Démocraties modernes

DM1

La sidérante bigarrure des démocraties modernes   
Jan Marejko
Philosophe, écrivain, journaliste

Lorsqu’on établit que la souveraineté du peuple est illimitée, on crée et l’on jette au hasard dans la société humaine, un degré de pouvoir trop grand par lui-même, et qui est un mal, en quelques mains qu’on le place.
Benjamin Constant

Pendant deux mille ans, l’Occident s’est méfié de la démocratie comme de la peste. Nul régime ne semblait conduire plus directement à la dictature. Cette méfiance a commencé avec Platon, s’est prolongée avec saint Thomas, a culminé avec Calvin et sa théocratie. Il faut attendre la Révolution française et le coup de pouce de Jean-Jacques Rousseau pour que ce type de régime retrouve la faveur du public et des intellectuels. Aujourd’hui, le chœur des démocrates étouffe toute autre musique.L’itinéraire de Jean Ziegler montre pourquoi nos ancêtres se méfiaient de ce type de gouvernement. Tout en clamant son amour du peuple, ce tribun suisse n’a cessé de se rapprocher de nombreux dictateurs et les a défendus. Non seulement Kadhafi, comme l’a rappelé Pierre Weiss sur ce site, mais aussi  Mengistu Haile Mariam, dictateur d’Ethiopie, Robert Mugabe, dictateur du Zimbabwe, et son ami de toujours, Fidel Castro, dictateur de Cuba. Comme si, en proclamant urbi et orbi la suprématie de la démocratie, on flirtait avec son contraire.

C’est inévitable. En appeler à la démocratie dans des pays comptant des millions d’habitants, c’est n’en appeler à rien car le peuple, outre ces millions, ce sont des classes sociales, des partis, des associations, des croyances, des Chrétiens, des Juifs, des Athées, des Musulmans, des Bouddhistes, des ethnies, des hétérosexuels, des homosexuels, des bisexuels et des transsexuels. Ce que Tocqueville appelait encore des corps intermédiaires s’est métamorphosé en une infinie et sidérante bigarrure. Le peuple est une entité si immense, si complexe, que personne ne peut le repérer et que personne ne peut parler en son nom, ni les gouvernants, ni les gouvernés. La conséquence est que n’importe qui peut se réclamer du peuple et se proclamer son porte-parole. Pas de danger puisque, comme Benjamin Constant l’a observé, on ne peut convoquer le peuple pour lui demander si ce que disent ses représentants est correct. Au nom d’un peuple impossible à désigner ou à repérer, on peut dénoncer jusqu’à plus soif la corruption, l’incompétence et tous les maux possibles et imaginables. Là aussi, Jean Ziegler présente une pathologie typique. Dès les années 70, en Suisse, il dénonçait des groupes de pressions économiques qui étouffaient la sacro-sainte volonté populaire. A cette époque, ce n’était pas trop grave. Ce guignol n’empêchait pas la société civile de fonctionner avec ses divers représentants dans les parlements fédéraux, cantonaux et municipaux, dans les partis, les syndicats et associations économiques. De plus, on l’écoutait avec un certain plaisir car, contrairement aux responsables de corps intermédiaires, il parlait fort et simple, au lieu de s’abîmer dans d’ennuyeuses considérations techniques.

De telles considérations, en provenance de l’infinie diversité de la société civile, prolifèrent aujourd’hui. Personne ne sait plus qui dit quoi. Le nucléaire, c’est bien, mais c’est aussi mal, la voiture c’est bien mais c’est aussi mal, la laïcité est souhaitable mais pas vraiment, et ainsi de suite. Les opinions se diluent dans le bariolage des sociétés modernes. Comment un gouvernement qui se prétend à l’écoute de tous pourrait-il encore agir ?

C’est alors que les démocrates au pouvoir, comme François Hollande entre autres, prétendent être de grands arbitres. Eux-mêmes se taisent pour mieux entendre la voix du peuple. Mais leur bienveillant silence ne peut pas laisser place à la voix du peuple, car celle-ci ne peut pas être dégagée d’une jungle d’opinions. Reste que cette jungle est bien pratique comme prétexte à ne rien faire. Comment pourraient agir un exécutif, un législatif, lorsque tout est dit et, en même temps, son contraire ?

Les gouvernements élus ne prennent donc pas position pour mieux laisser un public divisé le faire dans un chaos indescriptible. Quant aux tribuns, ils hurlent pour mieux faire entendre une voix populaire qui n’existe pas. Résultat, personne ne dit plus rien, personne ne prend plus position. A réclamer sans cesse une société multiculturelle, diverse, plurielle, on tue la possibilité de toute politique en général, de la démocratie en particulier. On peut le faire, certes, mais alors, il faut savoir ce qu’on fait. On ne peut réclamer sans cesse plus de diversité ou de pluralisme et, en même temps, se faire l’avocat du gouvernement du peuple par le peuple.

Entre des élus qui ne prennent pas position pour mieux entendre un peuple qui n’existe plus parce qu’il s’est dilué dans un infini chatoiement et des tribuns qui prennent position au nom de ce même peuple inexistant, la complémentarité est évidente. Les uns et les autres collaborent dans la mise à mort de toute parole et de toute prise de position publiques. Ils ne le savent pas, mais cela ne change rien.

En politique étrangère, on a vu cette mise à mort de la parole et de l’engagement à propos de l’Egypte. La communauté internationale a bien fait des déclarations sur la nécessité de la non-violence ou de quelque processus démocratique, mais c’est comme si elle n’avait rien dit et ne s’était pas engagée. En politique intérieure, le soutien du Conseil fédéral à la reconduction de Jean Ziegler au poste d’expert de la Commission des Nations-Unies pour les droits de l’homme, est un cas de figure. Ce tribun énonce des propositions ahurissantes et chaotiques, mais peu importe, car les autorités suisses n’approuvent ni ne désapprouvent les positions de Jean Ziegler. Normal, elles ont pris l’habitude de ne plus prendre position.

