Quatre piétons de l’Apocalypse.

Quatre hommes se faisaient face, l’un assis au nord, l’autre au sud, les deux derniers dans les coins qui restaient. Il y avait là un vieillard, un homme âgé, un homme mûr et un jeune homme.

Les vieillards ont des choses à oublier, les hommes âgés des choses à pardonner, les mûrs des choses à faire. Et les jeunes hommes des choses à vivre.

Aussi fut-ce le mûr qui prit la parole. Le pauvre, il était à l’âge où l’on se veut responsable : il fallait agir, parler, produire du bruit, du mouvement…

« Qu’est-ce que je fous ici ? Moi qui ai toujours voté à gauche, soutenu le camp du progrès, milité pour toutes les conquêtes, conspué toutes les milices, pétitionné comme si mon stylo avait bouffé des flageolets ! Et me voilà parmi vous comme si nous avions quoi que ce soit en commun ! »

« On a au moins le fait d’avoir voté à gauche, souligna gentiment l’homme âgé. Du moins pendant un temps, ajouta-t-il avec un faible sourire malicieux. Et puis je me suis aperçu de tant de choses qui n’allaient ni dans le sens de ce que je croyais ni dans celui qu’on m’avait promis… »

« Aaah ! si vous saviez, intervint le vieillard, d’une voix douce et quasiment inaudible, combien j’ai, moi aussi, été de gauche !» On aurait dit qu’il allait pleurer. On ne sait jamais si un vieillard pleure à cause de ce qu’il vient de dire ou parce qu’il ne trouve plus ce qu’il souhaitait ajouter.

Le premier reprit la parole, qu’il n’avait cédée qu’à contrecoeur, en bon homme de gauche qui considère que la parole d’ailleurs est indue, menaçante pour les droits, minante pour les acquis, insupportable pour la vérité :

« J’ai soutenu les progressistes du monde entier, hué les fantoches valets de l’impérialisme, admiré les filles aux seins nus devant les mitrailleuses, les mecs aux barbes drues dans les jungles, les sénateurs au ventre de malnutris dans les fauteuils de reps rouge, les députées de tout poil au brushing de travers à force d’avoir vociféré contre l’ordre injuste des choses, même quand elles étaient aux manettes. »

« Et moi donc, enchaîna le vieillard : j’ai soutenu Ho-Chi-Minh dont les vietminhs ont tué mon neveu. Boumediene dont les fellouzes ont égorgé mon jardinier, violé ma filleule, réduit à la mendicité un pays prometteur. Puis j’ai encouragé Castro, Kim-Jong-Il qui ont plus de sang sur les mains, plus de larmes sous les pieds, plus de malheur, de faim, d’oppression que tant d’autres. Alors qu’ils proclamaient « Pain, Paix, Liberté »…

« Et puis, un jour, continua l’homme âgé, j’ai réalisé le tissu de mensonges sur lequel j’avais brodé ma vie. La dictature mentale dans laquelle j’étais captif. Tout ce que voulaient les soi-disant progressistes que j’ai financé, ovationné, élus, c’était la place de ceux qui tenaient les rênes. Pour faire aussi mal ou bien pire. »

« Quand est-ce que ça t’est arrivé, demanda l’homme mûr, qui veut des dates, des faits, des chiffres, comme ceux de sa génération ? »

« Oh, comme ça, au fil de l’eau… j’ai perçu la tromperie derrière les cris d’orfraie, j’ai vu les mêmes comportements à l’égard du pouvoir, de la violence, de l’argent que chez ceux que nous dénoncions. Et cette posture moralisatrice insupportable à la longue alors que nos chefs n’étaient pas exemplaires, loin s’en faut. Puis il y eut, pour masquer les échecs dans la gestion des affaires, la course à la permissivité (sexuelle, pénale, scolaire, sociétale). Puisqu’on ne pouvait rien au réel, nous allions nous étourdir de sexe, de liberté, d’une anarchie déguisée en « ré-enchantement ». Et là, j’ai dit « stop ». Le socialisme et ses bâtards excités avaient fini par agir comme une drogue réputée douce, qui m’avait rendu idiot. Le rut et les luttes…Je ne pensais plus par moi-même mais par slogans. Je votais par discipline, ce qui est rarement la preuve d’une vraie liberté. J’ai décroché. »

