Le faste monarchique des rois sans couronne

Le Président français se vautre dans le luxe. La belle vie sans trop de contraintes. François Hollande fait des économies. Quelques unes…

Un des lieux les plus secrets de l’Elysée jouxte le Poste de commandement de la force nucléaire française. La cave. 15000 bouteilles des plus grands crus français y sont entreposées, les châteaux Petrus, Figeac, Ausone et Yquem, les meilleurs bourgognes et les plus grands champagnes millésimés…

Le Président Hollande vient d’être félicité par la Cour des Comptes, pour avoir économisé 6 millions pendant la première année de son quinquennat, non seulement sur les vins, mais aussi sur les repas, la décoration florale et autres frais de réception. Mais Hollande n’a pas à se serrer davantage la ceinture. Avec un budget annuel de 102,9 millions d’euros, il peut dépenser le double de la Reine d’Angleterre.

Le Palais de l’Élysée.

Palais, c’est ainsi que les Français appellent la résidence de leur Président, et en effet, longtemps celui-ci régna comme un roi sans couronne. Jusqu’en 2008, il n’avait de compte à rendre à personne. Les majorités successives au Parlement approuvaient le budget sans trop se poser de questions. Il eût été incongru d’examiner le porte-monnaie du monarque républicain. Si le fondateur de la Ve République, Charles de Gaulle, n’estimait pas nécessaire de faire contrôler ses dépenses courantes, c’est que c’était tout simplement superflu : le Général demandait à voir les factures et les payait de sa poche.

Ses successeurs ne résistèrent pas avec autant de grandeur au cérémonial, aux fastes et splendeurs du palais, ses lustres, ses colonnes, ses brocarts, ses ornements, ses Gobelins d’origine. De Gaulle fut l’exception parmi les habitants du Palais aux mœurs parfois légères ainsi qu’en témoigne le Salon de Madame de Pompadour ouvert aux visiteurs lors des Journées du Patrimoine.

Pas de prescription, des traditions.

Précédé d’huissiers en livrée noire, collier doré et gants blancs, annonçant Monsieur le Président de la République, le Président ne peut que se sentir un personnage d’exception. Les journalistes ont beau lui avoir consacré des lignes acerbes où ils le traitent d’incapable, en conférence de presse, ils se lèvent, imprégnés eux aussi par l’apparat du lieu. Les Ministres aussi se lèvent, bien entendu, pour l’entrée en majesté de Hollande, lequel se voulait normal pendant la campagne présidentielle mais ne dédaigne nullement les honneurs qui lui sont rendus.

D’ailleurs, il ne dédaigne aucun des agréments de la fonction. Quand N. Sarkozy retira pour son propre profit l’usage de La Lanterne à son Premier Ministre, Hollande ironisait sur les mauvaises manières de son prédécesseur. Maintenant qu’il est président, il se réserve tout autant le privilège de la piscine et du tennis, sans que son premier Ministre n’ait voix au chapitre. La Cour des Comptes prie Hollande de se conformer aux prescriptions qui veulent que La Lanterne soit réservée au Premier Ministre. Sauf qu’il n’y a pas de prescription, il n’y a que des traditions. Et l’une d’elles veut que La Lanterne soit mise à la disposition du Premier Ministre.

Hollande promet de diminuer les dépenses et de se mettre à la diète.

L’utilisation de la résidence présidentielle de Brégançon sur la Méditerranée comme celles de Marly-le-Roi, de Rambouillet où se déroulent les chasses présidentielles, de Souzy-la-Briche sont à l’entière disposition du Président. C’est à Souzy que Mitterrand faisait donner quasiment chaque week-end des leçons d’équitation à sa fille cachée Mazarine. Les contribuables français ignoraient alors qu’ils entretenaient la deuxième famille de Mitterrand. Quand ils le surent, ils ne se révoltèrent point.

Un élu de Picardie, le député René Dosières rêvait depuis longtemps d’un contrôle plus strict et de plus de transparence. Y compris dans le plus grand des Palais de la République. Il utilise volontiers le terme de Monarque absolu en parlant du Président, « Car le Président utilise le budget de l’Elysée à sa totale discrétion comme s’il s’agissait du sien propre. »

Dosières avait publié deux essais (L’Argent caché de l’Élysée1 et L’Argent de l’État) et exigé avec opiniâtreté que l’Élysée publie sa comptabilité. Nicolas Sarkozy céda. En échange d’une augmentation de 140% de ses appointements, la Cour des Comptes eut un droit de regard, mieux, elle fut autorisée à mettre de l’ordre dans les comptes. Auparavant, l’Élysée se servait sans limite. Le Ministère de la Défense payait les voyages, le budget du Ministère de l’Intérieur fournissait gardes du corps et agents de sécurité, et le Président s’attachait les pointures parmi les hauts-fonctionnaires de tout ministère à sa convenance et sans aucun contrôle. La procédure a changé, et Sarkozy a supprimé les caisses noires de plusieurs millions servant à rétribuer les services et à octroyer des primes aux collaborateurs émérites. Hollande a promis de continuer à économiser. Il refuse cependant de se priver du fromage que son prédécesseur avait barré du menu. Le chef de cuisine n’a pas élevé d’objection, mais la compagne du Président François Hollande, dans une interview, laisse entendre que le Président devrait aussi se mettre personnellement à la diète.

Traduit librement de :

http://www.faz.net/aktuell/politik/ausland/europa/frankreichs-praesidenten-das-suesse-leben-der-ungekroenten-koenige-12286998.html

19.07.13

Michaela Wiegel

 

 

 

100 Commentaires

  1. Souris donc

    Je dois ajouter que la FAZ correspond, en Allemagne, à peu près au Figaro. Que le faste monarchique français laisse les Allemands perplexes, ou plutôt, ils ne comprennent pas ces survivances au pays de la Révolution et de l’Egalité. Angela vit dans un trois-pièces spartiate et dans la résidence secondaire dont elle est propriétaire.

  2. Rotil

    Je crois que je vais rentrer en France et me présenter en 2017…

  3. Yaakov Rotil

    Evidemment, ma première décision sera de compléter la cave avec quelques bons vins d’ici!

  4. lisa

    Et des confitures….

