L’arme à gauche

ag1

Fils, (ou fille, je ne veux pas trancher à ta place si tu n’es pas encore décidé),

Je vais bientôt passer l’arme du côté où je me suis toujours tenu.

C’est idiot de mourir de sa belle mort, mais c’est celle-là qui vient, et il y a tellement de papiers à remplir pour l’anticiper que j’ai renoncé à mourir dans la dignité. Comme un vulgaire croyant, un réac de base, une molle burne, un couard.

La belle mort se pointe avec le hideux visage du cancer, alors que l’autre a le doux toucher d’une seringue. Mais, contrairement à ce que j’ai toujours défendu, on ne décide pas à chaque fois.

Justement, tant que je peux dicter à une infirmière qui sait écrire (saleté, elle aurait pu laisser la place à une Somalie venue en barque, une Kosovare, un Tchétchène, mais auraient-ils su transcrire ce que je peine à formuler?) je veux te dire où j’en suis de mes engagements, au moment de rendre mon formulaire de naissance (cerfa 1033 c- 655).

Tu le sais, j’ai toujours été de gauche. On ne choisit pas. L’avenir vous passionne ou bien le passé. Moi, c’est le futur qui a toujours été mon jardin d’enfants. Je n’ai jamais voulu te contraindre, donc jamais expliqué ce qu’est la gauche. Tu la portais sans doute en toi, comme tout être généreux.

On ne peut être vraiment «de gauche» que si l’on a le souci des autres, de tous les autres, les différents surtout. Il faut à l’homme de gauche, qui peut être une femme bien entendu, une élévation de l’esprit qui n’est pas donnée à tout le monde. Rien d’élitiste là-derrière, juste une humilité rayonnante.

J’ai toujours eu le souci des autres. Des femmes en particulier. J’en ai épousé trois, dont ta mère, que tu préfères appeler Mouffia.  Je les ai aimées comme il se doit. Deux fois par semaine. Dont une qui a abouti à ta naissance. On ne peut pas avorter à chaque fois, hein?

La gauche, comment te dire, c’est se hausser au-dessus de soi-même, penser mondial quand on a des ennuis de voisinage, aimer le lointain quand ses proches sont dans la mouise, fuir l’autorité, déconstruire sans relâche ce qui préexistait. La gauche, c’est la grue à boule, quand la droite est la truelle. Et quand les boules sont bien accrochées, les grues jubilent. Crois-moi.

Avec l’humble conscience qui me caractérise (l’homme de gauche est tout petit devant le réel, presque inconsistant, ectoplasmique dès qu’il s’agit de concret, ce mythe inventé par  la droite pour masquer le possible), j’ai entrepris de militer, pétitionner, protester. Ce sont les mamelles de la modernité. Avec la déconstruction du passé qui en est le carburant, non polluant.

Il faut avoir la conscience bien accrochée pour lutter toute sa vie contre le réel, cette ombre chinoise qui obscurcit le virtuel. Lequel est le futur rose et dodu promis à tout homme, et, combien plus, à toute femme, et tout ce qui peut exister d’autre et qui est infiniment plus respectable que les deux précédentes catégories.

L’homme de gauche, vois-tu, et je sais que tu t’y reconnais, toute femme que tu puisses te sentir, mon Roger aimé quoique respecté dans tes choix, l’homme de gauche est animal des altitudes. Au dessus des contingences, libre des attaches (c’est pourquoi je t’ai confié à des assistantes familiales, pour ne pas t’influencer), respirant l’air des cimes, le suint des pauvres, le musc de la solidarité…

Sans dogmatisme aucun, mais fidèle aux penseurs qui ont défriché la route: Marx, Debbouze, Valls, Fogiel et tant d’autres qui ont mis les autres avant eux. Surtout lorsqu’il y avait des mines.

Comme j’ai aimé mon époque, par comparaison avec les précédentes, ces ères de sauvagerie barbare!

Car, l’amour est consubstantiel à l’homme de gauche, surtout l’amour de ce qui vient. Et, comme par un effet de vases communicantes, le dédain de ce qui est s’ensuit. Sans mentionner le dégoût de ce qui fut. Ainsi se sont échafaudées les grandes conquêtes de la gauche: le ticket-restaurant, la RTT accordée aux chômeurs, le paracétamol en suppositoire, l’horaire des marées distribué à chaque piquet de grève, chaque bouchot.

Ah ! Les conquêtes, ce fut mon horizon à moi ! Mon éther. Ne jamais reculer, ne jamais concéder fût-ce aux impondérables.

La mort est belle quand on la choisit. Je n’aurai pas ce luxe. Comme je suis vieux, il faut que je disparaisse pour que toi et tes proches puissiez inventer l’avenir, enchanter le futur. Fais-le, ce n’est pas un ordre ni un appel, c’est une évidence.

Ce que l’histoire retiendra comme des échecs, sont des utopies resplendissantes, trop tôt venues, couronnées de succès à terme. Nous nous foutons de réussir, ce qui importe c’est de détruire les structures de domination et les hiérarchies liées au talent, à la naissance, au mérite…

Je meurs de gauche, c’est à dire insatisfait.

Je ne t’embrasse pas. C’est bourgeois. Mon poing faiblard se lève en hommage à ceux qui nous ont précédés dans la hargne et le mépris du réel.

La mort est irréelle, j’y cours.

 

 

143 Commentaires

  1. Souris donc

    Dans les penseurs, j’aurais ajouté Lilian Thuram.

  2. « On ne peut être vraiment «de gauche» que si l’on a le souci des autres. »
    L’être avec.
     » déconstruire sans relâche ce qui préexistait. »
    Dévoilement de l’Être.
    « L’avenir vous passionne ou bien le passé. »
    Ek-statique.
    « La mort est belle quand on la choisit. »
    L’être pour la mort.
    « Lequel est le futur rose et dodu promis à tout homme »
    Pro-jection.

    Ce texte est déconstruit.

  3. Ces lignes je les lis, et puis je les relis.
    S’il n’en restait que deux je retiendrais celles-ci:

    « Sans dogmatisme aucun, mais fidèle aux penseurs qui ont défriché la route: Marx, Debbouze, Valls, Fogiel et tant d’autres qui ont mis les autres avant eux. Surtout lorsqu’il y avait des mines. »

  4. hathorique

    Bonjour à tous
    @ Rackam

    La gauche, celle dont vous parlez a trahi, presque tous ses idéaux humanistes hérités de la philosophie antique et des préceptes chrétiens, dont elle se pensait l’unique (mère) porteuse, et le pire de ses crimes : elle a détruit l’espérance qui comme vous le savez est la seconde des vertus théologales : être sans espérance c’est se condamner à ne pas vivre.

    L’espérance est au coeur de l’ homme depuis qu’il a pris conscience de son existence, c’est ce qui le fait vivre, accepter la souffrance et peut être consentir à mourir , mais ceci n’est que pure conjecture.

    Avant il y avait les « valeurs de la gauche » mais çà c’était avant ; maintenant il reste les « voleurs de la gauche »

    « Le grand malheur de cette société moderne, sa malédiction, c’est qu’elle s’organise visiblement pour se passer d’espérance comme d’amour ; elle s’imagine y suppléer par la technique, elle attend que ses économistes et ses législateurs lui apportent la double formule d’une justice sans amour et d’une sécurité sans espérance.  »

    Georges Bernanos, conférence 1945

    Merci de m ‘avoir découvrir les noms de ces grands penseurs dont l’oeuvre complète doit tenir au dos d’un timbre poste illustré par une femen.

    Fin du sermon sur la montagne enneigée.

  5. La gauche a trahi.
    La droite aussi.
    Nous sommes condamnés à suivre l’étroit pont entre précipices.
    Gare au pas de côté.

  6. hathorique

    La droite en tant que telle, a rarement dans son discours politique déclaré être porteuse des valeurs universelles qui devaient éclairer et régénérer le Monde et l’Humanité( pas ces journaux qui dégénèrent en un état végétatif nécessitant de lourds soins palliatifs).
    Dans ce jeu de rôles c’est la gauche qui s’en réclamait ou tout au moins le déclamait.
    Comme la droite a peu promis, elle a aussi par voie de conséquence peu trahi même si en l’occurrence ce peu est beaucoup trop selon le vieux principe corrézien inspiré des civilisations premières.
    « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent »
    Comme le disait le plus grand philosophe du siècle dernier qui n’est pas Bourdieu le Père, mais l’archange Michel Collucci dit Coluche.
    « la droite vend des promesses et ne les tiens pas, la gauche vend de l’espoir et le brise » .

    J’ajouterais  » les brise très très très menues » pour rester dans la pensée universaliste coluchienne.

    Pour ma part je considère que la gauche socialiste actuelle est semblable à ces étoiles mortes que l’on voit briller dans le ciel alors qu’elles ont disparu depuis longtemps.
    Ces naines blanches qui deviennent naines rouges puis n’émettant plus de lumière visible, se transforment et dégénèrent en naines noires.

  7. Quoi des naines noires ! Ayayaye, les personnes de petites tailles surtout si elles sont de couleur méritent tout notre respect et en aucun cas ce serait dégénérer qu’être de cette condition ! Je trouve ce site de plus en plus suspect je le signale à la muttawa.

