Le Roi ? Et comment ! (2/2)

Rue des Rois

On aura vu, dans une précédente livraison, ce qui peut  mener à restaurer l’idée d’une monarchie comme étant la forme de gouvernement apte à éviter bien des désagréments à notre peuple.

Sens de la durée, préparation lente et soignée à l’exercice de la fonction,  strict respect de la neutralité politicienne, connaissance approfondie de la réalité d’autres pays et continents etc.

On ne devient pas roi comme un Jean-Bedel qui s’endort sous-officier et se réveille Empereur, ou le petit corse qui se couronne lui-même.

Bref, on a imaginé que certains, lisant la fournée d’avant l’été, trépignent en attendant celle-ci. Soit qu’ils aient été intéressés par l’idée, soit qu’ils attendent l’imprudent scribouillard au coin du bois avec l’escopette chargée à mitraille.

« Voyons, marmonnent-ils dans leur barbe postiche, si le téméraire rackam sera aussi à l’aise dans le « comment ». Non qu’il l’ait été dans le pourquoi, mais gageons que l’affaissement de la pensée sera au rendez-vous ! Alors nous pourrons nous rendormir républicains, paisibles, repus, et nous faire tirer du lit par le clairon du désordre, de l’émeute, de la défaite… »

Je me lance donc, et tant qu’on ne  me demande pas « Qui ? », « Quand ? » je ne désespère pas d’échanges animés et  courtois. Utopiste jusqu’au bout…

Un peuple ignore souvent ce dont il a besoin.

 Rien que ce sous-titre suffit à vous  mener devant le peloton. Il est de bon ton, depuis les Lumières, ces lamparos qui ont fasciné tant de fretin, de louer la sagesse du peuple, sa science de ce qui est bon pour lui. Et c’est inexact. Un peuple (si on accepte le mot mais il est sujet à dissection avant que de le définir) sait, au mieux, ce dont il a envie, hic et nunc, mais se montre extrêmement peu lucide quant à ce qu’il lui faudrait pour les années à venir.

Même lorsqu’il congédie un gouvernement comme une bonne indélicate, il ne sait pas très bien pourquoi. Un peuple électoral a surtout des humeurs. Or, elles sont de bien mauvais conseil pour bâtir dans la durée. Demandez à un couple de soupe-au-lait.

Déjà, pour se soucier de ses propres enfants, de leur avenir à long terme, un père manque de hauteur de vues, mais pour ce qui est des enfants des autres…

Deux fléaux aggravent ce fait ancien : la consommation de masse présentée et vécue comme une chance, et l’overdose de media qui anesthésie le sens critique, comme un médecin qui saurait mieux que vous où vous avez mal, et vous prie de le croire au lieu de faire confiance à vos sens.

Les media ont besoin de conflits, de polémiques, de perdants et de gagnants, alors que l’homme a besoin de paix, d’amitié et d’amour.

La politique et le sport entretiennent ce climat de compétition vaine et pleine de ressentiment, qui donne le vertige du pouvoir à qui peut faire perdre, sans que nul n’y gagne rien.

Un peuple a besoin de se situer dans le temps long, que ce soit le passé ou l’avenir. On vit, en France, une période de dénigrement du passé et de terreur larvée devant l’avenir. Donc, vivant dans l’instant, le peuple est docile, craintif, prompt à s’échauffer pour se donner l’impression qu’il compte. Mais les institutions et leurs représentants, faisant mine de mettre en œuvre la volonté du peuple, se livrent à bien d’autres jeux dans lesquels ce dernier n’a pas sa place.

Comment redonner au peuple le destin qu’on lui confisque, au prétexte qu’il aurait « voté » là-pour ?

En coiffant la pyramide des pouvoirs d’une institution qui a le temps pour elle, qui vient de loin et « assume » le passé, qui n’est jamais soumise au choix, au vote, au veto, aux referenda.

En ces XX et XXIe siècles, un roi est celui qui peut, par sa liberté et sa responsabilité, par son éducation et son réel souci de son peuple et du devenir de celui-ci, empêcher les révolutions, signaler les dérives court-termistes, veiller à l’intérêt du plus grand nombre, rappeler la dignité des petits, encourager l’admission des méritants et des vertueux aux places de décision. Sans clientélisme électoraliste, sans allégeance à un clan ou l’autre, sans autre souci que de mener son peuple (constitué de morts, de vivants et de pas-encore-nés) à la paix, à la satiété, à l’estime de soi, à la bienveillance à l’égard des autre peuples, à la liberté etc.

Échec aux rois.

 Au-dessus des trois pouvoirs traditionnels, doit se mettre en place un  pouvoir de « Bien Veillance » qui voit loin, vit parmi le peuple, parle, consulte et travaille. Son horizon c’est le Bien, son métier est de veiller. Les échecs de certaines monarchies européennes sont toujours liés au fait qu’on (mais qui est ce « on » ?) a cantonné les familles régnantes dans des rôles et des apparats factices. Ainsi les élus peuvent-ils faire comme si nul ne veillait « au-dessus » et se prendre pour le summum de l’intérêt général.

Quel que soit leur score, ces élus sont minoritaires de fait, ils ne représentent qu’une fraction du peuple (qu’on ne peut résumer à l’électorat ni aux votants) et s’évertuent non à rendre les services qu’on en attend (et auxquels ils se sont engagés) mais à tenter d’être réélus : la démocratie n’a cure que de sa prolongation, la monarchie du très long terme.

Mais si l’on entoure les monarques d’une cour, d’une étiquette, de précautions de duègnes vétilleuses, on finit par les couper du réel. Ils finissent par collectionner de vilains petits chiens, à l’abri de châteaux qui suintent l’ennui et la neurasthénie. La mort y rôde, ricochant de scandale en scandale.

Le roi (entendez aussi bien la reine) doit vivre parmi le peuple, non comme un président qui ne visite que des réalités cosmétiques, mais comme un maire qui réside parmi ses administrés, évite les mêmes déjections canines, mange le pain que vend le boulanger, vibre aux exploits d’un club de rugby local, parcourt sans herse gendarmesque les marchés de Noël, reçoit sans filtre ni cabinet les citoyens qui font appel à lui.

Saint Louis rendant justice sous le chêne de Vincennes, ça vous a plus de gueule que Hollande se faisant servir  des flatteries sur canapé par une Chazal émoustillée d’être seule avec Son Immajesté !

Le faste républicain existe bien, et l’argument selon lequel la monarchie impliquerait dépenses excessives et cour nombreuse n’est qu’un leurre.

Les peurs des profiteurs du régime actuel et leurs mises en garde contre l’idée de monarchie tiennent plus de fables et de maintien des privilèges que d’une saine appréciation des possibles.