  5. Guenièvre

    Merci souris pour cette traduction. Les Allemands n’en reviennent pas c’est sûr.
    Et surtout Angela Merkel qui a été habituée à l’austérité est- allemande…
    J’avoue que le cérémonial et les rituels ne me gênent pas. Le faste et la démesure c’est autre chose. Oui les français ont guillotiné leur roi mais ils gardent la nostalgie de l’apparat.
    Il y avait eu un très bon article dans la revue Histoire sur les obsèques de F. Mitterrand. Double cérémonie, deux messes, une à Jarnac avec le cercueil et le corps , une à Paris à Notre-Dame avec le  » corps politique » , les élus et les chefs d’Etats étrangers. Un rappel de  » la théorie des deux corps du Roi ».

    « Le Roi a en lui deux corps, un corps naturel et un corps politique. Son corps naturel est un corps mortel, sujet à toutes les infirmités qui surviennent par nature ou accident. Mais son corps politique ne peut être ni vu ni touché, consistant en une société politique et un gouvernement, et constitué par la direction du peuple et la gestion du bien public. »

  6. Lorsqu’ils apprirent qu’ils entretenaient la fille cachée de Mitterand,les Français ne se révoltèrent pas plus qu’ils ne se révoltent aujourd’hui pour l’entretien ( fi le vilain mot ! ) de la première dame ( comment doit-on l’appeler courtisane,maîtresse,favorite ? ) de France …

  7. Le « faste monarchique » entourant la fonction d’un président français est à mon avis convenable, et même souhaitable, lorsque ce président attire la déférence, soit par son attitude (Mitterrand) soit par son action (Sarkozy) soit par les deux (De Gaulle).
    Or vu par les Allemands le président français actuel ne remplit aucun de ces deux critères, dans ces conditions le faste touche plutôt au ridicule.

  8. lisa

    Oui, en plus fiscalement ils ne sont pas clairs, je crois qu’il y a une precedureen cours contre elle.

  9. Nonette… « comment doit-on l’appeler « …
    C’est selon, les uns disent « la Pompadour », d’autres « la Pompe à fric »…

  10. Superbe ! Vachement mieux que la traduction google !

  11. A les voir en déplacement ils me font immanquablementvpenser au  » Voyage de Monsieur Perrichon « 

  12. Interrogee par une journaliste canadienne sur la présence de Valerie Trierweiler a l’Elysee ( sous-entendu a sa place ) Ségolène Royal répondit
    Grâce a l’éducation que j’ai recue, voir mon ex-compagnon avec une autre ne me rend pas jalouse.
    Mes parents m’ont en effet appris qu’il fallait savoir partager ses jouets usagés avec les plus démunis

  13. desavy

    La Cruche qui sert de référence… Carla et son site internet… Je vais finir par croire que les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent…

    Comme si la jalousie dépendait de l’éducation…

    Le faste et l’apparat sont nécessaires pour exercer le pouvoir.

  14. Pour le moment nous avons le Fat et La Paria

  15. desavy

    Certes Loaseaubleu, et auparavant Naboléon. On fait quoi ensuite, un jeu de listes de surnoms plus débiles les uns que les autres ?

  16. On faut quoi ?
    La démocratie exige que nous attendions les prochaines élections en espérant que les résultats obligeront le pouvoir actuel de tenir compte du désir des électeurs.
    Les surnoms sobriquets ne sont que des dérivatifs. Un puching-ball en quelque sorte. Ça ne mène pas loin.

  17. Lector

    image002(1)

    sans commentaire…

  18. Lector

    Rhhaaaa, ça marche pas

  19. desavy

    Lector, vous avez certainement voulu vous moquer de quelqu’un. Ce n’est pas bien. La technique vous en a empêché.

  20. Lector

    [img]image002(1)[/img]

  21. Lector

    oui, de Valérie T fausse « première dame » en visite aux émirats

  22. desavy

    Elle est à la tête d’un complot qui vous empêche de poster.

  23. Lector

    😉 je m’en doutais…

    (j’ai envoyé la photo à Quad mais pas de réponse pour l’instant)

    « première dame » donc d’une monarchie républicaine bien américanisée…

    l’image que je cherchais à uploader, vous verrez (je ne désespère pas), c’est du lourd si je puis dire, quasi en nuisette, culotte apparente, à côté d’emburqées… la nouvelle diplomatie française sans doute?
    Bonne soirée

  24. desavy

    Quad est en train de ferrailler de l’autre côté.

  25. QuadPater

    desavy, on peut faire plusieurs choses à la fois 😉
    Il faut juste avoir l’image sur un site (un hébergeur d’images comme ImageShack par exemple), récupérer l’URL et la mettre entre balises avec bbcodeXtra

  26. Lector

    merci Quad

  27. QuadPater ,â l’aide !!comment faire pour ajouter une photo de notre élégante …je ne suis pas très douée

  28. De plus en plus les Perrichon en vacances

  29. Guenièvre

    J’avais vu cette photo. Ce qui m’a étonnée c’est qu’en Iran par exemple ils retouchent toutes les photos des dames qu’ils trouvent trop déshabillées. On rallonge les manches et raccourcit les décolletés plongeants …pas dans les émirats ?

  30. Guenièvre… « …pas dans les émirats ? …
    Les émirats ont longtemps fait figure de pays très libre par rapport aux autres pays musulmans, et à juste titre. Le jeudi soir on voyait des Saoudien/Saoudiennes venir s’éclater pour le vendredi à Dubaï ou Abou-Dhabi. Mais ce pourrait bien avoir changé avec l’envahissement de l’intégrisme musulman.

  31. Souris donc

    Les privilèges exorbitants de la « première dame », que nous n’avons pas élue :

    Pour le sourire(mais pas tant que ça) l’indignation de Hervé Hamon(le compère de Patrick Rotman) peu suspect de beaufisme aviné comme nous autres, qui s’insurge contre les privilèges de la « Première Dame » qu’il oppose à la discrétion du mari d’Angèle, qui se contente de sa chaire de chimie quantique, ne se mêle pas de politique et ne coûte pas un euro à la République Fédérale.