« Moi, c’est plus ancien, ironisa le vieillard. Budapest m’a étonné, Prague m’a choqué, Phnom Penh m’a écœuré.  J’ai tout largué, puis j’ai été rejeté par ceux qui m’instillaient le poison. La gauche, pour moi, c’est une secte. On ne peut la quitter sans dommage. Et il faut de longues années pour réapprendre à penser par soi-même. Peut-être y parviendrai-je avant l’issue finale. J’y travaille chaque jour, même ici, même en vous écoutant. »

« Quitte à vous surprendre, confia l’homme mûr, je suis encore de gauche, mais en free-lance. Les multinationales des luttes, les officines du bonheur promis et jamais tenu, je les oublie. Le sexe officiel, la justice de classe, la police de la pensée, la communication rabâchante, tous ces travers piqués au camp d’en face, j’en ai soupé. A force de se définir par rapport à la droite, la gauche a fini par l’imiter en tout. Libérale au pouvoir elle se montre oppressante partout ailleurs. Mais là où elle faute le plus gravement c’est qu’elle ne cesse de promettre le contraire. Elle veut juste mettre son gros cul rose dans les plaplaces qu’occupent les puissants d’hier. Même la Révolution de 89 n’aura, finalement pas été autre chose qu’un jeu de chaises musicales, sanglant mais réussi.

Oui, mes chers cothurnes, je crois être encore de gauche, ce sont ceux qui se parent des plumes de ce beau nom qui ont dérivé. Je suis resté fidèle à mes idéaux. Qui sont l’exact opposé de la pensée toute faite qui tient lieu de rata à tant de braves gens qui se croient de gauche parce qu’ils hurlent avec les hiboux les plus corrects. Je dois être incorrect, je crois que c’est un devoir, à gauche. Aussi suis-je avec vous ici. »

Avisant le jeune homme qui n’avait rien dit, il lui demanda alors :

« Et toi, qu’as-tu fait pour être ici ? »

« Moi ? Rien ! Je suis là pour vous surveiller, j’ai vingt ans, je suis plein d’idéaux, de rage et d’appétit, aussi m’a-t-on chargé de veiller à ce que vous ne vous échappiez pas. »

À ce moment, le garde passa la soupe du soir par le guichet de leur cellule. A peine entendit-on l’un des trois autres soupirer « Ce qu’on peut parfois être vieux à vingt ans ! ».

57 Commentaires

  1. Par charité (non)chrétienne: je ferme ma gueule.

  2. Très belle exploration en profondeur de quelques fréquentes pensées de gauche.
    Mais une chose ne laisse pas d’intriguer : il est étonnant que ces 4 hommes, qui semblent clairvoyants, ne réfléchissent pas suffisamment pour songer à améliorer le sort des moins favorisés. Et, à cet effet, ne décident pas de se rendre à l’évidence en choisissant enfin de voter à droite.
    Voir que la gauche ment et nuit est une chose, mais il faut aller au bout de la vision et en tirer les conséquences.
    Mais peut-être les hommes de gauche, intellectuels par-dessus tout, ne considèrent-ils pas le sort des moins favorisés comme une priorité ?

  3. Impat national chéri.

    Mais, si les gens de gauche ne décident pas une bonne fois pour toutes de voter à droite, c’est qu’ils sont, comme chacun sait, des imbéciles congénitaux.

    J’adore ces tentatives de se mettre dans la tête de l’adversaire pour démontrer qu’il a tort.

    Je rappelle l’axiome fondamental des stratèges:
    Si l’ennemi a deux alternatives d’action, il choisira la troisième.

  4. Rackam, je vois en relisant votre texte que l’un des quatre piétons donnait la réponse à ma question sur l’aboutissement de leur réflexion :
    …« Et il faut de longues années pour réapprendre à penser par soi-même »…

  5. Moi, c’est quand Tonton a dit qu’il connaissait Bousquet évidemment…
    Roosevelt était-il de droite ou de gauche ?

  6. desavy

    Tibor,

    La fidélité en amitié est quelque-chose d’admirable. Cette amitié était pourtant connue.

