Socles chrétiens

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Une vingtaine de siècles. Tout ce temps, elles ont duré. Inébranlables, quasi immuables, fortes de leur caractère de piliers solides et fixes soutenant la société européenne.

Deux institutions, qui pendant ces deux millénaires rythmaient la vie de nos ancêtres lointains et proches : l’école, le mariage.

L’école n’existait pas pour tous, mais tous en bénéficiaient par les connaissances qu’elle apportait à une minorité privilégiée. De cette minorité, nobles, abbés, commerçants, notables des villes et des campagnes, passaient de longues heures à apprendre. À compter, à lire, à écrire, à prier, à philosopher parfois, à discourir, à servir leurs voisins comme le faisaient couramment les scribes. Et d’où venait-elle, cette instruction ? Dispensée sans règles, sans programme, sans horaire mais souvent en fonction des saisons, elle venait en général de ceux qui à la fois « savaient » et nourrissaient  la hantise, presque l’obsession, de « faire savoir » : les prêtres.

Certes ce besoin de transmettre un savoir découlait en quasi-totalité de leur exigence religieuse, que de nos jours on appellerait prosélytisme. L’Église se consacrait à enseigner les lettres et les sciences pour éduquer à la religion et transmettre la foi. Raisons que personne ne contestait. Et quelles que fussent les raisons, elles débouchaient sur l’instruction d’une partie de la population. Laquelle d’ailleurs n’était pas toujours la plus fortunée : l’Histoire regorge d’exemples de petits paysans repérés par le curé et amenés par lui à l’ouverture des livres, à la culture littéraire, à la science. Rarement hélas, beaucoup plus rarement, de petites paysannes…

Lorsque Diderot, enfant, quitte Langres pour étudier à Paris, c’est son oncle curé qui l’y envoie. Quand Voltaire, ou plutôt François-Marie Arouet,  apprend à trois ans les Fables de La Fontaine, c’est l’abbé de Châteauneuf qui les lui fait réciter. Sans curés, pas de « Lumières » au XVIIIe siècle ! Mais bien avant elles, tous les jeunes enfants des villes et des villages à qui était donnée la chance de faire quelques études, ou simplement d’apprendre à lire, écrire, compter, le devaient à l’Église. Sans les ecclésiastiques, et plus tard les pasteurs, pas d’enfants sachant lire dans les villes et dans les campagnes, chez les paysans comme chez les seigneurs.

Après l’école vient l’âge de construire un couple et une famille, de « faire sa vie » disait-on. Qui alors était chargé par la société de sceller l’union d’une femme et d’un homme ? De témoigner de cette union, de l’officialiser, de l’archiver dans les registres des paroisses ? Lesquelles paroisses formaient la seule organisation territoriale existant partout.

Qui ? Mais l’Église, encore elle. Elle seule jusqu’au XVe siècle, elle et le clergé protestant ensuite. Dans tous les cas, le mariage n’existait que par son caractère religieux. Il était contracté devant le prêtre ou le pasteur, sans la moindre interférence préalable ou postérieure d’une autorité civile qui… n’existait pas.

Puis arriva la fin du XVIIIe siècle avec les philosophes, les Lumières, la contestation par des écrits diffusés partout, officiellement ou sous le manteau, de l’autorité. Et des Autorités, lesquelles étaient à la fois civiles et religieuses car on ne distinguait guère les deux : chefs spirituels et chefs temporels, en Europe, étaient souvent les mêmes. De la contestation de l’autorité naquit la Révolution. Alors l’Église en France devint pour les gouvernants révolutionnaires la bête noire. Éducateurs du peuple jusqu’alors, jugés de ce fait oppresseurs et « opium du peuple » comme on devait dire plus tard, les hommes d’Église durent se soumettre en prêtant serment à la Révolution, ou mourir. Un siècle plus tard naissait l’École de la République, et celle-ci remplissait avec succès le rôle de l’Église en l’étendant à tous les citoyens. La France abandonnait efficacement l’illettrisme du plus grand nombre.

