Travailleur, travail ailleurs.

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On n’est pas des nomades. C’est ce qu’avait déclaré un « Fort des Halles », d’un ton outré, quand cette noble corporation parisienne avait dû quitter les pavillons Baltard du 1er arrondissement pour s’exiler à Rungis. C’était une des premières « délocalisations », premières d’une longue lignée qui depuis 1969 a fait, et fait encore, si souvent parler d’elle. Délocalisation certes, mais de Paris à Rungis elle n’avait soulevé que des protestations et des revendications d’ordre social : on n’oblige pas impunément des travailleurs à se déplacer de 20 kilomètres ou à déménager. Les indignations « patriotiques » telles que nous les connaissons aujourd’hui ne sont nées que plus tard lorsque les industriels ont commencé de procéder à certaines fabrications hors frontières ; indignations ayant abouti récemment à la désignation d’un ministre tapageur destiné à monter au peuple à quel point le gouvernement est attentif au « patriotisme économique ».

Alors essayons de délocaliser l’examen du problème vers Antidoxe, en examinant toutes ses faces, ou du moins les essentielles.

En premier lieu, de quel volume parle-t-on ? S’agit-il de difficultés à la marge, s’agit-il au contraire d’un vaste mouvement mettant en cause notre industrie, nos emplois, notre société, voire notre civilisation ? L’INSEE donne des indications. Après 2012 certains départs vers l’étranger peuvent être conjoncturels à cause de la politique française défavorable à l’entreprise, mais ce phénomène est, espérons-le, limité à cinq ans, aussi pour avoir une idée du problème de fond regardons ce qui se passait avant 2012.

De 2009 à 2011, 4,2 % des sociétés privées d’au moins 50 employés ont délocalisé tout ou partie de leur activité, correspondant à 20.000 emplois directs. Cela représente 6.700 emplois par an. Il faut y ajouter des suppressions d’emplois chez leurs sous-traitants, et en retrancher les délocalisations de l’étranger vers la France dont nous n’avons pas les chiffres. Il faut également se rappeler que la période prise en compte est celle de la grande crise économique récente.

L’INSEE montre aussi que la tendance à délocaliser croît avec la taille de l’entreprise, ce qui n’est pas une surprise. En revanche elle signale un fait qui, lui, sera une surprise pour beaucoup : on délocalise surtout vers l’Union Européenne, et au sein de celle-ci principalement vers l’Eurolande c’est-à-dire vers les pays les plus riches. 55 % des délocalisations l’ont été vers l’Union, dont 15 % vers les États nouveaux membres depuis 2004. Et la Chine, qui effraie tant ? Eh bien la Chine, c’est 18 % du total des délocalisations. Tout cela montre quoi ? Cela montre une chose au moins, c’est que ce nomadisme d’activité est dû souvent, le plus souvent, à d’autres raisons que le coût, et même que l’accès aux marchés porteurs.

Alors les raisons : quelles raisons ?

D’abord celle que tout le monde connaît, et qui pour tout le monde est l’unique raison : l’économie de coût. Mais, on vient de le voir, nombre de délocalisations sont effectuées vers des pays où le coût de main d’œuvre est presque aussi élevé qu’en France. Il doit donc bien exister d’autres raisons. Oui, les voici :

La flexibilité. En règle générale, lorsqu’en France vous embauchez un employé et que plus tard la charge de travail diminue ou que cette personne ne rend pas le service attendu, il est extrêmement difficile de s’en séparer contre son gré. Hormis le cas de « cause lourde et sérieuse » qu’il est difficile de prouver et toujours contestée par l’avocat, le licenciement s’identifie à un parcours du combattant sans issue. Une embauche française en CDI est donc une embauche à vie, ce qui la rend extrêmement périlleuse et en fait la dernière des solutions pour l’entreprise. La dernière après bien d’autres, comme la sous-traitance, les heures supplémentaires, le refus de commandes, et…la délocalisation. De plus il est quasi impossible de toucher aux horaires, et impossible de toucher aux salaires. Ailleurs on n’hésite pas à embaucher, car il est facile d’adapter la capacité de travail de façon flexible, sans devoir diminuer l’effectif en personnel, ou en dernier recours en le diminuant.

La spécialisation. Il peut arriver, et il arrive souvent, qu’une entreprise ait à résoudre des problèmes dans un domaine qui n’est pas de son ressort de compétence. Problème d’entretien, de prospection de clientèle, de publicité, d’optimisation des processus, voire de management. Dans un tel cas elle peut et doit faire appel à d’autres entreprises spécialisées plus compétentes. Ces dernières se trouvent sur le territoire français…ou ailleurs. Cette « externalisation » peut donc être en même temps une délocalisation.

La charge de travail. Un afflux brutal de commandes est toujours bienvenu, mais il peut excéder la capacité d’étude ou de production de l’entreprise. Si cet afflux est passager, ou d’une durée inconnue, il faut sous-traiter. Et le meilleur sous-traitant n’est pas forcément en France.

Le marché. Il est des cas où le produit ne se vend bien à l’exportation que si tout ou partie est réalisé à proximité du client. Il est même des cas où la réglementation du client impose une telle clause: ainsi du « Buy American Act » pour vendre à une administration américaine.

Reste évidemment que le coût de fabrication est un facteur important, surtout en ce qui concerne les produits dont la production est peu sophistiquée mais exige beaucoup de main d’œuvre: cas emblématique du textile simple, les « tee-shirts made in China ». Pour de tels produits, si on veut en déposséder les pays en développement, il faut travailler du côté des travaux automatisés: robots, informatique de production, informatique de développement, informatique de processus.