  8. Encore une théorie supémaciste, en quoi les naines blanches seraient-elles supérieures aux naines noires ?

  9. L’homme est une corde tendue entre l’animal et le Surhomme, une corde au-dessus d’un abîme.

  10. Souris donc

    Pour ma part je considère que la gauche socialiste actuelle est semblable à ces étoiles mortes que l’on voit briller dans le ciel alors qu’elles ont disparu depuis longtemps.

    Sauf que la gauchiotte a toujours été du bon côté du manche.
    Si bien que quand elle avale son bulletin de naissance, pardon, son Cerfa 1033c-655, elle n’est pas amère. Toute sa vie, elle a pu se défouler. Se défouler, c’est pas rien. Ça économise le divan.
    Mieux valait avoir tort avec Sartre que raison avec Aron. Puis crier CRS-SS aux enfants de prolétaires casqués. Ensuite faire les plateaux et obtenir une belle situation de gauchiotte parvenue, comme les Cohn-Bendit, Harlem Désir, Duflot. Faire condamner le récalcitrant grâce aux lois anti-phobiques. Enfin, avec Internet, se défouler en gagne-petit. Comme qui dirait se défouler sans se fouler.

    Elle était pas belle, la vie ?

  11. Ah, CRS/SS c’était drôlement rigolo ! Comme la Varsovienne et le chant de l’Ébre, qu’est-ce qu’on a pu se marrer, sans compter les bamboulas (Ouups!) que l’on faisait mais bon le temps passe. Je me souviens quand même que la droite ce n’était pas l’extase, en famille surtout : la masturbation rend sourd, et j’en passe et des meilleurs. Le « Cri de la chouette » est très vrai ‘ on lit l’Huma mais on finit par ressembler à Folcoche, bon sang ne saurait mentir. Les CRS étaient fils de prolos, la classe moyenne d’une façon générale vient du petit peuple, tous les toubibs et les ingénieurs du baby-boom ne sont pas nés dans la soie.

    Tú no puedes volver atrás
    porque la vida ya te empuja
    como un aullido interminable.

    Chantait Paco Ibàñez à la même époque : « Tu ne peux revenir en arrière parce que la vie te pousse comme un hurlement interminable ». Comme ça reste vrai !
    Dans son dernier bouquin Finkielkraut raconte ses années mao, la vie l’a poussé comme elle nous pousse tous.
    Souris en rongeuse qui se respecte a la dent dure. Le seul ami qui me reste de ce temps est restè à l’extrême-gauche, nous ne chantons plus le soir la Marche de Boudieny, ni même le Roi Renaud ou Quand je menai mais chevaux boire, mais nous sommes restés amis. Demain nous serons mort et comme dans la chanson Giroflé Girofla que nous ne chantons plus, on pourra écrire sur nos tombes :
    Et tout ça pour rien, et tout ça pour rien…

  12. Pour revenir à la droite, je me souviens des boys dans l’Afrique de mon enfance, il faudrait que je fasse une compilation de la connerie humaine à ce propos, de cette bonne conscience méprisante, de ce comportement de maîtres venant de gens sortis de la plus humble condition en qfrance.

  13. hathorique

    @ Tibor
    bonsoir monsieur le persifleur 🙂
    je vous fais un copier coller sur la mécanique quantique des quantiques et la pression de dégénérescence sur les naines qui ne sont pas toujours des infantes espagnoles,

    « Lorsque les réactions nucléaires s’arrêtent dans une étoile (faute de carburant), la pression interne ne compense plus la gravitation et l’étoile s’écroule sur elle-même. Il arrive alors un moment où la matière est si dense qu’il faut faire appel à la mécanique quantique et en particulier au principe d’incertitude. Les électrons autour des noyaux sont confinés dans des zones très petites. Par conséquent, l’incertitude sur leurs vitesses est très grande, ce qui implique que la vitesse elle-même soit très importante. Cette agitation quantique donne naissance à une nouvelle pression dite de dégénérescence. Elle s’oppose donc à la gravitation et l’étoile devient une naine blanche.

    Très denses, les naines blanches sont de la taille de la Terre mais ont la masse du Soleil. On estime leur densité à plusieurs tonnes par centimètre cube. C’est leur petite taille qui est responsable de leur faible luminosité. Par conséquent, on trouve les naines blanches sous la séquence principale du diagramme HR.
    La naine blanche consomme alors le reste de son carburant nucléaire. Elle devient une naine rouge puis n’émet plus de lumière dans le domaine visible. Elle se transforme alors en naine noire.
    Ces changements s’accompagne d’un refroidissement de l’étoile. D’autre part, sa taille ne varie plus. En effet la pression de dégénérescence ne dépend pas de la température  »

    Voilà je pense ce qui pourrait un parallèle avec la gouvernance socialiste

    Il est aussi question d’une vitesse de planque et d’un chat à la fois mort et vivant c’est la théorie du chat de Schrödinger et du déterminisme :

    « En mécanique quantique, le chat est la superposition de 2 états : vivant et mort. Il est vivant à 50% et mort à 50%. Son état ne se détermine que lors d’une mesure (c’est-à-dire lorsqu’on ouvre la boite pour regarder). On peut constater qu’il est mort dans 50% des cas mais il est impossible de déterminer son état sans mesure. Il s’agit donc d’une théorie non déterministe »

    Encore un parallèle avec notre gouvernance socialiste.

    http://florenaud.free.fr/Quantique.php

    Bonsoir à tous : demain je relève les copies

  14. Noble Lionne, ces naines hottentotes sont purement hypothétiques, fruit des théories cosmologiques elles ressemblent aux anges de Thomas d’Aquin comme chat de Schrödinger d’ailleurs qui est un être purement métaphysique. Feynman qui méprisait profondément la philosophie disait de la mécanique quantique que c’est une théorie absurde mais qu’elle marche bien : le rustre, botter en touche de la sorte. Toujours est-il que vous avez bien raison de filer la métaphore socialo-quantique, d’autant que la vérité est irrésistiblement devenue le fruit des processus historiques, de l’évolution quoi, merde. On peut donc penser penser avec nos amis de Terra Nova, de Super Nova devrais-je dire, que cet effrondrement sur soi-même est bel et bon puisqu’il suit le cours normal des choses. La fulgurance de la super nova hollandaise, que dis-je ? européenne, va tout balayer sur son passage et l’on risque fort de retrouver en string, notez bien que la cosmologie viendra encore une fois à notre secours grâce à la théorie des cordes (string theory).
    Et l’Être dans tout ça ? me direz-vous. Je vous répondrai avec Héraclite que : « Le soleil est nouveau chaque jour » (fragment 6) même si il doit finir envilaine petite naine noire.

  15. Hathorique 19 :09. « Briser menu » c’est Audiard (les tontons flingueurs), non Coluche. RAS pour le reste et merci pour l »astrophysique.
    .
    Tibor (en grande forme ce soir) 23 :01: Folcoche ? Certes « le cri de la chouette » ; mais d’abord « Vipère au poing ». Qu’attendent ces dames pour stigmatiser Bazin misogyne primaire ?

    Sinon, on pourrait aussi écrire sur nos tombes « Le temps qui passe tire la chasse ».

    Sinon aussi, vous (mal)traitez « la Varsovienne » comme moi la Marseillaise. C’est aussi condamnable, mais ne craignez aucune levée de boucliers ici: le sacré des autres ne l’est pas.

  16. Roturier, d’ailleurs dans la chanson « Quand je menais mes chevaux boire » il y a un couplet qui commence par : « donnez du pied dedans la chasse »

  17. Lector

    Que de bons mots et connaissances ! Astrophysique et théologie quantique… Un miaou miaou, de l’oint en l’oint, comme une corde hypothétique à la fois morte et bien vivante, se tend à l’horizon vers une relativité générale sans restriction qui détemps la mécanique du grand horloger. Tout y est question d’espace. Des fils fragiles de pensées agitées comme des objets dans le champ gravitationnel d’un trou noir d’amplitude HH, hush ! hush !, flétrissent de cette étrange magnétisme, répulsif en pile, colle létale en face, en face d’idées à cinq pattes qui tremblent et se chevauchent impunément sans engendrer, sans lumières, dans le buz hélicoïdal d’une spirale tue-mouche inframoléculaire ; c’est atomique ! Rien n’est plus jamais à sa place qui ne soit nulle part à la fois allant vers à l’envers et contre tout fout le camp, précisément, quand sous les cieux MC rien de nouveau ni de Solaar si ce n’est que le carré de la vitesse de la lumière noire ultra violée ne fait plus masse parce que de toute façon les plombs ont sauté et que tout demeure sans énergie ; tous deux meurent faute d’énergie et dans cette friction des âmes de tous les cimetières, dans chaque tombe, Caïn qui était devenu l’œil regarde Abel dans l’inconscience rayonnante de la Z machine en attendant la collision de la matière en perpétuelle gestation à de l’antimatière terminale, gesticulation qui forme la collusion pour une fin de l’homme dans le cerveau positronique d’un homme nouveau, forcément 2.0 ou post ça-même, c’est-à-dire à jamais, et de facto terrible, qui n’est pas né ; ou bien spontanément, de génération protozoaire bis de cellules souches jetées dans et par le vide-ordures sans ménagement. Vacuum Now ! Dust to dust. D’amibes à cellules louches, le golem futur… pas l’Eve, non, décidément rien à voir avec Adam et le sanskrit sans ce cri : Ah, dame ! Tout est écrit.
    Mais les lendemains déchantent. Pas de Bonne Nouvelle en perspective. Dieu est mort ! Et la roue tourne sans maître à bord. Sans mettre abhorre parce que le monde adore, il idolâtre son âtre plus que tout oubliant si souvent que le feu crâne crame.
    Demain c’est aujourd’hui ; aujourd’hui c’est demain. Les enfants sauvages de la bombe irradient brandissant le chat muet à neuf queues d’un Schrödinger le jeune, clone de l’ancien, mendiant aux portes de Tannhäuser qui battent et claquent et des bardes étranges tournoient dans un bien curieux ballet sourd de space opera tragicomique sans paroles sans amour ni pardon. Celui-là qui brise ce silence par trop assourdissant sort du champ avec deux autres, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche et lui au centre et il dit : j’ai vu tant de choses que vous, humains, dieux et réplicants, ne pourriez croire, de longs chevaux mécaniques en sang surgissant des volcans éteins de Mars et d’hirsutes hordes brunes captives jaillirent des entrailles de l’enfer thermonucléaire ; j’ai vu des rayons frauduleux changer le tellurique en gazeux d’un bleu venimeux, des rayons B cyanhydriques déchirer les fils de l’homme comme de vieilles pages partent en poussière et dans l’ombre de la porte de Mauthausen de grandes arches en feu de magnitude absolue écarteler leurs ondes puis disparaître dans le Grand Nuage de Magellan ; j’ai vu, dans la moiteur effroyable de mes nuits gagarines, l’éclipse totale d’une hypergéante rouge hurlante de la constellation du Grand Chien au tri sélectif sous les cadavres d’étoiles jaunies par les cendres abrasives de Payne d’un effondrement du cœur et du sacré. Tous ces instants demeureront sans larmes dans le pli d’un présent sidéré comme la vingt-cinquième heure est sonnée… il est temps de disparaître, encore et encore, éternellement.