    Roosevelt ? Un fort interventionnisme de l’État dans l’économie et une faible résistance à Staline, mais il était très affaibli.

  7. … « Roosevelt était-il de droite ou de gauche ? »..
    Comme toujours cette question n’a de réponse qu’en référence à un pays donné. Pour les Etats-Unis, FD Roosevelt était clairement un homme de gauche.
    Je crois utile de préciser qu’à mon sens l’article de ce fil traite manifestement des « hommes de gauche à la française », et il en va donc de même de mes commentaires.

  8. Guenièvre

    Mince alors ! j’ai les mêmes souvenirs que le vieillard !
    Rackam, vous m’avez fichu un choc !

  9. Guenièvre, je pensais bien évidemment à vous en « inventant » ce personnage.
    Et encore, je n’ai pas tout dit… 🙂

  10. kravi

    Deux courtes interviews de Raymond Aron semblent coller à l’air de notre malheureux temps.


    Clarté, rectitude, lucidité.
    On dirait qu’il a anticipé les ridicules de notre époque. A ceci près : avant la chute de l’Empire soviétique, ce n’étaient pas de simples postures risibles : c’étaient des choix abjects ayant cautionné des tragédies.
    Et certains gougnafiers de préférer se tromper avec Sartre…%-(

  11. Lisa

    Guenièvre, c’est que vous avez pris conscience des choses rapidement, puisque vous n’êtes pas une vieillarde…

    Rackam,
    Ce sera ça le camp de rééducation pour nouveaux-réacs ?

  12. Aron. Nora.
    Et pas de remplaçant connu. Pauvre France.
    J’oublie: si…Frigide…..

  13. Lisa votre rêve fréquent du camp de rééducation m’inquiète… kravi a certainement un avis là-dessus…
    Arrêtez de rêver d’être enfermée avec de jeunes gauchistes rééduquants. C’est mauvais pour votre sommeil. 😉
    Personnellement, en tant que réac antédiluvien j’échapperai aux camps. Irrécupérable. 😦

  14. Guenièvre

    Allez sur Causeur lire l’article de J.P.Le Goff sur La Manif pour Tous ! Encore un qui en est « revenu »…

  15. kravi

    Rackam, jamais d’interprétation personnelle en dehors de mon cabinet.
    Par ailleurs, j’ai bien aimé votre progressive dépossession de défroques idéologiques chez les trois protagonistes. Quand je pense que je me suis prétendu maoïste… le jeune âge – et son corollaire l’ignorance – sont peut-être des circonstances atténuantes, mais j’aimerais souvent pouvoir revenir en arrière.

  16. rackam

    kravi nous sommes intrinsèquement appelés à aller de l’avant, sans idéaliser ni notre jeune âge ni l’âge actuel. Témoignons, enseignons, écoutons, réfléchissons, accompagnons ceux qui s’égarent.
    Et puis, sachons nous débarrasser des « défroques » dont on avait cru qu’elle étaient nous alors qu’elles nous lestaient.
    C’est ce que j’ai essayé de montrer dans cette fablounette, comme si notre jeunesse devenait le garde-chiourme de notre âge sage…
    Quant aux rêves de lisa, fasse le ciel qu’ils n’arrivent jamais jusqu’à votre cabinet!

  17. desavy

    roturier,

    Mettre sur le même plan Aron, Nora et Frigide… C’est une blague ?

    Je me souviens d’un salon du livre, Raymond Aron, assis bien droit sur une chaise, sacrifiant quelques heures à une séance de dédicaces. Personne devant lui, tristesse absolue. Plus loin, des files gigantesques pour de quelconques vedettes du petit écran. Je n’avais pas osé aller lui parler. Ses mémoires m’avaient enchanté.

  18. Guenièvre,… « lire l’article de J.P.Le Goff « …
    De quoi se sentir très jaloux car on aurait voulu l’écrire.

  19. Desavy, à propos de Raymond Aron,… « Ses mémoires m’avaient enchanté. »…
    À lire et relire. Le sous-titre décrit mieux l’ouvrage que le simple « Mémoires » : « 50 ans de réflexion politique ».

