Aux complices de Bouillé, 1/3.

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Qui oublie son passé est condamné à le revivre. Certes. Je ne me souviens même plus, pour ma part, si j’ai la première fois lu cette phrase chez Wiesel ou chez Primo Levi ; le second je crois, l’un ou l’autre ne citait pas Churchill. Je sais en revanche qu’elle a orné dans ma jeunesse l’un de mes quatre murs sous les toits de Paris, tant elle m’avait inspiré.

C’est très freudien, surtout, ce phénomène de répétition qui provient sinon de l’oubli, en tout cas de ce que le psychanalyste nommait le refoulé.

A échelle nationale, c’est plutôt le conscient collectif qui retient en la date du 14 juillet 1789 la prise de la Bastille, symbolique de la chute de l’absolutisme ; c’est ce qu’il y avait d’écrit sur le calendrier de mon enfance au jour dit de la fête nationale : « prise de la Bastille. »

La fête de la fédération du 14 juillet 1790 est cantonnée aux livres d’Histoire et ne fait pas partie de la construction de l’ancien nouvel imaginaire national. Cela était sans doute à regretter.

L’on pouvait regretter aussi que le livre scolaire présentât Louis XVI comme un piètre politicien, un monarque qui n’aurait été passionné que de serrurerie, quand, tenant encore les clefs du royaume, celui-ci avait reconnu et déclaré maintenir la Constitution décidée par l’Assemblée nationale.*

La fuite à Varennes qui n’avait pour autre but que de rallier le marquis de Bouillé en la place forte, frontalière, de Montmédy, erreur manifeste de jugement sous influence autrichienne, décida du sort tragique que lui a réservé son peuple qui vit là plus à raison qu’à tort le reniement de l’engagement pris, un abandon.

La « prison des Tuileries » comme dirent les « blancs » d’un curieux oxymore, la dispendieuse Marie-Antoinette, peu aimée d’un peuple souffrant de la famine, et la politique impériale des Habsbourg, ne sont pas pour rien dans l’avènement de la Terreur l’été 1792 et les décapitations des têtes royales de 1793.

Un aparté pour vous rappeler la légitime indignation des français contemporains au sujet de l’affaire Cahuzac : c’est bien parce qu’il était ministre du Budget, en temps de crise qui plus est, que le détournement volontaire de son bien vers des paradis fiscaux fait l’indignité du personnage qui a soustrait celui-là à l’impôt. Le secret et la tricherie ne déployèrent pas tant de gorges chaudes à l’heure du scandale de l’affaire Elf, à propos de Roland Dumas et de « la putain de la république », comme s’était nommée elle-même la Deviers-Joncour dans le livre paru sous le même titre.

Ruth Elkrief s’était couchée devant la réplique sans scrupule de cette ignominieuse qui renvoyait la journaliste (ou animatrice de l’information) à la disparité des salaires entre celui de celle-ci et celui son cameraman. Argument spécieux que l’indigence critique de la pseudo journaliste de ne releva même pas ; celle-ci déglutit, l’autre triompha.

Combien de fois n’ai-je pas non plus entendu en ce temps-là au café du commerce, les bonnes gens excuser la corruption et pardonner aux conflits d’intérêt : « allez, si je te donnais dix mille balles sans que tu n’aies rien fait pour les mériter, tu ne dirais pas non. » Ce à quoi je répondais souvent par la réciproque : « si je prenais cette somme dans ta poche (et à ton insu) pour l’attribuer à ma compagne, ne me dis pas que tu en serais d’accord (en connaissance de cause). »

Si la corruption fait moins souci en période faste, cela pose déjà un problème à la morale, ainsi qu’à la conscience de celui qui fut citoyen, c’est-à-dire fier de ses droits ; et si, en quelque période de disette de l’Histoire, le retour de la moralité circonscrit sa critique au présent, c’est que celle-ci n’entend rien à la sentence d’ouverture de ce texte. Et voilà bien une sottise, car, si qui oublie son passé est condamné à le revivre, celui qui le condamne, assujetti à telle prohibition, ne s’autorise ni à comprendre son présent, ni à lire l’avenir de celui-ci, qui doit nécessairement en découler.