Bref, les raisons de ne même pas se poser la question du Roi sont de l’ordre de la superstition.

Le Roi ? Et comment !

Dès lors, qu’elle prenne une forme parlementaire ou non, laissant le pouvoir de gouverner aux corps intermédiaires les mieux placés pour servir le peuple, la monarchie se situe ailleurs, au-dessus, avec pour mission de voir  loin et de vivre près.

Probablement plus dans une grande maison qu’une chaumière. À peine plus grande que celles où s’ébattent nos ministres.

J’avais annoncé que la question « qui ? » ne serait pas traitée, je me dédis un brin. Si l’on comprend bien que la nature « sacrée » (évanouissements massifs chez les lecteurs) de la fonction est essentielle (le peuple a besoin de respecter, de se sentir appuyé sur des valeurs éternelles dans le ressac des événements…) il convient de désigner un homme (une femme) qui soit préparé à cet exercice. Par l’éducation (qui n’est pas seulement le fait de professeurs mais d’une famille, d’une tradition), le travail, les rencontres, les échanges avec d’autres souverains ou chefs d’état.

Et pour enfoncer le clou qui fait si mal, oui, une lignée est préférable à toute autre système. On sait qui règnera à la suite du Roi en place, on le connaît, on le voit, il nous voit, il vit parmi nous etc.

Ensuite, que les frileux, les prudents, les sages mettent en place tous les garde-fous qu’il veulent,  une Constitution doit définir les rôles, garantir les libertés (mais il n’y a aucune raison qu’un pouvoir monarchique se montre plus  liberticide qu’une bonasse république bananière), un vote annuel de la « cassette », comme le budget de l’Elysée, doit avoir lieu.

Évitons-nous de nous diviser davantage, notamment en votant tous les cinq ans pour désigner celui ou celle qui ne pourra être que partisan, tenu par des alliances douteuses, préoccupé de sa réélection.

Coiffons l’état d’une fonction respectable, durable, immune à l’égard des coteries et clans, soucieuse du bien commun, reconnue pour sa capacité à voir le temps long, même dans les soubresauts de l’instant.

Je ne vois qu’un Roi qui puisse rassembler le peuple de France, qui en a tant besoin, pour affronter défis et menaces, exprimés ou à venir.

La monarchie est le système du futur.

92 Commentaires

  1. On se sent presque convaincu à la lecture de ces excellents arguments. Et puis on se dit que c’est trop facile, car plus ou moins consciemment on compare l’éventuelle présence monarchique décrite par l’auteur à la réalité actuelle de la France et de son président. Alors évidemment… !
    Mais quand nous avons un vrai président, il est plus difficile d’envisager une autre « formule ».
    Cela dit, justement l’auteur émet l’idée qu’un roi, de par sa formation, aurait davantage de chances de se comporter en bon gérant du temps long. Néanmoins, davantage de chances, ce n’est pas une garantie…
    Où pourrait-on trouver la formule magique ?

  2. Rien n’est magique, impat. Nous restons des hommes avec nos balourdises et nos petits calculs.
    Mais certaines choses sont sacrées, elle aident à trier le reste.

  3. Rackam,… « certaines choses sont sacrées »…
    Oui, et je veux bien croire avec vous qu’un roi assurerait la pérennité et la qualité de ces choses mieux que ne le ferait un président, même un bon.
    Mais si le roi malgré sa formation s’avère nul, ou se laisse atteindre par une passion malfaisante, et que par une procédure à définir il finit par être destitué, alors il entraîne avec lui, outre sa propre humiliation, l’outrage envers ces « choses sacrées ». Et c’est plus grave que la révocation d’un président qui n’entraîne avec lui que son costume.

  4. Florence

    Beau plaidoyer Rackam.
    Comment un monarque pourrait-il avoir cette fonction différente des monarchies européennes (qui ont un petit côté ridicule avec leurs frasques relayées par les journaux à scandales) ?
    C’est une question sincère. Je ne demande qu’à être convaincue.

  5. QuadPater

    Impat, Rackam indique que les garde-fous sont compatibles avec la monarchie. Si un élu devient inapte en cours de mandat (mettons qu’il lui pousse un 3è chromosome 21, par exemple) des sécurités permettent de l’écarter du pouvoir. Le Roi c’est pareil. Enfin moi je l’entends ainsi.
    ——
    J’ai lu ce texte en poussant nombre soupirs.
    Rackam vous parlez de durée, de hauteur de vue et vos lecteurs sont eux aussi « en haut » en tentant de déflouter l’image d’une monarchie française.
    Cependant mon pauvre petit esprit ne sait pas naviguer longtemps en milieu stérile. On me tape sur l’épaule pour me rappeler que la polémique vedette de la semaine tourne autour du vote (Fillon propose de voter pour le moins sectaire en cas de choix PS-FN aux municipales).
    Si c’est dans ces bagarres d’ivrognes humiliantes que s’enlise la démocratie il est loisible de s’interroger sur la réalité de la liberté qu’elle nous apporte.

    Impat, je n’ai pas vos réticences. Très touché par la crise, je ne vois plus de lien entre le bulletin dans une urne et l’espoir d’une amélioration. L’objectif d’un élu est de se faire réélire. Enlevez cette angoisse de la prochaine élection à un homme public, peut-être regardera-t-il au-delà ? peut-être…

    Allez. Seul un changement de système serait capable de me rendre enthousiasme et espoir. Rackam vous avez mon accord pour mettre en œuvre votre roiterie. (royauté ? monarchie ? monarchisme ?)

  6. Le vase est brisé, sur quelle légitimité se constituerait un tel régime ? Par ailleurs de l’autre côté de la Manche les frasques de la famille royale montrent que les rois en dépit de leur éducation se comportent mal, l’un deux a du abdiquer il y a moins d’un siècle, c’était un sympathisant nazi ! Et que Dieu préserve l’Angleterre de Charles l’écolo fou et sa Triweler royale (si je puis dire). Le retour du Roi (je n’en rate pas une), c’est mettre la charrue avant les boeufs, où est le sacré qui le sacre ?

  7. Quad,… « plus de lien entre le bulletin dans une urne et l’espoir d’une amélioration. L’objectif d’un élu est de se faire réélire…. »…
    Oui, mais ce que propose Rackam est une monarchie du type constitutionnelle où le roi incarne la nation et sa continuité mais ne gouverne pas. L’espoir d’une amélioration par les urnes ne serait donc ni moins ni plus fort qu’aujourd’hui en matière de politique quotidienne.

