La saison des Oscars

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La saison des Oscars. (Article paru dans « City Journal le 25 octobre 2013)

Séparer l’art de la propagande gauchiste n’est pas si facile.

 Tous les ans à cette époque, ma maison ressemble à un épisode de « L’Apprenti Sorcier » de Disney, où l’on voit seaux et  balais s’amonceler sans arrêt sur la malheureuse Mickey Mouse. Je reçois cette année plein de seaux et de balais sous forme de  films en DVD, à titre de membre de l’«Academy of Motion Picture Arts and Sciences », pour motiver mon vote. De même que dans l’Apprenti Sorcier, ça commence par des scènes innocentes et bénignes puis ça tourne au cauchemar au fur et à mesure que, à petits coups, décline mon envie de regarder. Et cette année n’a pas commencé si innocemment. Peut-être était-ce dû à Robert Redford, dans une entretien de promotion sur CNN pour son nouveau film présenté aux Oscars, « All Is Lost », qui traite de racistes les critiques contre le Président Obama – « Vous remettez ça » comme a dit un sage – mais dès le début j’étais de mauvaise humeur à propos d’Hollywood.

Pour aggraver les choses, deux des quatre premiers films – Fruitvale Station et After Tiller – étaient franchement de la propagande gauchiste. Et l’un d’eux, Fruitvale, une propagande gauchiste particulièrement réussie destinée à coup sûr à avoir l’effet voulu sur les spectateurs,  renforçant le jargon racial qui pénètre de plus en plus notre culture. Fruitvale est « tiré d’une histoire vraie » (méfiez-vous toujours quand un film débute ainsi) à propos d’Oscar Grant, un Noir de 22 ans tué par un flic présumé raciste à « Oakland’s Fruitvale BART Station » à l’aube du Nouvel An 2009. « Présumé » raciste est le terme officiel, bien que le film tente fortement d’effacer ce qualificatif. Après avoir été relativement attentif à la vraisemblance durant une bonne partie du film, le réalisateur Ryan Coogler nous présente un flic blanc sanguinaire, raciste, qui ferait rougir Bull Connor. Le flic est un monstre, surplombant les autres acteurs, noirs ou blancs, de quelque six pouces (NDT :15 cm) – Godzilla piétinant de bons et innocents hommes de couleur. Pourtant dans la vraie vie d’Oakland il n’est pas exagéré de dire que la police passe davantage de temps en formation à la sensibilisation aux relations humaines qu’au sommeil. (Le vrai policier, Johannes Mehserle, proclame que le tir était accidentel et qu’il cherchait seulement à maîtriser Grant avec son Taser. Les témoins disent que le policier semblait honteux après son tir sur le jeune homme).

Quoi qu’il en soit le film est séduisant, transformant son héros, ex-escroc (une interprétation de future star par Michael B. Jordan) en un très aimable personnage obsédé par un chien blessé et jetant à l’eau un sac de marijuana qu’il avait l’intention de vendre. Nous sommes supposés croire qu’il avait décidé de marcher droit juste avant que le flic chargé de haine ne l’abatte. C’est là une manipulation sans aucun sens, naturellement, et Coogler a reconnu avoir inventé ces événements. Néanmoins, du fait de ses valeurs politiques, le film est assuré d’être présenté aux Oscars cette année (il a déjà gagné des prix à Cannes et à Sundance). Voir ce film arriver tôt dans nos boîtes aux lettres est un signe que le distributeur, Harvey Weinstein, fera de son mieux pour lui obtenir une statuette, ou au moins quelques nominations. Si quelqu’un peut obtenir ça, c’est Weinstein. Il a pratiquement écrit le scénario en ayant présent à l’esprit son appartenance à l’Académie (NDT : des Oscars). Lorsque, il y a une dizaine d’années, ma tendance politique était différente, j’aurais pu lui attribuer un ticket du « Price Waterhouse » pour Fruitvale (En fait il n’y a pas de ticket. Maintenant nous votons presque tous en ligne).

 After Tiller, c’est une autre affaire. Ce documentaire, à propos des quatre médecins pratiquant encore des avortements tardifs après l’assassinat en 2009 du « praticien » Dr. George Tiller, est une entreprise pénible difficile à regarder non seulement pour son triste sujet mais aussi, comme on pouvait s’y attendre, pour sa réalisation biaisée. Un documentaire constitue la plus trompeuse des formes, car à l’inverse des fictions qui ne cachent pas d’être inventées, il prétend à la vérité. Mais le montage représente un « ground zéro » en matière de distorsion et de tromperie. Au, copurs des années 20, le pionnier qu’était le réalisateur soviétique Aleksandr Dovzhenko montra comment le déplacement d’images identiques au montage peut créer chez le spectateur des impressions et des conclusions opposées. Bien des documentaires ne sont guère plus objectifs qu’un commentaire sur le blog  Daily Koss (NDT : blog américain de gauche). Ils sont souvent de simples couvertures, des faux-fuyants masqués sous la fausse objectivité qui caractérise le genre. Un parfait exemple de ces dernières années en fut la polémique sur l’alerte maladroite d’Al Gore concernant le réchauffement climatique, « An Inconvenient Truth », qui remporta un Oscar. Le système d’éducation britannique le classa en propagande. Maintenant, seulement 7 ans plus tard, le film ressemble a une auto-dérision.

After Tiller adopte une tactique plus subtile, prétendant à l’équité. Selon le poster qui accompagne le DVD : « Les Directeurs Martha Shane et Lana Wilson ont dépolitisé un des sujets les plus incendiaires de notre temps, en se focalisant sur les complexités du problème par une approche qui place l’humanité et la compassion au premier plan ». Dépolitisé, mon œil ! Le film n’est rien d’autre que politique, chaque détail arrangé pour vous faire croire que les quatre avorteurs sont de gentils garçons accomplissant le travail de Dieu. La bonne nouvelle, c’est que personne ou presque ne verra ce film manipulateur. Mais je dois m’arrêter, la sonnette retentit. De nouveau DVDs pour les Oscars sont arrivés.

Roger L. Simon est un écrivain agréé par l’« Academy Award », et co-fondateur de « PJ Media ».

 Traduction pour Antidoxe : Impat

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4 Commentaires

  1. On voit que la douce perversion gauchiste n’est pas arrêtée par l’Atlantique. Il faut préciser que le terme « gauchiste » est ici utilisé comme traduction de « liberal », et rappeler que si « liberal » aux États-Unis se rapporte à l’opinion de gauche face aux républicains, cette gauche-là se situe économiquement très à droite de la gauche française type PS.

  2. roturier

    Certes, les USA ne sont pas épargnés. MAIS ils ont Clint.

    Cela dit, si Mickey Mouse est « la malheureuse » et non « le malheureux », c’est probablement qu’Impat devient politiquement correcte.

    Bon, je sors.

  3. Ce serait bien que ce Roger L. Simon fasse un jour la critique des films présentés à Cannes, non ?

  4. Au fait, comment appelle-t-on une souris au masculin ? car Mickey est bien masculin, sa femme, c’est Minnie.

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