La bienveillante et muette retenue de nos gouvernants provoque une gêne : si personne ne gouverne plus, parce que personne ne s’engage plus, n’y a-t-il pas un gouvernement souterrain qui agit dans l’ombre ? Du coup, les élus démocratiques paraissent être des marionnettes. On n’écoute plus leur bavardage car on sent ou croit sentir que, derrière eux, derrière le balcon d’où ils nous parlent,  se tiennent ceux qui tirent les ficelles. Pas étonnant que les élus soient dénoncés comme autant de larbins du FMI, de la Banque centrale européenne, de Washington ou, plus généralement, de la dictature de l’économie sur des peuples qu’elle opprimerait. Et les tribuns populaires autoproclamés se lèvent comme un seul homme pour dénoncer ces larbins.

Les vociférations rugissantes ou les propos chaotiques de l’infinie bigarrure démocratique annoncent l’agonie du logos. Sans logos, il n’y a plus de politique, ni à gauche, ni à droite. Et sans politique, le champ est libre pour les… Chacun pourra compléter à sa guise.

Article publié initialement par UNWatch le 26 août 2013 :

http://unwatchenfrancais.blogspot.fr/

Transmis sur Antidoxe par Kravi.

49 Commentaires

  1. Lector

    Ben tiens ! Wéwéwé…
    Les tribuns pop autotruc… j’t’en ficherai… du genre de Fred Lordon, rien moins que directeur de recherche au CNRS… des gens de gauche en plus, si ça se trouve… si ça se trouve encore, comme E. Chouard. Rhôôô les vilains populistes, pas même foutu d’être de gôche ils sont restés à gauche dites donc. Du coup la critique habituelle tombe à l’eau… voyons voyons, se pourraient-ils que… mais oui ! Euréka ! Ils sont forcément réactionnaires ces toujours de gauche même pas de gôche… puisque. Voire frontistes… d’ailleurs, d’ailleurs, ne serait-ce pas la Marine qui relaie de leurs idées saugrenues ?! On les tient !
    Et tenez-vous bien ! Les élus dictent à la finance sa loi. Les agences de notation ploient sous la férule de l’autorité populaire. Le FMI et la BCE n’ont qu’une chose en tête : le bonheur du peuple, pardon de la populace ; et la populace est légion, la société civile diverse et infinie… quelle horreur ! Vite un expert ! Un Attali ! Un Dessertine ! Un Elie Cohen ! – un trafiquant, un complotiste et un idiot. Ah elle est belle la distribution ! Wouinwouinwouinwouin ! Western win-win économique et maquereau économie spaghetti… slurp ! Un régal !
    Aucun parti politique n’a jamais prétendu « remettre de l’humain dans l’économie », ni à gauche ni à droite ! Ben non ! Le slogan ne fait pas symptôme n’est-ce pas. Et pourtant le logos est à l’agonie… ah mais ça ! Chose curieuse ! Tocqueville au râtelier, Ziegler en bandoulière, l’on s’interroge…