  8. Quad, Rackam,
    Quad écrit « vous avez mon accord pour mettre en œuvre votre roiterie »…ce qui pose une autre question pour le moins primordiale. Il s’agit de la France, mais aussi des Français, lesquels sont abreuvés depuis leur tendre enfance des mérites exclusifs de leur révolution et de la drogue « égalité ». Par quelle méthode envisageriez-vous de les convaincre ? … à 50 % en plus de Quad ?

  9. Impat,
    il y a une sacrée vache sacrée à dégommer d’abord, mais elle est en train de calancher seule: c’est l’idéalisation de la république. Elle a fait ses preuves en tant que super diviseuse de la Nation, de régime des combines et des affaires (voir à nouveau le fils Fabius, les petits Touraine etc.).

    Par ailleurs, lorsqu’on sonde les électeurs sur leur personnel politique, ceux qui récoltent satisfecit et reconnaissance sont les maires. Ils vivent parmi leur électorat. Ce que députés et sénateurs se gardent bien de faire. La légitimité des urnes est une farce triste.
    Skarda, vos oeillères vous empêchent de respirer, remontez-les. Qui parle de retour? C’est une monarchie nouvelle, inventée pour ce siècle et les prochains dont je parle. Copier est stupide, ni sur un autre pays ni sur le passé!
    Pensez au lieu de vous souvenir! Fichtre!

  10. Rackam,… « elle est en train de calancher seule »…
    Dans l’esprit des Français, je ne crois pas. Ou pas encore. Nos compatriotes ne lient pas « les combines et les affaires » à la république. Ou pas encore (bis).

  11. sausage

    Pourquoi suis-je gêné à la lecture de ce texte, bien que je partage le constat et les préconisations de l’auteur ? Parce que j’ai le sentiment que la démocratie n’admet pas de retour en arrière, qu’elle est incompatible avec la notion de remise en question dans la mesure où l’idéal recherché n’est pas « un meilleur bien » (plus de liberté, d’égalité, etc.) pour le peuple mais la démocratie tout court, « plus de démocratie » (comme si l’on pouvait quantifier). Le régime politique dans lequel nous vivons se substitue à nos idéaux. Et ce n’est pas nouveau, c’est comme ça depuis le début (déjà Louis Philippe, roi des Français, en 1848 : « la République a de la chance, elle peut tirer sur le peuple ») !
    Donc moi je veux bien tout ça, mais il faut repartir à zéro. On ne change pas de régime politique comme on change de république.

  12. Cher Rackam,
    quelles oeillères ? Simple constat, qui serait Roi ? À quel titre ? Qui serait le fier Sicambre, devant qui et quoi courberait-il la tête ? Qu’adorerait-il ? Que brulerait-il ?
    Le vase est brisé vous dis-je, et là est bien le problème, retrouvons le chemin du sacré, là est la base de toute chose, et je ne vois pas comment nous pouvons retrouver ce chemin. Un tel changement suppose un terrible cataclysme, faut-il le souhaiter ?

  13. Florence

    Nous invitez-vous à faire preuve de créativité ?

  14. Il me paraît intéressant de rappeler que la restauration monarchique est une idée certes surprenante mais qui n’a rien de farfelu ou d’anachronique.
    Certains d’entre nous peuvent avoir des arrière grands-parents ayant été de ce monde lorsque le parlement français a encore débattu d’un retour de la monarchie, et a failli l’adopter. Les arrière grands-parents, ce n’est pas la nuit des temps…

  15. Florence,… « Nous invitez-vous à faire preuve de créativité ? »…
    J’espère bien que Rackam répondra par l’affirmative.

  16. sausage

    L’arrière grand-père d’une tante (encore en vie) était né sous Louis XV. Ça fait voyager.
    En revanche, une restauration monarchique m’apparaît clairement déconnectée, farfelue, anachronique… ce que vous voudrez. D’un autre côté, je reconnais avoir très peu d’imagination.

  17. Sausage,.
    .. « avoir très peu d’imagination. »…
    C’est vrai qu’il en faut un peu. Autant que pour imaginer la république en 1788.

  18. Guenièvre

    @ rackam,
    Quitte à vous décevoir je ne trouve rien qui puisse vous valoir le peloton , ni même rien qui dénote une « pensée qui faiblit » dans votre texte. Si vous pensiez vivre dangereusement ici c’est raté ! 🙂

    Je ferai seulement quelques remarques si vous le permettez :
    « Un peuple (si on accepte le mot mais il est sujet à dissection avant que de le définir) sait, au mieux, ce dont il a envie, hic et nunc, mais se montre extrêmement peu lucide quant à ce qu’il lui faudrait pour les années à venir . »
    Je suis d’accord, mais hormis sous la plume de quelques écrivains, je ne crois pas que l’on ait loué « la sagesse du peuple », comme cela, sans conditions. On a tout de suite pensé que ce peuple devait bénéficier d’une éducation pour pouvoir se diriger correctement.
    « Je demande que, sauf les modifications nécessaires, vous décrétiez qu’il y aura des établissements nationaux où les enfants seront instruits, nourris et logés gratuitement, et des classes où les citoyens qui voudront garder leurs enfants chez eux pourront les envoyer s’instruire. »Danton, discours à la Convention Nationale, le 13 août 1793.

    Que l’on ait ensuite largement surestimé l’efficacité de cet enseignement est une autre histoire…

    « la monarchie se situe ailleurs, au-dessus, avec pour mission de voir loin et de vivre près. »

    Pourquoi pas mais là je suis d’accord avec Sausage et Skarda, je ne vois pas comment, à moins d’un cataclysme, il pourrait y avoir un retour en arrière : la transcendance ne se décrète pas. Toutes les instances qui ont pu, un instant, se substituer au souverain ( la Nation, l’Etat ) ont, pour des raisons historiques, été délégitimées, elles ont failli. D’autres recherches de filiation ont amené des dirigeants totalitaires ( le Fuhrer, le Petit Père des Peuples) et des expériences sanglantes. Aujourd’hui, chacun veut être son propre souverain et celui qui prétendrait assurer une autorité sur tous apparaîtrait, au mieux comme un usurpateur, au pire comme un tyran.

  19. Sausage,
    merci pour votre passage ici. Je ne suis pas dans une optique de Restauration qui fleure toujours peu ou prou la revanche. Comme Florence, je suis à la recherche d’idées nouvelles. Au service du Bien Commun.
    Les idées neuves font cruellement défaut dans notre univers de pensée où les interdits sont si nombreux qu’on en vient à s’en vouloir de réfléchir.
    Ayant un peu accompagné les Veilleurs-marcheurs cet été, je tire ce constat de leurs travaux. Leur but étant de revivifier la pensée. Par des lectures, des échanges, l’écoute de personnes aux avis divers, et surtout le plaisir d’avoir passé un moment de rencontre vraie avec des tiers venus de partout.
    La Bien-Veillance, dont je crois avoir trouvé le mot par moi-même, vient de là.