Se souvenir du passé c’est se prémunir des répétitions, de l’Histoire, celui qui le honnit ne se condamne qu’à la subir à nouveau. Il bégaye.

Trahir le peuple, faire appel contre lui à des forces extérieures, voilà contre quoi se sont battus les citoyens de la Marseillaise. L’hymne républicain n’est pas sanguinaire comme le contemporain inculte le prétend ; il faut savoir lire, c’est certes un hymne sanglant : le sang sur l’étendard n’est pas celui du roi mais celui du peuple meurtri qui se soulève, de la patrie contre la tyrannie impériale. C’est le sang du peuple, ce « sang impur » qui est versé contre le sang bleu de la noblesse, « des traîtres et des rois conjurés ». C’est le sang du Tiers état qui a coulé et abreuve nos sillons.

« Ces cohortes étrangères » et « vils despotes », sont la soldatesque d’Autriche et son empereur. « L’antique esclavage », ce sont les privilèges qui viennent d’être abolis.

Ce que l’hom peut dire de cet hymne, est qu’il est sacrificiel (Cf 4e et 7e couplets). C’est dire aussi qu’il s’inscrit encore dans la culture chrétienne qui l’est, sous l’égide monothéiste de laquelle s’était placée la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ainsi que la Constitution de 1791 (Cf. « sous les bons auspices de l’Esprit Saint »).

NB : ce virulent athée que fut le marquis de Sade fut tout autant emprisonné sous la monarchie que sous la république.

La Marseillaise n’est pas sanguinaire ou raciste comme le prétendent « rouges » de gôche contemporaine et « blancs » anachroniques. L’hymne fait vœu de magnanimité ; si la Nation est prête à sacrifier ses fils ou plutôt ses pères, pour défendre « vos fils et vos compagnes », si cette culture des femmes et des enfants d’abord est prête à ce que leur sang impur coule au combat dans la défense de la France et de son avenir, c’est pour sa liberté et celle des peuples ; elle appelle les « Français, en guerriers magnanimes », à porter mais aussi à retenir leurs coups (toujours dans le texte), à épargner « ces tristes victimes à regret s’armant contre nous. » : l’hymne du peuple français reconnaît là la fraternité des peuples par delà le commandement fait à ceux-ci de s’entre-tuer. L’Histoire de France n’a pas attendu les tranchées de 14/18 pour que les hommes comprennent l’iniquité de leur assujettissement.

C’est pour la liberté des peuples et de facto celle des hommes que les universalismes chrétien et révolutionnaire s’étaient levés, l’un contre les marchands du Temple, l’autre contre des forces coalisées qui entendaient lui nuire, « ces rois conjurés ».

L’appel à la magnanimité de celui-ci et à l’amour du prochain de celui-là, s’ils peuvent être distincts, ne sont pas à opposer.

Joseph Servan, ministre de la guerre en 1792, le fit pourtant qui supprima le huitième couplet qu’il trouvait trop religieux : couplet qui invoquait la bonté d’un « Dieu de clémence et  justice » qui voyant « nos tyrans, juge nos cœurs » et qui « règne au ciel et sur terre ».

Le neuvième couplet y fait encore référence dans lequel Dieu se sert « de ton bras sur la terre » : le bras du peuple français « couronné par l’égalité » (de droits),  est le bras vengeur de Dieu. (N’oublions pas que la France est fille de l’Église). « Et le Français n’arme son bras que pour détruire l’esclavage » (12e couplet)

32 Commentaires

  1. kravi

    Shalom Lector, et merci pour cette mise au point. Il est vrai que, de la Marseillaise, nous ne connaissons en général que les 4 ou 5 premiers couplets.
    Je serais un peu plus réservé sur les vertus du peuple idéalisé. J’en connais aussi, les exècre et redoute, les aveuglements, engouements, excès et sauvageries. L’ochlocratie me semble pire que le despotisme.
    J’aime aussi votre phrase en exergue. Un des  » commandements  » de mon métier impossible…
    Primo Levi avec un i : conservons-lui son italianité native à côté de son universelle humanité…

  2. kravi

    Peut-être aurais-je dû attendre les deux parties suivantes pour commenter sur le peuple ?