Le mariage, lui, perdurait dans les esprits et dans les faits. La République, certes, avait instauré un mariage civil. Mais bien longtemps après la Convention, et pour une majorité de Français, ce mariage civil fut considéré comme une formalité obligatoire permettant ensuite le « mariage à l’église ». Il fallut attendre le XXIe siècle, ou la fin du XXe, pour que s’étiole l’idée de faire figurer dans la chambre du couple une jolie photo de la jeune mariée en robe blanche  posant au bras de son époux à la sortie de la messe sous le porche de l’église… Aujourd’hui le mariage religieux ne concerne plus qu’une minorité de Français, mais le mariage civil aussi. C’est le mariage, tout court, qui est en voie de disparition, laissant la place au Pacs et à l’union libre.

Deux siècles après cette volonté de disparition progressive, voulue par la République, de l’École et du mariage religieux, que voyons-nous arriver maintenant ? L’Éducation Nationale est descendue à un niveau de nivellement général dont il semble difficile de la voir se débarrasser un jour. Et un nivellement ne peut se faire que vers le bas, se traduisant par une proportion effrayante de jeunes gens sortant de l’école, même en secondaire, sans maîtriser la lecture et l’écriture. Si vous voulez donner toute chance de réussite à vos enfants il reste en maints endroits une seule solution : l’école privée. Laquelle est le plus souvent une école religieuse même si son enseignement est principalement laïc. Quant au mariage civil, il s’efface rapidement de nos mœurs devant les unions hors mairie. Ne restent guère, pour aller signer devant Monsieur le Maire, que les couples désirant un permis pour aller ensuite devant Monsieur le Curé. Ce n’est d’ailleurs pas le moindre paradoxe que de voir un État qui se dit laïc, donc n’accordant aucune importance au mariage religieux, interdire cette cérémonie aux postulants non mariés civilement !

École publique évanouie, mariage civil en extinction, ces deux piliers édifiés au XVIIIe siècle pour remplacer leurs devanciers chrétiens pourraient bien laisser la place à leur tour. Et à quoi ? Au recours formé par l’école privée et le mariage religieux.

Recours aux sources ?

 

 

 

 

64 Commentaires

  1. Guenièvre

    Joli Impat ! belle démonstration. Sauf que la République a eu le mérite de généraliser l’enseignement, de le rendre obligatoire et gratuit pour tous et que je ne pense pas qu’elle ait  » voulu » la disparition de l’école .

  2. Guenièvre vous avez raison. Vous faites probablement allusion à cette phrase de l’article :… « disparition progressive, voulue par la République, de l’École et du mariage religieux »… et je plaide coupable pour une rédaction ambiguë. L’adjectif « religieux » doit s’entendre à la fois pour le mariage et pour l’École.
    La république a voulu la disparition progressive de l’École religieuse, sans y parvenir tout à fait. Elle n’a certainement pas voulu la disparition de l’École tout court. Au contraire.

  3. « Ne restent guère, pour aller signer devant Monsieur le Maire, que les couples désirant un permis pour aller ensuite devant Monsieur le Curé ».
    Faux. Il reste aussi les couples gay.

  4. « Ne restent guère, pour aller signer devant Monsieur le Maire, que les couples désirant un permis pour aller ensuite devant Monsieur le Curé »
    Les protestants ont une autre manière de voir les choses : Dieu est omniprésent, il est donc présent à la mairie et voit le couple qui s’engage devant les hommes, et notamment devant l’autorité. L’engagement est donc aussi fait devant Dieu et il est donc tout à fait valable.
    Le protestant va ensuite faire bénir son mariage (déjà acté et enregistré) à l’église (ou au temple). Alors que le catholique va se (re)marier à l’église considérant sans doute que le mariage civil n’est pas valable devant Dieu.
    Ce sont donc deux approches très différentes. Il serait intéressant aussi de connaître le point de vue du juif croyant.