Mais faut-il vraiment militer contre les délocalisations vers la Chine, et surtout vers les pays à bas coûts que sont les pays en développement ?  Se battre en ce sens, par exemple en portant ostensiblement devant moult caméras un tee-shirt « marin » supposé fabriqué en France, c’est apparaître comme un défenseur de l’emploi en France. Certes, mais c’est aussi apparaître comme un opposant au développement des pays pauvres. Or ce sont souvent les mêmes qui défendent à grands cris l’emploi en France et l’aide au pays sous développés. Le problème, Mesdames et Messieurs les censeurs et autres indignés, est que le plus sûr moyen sinon le seul de lutter pour l’aide aux pays sous développés, c’est de leur procurer du travail. Et leur procurer du travail c’est investir chez eux et c’est leur passer des commandes, c’est-à-dire…délocaliser.

Une autre manière d’enfoncer ce clou ?  La voici: si vous obligez les industriels à ne pas délocaliser vous diminuez l’emploi à l’étranger. Et pour les délocalisations allant vers les pays pauvres, soit environ la moitié, vous accentuez le chômage chez eux. C’est-à-dire que vous les incitez à émigrer chez nous. Le dilemme, pour une large part, est donc fondé sur un choix entre délocalisation et immigration. Ainsi, du point de vue moral comme du point de vue politique, dans les délocalisations il n’y a pas que du mauvais.

Alors devant ce choix cornélien, que nous reste-t-il à faire ? Pleurer et nous résoudre à l’inéluctable ? Non, nous avons à suivre deux démarches de long terme, simultanément. D’une part continuer à automatiser afin de réduire nos coûts, de sorte que les raisons de délocaliser deviennent moins fortes. D’autre part investir dans les pays pauvres et leur passer des commandes, de sorte que nos ventes restent compétitives, et aussi que ces pays pauvres s’enrichissent. Leur population sera alors moins tentée d’émigrer en France…

Lisant ces lignes, d’aucuns vont évidemment crier à l’utopie. Qu’ils se rappellent que cette politique a fait ses preuves à la fin du 20e siècle avec un voisin comme l’Espagne. Dans les années 50 l’Espagne était encore une terre d’émigration vers la France. Dans les années 60 et 70 la France lui sous-traitait de nombreuses tâches industrielles et agricoles, ce qui faisait hurler les protectionnistes. En 2000, les Espagnols étaient devenus à peu près aussi riches que nous, ils n’émigraient plus.

 

66 Commentaires

  1. rackam

    Pourquoi un si grand espace blanc sous ce texte? On a délocalisé une image, une vidéo, une prière, un formulaire d’émigration?
    Par ailleurs, le cas de la direction financière de Total, qui part s’installer à Londres est une piste de plus: on va là où l’activité se trouve, où la décision se prend…

  2. Merci Rackam, le vide est délocalisé, Totalement.

  3. Liberté, j’écris ton nom !

  4. Délivrez nous du code du travail !

  5. … « Délivrez nous du code du travail »…
    On pourrait, dans un premier temps, lui donner un titre plus approprié: « Les recettes du chômage ». Cela ouvrirait quelques yeux.

  6. Cause « réelle et sérieuse », Impat ; et non « lourde… ». Dixit l’ancien conseiller prud’homal.

    Et parler de « délocalisations » est incomplet. Un aspect important étant la disparition pure et simple d’entreprises n’ayant même pas délocalisé ; mais remplacées par l’importation de biens et services venus d’ailleurs.

    Sinon, j’abrégerais le tout en disant qu’il y a 3 problèmes : la flexibilité, la flexibilité et la flexibilité. Les autres sont redondants.

    Dire « si on veut…déposséder les pays en développement, il faut travailler du côté des travaux automatisés: robots, informatique… » doit être complété par « sachant que tôt ou tard ils seront à notre niveau ». C’est d’ailleurs fait ; euphémisme.

    Naturellement l’Allemagne peut servir d’exemple. Les Allemands (Schröder & co, entre autres) ont tout simplement placé leur économie, population et entreprises, en prise directe avec le marché mondialisé. L’Etat s’est retiré de la posture, intenable, de rempart contre le monde. D’où certains qui soufrent et pas les autres ; d’où une économie et une industrie florissantes. J’abrège.

    Sans oublier que, contrainte de ce fait à la marche forcée vers la performance, l’industrie allemande compense largement son handicap tarifaire par la qualité et l’innovation.Et, aussi, par des délocalisations ciblées.

    Cf. l’omniprésence da l’apprentissage en Allemagne et l’absence, à toutes fins utiles, d’un « ministère de l’EducNat » à la française.
    J’en passe.

  7. … « Cause « réelle et sérieuse », Impat ; et non « lourde… » »…
    Oui, exact, Roturier,ma mémoire est prise en défaut: merci de la rajeunir.

  8. Souris donc

    Bravo, Roturier !

  9. Roturier,… « « sachant que tôt ou tard ils seront à notre niveau ». C’est d’ailleurs fait ; euphémisme. »…
    Non, c’est loin d’être fait sauf dans quelques domaines peu sophistiqués. Mais ils le seront un jour, c’est l’évidence même. À nous de nous y préparer: nous le faisons en Allemagne et en Europe du Nord. En France nous prenons sauf exceptions le chemin inverse.

  10. Le métèque que voici a un doute. « Travailleur, TRAVAIL ailleurs » ?

    En l’occurrence le terme correcte ne serait il plutôt le verbe « travailler » et non le nom « travail » ? Donc « Travailleur, TRAVAILLE ailleurs » ?
    http://www.francaisfacile.com/exercices/exercice-francais-2/exercice-francais-40598.php

    Un métèque ça sert à émettre des doutes.

  11. Que les lecteurs veuillent bien me pardonner un « demi hors sujet » mais le titre du Monde du 3 janvier vaut son pesant d’or:
    « Réduire les impôts des Français » reste un objectif pour François Hollande
    Le verbe « reste » est particulièrement savoureux, non ?

