Les civilisations peuvent-elles survivre après leur disparition? (3et4 sur 5)

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La cité sumérienne d’Uruk, consacrée à la déesse Inanna, est le lieu d’origine du tout premier langage écrit, l’endroit où « l’histoire » débute. Les anciens textes sumériens décrivent des rituels impliquant l’utilisation de tambours, la fabrication de tambours sacrés fut une industrie très prospère qui perdure encore de nos jours grâce aux tambourinaires télévisuels pratiquant le même rituel tamtamiste avec de grands prêtres et de girondes grandes prêtresses de l’information : « écoutez ce murmure de tendre ferveur, ce désir balbutiant de prière silencieuse, ce souffle adorant sans lequel ils ne sauraient vivre pour leur grand dieu Audi Mat  » surtout échec et mat.

La culture urbaine sumérienne s’éveilla entre 4.000 et 3.000 avant l’ère chrétienne, sur les plaines alluviales entre les fleuves Tigre et Euphrate, terre que les Grecs appelaient Mésopotamia – meso entre – potamos fleuve. Ce peuple développa l’écriture, la littérature, les systèmes d’éducation et le concept de la Loi, la technologie de la roue, les systèmes élaborés d’irrigation, l’astronomie calendaire système astronomique et mathématique qui permet de diviser le temps et l’espace en degrés.

Pourtant, jusqu’à la fin du siècle dernier, lorsque la première preuve de l’existence de cette ancienne culture a été découverte, les réalisations des Sumériens avaient été effacées des mémoires, mais elle avait quand même existé, elle était enterrée sous nos pieds ne demandant qu’à resurgir du néant mémoriel.

Nous leur devons la véritable histoire du déluge universel (non pas celui de nos dettes abyssales aussi profondes que les fosses océaniques) mais celle reprise dans la Bible, s’inspirant du premier roman épique, celui de Gilgamesh qui ne peut admettre la mort insupportable de son ami Enkidu. Il se pose des questions sur le mystère de cette mort inexorable. Il décide alors de partir à la poursuite de l’immortalité. Pour ce faire, il rencontrera Utanapishti qui lui contera comment il a échappé au déluge décrété par les dieux pour anéantir la race humaine.

L’Épopée de Gilgamesh est la plus vieille œuvre littéraire connue après celle de Bernard Henri Levy peut être plus vieille que littéraire.

Parmi les mythes écrits par eux qui nous sont parvenus, les plus anciens sont rédigés en sumérien, les plus récents en akkadien, à ne pas confondre avec les acadiens canadiens, pas davantage avec les acariens qui eux sont de la famille des arachnides domestiques, espèce végétarienne embrassante et câlinante car ces intrus invisibles partagent notre quotidien sans y avoir été invités.

Merveilles que sont les pyramides et les temples égyptiens, les ziggourats sumériennes symboles de la tour de Babel, vestiges monumentaux dont beaucoup restent encore à découvrir dans ces pays autrefois si prospères maintenant ravagés par la guerre et l’intolérance.

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Ces peuples  nous ont légué :

– les Sumériens : le droit, par le code d’Hammourabi qui permit d’unifier le royaume, la justice se substitue à la vengeance par le biais de la Loi, ce code n’est pas une simple liste de lois et de règles à respecter, il se veut aussi un modèle de sagesse et d’équité pour les générations futures, il servira aux scribes durant près de 1.000 ans.

– les Égyptiens : le monothéisme, premier essai réussi d’Akhenaton pour instaurer le Dieu solaire unique Aton, mais aussi l’usage festif de la bière : la femme est habilitée à fabriquer la bière car seule capable de donner la vie, de pouvoir transformer un grain mort et une eau inerte en boisson vivante. Cette boisson représente, à côté du pain «quotidien», la survie matérielle dans l’au-delà, un élément majeur chez les égyptiens.

La brune la plus courante… courait beaucoup, la blonde réservée aux réjouissances quelquefois très « bunga bungiennes » à côté desquelles celles de Berlusconi relèvent des fêtes de patronage : on a retrouvé quelques ostraca très suggestifs, que ma rigueur naturelle m’interdit de reproduire ici.

Les sept merveilles du monde antique (dont il ne reste que Chéops) qu’ont laissé ces civilisations disparues nous apportent et nous apprennent beaucoup sur elles, mais peut être davantage sur nous-mêmes. Ces merveilles marquent leurs génies. Il en est des civilisations comme des peuples qui les conçoivent, elles ne disparaissent jamais, mais se fondent dans d’autres, les enrichissent et les modifient. Une civilisation s’efface progressivement parce que ses porteurs se laissent séduire par d’autres pratiques, des usages nouveaux, des techniques plus efficaces mais il en reste toujours la trace.

Elles ne disparaissent pas mais renaissent, nous en sommes à la fois les héritiers, les bénéficiaires, les légataires universels, les gardiens et surtout les passeurs.