  5. Loaseaubleu

    Pour un juif croyant, le mariage religieux se suffit à lui même. Il n’est même pas utile de se marier dans une synagogue. Une Houppa ( Dais nuptial, pouvant très bien n’être qu’un châle de prière tenu par quatre personnes ). La Présence
    divine assurée par la constitution d’un minyane ( quorum ) de dix hommes.
    Le mariage civil n’étant contracté que par obéissance au précepte du Talmud :  » La Loi du Pays,est La Loi « .
    En Israël il n’existe pas de mariage civil. Pour le moment.
     » Par les mariages qu’il bénit, Dieu crée constamment de nouveaux mondes, » Zohar

  6. Manque un valideur
    Lire : il suffit d’une Houppa

  7. @ Loaseaubleu,
    S’il n’y a pas de mariage civil en Israël, comment se fait la reconnaissance des droits civiques du couple ?

  8. Je suis au regret de vous informer, Patrick 14:32, que la France n’est pas le monde.

    Des nombreux pays, peut-être la majorité, (dont européens), délèguent certaines fonctions d’état-civil à des institutions religieuses. Dont le mariage. Un mariage célébré par un responsable religieux (en l’occurrence rabbin, officier d’état civil ad hoc) est donc reconnu par l’Etat et garantit les « droits civiques » en question.

    Aussi bizarre que cela puisse paraître aux souchiens adeptes, depuis au moins 2 siècles, de la stricte séparation, voire de l’antagonisme, église-état.

    Accessoirement: le principe s’applique aussi aux non-juifs en Israel. Des musulmans s’y marient en général devant un Kadi (Imam). (Chrétiens, devant le curé idem).

    MAIS ceci pose problème aux opposants par principe et en cas de mariages mixtes. C’est pourquoi un mariage civil EST POSSIBLE en Israel.

    Possible, mais pas obligatoire. Les cas sont, pour l’instant, toujours minoritaires. J’en connais.

  9. Guenièvre

    Patrick, même mécréante, je suis ravie de voir que Dieu a été invité à mon mariage ! 😉

  10. Patrick
    En Israël pour le moment le divorce et les différents droits civiques des couples sont régis par les tribunaux religieux.
    Pour les non-juifs un régime s’applique calqué sur le régime dit  » ottoman millet «  »
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Millet_(Empire_ottoman)

  11. Le mariage Millet se célèbre à l’heure de l’Angelus, bien sûr.

  12. Joli, Rackam ! Et dans la belle église de Chailly.

  13. QuadPater

    hahaha rackam…

    Un dimanche au lieu d’aller chez Casto je me connecterai ici, je supprimerai tous les messages fantaisistes, et j’exclurai leurs auteurs.
    Après ce toilettage ne resteront sur un site enfin (presque) sérieux que ceux encore présents lorsque je me serai auto-exclu.

  14. Guenièvre

    Et les noces de Cana ?

  15. Bonne question, était-ce un mariage civil ?

  16. Guenièvre

    Demandez aux spécialistes des textes Impat, moi je ne connais que le tableau de Véronèse que nous avons toujours gardé jalousement au Louvre .

  17. Superbe tableau, mais le plus important fut de changer l’eau en vin !

  18. Quant à l’Ecole, si de jour en jour on voit se rapprocher l’échéance de l’écroulement pour l’éducation nationale, il est probable que l’organisation nouvelle reposera sur l’école libre. Laquelle ne sera qu’exceptionnellement religieuse.
    Ce ne sera donc pas entièrement un retour aux sources. Mais c’est bien notre civilisation, chrétienne, qui prendra le pas sur l’étatisme.

  19. Devant tant d’utopie, Impat 10:16, faut-il être jaloux ou méfiant?
    Les deux?

  20. Guenièvre

    Impat applique peut-être la formule de Scott Fitzgerald : « On devrait être capable de voir que les choses sont sans espoir et pourtant rester déterminé à les changer. »

  21. QuadPater

    Patrick, c’est normal. Une loi ne peut pas dire à des professionnels

    art. 1 : vous êtes obligé de faire [suit une liste précise de comportements]
    art. 2 : … sauf si ça vous choque.

    c’est injustifiable.