  18. roturier

    J’en suis venu à bout. Et pas en diagonal. N’ai sauté aucune ligne. Valait l’effort.

    Cela m’en coûte, mais on dirait la prophétie d’Ezéchiel en Français. C’est pas rien.
    MAIS : et après ?

    Que faire de cette malédiction qui nous est consubstantielle à fouiner dans le plus petit pour « comprendre » l’incommensurable ? Approcher l’inaccessible ?

    Allez expliquer à Steven Hawking que tenter de reconnaître le « bien » du « mal » c’est déjà mal. Lui qui ne peut rien d’autre. Comme nous tous.

  19. Roturier, c’est une histoire de faucheurs, de moutons électriques aux rêves insensés. Qui nous fera passer le test de Voight Kampff ?

  20. roturier

    Faire passer ce test à d’autres implique, me semble-t-il, l’avoir passé soit-même.
    Or, qui fera passer le test à ceux qui sont censés le faire passer à d’autres?
    Au bout de cette logique il y’a le constat que le test n’est pas valable puisqu’il y’a au départ qq1 l’ayant pratiqué sur lui-même. Son résultat est-il crédible?

  21. Souris donc

    La spéculation scientifique superpose des réalités invérifiables qui pourtant débouchent sur des applications pratiques dont ensuite le politique peut s’emparer pour le meilleur ou le pire. Le pire n’étant jamais certain, la gauchiotte ajoute pourtant le principe de précaution dans la panoplie du confort intellectuel et de la pensée en kit.
    (Bon sang, demain je deviens gauchiotte, trop cool)
    Dis à un passant qu’il y a 100 milliards d’étoiles dans la galaxie, il le croira, mais s’il passe devant un panneau « Attention peinture fraîche », il touchera pour croire (Pierre Dac). Le scientifique est neutre, candide, voire potache. Tous leurs chats s’appellent Schrödinger, et il suffit d’évoquer le dispositif du chat beurré qu’on balance par la fenêtre pour qu’ils meurent de rire. La gauchiotte ne rit jamais, ses humoristes sont lugubres. La gauchiotte insulte, censure et dénonce.
    (Finalement, je renonce à devenir gauchiotte, trop psychorigide)

  22. Guenièvre

    …et qui nous a promis un texte sur la querelle Niels Bohr et Albert Einstein ? 🙂 !

  23. Guenièvre

    Bonjour à tous !
    Pour en revenir au texte de Rackam…
    Je ne vous apprends rien en disant qu’il est très loin de mon roman familial . Chez moi on ne parlait que du Front populaire et de « l’Office du blé  » qui nous avait sauvé de la famine  » ( c’est là que les libéraux s’étranglent ! 🙂 ) Chacun sa mythologie !
    C’est à la fin des trente glorieuses que je situerais la mutation. Aux valeurs républicaines qui préconisaient le mérite, l’autorité, l’endurance, la prévoyance on substitua l’hédonisme, l’épanouissement de l’individu et un égalitarisme forcené .

  24. hathorique

    @ Tibor
    « La fulgurance de la super nova hollandaise, que dis-je ? européenne, va tout balayer sur son passage et l’on risque fort de retrouver en string » ??
    VOUS en string pailleté dans un boudoir proustien étalé(e) comme une odalisque sur une fourrure écarlate aussi épaisse qu’un burger king, c’est le plus étrange parmi les défis européens à part celui d’uniformiser la courbe des concombres grecs et la taille des bananes équatoriennes
    « Toute banane commercialisée sur le territoire de l’Union européenne doit mesurer au minimum 14 centimètres de longueur et 27 millimètres d’épaisseur. C’est ce que l’on peut lire dans le règlement européen sur les normes de qualité pour les bananes ».
    Mais quid du possible rétablissement de la lapidation en Afghanistan pour les femmes adultères.

    @ Lector délicious
    new apocalypse, pour vous de la part Alfred de Musset :
    « Les plus désespérés sont les chants les plus beaux.
    Et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots »,
    J’ ai lu et relu avec attention votre déferlante intergalactique et vous nous dites  » Caïn qui était devenu l’œil regarde Abel dans l’inconscience rayonnante. »
    attendez vous à savoir, comme le disait Geneviève Tabouis que les moins de 120 ans ne peuvent pas connaître, que dans l’antiquité Egyptienne Seth à troué …. l’oeil (rassurez vous) de son neveu Horus fils d’Osiris, mais cet oeil a été reconstitué et il est devenu le symbole de la victoire du dieu Horus, victoire représentant le triomphe du bien sur le mal. il représente également la santé et l’intégrité, l’union des êtres en une seule entité, le tout est en un et vice versa.

    @Roturier,

    Je sais bien que ce n’est pas Coluche mais quand j’étais jeune, ce dont je me suis guérie avec le temps, Audiard n’était pas la référence des cinéphiles il était méprisé car trop vulgaire, la révérence absolue : c’était Godard et surtout la sublime Anna Karina.

  25. Souris donc

    Pourquoi la droite ? Le mépris de classe induit par la facilité d’avoir du petit personnel n’épargne nullement la gauchiotte aux colonies. Devenu l’humanitaire. C’est l’ivresse des cimes.

  26. Noble Lionne, le string me donne l’air d’un de ces sumotoris chers à un autre corrézien mais difficiles à caser dans un boudoir fut-il proustien, mais s’il faut en passer par là, je veux bien payer de ma personne. Ce terrible spectacle fera-t-il reculer la crise elle-même ? J’en doute. La gay-pride, ses figues, ses concombres et ses bananes inversés, nous ont habitué à bien pire.
    Chère Guenièvre, il mijote, il mijote…

  27. roturier

    Bah ouai.
    Puisque les 30 glorieuses permettaient à certains d’oublier la gravitation terrestre. On naviguait sur un nuage blanc, tout était facile, tout effort inutile, tout était possible donc dû.
    La « révolte » des gamins pourris et suralimentés de mai 68 en fut l’expression principale.
    La France qui trimbalait déjà depuis 150 ans les séquelles du mythe révolutionnaire s’en est retrouvée avec celui de l’égalitude.
    Un fil à chaque patte: comment voulez-vous que ça bouge?

  28. Guenièvre (27/11, 11h23)
    …  » c’est là que les libéraux s’étranglent ! »… :Gagné.
    … » on substitua l’hédonisme, l’épanouissement de l’individu et un égalitarisme forcené . »…Sur le N°2 je voterais plutôt pour. Un reste de l’esprit 68, sans doute.:-)

  29. hathorique

    @ Souris à 11:46

    Oui mille fois oui pour cette gauche humaniste et surtout bonobautiste, qui croit connaître la banlieue, parce que leur femme de ménage s’appelle Fatima et fais le couscous comme à Marrakech

  30. Guenièvre

    @ Impat, Roturier,
    Ah ! Mai 68 ! l’origine de tous nos maux si ce n’est de tous nos mots !
    Si Mai 68 a fait basculer notre société dans une nouvelle ère il faut voir aussi qu’il était dans la continuité des événements historiques antérieurs et l’aboutissement d’idées qui avaient mûri progressivement .
    « La « révolte » des gamins pourris et suralimentés » certes roturier, certes… j’avais 20 ans et je n’étais ni pourrie ni suralimentée . Je n’étais pas politisée, je n’ai pas beaucoup « participé » mais j’ai vécu cela comme une espèce d’explosion vitale avec une grande libération de la parole par rapport à un pouvoir qui était quand même très autoritaire. N’oublions pas que les carcans sociaux étaient encore très prégnants , que les tabous concernant par exemple la sexualité étaient nombreux . Je me souviens du sort réservé aux  » filles mères  » comme on les appelait à l’époque …pas très fraternel tout ça ! Que l’on ait fait sauté un certain nombre de verrous n’est pas mal. Après, on n’a pas su reconstruire et l’on n’est pas sorti de cette contestation de l’autorité et du dénigrement de soi , on s’est enfermé dans le nihilisme mais c’est une autre question qui concerne les politiques qui ont récupéré ce mouvement .