  12. plantigrade69

    Depuis trente ans… je radote.
    La première chose à faire est de changer le mode de calcul des charges. Les entrepreneurs veulent des consommateurs mais ne veulent pas d’employés.
    Autrement dit, le chef d’entreprise veut qu’il y ait le plus de salariés possible dans LA Société, et le moins possible dans Sa société.
    Difficile à concilier.
    Or, que remarque-t-on?
    Contrairement à ce qu’on dit, ce ne sont pas les entreprises qui payent des charges, mais bel et bien seulement les entreprises qui emploient.
    Donc, une entreprise qui fournit des consommateurs aux autres entreprises ( en salariés, mais aussi avec les charges: des retraités, des chômeurs, des malades, etc.) est punit par rapport à une autre entreprise de taille égale mais avec peu ou pas d’employés alors qu’elle est plus utile à la fluidité économique.
    Aberrant.
    Il faut donc que les entreprises paient des charges selon leur taille et non selon le nombre d’employés qu’elles ont.
    On remarquera – mais je ne vais pas développer – que cela apporte aussi des solutions à l’import sans qu’il soit besoin de protection douanière.

  13. Souris donc

    Nounours, si, développez !
    Inventifs comme ils sont pour faire toutes les poches afin de financer gabegies et générosité électoraliste, je serais étonnée que les hauts-fonctionnaires de Bercy n’aient pas créé aussi des taxes compensatoires et, donc charges, sur le chiffre d’affaire. Pourquoi les sièges sociaux se barrent-ils à l’étranger? Pour que la société échappe au droit français.

  14. plantigrade69

    je reprécise: je l’ai écrit il y a trente ans.

  15. desavy

    « Il faut donc que les entreprises paient des charges selon leur taille et non selon le nombre d’employés qu’elles ont. »

    La taille des entreprises est justement mesurée par le nombre de leurs salariés. Mais on pourrait trouver d’autres critères comme le CA, le capital fixe… Ensuite, il faudrait voir si ce changement de critère entraîne de vraies différences.

  16. Cher Impat, tout cela est bel et bon.
    Mais peut-on rivaliser avec un pays comme le Cambodge dont on réprime sévèrement des ouvrières qui gagnent 74€ par mois pour 60 heures hebdomadaires, alors qu’elles réclament… 115€ ?
    Et quid du Bangladesh si prisé par les grandes enseignes européennes du prêt-à-porter, un pays misérable à usines-dortoirs concentrationnaires qui s’écroulent ou prennent feu (une centaines de femmes brûlées vives en novembre 2012) ?
    Le textile et la mode, même haut de gamme, paraît-il, profitent de l’esclavage. Les rares syndicats tolérés en Extrême-Orient, voire les directeurs d’usines dénoncent le matraquage sur les prix de production pratiqués par les donneurs d’ordres européens ou américains. Et vu le prix de revente en Europe, leurs profits sont considérables.

  17. Eh ! Oh ! Ourson 16:16 et suivants !!!

    Je n’ai pas lu votre interminable texte sous le lien; puisqu’il l’est, justement, interminable.
    10 fois trop long et ch…. comme la peste vu qu’à chaque coup d’œil on se trouve, dans le meilleur des cas devant un enfoncement de portes ouvertes et je suis gentil.

    10 fois trop long, dis-je. Compris ??? On n’a plus le droit de tartiner de la sorte. Même en 1983 on ne l’avait pas. (D’ailleurs bien remarqué un commentaire de Rotil de 2008…).

    Si il vaut qqc (j’ignore…), aucun doute que vous pouvez l’améliorer ; entre autres en présentant au début un « abrégé », une liste de « têtes de chapitres détaillés » permettant de prendre connaissance de l’ensemble sans y passer la semaine; ensuite, de plonger, si on le souhaite, dans un chapitre choisi (voire tous pour les masos).

    En l’état c’est INDIGESTE.

    Cela étant dit: l’invraisemblable nuisance du système qui fait peser l’ensemble de la couverture sociale sur le travail et lui seul est connue de longue date.

    Des solutions sont déjà appliquées; naturellement partielles et partiales, « à la française ». CSG, CRDS et que sais-je sur des revenus non-salariaux en plus de l’Urssaf, Cancras et Carbalas (pour les amateurs des « inconnus »).
    Et naturellement LA solution qui est la TVA; ça ne date pas d’hier.

    Faute d’être capable de vous lire vraiment (autre chose à faire, franchement) je devine que vous échafaudez des usines à gaz comptables vachement trop génialissimes pour être praticables. On dirait un énarque débutant à Bercy.
    FORGET IT. Ce qui est compliqué ne marche pas.

    Le problème en France n’est pas l’absence d’idées de solutions mais de volonté politique d’affronter la bourrasque que leur mise en œuvre soulèverait infailliblement.
    Faute à qui ? A nous citoyens qui démontrons aux politiciens, un scrutin après l’autre, qu’il est électoralement plus rentable de mentir au bon peuple que de lui dire la vérité.

  18. plantigrade69

    roturier,
    Pardon pour le texte, j’en suis d’accord. :o)
    Taille de l’entreprise? Justement, je condamne le fait que ce soit basé sur le nombre d’employés, c’est une aberration. Donc un ratio CA/Bénéfice (en simplifiant).
    La TVA? je suis contre son augmentation, car finalement qui la paye? Si on y réfléchit, encore une fois les entreprises qui emploient.
    Ma méthode en la simplifiant au maximum: baser l’impôt et surtout les charges de façon inversement proportionnelle au nombre de consommateurs que l’on « charge ».

  19. Voilà qui est bien résumé.

    Maintenant, vous êtes le meilleur connaisseur de votre texte.
    Si vous le croyez vraiment valable le chemin est tout tracé: proposez-le aux Autorités Supérieures Antidoxiennes en tant que billet(s).

    Eventuellement en plusieurs chapitres thématiquement homogènes à parutions successives.

    Rien que l’effort rédactionnel pour le reconstruire de la sorte pourrait lui être salutaire.

  20. Souris donc

    Roturier,
    Ne pas bousculer le nounours, il n’aime pas et a vite fait de se retirer dans sa grotte, ce qui est dommage pour nous. Là où je vous rejoins, c’est qu’il pourrait nous résumer son point de vue et ses propositions concernant la fiscalité des entreprises. Et puis aussi, question purement optique, les textes en lettres claires sur fond foncé sont fatigants à lire. (A fainéant, fainéant et demi).