  3. Lector

    Erratum : (…)la disparité des salaires entre celui de celle-ci et celui de son cameraman.

    Salut à vous.
    L’ochlocratie c’est précisément l’instant de la Terreur qui s’instaure contre démos ; mon propos dans ces 6 pages livrées par Antidoxe en 3 parties n’est pas de minimiser les dérives sanguinaires auxquelles est sujette la démocratie, mais de rappeler le sens premier des paroles de l’hymne républicain, qui partage avec l’hymne chrétien, si je puis dire, un univers et un universel que le contemporain a tendance à oublier un peu trop rapidement, fallacieusement.
    La faute de Servan est de n’avoir pas su distinguer Dieu d’avec le clergé. Celle de Louis, de s’être laissé influencer par son autrichienne et l’entourage de celle-ci.
    Dans la deuxième partie je rappelle un peu d’histoire et évoque la coalition étrangère contre laquelle le Tiers Etat dut combattre, quelques alliances étrangères, un héritage capétien (ça se délite à nouveau avec les Valois).
    Bref, le propos est assez borné, circonscrit ; il n’a pas l’ambition d’une analyse historique, éthique ou sociologique, voire marxienne, qui pourrait épingler en s’appuyant sur l’épisode de la Commune le remplacement d’une caste par une classe dont le discours démagogique utilise démos pour servir ses intérêts.
    J’ai, comme vous le lirez, convoqué quelques mots de Sieyès qui sont aussi à contextualiser ce me semble de nos jours.
    Ce texte (dans son entier) est une réponse en somme, au discours contemporain qui revisite l’Histoire comme ça l’arrange, et une illustration de l’adage bien connu.
    J’ai rédigé le texte rapidement, après avoir commencé un premier papier qui a pour objet le TCE, qui propose de même une lecture, non exhaustive, de faits aidant à la soutenir.

    Merci pour la correction Lévi/Lévy, vous avez raison de rappeler la nationalité, c’était le cas de le faire.

    Merci aussi, Guenièvre pour cette ballade en photos ; l’inscription des Caves Jamet vient effectivement fort à propos : le sang du peuple et l’eucharistie pour association personnelle ;).

    Un salut et mes remerciements à Impat pour cette mise en ligne.

    Bien à vous, bonne fin d’après-midi.

  4. Non. Je n’ose y croire. Trop d’honneur.

    Le Maître répond à mon http://antidoxe.eu/2012/08/16/indignation-revolution-et-fete-nationale/ ;
    allant jusqu’à répéter ma « sentence d’ouverture » (« qui oublie son passé… » attribuée souvent à Churchill) pour rebondir dessus.
    Le Maître est trop bon.

    Hélas faudrait-il encore, pour prononcer l’acquittement de la Marseillaise, trouver ne soit-ce qu’un seul hymne national au monde aussi chargé d’appels au sang et à la haine, de diatribes et de pulsions mortifères voire suicidaires.

    De quelle coalition malfaisante parlent les enfants Français en 2013 en chantant la Marseillaise ?
    On donnerait facilement raison à ceux qui le refusent.

    Va falloir un jour cesser de tortiller du derrière, ne plus se perdre en interprétations vaseuses et reconnaître que ce texte, indigne de ce que la France prétend être, a fait son temps depuis longtemps.

    A moins de vouloir ressembler à ce conservateur Américain : « if the electric chair was good enough for my father it’s good enough for me ».