    Connaissez-vous Joachim Sauer ? Le fameux Joachim Sauer ? Non ? Vraiment non ? Ça ne vous dit rien, Joachim Sauer ? Ça ne chatouille pas un brin vos circonvolutions cérébrales ? Vous ne l’avez pas croisé dans Gala, Joachim Sauer, ou dans Paris Match, ou dans cette sorte de presse hautement d’information ? Et dans Voici ? Toujours non ? Sur le net, peut-être, à la rubrique people ?
    Allez, je vous donne un indice. Joachim Sauer est chimiste, chercheur scientifique. Et mélomane, très mélomane – il ne manque jamais le festival de Bayreuth, même que les journaux d’outre-Rhin l’ont surnommé «le Fantôme de l’opéra». Vous y êtes ? Vous y êtes enfin ? Mais oui, Joachim Sauer, c’est M. Merkel, l’introuvable M. Merkel, le discret M. Merkel. Il a toutes les qualités, Joachim Sauer. Et en plus, il est muet.
    Je ne suis pas tout à fait sûr que le «modèle allemand» nous convienne en tous points, je suis trop Grec de coeur pour me ranger à pareille norme. Mais le modèle Sauer, j’adopte. Elle, c’est elle; lui, c’est lui. Pas d’embrouille, pas de protocole, pas de confusion des genres. La République, rien que la République. C’est clair, simple, sobre. En un mot : normal.

    Qu’est-ce que ça veut dire, à la fin, cette histoire de «Première dame» ? Vous avez élu une «Première dame», vous ? Vous avez voté des crédits pour que cette dame ait un bureau, des secrétaires, un chef de cabinet ? Quel cabinet, pour quoi faire ? Et un chargé de presse ? Pour quel message ?

    La suite :
    http://www.letelegramme.fr/ig/generales/france-monde/commentaires/courant-d-ere-le-fantome-de-l-opera-17-06-2012-1740983.php

  32. Souris donc

    La seule exception à sa discrétion, quand il a accueilli les épouses des autres chefs d’État ou de gouvernement du G8 présentes lors du sommet d’Heiligendamm en juin 2007.
    Voici,Joachim Sauer entouré de Laureen Harper, Ludmilla Alexandrovna Putina, Flavia Franzoni Prodi, Laura Bush, Cherie Blair, Margarida Sousa Uva et Akie Abe :

  33. Souris donc

    @ Impat 19 h 51
    Le faste touche au ridicule, oui, mais ce qui est met les Allemands mal à l’aise, c’est la contradiction entre le discours socialiste pour la lutte contre les inégalités, les riches et la finance, l’exemplarité revendiquée, et ce goût de parvenus pour les ors et les fastes. Ils sont aussi choqués que nous le sommes par les comportements des oligarques russes.
    @ Desavy
    C’est la crise. De rire. l’Oiseau Bleu a bien le droit de se défouler, non ?
    @Lector
    Si l’on admet que porter la burqa en France signifie qu’on milite et qu’on provoque, Notre « Première Dame » milite et provoque elle aussi ? Pas comme notre Najat qui prêche le gender jusque dans les crèches mais en voyage officiel au Maroc, elle se montre sagement voilée, faut quand même pas charia.
    @ tous
    Je suis sur une bécane antédiluvienne, les boutons répondre ne s’activent pas.

  34. . . . « les boutons répondre ne s’activent pas. « . . .
    Génial ! Si seulement tout le monde avait de telles bécanes les commentaires seraient plus faciles à lire.

  35. Merci Sourus donc
    Les libelles contre Marie Antoinette ont fini par faire chuter la Royauté
    Pourquoi pas de nos jours
    Des ploucs éblouis de se retrouver au sommet.
    La culotte elle a été achetée au marche de Belleville ?

  36. desavy

    Souris donc,

    « C’est la crise. De rire. l’Oiseau Bleu a bien le droit de se défouler, non ? »

    Qui oserait prétendre le contraire ? A quoi pourrait donc servir un blog si ce n’est à se défouler ? Après-tout notre époque est à l’ironie, autant suivre…

  37. Vite ,Un guide,un coach pour aider la dame à changer d’allure : â se coiffer d’abord ,cette coiffure à la Veronika Lake date des années 1940, à s’habiller ,nous ne manquons pas de stylistes, de grands noms du prêt à porter,(madame s’habillait dans un magasin de dégriffés dans le 15eme )de couturiers … grands dieux elle est censée représenter le bon goût français …
    Ah Carla ,Carla devant la Reine d’Angleterre …

  38. QuadPater

    Nonette, mettez l’adresse internet (URL) de la photo dans un message.

  39. QuadPater

    Il y a de quoi rire en comparant avec l’Allemagne, certes. Trierweiler n’était pas obligée d’apparaître partout à côté de son Fanfan.

    Mais si Joachim Sauer avait été chroniqueur politique plutôt que chimiste ? Ça n’aurait pas été simple pour lui de poursuivre sa carrière comme si de rien n’était.

  40. Rotil

    Euh… QuadPater,

    A l’époque, Anne Sinclair avait lâché son émission 7/7…

    Et puis quand même, il y a deux choses qui me semblent choquantes en ce qui concerne la dame de Fanfan…

    La première est qu’elle vit aux crochets de son homme, c’est-à-dire sur les deniers publics, la seconde est cette affaire pour laquelle plainte a été portée: ce couple aurait dû, en tant que tel, faire une déclaration commune de patrimoine, si j’ai bien compris, et être assujetti à l’IDF.

    Il semblerait que cela puisse annuler l’élection de Monsieur, puisqu’il y aurait alors fraude. Donc inéligibilité.

  41. QuadPater

    Rotil, Je faisais juste remarquer que « M. Merkel » pouvait sans problème continuer à exercer son métier après l’élection de sa femme, que la comparaison avec Trierweiler était faussée. Évidemment que c’est scandaleux que nous lui payions un bureau et du personnel.
    Je suis au courant des magouilles du « couple présidentiel français » et pense que l’annulation de l’élection serait à la fois une grande honte et une bonne chose. Mais je n’y crois pas. Ça ne me paraît pas réaliste qu’on puisse débarquer ainsi un président.

  42. Marie

    @Quad Rêvons!

  43. J’ai vu il y a quelques décennies un film intitulé  » Dreams that money can buy  »
    Donc cotisons nous

  44. Lisa

    Ca alors, l’élection présidentielle pourrait être invalidée ?

  45. Des vins du Golan, bien sûr, j’espère !

  46. Quand même vous n’êtes pas sérieux, vous n’allez pas vouloir renverser un président alors que dans 4 mois il va inverser la courbe du chômage, non ?

  47. QuadPater

    Impat, on peut le sortir après l’inversion, non ?
    Tant qu’on y est veuillez me rappeler si c’est le 31 décembre ou le 1er janvier que ça va s’infléchir.
    Je planifierai ma St-Sylvestre en fonction.

