Off d’Avignon, trois auteurs.

                   Visniec, Horovitz et Grumberg, trois auteurs favoris du « Off d’Avignon ».

Trois auteurs contemporains  sont, depuis plusieurs années, particulièrement représentés au off d’Avignon, trois auteurs de talent que l’on peut aller voir à moindre risque même si les acteurs et le metteur en scène en font une interprétation farfelue. On peut toujours s’employer à gâter la plus réussie des pièces , on peut par exemple jouer Roméo et Juliette en agitant les marionnettes de Barbie et de Ken, déverser des seaux de peinture rouge sur les acteurs lorsque Andromaque évoque la dernière nuit de Troie, on peut alourdir et écraser un beau texte en déployant une tonne de technologie qui fait double emploi avec le jeu de acteurs, il reste le beau texte . On pourra ainsi défigurer ou encombrer les oeuvres  de Matéi Visniec,  Israël Horovitz ou Jean-Claude Grumberg, on ne pourra jamais les rendre tout à fait insignifiantes.

Matéi Visniec, dramaturge, poète et journaliste, est né en Roumanie en 1956. Après des études d’histoire et de philosophie à l’université de Bucarest, il enseigne dans son pays. Entre 1977 et 1987, il écrit une vingtaine de pièces, un roman et deux scénarios de films, dont la publication et la représentation sont systématiquement interdites par la censure roumaine. Seule, sa poésie y échappe, ce qui lui vaut d’ailleurs le prix du meilleur livre de poésie pour l’année 1984 avec  » Le sage à l’heure du thé « .
En 1987, sa pièce  » Les chevaux à la fenêtre  » est interdite à la veille de la première représentation. Il s’installe alors en France en tant que réfugié politique. Il travaille comme journaliste à Radio France Internationale et se consacre à l’écriture.
En 1899, après la chute de Ceausescu, Matéi Visniec est redécouvert en Roumanie et devient l’un des auteurs les plus joués. Ses pièces sont créées avec succès partout dans le monde et de nombreux prix couronnent son travail. En Avignon, dans le off 2009, l’une des quatre pièces les plus vues au Festival fut « L’histoire du communisme racontée aux malades mentaux » . En 2010 on pouvait admirer  » Petit boulot pour vieux clown », et  » Le mot progrès dans la bouche de ma mère sonnait terriblement faux », en 2013, « Le Cabaret des mots » .

Le Théâtre de Matéi Visniec raconte les fêlures de l’humain et de son époque. Avec un humour fait d’absurde et de fantastique, il dépeint les contradictions de la société contemporaine et ses dysfonctionnements quotidiens , le malaise de notre civilisation et la crise des idéaux. Un univers qui prend un sens particulier dans les pays est-européens…

« L’histoire du communisme racontée aux malades mentaux » se situe à Moscou en 1953. Quelques semaines avant la mort de Staline, le directeur de l’Hôpital central des malades mentaux invite un écrivain à séjourner parmi les malades et lui demande de réécrire, au niveau de l’entendement de débiles légers, moyens et profonds, l’histoire du communisme et de la Révolution d’octobre. Il est persuadé que cette « thérapie » pourra guérir certains de ses pensionnaires….

http://www.youtube.com/watch?v=PF9G061Nr04

Dans « Le Cabaret des mots » les mots ne sont pas seulement récités mais incarnés. Les comédiens à la bouille de clown les font parler : « les mots s’expriment eux-mêmes car ils sont bavards ». Et c’est vrai que « toujours », « grammaire », « retour », « oui », « toi », «vous », « nous », « retour », « sabre », « Dieu », « point d’interrogation », « pute » et autres ont des choses à dire. Chacun a sa propre personnalité : plus personne ne veut voyager avec «  toujours », surtout pas « Amour », le point d’interrogation est quant à lui « videur de dogme » tandis que « grammaire » joue le rôle d’une grand-mère qui veut « nourrir le bavardage ».

Israël Horovitz est un dramaturge américain né le 31 mars 1939 à Wakefield (Massachussetts). Auteur de plus de cinquante pièces de théâtre traduites à ce jour dans une vingtaine de langues différentes et jouées sur toutes les scènes du monde, c’est actuellement l’écrivain américain vivant le plus joué en France. Particulièrement  prisé dans le off où il est souvent présent, ses deux pièces « Le Baiser de la veuve  » et  » Le Premier »  ont fait salle comble pendant plusieurs années. Depuis deux ans c’est : « l’indien cherche le Bronx »  qui obtient un beau succès.

