réciter les dogmes du Bien. La perversité est là, dans l’escroquerie « humaniste » qui, quel que soit le sujet, emprunte toujours les mêmes tactiques. Mais qui commencent à être éventées.

    C’est cette hypocrisie qui est à l’oeuvre dans les sempiternelles transpositions des opéras à l’époque nazie. Pire, on s’y vautre avec délectation en toute bonne conscience.

  33. … « Ceci n’est pas un papier sur l’opéra. Mais sur la perversité »…
    Mais Souris, l’opéra mène à tout, ce bel article et les commentaires en apportent la preuve 🙂

  34. Un rat d’opéra ?

  35. Patrick

    Souris, votre article me rappelle une interprétation du « Messie » de Haendel sur Arte où l’on mettait en scène une cérémonie d’inhumation d’un suicidé !
    Je n’avais jamais compris le lien de cette mise en scène avec le thème du « Messie ».

  36. Souris donc

    Le talent sans l’imagination nous a donné l’artisanat à qui nous devons tant d’objets utiles comme le panier de pique-nique en osier. L’imagination sans le talent nous a donné l’art contemporain.
    Tom Stoppard, cinéaste.
    Y a pas de lien, Patrick, l’important c’est l’imagination au pouvoir.

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