Les metteurs en scène sont ma bête noire

tb3

Olivier Bellamy est l’élégance même.  Sur Radio Classique il anime une émission quotidienne de 18 h à 19 h, rediffusé à minuit,  « Passion Classique », au cours de laquelle il convie les personnalités les plus diverses à témoigner de leur amour de la musique. Il possède le talent de s’effacer derrière ses invités, Pierre Perret, Arturo Brachetti, Mireille Darc, Philippe de Villiers, Marianne James, Corneille… nous font partager les titres les plus inattendus.

Olivier Bellamy vient de publier Un Monde habité par le Chant, où  la mezzo Teresa Berganza qui fête ses 80 ans se confie.

Madame Berganza, soyez remerciée. Pour ces pages :

« Par réaction à une fausse tradition, à des mises en scène de patronage, un nouveau courant est venu d’Allemagne et s’est malheureusement répandu en Europe. Des Traviata à bicyclette, des Tosca en bikini, des Mozart « dépoussiérés » ont envahi la scène. Pour se faire un nom, des metteurs en scène ont calqué leurs obsessions sexuelles sur des chefs-d’œuvre.

On nous a menti en prétendant qu’il fallait intéresser les jeunes à l’opéra. Mais les jeunes ne sont pas si bêtes. Ils veulent la vérité du théâtre. Or Fidelio dans un camp de concentration ou Don Carlos dans un bordel ou une pissotière, ce n’est pas la vérité. C’est la mode. Et les critiques se sont fait piéger : ils ont écrit des pages entières pour décrire la mise en scène, la discuter, l’expliquer en terminant leur article sur trois lignes pour dire que le chef d’orchestre n’était pas mal, que la soprano avait des aigus comme ci ou la basse des graves comme ça.

Ces metteurs en scène, on devrait les mettre en prison. Vous trouvez que j’exagère ? Que se passerait-il si l’on barbouillait un Tintoret ou si l’on recouvrait Notre-Dame de graffitis ?

Dénaturer un chef-d’œuvre est un crime. Que ces metteurs en scène s’occupent d’art contemporain, qu’ils fassent leurs propres installations, leurs propres créations, mais qu’ils cessent de polluer l’histoire de l’art. Rabaisser Mozart à une simple histoire de coucherie, c’est de la profanation. Quelquefois ces tristes sires, ces faux intellectuels, ces faux artistes ne se contentent pas de travestir la Joconde en Che Guevara, ils changent même la musique ! Je me souviens d’un Cosi fan tutte à Madrid où l’on avait remplacé le chœur « Bella vita militar » par l’Internationale. Comment un chef d’orchestre a-t-il pu tolérer cela ? Je suis sortie en colère, après l’entracte, en hurlant que c’était une « merde ». La presse espagnole a relaté l’incident sans prendre parti. Comment un critique peut-il avoir aussi peu d’exigence ? Maria Callas aurait-elle toléré cela ? Non, elle aurait dévoré le théâtre tout cru !

[Teresa Berganza relate plusieurs contresens]

Je suis rentrée à mon hôtel, j’ai demandé ma note et j’ai pris le premier avion. Dans certaines circonstances, seule la fuite est sage, car le conflit n’arrange rien. A ces moments-là, je pourrais me transformer en furie. J’ai envie d’étrangler le metteur en scène et de faire couler le sang. Vraiment, ce n’est pas une image. « Ne touchez pas à mon Mozart ! » Viendrait-il à l’idée d’un acteur de saccager des vers de Goethe ? Ou d’essayer de faire rire dans Phèdre de Racine ? Pourquoi se permet-on tant de vulgarité et de blasphème avec l’opéra ? Pourquoi les directeurs de théâtre laissent-ils faire ? Pourquoi le public le tolère-t-il ? »

Un Monde habité par le Chant

Buchet Chastel, Paris, 2013, 206 p.

http://www.lefigaro.fr/musique/2013/08/23/03006-20130823ARTFIG00432-teresa-berganza-les-compositeurs-sont-mes-dieux-mozart-est-mon-messie.php

http://www.youtube.com/watch?v=RvW9cUCuPQI

 

 

 

49 Commentaires

  1. Ah! si tous les chanteurs d’opéra avaient le courage de sortir de scène avant le premier acte, on aurait de la musique symphonique! Quelle aubaine!