    « Le Français n’arme son bras que pour détruire l’esclavage ». Quelle prétention. Grotesque.
    C’est oublier que le fils ainé de la Révolution, Bonaparte, l’avait rétabli.
    Faut-il vraiment rappeler le reste? J’ai des tonnes de Françafrique, du Rwanda au Mali sans oublier l’Algérie, à votre service. Y’a qu’à demander.

    La suivante est trop bonne, c’est plus fort que moi :
    « La faute….de Louis, (fut) de s’être laissé influencer par son autrichienne et l’entourage de celle-ci ».
    Bah voyons. Tout est de la faute de l’étranger(e). Rien de ce bon Capet. En ligne droite avec la simplicité hexagonale du discours.

    Abrégeons. Attendons la suite ; pour l’instant ça promet.

  5. Lector, vous remettez brillamment les choses à leur place. La Marseillaise, dont peu de gens comprennent en effet le sens mais dont il faut reconnaître que la rédaction était quelque peu ambiguë. Et surtout Louis XVI qui semble avoir été un homme bon contrairement à l’image de tyran que nos livres d’école font entrer dans nos jeunes têtes. Il ne faut pas oublier, par exemple, que ce roi fut n’aurait pas été arrêté et emprisonné s’il n’avait pas interdit à ses gardes suisses de tirer sur la foule qui attaquait Les Tuileries.

  6. hathorique

    Bonjour à tous en ce jour si ensoleillé dans nos lointaines provinces du sud.

    @ Lector
    Merci pour cet intermède musical, historique et symbolique.

    Ecrite en avril 1792, par Claude Joseph Rouget de l’Isle, la Marseillaise est un chant de guerre composé pour donner courage et bravoure aux troupes françaises en guerre, son premier titre « Les enfants de la patrie ».
    Elle fait le tour de la France et arrive en juillet 1792 à Paris dans les bagages des Marseillais venus défendre la patrie en danger. En quelques semaines, l’hymne a trouvé son titre : La Marseillaise. Décrétée Chant national le 14 juillet 1795, interdite sous l’Empire et la Restauration, elle est déjà entrée dans l’imaginaire de la République
    Le 14 mars 1879 la Marseillaise est reconnue officiellement hymne national de la République française et devient l’un des symboles de la République Française, un de ceux auquel je crois il ne faut pas toucher au moins pour le souvenir des fusillés et tant d’autres obscurs anonymes morts en le chantant pour défendre leur patrie, leur pays .
    Un hymne national est aussi l’incarnation d’un pays, d’un peuple, de son histoire, de ses combats, de ses souffrances qui forgent une identité, et je ne vois pas pourquoi et surtout au nom de quoi il faudrait y renoncer surtout maintenant que même je crois les footballeurs en connaissent sinon les paroles du moins la musique.

    Ce chant révolutionnaire précède la bataille de Valmy 20 Septembre 1792 victoire symbolique fondatrice de l’histoire nationale, tous ces bretons basques savoyards, marseillais, volontaires, fédérés, officiers de l’Ancien Régime se trouvèrent tous unis devant l’ennemi commun la coalition austro-prussienne forgeant ainsi la Nation et le roman national qui a besoin de symboles auxquels s’identifier .

    les allemands ont bien conservé le Deutschlandlied écrit par Haydn En 1797, à l’époque des guerres napoléoniennes, il a composé cet hymne destiné à l’empereur François 1er d’Autriche en s’inspirant du « God save the King ». Il avait été frappé lors d’un voyage, par ce chant , qui permettait à une nation entière de se regrouper avec ferveur et dévotion derrière un seul et unique hymne.

    Je profite de la tribune qui m’est largement offerte 🙂 pour déplorer la suppression de « l’hymne à la Joie » de Beethoven comme hymne européen par je ne sais quelles obscures instances européennes que je croyais seulement expertes en calibrage de concombres.

    cher Roturier
    Je ne sache que la France pratique encore l’esclavage en « Françafrique, du Rwanda au Mali sans oublier l’Algérie » pays indépendants depuis plus de 60 ans, dont hélas beaucoup de citoyens ne voient d’espérance que dans leur grande migration vers l’Europe.