  22. Patrick, Quad,
    foin de la conscience, place à la modernitude.
    Soyons modernes ou crevons.
    Penser comme tout le monde c’est notre liberté fondamentale.
    Soyons conformes c’est là que nous sommes nous-mêmes.
    En ce qui me concerne c’est Nietzsche revisité: « Deviens ce que tu hais ».

  23. QuadPater

    c’est sibyllin

  24. Oui Guenièvre, et Fitzgerald avait tellement raison que c’est ainsi qu’on arrive à les changer, les choses.
    Il aurait pu ajouter ceci:
    Mais chaque fois les sots
    Qui sont gens raisonnables
    Ne se montrent capables
    De rien, sinon de mots.

  25. « Adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré » !

  26. Souris donc

    La conscience (humaniste bien sûr) est supérieure à la loi (pour Leonarda).
    Le maire ne saurait évoquer la clause de conscience (pour le mariage homo).
    Avant la fin de la conscription, il existait un statut de l’objecteur de conscience.
    C’est la conscience élastique de la gauche.
    La mauvaise foi des bienpensants.

  27. Souris donc (19/10, 11h50)
    … « La conscience (humaniste bien sûr) est supérieure à la loi (pour Leonarda).
    Le maire ne saurait évoquer la clause de conscience (pour le mariage homo).
    Avant la fin de la conscription, il existait un statut de l’objecteur de conscience.
    C’est la conscience élastique de la gauche.
    La mauvaise foi des bienpensants. »…

    Ah si Boris Vian était encore là, on devrait lui faire signer cela pour l’envoyer à l’Élysée :
    Monsieur le président, je vous fais une lettre
    Que vous lirez peut-être…

  28. hathorique

    Bonjour à tous
    @ Impat
    Très joli article, me permettez vous de vous apporter une légère contradiction, un bémol en si mineur concernant l’école qui n’est pas bi-millénaire, même si notre plus célèbre barbu Carolus Magnus avait surtout institué l’école à des fins politiques et religieuses bien plus qu’éducatives.

    « Pour disposer d’administrateurs compétents, Charlemagne favorise un renouveau des études et crée l’École du palais, que dirige l’ecclésiastique anglo-saxon Alcuin. Les nécessités religieuses l’amènent également à concevoir une « politique culturelle ». Celle-ci est conditionnée par la réforme religieuse que Charlemagne, concile après concile, réussit à imposer : réforme liturgique, réforme de la discipline dans les abbayes et les chapitres cathédraux. Seul un clergé instruit peut permettre le succès de ces réformes ; d’où les mesures « pédagogiques » prises à l’instigation de Charlemagne et de ses conseillers : création d’écoles près des églises cathédrales et des monastères ; réforme de l’écriture, avec l’adoption de la « minuscule caroline » (une écriture simple, régulière et lisible).

    Ce brillant exposé qui n’est pas de ma plume, amène à cette conclusion qui n’est pas non plus au « clair de ma plume  » mais qu’elle ne renierait pas, car elle s’applique à notre époque et à notre pays :

    « Mais l’état arriéré de l’économie, la faiblesse des échanges, l’insuffisance des cadres administratifs et les invasions normandes provoquent la dislocation rapide d’une construction politique aussi impressionnante qu’éphémère »