Elles ne disparaissent pas, elles se manifestent dans notre présent parfois sans même que nous puissions les rattacher à ce qu’elles ont été, elles renaissent, elles sont là invisibles à nos yeux ignorants, comme le soleil qui disparaît parfois derrière les nuages, mais est là toujours là. Elles aussi sont là, elles se manifestent dans notre présent.

D’après Hegel, les civilisations ont évolué de l’Orient vers l’Occident, et les églises qui s’y sont développées, à la fois ouvertes et fermées, ne seraient qu’une synthèse des temples égyptiens et grecs, surtout égyptiens avec l’entrée par deux pylônes monumentaux puis après un cheminement solaire, l’accession au Naos « le saint des saints ». Au sein de cet endroit sacré, seuls étaient admis le grand Prêtre et le Pharaon représentant de Dieu sur terre. Le Naos a été assimilé au tabernacle des chrétiens.

15 Commentaires

  1. Ainsi Uruk dépendait d’une Nana qui l’a conduit à inventer un nouveau langage. Étonnez-vous de ne pas arriver, parfois, à en placer une.

  2. Loaseaubleu

    Le Saint des Saints ? Un air de déjà lu.

  3. Moi je froyais que tabernacle c’était plutôt acadien !

  4. hathorique

    Merci Impat pour la mise en ligne.
    Laissez moi vous dire chers « amis mâles » que vos remarques m’ont laissée très coite face à votre admirable concision circonscrite en une seule périphrase ; vous avez saisi, la substantifique moelle de l’esprit de révolte des Nanas :
    La théorie révolutionnaire de la libération par la causette.
    OUI nous sommes toutes des « cosettes » :
    Par la force de la parole nous nous sommes libérées des chaines millénaires de l’esclavage aliénant sur de lui et dominateur de nos oppresseurs ; tremblez despotes :
    « les despotes à la popote » .
    Que Vivent les seins libres, indépendants et sans culotte.

  5. Ah vous voulez mettre les aristos à la lanterne! Allez, on sait bien pourquoi…

  6. C’est le temps qui manque le plus, pour moi en cemoment, je suis dans une période où je mérite le salaire que l’on me donne, peu d’heures de sommeil et de loisirs.

  7. Guenièvre

    Merci Hathorique pour ces rappels passionnants sur les premières civilisations. C’est là que l’ingéniosité humaine force l’admiration !
    Ce qui est intéressant c’est de voir comment l’écriture cunéiforme ( quel vilain mot ! 🙂 ) des Sumériens basée au départ sur des pictogrammes et des idéogrammes a été complétée au cours des siècles par des phonogrammes et représentations syllabiques . Comment on est ainsi passé de l’écriture de relevés comptables à l’écriture d’épopées et de lettres d’amour…

  8. hathorique

    Bonjour à tous

    Bonne nuit Skarda : ceci n’est pas une prosopopée, je répète, ceci n’est pas une prosopopée 🙂
    @ Guenièvre :
    « Le terme d’écriture cunéiforme (c’est-à-dire en forme de coins) caractérise l’aspect extérieur de cette écriture, qui se présente en effet d’ordinaire comme des combinaisons de signes en forme de clous triangulaires, alignés avec une belle régularité sur des tablettes d’argile.
    Cet aspect provient de ce que le scribe se servait d’un roseau taillé en forme de biseau, qu’il tenait à plein poing, et avec lequel il frappait à petits coups rapides sur une tablette d’argile fraîche. »
    J.-G. Février, Hist. de l’écriture,Paris, Payot, 1959,

    C’est donc une histoire de coins et de clous, qui je l’espère ne fait pas référence à la crucifixion ; quoique ?Merci pour la piste il faut donc que je creuse davantage, ce qui ne sera pas de la « petite bière ».

  9. … « on est ainsi passé de l’écriture de relevés comptables à l’écriture d’épopées et de lettres d’amour… »…
    Joli raccourci de l’Histoire des caractères!

  10. Guenièvre

    Vous savez bien que j’aime les synthèses donc aussi les raccourcis . Non rackam ne vous fâchez pas ce n’est pas une déclaration d’amour en faveur de la Révolution. 🙂

  11. Lisa

    Mais vous avez dit saint Hèse donc cela rattrape.

  12. Guenièvre

    🙂 !
    H.S. Vous avez vu Lisa je vous ai mis un résumé de  » Papa porte une robe » sur C. ? Il faudrait qu’un psychanalyste se penche sur cette histoire ( C’est le pompier qui va faire essayer la chaussure perdue par le boxeur devenu danseuse sous le nom de Marie- Jo….)

  13. Lisa

    Marie-Joseph, ça fait mixte comme prénom, en fait il veut être un danseur….

  14. Lector

    oui, merci Hathorique pour ces rappels passionnants et ces échanges qui ne le sont pas moins.

  15. alexandre jost

    C ben correct, là 🙂

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