  20. Guenièvre,… « celui qui prétendrait assurer une autorité sur tous apparaîtrait, au mieux comme un usurpateur, au pire comme un tyran. »…
    Mais je pense que disant cela, qui est vrai, vous ne vous situez pas là où Rackam nous emmène. Le roi dont rêve Rackam ne revendique pas l’autorité, il assure en l’incarnant la continuité de la nation.

  21. Beaucoup d’entre nous ont, je crois, l’esprit déformé par nos livres d’Histoire qui ont assimilé monarchie et tyrannie.

  22. Guenièvre

    Non, je n’assimile pas Impat, je tiens compte de mon expérience d’enseignante en particulier. Aujourd’hui l’autorité – je parle bien d’autorité et pas du tout d’autoritarisme – n’est plus acceptée. On n’accepte plus d’être guidé par quelqu’un qui sait – ce serait bien cela le rôle du roi chez Rackam ? parce que toute autorité est vécue comme illégitime ..

  23. Guenièvre,… « guidé par quelqu’un qui sait – ce serait bien cela le rôle du roi chez Rackam ? »…
    Je n’ai pas ce sentiment, mais ne sachant pas sonder les cœurs je laisse l’auteur vous répondre.

  24. Guenièvre,
    « Sagesse et Autorité », vous avez trois heures.
    Le Roi ne « sait » pas il sent, il vit, il collationne, il incarne une Sagesse qui dépasse le savoir, la compétence.
    Il n’a que la compétence du coeur. Il n’y a pas de diplôme pour celle-là, mais il faut avoir vécu, écouté, cheminé, réfléchi, essayé etc.
    L’humain, plus que le politique, est le jardin du Roi.

  25. Souris donc

    L’article de la FAZ que j’avais traduit montrait que la plébéienne socialoperie ne dédaignait pas faire le coucou dans les ors légués par les rois de France. C’est ainsi que commencent les dynasties. François et Ségolène (Royal, soit dit en passant) ont quatre enfants, le dauphin est tout trouvé, c’est Thomas Hollande. Mou Président deviendrait François III et son fils Thomas 1er . On a aussi la Favorite.

  26. … « L’humain, plus que le politique, est le jardin du Roi »…
    Quel subtil avocat, ce Rackam : Guenièvre va venir y planter des roses.

  27. sausage

    « C’est vrai qu’il en faut un peu. Autant que pour imaginer la république en 1788. »
    Impat, à propos de l’imagination, je ne suis pas sûr qu’elle tienne un si grand rôle que ça dans le cas de la Révolution française. Il s’agit d’un processus politique dont on discerne assez bien les enjeux, leur évolution à travers les siècles et les pays, ainsi que les acteurs. La verve républicaine a su la présenter de manière avantageuse ensuite, aujourd’hui elle ne sert plus qu’à encourager un mythe, ce qui nous ramène à cette mystification, cette supercherie dont nous faisons l’amer constat.
    Rackam, je ne suis pas contre les « idées neuves », bien au contraire. Mais j’essaye juste de contextualiser l’idée d’un retour à un régime monarchique. Disons que je la classe au même rang que Thélème ou le phalanstère. Elle a le mérite de nous apporter un éclairage nouveau et de guider nos pensées, malheureusement nos actes ne sont pas synchronisés. C’est la grande leçon politique de nos sociétés, l’action prime sur le reste (la culture notamment).
    Autrement dit, je pense qu’au fond de leurs coeurs, les français seraient majoritairement favorables à un régime comme celui décrit dans vos textes. Mais la marge de manoeuvre est nulle car la dimension politique ne prend pas en compte ce qu’il y a dans nos coeurs. Au mieux, elle s’arrête aux idéaux, pourvu qu’ils ne soient pas travestis.

  28. Souris donc

    Coiffons l’état d’une fonction respectable, durable, immune à l’égard des coteries et clans, soucieuse du bien commun, reconnue pour sa capacité à voir le temps long, même dans les soubresauts de l’instant.

    Le court terme électoral n’est pas éliminé, puisqu’on vote dans les monarchies constitutionnelles pour le premier ministre et les députés. Le Royaume-Uni connait des problèmes pires que les nôtres. En cas de coup dur, le seul exemple récent (à ma connaissance) où un roi a sauvé la situation fut Juan Carlos aux Cortès, déjouant un putsch franquiste.

    Et la seule monarchie où les sujets sont prospères et contents de leur sort est le Luxembourg : paradis fiscal patenté, domiciliation de holdings, siège d’institutions européennes, producteur de donneurs de leçon sans vergogne (mais avec humour) comme Jean-Claude Juncker.

    Le Grand Duc donne au pays un « sentiment d’unité » (c’est sur leur site officiel) il a des attributions aussi vagues que « veiller au bien-être », mais le moindre de ses écrits doit être contresigné par un membre du gouvernement.

    Conclusion :

    Paris, capitale de la Pédale (selon notre bon Nouratin) et du sentiment d’insécurité,

    Luxembourg, capitale du Vivre-Ensemble, mais dans la prospérité pas trop regardante sur les moyens.

  29. Ah! les rationalistes que voilà!
    Comme ils se précipitent sur le  » c’est pas possible »!
    Où sont les poètes, les jardinières, les contemplatifs, les rêveurs, les téméraires, les insatisfaits et tous les autres?
    « Je crains, disent les frileux, que les circonstances ne soient pas favorables. »
    Elles ne le sont jamais pour le sursaut et presque toujours pour l’abandon.
    Pour l’heure pensons, goûtons, rêvons, ensuite on verra si l’on procède comme ci ou comme cela.
    Les orientaux sont décidément plus encourageants pour la recherche, ils rêvent et ruminent longuement avant de passer à l’action. Mais alors, ils vont très vite.
    Nous mettons soigneusement au point des raisons de ne pas réfléchir, puis de n’agir pas, enfin de râler parce que rien ne change, sauf nous-mêmes qui devenons acariâtres.
    Creusant notre tombe nous nous préoccupons de mourir spirituellement longtemps avant la mise en bière.
    Dieu que l’Occident devient triste et bête!
    Pas vous, lecteurs, pas vous.
    Pas tous… 🙂

  30. On dirait un chou rouge.
    Le jeune Louis-Dieudonné devait ressembler à cela à la naissance!
    Plus tard, comme une fleur dans la majesté de son bel âge, il donnerait tout son éclat au soleil.
    Filons la métaphore du Roi-Jardinier…

  31. Guenièvre

    Un chou rouge ? Non! elle est magnifique ! tout dépend de la photo :
    http://www.roses-anciennes-eve.com/epages/rosesanciennes.sf/produits/1063_LOUIS%20XIV.html

  32. Guenièvre

    @ rackam,

    « Ayant un peu accompagné les Veilleurs-marcheurs cet été, je tire ce constat de leurs travaux. Leur but étant de revivifier la pensée. Par des lectures, des échanges, l’écoute de personnes aux avis divers, et surtout le plaisir d’avoir passé un moment de rencontre vraie avec des tiers venus de partout. »

    Je trouve ce mouvement des Veilleurs extrêmement intéressant. Vous pourriez nous dire ( dans un autre billet ) ce qu’il en est et comment ils comptent poursuivre ?