    L’affrontement séculaire des deux pouvoirs culturels que sont l’Église et l’État donna aussi et surtout lieu au cours des siècles à une succession de querelles au centre desquelles se trouvait l’école, avec bien sur pour chacun de ces pouvoirs la lutte finale pour la primauté pour l’une du croyant, pour l’autre du citoyen et de nos jours la prépondérance du consommateur processionnaire castoramique et séphorique.
    Dans la vie de l’individu, comme dans l’histoire des sociétés, l’éducation précède l’instruction. Il y a eu des sociétés sans école même si elles tendent à disparaître et le savoir scolaire n’a jamais été toute la culture et de nos jours .
    Les milieux culturels (famille, quartier, commune) précèdent les pouvoirs culturels qu’ont été l’Église, l’État, l’école. Dans les sociétés dites « traditionnelles » : ce qui est fondé sur une tradition; qui est conforme à une tradition la famille élargie a un rôle fondamental dans la transmission La transmission orale du savoir a prévalu dans les milieux non ou peu alphabétisés
    Dans les dernières décennies du XVIII° siècle, la dissociation entre le savoir religieux et le savoir profane se précise. L’idée selon laquelle l’instruction publique appartient à l’État gagne du terrain jusqu’à la révolution. L’évolution en fut lente jusqu’au milieu du 19° siècle avec l’école obligatoire pour soustraire les enfants à la tutelle idéologique de l’Eglise, d’ailleurs le projet politique de Jules Ferry était de forger de futurs citoyens pour les émanciper de cette prégnance religieuse.
    Mais de nos jours je crains qu’il n’y ait sous couvert d’Education Nationale un embrigadement idéologique, Quand donc nos gouvernants cesseront ils de succomber à la tentation de forger un « homme nouveau » et je redoute le pouvoir de l’Etat sur tous les aspects de la vie sociale, au nom d’une idéologie, exerçant sa mainmise sur la totalité des activités individuelles.

  29. Lisa

    Petite pub ou information,
    Petit bouquin de Denis Sureau, Deux mariages et un enterrement, histoire et avenir du mariage.
    Le mariage religieux chrétien sera peut-être bientôt separé du civil, nous verrons….

  30. Lisa

    Hathorique, Homme nouveau ? selon St Paul j’espère ?

  31. hathorique

    Je crains que notre école soit l’incubateur ou pire « la boite à outils » pour le bricolage de cet « homme nouveau », qui aurait plus à voir avec un prépotence sociale collectiviste aseptisée qu’une référence aux épitres pauliniennes et que le renouvellement et l’intelligence ne soient pas l’itinéraire choisi pour rejoindre le « chemin de Damas » de nos actuels gouvernants
    Je crois sans en être sure, que l’ homme nouveau est un homme renouvelé, mais Rakam doit en savoir sur ce point bien plus que moi.

  32. Je permets d’autant plus aisément, Hathorique, que votre « contradiction » me semble en effet très légère car Charlemagne, vous le rappelez, favorise « un renouveau des études », lesquelles existaient donc au moins sous forme rudimentaire avant son règne.
    Et surtout, comment ne pas tout permettre à l’auteur du très brillant exposé que vous faites concernant l’évolution au cours des siècles des voies permettant l’accès à l’éducation puis à l’instruction ?
    Le rôle de la famille fut, comme vous le dites, prépondérant.
    Quant à votre crainte du dernier paragraphe, à propos du dangereux « pouvoir de l’État sur tous les aspects de la vie sociale, au nom d’une idéologie, exerçant sa mainmise sur la totalité des activités individuelles. »…elle me trouve résolument placé à vos côtés.

  33. QuadPater

    Impat, le ministre de la Haine de l’Autre pourra-t-il envoyer ses milices sanguinaires dans vos écoles privées pour rafler et déporter les enfants ?
    (ai-je bien résumé l’affaire Leonarda ?)

  34. lisa

    Ca se fait pourtant

  35. Quad, le résumé me semble correct. Il correspond, en tout cas, à ce que j’ai entendu hier en traversant la rue devant un lycée parisien. Mais je dois dire qu’ils et elles n’étaient que quelques dizaines de lycéens à réciter ce genre de slogan. Les autres s’esclaffaient ensemble en se racontant des blagues.

  36. Lisa,… « Le mariage religieux chrétien sera peut-être bientôt separé du civil, nous verrons »…
    Cela me semble probable, et de mon point de vue souhaitable. Je croyais d’ailleurs qu’était intervenue un jour une séparation entre l’Église et l’État… ?