  20. desavy

    Plus de 750 pages, dont certaines très ardues, je m’épate rétrospectivement de les avoir dévorées à un peu plus de 20 ans.

    ps. Je ne suis tout de même pas certain d’avoir tout compris aux pages concernant la philosophie.

  21. Oh, après Bousquet le reste est venu tout seul Grossouvre, l’attentat de l’Observatoire en particulier. Mitterrand n’était pas un honnête homme comme disait l’autre, c’est le moins que l’on puisse dire, il était rongé par la soif du pouvoir. Nous avons voté pour lui en souvenir des diamants de Bokassa et du SAC, il ne valait pas mieux. Certains disent qu’il a phagocyté le PCF, finalement je ne crois pas, il en a durablement installé l’idéologie. Je me souviens que nous avions toujours un petit complexe d’infériorité, par rapport au PC, nous avons bien appris…

  22. rackam

    Tibor ce « nous », c’est la cellule trotskarde que vous animiez au sein du PS? Trotskard un jour…

  23. Guenièvre

    Moi j’y étais aussi, dans le « nous » rackam, mais pas dans le même courant que Tibor. Vous savez ce que l’on disait à l’époque : là où il y a trois trotskystes, il y a trois tendances…
    Mao spontex, kravi ? « La Cause du Peuple » ? Pas mal non plus !

    Mais bon, la droite juste avant Mitterrand c’était aussi le SAC, vous avez raison Tibor, pas joli, joli non plus !

  24. desavy

    Guenièvre,

    Le SAC était plus gaulliste que de droite.

  25. kravi

    Oui, Guenièvre, ânonnant avec Sartre « nous sommes les nouveaux résistants ». Il faut oser !
    Mais à cet âge, comme dit l’autre, on ose tout. Rétrospectivement, ça faisait de moi un petit con. J’espère ne pas devenir un vieux con, mais on ne sait jamais. Au moins, je ne suis plus dupe. En tout cas, moins qu’avant.
    Je suis un peu consolé avec les aveux de péchés de jeunesse des uns et des autres.

  26. QuadPater

    C’est pas possible, quel nid ! des maos, des trotskards… moi j’étais plutôt anar/écolo mais ma compagne était féministe d’abord et trotskarde jusqu’au bout de ses lunettes rondes.

    Séchez vos larmes, kravounet. Vous savez pertinemment qu’un jeune con est de droite et un vieux con, de gauche.

  27. kravi veut des aveux, pas des ave (que j’avais), c’est grave et graveleux? Grève d’aveux, rêves d’agrès, je n’avouerai qu’si kravi veut.

  28. Oh mais c’est krave, Rackam

  29. Je n’ai jamais été trotskiste, je fus maoïste mais pas trotskiste, quant au nous il fait référence à tout ceux qui ont changé d’avis, vous savez ce qu’on dit de ceux qui ne changent pas…

  30. Je vais faire un procès à Rackam qui salit ma réputation ! Moi trotskiste ? Plutôt crever, je chantais une chanson à propos d’un piolet avec mes petits camarades. Sinon je connais aussi la Varsovienne, la Marche de Boudienny et d’autres encore. Rackam ferait bien de faire gaffe on n’aimait pas trop les Royco non plus.

  31. Frigide, certes une blague… OK, de goût médiocre.
    Aron=Nora est une hypothèse purement linguistique.
    On pourrait supposer que c’est le même patronyme modifié sous certaines circonstances.

  32. Je dois encore avoir ma carte du PCRML quelque part…

  33. kravi

    Un stal pur jus, alors ?
    marrrche de Boudionny (l’accent sur le E se prononce O), trrrès rrrévoloutsionnairrrre (avé l’assent).
    Tout ça nous rajeunit.
    Et Rackam royaliste ? Et Quad écolo/anar ? Je n’en reviens pas.
    Il doit m’en rester qqchose : kravi vient de « combat », en hébreu. Sur ce sujet, je reste intransigeant. Suis-je resté con ? Tant pis, j’assume.