  21. plantigrade69

    Oh! non souris, vous pouvez me bousculer.
    En revanche vous avez raison, je suis un piètre décorateur de site, c’est pourquoi j’y ai renoncé.

  22. Souris donc

    Patrick, c’est très difficile cette histoire d’exploitation. Je ne retrouve pas la photo, elle a fait le tour du monde et a été primée. C’est un adorable petit drôle de 5 ans, dormant dans une brouette, pas loin d’un tas de « sable ». En regardant bien, on voit qu’il a une poudre grise jusqu’aux coudes. En fait, il dort parce qu’il est épuisé de travailler dans une cimenterie. A 5 ans !
    Analyse lue sous la photo : on n’a qu’une envie, le prendre dans ses bras et l’arracher de l’enfer. Réflexe de décroissant bien nourri. Mais l’enfant contribue à la survie de sa famille. Sans cet esclavage, il serait probablement déjà mort, de dénutrition ou de maladie, lui et sa fratrie.

  23. Patrick,…  » Mais peut-on rivaliser avec un pays comme le Cambodge (…)Et quid du Bangladesh »…

    Sur les produits « bas de gamme » on ne peut pas et on ne doit pas. Leur acheter ces produits est la chose la plus utile que l’on puisse faire pour eux pour les sortir de leur pauvreté. Et que parfois ce soit aussi à notre avantage n’enlève rien à cette utilité pour eux.
    Mais permettez-moi d’attirer votre attention sur un aspect important soulevé par l’article. Ces délocalisations à des pays très pauvres ce constituent qu’une part minoritaire de nos délocalisations. La France délocalise aussi, et surtout, vers des pays aussi riches qu’elle, et il me semble qu’elle le fasse de plus en plus. À cela il y a bien une raison, des raisons.

  24. plantigrade69

    archi synthétique:

    Sommes-nous dans une société de vraie et saine concurrence ?
    Voyons cela en commençant par le début.
    DESCENDONS :
    Que recherche l’entrepreneur ? réponse : des acheteurs !
    Qui crée un acheteur ? L’entrepreneur ! Dès lors, il appelle cet acheteur un salarier, mais pour les autres entrepreneurs, il reste bel et bien un acheteur.
    Et les non travailleurs alors, on aimerait bien qu’ils achètent eux aussi.
    Alors, pour que le non travailleur reste un acheteur, le système a inventé des caisses de chômage, maladie, retraite…

    REMONTONS :
    Qui remplit ces caisses ?
    Le salarier et le patron.
    Qui paye le salarier ?
    Attention ! là il y a une subtilité capitale… Il ne faut plus dire : « l’entrepreneur » mais « l’employeur » !
    Des affres de perplexité s’offrent à nous !
    En effet, tous les entrepreneurs recherchent des acheteurs et ce qui nous saute soudain aux yeux, c’est qu’à taille d’entreprise égale, toutes ne fournissent pas aux autres le même nombre d’acheteurs. Il n’y a plus de concurrence loyale puisque le chef d’entreprise qui a le plus de salariés aura plus de responsabilités que son homologue concernant le remplissage des caisses sociales . Il serait en droit de lui dire :
    « je te fournis 1000 acheteurs et toi tu ne m’en proposes que deux et c’est moi qui ait le plus de charges pour remplir les caisses ? Tu te moques de moi et « on » se moque de moi? C’est le monde à l’envers ! C’est moi qui suis le plus utile au commerce et c’est moi qui suis punit » !

    Si on met un sac de plomb – c’est sans-doute pour cela qu’on les appelle « charges » – sur les épaules des employeurs, il est évident qu’il fera tout pour devenir un simple entrepreneur. Il s’ensuivra, licenciement, délocalisations, etc… Et dès lors qui va fournir les acheteurs ?

    Voilà, vous avez compris ! Bien sûr qu’il est nécessaire de payer des charges, mais il faut les répartir équitablement entre tous les entrepreneurs, employeurs ou non !

    C’est pour cela que je propose un ratio, basé sur la dimension de la société, qu’elle soit de biens ou de services, qu’elle emploie ou non.
    Finalement, en Economie, la seule vraie question qu’on devrait se poser pour calculer l’impôt/charges, c’est:

    « Combien mettez-vous d’acheteurs sur le marché ? »

  25. Souris, je suis favorable que l’on fasse travailler des ados pour les y habituer et ne pas les laisser aller à la facilité, voire l’oisiveté. Mais un gosse de cinq ans ! J’ai un petit-fils de 5 ans 1/2, franchement, à cet âge-là, ils ont besoin de jouer !
    Il y a un principe biblique : « L’ouvrier mérite son salaire« . Par « salaire », j’entends : avoir les moyens de se nourrir, s’habiller et se loger correctement par le fruit de son travail. Si dans une famille, dont le père travaille, et souvent la mère, se voit obligée de faire travailler son enfant de cinq ans, alors j’estime qu’il y a une injustice et que le système est pour le moins critiquable.

  26. Non seulement il supporte bien d’être bousculé, mais ça lui profite.

  27. Souris donc

    Vous savez Patrick, les gens dans la survie ne peuvent pas avoir les mêmes raisonnements que nous. Ils ne peuvent pas se projeter dans l’avenir. En découlent des conséquences telles que le vol, l’absence de solidarité, la violence. L’économie informelle échappe au contrôle d’Etats sans infrastructures, dans l’impossibilité de payer leurs fonctionnaires qui, pour survivre, se laissent corrompre.
    Les enfants sont dans un système où, dès le plus jeune âge, ils ont un rôle dans l’économie familiale. Ils ne jouent pas. Ce qui m’a étonnée, c’est qu’ils ne pleurent jamais. A l’école, quand il y en a une, et qu’ils peuvent y aller en faisant des kilomètres à pied parfois, ils sont sages et ânonnent une répétition abrutissante.
    Adultes ou enfants ne sont jamais des individus, mais les éléments d’un tout dans la survie au jour le jour.
    Loin de la vision bisounoursique du bon sauvage, bien écologique, qui défend l’Amazonie poumon de la planète ou autres conneries du même acabit.