  2. kravi

    Merci pour la référence, Souris.
    Mais je préfère vos coups de sang, beaucoup plus drôles car vachards.

  3. Souris donc

    Ben alors, en voici un :
    J’ai toujours rêvé d’aller à Glyndebourne, festival d’opéra de haut niveau où on pique-nique au champagne. Une institution. L’an dernier, ils ont donné « Hippolyte et Aricie » de Rameau, (= « Phèdre » de Racine), des airs ciselés, délicats.
    Jonathan Kent a trouvé le moyen d’installer l’opéra dans une chambre froide puis à la morgue et enfin DERRIERE UN FRIGO CRASSEUX avec les cafards, les blattes et les cancrelats (pour signifier l’enfer du 2ème acte).
    Phèdre au frigo !

    A la baguette, William Christie.
    Conclusion de la critique de Diapason :
    « Lequel de nos chefs « baroques », qui passent leur temps à grogner en privé contre les metteurs en scènes dont on les flanque, aura le cran de claquer la porte ? »
    http://www.diapasonmag.fr/actualites/critiques/glyndebourne-jonathan-kent-zappe-rameau

  4. Souris donc

    Chambre froide, la viande aux crocs dégoulinant sur les robes des chanteuses.

  5. lisa

    Même la comédie française est atteinte, j’ai renoncé à aller voir Hamlet après que Philippe Tesson a dit que c’était vulgaire. Dommage.

  6. kravi

    Mais alors, si les chefs d’orchestre et les chanteurs — qui ne sont pas parmi les moins influents — sont révulsés par cuistrerie et fatuité, comment se fait-il qu’il s consentent à de telles mascarades ?
    Fascination ? Masochisme ? Complicité ? Confusion ?

  7. Souris, n’aviez-vous pas déjà écrit un article sur ce sujet ?

    Je suis d’accord avec vous : je suis outré par ce genre de parodie qui ne respecte ni l’œuvre, ni l’esprit dans lequel cette œuvre était écrite;
    Je me souviens avoir vu il y quelques années (sur Arte, je crois), un « Messie » de Haendel avec une chorégraphie qui n’a rien à voir : on assistait à la célébration d’obsèques d’un homme qui, on l’apprend bien plus loin, s’est suicidé !
    Rien à voir donc avec le sujet original du « Messie » ! Une vraie profanation, un pur scandale !

    Voici un « Alleluia » interprété par le choeur du Kings’College de Cambride :

  8. Souris donc

    Oui, Patrick, j’ai hésité, mais que des professionnels de la stature de Teresa Berganza s’expriment sur la destruction de notre culture me semblait devoir être relayé.
    Achetez le Figaro aujourd’hui, un grand débat sur le rapport sur l’intégration commandé par Matignon. Entreprise d’anéantissement méthodique, systématique, de notre culture.
    Projet de rééducation absolument totalitaire.

  9. … « Entreprise d’anéantissement méthodique, systématique, de notre culture.
    Projet de rééducation absolument totalitaire. »…
    Ce n’est pas autre chose.
    La réaction de Copé, pour une fois, n’est pas mal et n’a pas tardé.

  10. Patrick

    « un grand débat sur le rapport sur l’intégration commandé par Matignon »
    En effet !
    Je poste donc ici ce que j’ai déjà posté sur Causeur :
    Un article du site de France Info.
    Et Causeur publie un article très intéressant de Malika Sorel.

  11. Guenièvre

    Je suis bien d’accord avec Teresa Berganza et avec vous souris. Bien souvent  » dépoussiérer » un classique équivaut à le dénaturer ou à le massacrer et le metteur en scène tenant absolument à faire « oeuvre moderne  » ne nous livre souvent que ses insuffisances ou ses obsessions . Je nuancerai toutefois car il arrive parfois que ce soit fait avec intelligence et que ce soit donc réussi. Au théâtre par exemple certaines comédies se prêtent particulièrement bien a cela .
    Plaute, auteur romain adapta le grec Ménandre. Molière et Shakespeare reprirent des situations tirées de Plaute. En règle générale, les pièces de Commedia d’elle Arte étaient des canevas sur lesquels on brodait , les anachronismes et les interprétations ne sont donc pas malvenus, si c’est bien fait…