    Les grecs, espagnols, portugais… les italiens, nous demain, si ce n’est déjà… les chypriotes, ces putains de mafieux, allez hop, on se sert. Elle aura une belle gueule la France lorsqu’après lui avoir fait les poches les experts mettront la main sur votre bas… plus de laine, tondus les moutons !
    Mais écoutez donc ! Débouchez vos esgourdes ! Faut vous le vociférer comment ?!
    Le logos mon cul ! La banqueroute oui ; un moyen pas un effet ! Vous entendez ?! Un moyen ! Table rase ! Faut vous le rugir exactement ! Vous avez des types qui prennent des airs de salons de thé pour vous annoncer votre mort fiduciaire prochaine, et le Dessertine le chaos (ha oui, dites, sur le web il est croustillant le gars, plus rien à voir avec l’élégant de plateau tv), l’Attali rien moins qu’une énième guerre mondiale etc. Je ne reviens même pas sur le « bon bilan » et le formidable et « réussi passage à l’euro » de Jospin sans augmentation des… comment disent-ils déjà ? Des minimas sociaux ! Ho ! Nous parlons français ou pas ! Les minimas sociaux ?! Le peuple par le p’tit bout de ta lorgnette mon pote ! Et la baguette d’Elie Cohen don ! En plus, rendez-vous compte certains vont même jusqu’à parler l’ancien dialecte, celui qui disait : Privatisation ! Nationalisation !
    Mais le logos est mort mon vieux ! Tu ne le savais pas ?! Même Lou Reed l’a chanté ! Quand on vous dit novlangue… ça qui le remplace. Et le sabir économique, il n’a peut-être pas été étudié ?! Ce nouveau paradigme « d’économie de marché » qui fait braire nos élus sur l’humain, i.e. l’inhumanité de l’économique… l’ont pas servi la soupe ?! Ben tiens ! Y’avait des yeux dans le bouillon, couillon ! Ah ça faisait tâche ! Bourdieu dès les années 90 relève le terme… mais non, faut pas se faire bête-à-Bourdieu, c’est de la sociologie, beurk hein… (mais sans jamais expliquer pourquoi, en quoi ni comment ; beurk, c’est un peu court ; y’en a plein les articles jusqu’où ça cause du procès bourdieusien… ça pète plus haut que son cul mais ça ne pisse pas très loin !)
    Des autoproclamés y’en a une tétra chiée oui ! Surtout du libéralisme, l’ancien et le néo hohoho… mais y a qu’un j’ton dans la poche à Léon !
    Je vous le dis je n’aime pas qu’on me prenne pour un imbécile, suis pas expert et je m’en félicite, au moins ai-je les mirettes bien ouvertes.
    …Et puis, ça qu’est terrible, il se trouve encore des bouches pour parler vrai, des cerveaux pour penser ! C’est très mal, avouons le.
    Désignez un chantre de la bien-pensance… il ne se reconnait pas… Mais puisqu’il vous dit qu’il ne pense pas ! Il agit ! Il est motivé, activiste, ONGiste, lobbyiste, juriste, pénaliste, journaliste, enculeurdemouchiste… et surtout pas grossier… ça non, mais vulgaire, petit, étriqué… alors il se construit un piédestal prenant son pied à faire la vestale pour entretenir le feu libéral.
    Un tribun mon pote, quoi qu’on en dise ou pense, il y est en plein dans logos, dedans. Il est incarné, il incarne. Point. Attention au lexique bonhomme. Les esgourdes ensablées, les yeux chassieux et pourquoi pas la langue fourchue… marquons des points.
    C’est quand même un monde ! Et puis ce pourrait être très simple. Demain un salaire universel –dans les tiroirs de l’Europe et d’autres commodes depuis au moins le Front pop’… et bingo ! Plus de chômage ! Redéfinition totale de l’emploi, de fait, sorte de révolution copernicienne. Un tirage au sort des élus : mégalo passe-t-on chemin, corrompu on t’attend au tournant. Un retour à l’E.C.U. pour battre monnaie nationale tout en conservant le marché commun. (Oui, je parle le dialecte de la planche à billets ; je sais c’est très vilain. Il vaut mieux se soumettre c’est plus lucratif.) Mais non, il n’y a pas de diktats économiques, ni d’oppression économique, aucun marchandage, de l’indépendance à gogo et du fric plein les fouilles dans ce qui n’est plus du tout une démocratie mais un château administratif totalitaire. Bordel ! Vous n’avez jamais lu Kafka ou quoi ?! En plus du TCE.
    Ça brandirait son Soljenitsyne et ça chérirait Villon, l’élite, en défendant la Banque… c’est chouette !
    Des idées et des outils il en existe. Faut-il lui dire que la fête est finie ! Plus d’état souverain, c’est l’Europe ! C’est dans le texte. Il n’y a pas à tortiller. Pour nourrir le logos il faut de l’utopie politique, pas des courbes de chiffres. Faut penser l’homme, la civilisation, plutôt que de faire le clown d’une économie fictionnelle qui n’est que le cache-petit-sexe de mauvais gestionnaires, en débitant son catéchisme libéral.

    Lorsqu’on établit que la souveraineté du peuple est limitée, on crée et l’on jette au hasard dans le bouillon totalitaire, un degré de pouvoir trop grand par lui-même, et qui est un mal, en quelques mains qu’on le place.
    Lector laetaberis

    Tiens, je vais plutôt me réécouter le grand Léo, Ferré ; je me sentirai seul mais peinard !

  2. Lisa

    La suite….
    Un dicatateur, ou la violence plus la pauvreté ?

  3. Rotil

    Lector,

    Je n’ai pas trop compris le sens général de votre intervention. Vouliez-vous illustrer l’article?

  4. Isa

    Rien compris au billet , mais le texte de Lector, avec lequel je suis loin d’être toujours d’accord, est bouleversant.
    Je vote pour que vous nous fassiez des billets de vos commentaires, Lector.

  5. kravi

    Juste un micro-rectificatif pour ne pas avoir d’ennuis : l’article est initialement paru sur ce site
    http://www.lesobservateurs.ch/2013/08/22/marejko-7/
    Puis fut repris par http://unwatchenfrancais.blogspot.fr/

  6. Rotil 08 :03 & Isa 08:54: moi aussi je ne prétends pas avoir tout compris mais je devine ceci :

    Lector (qui nous décline, en bas, son identité « causeurienne » Lector laetaberis) peut être lu comme on lit la poésie : nul besoin de tout comprendre ; la musique suffit ; et l’ambiance.

    On pourrait se satisfaire, me semble-t-il, en ce qui le concerne, de la forme. Conformément à l’origine de son pseudo : Lector intende laetaberis (lecteur, lis attentivement, tu vas t’amuser). Je m’amuse effectivement bien en le lisant; malgré la jalousie qui me tenaille vu que jamais je n’approcherai ce niveau d’écriture ; et mes maigres circonstances atténuantes n’intéressent personne.

    MAIS il y’a aussi un contenu et là, il n’est à l’abri de rien.

    Entre autres il y’a une diatribe cinglante à l’encontre des « sachants » (notamment l’engeance économiste comptable) qui nous bassinent à longueur d’écran (« ça pète plus haut que son cul mais ça ne pisse pas très loin »).

    Et finalement la propre vision de Lector qu’il avoue (revendique ?) utopique : « Pour nourrir le logos il faut de l’utopie politique, pas des courbes de chiffres. Faut penser l’homme, la civilisation, plutôt que de faire le clown d’une économie fictionnelle qui n’est que le cache-petit-sexe de mauvais gestionnaires, en débitant son catéchisme libéral ».

    Lector n’est pas, me gourerais-je, euphémisme, un « économiedumarchiste » convaincu….

    Mais rien de pire que de confier la gouvernance aux poètes.

  7. Intéressant billet, mais à mon sens peu constructif. Car bien sûr la démocratie est pleine de défauts, mais par quoi la remplacer ?
    D’autre part dire que ce système ne permet que la parole et empêche l’action n’est vrai à 100 % que pour les dirigeants manquant d’énergie. Sarkozy a démontré pendant 5 ans que même en France les réformes sont possibles. Mais il en reste tant à entreprendre !

