Deux petites fentes

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Louis Victor de Broglie

  Einstein, reprenant les travaux de Planck sur le rayonnement du corps noir mit en évidence la nature corpusculaire de la lumière et son interaction avec la matière. Il faut se rendre compte de la portée de cette découverte, en son temps le monde de la physique était constitué de matière et de rayonnements, Maxwell avait unifié les théories de l’électricité et du magnétisme et il était bien établi que la lumière était une forme de rayonnement électromagnétique. La nature ondulatoire de ces rayonnements était elle aussi établie, en 1801, Thomas Young, esprit brillant : médecin, égyptologue et physicien avait mis au point une expérience révélant ce caractère ondulatoire de la lumière. Si l’on place verticalement dans un plan d’eau une planche percée de deux fentes à moitié immergées et que l’on dirige des  vagues vers elle en jetant par exemple un caillou dans l’eau, les vagues se décomposent en deux autres séries de vagues en passant par chacune des fentes. Les vagues sortant des fentes interfèrent les unes avec les autres de façon caractéristiques, tantôt en s’amplifiant, tantôt en s’annihilant de telles façons qu’elles dessinent un motif typique d’interférence, ce motif est la signature d’un phénomène ondulatoire. Projeté sur le rivage il forme des zones régulières alternées où les vagues d’interférence sont successivement de forte et de très faible amplitude. Thomas Young eut l’idée de percer un écran de deux très petites fentes, de l’éclairer par la lumière du soleil et de regarder sur un second écran placé derrière le premier le motif qui se dessinait. Le sens commun aurait voulu que deux barres se dessinassent sur le second écran, ce qui se passe habituellement lorsque les fentes sont larges et assez éloignées, mais en procédant à cette expérience avec des fentes très petites et suffisamment rapprochées, un motif d’interférence apparaissait sur le second écran une série de barres lumineuses séparées par des zones d’ombre, la signature d’un phénomène ondulatoire.

 Fentes de Young:

 https://lh4.googleusercontent.com/5L1qwXBuhtPR11ANVay8Xve28GuxZNZfL6MftT17SD35jsx-loVQH3Z1dJF5S8cJrzZegOLl5VzAMNei6jam143mMWK1lzDai2EyBnOJceh6VC7cYbxlWK-oGg

 Motif observé:

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Rayonnement et matière, onde et corpuscule deux phénomènes bien distincts dans le ciel radieux de la physique de Lord Kelvin, mais soudain les deux phénomènes se conjuguent, la lumière exhibe un caractère pour ainsi dire corpusculaire, le photon, mais la validité de l’expérience de Young demeure. Louis de Broglie poussa l’idée plus loin et soutint en 1924 que l’électron lui-même exhibait ce double caractère corpusculaire et ondulatoire, sa thèse fut confirmée par Davisson et Germer des laboratoires Bell en 1927, il reçut le prix Nobel en 1929 à l’âge de 37 ans.

Plus tard encore à l’aide d’un canon à électron, c’est-à-dire un tube cathodique des premières télévisions, d’un écran au phosphore celui-là même de ces premières télévisions on a pu reproduire l’expérience de Young avec des électrons en interposant une plaque percée de deux minuscules fentes entre le canon et l’écran. L’avantage du canon à électron est que l’on peut en régler l’émission jusqu’à ne projeter qu’un électron à la fois vers les fentes, expérience tout à fait intéressante, car si l’on pouvait penser que le motif d’interférence était dû à un phénomène collectif la réalité est que le motif d’interférence se produit de la même façon si l’on projette un électron à la fois. Arrêtons-nous un instant sur l’absurdité de ce phénomène : l’électron qui est un corpuscule doté d’une masse se comporte comme s’il passait par les deux fentes en même temps à la façon d’une onde et interagissait avec lui-même. Pire encore si l’on essaie de mettre en place un dispositif quelconque permettant de détecter par quelle fente passe l’électron le phénomène d’interférence disparaît, en d’autres mots l’observation influe sur l’expérience.