  31. hathorique

    Comme le dit très justement Guenièvre
    « N’oublions pas que les carcans sociaux étaient encore très prégnants , que les tabous concernant par exemple la sexualité étaient nombreux »
    la société française était complètement figée, bloquée, nécrosée.
    Par son triple aspect – universitaire, social et politique – l’explosion de Mai 68 a profondément ébranlé la société française par une remise en cause globale de ses valeurs traditionnelles, et a été le révélateur d’une crise de civilisation.
    Il présente deux versants idéologiques qui, séparés sur le moment, n’ont cessé d’innerver et d’influencer la société française, s’épaulant l’un l’autre, parfois mêlés.
    MAI 68 a commencé à Nanterre en mars 1967 par l’occupation du bâtiment des filles c’est donc à l’origine une histoire de chambrées.
    Mais les étudiants contestataires vont constater tout au long de mai 68 que les ouvriers ne veulent pas d’eux.
    Le 6 mai 1968, des milliers d’étudiants se pressent aux grilles, qui leur restent obstinément fermées, des usines Renault, à Billancourt, la « forteresse ouvrière » derrière une banderole :
    « Les ouvriers reprendront des mains fragiles des étudiants le drapeau de la lutte contre le régime antipopulaire. »

    Le PCF par l’intermédiaire de la CGT comme courroie de transmission veut conserver le contrôle de ses troupes, la première des luttes idéologiques de 68 a eu lieu entre les étudiants et les ouvriers considérant ces jeune gens comme des nantis fils de bourgeois oppresseurs du peuple donc d’eux mêmes .

    Ce n’est qu’après que les mouvements étudiants et ouvriers convergeront et pour une courte période,
    jusqu’au reflux des élections législatives de Juin 68 et l’arrivée massive des députés de droite à ‘lAssemblée Nationale puis l’année suivante après l’élection de Georges Pompidou dont la mandature écourtée par la maladie est plus importante que l’on s’accorde à le dire et la tentative de Chaban-Delmas appelant à une nouvelle société « prospère, jeune, généreuse et libérée » .

    D’ailleurs 68 marque le déclin du P.C des 21% de Duclos en 1969 aux 1,9% de Buffet en 2007 et de son effacement en tant que P.C.F en 2012 par la grâce d’un mélanchonesque front de gauche « vipère au poing »

  32. roturier

    Vous aviez 20 ans, La Dame 15:13, en mai 68? Nous sommes donc deux (approximativement…).

    Mais moi, j’étais sous d’autres latitudes et états d’esprit. Copieusement informés par les médias nous regardions de loin ce qui se passait en France incrédules, les yeux écarquillés. Voilà un pays, disions-nous, béni de paix et de prospérité et qui crache dans la soupe. J’abrège.

    Je maintiens que vous étiez (plusieurs ici) trop impliqués pour vous rendre compte, encore aujourd’hui, toujours pas de recul, à quel point ce n’était qu’une éruption d’acné juvénile. On a la nostalgie de son propre acné, n’est-ce pas.

    N’empêche que si cette « insurrection », largement inspirée du mythe révolutionnaire que je n’ai de cesse de vilipender, a fini par pourrir sur pied, il serait peut-être temps d’en fomenter une autre. Une tous les 50 ans…. Y’aurait-il un cycle français?

    Une autre en sens inverse, s’entend.

    Ne vient-elle déjà? De là où je suis je la vois plutôt brunâtre.

  33. Souris donc

    Le contexte était plus global. Déjà les Etats-Unis donnaient le la. Un la fortement anti-impérialiste et pour les droits civiques (Paix au Vietnam ! Assassinat de Martin Luther King).
    Ailleurs : Printemps de Prague, Ausserparlamentarischeopposition en Allemagne dans la mouvance Rudy Dutschke. Et Herbert Marcuse, le théoricien, qui faisait sa tournée de conférences en Europe en 68.
    Je ne crois pas qu’il se soit agi d’une simple métamorphose due au rejet des carcans sociaux.

  34. Roturier, je crois que vous vous trompez sur la nature de ce qui s’est passé dans les années 60 dans tout l’Occident, ce n’est en aucun cas une crise d’acné mais bien une crise de civilisation qui a été pressentie avant guerre par des penseurs comme Husserl (Krisis), Heidy le nazi, Rosenzweig mon préféré, et beaucoup d’autres. La catastrophe morale et culturelle de la seconde guerre mondiale a été suivie d’une profonde remise en question, la génération du baby boom a hérité une situation inédite et a fait comme elle pouvait. Je ne crois pas pour ma part que c’était là une crise de riches gosses gâtés, à l’est, sous la botte soviétique, les mêmes remises en question ont taraudé la jeunesse. On s’attache aux apparences, mais le vieux système moral, vidé de sa substance (religieuse entre autre), était à bout de souffle, tenait du simulacre : il est parti en lambeaux. La révélation judéo-chrétienne de l’horreur du bouc émissaire seule est restée dans toute sa nudité et s’est imposée à tous. Dès lors la course folle de la concurrence victimaire était engagée. Le souci de la victime du seul responsable de cette faillite, a fait naître un nouveau bouc émissaire : l’homme blanc (en string à paillettes).

  35. J’ai manqué votre commentaire,j’aurais tourné le mien autrement.

  36. Souris donc

    Je crois que les slogans faciles, il est interdit d’interdire, on occulté la dimension politique. Ne pas oublier les années suivantes imprégnées de guérilla urbaine, attentats, lutte armée.
    On s’en prenait aux symboles du pouvoir, les grands patrons étaient assassinés. Action Directe a assassiné Georges Besse, le patron de Renault, La Fraction Armée Rouge, Bande à Baader, a assassiné le patron de Daimler-Benz et du Medef allemand, Hans Martin Schleyer. Les Brigades Rouges ont assassiné Aldo Moro.
    Je me suis toujours demandé qui manipulait les leaders qui se révélaient assez pitoyables devant leurs juges.

  37. Guenièvre

    ce qui le caractérise, principalement, au-delà des tendances, des factions, des groupes, c’est la libération de la parole de la société et des individus par rapport à la parole officielle de l’Etat incarné par la figure du général De Gaulle

  38. Guenièvre

    je recommence …
    @ Roturier, Souris,
    « N’empêche que si cette « insurrection », largement inspirée du mythe révolutionnaire »
    Roturier, de sous vos autres latitudes, vous n’avez eu que les échos de la frange militante et politisée qui a effectivement rejoué l’histoire révolutionnaire passée , qui a remis en scène à la fois la Révolution, la Libération et la Commune de Paris …les maoïstes, les trotskistes, les situationnistes, tous les « istes » qui sont bien sûr des idéologues mais qui portaient aussi, comme le dit Skarda, une interrogation existentielle forte après cette catastrophe morale de la seconde guerre mondiale.
    Mais à côté de ceux-là il y a eu la grande masse des jeunes qui ont découvert une liberté de la parole incroyable auparavant. On ne peut comprendre Mai 68 si on ne voit pas que ce qui le caractérise, principalement, au-delà des tendances et des factions c’est avant tout cette libération de la parole de la société et des individus par rapport à la parole officielle de l’Etat . Un mois entre parenthèse où l’on discute de tout , où l’on s’interroge sur tout. Acné, si vous voulez, mais acné démocratique…
    Après que ce soient dit dans ces assemblées des bêtises incommensurables c’est vrai et le nihilisme qui s’en est suivi a été ravageur mais ce n’était pas joué d’avance . Il n’était pas écrit que la gauche allait pêcher dans ce bric-à-brac pour se composer un programme sociétal par exemple.

  39. Personne ne manipulait vraiment les leaders ou du moins c’était souvent l’occasion quifaisait le larron de la Stasi ou du KGB comme aujourd’hui les services des puissances islamiques ou apparentées. La haine de l’Occident se suffit à elle-même aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, c’est le seul carburant nécessaire à la machine infernale. Alain Peyrefitte disait il n’y a pas de révolutions du tiers-monde mais une révulsion de l’Occident (à qqchose près)

  40. BTW, il y a un Espagnol qui nous visite parfois, je le salue bien !

  41. Patrick

    Ou Ribéry !

  42. Patrick

    Tibor, une blanche vaut deux noires !
    Je parle de notes musicales bien sûr. D’ailleurs, celui qui a inventé cela doit être un blanc raciste.

  43. roturier

    C’est presque attachant. Baby-boomers impénitents que vous êtes. Post soixante-huitards attardés. Ouvrez les yeux.

    Mon attaque frontale (août 2012) contre le mythe révolutionnaire prétend entre autres ceci:
    « …Le pays actuel ne doit au 14 juillet 1789 que sang et larmes. Sa réelle genèse remonte à…. l’émergence d’une classe ouvrière et d’une classe moyenne, issues d’une révolution vraie: l’industrielle du 19ème siècle ».

    Il en va de même pour le mythe soixante-huitard.