  7. Que nous vous racontez-là, Hathorique, l’Hymne Européen supprimé ? Ce serait un vrai scandale. Moi qui tous les matins le chante à tue-tête en me rasant…
    Je prépare une grenade offensive : dites vite d’où vous tenez cela, je vous en supplie !

  8. hathorique

    Vous ne pourrez continuer longtemps à siffler « l’Ode à la joie » même en vous rasant 🙂
    Permettez que je sniffe mon chagrin.
    Malheureux, surtout pas de grenade, ce fruit est la symbolique chrétienne par ses grains serrés et unis sous une même écorce c’est à dire l’Eglise. C’est union des fidèles dans la même foi ; la grenade éclatée avec ses grains répandus est l’allégorie de la charité et des dons de l’amour généreux

    c’est une  » Ode à la foi »

    Suite à la ratIfication du traité de Lisbonne en 2007 entrant en vigueur en 2014 :

    http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/traite-lisbonne/construction-europeenne.shtml

    « Le terme de Constitution est retiré du texte et remplacé par la dénomination « traité modificatif ». À la demande de la Pologne et de la République tchèque, les symboles de la souveraineté sont supprimés notamment le drapeau européen et l’hymne européen, ainsi que la référence aux symboles, même si ceux-ci continuent d’exister : le drapeau aux douze étoiles, l’hymne (« l’Ode à la joie » de Beethoven), la devise (« L’Union dans la diversité »), et la mention « La monnaie de l’Union est l’euro ».
    Le vocabulaire juridique utilisé dans le projet de traité constitutionnel, qui évoquait les caractéristiques d’un État, est abandonné. La dénomination de « ministre des affaires étrangères » est remplacée par le titre « Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ». Les termes de « loi », de « loi cadre » introduits dans le projet de Constitution sont abandonnés pour éviter la comparaison avec l’ordonnancement juridique interne des États. Les noms des actes juridiques actuels (règlement, directive et décision) continuent d’être utilisés.
    La Charte des droits fondamentaux proclamée le 12 décembre 2007 devant le Parlement européen, ne figure plus dans le corps même du nouveau traité mais s’y trouve inscrite par le biais d’un renvoi. Par une référence à cette Charte dans l’article 1er du traité (modifiant l’article 6 du traité CE), elle acquiert une valeur juridique contraignante pour 25 pays, à l’exception de la Grande-Bretagne et de la Pologne. »

  9. Souris donc

    Merci Hathorique d’avoir rappelé Haydn, la douceur même du 2e mouvement du quatuor Empereur. Hadyn a poussé la coquetterie jusqu’à commencer chacun des 3 autres mouvements par sol-mi-fa-ré-do, en notation allemande G-E-F-D-C = G(ott) E(rhalte) F(ranz) C/K(aiser), Dieu protège l’Empereur François.
    Il y a eu un contresens dans la traduction « Deutschland über alles » ne signifie pas « L’Allemagne au-dessus de tout », mais « [C’est] l’Allemagne [que j’aime] avant tout ».
    Une préférence, pas une hégémonie. Amour sacré de la patrie, si vous voulez. Lors de la dénazification, on a supprimé les strophes ambigües et on a changé le titre. On ne dit plus « le Deutschland über alles », mais le Deutschlandlied.
    Il y a des gaffes tous les jours à ce propos (à l’Elysée, en Afrique), Angèle est habituée et n’en fait pas un incident diplomatique.