  34. Oui un Stal pur jus : « Marx, Engel, Lénine, Staline, Mao ! » Bio avant d’être admis aux réunions de cellule, discussion (rabâchage) sur la lettre en 25 points, vente du Quotidien du Peuple, tours de garde à l’imprimerie et tout, et tout.

  35. Eh oui, kravi, le dimanche matin je vendais (du moins je tentais de le faire) l’Action Française sur un marché parisien plutôt tranquille. Et, quand il avait fait bien froid et que nous avions écoulé les trente exemplaires du canard, le type de Tribune Socialiste (PSU) qui en avait écoulé deux, dont un à sa mère, nous payait l’apéro. Car nous l’avions fait rire et jamais moqué. Après sont arrivés les costauds du PFN (Parti des forces nouvelles), sans chercher la bagarre ils comptaient bien récupérer l’endroit. Ils n’ont rien vendu. L’un d’eux a été député FN au temps de la proportionnelle (merci Mimitte).
    Puis j’ai grandi… je suis devenu moins jeune et plus con.
    Nous étions (Denis, Philippe, Isabelle, …) magnifiques, fous, poètes, baladins du lys, insouciants du lendemain, attendris par la veille,… Amoureux en somme….

  36. Bon, oui, je sais cinq ans plus tard j’étais aux JS…
    J’étais fameusement con aussi, et comme vous autres j’ai des doutes sur maintenant : après s’être tant fourré le doigt dans l’oeil, beaucoup par réaction au milieu d’origine, que valent mes opinions ?

  37. desavy

    « que valent mes opinions ? » autant que celles d’un autre, je pense.

  38. desavy

    Aron=Nora, joli.

  39. Oui, mais Rackam m’interdit de dire nous.

  40. Me voilà le faf de skarda!
    Je n’interdis rien, je taxe, c’est mon côté libéral…

  41. Presque tout le monde ici fait son mea culpa d’avoir appartenu à la gauche.
    Voici un texte, que certains connaissent sans doute déjà : l’histoire d’un mec.

  42. Souris donc

    J’aime bien la pirouette de la fin, tous au camp de rééducation. Et le petit Garde Rouge, ignare puisque la Révolution est Culturelle.

  43. Souris donc

    Et quelques semaines seulement pour apprendre le gauche basic. Nous, nous pensions que la gauche est une espèce exotique, vivant exclusivement parmi les fainéants du sud de la Loire. Le jour où j’ai eu besoin de parler la langue pour calmer les syndicats, il a suffit d’un pidgin :
    S’indigner contre la minorité opprimée du moment, et si on n’en n’a pas sous la main, en chercher une dans le monde animal. Ou parmi les tribus amazoniennes.
    Désigner comme oppresseur le mâle blanc, colonisateur et saccageur de planète. Ou encore les OGM.
    Et voilà !

  44. Souris donc

    Avant le camp, on passe devant le Tribunal Révolutionnaire.
    1. Celui des groupuscules boutonneux des amphis et des syndicats qui votent à main levée et condamnent le délit d’opinion dès la déviance du look (pas assez crasseux, pompes trop bien cirées, mauvais logo sur le T-shirt).
    2. Les instances répressives (subventionnées par l’argent du condamné lui-même comme chez ce bon vieux Pol Pot) MRAP, SOS-Racisme.
    3. Un mot plus haut que l’autre et on comparait. Mur des cons et juges rouges. Après Eric Zemmour et Renaud Camus, c’est au tour d’Ivan Rioufol.
    http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2013/06/tandis-que-la-gauche-alerte.html

  45. Souris donc

    Je trouve que sur ce fil on fait la part trop belle aux idéalistes et à leurs illusions perdues, on oublie les hypes qui n’en loupent pas une (mode) et dont le vocabulaire, quel que soit le débat, se limite à : réac ! moisi ! ringard ! hasbeen !

  46. roturier

    Sans oublier: ci-devant !!!

  47. Oui Souris, c’est aussi un mélange des deux : « si t’es facho tu pourras pas pécho » comme on dit aujourd’hui. Il ne fait pas bon avoir vingt ans et ne pas faire partie d’un groupe, de ne pas avoir de codes.