    Tout ce qui ne s’éjacule pas par la voie naturelle monte à la tête. C’est la contraception massive, relayée en France par la loi Neuwirth (RIP) de 1967, permettant l’heureuse présence des femmes partout, le tout sur fond d’insolente prospérité économique, qui a engendré les changements d’état d’esprit que vous attribuez à mai 68. Vous confondez cause et effet.

    L’assassinat de Besse, d’Aldo Moro, de Schleyer et d’autres caciques par des poignées d’illuminés ? Prenez le recul nécessaire pour placer ces micro-évènements dans le tableau général et vous le verrez disparaître.

    Ne pas oublier que la plus forte manif de mai 68 était celle du 31; la vérité remontait à la surface, là.

    Et ne pas confondre avec les US qui, eux, avaient, au Vietnam, un véritable problème à l’époque.

  44. Souris donc

    Certes, Mai 68 ou pas, la pilule, comme d’ailleurs la démocratisation de la voiture et l’ouverture sur le monde par le TV, auraient abouti à un moindre contrôle social par la famille et l’entourage, à plus d’individualisme et d’hédonisme.

  45. Souris donc

    @ Guenièvre

    Après, on n’a pas su reconstruire et l’on n’est pas sorti de cette contestation de l’autorité et du dénigrement de soi, on s’est enfermé dans le nihilisme mais c’est une autre question qui concerne les politiques qui ont récupéré ce mouvement.
    (Guenièvre 15 :13)

    Les convulsions qui ont suivi et que nous connaissons sous d’autres formes sont issues de l’émergence de l’extrême-gauche (avec sa version bio, l’écologisme) qui a mis la main sur l’histoire des idées par le biais de la sociologie, ce sport de combat. L’extrême-gauche à teinture sociologique est le produit des campus américains, en droite ligne de l’anti-impérialisme et de la lutte pour les droits civiques, qui obligeait à se repositionner par rapport aux minorités forcément opprimées, d’où les mesures antiségrégationnistes, les quotas et la discrimination positive. Avec, logiquement, la négation de la différence, de toutes les différences, amenant aussi le gender. Bric à bras importé par l’extrême-gauche française, dans l’imitation servile avec un temps de retard.
    L’ultime avatar est le frivole et inconsistant bobo, et le tout aussi inconsistant Hollande.

    Il n’était pas écrit que la gauche allait pêcher dans ce bric-à-brac pour se composer un programme sociétal par exemple.
    (Guenièvre 19 :33)

    Si Guenièvre, si ! Hélas.

  46. roturier

    Jawohl !!!

  47. roturier

    Qui écrira les méfaits de l’égalitude?
    Qui expliquera que notre survie dépend de notre capacité de discernement, qui, elle, passe par les mots?
    Et que le terrorisme spirituel interdisant de dire que A est différent de B en les appelant différemment sape les fondements de notre survie en nous privant de mots?

  48. Les radicaux américains ont effectivement exporté leur terrorisme intellectuel, mais le terreau était fertile : « tout anticommuniste est un chien ! » Que le mouvement vienne des campus ne le discrédite pas a priori, la lutte pour les droits civiques était une noble cause et si je sois être catalogué comme soixante-huitard attardé pour cela tant mieux, je n’avais que douze ans en mai 68 et ma mère était soignée à Paris, très loin de moi, elle avait un cancer, je me foutais un peu des affaires du monde. Ceci étant, s’il y avait la guerre du Vietnam aux U.S., il y avait eu à peine quelques années plus tôt les guerres de décolonisation en Europe, en France en particulier, il n’y a pas de bonnes raisons d’un côté et de mauvaises de l’autre, ce n’est pas l’hédonisme la cause, pas plus que la pilule et la féminisation de la société qui s’inscrivent dans une schéma d’ensemble.
    Emmanuel Lévinas a écrit « Totalité et infini » dans les années cinquante (parution en 1961), il n’était pas plus que moi à la même époque (j’avais cinq ans) influencé par les radicaux américains. Les racines de sa pensée à cette époque plongent directement dans la Shoah, sa méditation sur l’autre (le visage), n’a rien et tout à voir avec le mouvement des droits civiques. Rien, en ceci que ses sources sont Husserl et Rosenzweig qui ne sont pas la tasse de thé des radicaux américains, tout, en ceci que l’ouverture vers l’autre est le premier moment de la crise des années soixante. Bien sûr Marcuse était plus à la mode que Lévinas, mais justement la pensée de Lévinas qui a entre autre influencé Finkielkraut n’est pas réductible aux modes de cette époque et pourtant c’est la même préoccupation qui le motive : l’autre.
    Faire comme si, puisque nous sommes dans la métaphore cosmologique, le trou noir de la Shoah n’avait aucun impact sur les évènements de ce temps (qui est encore le nôtre) est de l’aveuglement. Comme le trou noir du cosmos, elle absorbe tout, tout en Occident revient à elle. L’absurdité de la haine de l’autre: « je te réduis à l’état de chose mais tu dois en être conscient. » a profondément marqué les esprits d’autant plus qu’ils étaient jeunes et épris de pureté. Réduire ce mouvement à une crise d’adolescence est une commodité qui permet d’éviter la question essentielle, comme tout mouvement de pensée il se fige dans des expressions tout à fait détestables, et le rejet de la haine de l’autre s’est transformée en haine de soi (encore une question d’ego). L’égalité n’est pas le fond du problème, mais bien l’ouverture à l’autre : je ne peux, pour ma part, renier ce fondement, ce que je n’admets pas c’est qu’au nom l’ouverture à l’autre on tolère que l’autre se ferme et continue de nous haïr : la haine de l’autre est injustifiable aussi bien chez moi que chez l’autre.

  49. Guenièvre

    @ souris,

    « Certes, Mai 68 ou pas, la pilule, comme d’ailleurs la démocratisation de la voiture et l’ouverture sur le monde par le TV, auraient abouti à un moindre contrôle social par la famille et l’entourage, à plus d’individualisme et d’hédonisme. »

    Je suis bien d’accord souris, Mai 68 n’a été qu’un accélérateur de réformes qui, de toute façon , auraient sans doute eu lieu. Sur le principe d’autorité aussi, bien avant 68, on assistait à un assouplissement des règles considérées comme trop sévères, l’éducation n’était plus seulement vue comme un « dressage », les différentes écoles « anti autoritaires  » gagnaient du terrain dans les esprits. Et, bien sûr, la pilule et la TV et toutes les découvertes technologiques auraient, même sans Mai 68 , fortement changé les mentalités. C’est bien pour cela que je trouve qu’il est inutile de « vilipender » mai 68 pour reprendre la formule de roturier. Cela n’a été qu’un catalyseur, rien de plus. Cela n’empêche pas qu’il présente certaines caractéristiques comme une libération de la parole sans précédent.
    Enfin, en ce qui concerne « la reprise par la gauche de ces thèmes  » je veux dire qu’il y a toute une tradition républicaine à gauche qui, même si elle suivait cette évolution, n’a jamais considéré que cela pouvait constituer un  » programme politique  » en soi.
    @ roturier,
    Que veut dire  » post- soixante huitards attardé  » ? On doit faire une analyse de ce qui s’est passé sans complaisance mais sans considérer que cet événement est responsable de tous les maux.

  50. Souris donc

    Tout anti-communiste est un chien.
    Précisément, les intellectuels français, empêtrés dans leur vénération du communisme, ont opéré un tri sélectif dans la pensée de l’Ecole de Francfort, dont Marcuse est issu, qui avait mis en évidence l’essence totalitaire identique du nazisme et du communisme. Quand les leaders d’opinion de l’époque se sont éloignés de l’URSS, ce fut au prix de contorsions, non pas idéologiques, mais quasi-hagiographiques. Signoret-Montand admettaient être troublés par les chars russes à Prague, ou par les dissidents. Les Soviétiques exagèrent un peu mais au fond ce sont de bons bougres et le communisme n’a pas à être condamné. Et ça dure toujours. Voir le sort fait au Livre Noir du Communisme.

  51. roturier

    Mais non, La Dame; je ne considère pas que mai 68 est responsable de tous les maux.
    Comment une éruption d’acné juvénile peut-elle être responsable de tous les maux?

  52. roturier

    « Bilan globalement positif », disait ce clown de Marchais.

  53. Oui, Souris ! Contorsions ridicules est bien le mot, un peu comme le regard pudiquement détourné des explosions de joie dans le monde musulman le 11 septembre 2001 ou l’infâme article de Baudrillard paru dans le Monde. Au nom de l’ouverture à l’autre on refuse de voir la haine qui l’anime.

  54. Mai 68 aura été le détonateur, le signal de départ pour quantité de frustrés, planqués dans les CNRS et autres fromages. Ils se sont répandus dans les sphères de pouvoir (y compris l’Église catholique) à coup de prémonitions sociologisantes, fondées sur des « études » dont ils étaient l’auteur et le sujet. À des notables secoués par la violence et la durée de l’éruption, ils allaient expliquant que ce serait plus grave la fois d’après et qu’ils avaient les méthodes pour y parer. De conseillers il sont devenus chargés de mission, puis sous-secrétaires d’état, puis ont atteint des postes plus en vue. Mais comme ils ne savent que prédire, la communication est devenu leur seul domaine de compétence, l’action leur échappe, le réel ne fait pas partie de leur champ d’investigation. Ratons-laveurs, homosexuels, femmes mal loties, élite des minorités, marginaux de toutes les bordures, ils ont réussi à infléchir la pensée de tous ceux qui publient, forment, agissent. On n’agit plus que pour ne pas désespérer davantage Leonarda, Boubakeur, Dekhar, Merah, Hamon, Lienemann, Thuram… On n’agit plus pour combler des manques mais pour ne pas creuser des trous béants. Mai 68, sous couvert d’émanciper la sexualité a castré toute l’élite d’un pays.
    La France est une morne partouze d’eunuques.
    Ou presque….