Rapports conflictuels qui révèlent des secrets aussi lourds à porter qu’un meurtre sur la conscience, écriture fluide, répliques énergiques, style alerte, Israël Horovitz fait entendre une musique qui installe des émotions et grave des malaises parfois à la limite du supportable.

La situation est simple dans « Le Premier » . Une ligne blanche est collée au sol et cinq personnages – quatre hommes et une femme – font la queue derrière celle-ci. On ne sait pas pourquoi, mais cela importe peu. Petit à petit, la compétition s’installe entre les personnages jusqu’au dénouement, d’une grande violence. C’est une pièce insolite qui mélange les genres, nous fait passer du rire aux larmes et nous interroge sur notre humanité.

http://www.dailymotion.com/video/xlj0ha_le-premier-israel-horovitz-les-alizes_creation#.Ueqqn229ph4

Dans « L’indien cherche le Bronx » la scène s’ouvre sur un homme dans un abribus… Il attend… On ne sait rien : ce qu’il attend, qui il est, d’où il vient. Notre seul indice est son apparente simplicité. Une chose est certaine : il n’est pas d’ici, car ici, c’est le Bronx. Puis, deux jeunes garçons, eux bien issus du Bronx, viennent alors  trainer près de l’abribus. Dès le début des dialogues on pressent  le terrible dénouement, on voudrait qu’il en soit autrement mais comme dans la tragédie on ne peut y échapper …

Jean-Claude Grumberg, est né en 1939. Son père meurt en déportation. Il exerce différents métiers, dont celui de tailleur, avant d’entrer comme comédien dans la compagnie Jacques Fabbri.
Il est l’auteur d’une trentaine de pièces de théâtre dont la plus connue est  » L’Atelier ».  Dans le off d’Avignon on représente souvent ses pièces tout public  » Le petit chaperon uf »  et « Le petit violon ».  » Courtes » a été jouée pendant plusieurs années, en 2013 on y a ajouté pour la première fois en 2013  » Si ça va , Bravo ! ».

Jean- Claude Grumberg montre avec férocité et drôlerie la société dont nous faisons partie, les rapports au quotidien entre des gens ordinaires aux antipodes des “héros”, rapports de pouvoir, d’amour, de haine et de domination. Auteur tragique le plus drôle de sa génération», selon Claude Roy, Grumberg  dans son théâtre établit souvent une tension entre la gravité des situations et leur traitement scénique. Ses jeux de langage font se superposer différentes situations ; ruptures et  télescopages créent plusieurs niveaux de compréhension.

Quelques passages du « Petit chaperon uf » illustrent parfaitement cette écriture.

http://www.youtube.com/watch?v=N0aiWbBPhIc

 » Si ça va, Bravo ! » est constituée de treize saynètes à deux voix. De ces mots banals découlent des échanges amusants et rythmés qui mettent en question la pertinence des formules toutes faites. Quiproquos et jeux de mots se succèdent. On est pris pour un comédien avant-gardiste alors qu’on est prof de SVT, pour Simon, alors qu’on s’appelle Paul, ou pour un frère à qui on ressemble beaucoup alors qu’on est fils unique. Une réflexion sur les codes et les habitudes langagiers d’hier et d’aujourd’hui, dans des situations improbables et impromptues. Un régal !

 

 

 

 

 

 
 

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72 Commentaires

  1. NON MAIS!
    Où sont disparus les VRAIS auteurs?
    Le Dupont, les Martin, les Leroy?

  2. Guenièvre

    Vous voulez dire des auteurs français, roturier ? Mais Jean-Claude Grumberg est français et Mattéi Visniec aussi !

  3. Guenièvre, je salue votre don pour les compte-rendus en matière d’art. À vous lire on croirait les voir, ces pièces.

  4. Guenièvre

    Merci Impat, mais non je vous assure, les voir c’est beaucoup beaucoup mieux !

  5. Mais c’est beaucoup plus loin et beaucoup plus chaud…

  6. roturier

    Dans ce cas pourquoi pré-supposez vous que je voulais dire auteurs français?