  37. QuadPater

    L’outrance, le délire sémantique n’ont aucune limite. Je ne sais analyser cela mais je crois que rien de bon ne peut résulter d’une communication aussi malade.

  38. hathorique

    Impat 18 H 34
    Merci, pour votre compagnonnage, à ce que j’entends, il me semble que le grain de la révolte est en train de lever mais je ne sais pour quelle récolte ; puisse ne pas être celle annoncée, ce dont se joue avec beaucoup de cynisme nos responsables inconséquents :

     » Les socialistes parlementaires sont fort inconséquents, car ils travaillent à ruiner eux-mêmes l’épopée dont ils voudraient maintenir le prestige dans leurs discours » (G. Sorel, Réflexion sur la violence,1908)
    Sorel écrivait aussi
    « Les politiciens sont des gens avisés, dont les appétits voraces aiguisent singulièrement la perspicacité, et chez lesquels la chasse aux bonnes places développe des ruses d’apaches. »

    le lien vers cet ouvrage, mais rien ne vous oblige à vous y lier ni même à vous y rallier 🙂

    http://kropot.free.fr/Sorel-refviolence-001.htm#CHAP2

  39. Lisa n’est-elle pas en train de prophétiser la coexistence de deux mariages: civil ET religieux, indépendants l’un de l’autre, les deux reconnus par l’état-civil?
    Ce qui n’est pas la situation actuelle, l’Etat ne reconnaissant que le mariage civil, le religieux étant facultatif, une affaire privée en somme.

  40. Hathorique, merci pour la lecture de Georges Sorel. Ni alliance ni ralliement, mais intérêt de plusieurs passages. Entre lesquels, je dois l’avouer, plusieurs autres incitent plutôt à une lecture en diagonale.
    Sourire, aussi, sur certaines phrases telles que celle-ci :
    … « Jaurès est persuadé que la France serait parfaitement heureuse le jour où les rédacteurs de son journal et ses commanditaires pourraient puiser librement dans la caisse du trésor public ; c’est le cas de répéter un proverbe célèbre : «Quand Auguste avait bu, la Pologne était ivre.» Un tel gouvernement socialiste ruinerait, sans doute, le pays qui serait administré avec le même souci de l’ordre financier qu’a été administrée L’Humanité; mais qu’importe l’avenir du pays pourvu que le nouveau régime procure du bon temps à quelques professeurs qui s’imaginent avoir inventé le socialisme »…

  41. roturier

    L’évocation ci-dessus de l’affaire « Leonarda » (Quad hier 18:34 et alia) me fournit un prétexte au hors-sujet suivant.

    Vou’zaut souchiens qui êtes instruits et intelligents et connaissez bien ce pays ; expliquez-moi.

    Une décision administrative déclarée régulière par l’autorité compétente, étayée par des verdicts judiciaires idem et mise en œuvre conformément à la loi: peut-elle être annulée par la volonté de qui que ce soit, Président de la République ou pas ?
    Rétroactivement ? A la tête de la cliente ? Le fait du prince ?

    On fait des gorges chaudes autour de la supposée inhumanité de Hollande, proposant le retour en France de Leonarda SANS sa famille.
    Mis le problème n’est pas là. Car, avec ou sans, quel droit a-t-il d’intervenir dans cette affaire au stade actuel ?

    Votre humble serviteur croyait savoir que ce qui est fait par la Loi ne peut se défaire que par la Loi. Autrement dit, pour ramener cette fille en France il faudrait légiférer une « loi Leonarda » ad hoc. Mais l’Assemblée n’est pas saisie et on imagine mal un tel dispositif qui ouvrirait toutes les vannes pour des cas semblables futurs et même rétroactifs ; regroupements familiaux en prime.

    Et personne ou presque n’en parle ; alors qu’il s’agit d’une atteinte grave à l’Etat de Droit par celui qui devrait en être le garant.

    Décidemment, je ne comprends rien à ce pays.