  28. Souris donc

    Merci, Nounours, pour le résumé.

  29. hathorique

    @Plantigrade69

    Merci pour « ce cours d’économie pour les nulles » expliqué du fond de la caverne.
    Pour vous consoler des problèmes de voyoutage auxquels vous êtes confronté.

  30. Dites-donc, l’Ourson.
    Pourquoi systématiquement « salarier » et non « salarié »?
    Des « détails » comme ça font mal même à mes yeux de métèque.

  31. Hélas, l’Ourson, l’employeur et patron (à la retraite) d’une petite entreprise industrielle que je suis se doit de vous dire que vous faites dans l’enfance de l’art; et encore….

    En 1983 c’était moins visible; mais placez votre discours dans une économie actuelle, mondialisée sans frontières…
    Combien d’acheteurs (d’ailleurs le mot « consommateurs » serait plus adapté à votre discours) met sur le marché français une entreprise chinoise exportatrice de textile? ZERO.
    Et comment allez-vous faire en sorte qu’elle le paie???….

    Etes-vous familier du monde de l’entreprise ou de l’économie? Cela ne saute pas aux yeux du premier regard…

  32. Bien venu, l’intermède entre deux séquences de crachat de venin.

  33. Souris donc

    Roturier venimeux ! Personne ne trouve grâce à vos yeux (sauf peut-être vous-même, et encore, pas sûr) ?

    ZERO acheteurs ou consommateurs, ne pas oublier les PME défaillantes :
    La Tribune a publié un article chiffrant à 60 000 le nombre d’entreprises qui ont déposé le bilan en 2012. Et à peu près autant dans chacune des 2 années précédentes. Pour 2013, on n’a pas encore les données, aucune raison qu’elles soient meilleures.

    Je suis allée voir sur le site de l’INSEE dont parle Impat. Intéressant, ils décortiquent qui délocalise et pourquoi.
    http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1451#inter4
    Ce sont des stats qui concernent les années 2009-2011.
    Pour les délocalisations dans la zone euro : « motifs divers ». Dommage qu’on n’en sache pas plus.
    Pour les délocalisations vers l’UE15, les sociétés ont d’abord recherché la réduction des coûts de production autres que les salaires et les motifs sont plus diversifiés.

  34. Mais, Souris, vous, vous trouvez bien grâce à mes yeux…

    Cela dit, vous êtes totalement hors sujet. Relisez l’Ourson 13:31 et moi 20:07. Quel rapport avec votre 21:05?

    Les propositions apportées par l’Ourson (en 1983…) ignorent la mondialisation; sans laquelle les problèmes qu’il propose de résoudre seraient d’ampleur négligeable.

    Ses propositions sont basées sur l’hypothèse d’une France vase clos. Est-ce le cas? Car sinon, elles sont inopérantes.

    L’exemple de l’entreprise chinoise exportatrice de textile qu’il est impossible de faire payer pour l’absence de consommateurs (et non « acheteurs ») qu’elle génère en France n’est qu’un parmi une multitude.

    Tâchez de comprendre que cette même mentalité « France vase clos » est à l’origine d’autres abbérations, dont les 35H. Ce principe fonctionnerait bien en « vase clos ». Mais, dans un contexte mondialisé, il a donné lieu à la saillie de notre ami Gerhardt : « Les 35H en France sont une excellente nouvelle pour l’économie allemande ».

    Et enfin, je vous pose la question posée à l’Ourson : « Etes-vous familier(e) du monde de l’entreprise ou de l’économie? Cela ne saute pas aux yeux du premier regard »…

  35. plantigrade69

    roturier,
    d’une part, si vous lisez attentivement mon texte, vous comprendrez qu’il était plutôt prémonitoire puisque finalement, il s’est passé absolument tout ce que je craignais si on continuait à ignorer que les principes de calcul des charges étaient pipés. et que je décris . Délocalisations, licenciements de masse etc.
    D’autre part, surtout à cette époque de « l’instant T » dont je parle, il y avait encore moyen d’agir relativement facilement, maintenant c’est beaucoup plu difficile.
    Car il faut imaginer un pays comme un vivier d’acheteurs. Et je serais curieux de savoir pourquoi un entrepreneur, quel qu’il soit, ne voudrait pas pêcher dans ce vivier. Et dans mon système, qu’il soit Français, délocalisé ou étranger, il ne paierait pas de droit de douane, mais l’impot ratio comme tous les entrepreneurs locaux. Où est le problème?
    Aujourd’hui « l’instant T » a été pillé et internet complique la chose. Mais en quoi faire mieux avec ce qui reste serait idiot?
    Une dernière chose. Je suis financier, j’ai fait ma carrière au palais Brongniart, et les dernières années j’avais ma propre entreprise. Je l’ai fermée en 2005 en pressentant que la négociation électronique allait être un rouleau compresseur monumental pour escrocs.
    Perso, je trouve que ce qui est idiot, c’est de tout faire peser sur les employeurs, mais ce doit être ma naïveté d’homme des cavernes.

  36. Souris donc

    Hors sujet ? Le sujet est la délocalisation (Impat tente de nous remettre sur les rails le 6/13:17)
    Vous mettez un zéro hurlé à propos des consommateurs crées par les exportateurs chinois. Puis-je ajouter, sans vous offenser, que les défaillances (sans délocalisation) ne créent pas davantage de consommateurs ?
    Que les défaillances soient dues à l’impossibilité de rivaliser avec les Chinois en termes de prix, c’est certain, mais il y a d’autres causes. Je connais 2 ateliers (40 et 10 employés) en mauvaise posture parce que créés dans les années 70, les employés ont le même âge que le patron, tout le monde arrive à la retraite au même moment, et aucune relève. Personne ne veut s’endetter et les jeunes ont des ambitions plus bureaucratiques. Bosser dans le domaine de la prothèse sur mesure ou de la plomberie les intéresse moyen.