  33. Guenièvre, … « Me suis trompée, voilà »…
    Reconnaissons que pour une rose Louis XIV il fallait un nom à rallonge. Mais 6 lignes… ! 🙂

  34. Guenièvre, je me propose de pondre un articulet sur le Veilleurs et ce que j’en ai compris, vécu.
    Pas d’impatience cependant, pour l’heure je jardine. Les lys, de préférence.
    Ensuite je planterai quelques menhirs dans ma balconnière.

  35. Rackam, si l’on en reste à l’hypothèse (d’école ?) d’une instauration monarchique (je n’ai pas écrit restauration) et qu’on retient le mot du titre de votre article : « comment » en substituant un « ? » au « ! », comment voyez-vous la désignation de celle ou celui qui porterait la couronne ?

  36. QuadPater

    Oui, qu’on sache enfin pour qui voter.
    Et merci de préciser ce qu’il faut faire en cas de ballotage entre un roi PS et un roi FN.
    😦

  37. plantigrade69

    Voici donc qu’un peuple est inapte à choisir, ce qui est vrai, mais qui l’est?
    Ainsi, simplement parce qu’il serait né du ventre d’une reine mère, un être serait l’élu par la magie d’une certitude immanente. Et en plus il en aurait les capacités par le simple fait qu’il serait formé dès sa naissance à cette fonction. Ah! bon? Et par qui? Les spécialistes de l’ENA es royauté? Et si ses dons naturels le poussaient plus à être débile léger, ingénieur agronome, prof, pianiste ou comme il parait que c’est déjà arrivé au pire moment pour cette idée: serrurier?
    Je ne crois en aucune manière à la fabrication d’un roi dès sa naissance, la gelée royale étant réservée aux abeilles.
    Je ne crois pas à la bonté de l’homme parce qu’il serait né roi.
    Rien ne prouve que cette position ne lui monterait pas à la tête et qu’il ne regarderait pas le peuple de haut.
    Comment se débarrasserait-on d’un roi autoritaire, d’un roi poussif, d’un roi incompétent? Par une révolution? C’est déjà fait, on ne va pas recommencer le spectacle. Par une élection? Mais on y est déjà et le roi s’appelle Président et en plus il nous embête que 5 ans, que voulez-vous de mieux? Enfin, de moins embêtant?
    Et cher Rackam, vous avez zappé l’argument moral. Je vous signale que ce système fait qu’ils y a des gens qui par leur simple naissance valent plus que les autres: les aristocrates, les sang bleus, car comment pourrait-il y avoir un Roi s’il n’y a pas ducs et barons? Du reste, on voit qu’ils existent encore et ils ne sont ni mieux ni pire que les pauvres gars de la roture. La noblesse n’est-elle pas dans les coeurs?
    Je suis plus convaincu par la l’aimable intention et la nature foncièrement bonne de l’auteur de cette plaidoirie que par ce qui y est défendu.
    Pour moi, la seule idée qui m’agrée lorsqu’on parle d’un roi ou d’une princesse, c’est lorsqu’elle se trouve dans les contes.

  38. Bonjour Plantigrade, toute votre argumentation tient la route et mérite naturellement discussion. Mais sur un point je pense que vous n’avez pas raison :… « comment pourrait-il y avoir un Roi s’il n’y a pas ducs et barons? ».
    En vertu de quoi cela serait-il inéluctable ?

  39. Guenièvre

    @ rackam, sausage,
    On peut être jardinière, poète, contemplatif ou rêveur et essayer, comme le dit Sausage  » de contextualiser l’idée d’un retour à un régime monarchique ».
    Je reviens d’ailleurs sur l’une de vos phrases, Sausage, phrases qui m’a « accrochée » comme le font souvent d’ailleurs les phrases de vos (trop rares) interventions.

    « l’idéal recherché n’est pas « un meilleur bien » (plus de liberté, d’égalité, etc.) pour le peuple mais la démocratie tout court, « plus de démocratie »

    Cela me semble très juste : la démocratie moderne n’est pas seulement un système politique c’est devenu un mouvement général qui est sensé conduire les hommes vers encore plus d’autonomie et d’égalisation des statuts. C’est un processus d’émancipation individuelle. Avant, on adhérait à une autorité ( « autorité » au sens large Impat 🙂 ) dont on était partie prenante, aujourd’hui, on veut se déprendre de toute autorité pour n’être « que soi ». Avez-vous remarqué que revient partout et très souvent cette injonction  » soyez-vous-même ! « . C’est une véritable transformation anthropologique. Il y a encore 40 ans on liait l’accomplissement personnel à une oeuvre collective – pour le meilleur ou pour le pire, voir tous les engagements idéologiques- aujourd’hui on demande au collectif les moyens d’un accomplissement personnel . C’est là aussi ce qui explique le discrédit dont souffrent tous les hommes politiques . Je veux bien qu’ils soient corrompus et lâches mais pas tous ! Tout simplement, leur tâche est devenue impossible ! Ce n’est donc pas, à mon avis, le régime politique qui est en cause mais une  » mentalité collective « .
    Est-ce que c’est en train de changer ? Est-ce qu’un nombre important de personnes s’aperçoit aujourd’hui que cet emballement des principes, cette « philosophie du toujours plus  » ne conduit qu’à l’effondrement. Le mouvement des Veilleurs est-il l’amorce de ce changement ?

  40. Guenièvre

    …un mouvement général qui est censé…

  41. Guenièvre, Sausage… « « un meilleur bien » (plus de liberté, d’égalité) »
    Cette phrase pose comme acquise une thèse que je trouve très contestable. « Plus d’égalité » instaure-t-elle, hors l’égalité devant la loi, un meilleur bien ?