  12. Souris donc

    La relecture ne date pas d’aujourd’hui, bien sûr. Mais on recréait une œuvre dans toutes ses dimensions, texte, musique, mise en scène. Des réécritures, plutôt que des relectures. Non ?
    « Una voce poco fa » par Berganza, la vidéo sous le texte. Le Barbier. Ma !
    L’Ecole des Femmes, Molière, 1662
    Le Barbier de Séville, Beaumarchais, 1775
    Le Mariage de Figaro, Mozart, 1786
    Le Barbier de Séville, Rossini, 1816
    Aucun ne retouche l’œuvre achevée pour la défigurer.
    Je suis en train de lire une biographie de Lully, c’est vrai ce que vous dites des canevas que le public populaire connaissait et dont il applaudissait les variantes virtuoses ou grotesques.

  13. Guenièvre et Souris, un sourire me vient en vous lisant: je retrouve avec une symétrie parfaite vos opinions déjà exprimées sur ce site à propos de l’art pictural et architectural.
    Quant à la mienne (opinion) je la puise dans la conclusion de Guenièvre: … »si c’est bien fait »…Le problème est que c’est si souvent mal fait, et encore plus souvent très laid.

  14. Guenièvre

    Souris, je pense au théâtre surtout et à une ou deux transpositions de pièces qui étaient selon moi réussies :
    http://www.ville-leslilas.fr/agenda/3-0-1406/beaucoup-de-bruit-pour-rien-d-apres-william-shakespeare-cie-philippe-person

  15. Souris donc

    C’est vrai, Guenièvre, j’ai eu la chance de voir la Tempête, dans la mise en scène de Peter Brook. Un peu de sable, un mat et une voile. Dépouillé. Grandiose.
    Il y a eu, récemment à Aix, un Rigoletto dans l’univers du cirque, réussi par Robert Carsen. Mais ça s’y prête. Rigoletto est un bouffon.
    Et un Rigoletto au Met mis en scène par Michael Mayer dans une ambiance Ratpack-Sinatra-Las Vegas qui est tombé à plat.
    Même l’indulgent Wanderer n’a pas aimé.
    http://wanderer.blog.lemonde.fr/2013/02/17/metropolitan-opera-new-york-2012-2013-rigoletto-de-giuseppe-verdi-le-16-fevrier-2013-dir-mus-michele-mariotti-ms-en-scene-michael-mayer-avec-diana-damrau/

    Les gens commenceraient-ils à se méfier de la provocation racoleuse ? A faire la différence entre l’éphémère apparenté au théâtre de rue et la mise en scène qui transcende les publics, les époques, les modes ?

  16. Souris, mais les spectateurs du MET sont beaucoup plus attachés que les Français à l’aspect originel, même conventionnel, des spectacles. Ainsi sont les Américains, surtout ceux de la côte Est. Les plaisanteries sur le « Modern Art » y sont fréquentes, et féroces.

  17. J’avais eu le privilège d’assister à un récital de Teresa Berganza dans la cathédrale de Saint-Bertrand-de-Comminges, alors qu’elle avait passé de peu la moitié de ses 80 ans actuels.
    Inoubliable, inoublié.
    Et c’est un vrai plaisir de voir qu’elle n’avait pas seulement une voix magnifique. Elle est aussi une femme de goût.

  18. hathorique

    Souris

    J’ai l’impression que l’on confond trop souvent la notoriété avec le talent et puis les metteurs en scène d’opéra mais pas qu’eux, veulent presque tous laisser  » leur empreinte leur trace », parfois mais pas toujours ils trahissent l’oeuvre qu’ils doivent monter et qu’ils démontent d’ailleurs, mais ils en dépoussièrent aussi certaines qui sans eux auraient sombré dans l’oubli.

    Cette réécriture peut être aussi fructueuse, comme à Aix en Provence le Don Juan de Peter Brook avec Peter Mattei somptueux Don Juan et Mireille Delunsch exceptionnelle.

    Ils ont quelquefois la sincère conviction de faire oeuvre de créateur car ils sont persuadés mieux connaitre et comprendre une oeuvre que celui qui l’a écrite ou mise en musique.