    Bien sûr que nous n’avons pas vos analyses percutantes en économie, Roturier, le Nounours n’était que trader, et moi, mon travail un tantinet répressif était de détecter la réalité derrière les apparences, les discours et les documents présentés. A force, je suis devenue incollable sur la fausse facture. Et le faux en général.
    Bref, Roturier, attaquez si c’est votre trip, sans vous rendre ridicule.

  37. Souris,… « Bosser dans le domaine de la prothèse sur mesure ou de la plomberie les intéresse moyen. »…
    Vous mettez le doigt sur une cause de délocalisation qui risque de devenir fréquente: la difficulté pour les employeurs de trouver des candidats à l’embauche. C’est déjà souvent le cas dans l’hôtellerie et la restauration, mais là on ne peut guère délocaliser, alors l’employeur se retourne vers une baisse de l’activité.

  38. @ l’Ourson 06:49 . Votre « impôt ratio » est un droit de douane qui ne dit pas son nom.

    L’entreprise chinoise en question génère ZERO consommateurs en France et il est impossible de la faire payer sauf en lui infligeant une taxe protectionniste afin d’augmenter ses prix de vente au moins au niveau des concurrents « français » ; quitte à l’empêcher de vendre.

    C’est ça, votre nouveauté? Vous inventez la douane? MAIS avec un mode de calcul plus compliqué, facilement contestable et fonction des données éphémères du bilan-compte d’exploitation-charges du personnel bricolables et changeantes d’une année sur l’autre?

    Naturellement, si vous prêchez de rebâtir des barrières douanières (et les inévitables barbelés et miradors qui vont avec), dites le clairement et nous repartirions sur un nouveau sujet.

    Faudrait peut-être l’expliquer à Peugeot qui tente désespérément de percer sur le marché chinois et qui se retrouverait, de ce fait, devant porte close… Alors que VW se verrait ouvrir un boulevard.
    Vous l’avez compris, c’est un exemple parmi tant d’autres ; tout comme l’exportateur chinois de textile.

    Croyez-vous vraiment, mais VRAIMENT, que l’arithmétique est une solution à des problèmes politiques et culturels ?

  39. kravi

    Eh bien, merci à tous pour l’article initial et vos commentaires, trop techniques pour moi, j’en ai peur. Je n’ai pas compris grand-chose, mais il faut dire que j’ai lu en diagonale. Et surtout, c’est assez loin de mes champs de compétence.
    À ma décharge, il faut bien dire que les spécialistes en économie disent tout et son contraire. Nous autres, pauvres consommateurs surimposés, ne savons pas quelles sont les solutions économiques les plus adéquates. Bien sûr, compte tenu de ses brillants résultats, nous éliminons d’emblée la confiscation des moyens de production.
    Un des principaux inconvénients de mon ignorance économique, c’est qu’elle sert de base — parmi d’autres critères — à mes votes politiques. Et là, je ne peux que voter par défaut, i.e. en éliminant ce qui a déjà échoué.

  40. Kravi 12:28 . Vous ne savez pas si bien dire. C’est désespérant.

    Le Français, même (et surtout) bac + x (sans doute votre cas), soufre souvent de comptaphobie, se croit (en général à tort) atteint d’illettrisme viscéral dès qu’il s’agit du moindre calcul arithmétique.

    Il bombarde « économie » de choses qui relèvent d’une simple logique (comptable ; et alors ?) parfaitement claire pour la dernière caissière d’hypermarché qui s’y frotte toute la journée.

    De ce fait il se déclare incompétent et le laisse à des supposés « maven » (ce n’est pas à vous que je dirai que c’est un mot hébreu adopté dans l’Anglais moderne).

    Je dis au psychanalyste : soignez-vous. N’ayez pas peur. En tout cas, mes comm ci-dessus ne contiennent rien qui ne soit, et facilement, accessible à votre ratio.

  41. Kravi (7 janvier 2014 à 12:28) Je crois que le problème soulevé par votre commentaire provient d’un malentendu généralisé sur la science de l’économie. Dans l’esprit de tout un chacun, comme c’est une « science » et qu’elle parle de chiffres, c’est une science exacte. Or c’est comme vous le savez une science humaine, fondée essentiellement sur les réactions humaines aux diverses données et motivations qui entourent les hommes.
    À mon avis, si on n’est pas économiste et encore plus si on l’est, la clé consiste à accompagner chaque raisonnement économique d’une forte dose de bon sens.
    Recette méconnue, qui d’ailleurs devrait s’appliquer à bien d’autres domaines…

  42. Liebe Souris 10 :45 .

    Que le ciel nous préserve du mal et du ad hominem (feminem ?). Que je n’ai jamais pratiqué sauf en autodéfense; et pas à votre égard en tout cas; plutôt le contraire.

    Nous avions deux sujets : celui du billet d’Impat ; et celui, « spin-off » comme on dirait outre-manche (dérivé, quoi) de l’Ourson. Pas exactement le même.

    Vous avez pris la tangente de l’Ourson pour revenir sur Impat ; certes de plein droit. Vous étiez donc dans le sujet d’Impat mais pas dans celui de l’Ourson ; or, j’étais dans le dernier.
    Bref, vous réagissiez à MON comm mais hors de MON sujet.

    Accessoirement : l’histoire des deux ateliers que vous racontez : c’est encore l’enfance de l’art. La storia dela mia vita, comme dirait Verdi. Trop bien versé dans le sujet, je fus. Des factures, j’en ai fabriqué ; des vrais…

    Faut-il préciser que je persiste et signe le tout, notamment la dernière phrase à l’attention d’Ourson : « Croyez-vous vraiment, mais VRAIMENT, que l’arithmétique est une solution à des problèmes politiques et culturels ? »

  43. C’est cousin germain de mon 13:07

  44. plantigrade69

    roturier,
    donc vous voudriez qu’un chinois qui veut vendre en France soit mieux traiter qu’un local qui vend en France?
    Je dis: tout le monde à la même enseigne! Qu’ils soient Chinois martiens ou Français non ou peu employeurs, ils doivent, à taille d’entreprise égale, tous payer les mêmes charges.