  7. Lisa

    Je plussoie ! on est mieux au frais à lire Guenièvre….

  8. Guenièvre

    Martin, Dupont ?

  9. Guenièvre

    Bonjour Lisa !
    Mais non, Lisa, il y a des troupes qui ont pitié de leurs spectateurs et qui installent des brumisateurs dans les files d’attente et les salles sont climatisées !

  10. … « les salles sont climatisées »…
    Vraiment ? Je suis allé deux fois au festival, mais il y a longtemps et la clim manquait cruellement. On n’arrête pas le progrès…

  11. Guenièvre

    Je rappelle que je parle du « off » ici, je ne suis jamais allée dans le « in ».
    Il y a 20 ans, les salles du off ( parfois de simples garages) n’étaient pas climatisées et c’était souvent insupportable, avec une sécurité très limite.Tout cela s’est beaucoup amélioré et a pris de l’ampleur. Cette année il y avait 1250 spectacles et un monde fou dans les rues . Les adjoints ou délégués à la culture des communes, les directeurs des maisons de la culture viennent faire leur marché pour l’année…le bouche à oreille fonctionne bien, au bout d’une semaine on a intérêt à réserver plusieurs jours à l’avance pour certains spectacles alors que d’autres peine à remplir et les acteurs distribuent quelques places gratuites…c’est un signe qui ne trompe pas . Nous avons eu deux places pour une parodie de messe sur le fric …

  12. … « un monde fou dans les rues »…
    Pour dire la vérité, c’est cela surtout qui me dissuade.
    J’ai néanmoins le souvenir d’une soirée merveilleuse. Dans le « in », c’était dans la cour du Palais des Papes, un ballet sur les musiques des chansons de Brel.

  13. Expérience perso du festival d’Avignon la journée (pas le soir) du vendredi 12/7 dernier:

    Pas mal de monde mais pas trop, on déambule dans les ruelles sans entraves. On arrive même à se garer en ville (parking payant certes; il y’en a des non-payants un peu excentrés avec navette).

    Les comédiens du Off vous y accostent souvent pour vous persuader d’assister à leurs spectacles, en habits de scène, distribuant des tracts, chantant, dansant et récitant des « échantillons ».

    Plutôt agréable et pas intrusif pour un kopeck. On se demande si les comédiens de rue de jadis, faute d’autres pubs, ne procédaient pas de la sorte.
    Certain(e)s sont franchement craquant(e)s.

    Excellente ambiance, enfants compris.
    Nous sommes laissé persuader par un couple de saltimbanque pour assister à une one-woman-show l’après midi. Evidemment dans une cave sommairement aménagée mais passable.
    Totalement imprévu mais excellente performance. Etonnante.

    Cet évènement est une pépinière (un déluge…) de talents. Faut les aider.
    Pas regretté le déplacement.

  14. Vous êtes une belle personne, La Dame; même si je ne vous connais pas.
    MAIS je viens de relire votre texte.
    Pourquoi, vu l’échange ci-dessus, précisez-vous que le père de Grumberg est mort en déportation? Alors que pas un mot sur aucun membre des familles des autres?
    Naturellement, comme d’hab, c’est de la provoc. On ne taquine que ceux qu’on aime.

  15. Guenièvre

    Alors vous étiez au Festival roturier cachottier ! On a failli se croiser donc. Moi, le vendredi, j’étais encore sur la route. Et vous avez aimé, tant mieux ! C’est vrai qu’il faut les aider ces comédiens ( souvent très jeunes ça met du baume au coeur toute cette jeunesse enthousiaste ! ), d’autant plus que cette  » aide » nous apporte souvent du plaisir …
    Bien vu pour J.C.Grumberg ! J’ai donné cette précision parce qu’elle explique en grande partie son oeuvre. Pour ceux qui auront eu la curiosité d’aller se renseigner :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Atelier_%28pi%C3%A8ce_de_th%C3%A9%C3%A2tre%29
    Et si « Le Petit chaperon uf  » peut se lire au second degré c’est en référence aussi avec la seconde guerre mondiale et le statut des juifs …

  16. Mon problème se situe au niveau de la probabilité statistique.
    Ce qui peut se dire sur Grumberg se peut sur les deux autres…

  17. Guenièvre

    Oui, on peut dire cela de chaque auteur c’est pourquoi j’ai donné quelques pistes. Pour Visniec c’est sa vie dans un ex pays de l’Est qui donne certaines clefs de son oeuvre.
    Votre problème de statistique? Parce qu’il y a deux juifs sur les trois auteurs ?
    J’ai vu aussi Molière, Shakespeare, Goldoni, Beaumarchais mais quel intérêt de vous les présenter ?