  42. C’est pourtant simple, Roturier. Il suffit que le président en exercice soit un hors la loi. Ce n’est qu’une situation hors norme, ça passera. 🙂

  43. Guenièvre

    Si la réponse à votre question est oui, à savoir que le mariage civil et le mariage religieux sont reconnus l’un ET l’autre par l’état civil c’est aller encore davantage dans le sens du délitement de la cohésion sociale et du communautarisme…

  44. QuadPater

    roturier, je crois avoir compris que la décision administrative n’est pas annulée, mais que Hollande est prêt à faire un laissez-passer spécial pour la gamine.
    Quelle histoire, hein ! Vous avez lu le rapport ?
    De plus les flics ont joué de malheur, ils ont récupéré la fille un des rares jours où elle était en « milieu scolaire ».

  45. Le père aussi était bien connu dans le milieu…

  46. Florence

    Pour moi Hollande est hors la loi avec ce passe-droit pour Léonarda. Et c’est gravissime.

  47. Mon QI limité renâcle à distinguer, en l’occurrence, « annulation de la décision » et « laissez-passer spécial ».

    Lu le rapport. Il donne quitus aux services concernés mais souhaite que la police soit plus adroite (moins à droite ?…).
    Effectivement, en attendant qq jours ils auraient pu cueillir La Famille Martyr pendant les vacances scolaires de la Toussaint.

    Détail cosmétique. Mon étonnement demeure. Je suis définitivement bouché.

  48. QuadPater

    Florence, ce qui est grave c’est que Hollande a atteint son niveau d’incompétence* en arrivant à ce poste de préz’. Il était très bien en chef de parti, il gérait ses magouilles et ses passe-droits parfaitement. C’est aujourd’hui un président fantoche, pitoyable et méprisé.

    ———————–
    *Cf. « le principe de Pater », chap. XLII : « tout socialiste acquérant une parcelle de pouvoir devient un danger public ».

  49. roturier

    Vu sur ces colonnes:
    « La France….. scande encore « marchons, marchons » à la gloire de Sainte Colère dite « populaire » …
    L’indignation y est toujours aussi puérile; on y joue toujours à défiler de « République » pour prendre une chimérique Bastille ».

  50. QuadPater

    Pas du tout, roturier, la décision administrative ordonnait qu’ils (re ?) partent au Kosovo, point barre. Elle a été appliquée et n’existe plus. C’est bon, ça c’est fait.
    Maintenant la suite de l’affaire, c’est le Président de la République Française qui propose à une mijaurée inconnue de 15 ans de venir faire ses études en France, qu’elle sera accueillie et tout et tout. En plus la môme du Kosovo dit au Président « Non, non, j’en veux pas, fais revenir aussi ma famille. Et si tu veux pas on s’en fout on viendra quand même ».
    Le pauvre Hollande doit s’en mordre les baboules au fond de son Élysée. Je ne l’aime pas, mais là je le plains sincèrement d’être humilié à ce point.

  51. Florence

    Oui. Incompétent, il l’est. Mais on aurait pu imaginer qu’il soit totalement incompétent sans pour autant s’autoriser de passer au-dessus des lois. Ce n’était pas incompatible. Il y a des incompétents qui sont respectueux de la loi.
    Là, nous avons un incompétent qui se croit au-dessus des lois. Nous montons ( descendons ?) encore une marche.

  52. Florence

    Par ailleurs, le principe de Pater du chap. XLLII me paraît digne d’être lu et relu.

  53. Florence

    J’ai eu aussi un instant une certaine pitié et puis je me suis dit qu’Hollande avait voulu cette place de Président. Il en use et il en abuse. La pitié est partie très vite.

  54. roturier

    Jamais humiliation pareille ne fut (auto)infligée à un Président de la République Française.
    Comparable uniquement à l’obligation faite en 1994 à Balladur (et encore, il n’était que premier ministre de cohabitation avec Mitterrand) de s’assoir sur le CIP dûment voté.

    Sachant que dès que le vent tournera il reviendra, le père Martyr ; avec les siens.

    Et qui va en engranger les bénéfices ? Un doute quelconque ?