  45. plantigrade69

    J’ajoute que même les entreprises franco-françaises ont un traitement inégal sur l’impôt charge selon qu’ils emploient ou non. Je veux d’abord rendre cela plus cohérent. Le reste suit.
    Un chinois qui veut vendre en France, soit il y monte sa boîte et il sera traité comme les autres, soit il vend ses produits à une société française qui les revendra, et cette société sera traitée comme les autres.

  46. …  » Un chinois qui veut vendre en France, soit il y monte sa boîte et il sera traité comme les autres »…
    Horreur, Plantigrade ! C’est de la délocalisation !

  47. plantigrade69

    :o) impat.
    Je me demande encore ce qui a pu susciter une telle ire de la part de roturier.

  48. plantigrade69, ne cherchez pas, ce n’est que le plaisir de l’ire.

  49. plantigrade69

    :o)

  50. BON, Ourson lyonnais 13 :40 et suivant.
    Force est de s’arrêter un instant sur la langue française courante et ses approximations. Le métèque les voit venir à des kilomètres.

    Ourson me dit de parfaite bonne foi « donc vous voudriez…. ». MAIS, ce que je voudrais, moi, est le nirvana et la paix céleste pour toutes les créatures du Seigneur.

    Quel rapport entre ce que je voudrais (et ce que Ourson voudrait, probablement la même chose) et l’obstination absolue de la réalité, en l’occurrence économique, traduite par des chiffres au front de boeuf ?

    De quel droit le Français moyen use du « vouloir » alors qu’il s’agit de « constater » ? Cette bizarrerie linguistique, que vous êtes sans doute nombreux à ne même pas voir à force d’habitude, ne traduit-elle pas un système mental qui tient de la méthode Coué ?

    Ce que je voudrais, Ourson, est que le Chinois, p…. de sa race, paie ma retraite (et le reste) à la hauteur de ses bénéfices et des dégâts que provoque en France son avalanche de chemises à 5€.

    MAIS ce que je sais, c’est que je n’y arriverais certainement pas à force d’incantations, coups de menton et invocations d’une « justice » ; d’ailleurs controversée; or, votre « méthode » c’est ça.

    Au contraire : je n’obtiendrais que la disparition de Peugeot d’abord, Renault ensuite, le reste avec.

    Je VOUDRAIS que votre méthode soit valable. Je SAIS qu’elle est utopique (en étant poli).

    Confondre souhait et réalité : voilà la méthode Coué. Facilitée par le Français courant.

  51. plantigrade69

    Mais c’est vous qui dîtes que ma méthode est un droit de douane déguisé. C’est pourquoi je vous réponds que je mets les « Chinois » absolument à égalité avec les locaux à partir du moment où ils zyeutent sur les clients locaux. C’est simple et logique et je ne vois pas où est le droit de douane.
    Et vous dîtes que je prends mes souhaits pour la réalité, ce qui est absurde, puisque justement, je ne fais qu’exposer une méthode et je ne la prends pas pour la réalité puisque je ne suis pas assez halluciné pour savoir qu’elle n’est pas appliquée.
    En revanche je peux constater que tout ce que j’avais prédis il y a trente ans sur les effets mécaniques du système de calcul actuel est bel et bien advenu.

  52. kravi

    Vous voyez ?
    Vous êtes donc deux sujets frottés d’économie, ayant — si j’ai bien suivi — une expérience pratique de ces choses depuis de longues années, vous êtes probablement futés et affutés dans votre domaine d’expérience, et quoi ? Vous vous bouffez déjà le nez en quelques phrases de dialogue. Heureusement vous n’êtes pas « au contact », sans quoi…
    L’argument du « bon sens » ne tient pas, en la matière. Je suis sûr que le bon sens débordé chez tous les deux.

  53. On ne se bouffe pas le nez ni autre chose, Krav Maga. N’exagérons rien.
    Suite lorsque j’aurais le temps.

  54. @ l’Ourson.

    Là où vous voyez « équité; égalité; normal ; logique ; juste ; tous au même niveau… ».
    Le Chinois ne verrait que 3 choses : douane, douane et douane.

    Que vous soyez en désaccord avec lui sur la définition ne changerait rien. La prétention « morale » que véhiculent vos termes est impertinente au sujet, il n’en a cure. Je précise (mais c’est secondaire) qu’il pourrait même avoir « moralement » raison. Mais encore, qu’il l’ait ou pas est hors sujet, nous sommes dans le business, pas au prétoire. .

    Exemple chiffré (simplifié évidemment) :

    Soit A, exportateur chinois de chemises.

    Soit B, l’importateur : entreprise de droit français sur le sol français, intercalée (votre idée) dans le circuit pour se conformer à « votre » méthode comptable histoire de payer les charges puisqu’il est impossible de faire payer A directement.

    Soit C, consommateur : citoyen français susceptible d’acheter des chemises.

    A fabrique les chemises en Chine, les achemine par bateau en Europe. Vu le coût de la fabrication et de l’acheminement il demande 1€ par chemise.

    B est un intermédiaire. Il n’a aucun salarié. Selon votre système il ne met aucun « acheteur » à la disposition des autres entreprises française. MAIS il réalise un CA considérable. Son cas est donc celui de la charge maxi : il devra payer un max de charges pour participer à la couverture sociale française vu qu’il est aberrant de faire peser le tout sur le travail fait en France.

    B se trouve donc devant l’obligation de verser 2€ par chemise aux caisses sociales françaises pour « équilibrer ». Naturellement B répercute ça sur C, sinon il perdrait beaucoup d’argent.

    C’est donc C, le consommateur, qui paie la chemise 3 € alors que A ne demande que 1€. Les 2 € de différence allant aux caisses sociales française que A assimile, pourquoi pas, au gouvernement.

    Naturellement les chemises de A en deviennent plus chères, voire invendables.
    Pour lui, la France inflige à sa marchandise une douane de 2€ par chemise.