    Cela vient aussi des pratiques théâtrales du Living Théâtre de Julian Beck prônant un théâtre d’instinct qui doit « sortir de sa prison et envahir la rue » ce qui était d’ailleurs le cas chez les grecs avec les bacchanales et au Moyen Âge, la fête des fous et la fête de l’âne (on devrait rétablir ces fêtes votives, j’ai quelques noms ).

    « Revendiquant l’utilisation extrême du corps comme instrument de puissance poétique et politique de l’oeuvre théâtrale, Beck et Malina ont largement contribué aux bouleversements formels et contestataires des années soixante » .
    J’ai vu un spectacle du Living dans les années 70, je crois sans en être sure qu’ils jouaient nus ou presque avec des bougies allumées, d’ailleurs il n’y avait pas que les bougies d’allumées, çà m’a décapsulé les yeux .

    Il y a aussi le problème de la maturité des voix et l’âge des personnages j’ai vu récemment un « Mariage de Figaro » avec un Chérubino qui était probablement grand mère ou qui aurait pu l’être au temps de Mozart.

    Voilà ce que disait Callas dont vous parlez dans votre article, sur sa conception du chant :
    Quand je travaille un personnage, dira-t-elle en 1965, je me demande toujours : « Si j’étais à sa place, qu’est-ce que je ferais ? » Il faut se transformer – mais en restant soi-même. Je crois que c’est d’abord l’instinct qui nous porte dans la bonne direction – la musique suffit à expliquer tout. Dans notre métier, il faut beaucoup de choses : le physique, le jeu scénique, la diction (il faut « parler » avec sa voix), le respect de la musique… On ne prend plus le temps nécessaire à tout cela. On veut gagner de l’argent, faire des notes aiguës, impressionner le public, « épater le bourgeois »… Mais ce n’est plus de l’art ! »
    elle disait aussi  » Je ne veux pas d’un metteur en scène d’opéra, je veux un metteur en scène tout court ! « 

  19. Florence

    Très bon Souris !

    Dans le genre croc de boucher, écoutez donc cette intervention au parlement européen. Cela est très court mais très bon dans le genre dénonciation de l’imposture.

  20. Souris donc

    @ Bonjour Hathorique

    Faudra que vous nous démêliez toutes ces influences, moi je ne suis pas trop versée dans le théâtre.
    Les bouleversements formels et contestataires des années soixante.
    Bien sûr. Personne ne leur demande de se planter sur le devant de la scène et de pousser leur contre-ut, les bras ballants, à la Tino Rossi. Depuis toujours, l’opéra a été du chant en action. Même, on est devenu sobre dans l’utilisation des machineries (au temps de Lully, chanteurs et musiciens pestaient contre les grincements des poulies et engrenages).

    Ce qui est nouveau, c’est le « bankable ».
    Ils sont tous pris dans un système qui valorise une notoriété fondée sur l’exploit et la surenchère. En définitive, la billetterie. Derrière la star, un monde vit à ses crochets. Tous les métiers du spectacle et de l’organisation du spectacle.
    Revendiquant l’utilisation extrême du corps comme instrument de puissance poétique et politique
    Si j’ai le courage, je vous raconterai un jour comment ils ont exploité Michel Petrucciani en lui faisant donner un concert tous les deux jours, dans des villes différentes, des pays différents, au point de le tuer. Un génie atteint de la maladie des os de verre qu’il aurait fallu ménager. Dans ses lettres à Manhu Roche il pressent ce qui allait arriver. En même temps, il jouait avec les plus grands, il s’éclatait.

  21. Le poisson pourri par la tête ! L’opéra, comme le théatre ou les arts plastiques s’adressent à nos élites. Le vide que ces provocations révèlent est difficile à analyser est-il un mal profond ou la manifestation d’une futilité qui a touché toutes les époques ? Les sommes astronomiques que l’État verse pour l »Art’ est le premier scandale : vive le mécénat !