  48. Quad, le sortir après l’inversion ? Oh mais comme vous êtes vicieux, vous !
    Pour le reste, je vous suggère de planifier votre St-Sylvestre dès maintenant, par exemple à mi-août. On n’est jamais trop prudent, et d’ailleurs la courbe s’est déjà infléchie. D’accord, c’est vers le haut, mais il n’avait pas précisé le sens de l’inflexion, votre président, soyons honnête.

  49. « Je vais finir par croire que les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent… »
    Vous en doutiez ? J’en suis convaincu depuis longtemps.

  50. Patrick

    Si on avait une opposition digne de ce nom, le PN (pas encore inverti) serait déjà renversé, ou au moins en cours de renversement !

  51. Patrick

    (PN : président normal)

  52. J enrage ! Malgré les conseils de Quad , je n arrive pas â vous communiquer la photo de notre élégante..la chaleur ,l’entêtement ,l’ âge( vénérable )t et je ne sais quelle obstination me poussant ( (…)j ai cherché et enfin trouvé l’adresse du site :
    « Pure people photos de Valeirie Trierweiler et Peng Liyuan »

  53. Lector

    @Souris donc 12:02
    C’est forcément ce qui vient à l’esprit, quoiqu’on puisse aussi inverser la chose et prétendre que l’un et l’autre seraient affirmation d’identité… glups x2… il faut en tout cas observer la symétrie : la burqa n’étant pas issue de la tradition elle n’est que la réponse obscure et obscurantiste à la transe pas rance qui effeuille notre nihilisme ; cette symétrie illustre parfaitement le choc des civilisations : au strip-tease intégral de l’occident répond le fondamentalisme carcéral musulman, et réciproquement.
    Ma burqa chez les nudistes ou mon cul sur la commode fondamentale, de toute façon ça se résume à la peste ou le choléra politiques, systèmes d’exploitation idéologique et de colonisation de l’immunité nationale; si la France est le lieu privilégié du choc c’est sans nul doute que l’hexagone républicain est le plus exogame des régimes politiques européens ; son universalisme dissout dans le multiculturalisme, i.e. dans le déni même de son propre crédo, notre pays ne devient plus une terre d’asile que pour le mondialisme marchand. Oyons à ce titre de peu de noblesse en félicité l’argument touristique que servent nos élites ! Très important ça le tourisme, ultime levier éconocroquignol… et vive le globish ! La France n’a donc plus d’autre attrait que son paysage ? Comme un pays dit en voie de développement ; ça pose l’état des lieux.

    Un autre :
    http://www.lefigaro.fr/politique/2013/08/02/01002-20130802ARTFIG00220-francois-hollande-succombe-aux-charmes-de-la-lanterne.php

  54. Photo retouchée ? Ce serait alors tragique … Le cheveu plat et triste ,le manteau trop court , un seul bouton fermé ,les chaussures informes,les bas noirs,le sac de ménagère ,le bras dessus -dessous avec la femme du Président ..l’élégance Française ?à pleurer !!

  55. Pas idf mais isf, rotil. Assujeti, vous auriezf su.
    Idf cest autre chose comme vous le savez je pense.

  56. Souris donc

    Quel que soit la carrière, on peut choisir la discrétion, non ?

  57. Souris donc

    Nonette, Valérie Trierweiler est plus belle que Tante Yvonne ou Germaine Coty, aucun doute là-dessus. Plus culottée aussi, comme l’ont finement remarqué les uns et les autres, et comme on le voit sur la photo aux Emirats…Elégante, c’est une autre histoire.

  58. Souris donc

    Brillante analyse, Lector, de ce que j’entrevoyais, cette symétrie de la provocation. Du militantisme, c’est clair pour les emburqinées chez nous. Pour la Première Dame aux Emirats, je ne suis pas sûre qu’elle se soit formulé « Tiens, je vais militer pour la libération des femmes » en ouvrant son dressing.

    Personnellement, je préfère les excès du pornochic sur nos affiches (la mode passera) à l’austérité des dictatures. Je préfère les affiches pour Leader Price aux fresques pour le Cher Leader dans les pays où on meurt de faim. Bien qu’il y ait une esthétique du réalisme socialiste. L’accumulation d’affiches 3×4 qui défigurent l’entrée de nos villes, une pollution visuelle qui est le prix à payer pour la liberté d’opinion ?

    Et sur le site de l’Express, un pastiche de Madame de Sévigné. La lanterne inspire.
    http://www.lexpress.fr/actualite/hollande-le-roi-baille-aux-corneilles-en-son-cachot-de-la-lanterne_1271214.html#xtor=AL-839

    PS. Vos commentaires étincelants, votre écriture rubato, un délice ! Antidoxe a de la chance avec sa nouvelle recrue, bienvenue sur notre site « d’élite », Lector, ça va de soi !

  59. Souris donc

    En lisant les commentaires à l’article de la FAZ, je m’aperçois que les Allemands aussi ont leur nostalgie de l’âge d’or et de l’homme providentiel et trouvent que leurs politiciens sont des carriéristes sans caractère ignorant l’intérêt général et la morale.
    « Rendez-nous…Bismarck ! », dit Hannes Freischmitt.

    Un autre, Henk Wilbert, s’inquiète de ce que le contribuable allemand ait à mettre la main à la poche pour payer, via les eurobonds et la solidarité européenne, la belle vie sans trop de contrainte du Mou, qu’un autre encore appelle le « Roi-Soleil »….

  60. Souris,… « le Roi-Soleil »….
    On sait donc maintenant comment se forment les éclipses.

  61. Rotil

    C’est vrai qu’un (ou une) chihuahua, c’est plus discret qu’un (ou une) Rottweiler… Et pour ce dernier, je crois que la tenue en laisse et la muselière sont de rigueur.,

  62. Éclipses totales mes préférées. En fait une seule suffirait mais durable.

  63. loaseaubleu,…  » durable »…
    45 mois, ça vous irait ?

  64. Lector

    @Souris donc 12:07

    Evidemment non, elle ne pensait pas de la sorte ; pense-t-elle ? Agissante plutôt.
    Je conçois, me doutais, que le «réciproquement» pouvait faire équivoque ; il n’était là que pour marquer un mouvement, comme une mécanique de la réciprocité dans la symétrie évoquée : le terrorisme donné comme une surenchère du fondamentalisme par exemple et GPA/PMA prises comme celle de notre athéisme devenu outrageusement plus marchand que cartésien.

