Roses anciennes

 

« Autour d’eux les rosiers fleurissaient. C’était une floraison folle, amoureuse, pleine de rires rouges, de rires roses, de rires blancs. Les fleurs vivantes s’ouvraient comme des nudités, comme des corsages laissant voir les trésors des poitrines. Il y avait là des roses jaunes effeuillant les peaux dorées de filles barbares, des roses paille, des roses citron, des roses couleur de soleil, toutes les nuances des nuques ambrées par les cieux ardents. Puis les chairs s’attendrissaient, les roses Thé prenaient des moiteurs adorables, étalaient des pudeurs cachées… »

(E. Zola  – La faute de l’abbé Mouret)

Officiellement le terme  » roses anciennes » regroupe tous les rosiers botaniques et tous les sujets créés avant la fin du XIXè siècle . La limite est cependant  assez imprécise, certains la fixant aux alentours de 1920, d’autres la faisant remonter à la Grande Guerre. Peu importe, car pour l’amateur, cette expression désigne avant tout « un style » : port souple et naturel, corolles variées allant de l’églantine à la fleur semi-double ou très double – certaines comptent une centaine de pétales –  en quartiers, en coupe, aplaties, récurvées, turbinées ou en dôme. Fleurs froufroutantes  ou chiffonnées au parfum exquis . Senteurs de myrrhe, de musc, de fruit, pointes de rose des prés, d’héliotrope et de vanille… Et le parfum n’est pas l’apanage des seules fleurs : les feuillages peuvent être diversement odorants. Celui de Rosa centifolia sent l’œillet ; d’autres dégagent une odeur champêtre de pomme reinette ou de citron. Très particuliers, les feuillages des R. muscosa et R. pomifera exhalent respectivement le camphre et la térébenthine… Chez les roses moussues, la « mousse » verte est aussi odorante que les pétales.

Roses argentés, roses tendres, roses chair, roses chauds attendris de lilas,  roses vifs carminés, roses soutenus, saumonés à reflets jaunes , roses pêche striés de corail, rouges  pourpre velouté presque noir, rouges lumineux, rouges écarlates ou cramoisis, rouges bruns nuancés de violets, jaunes tendres, jaunes chamois, jaunes abricotés, jaunes d’or, jaunes ocré doux, blancs purs, blancs crémeux ou nacré, les roses anciennes arborent  presque toute la palette du peintre. Suprême coquetterie, elles présentent parfois des nuances subtiles ou des teintes contrastées sur une même fleur selon le degré de floraison . Admirable Rosa chinensis mutabilis dont le bouton jaune orangé passe au rose cuivré à l’ouverture et qui se fane en rose très pâle ! Fringante Jenny Duval qui mêle le  rouge cerise, le magenta et le parme, et qui évolue au bleu mauve à la défloraison !

Le charme des roses anciennes vient aussi de leur appellation souvent désuète. La plus connue est l’irrésistible  » Cuisse de nymphe » qui partage avec sa cousine  » Cuisse de nymphe émue » la palme du nom le plus évocateur.  Mais les messieurs peuvent aussi rêver  aux époques révolues avec  « Gislaine de Féligonde », « Honorine de Brabant », « Petite Lisette »,  » La belle Sultane »,  » Belle de Crécy » et « Albertine ». Les dames  se pâmeront devant  » Comte de Chambord », « Charles de Mills », « Fantin Latour » ou « Gipsy boy » …

Les roses sont cultivées en Chine et en Perse depuis 5 000 ans. De tous temps, voyageurs ou conquérants , séduits par leur beauté, ont emporté dans leurs bagages celles que le hasard avaient posées sur leur chemin et les poètes ont imaginé les plus belles légendes pour les célébrer.  En Grèce, Anacréon raconte que la rose blanche est née de l’écume de la mer, le jour de la naissance d’Aphrodite. Dans L’Iliade, Homère décrit la déesse de l’Amour oignant le corps d’Hector avec de l’huile de rose.  L’historien Hérodote relate qu’il a examiné en Macédoine une rose à 60 pétales et au parfum irrésistible. Cette fleur serait une descendante de celles que Midas, roi de Lydie, a emportées dans son exil lorsqu’il fut chassé par les Perses.