    La Marseillaise, nos footballeurs s’abstiennent ou alors marmonnent sans conviction. Gerra a lu sur les lèvres de Ribéry, cela donna… »Ils viennent jusqu’au wonderbra…ballon, ballon…enculé… »

  10. Hathorique, ne me plongez pas en de telles émotions ! Le texte que vous citez est précis : l’Hymne et le Drapeau bleu aux étoiles d’or sont supprimés du traité de Lisbonne qui ne fut qu’un pansement sur la terrible blessure du TCE, mais ils continuent d’exister comme ils existaient avant ce traité. Rien n’est changé pour ma barbe…

  11. kravi

    Ribéry, Ribéry… n’est-ce pas cet esprit subtil qui jugea bon d’appeler son fils — sans doute en hommage au glorieux colonel Kadhafi qui naguère dénomma ainsi son propre fils — Saïf al-Islam, ce qui signifie épée de l’islam ?
    Comment, et pourquoi, lui demander autre chose que des borborygmes ?

  12. Hathorique 12:37. Je ne crois pas un seul instant que vous ayez pu prendre mon commentaire sur la Françafrique dans le sens commun, historique et restreint, de l’esclavage « de papy ».

    J’allusionne (c nouveau) les rapports troubles entre la France et certains pays d’Afrique, avec usage, récemment assez copieux d’ailleurs, du « bras armé ». J’abrège.
    Ce qui met à sa place l’extrait apporté par Le Maître: « Le Français n’arme son bras que pour détruire l’esclavage ».

    J’en connais que ça devrait faire rire. Jaune.

  13. hathorique

    Oui, certes je dirais même plus certes certes, ce n’est qu’un des symboles supprimés et vos poils de BARDE sortiront régénérés pour autant qu’en emporte le vent du traité de Lisbonne.

    Mais moi les symboles j’y tiens comme vous aux poils de votre barbe fleurie. Lors des grandes cérémonies officielles, nous n’ entendrons peut être plus ce grand moment de communion musicale dont la tonitruance cymbaliste couvrait les ronflements des plus éminentes personnalités.

    Il est dommage qu’aient été abandonnés le symbolisme du drapeau de l’hymne et de la devise, car ils incarnent non seulement l’Union européenne, mais aussi l’unité et l’identité de l’Europe dans son sens le plus large. Il est regrettable que les chefs d’État et de gouvernements aient oublié le sens profond de ceux-ci. quand on abandonne les symboles on n’est pas loin de délaisser aussi ce à quoi ils correspondent.

    « •Le drapeau européen symbolise l’union, la solidarité et l’harmonie entre les peuples d’Europe.
    •L’hymne représente une vision de fraternisation de tous les hommes.
    •La devise « Unie dans la diversité » signifie que, au travers de l’Union européenne, les Européens unissent leurs efforts en faveur de la paix et de la prospérité, et que les nombreuses cultures, traditions et langues différentes que compte l’Europe constituent un atout pour le continent. »

    Mais vous me rassurez ils ont été supprimés mais… ils existent un peu comme une G.P.A 🙂

    Cependant l’essentiel est inscrit dans le préambule :

    «S’INSPIRANT des héritages culturels, religieux et humanistes de l’Europe, à partir desquels se sont développées les valeurs universelles que constituent les droits inviolables et inaliénables de la personne humaine, ainsi que la liberté, la démocratie, l’égalité et l’État de droit»
    Ainsi tout le monde y trouve son compte , et probablement la Turquie dont le processus d’intégration va être relancé je crois d’ailleurs que c’est en pensant à elle qu’ont été abandonnées les  » racines chrétiennes » .

  14. roturier

    Toujours Hathorique 12:37.
    Puisque vous apportez l’exemple allemand (pour une fois ce n’est pas moi).
    Parlons en: ils ont bien supprimé l’hymne précédent « Deutschland Uber Alles », n’est-ce pas?