  8. Loaseaubleu

    Y aurait-il DEUX Lectorat ?
    Ce style d’écriture ne m’est pas inconnu.

  9. Isa

    Il me semble avoir perçu les choses comme vous, Roturier, c’est le billet que je n’ai pas compris.

  10. kravi

    Loaseau, je vous rappelle que Céline est mort.

  11. @Impat 14:13.
    Je savais qu’il y aurait encore question de Sarkozy.
    Pour la Nième fois: c’est un rouleur de mécaniques impénitent.
    A toutes fins utiles il n’a fait que du vent.

  12. roturier

    @Isa 14:55.

    Ce billet est une diatribe contre la démocratie comme mode de gouvernance, notamment pour cause des énormes disparités socio-culturelles au sein des population gouvernées, qui, d’après l’auteur, rendent la démocratie peu représentative, hésitante et inefficace.

    La phrase suivante y est symptomatique:
    « La bienveillante et muette retenue de nos gouvernants provoque une gêne ».

    Laissons ce cher Jan Marejko vivre un peu sous des gouvernants malveillants, vociférants et sans retenue. Le Zimbabwe, par exemple, lui ferait les pieds, tiens.

    Il nous en dirait des nouvelles.

  13. … « il n’a fait que du vent. »…
    Sûr qu’il en a décoiffé plus d’un !

  14. roturier

    Exact. Il y’a de ça.
    Ce qui n’enlève rien au talent. Pour écrire dans le style Céline il en faut.

  15. roturier

    Et fini par s’envoler.

  16. Loaseaubleu

    Je ne pensais pas a Céline

  17. Lector

    @ Lisa : c’est ce qui nous pend au nez : Etienne Chouard va même jusqu’à se demander s’il ne faudrait pas en passer par une dictature éclairée (!), qui balaierait tout… c’est le seul point sur lequel je ne le suis pas. Et pourtant, que préconisent les autres ? Ni plus ni moins que la banqueroute ou la guerre ! Voilà ce qu’ils ont dans le ventre ! Des trips ! Hallucinant non ?

    @Rotil : je comprends, comme j’enchevêtre l’antiphrase à l’assertion du premier degré… Pour vous éclairer : « bingo » n’est pas une figure de rhétorique quand Euréka l’est, j’aurais mieux fait d’inverser, Euréka faisant nos racines, et Bingo !, plus proche du sabir éco-saxon.
    Relisez les utopistes du 17ème ou bien allez écouter une conférence de Lordon ou de Chouard et dites moi s’ils vocifèrent ces deux là. Non, ils pensent ; ça change. Quant à cet article unwatch il ne tient pas la route voilà tout. Osez me dire qu’il n’existe pas de prédation économique, de soumission au diktat de « l’économie de marché », de discours politique qui veuille « remettre de l’humain »… que ce discours ne fait pas symptôme… et d’anachorète je me fais misanthrope, de centriste je deviens anarchiste.
    J’en ai simplement ras le bol qu’on nous bassine le cerveau avec le couple franco-allemand tout en lâchant nos racines grecques par exemple. La France n’est pas un pays du nord, elle est méditerranéenne, au sud de nulle part. Voire au centre de nulle-part : le TCE nous prive de notre droit de vote ; ratifier par Sarkozy contre la vox populi (sic) ! Ce qui met un terme à la démocratie représentative aussi imparfaite et perfectible fut-elle. Une fois de plus je répète : sans suffrage direct, où est la légitimité de ce pourvoir administratif ?!
    Relire le Château ou le Procès de Kafka. Revoir l’adaptation de Welles ou l’Europa de Lars Von Trier.
    Le logos est mort comme la camarde dans les camps ! La Faucheuse s’est fait damer le pion par la moissonneuse batteuse administrative européenne. Mario Monti légitime ? Barroso ?! Le José-Manuel durable ! Faut-il ressortir la guillotine?
    « There is a difference between wrong and right… but Billy said : both those words are dead » (Fulgurance de Lou Reed, le velvet underground produit par Warhol)
    Merci Chomsky ! Voilà pour la destruction du logos !
    L’économie maintenant, cette petite chose… oui, toute petite ! Les hystériques de la bourse ! Les experts… pfff ! Comment expliquer que votre serviteur, simple artiste-peintre se permette de doubler son capital en prenant position : ne suis pas expert… c’est le cinoche qui m’a instruit en l’espèce, « un fauteuil pour deux »… j’écoute, je regarde, je double ! Ni portefeuille ni petit porteur mais joueur de poker émérite voilà tout : j’ai l’oreille profonde à défaut d’absolue et je possède une très longue mémoire ; je sais lire.

    @Isa, ça viendra. Un « pourquoi Céline » par exemple, un Traité Constitutionnel Eurocrate, un midrash johannique… qui sait ?… mais la toile blanche m’appelle, me retient en son sein silencieux… mes toiles… sur la toile arachnide j’éructe, fais coches et suis prêt à moucher le morveux.

    @Roturier : la gouvernance aux poètes… comme en Inde, je ne sais plus quel siècle, un roi poète ; à retrouver dans « les joueurs d’échec » de Satyajit Ray ce me semble ; ça n’a pas tenu longtemps.

    @Impat. Par quoi remplacer une fausse démocratie ? Par une qui soit un peu plus véritable.

    @Loaseau Kravi et Roturier : mon habit est fait de pièces rapportées mais c’est le mien… disait peu ou prou Montaigne. Sinon, je suis gémeau, pas Janus.