L’on dit aussi qu’Alexandre en rapporta beaucoup de ses expéditions vers l’est et que, à la même époque, Théophraste, que l’on considère comme l’ancêtre des botanistes, donnait des conseils pour leur culture. C’est à ce dernier que nous devons le nom de « rose » et de « rosier » car il est le premier à avoir employé le mot  » rhodon » pour désigner la rose double par opposition à la rose simple, l’églantine.   Si l’on sait que les romains avaient la passion des roses et qu’ils les cultivaient dans les grandes pépinières de la région de Paestum, que des échanges existaient avec Carthage et l’Egypte , on ignore jusqu’à ce jour quelles étaient les astuces déployées pour garder les fleurs fraîches pendant le voyage qui durait au moins une semaine. Egyptiens et Romains avaient coutume de joncher de pétales le sol des salles de banquets. Lors des fêtes qu’elle donna pour honorer Marc-Antoine , Cléopâtre en fit répandre sur la hauteur d’une coudée ( env. 50 cm ) . Cela coûta un talent ( soit 20 kg d’or ) .

Pour la période du Haut Moyen- Age, il existe peu de références écrites sur la culture des roses. On sait cependant que le roi Childebert 1er ( 511-558 ) avait fait installer un jardin de roses dans son palais situé entre la Seine et l’abbaye de Saint-Germain des Prés . Vers cette époque là, dans les jardins des couvents, on devait cultiver encore les rosiers amenés en Gaule par les Romains,  essentiellement pour en tirer de remèdes. L’Empereur Charlemagne, ( 742- 814 ) dans son recueil d’ordonnances concernant les campagnes, dit qu’il veut que soient cultivés les lis et les roses. L’abbesse sainte Hildegarde ( 1098-1179) recommande ces dernières parmi les plantes curatives de premier ordre. Puis, on semble se souvenir que les romains cultivaient aussi les fleurs pour leur beauté et leur parfum…et les références se multiplient chez les écrivains et les poètes. On connait « Le Roman de la Rose » qui a une signification symbolique ( 1) et les poèmes de Marot et Ronsard.

Les Croisés ont été, après la conquête romaine, les deuxièmes grands pourvoyeurs de roses. Ce serait Thibault IV de Champagne, roi de Navarre qui, vers 1250, ramena de la 7 ème croisade un rosier gallique à fleurs doubles à Provins et fit de cette ville le centre d’une industrie prospère ( 2 ). Associée au culte de Vénus et de Baccchus dans l’Antiquité, la rose devint, avec la chrétienté, un symbole de pureté, de chasteté et de modestie. Ainsi, au Ve siècle, Saint Médard aurait-il institué l’usage de couronner de roses la jeune fille la plus vertueuse du village qui prit le nom de « rosière ». On prit aussi l’habitude de faire des offrandes de roses à la Saint- Jean. Le seigneur de Montrésor, en Touraine, devait offrir à son suzerain, le seigneur de Montrichard, un chapeau de roses à la Pentecôte. Cependant, malgré son usage médical, malgré la fréquence des allusions poétiques et picturales, malgré l’importance symbolique de la fleur, la rose était encore assez peu cultivée et il faudra attendre le début du XVIIIe siècle et les progrès de l’horticulture pour qu’elle devienne véritablement la plante favorite des jardins. Cette faveur retrouvée allait de pair avec le goût de la nature qui se répandit, y compris dans la noblesse. On dit que Marie-Antoinette adorait les roses, et Madame Vigée-Lebrun la peignit, déguisée en paysanne, une rose à la main. Un peu plus tard, pendant que Napoléon guerroyait, Joséphine de Beauharnais, dépensait des fortunes pour aménager l’un des plus beaux jardins d’Europe autour de son château de Malmaison, à Rueil. Elle y rassembla la plus grande collection de rosiers du monde. On rapporte qu’en pleine guerre franco-anglaise des accords secrets permettaient aux jardiniers de Malmaison de recevoir les derniers rosiers Thé arrivés en Angleterre.