Avant de mettre un peu d’ordre dans nos idées si cela est possible, Feynman pensait que ça ne l’est pas, penchons-nous sur une autre expérience. Toujours à l’aide de la vieille télévision bricolée utilisée pour reproduire l’expérience de Young, reproduisons l’expérience d’Airy un astronome anglais du XIXe, au lieu de deux fentes perçons un tout petit trou circulaire dans l’écran intermédiaire, sur l’écran de télévision se dessine un nouveau motif d’interférence, ce sont cette fois, si le trou est suffisamment petit, des cercles concentriques qui s’affichent sur l’écran et ceci quand bien même les électrons sont envoyés vers l’écran un par un. Comme dans l’expérience de Young revisitée pour les électrons ont voit tout à la fois la dimension corpusculaire de l’électron, car chaque électron forme un unique point lumineux lorsqu’il excite un atome de phosphore en s’écrasant sur l’écran de télévision, mais lorsque l’on enregistre l’ensemble de ces points lumineux, à l’aide d’un film photographique par exemple, on voit se dessiner un motif d’interférence, dans le cas de l’expérience d’Airy des cercles concentriques.

 Motif d’Airy:

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(University of Oklahoma)

 Cette expérience permet de nous concentrer sur un autre phénomène du monde quantique, plus l’information que l’on a sur la position d’un électron est précise moins l’information que l’on a sur la direction dans laquelle il va l’est. En effet plus le trou par lequel passe l’électron est petit, plus l’information que l’on a sur sa position à l’instant où il y passe est précise, mais dans le même temps plus ce trou est petit plus les cercles d’interférence sont larges, c’est-à-dire que moins on est capable de prédire l’endroit où il va s’écraser sur l’écran, cette dualité de la précision de l’information sur la position et celle du moment angulaire s’appelle la relation d’incertitude d’Heisenberg, elle est quantifiée très rigoureusement par une équation, c’est en fait un théorème et l’on préfère aujourd’hui parler de principe d’indétermination et cela nous amène à un aspect très important de la mécanique quantique.

En fait, la mécanique quantique est une science fondamentalement non déterministe, le mieux que l’on puisse faire lorsque l’on traite avec l’infiniment petit est de calculer des probabilités : probabilité qu’une particule soit dans telle région de l’espace, probabilité qu’elle ait tel moment angulaire, tel spin, telle polarisation. Par l’expérimentation et la mesure, on est arrivé à montrer que ces probabilités dépendent de la longueur d’onde de la vague associée à la particule. Dès le début de la physique quantique, une puissante théorie mathématique a permis de calculer ces probabilités en fonction de la représentation mathématique de l’onde associée à la particule, de la représentation mathématique de la particule en fait, car il est impossible de dissocier la particule de son onde porteuse comme l’appelait De Broglie. Cette théorie se base sur la notion d’espaces de Hilbert, s’y étendre dépasserait largement le cadre d’un exposé récréatif, mais il n’est pas inintéressant de rappeler que les espaces de Hilbert traitent d’un objet mathématique fondamental : la série de Fourier.

Jean-Baptiste Joseph Fourier est un des savants de la campagne d’Égypte, c’est lui qui présenta la pierre de Rosette à Champollion. Ses travaux sur les fonctions périodiques sont d’une importance fondamentale, il a le premier l’intuition que toute fonction périodique, c’est à dire se reproduisant à l’identique selon une période donnée est la somme de fonctions périodiques simples, les sinus et les cosinus. Il a ouvert la voie a une théorie extrêmement riche et d’une portée universelle. Les séries de Fourier et les transformées de Fourier sont utilisées dans des domaines extrêmement variés allant de la théorie du signal à la compression d’image. Le prisme de Newton qui permet de décomposer un rayon lumineux en un spectre de ses différentes couleurs (phénomène de l’arc en ciel) permet de se faire une idée de la façon dont on utilise la théorie de Fourier dans les espaces de Hilbert.

Approximation d’un signal en dent de scie par les cinq premières sommes partielles de sa série de Fourier:

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https://lh5.googleusercontent.com/WJultKdvhcTLVgVxBKRAcW525PSyFx21nNWH84haGViBhb2XiZmghG_Qc_FrN4L7Rp7NR8vnK13DLQmf3uef_cng839CUin3Yn8rRAm1Sd_AUSSVWZwIb4g1UA

Toute particule est représentée par une fonction d’onde comme nous l’avons vu, la théorie de Fourier permet de décomposer cette fonction d’onde en somme pondérée d’éléments fondamentaux en fonction des mesures que l’on effectue sur elle. Pour chaque mesure correspond une sorte de prisme de Newton mathématique abstrait qui décompose la fonction d’onde en couleurs fondamentales. Il existe ainsi un prisme correspondant à la mesure de la position et un prisme correspondant à la mesure du moment angulaire, c’est-à-dire à la direction. Il se trouve que ces prismes décomposent la fonction d’onde de façons radicalement différentes et irréductibles : si un prisme la décompose en peu de couleurs fondamentales l’autre en fournira une multitude et réciproquement(1). On appelle de tels prismes des opérateurs dans les espaces de Hilbert, à chaque mesure correspond un opérateur et à chaque opérateur correspond un spectre particulier ; la fonction d’onde se décompose de façon unique sur le spectre de chaque opérateur.