    C’est bien là le problème Souris : je préfère aussi la cuisse à la robe de bure, ce qui fait que nous ne sommes pas moins déplacés –pour nous dire ainsi aussi comme déportés de notre culture, de notre Histoire– que la Trieweiler qui n’est en tous points jamais à sa place. En bref, nous voulons être sexys et notre laxisme admet d’autant mieux cette occurrence qu’on lui présente l’envers de celle-ci pour repoussoir.
    Deux esthétiques du pire ne forment pas une possibilité convenable de choix – précisément parce qu’elles sont complémentaires elles l’annulent– de là nait l’insatisfaction qui mène à la surenchère.
    La liberté d’expression rétrécie au slogan, l’opinion tannée par la publicité, il ne reste qu’un chagrin sans peau et son masque festif.

    Un prix à payer ? Non. Celui-là peut être ou se faire trop cher. Je préfère les gratifications. C’est étrange tout de même, quelle idée ! Payer ? Cela me parait une lecture théologique de forfaiture politique du bas-clergé car en vérité déchus nous avons le choix, celui-ci est en notre possession, en notre pouvoir ; ne pas le savoir c’est à coup sûr se laisser posséder. Sans me lancer ici dans un midrash johannique forcément apocryphe, je vous livre un secret : le verbe était avant la pomme biblique comme avant la bouchée trempée de la Cène ; un homme averti en vaut deux : il peut choisir.

    P.S. eh bien… merci à vous.

    Bonne journée.

  65. L’athéisme occidental, en général, n’est pas une disposition spirituelle mais une commodité. Pour ce qui est du côté cartésien vous laissez entendre que c’est par raison que l’on est athée, je trouve que c’est une position difficilement tenable : toute expérience spirituelle est un néant pour la raison, elle relève du domaine de l’existence et pas du monde des concepts. Le mieux qu’un athée puisse dire est qu’il n’a pas vécu l’expérience spirituelle de la présence de Dieu.

  66. Erreur de boutons, mon commentaire plus bas…

  67. Lector

    c’est vrai Tibor, c’est un raccourci un peu rapide, commun; il me semble que la rationalité conduit à l’athéisme qui finit par confiner au déraisonnable.

  68. Ce que la raison a surement tué, c’est le miracle, enfant chéri de la religion, l’histoire et la fin du miracle ont sonné le glas de la foi routinière. Les miracles de la science ont transféré la grande de masse des sensualistes comme disait Nietzsche, ceux qui ont besoin de toucher, vers les gras pâturages de la société de consommation. En ce qui concerne l’histoire, il faut saluer le grand Schiller et ses Âges du Monde : l’histoire des manifestation de Dieu au cours des trois grands éons : le passé, le présent et le futur également éternels:
    le passé est connu, le présent est constaté, le futur est pressenti. Le connu est raconté, le constaté est exposé, le futur est prophétisé.

  69. Yaakov Rotil

    Je ne suis pas sûr que c’est intéressant, mais j’ai l’impression qu’en Israël on croit beaucoup plus au miracle.
    Ben Gourion lui-même, je crois, disait qu’en Israël, celui qui ne croit pas au miracle n’est pas un réaliste.
    Et à titre personnel, au plus fort de ma période rationaliste, c’est la renaissance de ce pays, si peu probable, qui a entretenu ce qu’il me restait de mysticisme. Je ne pense pas être le seul dans ce cas…

  70. Très bien, tout ça, de forme et de fonds.

    MAIS je rappelle le sujet : le faste royal de ces rois sans couronne qui sont les présidents républicains en France.
    Et je me permets de douter de la véracité de l’hypothèse et de relativiser l’exemple allemand apporté par notre rongeuse.

    L’Allemagne est une république fédérale ; c’est l’un de ses avantages principaux et une cause majeure de ses « performances », notamment économiques. Je n’étais pas le dernier à gloser dessus sur des fils précédents.

    C’est donc un affaiblissement, voulu et justifié, du pouvoir central en faveur des « länder ». Ceci explique, au moins partiellement, la modération de son train de vie. Berlin n’est pas l’équivalent de Paris.
    On en connait les raisons historiques. Abrégeons donc.

    Pour comparer le train de vie de la gouvernance allemande et française il conviendrait peut-être (je simplifie) de cumuler, en Allemagne, les coûts des « länder » et de Berlin.

    Ne nous laissons pas leurrer par les « ors de la République » (et les caves à vin) hérités d’autres temps.

    Le problème principal en France est ailleurs.

    Ceci pourrait faire l’objet de textes détaillés que la flemme m’interdit d’élaborer ; mais le problème principal en France est la mainmise du fonctionnariat sur l’Etat ; et la mainmise de l’Etat sur le pays.

    La France n’est pas un pays qui dispose d’une structure étatique pour le servir ; la France est un Etat qui dispose d’un pays.

    Songeons simplement à la règle qui permet à un fonctionnaire de tenter la carrière politique : il peut prendre un congé sans solde pour mener campagne.

    Non-élu, rien de perdu ; aucun risque encouru puisqu’il retrouve sa place de fonctionnaire.

    MAIS élu, son statut de fonctionnaire lui est réservé, quelque soit le nombre et la nature des mandats.

    Et toujours aucun risque : au terme d’une carrière politique, quelle qu’elle soit il retrouve sa place.

    Naturellement, celui qui vient du « privé », parti à la chasse il perd sa place. Très majoritairement il ne tenterait pas la carrière politique.

    La haute direction politique est donc peuplée d’une grande majorité de fonctionnaires. Ceci vide la séparation des pouvoirs de sa substance et transforme l’Etat en club privé, intéressé, dirigé par cooptation.

    Combien d’ingénieurs connaissant l’économie « réelle », le commerce et l’industrie trouve-t-on à l’Assemblée, au Sénat, au gouvernement ?

    L’ENA, cristallisation de ce phénomène, mérite un chapitre à part.

  71. Yaakov Rotil

    P.S.: Je me demande même jusqu’à quel point ce n’est pas à l’origine de l’accueil peu enthousiaste du Vatican, pendant de très longues années, du phénomène de cette renaissance.

  72. Guenièvre

    Lector , la raison a toujours un côté paradoxal : au lieu de civiliser l’inconscient, d’apprivoiser les fantasmes elle se met parfois à les servir. On en a un exemple parfait avec le MTP aujourd’hui…

    « La liberté d’expression rétrécie au slogan, l’opinion tannée par la publicité, il ne reste qu’un chagrin sans peau et son masque festif ».