Allégories, légendes et suppositions plus ou moins hasardeuses, il y a mille histoires à raconter sur la manière dont les rosiers se sont propagés parce qu’ils ont su charmer quelques voyageurs intrépides puis se sont perdus dans l’oubli après avoir laissé derrière eux une longue descendance . Au XVIIIe siècle bien des botanistes passionnés ont esquissé des généalogies  mais le mystère qui enveloppe les ancêtres des plus belles roses à floraison perpétuelles comme les Noisette, les Bourbons ou les Thé n’a pas été entièrement résolu. Qu’à cela ne tienne , au XIXe siècle les pépiniéristes et les rosiéristes pris d’une folie d’hybridation donnèrent à leurs créations les noms de leur femme ou de leurs amis. Durant la première moitié du XIXe siècle on produisit des centaines, voire des milliers de rosiers galliques dont bien peu subsistent aujourd’hui.  Au XXe siècle, l’évolution esthétique imposa la rose moderne aux corolles empesées et aux couleurs vives et uniformes. Heureusement, il s’est toujours trouvé des amoureux des fleurs plus tendres pour les conserver, les multiplier et les propager. C’est grâce à eux que l’on peut les redécouvrir aujourd’hui…

1 – Le roman se termine ainsi : « Avant que je partisse de ces lieux où je fus encore demeuré volontiers, je cueillis à grande joie la fleur du beau rosier feuillu, et j’eus la rose vermeille. Alors il fit jour et je m’éveillai. »

2 – http://www.provins.net/index.php/artisanat-et-produits-du-terroir/la-rose-de-provins.html

L’un des plus grands spécialistes en France :

http://www.roses-anciennes-eve.com/epages/rosesanciennes.sf

Pour les Bordelais :  http://www.roses-anciennes-bordeaux.com/roses

Jardins à visiter :  http://www.rosesanciennesenfrance.org/fr/liens.htm

Pour les amoureux des roses :   https://picasaweb.google.com/rgrouot/RosesAnciennes

 

 

 

 

54 Commentaires

  1. Et d’où vient l’expression se faire envoyer sur les roses ?

  2. De Guenièvre? 🙂

  3. Guenièvre

    Je ne sais pas Tibor. Tout ce que l’on peut dire c’est que c’est une expression récente ( XXè siècle ) et c’est sans doute en rapport avec les épines..

  4. Guenièvre

    Bravo pour la mise en ligne du dossier photos Impat !

  5. Guenièvre

    … mais aujourd’hui elles ne sont pas aussi pimpantes, elles ont la fièvre…la fièvre des orages.

  6. Guenièvre,
    d’apprendre qu’une rose à floraison perpétuelle s’appelait Bourbon m’a ému aux larmes.
    Je vous ferai un pastiche de remerciements dès mes larmes séchées.

  7. … « Bravo pour la mise en ligne du dossier photos »…
    Merci Guenièvre, ce fut un parcours très épineux !