  22. La célébrité a effacé la gloire.

  23. Guenièvre

    Je n’ai pas de compétences pour parler de l’Opéra mais, en ce qui concerne le théâtre je suis d’accord avec Hathorique : dans les années 70, le Living Theatre a fait évolué les pratiques, de manière positive à mon avis. Travaillant de manière moins guindée , moins statique , les metteurs en scène ont renoué avec une tradition plus proche des origines . Au théâtre le texte n’est qu’un point de départ. Pour reprendre les propos de Barthes la théâtralité, c’est cette « épaisseur de signes et de sensations qui s’édifie sur la scène à partir de l’argument écrit ». Le spectateur est confronté à une véritable « polyphonie informationnelle » : le décor, les costumes, les éclairages, le jeu des acteurs, etc. qui n’est pas entièrement donnée par le dramaturge . Evidemment on ne peut pas faire n’importe quoi, il faut rester dans l’esprit du texte et c’est là que beaucoup se plantent par manque d’humilité le plus souvent.
    Le « Théâtre du Soleil », le « Footsbarn Theatre » ou Peter Brook ont travaillé dans ce sens et donné des spectacles inoubliables.
    La Tempête , souris, je l’ai vue au moins une dizaine de fois mais je n’ai pas eu la chance comme vous, d’assister au spectacle de Peter Brook . C’est une troupe d’Avignon, qui travaille avec des masques, qui m’a laissé le souvenir le plus émerveillé . Cinq acteurs pour une dizaine de personnages , une structure métallique recouverte d’un immense drap bleu comme décor : féérique.
    une vidéo pour donner une idée :
    http://www.caspevi.com/la-tempete/

    Cette troupe ( Théâtre du Kronope) a joué il y a deux ans « Le songe d’une nuit d’été  » . Avec deux acteurs seulement . Virevoltant, poétique , drôle, grandiose …
    http://lebruitduoff.com/2011/06/21/avignon-off-le-kronope-fait-son-songe/

  24. Guenièvre

    Un certain type de théâtre , dit  » contemporain » s’adresse à une élite Tibor et c’est souvent celui dont on parle le plus et celui qui capte malheureusement l’essentiel des subventions mais il existe des auteurs et des troupes qui font un vrai travail populaire ET de qualité, ce qui n’est pas contradictoire .

  25. Souris donc

    D’accord avec vous, Skarda, quand le mécénat est le fonctionnement normal, comme aux Etats-Unis, ils ne sont pas moins bons que nous avec notre exception et notre ruineuse intermittence du spectacle.
    Ceci dit, le mécénat existe en France, avec déduction fiscale au titre des dons versés aux œuvres et organisme d’intérêt général.
    C’est l’AROP, Association pour le Rayonnement de l’Opéra National de Paris.
    Le tarif d’adhésion est de 100€/an, sans limite supérieure. En province ça existe aussi.
    L’Opéra en échange, ouvre certaines répétitions aux membres de l’AROP et organise des galas de bienfaisance.
    Très intéressant de les voir fonctionner, les chanteurs surtout, recevant les ordres de tous les côtés. J’ai vu Rolando Villazón en T-shirt et jean, bien sage, la patience incarnée. On lui indique un numéro de mesure, il ouvre la bouche et ça sort. Un côté maçon avec sa truelle dans sa routine. Et le soir, magie du spectacle, le jeune premier transfiguré, étincelant.
    http://www.arop-opera.com/fr/Particuliers/home.asphttp://www.arop-opera.com/fr/Particuliers/home.asp

  26. Souris donc

    D’accord avec vous, Skarda, quand le mécénat est le fonctionnement normal, comme aux Etats-Unis, ils ne sont pas moins bons que nous avec notre exception et notre ruineuse intermittence du spectacle.
    Ceci dit, le mécénat existe en France, avec déduction fiscale au titre des dons versés aux œuvres et organisme d’intérêt général.
    C’est l’AROP, Association pour le Rayonnement de l’Opéra National de Paris.
    Le tarif d’adhésion est de 100€/an, sans limite supérieure. En province ça existe aussi.
    L’Opéra en échange, ouvre certaines répétitions aux membres de l’AROP et organise des galas de bienfaisance.
    Très intéressant de les voir fonctionner en répétition, les chanteurs surtout, recevant les ordres de tous les côtés. J’ai vu Rolando Villazón en T-shirt et jean, bien sage, la patience incarnée. On lui indique un numéro de mesure, il ouvre la bouche et ça sort. Un côté maçon avec sa truelle dans sa routine. Et le soir, magie du spectacle, le jeune premier transfiguré, étincelant.
    http://www.arop-opera.com/fr/Particuliers/home.asphttp://www.arop-opera.com/fr/Particuliers/home.asp