  42. Guenièvre

    C’est vrai Impat, vous faites bien de relever, je n’avais pas fait attention à ce qui se trouvait dans la parenthèse. D’ailleurs ce que l’on recherchait autrefois c’était le  » bien commun » . Aujourd’hui c’est toujours plus de libertés individuelles et toujours plus d’égalité ce qui ne va pas toujours avec le bien commun.

  43. Ah! Merveilleux omnivore de Saône et Rhône! Votre plaidoirie m’a renversé!
    Comme il vaut mieux en effet que parviennent aux sommets des gens qui ne doivent rien à la naissance, à l’éducation, au talent! Fasse le Ciel que d’obscurs plumitifs pondus de Strasbourg, nés nulle part et voués à y retourner, gouvernent dans l’impréparation, la balourdise et le mépris des attentes du peuple. (On me murmure dans l’oreillette que c’est ce que nous avons pour l’heure).
    Plutôt un larron qu’un baron, un trouduc qu’un Grand Duc, un Tapie qu’un marquis. Certes, voilà qui nous garantit la longévité des hochets qui nous abrutissent depuis des siècles: l’égalité qui rabote les talents, la liberté qui finit par ne profiter qu’aux nantis et aux planqués, la fraternité qui s’exerce surtout envers les lobbies les plus remuants.
    Cramponnons-nous au catéchisme républicain patiemment instillé par Michelet, Malet et Isaac etc.
    Tout va tellement mieux depuis que les combinazione de partis désignent les candidats et la presse les élus.
    Priape, nous l’avons évité de peu, pour mieux percevoir l’Hésitant Replet. Bravo, la démocratie se montre fine mouche, afin d’assurer sa survie elle nous sert de l’ordinaire. Alors que le pays a plutôt besoin de super.
    Mais, fulgurant ursidé beaujolpif, que des barriques de miel dégoulinent sur vos babines, que des fast-food omnivores ouvrent devant votre grotte, que des saumons dodus comme des mérous remontent le Rhône jusqu’à votre piscine! Grâce vous soit rendue: la naissance ne sera jamais pour rien dans la destinée des gens. Sauf les très riches et les tout-malades. Et quelques autres au passage.
    Mieux vaut une égalité qui fait ravage qu’une distinction qui pourrait porter au pouvoir un vrai soucieux du bien commun.
    Que la Grande Ourse illumine votre nuit!

  44. Lisa

    La démocratie ne doit elle pas mener à une dictature ? Le roi sera peut-être pour après ?

  45. Rackam, un peu méchant, mais étincelant. 🙂

  46. Impat, c’est pas ma faute, m’sieur, le gradiplante il m’a traité de « foncièrement bon », et il a dit que mon intention, elle est aimable. Il m’adresse des mots doux pour enrober son gantelet de fer. C’est lui qui fait que de commencer. Moi je riposte, comme une bafouille qu’elle est pas correctement adressée.
    Retour à l’envoyure.

  47. Étrangement silencieuse la branche orientale du site, ce soir…
    Pourtant, Le Livre des Rois vient de chez eux.
    Et que dire de Salomon, David, Saül et tant d’autres (passons sur Hérode, qui n’était, qu’on me pardonne le terme, qu’un gauleiter).
    Le mythe monarchiste a une considérable source biblique.
    Les Psaumes entre autres.
    Et la souveraineté s’incarne aujourd’hui là-bas plus qu’ici.
    C’est ainsi que, lorsque je prends l’intervention de skardanelli au pied de la lettre, le sens sacré de la personne du roi, et de son origine, remonte jusque-là. Au moins.
    Vu par moi, d’ici, avec mon ignorance de la langue et de tant de choses.
    Pas taper.

  48. Rackam (19 septembre 2013 à 20:17)
    Là vous risquez de nous amener à « nous souvenir au lieu de penser ». Je vois mal ce que pourrait apporter l’histoire de Salomon, David, Saül et tant d’autres à l’opportunité ou non d’instaurer une nouvelle monarchie en France au XXIe ou XXIIe siècle.
    Bon, je vois mal, mais d’autres peuvent avoir une meilleure vue.

  49. plantigrade69

    Impat,
    vous avez raison les nobles qui sont juste en-dessous du roi mais au-dessus du peuple, cela ne va pasd e soi. Ca me semblait logique dans le contexte Rackamien, mais mettons cela de côté.
    Rackam,
    oui! c’est ce que je crois profondément, il vaut mieux qu’arrivent au sommet des gens qui ne doivent rien à leur naissance. Mais pourquoi éducation et talent? Selon vous, la roture ne peut pas avoir éducation et talent, voire génie? Et selon vous un prince entouré dès le départ aurait tout cela automatiquement? Va pour l’éducation et encore, quelle éducation?
    La royauté fait aussi que de fiéffés imbéciles ou pourris peuvent arriver au pouvoir, vous idéalisez de trop votre espoir qui pour moi n’est aucunement une garantie. Je n’idéalise pas la république. Elle mène aussi au pouvoir de fiéffés pourris ou imbéciles, mais ce sont les miens.
    D’autre part, vous parlez de la royauté de droit divin en vous référant à la bible. Mais relisez-là donc, et vous verrez que Dieu Lui-même est contre la royauté.
    Sinon, si la France se décide pour la royauté, vous sachant croyant, permettez… je crois avoir plus de chance que vous de descendre du roi David. Preum’s pour le trône.
    :o)

  50. Les pères fondateurs des États-Unis envisageaient bien une noblesse, cette noblesse existe de facto dans presque toutes les démocraties, voici comment Chateaubriand voyait ces castes aux États-Unis:

    « Une aristocratie chrysogène est prête à paraître avec l’amour des distinctions et la passion des titres. On se figure qu’il règne un niveau général aux États-Unis : c’est une complète erreur. Il y a des sociétés qui se dédaignent et ne se voient point entre elles ; il y a des salons où la morgue des maîtres surpasse celle d’un prince allemand à seize quartiers. Ces nobles plébéiens aspirent à la caste, en dépit du progrès des lumières qui les a fait égaux et libres. »

    Il a d’ailleurs été envisagé que comme sous l’ancien régime, la Légion d’Honneur puisse devenir héréditaire au bout de trois générations consécutives de légionnaires. Contrairement à ce qui est communément cru beaucoup de nobles de l’ancien régime retournaient à la terre et redevenaient paysans pour n’avoir pas les moyens de tenir leur rang. N’est-il pas légitime pour un homme de vouloir s’élever et transmettre sa réussite à sa descendance ? La volonté de s’élever au-dessus du lot est ce qui caractérise nos petits marquis socialistes et communistes, il faut voir comme ils donnent du bec et de l’ergot quand on vient à menacer leur progéniture. Je préfère l’élévation par la plume ou par l’épée à celle de l’apparatchik, et je préfère la pleine lumière sur ce sujet à la pénombre propice au népotisme dont nous sommes tous témoins, en particulier dans ce monde du divertissement qui nous mène aujourd’hui de sa main moite.