    @Roturier 14:13. Brasser de l’air puis l’air de rien. Le portrait qu’en faisait Gaspar Proust : un illusionniste : « L’illusion de l’action dans l’angoisse de l’immobilisme » telle était je crois sa définition du bonhomme.

    http://www.leblogtvnews.com/article-la-chronique-de-gaspard-proust-hier-dans-salut-les-terriens-video-30-mars-116684522.html

  18. Isa

    Erreur l’oiseau: zéro faute.

  19. @Lector.
    Votre « @Roturier 14:13 » m’intrigue. Le seul à avoir commenté à 14:13 est Impat, pas moi.
    En revanche, mon 15:42 répond à Impat 14:13; d’où la probable erreur.
    Le contenu correspond d’ailleurs vu qu’il y’a question de brasseur d’air impénitent.

  20. roturier

    Qq1 en particulier?

  21. Lisa

    Ou le retour d’un Roi, ce serait bien…?

  22. Lector

    oui c’est ça… pour le 15:42, désolé; mais bon, vous aviez rétabli

  23. Lector

    on ne refait pas l’histoire… je reste républicain.

  24. Lector a volé la vedette avec sa vitupération, bravo ! Je n’ai pas tout compris non plus, mais d’accord avec Isa, il doit nous écrire des articles !

  25. « Volé » la vedette? Rien volé, a-t-il. (Did he, demandent les cousins d’outre-manche).
    Et puis, encore eut-il fallu qu’une vedette existât.

    Hasardeuse, ma concordance des temps.
    Mais faut vivre dangereusement.

  26. La vedette était l’auteur de l’article !

  27. kravi

    Peut-être y a-t-il un malentendu. Pour illustrer son propos, l’auteur mettait en question la candidature de Jean Ziegler au comité consultatif du conseil des droits de l’homme de l’ONU.
    Aux dernières nouvelles, la commission de politique extérieure du Conseil national a jugé inadéquat le soutien du Conseil fédéral au sociologue genevois par 12 voix contre dix et deux abstentions. La commission n’a qu’une voix consultative et la candidature de Jean Ziegler sera examinée comme prévu la dernière semaine de la prochaine session du Conseil des droits de l’homme en septembre à Genève. Mais rien n’est joué, et il est encore possible que Ziegler soit élu pour un nouveau mandat de trois ans.
    Au-delà du cas Ziegler, l’auteur voulait mettre en évidence le non-sens consistant à élire à des postes de responsabilité des tribuns manipulateurs et dépourvus de morale.
    La morale en politique ? C’est me semble-t-il l’interrogation de l’article.

  28. Désolé Kravi, ce texte partait dans tous les sens, au lieu de se concentrer sur Ziegler, il met le système tout entier en cause. Demon point de vue on ne peut interdire a priori les tribuns manipulateurs dépourvus de morale sauf à mettre gravement nos libertés en danger, j’en veux pour preuve la lamentable condamnation de Zemmour. Ce qu’il faut combattre c’est l’idéologie post-coloniale qui veut que tout soit pardonné à ceux qui se prétendent victimes du post-colonialisme, éviterons-nous le transfert des cendres de Vergès au Panthéon ? Cette idéologie des deux poids , deux mesures, celle-là même qui a poussé Hawkins à ne pas se rendre en Israël, est le véritable danger, c’est elle qui justifie que l’on puisse prendre partie pour Mungabe sans subir la hargne des chiens de garde, c’est elle qui fait qu’un Tariq Ramadan puisse se pavaner sur nos plateaux de télévision.
    La dislocation du logos enfin n’est pas le fait de la démocratie mais plutôt de la faillite de la philosophie a trouver les moyens de se constituer en science de la rigueur comme le souhaitait Husserl. La raison n’a finalement excellé que dans les sciences de la nature, pour le reste est s’est dispersée en une multitude de thèses et de théories, chacunes justifiant sa propre éthique (ou son absence d’ailleurs). L’éclatement du sens n’est pas imputable à la démocratie mais aux fondements mêmes de notre culture. Nous avons congédiés Dieu pour nous trouver confrontés à une multitude de petits dieux que sont nos égos.
    Je ne sais pas si nous pourrons retrouver un retrouver un sens commun (oui, j’ai osé) mais je me refuse à me plaindre du soliveau de peur que l’on m’impose une grue.

  29. Le Commun des mortels (votre serviteur en l’occurrence) se perd dans ces méandres labyrinthiques de l’administration (helvétique et onusienne).

    D’autant plus qu’il s’en fout, Commun. La spécifité helvétique de ce billet le laisse de marbre et l’ONU, ce machin, itou.

    Ziegler, en conséquence, idem. D’ailleurs Commun soupçonne que sa putative nomination à tel ou tel conseil est une sorte de mise au placard d’un emmerdeur. Propulsé en orbite aussi loin que possible, on ne l’entendra plus gueuler. De bonne guerre et on s’en contre-fout.

    En revanche, la thèse avancée, concernant la démocratie en général, intéresse Commun.

    Et il n’a pas l’impression qu’il s’agit de morale en politique (à moins de considérer que toute chose relève de la morale). Ni de tribuns populaires (populistes ?) propulsés en orbite.

    Cette thèse prétend à l’inefficacité intrinsèque de la démocratie pour cause des disparités profondes des populations gouvernées.

    Voir le 28/8 15 :52 de Roturier avec lequel Commun est parfaitement d’accord.

  30. kravi

    Certes, on peut s’en foutre.
    Je ne suis pas indifférent au fait que de tels salopards soient des haut-parleurs, voire des sources d’émission de messages profondément gauchis.
    Car ils ont malheureusement une influence profonde sur les courants de pensée qui animent vos Communs, par ce fait victimes — plus ou moins consentantes — de confusion des valeurs.