  8. Guenièvre

    Rackam ce n’est pas seulement une rose c’est toute une variété de roses que l’on appelle « Roses de Bourbon ». Leur histoire est la suivante : en transitant par les Indes, des rosiers de Chine ont traversé l’océan et fait escale à l’île de La Réunion alors appelée île Bourbon où, planté en haies, ils ont cru et se sont hybridés avec Rosa damascena, la Rose des quatre saisons, qui y poussait déjà. Ils ont donné ainsi les premiers rosiers de Bourbon. Remarqués par un certain Monsieur Bréon en 1817, ces rosiers seront expédiés vers Paris où Monsieur Jacques, jardinier de Louis- Philippe en obtint des descendants. Les rosiers de Bourbon ont en commun des pétales incurvés et soyeux, des corolles semi-doubles ou doubles avec des quartiers plus ou moins bien ciselés.
    Sur les photos mises en ligne par Impat , Mme Isaac Pereire ( photo 8 et photo 31 ) est une rose de Bourbon : opulente et avec l’un des parfums les plus forts du genre Rosa tout entier…

  9. Guenièvre, vous êtes un puits de science de la rose.

  10. Reste à imaginer que l’intérêt de La Dame pour les roses laisse présager une préférence politique.

  11. Guenièvre

    Imaginez roturier, imaginez…l’intérêt pour les roses est-il un penchant pour la gauche ? ou un penchant pour la droite ?
    Un intérêt pour l’Histoire sans doute. Et, je vais faire plaisir à rackam, l’aventure des roses est souvent liée à la royauté et à l’aristocratie . Vous connaissez la Guerre des deux roses entre les maisons royales de Lancastre et d’York dont les emblèmes étaient respectivement une rose rouge et une rose blanche ? Mais il y a des centaines d’anecdotes…J’en raconte quelques unes pour ceux que ça intéresse mais rien de vous oblige à les lire, roturier ! 🙂
    On dit, que vers 1800, la duchesse de Portland remarqua, au sud de Naples, une rose rouge qui poussait spontanément. Elle la ramena en Angleterre où elle reçu évidemment le nom de  » Duchess of Portland ». Cette rose fut introduite en France en 1812 où elle donna naissance, par hybridation, à une centaine de rosiers ( les rosiers de Portland) dont la « Rose du Roi » ( le roi étant Louis XVIII) . Aujourd’hui les rosiers les plus cultivés parmi les Portland sont « Comte de Chambord » ( photo 10 ) et Jacques Cartier ( Photos 12 et 26 ).
    La Révolution française avait, il est vrai d’autres soucis que la culture des roses.
    Sous Louis XVI, il y avait, dans le village de Bagnolet, un rosiériste nommé Chevet. Parmi ses créations l’une s’appelait la rose Chevette. Hélas, Monsieur Chevet fut accusé d’avoir comploté l’évasion de Marie-Antoinette : il lui avait lancé un billet dissimulé dans un bouquet de roses à travers les barreaux. Il fut condamné à mort par le tribunal qui lui accorda une dernière volonté. Monsieur Chevet demanda que les jurés se chargent d’élever ses 17 enfants que sa mort allait laisser sans soutien. Après délibération les jurés lui laissèrent la vie sauve à condition qu’il arrache tous ses rosiers et qu’il ne cultive plus que des pommes de terres pour nourrir le peuple.

  12. Ces jurés manquaient d’imagination, il est des roses dont les pétales sont excellents pour de bonnes recettes de cuisine. Le peuple ne mérite-t-il pas mieux que des pommes de terre ?… 🙂

  13. Guenièvre

    Oui, mais Impat ce genre de mets sucrés ce sont « des vices de riches » et « il ne faut pas que le vice des riches devienne le vice des pauvres » ! 🙂

  14. Bon, je vais aller me faire des frites.

  15. Isa

    Et la guerre des roses?

    Superbe article, très belles photos et envie de relire Zola!
    Merci pour tout!

  16. Et les souvenirs…
    Rosa
    Rosae
    Rosam…

  17. hathorique

    Bonjour à tous que je retrouve avec plaisir .