  18. … « J’ai vu aussi Molière, Shakespeare, Goldoni, Beaumarchais »…
    C’est vrai, qui sont ces gens ?

  19. Trois, La Dame; trois…

  20. Guenièvre

    Visniec est juif aussi ? Vous me l’apprenez , merci ! J’avais quelques doutes car Visniec a écrit une pièce où le personnage principal est Cioran. Dans cette pièce Cioran, qui n’a jamais demandé la nationalité française, s’emporte à un moment contre la Roumanie, il dit pis que pendre de ce pays et finit par :  » même les juifs en Roumanie sont moins brillants qu’ailleurs, car le milieu médiocre finit par les paralyser »… » !!!
    Bon, et vous en tirez quoi comme conclusion ? 🙂

  21. rackam

    Ah! Guenièvre!
    Les juifs roumains!
    Si vous saviez!
    J’en ai connu.
    Vlad l’Empaleur en comparaison, c’est une masseuse thaïlandaise.
    Ils (elles) font subir aux mouches des choses que je ne puis même évoquer.
    Être en désaccord semble leur activité principale, fût-ce avec eux-même.
    Comme des joueurs de football dont la jouissance est de marquer contre leur camp.
    Un sado-masochisme qui s’exerce dans leur propre (?) boîte crânienne.
    Le bonheur est leur ennemi intime, le doute leur water-bed, le soupçon leur est comme une tisane.
    Moitié nostalgiques (mais on ne sait jamais de quoi, quand où?), moitié parricides de leur pays, ils ne sont jamais où on les attend, ni là où ils vous ont donné rendez-vous.
    Le juif roumain c’est l’Arlésienne, la Vénus à la fourrure et le docteur Petiot.
    Si l’on s’en approche on en meurt, longuement.
    Faire souffrir est leur doudou.

  22. D’accord avec Rackam 20:59.
    Ils sont presque aussi mauvais que les auvergnats; mais n’arrivent pas à la cheville des bretons.
    D’ailleurs pourquoi se limiter aux roumains?

  23. roturier

    @ La dame 19:37: je n’en tire aucune conclusion; et vous?

    J’étais surpris, car moi, lors de la visite suscitée au festival j’avais l’impression d’un évènement assez typé français avec des influences Commedia-Del-Arte et autres méditerranéennes ; rien a priori de particulièrement juif.
    La splendide comédienne-chanteuse (rouquine flamboyante) dont je parle plus haut est sans doute bien gauloise.

    Concernant la Roumanie : y’a pas que Rackam ; moi aussi, j’en ai connu. Des Goy roumains aussi. Faut dire que (enfin, de mon expérience) ceux qui sont assez vieux pour avoir connu l’époque Ceausescu portent souvent en eux une haine féroce, épidermique de tout ce qui est « collectiviste », « public » et les discours y afférents.

    Cette engeance (pas spécifique aux juifs) conteste, ricane (sous cape ; prudence), rit jaune volontiers et se méfie de tout, Rackam n’a pas entièrement tort.

    Il ne s’agit pas tant de souffrances, matérielles ou autres, infligées par un régime dictatorial. Mais plutôt d’une médiocrité et hypocrisie généralisées qui finissent par empoisonner l’existence de certains.

    D’ailleurs ce pays est loin d’être sorti de la mouise ; abrégeons.

    C’est dans ce terroir que sont plantées les racines de Ionesco. Et j’ai toujours pensé que le Roi Ubu de Jarry aurait pu (dû) être roumain.

    Remarquez, il est Roi de Mordovie à présent ; c’est pas mal aussi.

  24. Isa

    Je ne vois toujours aucun rapport avec la choucroute.
    Guenievre parle de trois pièces qui l’ont touché et vous partez sur un délire de juifs roumains.
    Grumberg roumain?
    Trois sur trois, jolie réflexion….