  15. Hathorique, vous avez failli faire encore trembler mon inexistante barbe fleurie, car j’insiste de plus en plus lourdement :
    Dans votre phrase … « Il est dommage qu’aient été abandonnés le symbolisme du drapeau de l’hymne et de la devise » … il eut fallu préciser : « abandonnés dans le texte du traité de Lisbonne ». Lequel, contrairement au texte du TCE refusé par les Français, ne reprend pas à zéro toutes les dispositions de l’Union.
    Le symbolisme du drapeau et de l’hymne sont en place et y restent. Exemple, dans les interventions télévisées du président et des ministres français apparaissent en arrière-plan, avant comme après Lisbonne, les deux drapeaux : le bleu aux étoiles d’or, et le tricolore.

  16. hathorique

    @ Souris

    J’ignorais la version Ribéryenne et sa pétaradante fulgurance musicale

    et merci de vos précisions sur l’hymne allemand que les allemands ont conservé, pour marquer la continuité de la Nation.
    Haydn est un compositeur magnifique et un honnête homme dans le sens où on l’entendait au 18° siècle.
    Toute sa vie il a été le protecteur le véritable mentor et l’ ami de Mozart qui en avait peu (d’amis bien sur) C’est l’une des plus exceptionnelles histoires d’amitié humaine et musicale entre deux compositeurs et son influence sur lui est profonde comme en témoignent les six Quatuors dédiés à Haydn de Mozart

    @ Roturier

    Non c’est le même hymne national , seuls ont été supprimés deux paragraphes je crois ; voir la réponse érudite de Souris à 15 H 55, qui me rappelle mes cessions aux J.M.F : Jeunesses Musicales de France.

  17. hathorique

    Impat,
    Vous avez eu raison de mon amère mélancolie et surtout de mes craintes irraisonnées je me rends à vos arguments et vous dédie un :
    « hymne aux Joyeuses »

  18. Hathorique,…Merci !
    « « hymne aux Joyeuses » »…dont vous êtes, j’espère, ayant vaincu votre mélancolie qui me désespérait…

  19. Hathorique bis,… « c’est en pensant à elle (la Turquie) qu’ont été abandonnées les  » racines chrétiennes » . »
    Hélas, trois fois hélas, je crois me souvenir que cet abandon est encore plus triste : ce fut une demande de certains délégués à la Convention. Et devinez lesquels : les représentants du Parti Socialiste français.

  20. roturier

    @Hathorique et Souris; hymnes français et allemand.

    Mais non, liebchen.
    Ouvrez ceci et voyez en bas : http://fr.wikipedia.org/wiki/Deutschlandlied

    Les 3 couplets constituaient, sauf erreur, le texte du « Deutschland über alles » jusqu’à la défaite allemande en 1945.
    Ce sont les « leçons de l’histoire » qui imposèrent que l’on ne gardât que le 3eme.
    Les 2 premiers couplés ont donc « sautés ». Pour cause, je trouve.

    Mais alors, avouez que la Marseillaise contient du bien plus choquant !!!
    Vous avez trop l’habitude de l’entendre ; pour une oreille extérieure ce texte est franchement indigne.

    Pour qq oreilles d’habitués, souchiens au possible, aussi. Heureusement je ne suis pas le seul à professer cette opinion.

  21. hathorique

    Les représentants du P S français avaient un renfort de poids : Monsieur Chirac (socialiste non encarté ) qui nourrissait des sentiments très peu catholiques pour Monsieur Giscard qui avait introduit la référence chrétienne dans son projet de constitution.

    Pour ma modeste part, j’aurai aimé qu’elle fasse référence à nos origines néandertaliennes

  22. Hathorique,… « Les représentants du P S français avaient un renfort de poids : Monsieur Chirac »…
    Oui, très certainement. On n’a pas fini de décompter les méfaits de ce personnage.