    « au nom de la rose » merci à vous Guenièvre pour ce bouquet odorant tout est parfum et senteurs dans votre article.
    Je pense que vous connaissez les livres de Pierre-Joseph REDOUTÉ :
    http://www.wittert.ulg.ac.be/fr/flori/opera/redoute/redoute_notice.html
    http://www.wittert.ulg.ac.be/fr/flori/opera/redoute/redoute_roses.html#muscosa

    Votre article me remet en mémoire ce délicat quatrain d’Omar Khâyyâm :

    « Le Printemps doucement évente le visage de la rose;
    Dans l’ombre du jardin, comme un visage aimé est doux !
    Rien de ce que tu peux dire du passé ne m’est un charme;
    Sois heureux d’Aujourd’hui, ne parle pas d’Hier. »

    Et si vous me le permettez sur les anciens égyptiens, :
    Ils avaient des connaissances approfondies dans l’élaboration des parfums, qui au départ servaient d’offrande pour des rituels religieux et funéraires, ensuite cette tradition du parfum s’est étendue à la vie quotidienne.
    Les végétaux utilisés étaient d’abord choisis parmi la flore égyptienne comme le narcisse, le lys et l’iris le ricin, la mandragore .
    Afin de d’enrichir leur palette, les parfumeurs Egyptiens firent importer de nouvelles plantes et produits odorants, par les routes maritimes et caravanières. Ainsi arrivèrent en Egypte la rose et le lotus rose, le safran, l’oliban, l’encens et autres plantes odorantes.
    Ils ne connaissaient pas le procédé de la distillation, ils faisaient macérer les fleurs dans un corps gras, éventuellement chauffé, ce qui permettait aux arômes d’imprégner les huiles qui ainsi traitées devenaient essentielles 🙂
    Le pressage des fleurs dans un linge après la cueillette était une autre technique de l’époque pour recueillir les senteurs florales.
    Les parfums étaient associés au souffle de la vie, notamment le lotus bleu.

  18. Guenièvre

    Bonsoir Hathorique! Ravie de vous relire à nouveau. C’est toujours un plaisir. J’espère que votre séjour a été fructueux !
    Merci pour le beau poème d’Omar Khayyam. Il existe un rosier baptisé du nom du poète qui aurait été retrouvé sur sa tombe à Nishapur au Nord de l’Iran.
    Damask Rose Omar Khayyam
    J’ai déjà admiré l’ouvrage de Redouté. Je me demande si les très belles éditions Citadelle- Mazenod ne l’avaient pas édité.
    La rose a inspiré de nombreux peintres naturalistes. On peut aussi citer Henri Fantin- Latour dont le nom a été attribué à l’une des plus belles roses « centifolia ». Pierre -Joseph Redouté était appelé  » Le Raphaël des fleurs » et il fut au service de la reine Marie- Antoinette et des impératrices Joséphine et Marie- Louise. On dit que Redouté, a peint les roses de la Malmaison. Mais cette affirmation a parfois été contestée parce que le nom de l’impératrice ne figure pas dans liste des remerciements adressés, au début de son livre, aux personnes qui lui ont permis de trouver des modèles. Mais peut-être n’a-t-il pas voulu se prévaloir des faveurs d’un régime déchu au moment où il publia son ouvrage ? Il y a là encore un mystère.

  19. Seule pouvait manquer la déesse Hathor (Hathore ?) pour relever encore un peu plus la beauté parfumée d’un si bel article. Et Hathorique est arrivée, le charme est total…

  20. Vous m’avez piégé, La Dame.
    Il suffit de dire que je ne suis pas obligé de lire pour que je tombe dessus.

  21. roturier

    Tant pis pour la théorie du « gender »: au risque de me répéter, il y a des sujets typiquement « féminins ».
    Heureusement.

  22. hathorique

    Bonsoir roturier
    C’est hélas pour satisfaire à la la loi du « gender » que les petite filles ne peuvent plus s’habiller en rose, encore que Zahia se déshabille si joliment toute de roses dévêtue.