 Prisme de Newton:

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Il se trouve que l’opérateur de position et l’opérateur de moment angulaire sont liés par une relation particulière : ils sont la transformée de Fourier l’un de l’autre et de ce fait leurs spectres sont en quelque sorte l’opposé l’un de l’autre, c’est donc une relation structurelle qui empêche dans un même temps de décomposer une fonction d’onde sur l’un et sur l’autre en aussi peu de couleurs fondamentales de l’un et de l’autre. En d’autres termes c’est une relation structurelle qui empêche de mesurer aussi précisément que l’on veut la position et le mouvement et non pas comme on pourrait le croire une forme d’incertitude subjective.

Les coefficients de chaque couleur fondamentale d’un opérateur de mesure permettent de calculer la probabilité que la mesure que l’on effectue se trouve dans une certaine fourchette. Le calcul de ces probabilités est d’une incroyable précision et jamais en presque un siècle la mécanique quantique n’a été prise en défaut. C’est une théorie absurde que personne ne comprend vraiment, mais elle fonctionne de façon remarquable, ses applications techniques sont innombrables : transistors et donc ordinateurs, laser, IRM, chimie, etc. et encore peut-on penser que ce n’est là qu’un début Google a annoncé récemment avoir acquis le premier ordinateur quantique.

Il n’en reste pas moins que c’est une théorie étrange qui ne correspond à aucune réalité qui fasse sens pour nous.

Elle est fondamentalement non déterministe, les fonctions d’onde sont  purement probabilistes et n’ont aucune réalité tangible, seules les mesures que l’on effectue sur la particule les révèlent ce qui aurait fait dire à Einstein que Dieu ne joue pas aux dés ce à propos de quoi Niels Bohr lui aurait demandé pour qui il se prenait pour dire à Dieu ce qu’il devait faire.

L’observation y modifie l’expérience, on parle d’effondrement de la fonction d’onde, la notion même de mesure et de grandeur physique s’en trouve perturbée.

Elle considère les éléments subatomiques comme étant à la fois des ondes et des corpuscules.Personne ne comprend la physique quantique et deux grands esprits se sont affrontés sur le sens qu’il faut lui donner, ils ont ouvert un immense débat qui dure encore longtemps après leur mort, mais ceci est une autre histoire.

Dr Quantum : Expérience des fentes de Young

 

(1)C’est une vue très simplifiée, l’opérateur de position et celui de moment ont des spectres continus, il faudrait plutôt dire : plus la décomposition de fonction d’onde sur l’un est étroite, plus sa décomposition sur celle de l’autre est large et réciproquement.

40 Commentaires

  1. … « En fait, la mécanique quantique est une science fondamentalement non déterministe »…
    On voit là, dit en une phrase, tout le basculement intellectuel intervenu entre le début et la fin du XXe siècle. Avant ce basculement, la science dans son ensemble était le domaine du déterminisme. Époque révolue.

  2. Ah, oui ! Tout à fait !
    Mathématiques : théorème de Gödel.
    Physique quantique, théorie du chaos.
    En 1986, Sir James Lightill qui était président de l’Union internationale de mécanique pure et appliquée fit cette déclaration solennelle :
    « Ici il faut m’arrêter et parler au nom de la grande fraternité des praticiens de la mécanique. Nous sommes très conscients, aujourd’hui, de ce que l’enthousisame que nourrissaient nos prédecesseurs pour la réussite merveilleuse de la mécanique newtonienne, les a menés à des généralisations dans le domaine de la prédictibilité […], que nous savons désormais fausses. Nous voulons collectivement présenter nos excuses pour avoir induit en erreur le public cultivé en dépendant, à propos du déterminisme des systèmes qui satisfont aux lois newtoniennes du mouvement, des idées qui se sont révélées incorrectes après 1960. »

  3. Souris donc

    Si bien qu’on est prié de laisser sa logique et son bon gros bon sens au vestiaire. Chaque phénomène peut être une chose et son contraire. Les états peuvent être superposés, une onde et une particule, le chat peut être à la fois mort ET vivant, tant que l’observateur n’a pas ouvert la boite. Et quand il l’ouvre, c’est son approche théorique qui décide si le chat est mort ou vivant. Oooooooh…

  4. …  » Oooooooh… »…
    C’est pas ça du tout, Souris, c’est « Miahou… »…même pour les souris.