    J’aimerai connaître le bois dans lequel vous sculptez vos expressions, la matière qui vous sert à ciseler vos phrases…c’est très réussi !

  73. lisa

    Il y a encore des miracles.
    Entre autres racontés dans des témoignages à Paray-Le -Monial. Ecouter Radion Notre-Dame en finde matinée en ce moment.

  74. Ah, ma chère Lisa, je suis le premier à y croire ! La question est qu’ils se font bien rares et qu’il ne sont plus ce qu’ils ont été pour l’édification de la foi.

  75. Souris donc

    Je suis allée voir, incompréhensible charabia. Chacun sait que les logiciels de traduction sont capables de traduire La chair est triste par La viande est faisandée

  76. Souris donc

    La liberté d’expression rétrécie au slogan

    En même temps, le temps des leaders d’opinion prospérant sur un slogan me semble compté. Le changement, c’est la liberté d’expression du net. Le pouvoir issu du slogan (« Le changement, c’est maintenant ») perçoit le danger de cette liberté, prétend qu’elle nourrit les extrêmes (droite, bien sûr, puisque l’extrême-gauche, ah, c’est pas pareil) et appelle populisme une démagogie qu’il pratique lui-même sans vergogne tous les jours. Ah la boîte à outils.
    Le pouvoir, de gauche comme de droite. Car les lois antiphobiques restrictives de la liberté d’opinion datent des années Chirac, et sont le résultat du travail inlassable des groupes de pression. Pas seulement des vulgaires associations en quête de subvention, mais aussi des cyniques Terra Nova qui, puisque le peuple est rétif, ont changé de peuple. Et nous voilà avec une immigration incontrôlable, les mafias de l’Est et des bobos ivres d’autosatisfaction qui traînent Houellebecq en justice pour avoir dit « l’Islam est la religion la plus con ».

  77. Souris donc

    …ou sur le catalogue CAMIF, typique, quand elle monte jusque sous les aisselles ou presque.

  78. desavy

    Patrick, je n’en doutais pas mais je n’aime pas trop cette idee.

  79. Lector

    @Yaakov, Mitterrand se retirant : « je crois à l’esprit » (avec ou sans majuscule… ? à chacun de… etc.)

  80. Lector

    @Roturier, décidément je ne comprends pas du tout le principe, doit-on faire gendarme ou journaliste ? Non, parce qu’à la table de Souris des conversations s’engagent et se croisent, quel mal ? Sommes-nous latins ou bien anglo-saxons ?
    La charte des HS n’est-elle pas plus dictée par l’hégémonie sur le « web » et bientôt dans nos universités de cette culture, que mue par la volonté d’une réelle bienséance ou encore par je ne sais quel possible rigorisme fort ennuyeux ? Le concept du Hors Sujet n’est-il pas en fait Hors Service, austère et conformiste ?

  81. Lector

    @Souris : Je suis d’accord ; sur la rivalité entre les différents pouvoirs incluant 4ème et 5ème ; sur le cynisme etc. Par contre, comment dirais-je, ce n’est pas simplement le slogan du leader d’opinion, à l’heure de la publicité ; la novlangue, comme chaque fois qu’une est promulguée, fait cause et symptôme ; elle n’est pas un effet du politiquement correct (par exemple ou dit comme ça) ; elle est cause, elle produits des effets parce que cause elle est combat, une propagande ; elle ne réfléchit rien elle s’invente, est impérieuse, interdit toute contradiction, pour enfin transformer le réel, le plus souvent en cauchemar. Son sabir dispense, impose une pensée préconçue qui nous dispense de penser, délivre du prêt-à-penser qui ne saurait panser, digère la langue outil de la pensée et dilate sa panse. Elle se présente comme une naissance, un changement ici et maintenant, se coupe des ses racines historiques ; si prise comme effet elle est de cause psychologique, volonté de guérir le réel qu’elle tient pour fou mue par une culpabilité qui ne tient plus de la Faute ou de la Chute, mais qui n’est autre que la haine de soi qu’exprime par sa lassitude horifiée le rejet de l’histoire ; nous voulons disparaître, après avoir longtemps fait l’autruche. A force de crimes contre elle-même l’humanité ne parvient plus à se mirer dans l’Histoire. Elle n’a même plus besoin de Lider Maximo européen. Nous avons construit un château administratif, l’Europe, qui abrite toutes nos psychoses.
    « Le changement c’est maintenant », ce n’est même pas le slogan que le PS qui s’est fait arnaqué a payé à de pseudos experts en comm’, c’était déjà celui de l’entrée dans le 21ème siècle, celui de l’année 2000 qui annonçait aussi l’exclusion : « vous en serez (de la grande fiesta-razzia) ou n’y serez pas ! ». C’est la publicité du nouveau millénaire, pas seulement des agences ; celle-ci aussi agentiques que possible ne font que suivre. D’aucuns y voient un « grand remplacement », ce ne peut être faux, l’idée en tout cas est palpable. D’autres souhaitent, certains s’inquiètent de la post humanité qui est en train d’ advenir, ou du devenir 2.0 de celle en place, etc. C’est là.
    Et puis il y a les slogans non identifiés : les ovnis de la novlangue marchande qui truffent de fait le sociolecte économique : « économie de marché » fut un nouveau paradigme (exit l’humain), c’est aujourd’hui un slogan… les « cela ne vous a pas échappé que… » annoncent souvent un slogan publicitaire de la novlangue économique, de l’idéologique totalitaire : le référendum ne serait pas un outil démocratique éructent les élites et les sbires, slogan !, propagande !, annonce publicitaire du château !, exclusion de la constituante dans le TCE etc. « Une dette ça se rembourse ! » Slogan. Celle de l’Afrique ? Exonération. Celle de la Russie à l’Allemagne ? Tjrs non payée je crois. Celle de l’Allemagne à la Grèce ? Toujours due ! Celle de l’Italie d’avant Mussolini ? Brûlée ! Les populismes se régalent, le nom même qu’on leur donne va faire leur crédo.

  82. Lector

    Lisa 4 août 2013 à 19:14 (je n’avais pas vu) : Un miracle ? hum, je ne crois pas, leurs majestés récolteront tout au plus un avertissement, pardon, une invitation à régulariser la situation… sinon pire ils seraient capable de nous concocter une loi de plus pour légaliser celle-là !
    Un autre « miracle » ? Le chômage baisse pour de bon et hop vous les verrez mariés, genre c’est le moment… bonne comm’ et d’une pierre deux coups sur laquelle bâtir un forfait.