    Savez vous que mot parfum vient du latin per fumum (par la fumée) à nous donc la fumée à vous le feu,
    car il ne peut y avoir de fumée sans feux de la passion. Heureusement

    Comme le disait dans l’un de leurs ouvrages « Charles Demailly » les frères Goncourt à qui je ne décernerai pas le prix du gender mais celui de la misogynie

    « Il faut à la femme un léger parfum de servitude »…

  23. Donnez aux féministe une corde assez longue et elle se pendraient avec.

    Le « léger parfum de servitude » est à la femme ce qu’est la tenue de camouflage au soldat., un moyen de prendre le pouvoir.

    Quand je pense que par pure stupidité elles renoncent à tous leurs atouts pour prétendre exercer l’illusoire pouvoir des hommes…

  24. Guenièvre

    @ roturier,
    « il y a des sujets typiquement « féminins »
    Sans doute mais la passion des roses est loin d’être exclusivement féminine . J’ai un ami  » qui est tombé dedans » quand je lui ai fait visiter mon jardin. Aujourd’hui il est encore plus mordu que moi : il doit avoir une centaine de rosiers . Et puis les obtenteurs étaient la plupart du temps des hommes : les Vibert, les Gravereau, les Nabonnand en France, les Kordès en Allemagne et le Révérend Père Pemberton qui créa en Angleterre les Hybrides Musqués…

  25. Bref, lorsque ça devient sérieux et pro, ça devient masculin…
    Je ne vous le fais pas dire.

    Accessoirement (c’est + fort que moi): si vous me faîtes visiter votre jardin, sûr que je tomberais dedans.

  26. Guenièvre

    Mais bien sûr roturier, je vous invite volontiers mais pour cette année déjà c’est presque un peu tard : en deux jours les orages ont transformé certaines grosses roses en éponges. C’est aussi cela le jardin : un apprentissage de la modestie et de l’humilité…

  27. De l’art de tout faire tomber à plat.

  28. Guenièvre

    Oui, roturier, j’ai vu l’allusion trop tard …. Pourtant le sujet s’y prête. Désolée d’avoir coupé votre effet 🙂 !

  29. hathorique

    @ roturier
    Bonsoir
    Ne réduisez pas les femmes à une correspondance de Madame Lagarde, ce serait aussi désobligeant que de considérer pour Monsieur Hollande qu’il brouillonne un traité d’économie.
    D’ailleurs je ne comprends pas pourquoi cette lettre, qui semble t il n’a pas été envoyée à son destinataire par Madame Lagarde et qui fait partie de pièces à conviction donc couverte par le secret de l’instruction, a pu se retrouver dans la presse.

    Mais je vous quitte j’ai un opéra où il est question de passion, de mensonge, de duperie, de vrais et faux semblants à écouter 🙂

  30. Le mur des cons en action Noble Lionne !

  31. @ Hathorique: loin de moi de réduire « les » femmes à quoi que ce soit.

    Pour la question du secret d’instruction:
    Franchement, le système judiciaire en France est dans un tel état de délabrement et de défiance généralisée, que rien ne m’étonne.
    Outreau a déjà ébranlé la confiance; mais autour des « affaires » actuelles le climat est tel qu’aucune enquête ne sera jamais crédible.

    Donc, une lettre de Lagarde plus ou moins, ça ne change pas grand chose.

    Et d’ailleurs, saisie dans le cadre de l’affaire Tapie, elle semble ne rien apporter. Sauf aux journalistes affamés de scoops.

  32. Elle était d’ailleurs fort bien écrite, cette lettre en projet de Madame Lagarde.
    Précision, sympathie, fidélité. Tout ce qui fait une collaboration efficace et agréable entre un patron et un « exécutif ».

  33. Surtout « une exécutive ».
    Franchement, il y a des tournures limite.
    Le mélange de genres entre pro et (très) privé est plus que suggéré.