  55. Lector

    merci pour le Musset Hathor et à travers l’oeil d’Horus ou par la voix de Tabouis ; il y avait un pseudo « Geneviève Tabouis » au mvt démocrate fait que… j’ai beau faire cadet… enfin, tout le monde ne peut avoir 120 ans, sommes pas sur « la belle verte »…

    (PS erratum est : « cet » à la place de « cette »… pas grave…)

  56. Guenièvre

    Le PCF était au départ contre le mouvement de mai 68 :
    Dans l’Humanité du 3 mai 1968 Georges Marchais dénonce les pseudo-révolutionnaires « unifiés dans ce qu’ils appellent le “Mouvement du 22 mars – Nanterre”, dirigé par l’anarchiste allemand Cohn-Bendit » et « dont l’agitation va à l’encontre de la masse des étudiants et favorise les provocations fascistes ». (…) « Ces faux révolutionnaires doivent énergiquement être démasqués car, objectivement, ils servent les intérêts du pouvoir gaulliste et des grands monopoles capitalistes ». Plus tard il essaiera de le récupérer.
    La plupart des mouvements gauchistes étaient opposés au parti communiste : être qualifié de « stal » était l’insulte suprême. Beaucoup de ceux que l’on a appelé « Les nouveaux philosophes  » et qui ont dénoncé le totalitarisme communisme dans le milieu des années 70 avaient participé à Mai 68. Stéphane Courtois qui écrivit  » Le livre noir du communisme » était aussi un ancien de Mai.

  57. Cher Rackam, content de vous voir descendre de votre Aventin. Je ne crois pas que les étudiants de Nanterre occupaient beaucoup de postes au CNRS en 1968, il est facile de charger la mule et d’oublier les multiples compromissions et manquements de nos élites bien avant que les baby-boomers arrivent au pouvoir, facile d’oublier leur mollesse et leur hypocrisie. Encore une fois mai 68 est un prétexte bien commode pour ne pas regarder l’ensemble du tableau, l’effondrement du monde occidental en général (effondrement encore relatif d’ailleurs) et de notre pays en particulier à des racines plus profondes, le big bang n’a pas eu lieu en 68. Mornes partouzes aujourd’hui, orgies dionysiaques hier (des millions de morts, le grand sacrifice). Je n’ai pas de tendresse particulière pour le gouvernement actuel, ni pour Super Nova, ni pour Mélenchon, mais si l’on veut juger de la situation actuelle on ne peut se limiter à critiquer la libération des moeurs, le changement des mentalités sans en comprendre les causes. Je soutiens que le grand sacrifice dionysiaques explique certainement mieux la morne partouze actuelle que les débordements estudiantins des années soixante qui étaient eux-m^mes la conséquence de la grande bacchanale.

  58. rackam

    TIbor, vous ne lisez que ce que vous n’avez pas envie d’entendre, et encore, dans le cas présent ce que vous me reprochez ne s’y trouve pas! Mais je manque de temps pour enfoncer votre nez mutin dans le potage que vous avez renversé. A la niche! 🙂

  59. Souris donc

    Donc, en fait, les cocos ne sont pas les vaches sacrées que je pensais ?
    La France n’est-elle pas le dernier pays européen à avoir encore un PC ?

  60. Souris donc

    On n’agit plus que pour ne pas désespérer davantage Leonarda, Boubakeur, Dekhar, Merah, Hamon, Lienemann, Thuram… On nie le réel quand il demande de l’action. Le champ d’investigation va se cantonner aux minorités
    …dont les Américains s’aperçoivent maintenant que le taux de fécondité rendra les blancs minoritaires dans une génération, et en France on va continuer d’occulter (et interdire d’en parler) le grand remplacement initié par le regroupement familial de Giscard.
    Et puisque la gauche refuse d’aborder le réel, ne lui restent plus que la posture et le défoulement.
    Ainsi le meeting de Harlem hier soir contre le racisme et pour Christiane Taubira. On ne peut plus allumer un JT sans éclater de rire devant tant d’insignifiance. Hollande hébété, Leonarda, le racisme, la banane de la honte.
    On en est là. La sociologie de l’à-peu-près militant, mise en œuvre par Monsieur Homais.

  61. Même avec un smiley, je n’apprécie pas de me faire traiter de chien…

  62. Skarda, c’est vrai, il aurait pu au moins préciser sur-chien… 🙂

  63. Une chose m’étonne, tous les arguments ici évoqués et invoqués à propos de mai 68 mentionnent les faits et méfaits de ce célèbre mois sur les mœurs, sur la parole, sur la liberté. Et personne ne parle de ce qui à mon sens reste la conséquence majeure de ce bouillonnement, conséquence néfaste hélas.
    C’est mai 68, concrétisé par la loi de novembre 1968 initiée et défendue par Edgard Faure, qui a enclenché le désastre de l’éducation nationale par la priorité donnée au plaisir (de communiquer, d’apprendre, de jouer, de contester…) sur l’autorité et sur l’effort. Cette éducation nationale ne s’en est jamais remise et ne s’en remettra pas. Rien n’est plus important.

  64. roturier

    Super, la bête.
    Mais pas forcément malheureux.
    On dirait au contraire un gâté-pourri à sa maman qui manifeste son cahier des doléances.
    Comme en 68.

  65. Guenièvre

    Non, Impat, c’est seulement à partir de 1989 ( Jospin et les IUFM) que tout a été systématisé et obligatoire . C’est à cela que je faisais allusion plus haut. Tant que le politique n’a pas rendu obligatoires ces méthodes anti autoritaires et ces pédagogies nouvelles on avait de tout dans l’enseignement : des cours magistraux , encore beaucoup de cours magistraux, des travaux en groupe, des profs très traditionnels, d’autres plus « pédagogie Frenet », certains passaient de l’un à l’autre et finalement chaque enfant pouvait y trouver son compte…

  66. roturier

    Effectivement.
    Les manifestants de mai 68 sont devenus adultes, parents et enseignants démissionnaires pendant les décennies suivantes.
    L’interdiction d’interdire n’a pas fini de faire des ravages.

  67. roturier

    Guenièvre 17:15.
    C’est en 1989 que les manifestants de 68 atteignaient les postes de commandement dans l’EdNat et ailleurs. Jospin en est un bel exemple (enfin…bel….je me comprends).

  68. roturier

    Ceci vous mettra de bonne humeur (sauf erreur la presse française est muette à ce sujet):
    http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/france/10463306/Half-of-Frances-active-workforce-living-off-state.html

  69. Guenièvre

    @ souris,
    « Donc, en fait, les cocos ne sont pas les vaches sacrées que je pensais ?
    La France n’est-elle pas le dernier pays européen à avoir encore un PC ? »

    J’ai dit seulement que le PCF n’avait rien compris au mouvement de mai 68 et qu’il s’en était toujours voulu d’ailleurs car il aurait aimé en récupérer les potentialités . Le PC pensait  » collectif » , il est complètement passé à côté des revendications individualistes et du mouvement des femmes par exemple. Dans les années 70 le service d’ordre de la CGT s’affrontait aux manif des féministes, il y a eu des bessées . Les haines étaient terribles entre les gauchistes et les cocos vous savez !
    Le communisme est mort en tant que force politique , mais, et c’est sa revanche, il continue, en France plus qu’ailleurs à imprégner les mentalités. Il subsiste en tant que mythe en tant que rêve , en tant qu’utopie . Il est ancré dans la culture, dans le social, dans l’éthique de millions de français au point qu’il est encore bien difficile d’en écrire une histoire objective sans soulever des indignations.
    Lire le livre de Marc Lazar :  » Le communisme, une passion française « 

  70. roturier

    Et pourquoi, La Dame, « Le communisme….continue, en France plus qu’ailleurs à imprégner les mentalités »?
    N’est-ce pas dû à l’omniprésence du mythe révolutionnaire en France? Renouvelée tous les 14 juillet?
    Pardon… J’en fais une fixation….je sors.

  71. Guenièvre,… « systématisé et obligatoire . »
    Oui, la graine a germé en 1989. Mais elle avait été semée en 1968. Une telle graine, ce n’est pas une rose, ça germe en plusieurs années… 🙂

  72. Guenièvre, en revanche ce que vous dites sur le communisme encore chaud sous sa cendre en France me parait d’une vérité incontestable. Le pays hélas n’a pas fini d’en souffrir. Plus longtemps que la Russie !

  73. roturier

    Déjà dit par humble serviteur 17:20.

  74. roturier

    C’est peu dire, Impat 18:10.
    La Russie a fait son aggiornamento de sa révolution, enterrée sans gloire ni regrets. Pour cause.
    La France porte toujours la sienne au pinacle.