  27. Guenièvre, loin de moi l’idée de médire du théâtre, de la culture en général, vraiment. Je dis simplement que je ne vois pas de quel droit on m’obligerait à payer pour ce qui ne m’intéresse pas forcément. Je trouve même tout à fait honorable d’être artiste, voire glorieux parfois, j’ai un problème avec l’art d’État, l’art officiel, la pensée prédigérée. Quand j’étais jeune, il y avait une publicité du professeur Choron dans Hara Kiri sur le potage prédigéré Bielig, le slogan était : sentez, goutez, c’est déjà de la merde. C’est un peu ce que je pense de beaucoup de ce que j’ai pu voir dans ma jeunesse avant de me scléroser totalement et d’adopter un mode de vie plantigrade qui me protège de la culture Bielig.
    Il esr tout à fait bien de faire des happenings du moment que cela ne se fasse pas au frais du contribuable. Toujours dans ma jeunesse sévissais un auteur de BD génial dont le nom était Lauzier, une de ses meilleurs morceaux était « Mémoire d’un jeune homme »

    Quelle lucidité ! Il y a en particulier un passge sur l’art des collectivités territoriales déjà dénoncé par Souris, je vous le conseille si vous avez un moment. Le monde de Lauzier triomphe aujourd’hui : que ce soit sur l’art, l’immigration ou notre médiocrité satisfaite.
    Je comprends qu’en tant que passionné d’opéra l’on soit ulcéré par ces mises en scène grotesques, moi qui n’écoute de la musique que sur des appareils électroniques, je suis effondré par ce Bielig lyrique, un peu comme si l’on me proposait des corridas avec quadrilles déguisées en SS ou en Punks. Mais encore une fois le vrai scandale c’est que l’on subventionne ça avec l’argent du contribuable.
    Comme les syndicats l’art doit être libre, libre des suventions en particulier.

  28. kravi

    Lauzier est un grand, dessinateur et scénariste impitoyable avec ce qu’on n’appelait pas encore la boboïtude. Les faiseurs en prenaient pour leur grade.

  29. … « Les faiseurs en prenaient pour leur grade. »…
    Et, dans cette catégorie, il est de très hauts gradés.

  30. Souris donc

    Hippolyte et Aricie.
    Lisa, je vous dédie cette relecture juste trop pas. Des boloss des belles-lettres.

    hippolyte il en profite pour dire à aricie la zouz des pallantides qu’il veut bien lui donner le trône vaquant ça va franchement ça vaut pas un plasma 16/9 et une p’tite xbox360 pour se poser devant PES mais c’est déjà ça et en même temps il lui dit qu’il la kiffe à donf mais là cette grosse MILF de phèdre elle pose ses gros einss sur la table et elle balance tout ce qu’elle a sur la teuch “hippolyte j’te kiff mais tout m’afflige et me fout le seum et conspire à me foutre le seum alors fais un moi un enfant dans le dos !!!!” et hippolyte il dit “lol non”

  31. Souris donc

    J’ai vu aussi Carmen aux Bouffes du Nord menaçant de s’écrouler, je crois qu’ils l’avaient transformé en manège hippique et c’est là-dedans tel quel dans son jus, que Peter Brook a donné Carmen avec cette mezzo rousse dont on n’entend plus parler depuis qu’elle est passée chez les scientologues.
    J’ai cherché sur Wiki, rien, je me demande si je n’ai pas rêvé.

  32. Souris donc

    Oups, si, Julia Migenes, la mezzo.