    La question du Roi est autre, elle suppose une autorité venue de plus haut et là est le problème dans un monde qui précisément refuse et l’autorité et la transcendance.

  51. Ne pourrait-on imaginer une république, avec constitution type 5e, mais instituant à côté de l’autorité président/gouvernement un « roi-conseil » permanent, en charge de la continuité culturelle et historique nationale. À côté des autorités gouvernementales, ce roi n’en dépendrait pas mais il disposerait d’un budget et, en particulier, remplacerait le ministère de la culture appelé à disparaître.
    Ce roi n’aurait aucun pouvoir hors domaine culturel.
    En cas de très grave situation, type 1940, si sa personnalité est faible il s’efface tout naturellement. Si sa personnalité est forte il assure tout aussi naturellement par sa présence, hors constitution, la continuité et la transition des pouvoirs, à titre provisoire.
    Pure imagination.
    Du genre de celles qui un jour peuvent porter leurs fruits. 🙂
    Ce serait un mariage pour tous: celui de la république et des rois qui ont fait la France.
    Et une réconciliation nationale.
    Et c’est une solution non cartésienne: le rêve!

  52. Florence

    Lisa écrivait plus haut avec beaucoup de justesse
    « La démocratie ne doit elle pas mener à une dictature ? Le roi sera peut-être pour après ? »
    Je pense aussi que nous ne passerons pas directement de notre régime à la royauté.

  53. Ah Rackam (19 sept. 15h25) brillantissime ! Vos mérites (littéraires) sont aussi nombreux que les grains de la grenade.
    Mes camarades des marches orientales d’Antidoxe sont sans doute comme moi en train de rêver dans leur cabane recouverte de branches de palmier, parfumée au cédrat et à la myrte.
    Il est vrai que notre monarchie fut haute en couleurs et tumultueuse. Dans les livres des Rois on passe de complot à assassinat, de loyauté à trahison dans un rythme dont devraient s’inspirer beaucoup de romanciers actuels. Ce pourrait être rigolo: une monarchie tempérée par l’assassinat, pourquoi pas ? Mais non, ce n’est plus possible. Quand on voit déjà comment les grands de ce monde concourent pour la couronne de la rosière, je crois que c’est foutu. A David et Salomon, à Charlemagne, Ivan le Terrible et Vlad l’empaleur ont succédé les frères Volfoni et Replet Ier. Sic Transit gloria mundi !
    @Plantigrade 69 Ce n’est pas vraiment Dieu qui était contre la monarchie, c’était le prophète Samuel, vexé comme pas deux, qui était allé se plaindre. Dieu, beaucoup plus raisonnable, lui avait répondu « Laisse-les faire ! » Il est vrai que depuis le temps, il en avait vu d’autres.
    OK pour le trône de France, je vous le laisse mon cousin…

  54. plantigrade69

    Boker Tov,
    Samuel était farouchement contre, nous sommes bien d’accord et il a mis le peuple en garde, mais ne pouvons-nous pas aussi entendre un désapointement dans ce que répond l’Eternel?:
    «  »Cède à la voix de ce peuple, fais ce qu’ils te disent; ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi-même, dont ils ne veulent plus pour leur roi.
    Comme ils ont constamment agi depuis que je les ai tirés d’Egypte jusqu’à ce jour, me délaissant pour servir des dieux étrangers, ainsi agissent-ils encore sous tes yeux.
    Cède donc à leur voix, non toutefois sans les avertir, et leur exposer les procédés du roi qui les gouvernera. »
    Samuel ch 8 v 7 à 9

  55. Sur la probabilité que cela se produise un jour en France : bien entendu, probabilité nulle.
    Comme elle était nulle en Espagne, composée en 1936, à 50 %, de républicains farouches.

  56. Quel cataclysme entre temps !

  57. Oui, dont personne en ce temps n’aurait osé imaginer un aboutissement aussi inouï.

  58. Remarque collatérale.
    De cette discussion intellectuelle ne visant aucune retombée pratique dans un avenir proche, je tire l’impression qu’on ne pourrait trouver sur aucun autre site autant d’élégance liant un article brillant et des commentaires à la fois passionnés et modérés.

  59. plantigrade69

    J’ai une proposition.
    Que ceux qui veulent adopter la méthode Rackam éduquent à sa façon un bébé de leur choix. A l’âge adulte, qu’il se présente donc à la Présidence et s’il est formidable je vote pour lui si D. me prête vie.
    Du reste si j’avais été Espagnol et s’il s’était présenté – et bien qu’il m’ait déçu quand j’ai appris qu’il faisait des safaris – j’aurais voté pour Juan Carlos dont j’apprécie les compétences et le courage politique.

  60. Florence

    J’ai un fils de bientôt 18 ans qui porte un nom de roi. Je le dis sans fausse modestie qu’il a de très grandes qualités. Je signale aussi avoir une fille, tout aussi douée de grandes qualités, mais qui porte un nom de déesse romaine. Cela pose-t-il un problème ?

  61. QuadPater

    Florence, vous parlez de leurs prénoms, n’est-ce pas ? Childebert et Libitina si je ne me trompe ? Eh bien ça ne compte pas.
    C’est le patronyme qui est important : de Bourbon, par exemple, c’est parfait.

  62. plantigrade69

    Aucun problème chère Florence.
    Pour tout vous dire, mon fils aussi a un prénom de roi et ma fille, celui de la république.

  63. Et que dire d’un prénom de roi fainéant ?

  64. Isa

    Guenievre, personne n’est même d’accord sur la notion de » bien commun ».

    En tous cas, certains sont d’accord avec eux- mêmes: ces Sénateurs qui ne servent déjà a rien et qui sont d’accord avec le non- cumul des mandats pour
    tous… Sauf pour eux.
    Ce qui commence à plus que sérieusement entacher la notion de démocratie!!!

  65. Je suis convaincu que vous tous, même si vous avez prénommé vos mouflets Starsky ou Mégane, les avez éduqués comme des rois (reines): soucieux du bien commun, détaché des titres et prébendes, aimant le pays qui est le leur, curieux et sages, instruits et simples d’abord, attentifs aux pauvres et aux talents, conscients d’agir pour l’éternité et l’Éternité…

  66. Florence

    Rackam,
    vous voyez que nous aurons l’embarras du choix. Je précise que mon fils a un prénom de roi français un peu moins ridicule que Childebert, n’est-ce pas Quad !
    Plantigrad,
    sans vouloir être désagréable, votre fille n’a qu’à se rhabiller. 😉

  67. Florence

    Comment avez-vous deviné !