  23. hathorique

    @ Roturier
    Cela ne contredit en rien ce qu’expliquait Souris sur la continuité de l’hymne allemand depuis sa création.
    Permettez moi de vous préciser que je ne suis pas une oreille extérieure mais une oreille interne et ce que je dis et écrit n’engage que moi.
    Je ne vois rien de particulièrement choquant dans la Marseillaise si l’on se réfère à l’intéressante lecture qu’en fait Lector et à ce que j’essayais d’expliquer plus haut sur les circonstances dans lesquelles ont été écrites les paroles de cet hymne national donc identifié à la Nation
    La Nation n’est pas un hypermarché dans lequel on choisit à sa convenance ce qui convient ou pas, que l’on soit ou pas » souchien » terme que d’ordinaire j’évite d’employer, mais là je reprends le vôtre

    Etymologie du mot Nation : du latin natio, naissance, extraction, dérivant de natus, né.
    « Une nation est une communauté humaine ayant conscience d’être unie par une identité historique, culturelle, linguistique ou religieuse. En tant qu’entité politique, la nation, est un concept né de la construction des grands Etats européens,
    C’est une communauté caractérisée par un territoire propre, organisée en Etat.
    En France, depuis la Révolution, la nation est un ensemble de citoyens détenant la puissance politique (souveraineté). Il y a superposition entre la nation, le peuple et l’Etat auquel la nation délègue sa souveraineté. »
    « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation »
    Article III de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 signée et approuvée par le roi Louis XVI devenant roi des Français

    Je souhaiterais pas qu’elle devienne une communauté réduite aux acquêts
    Bonsoir à tous

  24. … « pas qu’elle devienne une communauté réduite aux acquêts »…
    Excellent!

  25. Mais, Impat & Hathorique; elle ne peut qu’être réduite aux acquêts.
    Les alternatives étant la séparation des biens et la communauté universelle.
    Vous ne voulez pas de la première. Et la seconde est une utopie; aucune universalité dans une démocratie pluraliste à démographie diversifiée.

    Il ne reste que le dénominateur commun; donc la réduction aux acquêts. Communs, s’entend.

    L’adoption des motivations de Rouget de Lille en 1792, est-elle acquêt commun en France?
    Au risque de me répéter, de quelle coalition malfaisante parlent les gamins Français qui chantent aujourd’hui la Marseillaise?

    Les motivations du texte paraissent aujourd’hui obscures, absconses et sans noblesse aucune. Si tant est qu’elles en possédaient jadis. Hors sujet, impertinentes.
    Et même grotesques.

    Vous vous accrochez à ces couplets comme à une berceuse; par nostalgie.

    Et que l’on cesse de nous bassiner des interprétations humanisantes. Les colonnes infernales en Vendée ne chantaient rien d’autre.

  26. Enfin… Je parle je parle.
    Gainsbard disait la même chose mais tellement mieux dans « aux armes etcetera ».

  27. hathorique

    Je ne cherche aucunement à vous convaincre, pas plus d’ailleurs que vous ne parviendrez à le faire à mon endroit .
    Donc je retricote une conclusion avec votre permission par ce mot de Cocteau, réadapté pour la circonstance :
     » Ces choses là nous dépassent : feignons de les ignorer  »

    Pour moi la France c’est un TOUT et je ne fais pas de tri sélectif je prends TOUT : de Vercingétorix à Victor Hugo de Jeanne d’Arc à Louise Labbé (parité oblige ) et surtout Honoré d’Estienne D’orves,
    ses dernières paroles avant de mourir fusillé le 29 Août 1941.

    « Que personne ne songe à me venger. Je ne désire que la paix dans la grandeur retrouvée de la France. Dites bien à tous que je meurs pour elle, pour sa liberté entière, et j’espère que mon sacrifice lui servira. »

    Ce couplet là je m’y accroche comme patelle à son rocher.

  28. Nous sommes accrochés au même rocher, me semble-t-il.
    RDV au No. 2 du billet posté ce matin. Avec mes respects, ça va sans dire.

  29. Lector

    hahaha, Souris donc… c’est fait.

  30. Lector

    Merci Hathorique, d’avoir si bien animé ce fil en mon absence… qu’ajouter de plus ? Mon salut à vous tous… enfin tous, je m’comprends…

  31. Lector

    « poil de barde »… formidable !

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