  33. Il y a tout de même une mise en scène qui dépasse les autres en ce moment, que ce soit du point de vue platitude du texte, caractère consternant du décor, médiocrité des interprètes (sans texte ni voix, et cela s’aggrave de jour en jour), abandon du public en cours de représentation, costumes affligeants, intrigue à l’issue certaine. Et pourtant, c’est un opéra-bouffe auquel j’assiste régulièrement.
    Si vous pouvez éviter d’y assister, cela s’appelle « 2012-2017, un quinquennat manqué ».
    Faites votre possible …

  34. Guenièvre

    Je crois que la rousse pétillante et sensuelle a joué Carmen dans le film de Francesco Rosi , souris :
    http://www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/hommages-retrospectives/fiche-manifestation/carmen-rosi,12979.html
    Je crois me souvenir que Peter Brook avait trois Carmen qui jouaient à tour de rôle – en tous cas c’était comme cela quand la pièce a tourné en province : je l’ai vue avec Hélène Delavault . Au Bouffes du Nord j’ai assisté à : « L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau ». Un tout autre genre…

  35. Souris donc

    Rackam ! Un peu d’indulgence pour le remplaçant du chef d’orchestre à la braguette magique (merci Nafissatou, merci Dodo la Saumure)

  36. rackam

    Cosi fan turlutte!

  37. … « Si vous pouvez éviter d’y assister, »…
    Vous avez une recette, Rackam ?

  38. Mouais. L’immobilisme est en marche et rien ne pourra l’arrêter.
    Ce billet s’appelle faire le (la) puriste, n’est-ce pas.
    Pourquoi dans ma petite cervelle ça va avec puritain et pudibond?
    Pas touche au sacro-saint. Interdiction de tenter autre chose que ce qui avait déjà été fait. Et qu’une poussière épaisse s’amasse sur des décors immuables.
    Laissons cent fleurs fleurir, disait Grand Timonier.
    Qui parlerait encore d’opéra si certains ne clastaient les icônes occasionnellement?

  39. Souris donc

    @ Roturier
    Je laisse Berganza vous répondre :
    Est-ce qu’on irait dire à des jeunes: «Le Tintoret est un peintre trop vieux, si l’on rajoutait du rouge ou du jaune fluo pour rendre ses toiles plus modernes?»
    Le premier qui ferait cela se retrouverait en prison. On devrait en faire autant avec certains metteurs en scène.

    (interview au Figaro)

    @ Florence
    en complément de votre vidéo
    Oliver Bellamy est aussi chroniqueur au Huffington Post, assez cash.
    http://www.huffingtonpost.fr/olivier-bellamy/
    Son papier « Petits fours et beaux discours contre la haine » (au Théâtre du Rondpoint ) :
    Personnellement, je suis aussi contre la misère et le cancer, mais je n’ai pas prévu de mobiliser quiconque dans ce but avec les sous du contribuable.

  40. Souris donc

    Et Teresa Berganza était la pétillante Zerline du Don Giovanni de Losey.

  41. roturier

    Modifier le Tintoret (une copie, non l’original) est loisible.
    Et vous savez quoi?
    Cela s’appelle un HOMMAGE. Et des gens sont susceptibles d’aller voir l’original pour comparer.
    Berganza est une vieille dame. Et je n’ai jamais apprécié sa voie chantée.
    Sa voie parlée non plus apparemment.

  42. Souris donc

    Si c’était aussi simple…
    Vous savez quoi, Roturier ? Je suis résolument pour l’art contemporain.
    Je hais les faiseurs hauts gradés comme les appelle Impat, tout simplement parce que je me sens flouée. Ce n’est pas pour rien que ces metteurs en scène sont souvent allemands. Ils ont un compte à régler avec leurs aînés, à donner des gages d’antifascisme.

    Et nous, on est là comme des cons, priés d’applaudir à perpète leur culpabilisation trouble.

    Tous les chefs d’orchestre sont passés devant la commission de dénazification. Alors les plus jeunes courbent l’échine devant le politiquement correct des mises en scène.
    Je n’ai pas d’actions chez Buchet Chastel , mais le critique Christian Merlin vient juste d’y publier « Les grands chefs d’orchestre du XXe siècle ». Par ordre de date de naissance en commençant par Toscanini. Tous ont vécus les grandes utopies meurtrières. Il montre comment ces maestros se sont positionnés. Exil volontaire ou forcé, compromissions, résistance. Et les sentences d’interdiction professionnelle par la commission de dénazification après 1945.

    Dans une vie antérieure, Christian Merlin fut agrégé d’allemand, ses notices documentées sont passionnantes à lire de manière transversale.

  43. Merlin vous enchante, souris!

  44. Souris donc

    @ Rackam
    Merlin m’enchante moins quand il est de parti pris pour l’atonalisme.