  83. Lector

    Guenièvre,
    oui, la ‘ratio’ se trouve par son essence même confrontée à la doxa historique, elle fait paradoxe temporel en ce qu’elle achoppe toujours à son époque, échappe au contemporain ; en tout cas la raison mathématique veut ou voulait contredire l’intuition (chose impossible) ; le rationalisme est paradoxale dans le fondement même de sa méthode antithétique. Et puis humains, nous le sommes paradoxaux, des absurdités quantiques à la nature, nous pouvons être une chose et son contraire ; « les hommes sont si nécessairement fous… » disait Pascal ; nous ne sommes pas raisonnables bien que « doués de raison », prétendument logiques. Cette faculté ci nous définit imparfaitement. Quant à civiliser l’inconscient… du coup…
    Cependant qu’accordant la science à la raison, la pratique médicale n’en puisse être la qualité ou la partition ; la fécondation in vitro fait fausse note comme demain l’utérus artificiel fera notre fosse.

    Et sinon, même procédé d’ébénisterie scriptural que le vôtre, celui de votre demande. A part ça, faisant peintre, je cultive et soigne les images comme vous les roses et depuis le plus jeune âge. Avec l’œil donc ; l’ouïe, ça aide aussi. Je ne vois que ça. La matière ? Celle qui anime nos petites cellules grises, le verbe –enfant maudit du Verbe– qui essaie de se construire une pensée… cent pages écrites pour accoucher une ligne, une digestion lente… que répondre… ?
    De quel métal ?, me demandez-vous. De ces aciéries que vous avez toujours fréquentées. Le terme a tant inspiré la prose que les vers et l’homme à travers les âges n’est-ce pas ; son pouvoir d’évocations plonge son glaive d’airain dans des temps profonds, froids et humides, autant qu’il dresse en pleine lumière son armure futuriste flamboyante ; il a le goût du sang sur les lèvres, transporte la chaleur de l’âtre et la fraicheur de l’eau, fusionne les éléments, « métal » est à lui-même sa propre forge métaphysique, cause et principe, espace et temps, il se fait industrieux et hâbleur, dieu ou diable, sonne comme cloche fidèle ou tonne comme canon furieux, descend dans les mines, hurle dans les tranchées, trisse ou souffle, silencieux tranche l’air et fend les cieux, la brume, la chair du sacrifice, la cape ou le rideau, partage ou retire, file, rapide comme une flèche qui toujours atteint son but, se fiche ou se fâche, attaque ou protège, s’offre et s’oxyde, ruissèle, étreint, mord, liquide ou solide… l’Histoire, la science, l’espace, une terre volcanique, fondent son esthétique… c’est autre chose que ce « plastique » qui n’a que le vague air de fête post historique d’un présent toc sans tic-tac ni quête et qui hoquète plein de tics et cache l’aqueduc qui crache la mélasse molle des mollahs du pétrole.
    Ou bien, s’il s’agit d’interroger un processus… accrochant à la métaphore je lancerais plutôt pierre que bois ou métal : la langue m’est comme une pierre lithographique, à mémoires, pour le dire comme avait décrite celle-ci Francis Ponge ; une sorte de palimpseste sur lequel bâtir ou cultiver notre propre jardin d’expression. Je reste candide même si c’est à force de répéter que l’on cisèle n’est-ce pas ; j’ai le sentiment de tjrs dire la même chose ou quasi, quelque sujet que j’aborde, qui a déjà été dite mille fois par d’autres. De là n’accordé-je aucune foi aux avant-gardes, du moins au discours qui prétend qu’il en est. Je ne vois que redites –de Jonas à Pinocchio par exemple– actualisées. Combien de questions nous animent réellement ? Peu, je crois, d’essentielles, d’originales ou originelles. Mon inquiétude provient d’une impression ou d’un constat : le contemporain verse plus dans l’action que dans la réflexion ; pour le contemplatif que je suis c’est un désastre. Action-réaction n’est plus le principe d’une loi de la physique de Newton, mais celui d’une idéologie collective, c’est devenu un slogan contemporain, une sorte de mantra du mauvais sens commun qui occulte présentement notre dimension spirituelle, ne serait-ce que notre nature au monde qui fut au moins de cet ordre : action-réflexion.
    Nous chutons d’une observation mécaniste dans une culture machinique, passés que nous sommes du réel à la fiction, du symbole au simulacre, de la transsubstantiation à la réification. Toutes choses que vous connaissez. Dès que nous expliquons, nous sommes sous l’emprise de notre imperfection verbeuse, nous bavardons tels des maudits, des médits, des maldisants cultuels…
    L’avantage de la formule (ou comment ne pas subir le poids des mots, en retrouver le choc), de l’image, est, qu’elles se donnent en libre accès, et c’est de là qu’elles frayent leur chemin; mouvement de réciprocité mais qui à mon sens contredit le narcissisme beauvoirien ou autre qui prétend peu ou prou que le lecteur fait aussi bien le roman que l’auteur. Des clous ! Chacun son imaginaire peut-être mais le lecteur est captif des mots de l’auteur qui l’accueillent à bras ouverts puis referment sur celui-là leur douce ou violente étreinte. Le pouvoir d’évocation des mots de l’auteur ; c’est ce que vous me dites.

    Tibor,
    ce que dit l’athée français c’est qu’il est « cartésien »… a-t-on jamais entendu un quidam sans lettres ni Lettre se dire, se définir, ou se penser pascalien ? Le rationalisme (et donc Descartes) instaure le matérialisme et l’âme mécréante qui l’accompagne, disais-je en substance, l’illustration (celle aussi du consumérisme) est dans Molière. Lorsque Dom Juan moque le ciel c’est au nom de la raison mathématique, « deux et deux sont quatre » ; Sganarelle que l’impiété de son maître effraie tente un raisonnement dont l’illustration fait la chute : « voilà ton raisonnement qui a le nez cassé ! »… équation déjà newtonienne pour l’humour, mais c’est bien sûr la foi qui s’est cassée le nez. La pièce de théâtre témoigne de la pénétration dans le sens-commun de ce nouveau paradigme.
    Si l’empiriste ne refuse pas l’inné il le récuse, sa méthode par là doctrinaire se posait de facto comme rivale du spirituel.
    Ce qu’avait compris (j’extrapole) le Dogme désignant d’abord pour ennemis Galilée, Bruno… Vinci aussi et Descartes donc, qui ont travaillé sous cape, peuvent faire exemplaire dans un corpus qui opposerait la ratio à la doxa pontificale ; tous héritiers de la révolution copernicienne, contraires à l’opinion commune de leurs temps.
    Depuis Einstein, voici bien un miracle : science et théologie se recoupent… dans une définition possible de l’Eternel qui pose le principe de notre rapport au temps. Nous en reparlerons sans doute.
    En attendant, je vais méditer ce que vous nous dites.
    Un grand merci à vous : je ne connaissais pas ce poème de Schiller (auteur dont je sais si peu), c’est magnifique ! Quelle délicate attention ! A bientôt.