  25. Mon 22:56 (et mon 22:53 qu’il convient de considérer ensemble) d’hier ne concernent l’article de Guenièvre qu’accessoirement; donc effectivement rien à voir avec la choucroute.

    Je n’y fais principalement que réagir au 20:59 de Rackam (belle plume, soit dit au passage) qui s’étale lourdement sur des « juifs roumains ». C’est lui qui introduit ce terme, au demeurant hors sujet, au débat; sinon l’idée ne me serait pas venue à l’esprit.

    Lisez le Rackam 20:59 avant de vous faire une opinion sur mes élucubrations; elles se placent dans un contexte.
    Vu la tonalité de Rackam le « modérateur » devrait me décerner le Nobel de la tolérance.

    Trois sur trois? Simple curiosité statistique. C’est Guenièvre qui a sélectionné les exemples, pas moi.

    Jolie réflexion? Les chiffres ne sont ni jolis ni laids; ce sont les chiffres, toujours totalement obstinés.
    Ceux qu’un politiquement correcte empêche de savoir compter ont le droit de se mettre le doigt dans l’œil.

    Cela dit, relativisons. Depuis les ostrogoths et les Visigoths (et avant…) la France s’est toujours enrichie d’apports extérieurs.
    Espérons que cela continue. Rackam en doute. Moi aussi, désormais.

  26. roturier

    Pardon; c’est de mon 22:13 que je parle ci-dessus et non le 22:53.

  27. Chère Guenièvre, je n’ai aucune culture dans ce domaine, j’ai dû aller moins de cinq fois au théâtre dans ma vie, et à vrai dire ça ne me tente pas de faire un effort même si vos très intéressant article a peut-être fait frémir quelque chose en moi. Merci.

  28. roturier

    Intéressant, Tibor, v/comm de 10:32.
    Intéressant car on en voit pas l’intérêt (enfin, moi…).
    Si ce domaine ne vous intéresse pas il eut été + simple de ne rien dire, non?
    N’y voyez ni malice ni critique; simple curiosité.
    Ma raison étant inapte pour répondre, la compétence de Kravi le pourrait peut-être.

    Cela dit, franchement, je ne suis pas loin d’être comme vous. Le ciné, la téloche, l’ordi m’ont rendu, probablement à tort, le théâtre obsolète.
    Mais j’avoue que l’ambiance (aussi de rue) du festival et la divine surprise d’une étonnante performance imprévue furent une expérience et un plaisir.

    Voyez le film « Alceste en bicyclette ».

  29. Isa

    Roturier,
    Les chiffres ne mentent pas, certes, mais qui vous oblige a regarder par ce bout de la lorgnette?
    Non, ce n’est pas Rackam qui n’a fait qu’avoir une réaction face a votre réflexion sur les noms pas suffisamment français, selon vous.
    Moi qui suis a la fois française, même si je n’enrichis guère mon pays, et sensible a cette question, je peux vous dire que le post de Rackam, traite sur un ton badin, ne me choque absolument pas.
    Vos posts me mettent mal a l’aise, c’est tout.
    Et ça veut dire beaucoup, tsan tsan…

  30. Roturier, fil de fer barbelé, je salue Guenièvre, j’apprécie le temps qu’il faut pour écrire un article comme celui-ci, voilà tout. Vous auriez dû comprendre tout de même, Guenièvre fut la seule à laisser un commentaire sur le misérable bredouillis que vous avez commis ici.

  31. Guenièvre, vous qui êtes une enthousiaste d’Avignon, que pensez-vous des appellations « in » et « off » maintenant entrées dans les mœurs ? Pour une manifestation culturelle phare en France, ne trouvez-vous pas cela un peu trop…exotique ?

  32. Guenièvre

    Cher Tibor, nobody’s perfect, moi ce sont la physique et les maths auxquels je suis assez imperméable…:-)

  33. Guenièvre

    Isa c’est moi qui ai parlé des juifs roumains parce que M. Visniec y avait fait allusion de façon humoristique dans l’une de ses pièces. Mais vous avez parfaitement raison : ce n’est pas du tout le sujet de l’article. J’ai parlé de ces trois auteurs parce que j’avais eu l’occasion de voir plusieurs de leurs oeuvres il ne faut pas chercher plus loin !