  34. Ceci est interdit aux diabétiques: une intraveineuse de cholestérol glycémique.
    http://www.youtube.com/watch_popup?v=Pa58TdbRGJ4

  35. Souris donc

    J’ai trouvé le Cosi de Haneke d’un ennui mortel. Même la musique et le chant. A-t-on idée de ralentir les récitatifs que, déjà à l’état normal, on voudrait zapper ? Que Wagner a supprimés. Tout ça pour démontrer que sous la frivolité mozartienne affleure la tragédie du couple. Pour souligner le tragique, à longueur de scène tous picolent.
    L’esthétisme des décors et costumes mélangeant le XVIIIe et le moderne, pourquoi pas.
    Il n’a pas situé l’action chez les nazis. C’est déjà ça.

  36. Souris donc

    Merveilleux Redouté de l’époque des grands naturalistes qui ont fait faire des pas de géants à la science sans s’encombrer de principe de précaution.

  37. Souris donc

    J’aime bien les « obtenteurs ». Si je crée une rose « Guenièvre » (Rosa gallica ‘guenièvre’), personne n’aura le droit de la reproduire (par quelque multiplication que ce soit, semer, bouturer, diviser, marcotter, hybrider, enter, cloner). Régi par le droit de propriété intellectuelle. Et les obtenteurs, Meilland, Delbard… entendent défendre leurs créations.
    Les cultivars (cultivated variety) sont très fragiles et souffrent de mille maladies et ravageurs, thrips et tordeurs, chancres et fumagines.
    Personnellement, plus de rosier, trop de déceptions.

  38. Souris donc

    « Je t’ai donné mon coeur », trop belle illustration du brouillon potache de Lagarde.
    Les journalistes et les policiers qui ont fait fuiter ça sont ignobles.

  39. Souris Donc,…. « tous picolent »…
    Mais, cosi fan tutte, maintenant !

  40. Guenièvre

    Mais oui souris, aujourd’hui, l’obtention des roses est réglementée, soumise aux impératifs économiques au même titre que l’art ou la couture. Le rosier doit se vendre et faire vivre l’obtenteur, le paysagiste, le fleuriste etc…Autre temps, autre moeurs.
    Je vous assure que nombre de rosiers anciens ne sont pas le moindre du monde malades. J’ai planté Ghislaine de Féligonde ( photo 33 et 34 ) il y a 12 ans . En fait j’ai simplement mis en terre deux petites tiges, fin août ) et je n’ai jamais rien fait d’autre que de couper les branches mortes de temps en temps. Tous les rosiers « noisette » sont très rustiques, et en plus très faciles à multiplier.

  41. Pastiche promis:

    Officiellement le terme « rose au poing » désigne tous les rejetons du marxisme historique, plus ou moins mâtinés de mauvaises herbes libérales.
    Certains fixent aux années 20 l’apparition du plant en question, d’autres la faisant remonter à mai 68. Peu importe, car, pour l’observateur, le terme désigne avant tout une nuisance : parole souple, échine raide, corolles allant du rose clair au rouge furieux, consciences aplaties ou retorses, attrait plus ou moins avéré pour les pétales… Certaines de ces espèces tirent sur le vert, comme un veau nourri sous les khmers.
    Parfois argentées, florissant en Suisse, afin d’échapper aux frimas fiscaux, il n’est pas rare qu’elles éclosent en rose très pâle pour finir, avant qu’on les coupe (en général moins de cinq ans après), par adopter des teintes nettement plus vermillon, pour ne pas dire sang-de-bœuf.
    Hybridées avec tout ce qui peut fleurir au jardin, elles réussissent, malgré l’échec de leurs floraisons successives, à revenir en force dans les catalogues électoraux, pour y séduire le jardinier amateur qui coupe avec un bulletin, et plante avec un autre.

