6 juin 1944

Le mardi 6 juin 1944 à l’aube, 69 ans aujourd’hui, les troupes alliées débarquaient en Normandie. L’Histoire de ce jour est connue de tous. L’est peut-être moins, et cependant fort intéressant, est le guide pratique à l’usage des GI’s en France, remis à chaque soldat américain. On en trouvera ci-après un extrait. Il n’est pas authentifié formellement, si un lecteur pouvait le faire nous apprécierions.

Pas plus en 1917 qu’en 1944, nous ne sommes venus en Europe pour faire plaisir à qui que ce soit. Nous sommes venus parce que nous, les Américains, nous étions menacés par une puissance hostile, agressive et très dangereuse.
Si la France est tombée en juin 1940, nous n’avons pas débarqué avant juin 1944. Nous n’envisagions même pas de courir « sauver les français ». Mais il y a eu Pearl Harbour et la déclaration de guerre de l’Allemagne contre l’Amérique.
Au cours de ces deux dernières guerres, nous sommes allés faire la guerre en Europe, parce que nous pensions qu’il valait mieux se battre là-bas que sur notre territoire. Aurait il été préférable que la bataille des Ardennes se soit déroulée dans l’Ohio ? Aurait il été préférable, le jour J, de traverser l’Atlantique plutôt que la Manche, pour débusquer un ennemi qui aurait bombardé nos maisons ? Aurait il été préférable d’attendre tranquillement en Amérique jusqu’à ce que les bombes V1 et V2, les missiles et autres armes secrètes, voire des bombes atomiques, aient commencé d’écraser nos villes ? Même les gosses allemands chantaient « Aujourd’hui l’Allemagne et demain le monde » (heute da hörsst uns Deutschland und morgen die ganze Welt). Nous faisons partie de ce « monde » et nous étions donc une des prochaines cibles.
Quand la France est tombée, nous avons perdu notre dernier rempart sur le continent. Entre la Méditérannée et la mer du Nord, la France représentait la « pierre angulaire de la liberté », le bouclier contre l’agression allemande. Elle contrôlait l’Atlantique et les bases dont les Allemands avaient besoin sur cette façade maritime pour mener leur guerre sous-marine et aérienne.
La sécurité et la politique étrangère de l’Amérique ont toujours reposé sur ce principe incontournable : nous ne pouvons tolérer une puissance hostile sur l’océan Atlantique. Nous ne pouvons être en sécurité si nous sommes menacés de ce côté. C’est pour ça que nous sommes entrés en guerre en 1917; c’est pour ça que nous avons dû aller au combat en 1944. Et c’est pour cette raison de bon sens et d’intérêt national que le président Roosevelt a déclaré le 11 novembre 1941 : « la défense des territoires contrôlés par les volontaires de la France libre est vitale pour la défense des Etats-Unis. »

10 Commentaires

  1. Aujourd’hui, la menace mondiale vient du Proche-Orient et de l’islamisme. Mais personne ne semble vouloir réagir. Quand Israël se verra obligé de le faire, ce sera lui le méchant !
    Et pendant ce temps, toute l’Europe se soumet tranquillement à l’islamisation, sans broncher.

  2. Bon, on ne se fatiguera pas à authentifier. Ni le contraire.

    Cela dit, la bataille des Ardennes (mentionnée dans ce texte) est ultérieure au débarquement de 5 mois; et la première bombe atomique (mentionnée) est ultérieure de 14 mois, et ultérieure à la capitulation allemande de 3 mois. Archi-top secrète et pour cause, les GI’s n’ont appris son existence qu’après les combats en Europe.

    Perso j’attribuerait à ce texte une origine bien hexagonale.
    Mais, on ne se fatiguera pas…

  3. Dommage de gâcher un bon argument par un ton sardonique Roturier mais on ne se refait pas, toujours est-il que ce texte, douteux quand à son authenticité, rflète bien l’état d’esprit de la grande génération comme l’appellle Spielberg, pour s’en convaincre voir ou revoir l’inoubliable ‘Why we fight’ de Frank Capra http://m.youtube.com/watch?feature=relmfu&v=p2TxQ_TZou4

  4. … « reflète bien l’état d’esprit de la grande génération »…

    Oui Skarda, c’est tout son intérêt. Plus le temps passe, plus cet état d’esprit deviendra difficile à appréhender. La mémoire est en train de devenir l’Histoire, avec toutes les questions qu’elle agite.

  5. Le ton sardonique est dans l’oreille qui écoute.
    Mon texte, lui, (bon argument, dites-vous) est purement factuel.
    En l’occurrence dire « on ne se fatiguera pas à authentifier » frise la charité (non) chrétienne.

    J’ignore l’état d’esprit de la « grande » génération. Je rappelle que la série de Capra citée avait une finalité de propagande, histoire de convaincre l’opinion publique US, plutôt réticente à la guerre, d’y aller.

    L’état d’esprit combatif « droit dans ces bottes » a été largement confectionné par la suite.
    C’est à peu près comme la résistance en France: tout le monde en était, n’est-ce pas.

  6. Merci à jamais au petit « Redneck » de Bâton Rouge ou d’ailleurs d’être venu mourir à Arromanches (ou ailleurs) pour un pays dont il n’avait jamais entendu parler, qu’il n’aurait pas pu distinguer de l’Allemagne ou du Liechtenstein sur une carte et qui a sauté d’un engin de débarquement à Utah Beach comme s’il venait arracher sa mère à un chien devenu fou. Merci éternel les gars, amitié atlantique à jamais.

  7. A jamais, c’est le mot.
    Puisqu’on ne pourra jamais payer la dette.
    Ni pour 14-18 d’ailleurs.
    Idem pour les Britanniques, Canadiens, Australiens, Néo-Zélandais etc…
    Faut rappeler, rappeler, rappeler.

  8. Je dois quand même contester (plus fort que moi) le mot édulcorant et bisounoursien « amitié ».
    L’amitié, facultative et réversible, est réciproque ou elle n’est pas. Donc finalement elle n’engage à rien.

    La dette est une obligation; celle-là, d’honneur. Pas de réciprocité qui tienne.
    Tant qu’elle n’est pas remboursée, elle est en vigueur.

    Celle-là ne le sera jamais.

  9. Patrick, répétez gentiment après moi:  » le méchant c’est l’agressé, la victime c’est l’agresseur! ».
    Je l’ai écrit sur ce site, la faute d’Adam se poursuit (et s’achève?) aujourd’hui: l’arbre de la connaissance du bien et du mal est en cours d’inversion. Le bien c’est le mal. L’inverse n’a pas besoin d’être écrit, il va de soi.
    Faire le contraire d’hier ou de toujours est un acte fondateur et libre.
    Qu’il soit mortel est de peu d’importance pourvu qu’on ait secoué le joug des siècles.
    Malheur à celui qui a conservé la mémoire des siècles passés, bonheur à qui ne se soucie que d’aujourd’hui.

  10. Quand même « Si les Ricains n’étaient pas là ,nous serions tous en Germanie  »
    Michel Sardou

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