  5. Hello Souris, non pas vraiment car le bon gros bon sens est de l’autre côté de la barrière quantique, c’est la nature du débat Bohr/Einstein, la physique quantique révèle-t-elle une réalité qui nous dépasse ? Toujours est-il que jusqu’à preuve du contraire, l’effondrement de la fonction d’onde lorsque l’on touche terre apès avoir sauté du dixième étage produit invariablement le même résultat.
    Le chat de Shrödinger ne montre qu’une chose : l’effondrement de la fonction d’onde force le choix d’un état particulier parmis tous ceux qui sont possibles. Par contre, il est vrai que le système qui nous permet de communiquer en ce moment même se base sur cette théorie étrange et que plus fondamentalement elle remet en cause des idées qui nous semblaient d’une évidence absolue, comme le fait que l’observation n’influe pas sur l’expérience.

  6. Souris donc

    Le bon gros bon sens est de l’autre côté de la barrière quantique, c’est le principe de non-contradiction à l’oeuvre dans la mécanique, ou la logique quotidienne. Le quantique est non observable, il est du domaine du calcul et de la spéculation, et pourtant il tourne (quand quelqu’un va faire des rayons pour se soigner, il est bombardé de photons, les bien nommés pour des rayons. Quantum of solace)

    Schrödinger a voulu monter un gag avec sa boite censée faire la synthèse du quantique, du mécanique et même du chimique puisque le dispositif libère du cyanure. Son paradoxe a laissé des traces dans les esprits puisque, 80 ans plus tard, les chats des scientifiques s’appellent toujours Schrödinger. Sauf les roux, qu’ils appellent Azraël, ouais.

  7. plantigrade69

    D’où le terme « quanta » car avec une quantité on réduit un peu les probabilités.
    J’ai vu récemment un document sur la chaîne encyclo rappelant les fameuses « disputes » entre Bohr et Einstein. C’est fascinant.
    Quand on pense que les théories d’Einstein paraissent déjà « surnaturelles », alors imaginez la théorie quantique… qui reste d’ailleurs un mystère pour moi.

  8. Le motif dAiry est observable, comme celui de Young, c’est justement parce que l’on a pu comparer les statistiques sur les motifs d’interférence que l’on a bien été obligé d’admettre que les probabilités associées à ces statistiques peuvent se calculer par la norme au carré de l’amplitude de l’onde dont le motif d’interférence se dessine sur l’écran et ce avec une précision incroyable. Ce simple point est ébouriffant car cette onde est absolument intangible la seule chose qui nous la révèle est le motif qui se dessine point par point. Feynmann disait que toute la mécanique quantique est contenue dans l’expérience de Young. Son livre de vulgarisation QED, quantum électro dynamic est remarquable, et l’on se rend peut-être mieux compte du côté dérangeant de la théorie.

  9. La théorie quantique est un mystère pour tout le monde l’Ours !

  10. Le terme de quanta vient de ce que la seule façon d’expliquer le rayonnement du corps noir est que l’énergie du rayonnement se décompose en grains minimaux (les quantas) de valeur h.v ou h est la constante de Planck et v est la fréquence du rayonnement.

  11. plantigrade69

    Les quantas ne représentent donc pas une « quantité »?
    J’avais pourtant lu cela il y a très longtemps, donc je ne sais plus où. Il y était expliqué qu’on ne pouvait absolument pas déterminer le mouvement d’une particule, qu’il soit corpusculaire ou ondulatoire, mais que cela devenait plus calculable en terme de probabilité avec une « quantité » de particules. C’est ainsi que j’avais compris le terme « quanta ».
    C’est le problème quand on est comme moi un Bouvard et Pécuchet de la physique.

  12. Souris donc

    Je crois que c’est Max Planck qui a inventé le terme de quantum, en prenant l’image d’un mètre en bois dont en enlève des parties, on aura des vides et des quantités discontinues.
    De toute façon, personne ne comprend rien parce que ce sont des êtres mathématiques potentiels qui ont des propriétés complètement farfelues (à nos yeux), qui dépendent de l’observateur, et qui s’influencent à distance. On est dans une autre dimension dans laquelle interviennent d’autres facteurs que ceux que nous observons du réel tangible. Vitesse, lumière, position, énergie, trajectoires…
    Je vais prophétiser comme vous, Nounours :
    En général arrive alors l’illuminé qui a mis la tête directement dans l’accélérateur à particules, et qui va vous parler d’un autre regard sur le monde, et vous entraîner sur le terrain de la spiritualité, boson de Dieu !