  84. Maître Lector 06 :22:

    Vous faites plusieurs affirmations et posez plusieurs questions ; toutes rhétoriques, je suppose.

    Que vous ne compreniez pas du tout le principe : rhétorique sans doute ; c’est vous qui le dites.

    Faut-il être gendarme ou journaliste ? Les deux, mon colonel ; et bien autres choses vu que nous sommes, de gré et de force, humains, citoyens et contribuables et force nous est de tenter de deviner à quelle sauce nous serons dégustés demain et d’en influencer la composition au besoin.

    La table de Souris ? N’est-elle pas la nôtre ? D’autres bestioles ne peuvent-elles pas s’y inviter ? Et soulever des questions en marge de ce qui préoccupe les rongeurs ? Considérer que ces questions sont justement les principales ?

    Quel mal ? Mais de quel mal parlez-vous? Sauf erreur c’est vous qui introduisez le mot au débat.

    Sommes-nous latins ou anglo-saxons ? J’ignore. Pourquoi faut-il choisir et se limiter aux deux? Perso je suis les deux et aucun. Et bien d’autres choses encore. Votre « nous » me pose d’ailleurs problème. Car si « nous » il y’a, il devrait aussi exister « vous autres ».

    Parler de « hors sujet » soulève la question « pourquoi pas ? » ; mais aussi « quel est le sujet ? ».

    En l’occurrence, en premier approche, c’est la complainte souriesque, d’inspiration Frankfurtique (c’est pas latin, ça) de ces puissants vivant dans un décorum monarchique sous les ors de la République. Mais personne n’est dupe : elle suit le plaidoyer monarchique de Rackam et relativise la prétention égalitaire de la démocratie française.

    Et moi je la relativise bien davantage, au risque d’apporter de l’eau au moulin de Rackam. Puisque je pointe le fait, tellement gros que l’on ne le voit plus, de l’avantage décisif donné par la République à ses fonctionnaires en matière d’accès au pouvoir politique.

    Deux droits du citoyen font que la démocratie n’est pas une farce : celui de voter et celui de présenter sa candidature.

    Le second est, en France, préempté par une aristocratie fonctionariale régnante qui n’a que le mot « démocratie » à la bouche.

    La démocratie française est donc une farce.

    Hors sujet ? Conformiste ? Peut-être. Ou pas. Et quand bien même ?

  85. desavy

    Disons que je n’aime pas cette idée.

  86. Guenièvre

    « A part ça, faisant peintre, je cultive et soigne les images comme vous les roses et depuis le plus jeune âge »

    C’est très proche vous avez raison :  » Le jardinier digne de ce nom est toujours peintre et philosophe » disait le paysagiste William Chambers.
    Je ne suis ni l’un ni l’autre et ne prétends pas non plus être « un jardinier » accompli pourtant j’ai l’impression que je ne plante pas seulement des roses ou des oignons mais aussi des noms. Le jardin est un massif de vocabulaire avec ses métaphores , « Oreilles de chats », « Manteau de Notre- Dame » ou « Désespoir des peintres » et aussi son oxymore , « Douce-amère ». A moins que l’on y préfère le latin « Stachys lanata »  » Alchemilla mollis »  » Heuchera sanguinea » et  » Solanum Dulcamara » qui permet de retrouver la nomenclature universelle, merci Monsieur Linné !
    Et merci à vous Lector d’avoir pris le temps de cette longue réponse !

  87. Guenièvre, les fleurs de « Désespoir des peintres » présentent, comme leur nom l’indique, une couleur mystérieuse et indéchiffrable. Si, à l’occasion, vous en déposiez une jolie photo sur ce site, vous feriez un heureux. Au moins un.

  88. Guenièvre

    …les autres que c’est parce que le feuillage à des nuances infiniment variées comme vous pouvez le voir ici :
    http://www.promessedefleurs.com/heucheras-c-326.html?gclid=CJuH0IL88rgCFdHMtAodIzgAnA

  89. Guenièvre

    « a » sans accent…

  90. Et d’autres encore, c’est ce que me disait mon père dont le jardin en était abondamment garni, parce que les fleurs elles-mêmes présentent ces « nuances infiniment variées « . Dans tous les cas, merci pour ces belles vues.

  91. Souris donc

    La table de Souris ? N’est-elle pas la nôtre ? D’autres bestioles ne peuvent-elles pas s’y inviter ? Et soulever des questions en marge de ce qui préoccupe les rongeurs ? Considérer que ces questions sont justement les principales ?

    Pompe et circonstances.
    La pompe élyséenne contraste avec le très prosaïque Hollande, Monsieur Jourdain fait Mamamouchi.
    Les circonstances du hors sujet. Une chose en amène une autre, associations, cadavres exquis et cocottes en papier dérivant au fil de l’eau. Frustrant pour l’auteur du papier qu’on en fasse des cocottes. Mais tant pis, c’est la loi du genre.
    Après tout, si les ors élyséens se réduisent en peau de chagrin à la culotte de Madame Trierweiler et les circonstances au slogan, on reste au cœur du sujet.

  92. Souris donc

    [La novlangue] est impérieuse, interdit toute contradiction, pour enfin transformer le réel, le plus souvent en cauchemar.

    Ceux qui la pratiquent, faut leur reconnaître une virtuosité à lever un index impérieux tout en lâchant une monumentale banalité. Mais, avec le lexique adéquat : raciste, facho, vigilance, bonne pratique, métissage, ouverture, sensibilisation, collectifs, durable, nauséabond, friser l’abject, à la rencontre de l’autre, vivre-ensemble, principe de précaution. Il existe des manuels, genre Le Bienpensant pour les Nuls et des sites dédiés où on peut s’exercer en commentaire des articles, vous avez des répétiteurs qui vous reprennent inlassablement. Si vous voyez ce que je veux dire.

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