  55. hathorique

    Je partage votre émoi, devant tant d’incapacité pour le Président de la 5° puissance mondiale à gérer une telle situation. Je redoute que la Kosovo ne nous déclare la guerre.
    Pour engranger les bénéfices , je crains un « raz de marine ».

    Il y eu aussi jadis et même naguère avant que « Les Français sortent des ténèbres pour entrer dans la Lumière ! » dixit le Grand Jack L. un homme politique qui revint aussi sur une loi votée au parlement par la représentation nationale le très noble chevalier au panache ondoyant , l’homme de la Plancha : Monsieur de Villepin L’homme de l’abracadabrantesque dissolution de 1997.
    Cet héroïque et vaillant combattant premier ministre, qui capitula en rase campagne devant des étudiants goguenards et des fonctionnaires énervés, après la funeste bataille du C.P.E qui selon les historiens eut lieu en Avril 2006 et en dépit de cette cuisante défaite n’eut pas le courage politique de démissionner, à l’image de son bon maître lors de l’échec du référendum sur la Constitution Européenne.

    Il est celui que Mme Chirac qui s’y entend en jugement lapidaire surnomma “Néron” et probablement pas pour son flamboyant gout de la poésie et des Haikus japonisants , celui ci me parait parfaitement lui convenir comme auto portrait :

    Devant l’éclair
    sublime est celui
    qui ne sait rien!

    Le Conseil constitutionnel avait validé le CPE le 30 mars 2006, sans la moindre réserve d’interprétation. Le 31 mars, Jacques Chirac promulgue la loi. Mais le jour même, le président de la République demande au gouvernement de préparer une nouvelle loi. Et Jean-Louis Borloo de donner des instructions pour que la loi ne s’applique pas. En 2006, le gouvernement a cédé à la rue.

  56. Guenièvre

    Ce pitoyable feuilleton n’est pas avare en rebondissements : La famille aurait été  » agressée » au Kosovo. Gageons que l’on va prendre ce prétexte pour les faire revenir parce que  » leur vie est en danger » !

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/politique/actu/0203078660157-leonarda-hollande-a-fait-un-geste-de-generosite-affirme-valls-620052.php

  57. Guenièvre

    Hathorique bonsoir !
    On est toujours sublime devant eclair …. 🙂

  58. Les agresseurs n’appartiendraient-ils pas à la DGSE, par hasard ?…:-)

  59. Guenièvre

    🙂 !

  60. Hathorique,… « En 2006, le gouvernement a cédé à la rue. »…
    Oui, mais plus précisément ce sont certains députés qui ont pris peur, peur de perdre des électeurs, et se sont désolidarisés ouvertement du gouvernement. Lequel a son tour a eu peur d’être désavoué au parlement. Scénario lamentable.

  61. Suite…L’abandon du CPE par capitulation en rase campagne fut d’autant plus dommageable que ce CPE était une excellente idée anti chômage. Il permettait (aurait permis) aux jeunes gens d’être embauchés sans que l’employeur ne risque de devoir les garder en cas de non satisfaction. Or ce risque pour les PME constitue très exactement le principal frein à l’embauche. On peut penser raisonnablement que le CPE aurait entraîné rapidement des milliers d’embauches. Au lieu de cela les 3 millions d’artisans ont continué à crouler sous les commandes non satisfaites et à annoncer des délais d’intervention invraisemblables.

  62. Bonsoir à tous,
    Hollande est archi-nul, comme la plupart de ses ministres, d’ailleurs. Aveuglés par l’idéologie, ils font n’importe quoi, sans aucune cohérence. Il ne faut pas s’étonner alors que la France va à vau-l’eau.
    En tout cas, c’est le président le plus nul au moins depuis 1945, mais je pense même, depuis le début du 20ème siècle.
    Et au gouvernement, personne pour remonter un tant soit peu le niveau.
    J’ajouterai que pour les tarés qui nous gouvernent, l’idéologie prime sur la loi. L’affaire « Leonarda » entre autres, le prouve.

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