  34. Guenièvre, Skarda, ,,, « la physique et les maths »,,,
    Pourtant, pour « faire frémir quelque chose en soi », rien de tel,,,:-) Si, si,

  35. Guenièvre

    Impat, s’il y a des anglicismes que je trouve parfois inutiles je dois dire que ceux-là ne me gênent pas plus que cela. « Avignon en marge » ce ne serait pas très vendeur, « off » a le mérite de… « l’exotisme »…et de la brièveté.

  36. Guenièvre

    Eh bien Impat, j’attends l’article sur Einstein et Niels Bohr, je vous dirai alors si j’ai eu des frémissements . 🙂

  37. Mais rien que l’attente, ça vous fait frémir, j’en suis sûr.

  38. Guenièvre

    Juste pour revenir au texte et donner une petite précision : j’ai vraiment vu des acteurs se servir des poupées Barbie et Ken non pour représenter Roméo et Juliette mais pour personnaliser Pâris et Hélène dans une pièce de Shakespeare « Troïlus et Cressida », pièce peu jouée car assez complexe mais avec de superbes passages sur la guerre.

  39. Guenièvre

    Le maître italien de la Commedia dell’arte, Carlo Boso présente toujours plusieurs spectacles à Avignon , dans un lieu appelé « La Cour du Barouf  » ou dans la « Cour de la Faculté des Sciences » ( mais non ce n’est pas incompatible ! 🙂 ). Il met en scène le travail de plusieurs troupes et celui de ses élèves de l’Académie Internationale du Spectacle. C’est léché jusqu’au bout des ongles, absolument parfait. Bien sûr il faut aimer ces pièces éminemment populaires au bon sens du terme.
    J’en ai vu des dizaines et je ne m’en lasse pas. Je n’en ai pas parlé ici. Non, roturier ne cherchez pas d’explication …

  40. Guenièvre

    « Académie internationale des Arts du Spectacle »

  41. rackam

    Avec de petits soldats Airfix, cela aurait été tellurique.
    Voir les papiers de Souris sur les opéras mis en scène de façon moderne…

  42. ,,, « ce ne serait pas très vendeur, »
    Oh Guenièvre, quel horrible mercantilisme !

  43. C’est la vérité qui vous met mal à l’aise.
    Elle est souvent (toujours…) antidoxique. Faut l’accepter sur Antidoxe.

    Si le ton de Rackam ne vous dérange pas, « parricides de leur pays  » ne vous dérange pas.
    Badin?

  44. roturier

    Faut-il que je commente les vôtres?

  45. rackam

    Mais, impat, ce sont des juifs…. (rackam: en enfer!)!!

  46. Isa

    Ben non Rackam, ça c’est rigolo!
    Roturier pas du tout, mais pas du tout
    Et ça ne s’explique pas! Ou on est gracieux, ou on est lourd. Point barre…

  47. roturier

    Hélas je connais trop d’exceptions à la règle mercantile. Votre humble serviteur compris.
    Cela dit, l’enfer, j’y serais probablement. Rackam a intérêt à aller ailleurs.

  48. Isa

    Non Guenievre, ce qui me pose question c’est le premier post de ce roturier.

  49. Rackam,… « ce sont des juifs… »
    Ah, bon. Deux, ou trois ?

  50. Isa

    Impat,
    That´s THE question.

  51. rackam

    S’ils mangent comme quatre, qu’ils n’ont payé qu’une entrée, qu’ils se chamaillent: ils sont deux.
    Sinon, calmes et réglos: ils ne sont que trois, et il y en a deux qui boudent. Au moins.
    Scientifiquement prouvé.

  52. Si les juifs mangent comme quatre et n’ont payé qu’une entrée, c’est le breton à la table voisine qui en a payé les trois autres.

  53. Isa

    Continuez a vous enfoncer, Roturier.

  54. rackam

    Isa, reconnaissez que je fais ce que je peux 🙂

  55. Mais que peut faire un breton?

  56. roturier

    C’est vrai, j’oublie: un breton sait écrire des excellentes pièces de théâtre.
    Comme chacun sait il y’en a plein au festival d’Avignon; les meilleurs.
    Et élever des cochons.

  57. Guenièvre, à, propos de Visniec vous écrivez :…le directeur de l’Hôpital central des malades mentaux invite un écrivain à séjourner parmi les malades et lui demande de réécrire, au niveau de l’entendement de débiles légers, moyens et profonds, »
    Mais « débiles légers, moyens et profonds, », en 1953 à Moscou cela signifiait « anticommuniste », est-ce le sens donné dans la pièce ?