  48. Je découvre ceci à l’instant et je prie qu’on m’excuse si cela avait déjà été mentionné ici:
    « L’inaptocratie : un système de gouvernement où les moins capables de gouverner sont élus par les moins capables de produire et où les autres membres de la société les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir, sont récompensés par des biens et des services qui ont été payés par la confiscation de la richesse et du travail d’un nombre de producteurs en diminution continuelle. »
    attribué à J. d’Ormesson probablement à tort.

  49. Exactement, Tibor.

    Vous touchez à la réalité de l’affaire Méric: cela aurait été pareil s’il y’avait des supporters du PSG et de l’OM face à face.

    La raison pour laquelle on peut facilement embrigader des jeunes (et même littéralement, à l’armée, n’importe laquelle) est qu’ils (et beaucoup moins « elles ») sont faits pour ça.

    Le réflexe de chasser en bande est consubstantiel au jeune mâle pour des raisons de survie de l’espèce, vieilles comme l’humanité et bien avant.

    Tout le reste n’est que récupération politicienne et idéologique : on fabrique des martyrs et on monte en épingle l’engagement de la « victime ».

    Alors que le pauvre ne voulait rien d’autre que de voir briller les yeux de la copine militante…

    On a bien assez dit que Mai 68 n’aurait jamais eu lieu si l’accès aux dortoirs des filles à Nanterre avait été moins strict.

    Ce qui ne s’éjacule pas par la voie naturelle monte à la tête.
    Ce n’est pas votre chère Eglise qui dira le contraire.

  50. roturier

    Arrêtez, Rackam.
    C’est une dérivée de la Loi de parkinson, c’est tout. En plus lourd et moins élégant.

  51. Guenièvre

    @roturier,
     » Mai 68 n’aurait jamais eu lieu si l’accès aux dortoirs des filles à Nanterre avait été moins strict.  »
    Ce n’est pas du tout impossible. La « rébellion » est partie de là vous avez raison.
    Mais pas seulement à Nanterre. Dans beaucoup de Cités Universitaires, le 14 février 1968, les garçons ont passé outre la consigne qui leur défendait de rester dans le bâtiment des filles après 22 heures…on dit que le mouvement a commencé ce jour-là…

  52. Lisa

    C’est à cause des camps dont parle la Taulière d’un site jadis fréquenté par vous et autres bretteurs…

  53. Mais ce n’est pas seulement une question de sexe, je ne crois pas aux raisons uniques. Les polynésiens présentés par Margareth Mead comme de bons sauvages parce qu’ils pouvaient s’envoyer en l’air à leur guise, se becquetaient allègrement aux cours de guerres d’une terrible sauvagerie. Une insulte commune chez les Pascuans était : « J’ai encore des morceaux de la chair de ta mère entre les dents ! ». Non, non, les hommes peuvent forniquer comme des furets et avoir pleins de choses qui montent à la tête.
    En tant que girardien convaincu je suis plus séduit par le mimétisme que par le sexe, le sexe rockn’roll a une dimension mimétique évidente, il était bon de ressembler à cette jeunesse américaine triomphante. La crise d’adolescence est un phénomène éminemment culturel, éminemment mimétique…

  54. Arrêtez, Tibor. Vous ne croyez pas à votre propre discours.

    La crise de l’adolescence est un phénomène éminemment hormonal.

    Mai 68 était une éruption d’acné juvénile.

    Le reste n’est que récupération par les vieux de l’énergie, éminemment sexuelle, des jeunes en rut.

    Tout ce qui ne s’éjacule pas par la voie naturelle est sublimable, canalisable, récupérable. Sinon ça monte à la tête et ça donne mal aux couilles. Lointains souvenirs.

    Le mimétisme est l’un des mécanismes gérant la genèse de la « bande des jeunes » qui, elle, remonte à l’obligation de survie de chasser en bandes.

    J’arrête car sinon on est encore là à Noel.

  55. Guenièvre

    D’accord avec vous, il n’y a jamais de causes uniques.

  56. Cher Rackam, à nous deux on nous coupe la tête derechef, on sait bien que nous sommes non rééducables

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