  75. Guenièvre

    « Oui, la graine a germé en 1989. Mais elle avait été semée en 1968 »

    Bien avant Impat, bien avant, la plupart des théories de l’éducation anti- autoritaire se sont élaborées à la fin du XIX è siècle . Mai 68 n’a fait que reprendre tout cela .
    http://www.colibris-lemouvement.org/revolution/revolutionner-leducation/petit-lexique-des-pedagogies-differentes

  76. Guenièvre

    @ Impat et roturier pardon !

  77. Guenièvre

    Lire l’explication de Marc Lazar qui me semble assez convaincante :
     » Le communisme a cristallisé quelques unes de nos dispositions culturelles et certains de nos penchants politiques ( la passion du social, la passion du bonheur, la passion de la Nation, la passion totalitaire ( tiens cela vous fera plaisir Roturier 🙂 ) ! et la passion soviétique. En retour le communisme a modelé en profondeur la France , son esprit, son imaginaire, son mode d’être ou encore ses comportements. « 

  78. roturier

    Effectivement qu’il parle de passion totalitaire me semble pertinent. Je dirais plutôt absolutiste.
    Cela dit, il ne met pas les points sur les i (au moins dans ce passage) vu qu’il ne cite pas la Révolution Française et son mythe et le rapport réciproque de cause à effet entre le mythe révolutionnaire et le mythe communiste.
    Car c’est ça, la grosse casserole.

  79. Guenièvre

    Mais si il le dit clairement : le parti communiste se place dans la continuité de la Révolution française en reprenant l’idée bien répandue qu’elle n’était qu’un bloc et que la Terreur se justifiait par le contexte …

  80. rackam

    Le communisme (marxisme-léninisme, gramscisme etc.) comme une braise encore rougeoyante sous les cendres qu’on croit éteintes… On va se faire braiser encore longtemps.

  81. … « On va se faire braiser encore longtemps. »…
    Oui Rackam, sans en avoir l’r.

  82. rackam

    La gauche terreau de la violence sous couvert d’un pacifisme bonasse… Les articles se multiplient, en France et ailleurs pour souligner que notre pays glisse vers une dictature masquée (économique, sociale, libertés publiques, pensée etc.). Bref, tout ou presque ce que la Révolution était supposée éradiquer. « Ôte-toi de là que je m’y mette, je ferai pire que ce que je te reproche »….

  83. Souris donc

    Masquée la dictature ? En écho à votre remarque, Rackam, ce commentaire chez Rioufol :
    « La dictature gauchiste pseudo-démocratique est plus subtile que ça. Elle s’appuie sur l’assentiment d’un nombre suffisant de gens. Le goulag n’est plus un camp matériel où on enferme le délinquant, c’est une exclusion sociale, un mur de verre qui se construit autour des personnes rejetées par le système et victimes de tracasseries sans fins. Mais on ne déploie pas l’armée, pas plus qu’on ne leur tire une balle dans la tête dans une arrière salle de la Loubianka. On les assassine au portefeuille, on brise leur carrière, on les assigne en justice pour des bêtises et on leur colle de juteuses amendes, on les prive d’audience et on s’arrange pour que la majorité des gens les regarde avec réprobation en leur collant une méchante étiquette sur le dos. Sans oublier d’éventuels redressements fiscaux. Voilà comment fonctionne notre subtil goulag. »
    http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2013/01/bloc-notes-la-resistance-de-la.html#comment-524986
    Article La résistance de la société civile à la pensée dominante / Commentaire du 20/01/2013 16h19

  84. Souris donc

    Edgar sans D, Impat.
    Et juste avant la Mitte et Jospin, il y a eu René Haby, les cycles contre le redoublement ( ?)
    Sur les murs du Quartier Latin :
    L’Habycyclette, la réforme des cycles, c’est son rayon !

  85. Souris donc

    Les articles se multiplient, en France et ailleurs.
    Oui, j’ai vu un reportage dans la presse allemande étonnée par les huées (Hollande verbuht) sur les Champs-Elysées le 11 novembre, que les JT ne nous ont pas montrées. Avec l’interview d’un ancien aomônier militaire à qui on a demandé ses papiers parce qu’il portait une croix.

  86. Je prie Tibor, le plus skardanellesque de nos compagnons, d’excuser les termes que j’ai employés pour montrer ma déception de le voir m’attribuer les pensées d’un autre. Le chien, c’est moi. D’ailleurs je suis anticommuniste.

  87. roturier

    Renoncez-vous à Satan pendant que nous y sommes?

  88. Ah, Rackam ! Cela me va droit au coeur, vraiment. J’ai mal compris ce que vous disiez car effectivement j’étais coincé mentalement dans un autre débat. Nous sommes donc deux chiens, je suis anticommuniste moi aussi ! Enfin, je le suis devenu, de là toute l’ambiguité de ma position : on peut renier des idées, pas ce qui les a inspiré.

  89. Souris donc

    Adorable boule de poils qui hurle à la mort, parce qu’il entend une sirène (ou autre son qui le fait souffrir). Bébé labrador sable ? (mais ils ont un peu de beige autour de la truffe). Bébé husky ? (mais ils ont les yeux bleus).

  90. J’adore cette photo, elle me fait penser à mon vieux Golden Retriever lorsqu’il est arrivé à la maison, il était plus poilu, à peu près tous les chiots et chatons me font craquer.

  91. QuadPater

    on peut renier des idées, pas ce qui les a inspirées

    Bravo Tibor si c’est de vous et bravo si ce n’est pas de vous (pour l’avoir sortie à bon escient).
    Mais laissez-moi pinailler un peu : moi je n’ai rien renié, j’ai toujours quasiment les mêmes valeurs qu’à 25 ans, mais elles sont aujourd’hui portée par la droite. C’est la gauche qui, en s’orwellisant, m’a renié… ou qui s’est reniée elle-même. 😉

  92. Guenièvre

    Quad, c’est bien l’impression que j’ai aussi …

  93. Les deux commentaires ci-dessus sont exemplaires d’un malentendu qui étouffe la France.
    Ce malentendu réside dans la croyance répandue que la gauche française et ses valeurs peuvent améliorer le sort des plus défavorisés. Or elles les accablent, par au moins deux raisons: l’état d’esprit forcené d’égalité et le désastre économique.
    Ce sont les méthodes et « recettes » libérales qui améliorent davantage les sort des défavorisés. En particulier par leur effet sur le chômage.
    Il suffit de voir les sondages sur le pessimisme et l’optimisme comparés entre les pays plus ou moins libéraux d’une part, la France d’autre part.

  94. Guenièvre

    Oui, je l’ai dit, cela dépend de la mythologie familiale. On m’a appris très tôt que notre famille devait beaucoup au Front Populaire. Mais Impat, on est aussi capable de réfléchir 🙂 et de se déprendre de ses préjugés. Non, il y a eu aussi , en 40 ans, sur certains points, une inversion des valeurs. Ce n’est que relativement récemment que la gauche défend par exemple l’idée d’une France de la diversité. Jusque dans les années 60 elle était assimilatrice et elle prônait l’unité contre tous les particularismes.

  95. Je vous suis, Guenièvre. C’est en pensant au type de réflexions dont vous faites état que plus haut j’avais mis « française » en italique. J’aurais même dû préciser « la gauche française actuelle ».
    Cette gauche française actuelle ne ressemble ni à la gauche française des générations précédentes, ni aux gauches des autres pays.

  96. Quad, merci, si ce n’est pas de moi, je ne sais pas où j’aurais pu le lire, je m’en attribue donc la paternité.
    Mais foin de la vanité ! Il y a vraiment des idées que je renie et qui sont portées d’abord par la gauche.

    L’État n’est pas la solution mais le problème, il doit à tout prix être contenu dans ses fonctions régaliennes, il est illusoire de croire que l’on peut redresser les inégalités sociales par l’impôt, il est dangereux de laisser des bureaucrates décider de tout, le statut de fonctionnaire devrait être restreint, voire supprimé sauf pour la justice, la police et l’armée. Tout citoyen peut-être assermenté nul besoin qu’il soit fonctionnaire.

    La liberté de parole est un droit imprescriptible : plus de loi mémorielles, plus de délit d’opinion aussi rebutants soient certains propos.

    Les syndicats doivent être libres et ne doivent en aucun cas être subventionnés par l’État.

    Pas d’impôt progressif, et plafonnement.

    Aides sociales minimum et strictes.

    Valorisation de l’armée et de la police.

    Pas de naturalisation automatiques, cérémonies solennelle de voeux de fidélité à la constitution et au drapeau.

    Interdiction de porter atteinte au drapeau, à l’hymne et au représentants élus de la Nation.

    Je dois en oublier, mais si cela n’est pas renier ce que je pensais à 20 ans alors la notion même de reniement est vide de sens.

  97. Pas de subventionnement d’entreprises privées sous quelque forme que ce soit !
    Pas de nationalisation.
    Pas d’entreprises d’État.

  98. In cauda venenum !!!
    Mais ce venin-là est une clé du succès.

  99. roturier

    Preuve que la masturbation ne rend pas aveugle.

  100. roturier

    Non, Tibor 15:18; parce que vous savez écrire.

  101. roturier

    Quel magnifique mouvement de va et vient, Tibor (Impat s’y met aussi souvent). Soulagement garanti sans conséquence aucune.

    Nous sommes en démocratie, n’en déplaise. La gouvernance française est ce que nous avons voulu qu’elle soit. Pour aboutir à vos vœux pieux c’est le peuple qu’il faudrait changer.