  31. Je ne m’en fous pas en tout cas pas plus que Roturier je crois…

  32. Lector

    Salut Tibor, entièrement d’accord (sauf que heureusement, Tariq Ramdam parait moins qu’il y a 10 piges -et là merci à Sarkozy qd même, aussi, j’veux dire entre-autres- quant à Zemmour, que j’aime bien, il en fait un peu trop, se fourvoie avec MLP et Ober-tone… désolé, mais vu qu’après un papier dans le Monde du temps du « détail », nous avons reçu des menaces de mort à la maison par courrier… ça vaccine à jamais, s’il était besoin… ce qui n’est pas le cas.)

  33. Lector

    pour éviter un malentendu : connais quasi pas ce Ziegler dont je comprends que l’auteur s’est mal chargé… auteur qui avance à mon sens quelques inepties notamment sur ce qu’est un tribun… le bon ou le mauvais ça c’est autre chose… vous faites donc bien de le ou les qualifier.
    La réponse de Tibor me semble parfaite quant au papier que vous avez relayé.
    Bien à vous. Lector.

  34. Lisa

    ? pas compris l’histoire des menaces, et je suis une curieuse alors je demande…

  35. kravi

    Le professeur Jean Ziegler n’a cessé de soutenir des dictateurs, passant sous silence leurs turpitudes au nom de leurs mérites «révolutionnaires». La Suisse a tort de soutenir sa candidature à la commission consultative du Conseil des droits de l’homme, plaide Fabio Rafael Fiallo dans Le Temps du 26 août 2013

    Cela fait un bail. Mais je me souviens quand même. Je me souviens qu’au milieu du siècle dernier, j’avais 5 ans quand mon grand-père disparut inopinément. «T’inquiète pas petit, papi est à l’hôpital, soigné pour une légère infection, mais il nous reviendra bientôt», me disait-on alors, comme pour apaiser mes craintes de ne plus le revoir.

    Je me souviens aussi que plus tard, grand-père de retour, il m’expliqua qu’en fait, ce n’était pas dans un centre de santé qu’il avait séjourné, avec d’ailleurs deux de ses frères, mais dans une prison immonde. Il m’expliqua également que ce n’était pas la première fois qu’il avait été incarcéré, qu’il lui fut arrivé de passer des semaines entières, voire des mois interminables, dans une cellule d’un mètre cinquante de long, une cellule plus petite que sa taille. Il m’expliqua enfin, les yeux rougis de colère et en même temps de fierté, la raison de ces emprisonnements: il refusait de collaborer avec la dictature qui sévissait dans notre pays en ce temps-là.
    Ma famille était, pour faire bref, une famille de dissidents. La dictature en question était celle de Rafael Trujillo, qui gouverna la République dominicaine de 1930 à 1961.

    Elle était de droite, cette dictature-là, comme celles de Pinochet et des généraux argentins quelques années plus tard. Mais ce qui est important, ce qui a marqué mon enfance et mon adolescence, et partant mes principes et mes valeurs, c’est que c’était une dictature. Une dictature ignominieuse, comme toutes les dictatures. Comme celles des frères Castro, de Mugabe, de Kadhafi ou de Mengistu. Une dictature, en somme, comme celles défendues et même louées par un citoyen suisse qui présente aujourd’hui sa candidature à la commission consultative du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.[c’est kravi qui souligne]

    Rien que par solidarité envers les enfants qui ont dû vivre le martyre d’avoir tel ou tel parent emprisonné, torturé, voire tué, dans les geôles des despotes soutenus par Jean Ziegler, et envers les enfants tués par un obus tiré à l’aveugle par un Hezbollah qualifié admirativement par Ziegler de «mouvement de résistance nationale», et envers les enfants utilisés comme boucliers humains par le même Hezbollah, rien que par solidarité envers tous ces enfants, donc, il faut s’insurger contre la malencontreuse décision du chef du DFAE de ne pas désavouer la candidature susmentionnée.

    Tout au long de sa vie de militant politique et d’expert en je-ne-sais-quoi, Jean Ziegler n’a cessé de se rallier aux plus terribles tyrans de notre temps pour peu qu’ils pussent être classés «progressistes», «tiers-mondistes» ou «anti-impérialistes». Toutes leurs turpitudes, tous leurs crimes passaient inaperçus dans l’esprit de Ziegler, quand il ne leur trouvait pas des circonstances atténuantes, voire des mérites révolutionnaires.
    Oui, c’est vrai, plus tard, trop tard, quand Mugabe avait déjà affamé l’ancien grenier de l’Afrique qu’était le Zimbabwe, ou quand Kadhafi était déjà un cadavre politique en déshérence, Ziegler a daigné prendre une distance opportune, qualifiant Mugabe de fou ou disant que si lui, Ziegler, avait su, il n’aurait pas serré la main de Kadhafi.

    Ah, bon? Ziegler, professeur d’université et bête médiatique, ne savait-il donc pas que Kadhafi était un bourreau et un assassin, cependant que le monde entier était au courant?

    Mais admettons un instant l’invraisemblable. Acceptons par simple hypothèse de travail que Ziegler n’était pas conscient de la nature criminelle du régime de Kadhafi. Si tel était le cas, il devrait alors être disqualifié pour incompétence intellectuelle à une fonction quelconque au sein du Conseil de l’ONU. Car comment dans ce cas pouvoir faire confiance à son jugement?

    Non, Jean Ziegler n’a aucune excuse valable pour échapper à la condamnation morale et au mépris intellectuel qu’il mérite de par ses contestables sympathies et amitiés avec les plus grandes crapules «tiers-mondistes».
    Voilà pourquoi s’abstenir de désavouer la candidature de Jean Ziegler à la commission consultative du Conseil des droits de l’homme serait pire qu’inapproprié. Cela salirait l’ONU. Cela salirait la Suisse.