    @ Roturier
    Vous n’aimez pas Berganza ? Vous préférez les vocalises exubérantes de Cecilia Bartoli ?
    Alors Norma à Salzburg cet été. Norma se passe en Gaule ? Ils en ont fait Astérix chez les Nazis.
    Décor, une salle de classe où Norma finira par se faire tondre puisqu’elle a fricoté avec l’occupant (romain).
    Le rapport sur l’intégration confirme qu’il faut rééduquer la société gauloise. Tout baigne.

  45. Ce qui esr rassurant c’est que l’immense majorité de la population se fout comme de l’a, 40 enfin plutôt 45 en l’occurrence que Norma se fasse tondre à la fin, elle ne verra jamais cette mise en scène, ni d’autres plus orthodoxes d’ailleurs. Ce qui est inquiétant est plutôt, comme vous le dites, la volonté de rééduquer le peuple puant que cela traduit. C’est dans le même état d’esprit que l’on nie l’augmentation effarante des crimes d’honneur en Europe de peur de stigmatiser les musulmans. C’est le même état d’esprit qui a poussé toutes nos belles âmes à sortir leurs pinces à linge strassées lors de la parution du livre France Orange Mécanique.
    Stratégie de la tension, soit vous êtes avec nous, soit vous êtes du côté de l’ignoble.
    Je comprends bien ce que vous dites, mais ce n’est que peu de choses quand on songe que les sciences positives sont aussi mises à contribution, le scandale des mails du CRU d’East Anglia est déjà oublié et Michael Mann continue de tonitruer avec le discret soutien de tout le personnel politique du monde occidental ou presque, l’écologisme est l’avant-garde du politiquement correct. Allègre s’est fait crucifié pour refus d’adhésion à l’idéologie du moment, Svensmark a fait un infarctus pour avoir osé soutenir une théorie non-conforme, il raconte comment il fut ostracisé jusque dans le réfectoire de son université, comment ses collègues riaient ouvertement lors de ses conférences.
    L’immense majorité de nos universitaires, de nos politiques, de nos artistes adhère à une idéologie datant de l’après-guerre et de la décolonisation : l’ennemi reste l’Occidental responsable de Treblinka, du commerce triangulaire et de la mise au bagne de Mandela, il faut à tout priix le rééduquer, voire le faire disparaitre totalement dans le métissage culturel.
    Le peuple se laissera-t-il dissoudre ?

    P.S. Il faut réduire les pouvoirs exorbitants de l’État ne serait-ce que pour couper l’herbe sous les pieds de ces gens là.

  46. roturier

    Souris: n’en vous déplaise, je n’aime pas Berganza.
    Mais pourquoi m’accabler de Bartoli?
    Je suis un résidu, je pleure encore la Callas.

  47. Skarda,…  » Il faut réduire les pouvoirs exorbitants de l’État ne serait-ce que pour couper l’herbe sous les pieds de ces gens là. »…
    –> à la primaire je vote pour vous.

  48. Souris donc

    @ Skarda
    L’opéra n’est qu’un symptôme, on est bien d’accord. La socialope minaude dans tous les domaines et peu importent les dégâts sur le dissident. Au pouvoir, la pince à linge strassée devient totalitarisme pour contraindre et endiguer une contreculture qui s’exprime sur les réseaux, revendique son identité et signe, selon Christophe Guilly*, une rupture idéologique entre les élites mondialistes et le petit peuple attaché à son territoire, ses racines, son village, son quartier.
    La socialope s’affole et voit arriver la fin, donc elle mise sur l’électorat que lui a assigné Terra Nova. Electorat le plus identitaire de tous…
    (*Fractures françaises, Flammarion, 2013, où il est question de l’émergence d’une contre-société dans les milieux populaires. Quelles que soient leurs origines)
    La suffisante socialope tombera de haut quand cet électorat réclamera des postes et qu’il faudra s’effacer pour lui en donner.

  49. Souris donc

    L’article de Malika Sorel est réservé aux abonnés, dommage. Quant aux commentaires, on voit qu’ils sont nombreux, je n’ai pas le courage d’aller lire, ils en ont de ces taches maintenant, même un qui parle de lui à la troisième personne.

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