  58. Loin de moi de répondre à la place de Dame Guenièvre (si tant est qu’elle soit spécialiste de Moscou en 1953…).

    Je poserai donc une question à mon tour:

    Ne conviendrait-il pas, histoire d’éviter des raccourcis faciles et idéologiquement rentables, de voir, en première approche, le lien fourni par elle (bande annonce de la pièce):

    Ensuite, le condensé de Amazon:
    http://www.amazon.fr/Lhistoire-communisme-racont%C3%A9e-malades-mentaux/dp/2872822836

    Disant notamment ceci:
    « Matéi Visniec nous plonge dans l’univers glauque de ces hôpitaux psychiatriques où se côtoient vrais malades et opposants internés par le régime. Il nous démontre une fois de plus que, quelles que soient les circonstances, l’homme ne peut vivre sans utopies… au risque de sombrer dans l’horreur lorsqu’il tente de les mettre en pratique. »

  59. Isa

    Fallait l’écrire l’article alors Roturier.
    Mais pas le réécrire…

  60. Guenièvre

    Et quelle est votre question roturier ?

  61. rackam

    Nul ne le sait.
    Mais n’importe quelle réponse sera mauvaise.
    Et vite réparée par la bonne qui est prête avant la question.

  62. Isa

    La bonne est prête avant la question.

    La pauvre petit bonne s’habilla très vite en empilant ses jupons, l’avant son corset en en tenant les cordons entre ses dents, se brossa très vite les cheveux qu’elle noua en une sorte de chignon a coincer dans son bonnet.
    Ainsi, de blanc vêtu, virginale somme toute, elle sortir, avançant bien droit, éperdue pourtant devant ce qui l’attendait: répondre a la question.

    Voilà Roturier, ai écrit un début sur un bout de phrase innocent de Rackam, vous inventez une suite?

  63. rackam

    ça promet, isa, ça promet 🙂

  64. Quel courage, Rackam & Isa. Vous vous cachez l’un derrière le dos de l’autre. Vous bougez en grappe. Il suffit de deux mal-comprenants pour faire troupeau de moutons. Et moi qui croyais qu’il n’y avait que des cochons en Bretagne.

    Ma question, La Dame, fallait bien suivre, concernait l’hypothèse d’Impat 16:29 « « débiles légers, moyens et profonds, en 1953 à Moscou cela signifiait anticommuniste ».

    Naturellement c’est (encore) une tentative d’interprétation simpliste et superficielle, par le petit bout de la lorgnette, de récupération idéologique, avant d’être politicienne, du discours de Visniec.

    Car lui, il est dans l’humain et pas dans le politique. Son message, en l’occurrence, prend l’environnement soviétique pour modèle car c’est ce qu’il a connu ; mais il aurait pu très bien se placer à l’autre bout de l’échiquier « idéologique ».

    Ce n’est pas un anticommuniste primaire mais un observateur désabusé de l’humain. Il se (nous) fait des reflexions amères sur la nature profonde de notre organisation sociale (et finalement politique), peu importe si elle dérive « à gauche » ou « à droite ».

    C’est pourquoi, La Dame, ma question, lisez-là, se formule ainsi : « Ne conviendrait-il pas, histoire d’éviter des raccourcis faciles et idéologiquement rentables, de voir… » et de renvoyer le lecteur, loin de la tentative de récupération, aux vérités premières : à l’œuvre de Visniec, moyennant la séquence vidéo et le descriptif de Amazon (que vous citez d’ailleurs partiellement).

    Le cochon, plus c’est vieux…. Le mouton le vaut bien. Le bêlement du troupeau est assez hideux comme bruit ; on peut s’attendre à tout de la part de bestioles stupides et trouillardes en grappe. D’ailleurs Visniec ne dit pas autre chose.