  36. Voici le texte qu’Antidoxe aurait dû publier et qu’il devrait même publier. Merci Kravi, du fond du coeur !

  37. Impossible de savoir qui est ce type que je connaissais pas en lisant sa fiche dans Wikipedia

  38. Lector

    @Lisa à l’époque où JMLP avait dit que les camps étaient un détail de l’histoire de la 2ème guerre mondiale, l’un de mes parents fut cosignataire d’un article paru dans Le Monde… et de là… les gentils frontistes nous ont envoyé par la poste leur déclaration d’amour… Même en haussant les épaules, ça marque…

  39. D’où, Kravi, sortez-vous vos infos sur Ziegler? Et surtout la tonalité. Sources exactes et consultables SVP.
    Voici sa fiche Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Ziegler .

    Iconoclaste, contestataire, contesté et contestable sans doute. Mais aussi, entre beaucoup d’autres choses, membre du parlement fédéral suisse pendant 28 ans (!!!). Faut être élu et réélu à répétition pour ça; l’homme ne peut pas être sans qualités.

    Soutien à Kadhafi? Parlons-nous bien du même Kadhafi invité royalement par la France (Sarkozy…) en grandes pompes avec sa tente bédouine, ses « Amazones » et son cirque? Avant d’être lynché grâce à l’aviation française (sinon des agents se trouvant par hasard, opportunément, dans les parages…)?

    Sans oublier Bachar, ayant assisté au défilé du 14 juillet à Paris aux côtés de Sarkozy…

    Ziegler était-il le seul à avoir ce genre de fréquentations?

    Le reste est à l’avenant.

    Même si ses options idéologiques et politiques me donnent des boutons.

    Faire une projection (cela s’appelle comme ça, ne-ce-pas, Kravi, dans votre jargon pro) de vos propres souvenirs personnels et familiaux latino-américains sur Ziegler le Suisse, étranger à tout ça, n’ayant jamais mit les pieds à Ciudad Trujillo, étant certainement farouchement opposé à ce régime, est, de loin, trop subjectif et hors sujet ; irrecevable ; no passaran.

    D’ailleurs, contradiction: si votre histoire familiale vous conduit à la méfiance à l’égard de la dictature, je rappelle que le billet prêche une méfiance à l’égard de la démocratie. Pourtant c’est vous qui l’apportez.

  40. Rotil

    Bonjour roturier,

    J’ai déjà retrouvé cet article

  41. kravi

    Roturier, il ne s’agit pas des souvenirs de mon enfance. Vous avez dû sauter le premier paragraphe de mon 17:45. C’est Fabio Rafael Fiallo qui parle, dans Le Temps du 26 août 2013. [Ma famille paternelle vient d’un tout autre point du monde , mais là n’est pas la question.] Ainsi, les jugements à l’emporte-pièce de votre avant-dernier paragraphe, pour être lapidaires, n’en sont pas moins sans objet, en quelque sorte « subjectif et hors sujet ; irrecevable ; no pasaran ».
    Concernant Ziegler. Je ne ferai pas l’insulte à l’homme de science que vous êtes de rappeler que Wikipedia n’est pas une source fiable. Vous vouliez des sources exactes et consultables, bonne lecture.
    http://philosemitismeblog.blogspot.fr/2011/10/45-ong-veulent-une-enquete-sur-les.html
    http://jssnews.com/2011/12/05/jean-ziegler-l%E2%80%99ennemi-onusien-d%E2%80%99israel-mis-dans-l%E2%80%99embarras-par-deux-militants-juifs-des-droits-de-l%E2%80%99homme/
    http://pierreweiss.blog.tdg.ch/archive/2013/08/14/jean-ziegler-amnesique-ou-menteur-en-tout-cas-disqualifie-po.html
    http://pierreweiss.blog.tdg.ch/archive/2013/08/19/affaire-ziegler-suite-et-pas-fin-les-usa-s-opposent-245721.html
    Que Sarkozy ait invité Kadhafi et Assad n’a rien à voir avec le sujet sur le Hessel helvétique.
    Quant à la démocratie, je partage l’opinion de Churchill. Mais, à l’instar de Jan Marejko, je la trouve fragile et menacée. Plus exactement, je pense qu’elle est trop précieuse pour qu’on lui fasse courir les risques du populisme, des hommes providentiels ou de l’ochlocratie.
    Est-ce plus clair ainsi ?

  42. Souris donc

    Les Suisses ne cessent de m’étonner. Ils ont 3 langues mais parviennent à organiser des consultations directes. Leur votation contre les minarets hante toutes les mémoires. Maintenant ils sont en train de se protéger contre les hordes barbares déferlant… d’Annemasse. Au risque de rendre les choses plus difficiles aux frontaliers qui travaillent à Genève.
    Les racailles des cités d’Annemasse se sont avisé qu’il y avait de fructueuses razzias à faire en cette prospère ville et se sont distingué par quelques incivilités comme ils savent faire. S’imaginant trouver l’habituel laxisme occidental qu’il suffisait d’activer par une piqûre de rappel de la dette coloniale assortie d’une intimidation victimaire à base de racisme nauséabond. Sauf qu’ils ont mis le feu au lac et du coup, le Français inspire la méfiance en Helvétie et est nettement moins recherché comme travailleur migrant.
    Ziegler s’est construit une notoriété sur le lave plus blanc des banques suisses. Si j’ai bien compris, c’est devenu le Mélenchon helvétique. De là à crier à la mosaïque de l’infini diversité qui rend impossible l’exercice de la démocratie, chacun pourra compléter à sa guise, moi, je souscris à une chose :
    …C’est alors que les démocrates au pouvoir, comme François Hollande entre autres, prétendent être de grands arbitres. […] Reste que cette jungle est bien pratique comme prétexte à ne rien faire.