  68. Florence

    Pour être plus sérieux, votre exercice, Rackam, est extrêmement difficile. Nous partons d’une feuille blanche et comme chacun sait, c’est ce qu’il y a de plus dur. Cela prendra du temps et chacun appréciera d’avoir une base sur laquelle s’appuyer pour avancer .
    Personnellement, pour pouvoir avancer, j’ai besoin de me dire que les conditions sont telles que votre projet soit envisageable. C’est-à-dire que la situation de la France est catastrophique et que cela soit admis par tout le monde. Cette situation catastrophique que je ne souhaite pas, est cependant possible. A partir de là, tout est possible. Qui commence ?

  69. Florence,…  » Qui commence ? »….
    Pour commencer, Hollande est élu président.

  70. Florence

    ça commence effectivement très mal. Tous les espoirs sont donc permis.

  71. Souris donc

    Je me lance donc, et tant qu’on ne me demande pas « Qui ? », « Quand ? » je ne désespère pas d’échanges animés et courtois. Utopiste jusqu’au bout…

    Chaque système d’organisation de la société est une utopie portée par des hommes qui peuvent la pervertir.
    La charia, le tribalisme, pourquoi pas, si c’est leur truc ?
    Je trouve Rackam dur avec le Nounours. Ils sont assez similaires dans leur argumentation, c’est le plus drôle. Ils défendent un idéal, de royauté, de démocratie et en montrent les perversions dues aux hommes.
    La perversion avec Mou Président, c’est, au fond, le rousseauisme benêt.

  72. Souris donc

    …il n’y a aucune raison qu’un pouvoir monarchique se montre plus liberticide qu’une bonasse république bananière.
    …Ou qu’une mondialisation « heureuse ».
    Vu sur la chaîne du sénat, un documentaire sur Apple et la tyrannie du cool. On aurait plus s’attendre à une glorification de l’individualisme, chacun fait fait fait, c’qui lui plait plait plait, et de l’acomplissement de soi. Pas du tout. Un des cadres, ex-hippie psychédélique ayant vécu toute l’aventure : l’idéal serait un despote éclairé, mais comment déjouer la surveillance totalitaire consentie par le biais des iPhones ?
    Le paradis et la chute. La pomme, depuis Adam et Eve, finit par asservir.

    A propos de mondialisation (dont l’impayable Attali se fait le chantre, imaginant une fumeuse gouvernance à sa tête). Moi, ce qui me déplait dans la mondialisation, qu’elle soit d’essence libérale ou immigrationniste, avec son corollaire de la table rase, c’est que j’ai l’impression de me faire avoir, de devoir brader mon histoire, avec ses rois et ses républiques, et de recevoir d’impérieux coups de pied au cul si je n’ai pas l’oubli assez prompt.
    Excusez le hors sujet.

  73. plantigrade69

    Chers ami(e)s, vous avez tous été royaux. 😮

  74. Souris donc

    Si ça compte. Kevin de Bourbon, ça le fait pas.

  75. Souris donc

    On dit pas « articulet » quand on est un Rackam, on dit « blockbuster ».

  76. Florence

    La mondialisation me fait un peu le même effet qu’à vous. De plus, je me dis que cela ne se passe pas partout de la même façon. Je n’ai pas l’impression qu’en Chine, on leur demande de brader leur histoire, de cracher dessus.
    Brader notre histoire, c’est seulement nous Européens qui devons le faire à coups de pied au cul.

  77. Lisa

    Louis ? Charles ? la déesse, vous la marriez avec le frère du Roi d’Espagne.

  78. Florence

    Lisa,
    il y a aussi François 😉
    Non, ni Louis, ni Charles. Pour le frère du roi d’Espagne, je vais en parler à ma fille de ce pas.

  79. à la saucisse, Beaucoup de monarchies sont des démocraties, plus libres que la nôtre, en Europe

  80. Florence, j’Henri encore.

  81. Souris donc

    Comme Rackam, le Plouc, quand il entend démocratie, a envie d’envahir la Hollande. Là, il donne à voir l’évolution de la république (génial)
    http://leplouc-emissaire.blogspot.fr/2013/07/la-debilite-guidant-le-peuple.html

  82. « La débilité guidant le peuple », merci Souris, superbe pastiche. Ouvrez le lien, il en vaut la peine !

  83. Bizarre que personne n’ait soulevé la question. Donc je la soulève : Henri V a-t-il eu raison de s’accrocher au drapeau blanc d’Henri IV ?

  84. Florence

    Il reste d’autres possibilités 😉

  85. Florence, je n’en dors plus. 🙂
    Est-il d’Auguste nature, ou peut-être Sans Terre ?

  86. Florence

    Un indice : j’avais le pressentiment qu’il serait beau et il l’est !

  87. Cela devient facile, c’est le Bel. Mais ça collait déjà avec l’Auguste…
    Et puisqu’il l’est, félicitations!

  88. Florence

    Les enfants sont toujours les plus beaux dans les yeux de leur mère.

    J’avais lu à 13 ans les Rois maudits et j’avais eu un coup de cœur pour le Roi de fer.

  89. sausage

    Flûte, j’ai laissé passer ce fil et raté des échanges intéressants. Parmi eux, la saillie du plantigrade ne m’a pas laissé indifférent. Faut-il que je ne sois qu’un contradicteur pour prendre ici la défense de ce que je traitais hier avec circonspection ? Et pourtant, l’histoire de France est moins celle d’une caste de privilégiés de naissance que celle d’une fine alliance politique entre seigneurs bienveillants et brillants conseillers, souvent de moindre condition mais à l’intelligence vive. Le roi de France, souvent en conflit avec de nombreux vassaux parfois plus puissants que lui, n’a jamais dédaigné s’entourer de notables et de clercs issus de la bourgeoisie ou de la petite noblesse et leur confier de grands rôles. Or, c’est ce tandem qui a façonné une France aux multiples aspirations, y compris celle d’émanciper son peuple.
    Finalement, je me suis peut-être trompé… après tout, le mouvement est en marche :

  90. Souris donc

    Merci Saucisse ailée, pour ce savoureux pastiche de Ministère AMER (qui ont viré Doc Gynéco quand il a soutenu Sarko mais ont rapé avec notre Johnny national).
    Très adroite superposition de la Sarabande de Haendel qui sert bien le propos parodique.
    Sarabande = mouvement lent et solennel, contrairement à ce que le nom suggère.

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