    Si nos politiciens avaient cru un seul instant que bien faire le boulot de gouvernant garantirait leur réélection on n’en serait plus là depuis longtemps. MAIS nous leur démontrons le contraire sans cesse.

    C’est la raison pour laquelle les bonnes mesures ne seront jamais adoptées en démocratie.

    La mécanique démocratique est implacable : des mesures utiles en temps de crise sont forcément difficilement acceptables, souvent incomprises, lourdement impopulaires et excluent la réélection au prochain scrutin, portant l’opposition au pouvoir.

    L’opposition qui en bénéficie des fruits, n’ayant plus le sale boulot à faire.

    C’est pourquoi vos souhaits resteront vains. La démocratie est un excellent système de gouvernance lorsqu’on n’en a pas besoin ; lorsque ça va tout seul. Pas en temps de crise.

    CQFD.

  102. Skarda, la privatisation de l’éducation sera probablement la mesure à la fois la plus urgente, car le reste en découle à terme, et la plus accessible. Elle sera en même temps un extraordinaire symbole montrant que tout est possible.
    Se rappeler Billancourt: qui aurait pu imaginer un instant que Renault, icône du prolétariat cégétiste dans les années 50/60, pourrait devenir un jour une entreprise privée à succès ? Qui ?
    C’était impossible, comme était impossible la chute du mur de Berlin et la libération des peuples de l’Est. Impossible.

  103. Je suis moins optimiste que vous Impat, nous chérissons trop les causes de ce dont nous nous plaignons. La droite est majoritairement étatiste en France, la gauche n’en parlons pas, il faudrait un tsunami pour balayer tout ça, peut-être est-il en train de se préparer lorsque la dette s’écroulera sur nous, lorsque nous serons virtuellement en cessation de paiement.

  104. Skarda, oui il faudra un raz-de-marée. Nous sommes là pour ça, non ?

  105. roturier

    Irais-je jusqu’à dire que votre 16:58 réitère mon 16:01?

  106. Mais pour ceux que les plaisirs du dieu Vulcain rebutent, je maintiens que la crise du monde Occidental a des causes qui sont d’abord spirituelles. Pour revenir à Husserl on sait peu qu’il regrettait l’union de la foi et de la raison qui prévalait au moyen-âge, ses recherches, son ambition, étaient de donner à la philosophie un socle qui lui éviterait sa fragmentation actuelle (c’était aussi l’ambition de Kant), il craignait par dessus tout une science purement factuelle qui éloignerait le chercheur de la raison même de son activité (science sans conscience…). La philosophie a vidé la religion de sa substance, puis la science positive a vidé la philosophie de sa substance. On voudrait aujourd’hui en Occident croire que le positivisme répond à toutes les aspirations humaines, c’est la forme la plus aboutie du nihilisme.
    « La multitude se rassasie comme des troupeaux. »

  107. Arrêtez les métaphores animales, Tibor, ça m’inspire… :):):)

  108. Souris donc

    Mao a dit :
    Quand le singe est trop lourd, la branche casse.

  109. Guenièvre

    Ah ! Tibor ! de toute conversation vous savez fort bien tirer le jus philosophique…:-) !

  110. À propos de singe je préfère ce que disait Montaigne, et je n’ai aucune pudeur.

  111. Ne soyez pas vache Rackam, Hathorique suffit.

  112. C’est Roturier qui me provoque en parlant de masturbation, et comme chez moi c’est compulsif je cède à mes pulsions.

  113. Guenièvre

    Cherchez « Les tremblements de terre » Tibor pour rajouter à votre compilation de chansons …

  114. roturier

    Comment ai-je osé parler de masturbation alors qu’il y’a question d’Husserl et de kant?

  115. Je vais regarder, comme Roturier m’inspire dans ce registre je vais peut-être pousser la chansonnette.

  116. Ah, mille mercis Guenièvre ! Je dédie ces couplets à ce brave Roturier 🙂

    Les tremblements de terre,
    La foudre et le tonnerre,
    Ne sont pas ce que l’on dit. (bis)
    Mais quand la terre tremble,
    Ce sont les dieux qui se branlent,
    Au fond du paradis. (bis)

    C’est le beau Ganymède,
    Qui tient la pine raide,
    Au puissant Jupiter. (bis)
    Il la branle en cadence,
    Les couilles se balancent,
    Jusqu’au fond des enfers. (bis)

  117. Je me sens d’humeur divine tout d’un coup !

  118. Les enfers, c’est Heidy le nazi !

  119. Je propose un rendez-vous festif à Sarlat au printemps où nous chanterons des chansons de France (les grivoises aussi) je fournirai le vin et le pain, les autres apporterons la charcuterie et le fromage.
    Ce ne sont pas paroles en l’air.

  120. Fromage nantais: le Curé. Sic. Vérifiez.

  121. hathorique

    Tibor beau programme de réjouissance avec peut être comme thèmatique du gender :

     » L’universalité de l’homme et la temporalité du genre humain dans les grottes périgourdines au paléolithique supérieur berceau de la civilisation européenne »

    En fin de banquet nous célèbrerons

    – la paimpolaise et ses balaises
    – la sarladaise et ses lardons

  122. Oh, oui, ce sera très bien comme thème Noble Lionne ! Être (joyeux) et temps (de vivre) dans le Périgord Noir, nous ne laisserons pas le choix aux lardons de la Sarladaise, ce sera frits et pis c’est tout, quant aux balaises de la Paimpolaise on pourra lui en trouver de beaux spécimens à Périgueux ou à Brive deux villes ayant le goût du travail bien fait de ce point de vue, ont raconte que pour sélectionner les joueurs de rugby dès le plus jeune âge on jette les nouveaux-nès au plafond et on ne retient que ceux qui s’accrochent aux poutres. Je prépare les invitations.

  123. De mon temps, c’était majoritairement des gens de droite. J’imagine bien que cela a pu changer ensuite, l’humanitaire méprisant j’imagine bien…

  124. roturier

    De l’art d’enterrer un sujet sous la paillardise et la boustifaille.
    On ne descend pas de Rabelais pour rien.

  125. Guenièvre

    C’est vrai Roturier, on ne descend pas de Rabelais pour rien. Mais on « n’enterre pas le sujet » , bien au contraire, chez Rabelais cela marche ensemble : le populaire et le savant, le plaisir et le philosophique, la plaisanterie et le rêve humaniste, la gaudriole et la sagesse.

  126. roturier

    Certes, La Dame. Rabelais possède cette stature de géant qui permet d’avoir la tête dans les étoiles et les charentaises sur le plancher des vaches.
    Rarissime, la stature. Attendons donc voir si le sujet est enterré;

  127. Ah, mais on a toujours une réponse en chanson, aux tristes propos, dernier couplet des tremblements de terre:

    Dans un boxon d’Athènes,
    Le puissant Démosthène
    Enculait Cicéron. (bis)
    Le jus philosophique
    Des pines helléniques,
    Coulait à gros bouillon. (bis)

    Le jus philosophique Roturier, il n’y a que ça de vrai.

  128. Avec celui de la treille bien sûr !

  129. roturier

    Mille excuses d’avoir rompu le charme de la bacchanale.
    Mais la masturbation me laisse un goût d’inachevé.

  130. roturier

    Allez. A mon tour de copier-coller:

    La belle Diane, lasse
    Des plaisirs de la chasse,
    Dort au fond d’un vallon. (bis)
    Elle sent avec délice
    Glisser entre ses cuisses
    Le beau vit d’Apollon. (bis)

    Mais je n’irai pas jusqu’à namedropper Husserl.

  131. Cette accusation de name dropping est misérable, elle suppose que je n’ai pas lu attentivement ceux dont je parle, pure méchanceté.

  132. La méchanceté est rarement pure. Elle cache ou révèle, elle surligne ou estompe, de bien viles inspirations dont les noms seront tus ici. Dormez en paix Tiborinou, nul ne vous veut misère. Nul qui construit. Nul qui estime. Nul qui est capable d’empathie.

  133. roturier

    N’empêche qu’il était question (29/11 13 :53 et bien d’autres) de propositions-doléances sur le thème « que faut-il faire de la gouvernance française » et comment. Difficile mais concret.

    Et nous voilà perdus dans les chansons paillardes, la bouffe et le bavardages stratosphériques hors sujet : « crise du monde occidentale »…. ; Husserl, Kant avant le fromage ; Confucius après ?

    Noyer le poisson, tout ça. Du philosophico-digestif de déjeuner dominical. Va nulle part.

  134. La gauche s’enfonce encore plus bas que prévu, voilà qu’elle prévoit de baisser la TVA sur les capuchons de latex à destination des coïts extra conjugaux ( i.e. préservatifs). Sic. Sur le site du Figaro.fr de ce jour.
    Comme si le loquedu de base, au moment d’emballer sa mousmé, allait se dire: c’est moins cher, j’en chausse un. À pleurer, la gauche sex and drugs and Porquerolles! J’en pleure d’ailleurs.

  135. Une chose m’étonne de la part de ce PS. Ils n’ont pas encore décrété que ce « capuchon de latex » serait désormais obligatoire avec présence policière pour contrôler.
    L’idée doit être dans les cartons.

  136. Pour ceux qui suivent, même l’inactuel: en écho à un fil ancien relatif à la monarchie, un ouvrage récent, qui, quoiqu’orléaniste, est assez éclairant.
    http://www.politiquemagazine.fr/une_esperance_pour_la_france.html

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