  43. Souris donc

    Le tropisme de certains politiques, avocats, universitaires occidentaux vers les dictatures, le fric et les mic-macs est surprenant.
    Roland Dumas et Jacques Vergès bras dessus bras dessous en direction de Kadhafi, Charles Debbasch, LA référence en droit administratif français, qui, quand ça commence à chauffer du côté de la Fondation Vasarely, s’en va faire le conseiller au Togo. Et Ziegler.
    Sur la chaine parlementaire hier soir, un reportage sur la franc-maçonnerie en Afrique : tous les chefs d’Etat, tous, entrant en loge avec les attributs chamarrés, le collier et le tablier (pas loin des attributs de la danse tribale), flanqués de quelques blancs : savoureux.
    Si quelqu’un retrouve la vidéo de Kadhafi à l’ONU se torchant ostensiblement de la charte, un grand moment aussi.

  44. Mille excuse, Kravi 08:34, mais relisez votre 29/8 17 :45. Rien ne permet de supposer que vous citez Fiallo. Aucune trace de guillemets ni de deux-points et votre texte est sur le mode du « JE », à la première personne du singulier. J’étais fondé à penser qu’il s’agit de vous.

    Ne hantant ces lieux qu’à partir de juillet 2012, je n’avais jamais lu votre http://antidoxe.eu/2012/02/20/411/, fort intéressant d’ailleurs. Je pouvais donc légitimement vous croire des origines (géographiques, s’entend) latino-américaines.

    Dans l’absence de guillemets de fin, serais-je fondé à penser que l’ensemble de votre 29/8 17 :45 est une citation de Fiallo ? Rien de Kravi perso ?

    Naturellement, mes commentaires, notamment les psychologisants sur la « projection » (= »transfère » ?) sont de ce fait nuls et non avenus vous concernant. Je plaide donc des circonstances atténuantes.

    En revanche, dans ces conditions ma ligne de défense est toute trouvée : mon 00 :56 s’applique à l’auteur du texte. Donc, en l’occurrence, Fiallo. Cité par Kravi.

    Wikipedia ? On pourrait presque en dire ce que Winston disait de la démocratie. Pas dupe de la fiabilité, je préfère quand même un monde avec que sans.

    Je lirai vos liens avec attention et ne manquerais de vous faire signe si utile.

  45. Souris donc

    Lector est insomniaque. La nuit, les défenses du rationnel et du convenable tombent, et il a une tendance à l’association d’idées. Et cette écriture fascinante, j’appelle ça rubato. Longtemps, j’ai cru que ça signifiait « phrasé rugueux », en fait, ce sont des libertés prises avec le tempo, les attaques, la pulsation et la pédalisation, et rendent l’interprétation plus expressive. Mais rugueux continue à me plaire, l’exécution moins lisse, moins polie, plus imprévue.
    Pour en revenir à son rapport au papier, Lector n’argumente pas au sens « disserté », il procède par télescopages et coqs à l’âne.
    Comme Roturier, je retiens de son intervention une charge contre le libéralisme bien tempéré des experts convoqués sur les plateaux, contre lesquels les tribuns réinvestissent le verbe et l’utopie. Mais en nous emmenant chez Kafka.
    Mais non, il n’y a pas de diktats économiques, ni d’oppression économique, aucun marchandage, de l’indépendance à gogo et du fric plein les fouilles dans ce qui n’est plus du tout une démocratie mais un château administratif totalitaire

    Je ne sais pas, pour ma part, pourquoi Lector se tourne vers Léo Ferré, libertaire et réac sur le tard. Mais très réac. Faudrait retrouver l’archive de l’INA.

  46. kravi

    Vous avez raison, l’absence de guillemets pouvait induire en erreur. Rien de kravi perso sinon mon souligné en gras.
    Petite remarque sur mon propre papier : je n’aurais jamais choisi un titre pareil. Je trouve inapproprié au texte et insultant. Je ne l’ai découvert qu’à la parution, avec quelques retouches que je n’aurais pas acceptées.

  47. Vu vos liens, Kravi 08:34; ainsi que celui de Rotil 08:31.

    Pour la question Ziegler je souhaite évidemment qu’il prenne cette retraite due depuis longtemps et que l’on n’en parle plus. Pas perdu puisque la Suisse doit encore décider et ne peut être indifférente à la campagne anti-Ziegler qui bat tambour ; normal.

    Cela dit, vos lectures (liens) ne sont pas tous du même acabit. Certains sites pratiquent une propagande simpliste qui, me semble-t-il, se tire, in fine, une balle dans le pied.

    Histoire d’éviter des apartés « communautaires » qui indiffèrent certains ici et en énervent d’autres, j’en resterai là.

  48. Isa

    Je crois bien Roturier que ça vous énerve vous, essentiellement.
    Je viens d’aller faire un tour dans l’asile , les choses ne s’arrangent pas.
    Deux mois plu tard, les dentiers bredouillent les mêmes inepties et je n’ai toujours pas compris l’immense haine contre le site confidentiel d ‘Antidoxe, dont le représentant serait Ska qui est insulte d’une façon totalement inadmissible.

    Pour en revenir au texte, je continue a penser que la démocratie est le moins mauvais des systèmes et que Ziegler n’est pas meilleur qu’un Verges.
    Ils vont bientôt tous se retrouver, Hessel les guidera.

  49. Les apartés me gênent, Isa. Même si je suis dedans.
    C’est comme parler une langue étrangère en petit comité alors que des gens autour entendent et n’y comprennent rien.
    Question de courtoisie plutôt qu’autre chose.

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