    Naturellement il userait immédiatement de son droit de rétorsion et infligerait un lourd droit de douane à toutes les marchandises françaises tentant d’être vendues en Chine. Voitures, avions, matériel ferroviaire, que sais-je. Plus un boulon d’origine française ne se vendrait en Chine.

    Autrement dit, vous n’avez inventé rien d’autre que la bonne vieille douane. Et on verra la France appliquer ça lorsque les poules….

  55. plantigrade69

    Où est le problème?
    Car vous oubliez D. Oui D, celui qui a une entreprise de serpentins et qui tout en faisant la même taille que B a lui cent employés. Il fournit donc à B 100 acheteurs de chemises tandis que B ne fournit qu’un seul acheteur de serpentins, lui-même.
    Pas besoin de chinois, les non employeurs franco-français sont logés à la même enseigne.
    Car comme je l’ai écris dans mon essai, dans les cas cités, ce que vous croyez acheter « pas cher », coûte en réalité la peau des fesses à long terme (en macro économie, à l’instant le consommateur s’en fout), et puis justement, vous parlez du consommateur, comme s’il était lésé par le coût de ce système, mais on y revient, qui charge ce consommateur en moyens financiers pour pouvoir acheter? Le chinois? B? ou D?
    Tout est là!

  56. plantigrade69

    Cher kravi,
    mon système n’est qu’un système de calcul des charges, nous restons dans une société libérale.

  57. plantigrade69

    PS roturier,
    en réalité, le système de calcul des charges qui a toujours existé revient à faire en sorte qu’il n’y a pas de concurrence, mais piratage des entreprises qui emploient pour piller les consommateurs qu’elles chargent.
    La croissance et nouveaux secteurs économiques étaient ce qui masquaient cela.

  58. Comment puis-je, cher Ourson, oublier D, puisque D, c’est MOI?
    Pas dans les serpentins; mais c’est pareil.
    J’ai dû laisser choir ma PME qui s’est écroulée face à une concurrence « à bas salaire », chinoise entre autres. Heureusement j’ai pu « tirer » jusqu’à ma retraite ou presque; mais j’ai perdu la boite; et les salariés, leur boulot.

    MAIS le propre d’un chef d’entreprise est de voir le monde comme il est, et non comme il le voudrait.

    D pourrait donc (je simplifie) s’offusquer d’ici la Saint Glinglin contre une « injustice »; (ce ne serait pas forcément fondé, mais soit, pour éviter de dévier le débat sur la « morale », donc l’idéologie).
    MAIS, chef d’entreprise, il devrait savoir de quoi le monde est fait; savoir que (son idée de) « La Justice » est hors sujet. Au risque de me répéter nous sommes dans le business, non au prétoire.

    Le D que je suis n’est nullement favorable à des barrières douanières (votre méthode n’est pas autre chose), malgré son expérience perso; sachant que son fils chez Renault et son gendre chez Peugeot y paieraient le prix fort de l’inévitable rétorsion. (Pour illustrer, n’est-ce pas).

    LA solution est « à l’allemande ». Ni hautes barrières douanières (qui transforment l’entreprise en animal domestique incapable de survivre dans la jungle), ni Smic national généralisé, ni 35H.
    Une assurance chômage « à responsabilité limitée » qui incite les gens à rester au boulot.

    J’en passe.

  59. plantigrade69

    Bon! nous ne sommes pas d’accord sur ma méthode que je n’estime toujours pas être des droits de douane, mais petite barrière de fait, peut-être.
    Pour le reste, je ne me place pas à la place du chef d’entreprise qui doit réagir avec le réel très exactement comme vous l’avez dit, mais à la place de l’Etat. J’estime toujours que c’est ce qu’il devrait faire, justement pour que les chefs d’entreprise cessent de se faire blouser par les tricheurs. Pire, le système actuel oblige les chefs d’entreprise à « tricher », s’ils veulent survivre. Mais c’est une course au ravin.

  60. Kravi
    Votre 7 janvier 2014 à 20:10 attend patiemment (et passivement) que nous décidions; « nous » qui sommes sensés « savoir ».
    En vous plaignant que nous ne sommes pas d’accord et par conséquence vous ne savez pas quoi penser.

    MAIS vous avez (enfin… il me semble) votre propre tête et vous savez compter? Vous devriez être capable de vous faire un avis perso? Sans « nous » attendre?

    Une question me tenaille.
    Je voudrais savoir (aucune polémique, pour ma gouverne) suite à mon 13:07 d’hier et le suivant 13:31 d’Impat: ces sujets sont-ils vraiment inaccessibles à votre ratio? Incompréhensibles à qq1 ayant eu une formation universitaire, quel qu’en soit le domaine?

    Pour moi tout ça est l’enfance de l’art, ça coule de source.MAIS j’ai peut-être une perspective déformée.
    J’ai du mal à saisir, et même à accepter, l’attitude comptaphobe française courante dès qu’il s’agit d’un minimum de mécanique du marché accessible à la dernière caissière d’hyper.

  61. Le « système actuel », Ourson, est comme la démocratie.
    Exécrable, mais on n’a pas de meilleur.

  62. kravi

    Roturier, je sais compter. Ça ne suffit pas. Encore faut-il faire entrer ces calculs dans une grille qui soit cohérente et compatible avec mes souhaits, désirs et besoins.
    Or, n’ayant de la science économique que des rudiments — je ne sais même pas placer de l’argent en bourse !–, je suis incapable de raisonner sur ce plan. C’est le dernier qui a parlé qui a raison, car il me manque une foultitude de variables pour avancer un avis intelligent.
    Et quand je vois que ceux qui savent manier ces notions se contredisent et passent leur temps à se tromper, je vais encore moins faire le malin. Si une seule solution était bonne, ça se saurait. Comme la fameuse martingale magique du casino.

  63. plantigrade69

    Roturier,
    « système actuel », je parle seulement du système du calcul des charges. Le « Système » avec un grand S, ne change pas, et je ne veux surtout pas le changer.

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