  42. Il me semble que ce rose-là n’est pas très au poing. Mais, il est vrai, l’important c’est la rose…

  43. Et les épines? Rendez-vous compte que personne n’a encore mentionné les épines?

  44. Guenièvre

    Merci rackam !
    Pour les échecs de floraison, vous avez cette rose pâle ci :

    http://www.suchablog.com/une-rose-un-projet-une-femme-le-nouvel-hymne-de-segolene

  45. La rose, celle du poing, est bien fanée ce soir à Villeneuve sur Lot. Après que le PS ait été éliminé dès le 1er tour dans cet ancien fief socialiste, l’UMP l’emporte par 53,76% des voix..

  46. Souris donc

    Sans prétention et surtout pas d’égaler Rackam, et je ne sais pas versifier :

    Le rosier est un microcosmos

    La fourmi n’est pas prêteuse mais industrieuse.
    Sur le rosier, elle fait de l’élevage de pucerons.
    Car le puceron produit un miellat dont la fourmi est friande.
    Or le puceron ravage le bouton de rose qui ne peut pas éclore.
    Il existe des insecticides très efficaces.
    Mais l’écolo honnit le phytosanitaire et préconise un lâcher de coccinelles plus bisou.
    Au stade larvaire car seule la larve de coccinelle dévore les pucerons.
    Pas la coccinelle adulte qui, elle, ne fait que pondre dans le rosier.
    Quand la coccinelle pond dans SON rosier,
    La fourmi furibonde SAIT que les œufs donneront des larves tueuses.
    Elle entend préserver son cheptel de pucerons, foi d’animal.
    Donc la fourmi dévore les œufs de coccinelle pour éviter l’éclosion de la larve qui dévore le puceron qui dévore le bouton de rose.

  47. Joli, Souris donc.
    Et au final il ne reste rien à grignoter par la souris ?

  48. Guenièvre

    Ainsi, mettre des coccinelles ne sert à rien, elles ne mangent pas les pucerons ! j’aurai appris quelque chose ce soir ! Merci souris !

  49. Souris donc

    C’est une année à roses, les gens ici aiment les rosiers grimpants le long des façades ou autour des portes de cour ou jardin sur les palissades, offerts au regard des promeneurs.
    C’est aussi une année à petits fruits rouges.
    …et à serpents (dépourvus d’ouie, ils perçoivent les vibrations et ont une sorte de radar thermique), inutile de hurler, mieux vaut taper du pied en marchant.

  50. Guenièvre

    C’est où « ici » souris ?

  51. Lector

    Je vous salue, Guenièvre. M’est avis que nous nous sommes déjà croisés dans une autre vie virtuelle; l’élégance de vos contributions érudites, leur générosité, leur aménité, votre courtoisie bienveillante enfin, toujours amicale, me le laissent croire.
    La discrétion de votre accueil chaleureux, son attention, me furent des plus agréables. Votre fidélité au conseil de Simone Weil et l’illustration qu’en font vos adresses, forcent chaque fois, depuis longtemps, mon admiration.
    Au plaisir de vous rencontrer un jour… qui sait ?, au hasard, Bd Raspail, chez Pam et Gaétan… par exemple…
    Cordialement,
    L’Hector

  52. Guenièvre

    Ce n’est pas impossible Lector et ce serait avec plaisir. Je n’habite pas Paris et je suis très occupée – notamment par les jardins potagers et d’ornement 🙂 – mais j’ai réussi à rencontrer quelques uns de ceux qui écrivent ici. Nous organisons parfois des repas, vous y serez le bienvenu !

  53. kravi

    Bonjour souris, j’apprends sur cet article parfumé qui m’avait échappé
    [merci Guenièvre, pour la première fois de ma vie je viens de planter cinq rosiers qui s’obstinent à donner de beaux boutons dégénérant après quelques jours en pétales cloqués et jaunis. Pire que le montage des meubles suédois]
    qu’il existe un Cosi sans récitatif. Auriez-vous une référence discographique ?
    Et surtout continuez dans cette veine d’alacrité, j’en raffole.

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