  65. Guenièvre

    Roturier, Visniec n’est pas « un anticommuniste primaire » encore que je ne sache pas très bien ce que veuille dire cette expression. Mais c’est vrai que l’on peut sans doute faire la même chose avec toutes les idéologies. Le propos de sa pièce , il le définit ainsi :

    « j’ai essayé de déchiffrer la mécanique de l’idéologie, en simplifiant le discours à l’extrême. La situation dramatique propose justement ce jeu, alors qu’on joue, qu’on amuse, face à un échantillon d’êtres humains, les « malades mentaux », quelqu’un va devoir poursuivre une démarche idéologique, expliquer l’utopie en simplifiant l’idée. Lorsqu’on commence à simplifier autant que possible, qu’est ce qu’il reste? Une comédie incroyable, absurde, quelque chose qui fait rire; on se demande comment on a pu, comment des millions de gens ont pu croire à ce type de langage.
    J’ai découvert que l’homme a une qualité bizarre, celle d’abriter en lui des contradictions fondamentales : il suffoque s’il ne projette pas d’utopie, s’il ne rêve pas et à la fois il détruit tout dès qu’il veut mettre ses rêves en pratique. C’était important pour moi de réfléchir autour de ce dilemme, de ce paradoxe de la nature humaine. Comment sortir de cette condition existentielle? Ça aussi c’est une question que je veux lancer avec ma pièce`. »

    « `L’utopie communiste s’est propagée dans le monde entier, des générations d’hommes se sont lancés dans cette bataille extraordinaire à travers toute la planète, et tout ça pour arriver à quoi? Des millions de morts et un paysage défiguré. Ça a été un échec incroyable ! Et on peut maintenant se poser la question : est ce qu’on a réfléchi assez autour de cet échec?`

    L`utopie et le corps physique manipulé sont deux éléments bien construits et articulés dans `L`histoire du communisme racontée aux malades mentaux`

    `Un extrait :
    « Ouvrez largement la bouche. Dites « u ». Respirez. Remplissez d’air vos poumons. Plus Fort. Encore…..Donc c’est quoi une utopie ? Une utopie c’est lorsque qu’on est dans la merde et qu’on veut en sortir. Mais avant de sortir de la merde il faut y réfléchir. Et si tu réfléchis bien, tu vois que tu n’es pas le seul à être dans la merde et à vouloir en sortir. Alors tu réfléchis et tu vois que tu ne peux sortir de la merde tout seul, tu ne peux sortir de la merde qu’avec les camarades qui sont avec toi dans la merde. Mais ceux qui t’ont foutu dans la merde ne veulent pas que tu sortes de la merde, ni toi, ni les camarades qui sont avec toi dans la merde. Car ceux qui t’ont foutu dans la merde sont forts, car ils sont unis. »`

    Et pour répondre à Impat : Qui sont les fous ? C’est justement la question que l’on se pose tout au long de la pièce. Est-ce que ce sont les hommes sous l`emprise du dogme et de la hiérarchie, les fous qui s`inventent d`autres histoires, les fous résistants, ou les dominateurs ?

  66. roturier

    Accessoirement, La Dame: votre résumé de Visniec pèche par une (seule me semble-t-il) lacune: il ne le place pas dans son environnement, son « terroir ».
    Lisez Kafka et Ionesco, Visniec y est déjà.
    Ce n’est pas étranger à mon 23:45 ci-dessus.
    Mais, naturellement, Kafka à Plougenec….De l’or au cochons, ai-je dis.

  67. Guenièvre

    Je vous ai répondu roturier mais c’est en attente de modération …

  68. roturier

    Bravo, La Dame. Vous devriez pouvoir entendre mes applaudissements de là où vous êtes. Et c’est pas nouveau.
    Donc Visniec effectivement ne fait pas dans l’idéologie politicienne; il est au dessus. CQFD.
    Allez voir le fil suivant de Rackam. Les qq premiers commentaires, c’est bien rigolo vu mes provocations sur celui-ci.

  69. Souris donc

    Merci, Guenièvre, des nouvelles d’Avignon.
    Horovitz était le dramaturge préféré du Café-Théâtre, contre-culture au Boulevard et au Classique « dominants et bourgeois ». Exigeant peu de décors, comme le Premier.
    Des dialogues parfois approximatifs et proches de l’impro, je me souviens d’un « Les Caisses, qu’est-ce ? » entièrement jouée dans des cartons. Parfois médiocre et prétentieux, le Café-Théâtre a cependant servi de tremplin à quelques carrières. j’ai regardé le wiki de Guybet, tous ces gens, Bouteille… sont nés en…1937.

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