  13. Si, si, l’Ours une quantité d’énergie minimale dont la limite est donnée par la constante de Planck, un quanta.

  14. Les grains minimaux dont je parlais.

  15. rackam

    Boson futé, souris, quand même…
    Ne me tapez pas, j’ai un mal de crâne tellurique, comme si on avait lâché les taurillons de la corrode de Pampelune dans mon cervelet. C’est toujours ce qui m’arrive quand je lis du skarda. Ensuite je vais me coucher, je rêve de courbes de Gauss, de belles inconnues à plusieurs équations, de dérivées, de probabilités, bref, des trucs que les profs inventaient exprès pour me mettre des zéros et que mes parents me privent de Pilote (mâtin quel journal!). Skarda ressuscite les pires des profs tortionnaires. Et souris en rajoute une louche mettant gravement en cause le Créateur. Ce fil aggrave le déficit des comptes sociaux. Je vais me coucher. Buona notte a tutti.

  16. Qui a mis la tête dans l’accélérateur à particules 🙂
    Le problème est que si on y regarde bien toutes les explications qui sont données sont des explications folles. L’école de Copenhague qui n’est pas particulièrement mystique considère finalement que les particules sont constituées d’instruments de mesure. La théorie des univers parallèle est très bien considérée par d’austères physiciens.
    Un jour qu’un de ses invités demandait à Niels Bohr si il croyait que le fer à cheval accroché à sa porte portit bonheur, il répondit que non, puis ajouta que les gens de la région disaient que ça marchait même si l’on n’y croyait pas.
    Quelque soit la position que l’on adopte face à la mécanique quantique, elle bouleverse de fond en comble nos certitudes les mieux établies parce que pour absurde qu’elle soit elle marche remarquablement bien.

  17. Rackam vous exagérez toujours tout et en plus vous me mettez sur le dos vos excès de la Saint Sylvestre.

  18. Anonyme

    Bonjour !
    Non, non, Rackam, pas de migraine, il faut rendre hommage à Skarda d’avoir rappelé les dispositifs qui ont mis en évidence les propriétés des particules, les moments décisifs de la l’histoire de la physique quantique, en nous donnant des extraits, courbes, équations, schémas authentiques.
    Il existe une animation très astucieuse qui reprend exactement les étapes dont parle Skarda.
    Elle dure une quinzaine de minutes. La seconde moitié illustre le retournement des illuminés dont je parle. Quelque chose nous dépasse, donc on conclue à un Etre Suprême, un Dieu que l’auteur de l’animation trouve malin de déguiser en Superman.
    Mais les vulgarisateurs des plateaux disent la même chose, les frères Bogdanov, Etienne Klein. Faut bien un peu de sensationnel.
    L’animation s’appelle « La physique quantique pour les nuls ». Je vais chercher.

  19. Merci Souris ! Dans le lien que je donne en bas de l’article Dr Quantum est aussi déguisé en superman ! Encore un effet quantique à distance.

  20. Désolé, c’est e même écusson (avatar) que celui de Souris cher anonyme…

  21. Souris donc

    L’anonyme, c’est bien moi. La vidéo est la même, mais en français, et un peu plus longue.

  22. C’est vraiment dommage qu’il y ait cette seconde partie qui brouille le jeu ! Les particules enchevétrées, le paradoxe EPR, le théorème de Bell et l’expérience d’Alain Aspect méritent un traitement aussi clair que celui des deux fentes. C’est normalement le prochaine épisode la dispute (au sens noble) Bohr Einstein et le paradoxe EPR (Einstein, Podolski, Rosen), j’essaierai d’être clair.

  23. plantigrade69

    Impec! merci Ska.

  24. Guenièvre

    Merci Tibor !
    Il paraît que l’astrophysicien Jean Audouze disait à ses étudiants :  » Vous n’allez pas comprendre tout de suite mais ça viendra. Patience, c’est comme la conduite d’une voiture, on s’y fait !  »
    Pour l’instant j’ai plutôt le sentiment que je n’arrive même pas à passer la première . J’essaie de ne pas m’acharner sur des détails de votre texte qui comprennent des notions que j’ai oubliées mais d’en saisir la globalité.
    – J’en arrive à la même conclusion que sur le fil d’Impat : « on ne sait pas pourquoi c’est comme cela mais c’est comme cela » .
    – Le problème est de se débarrasser notre esprit des « Pourquoi ?  » . Le « Pourquoi  » est déterministe et le déterminisme a craqué . La causalité ne s’applique qu’a un système non perturbé.
    – Dans la physique quantique on passe du certain au probable.
    Alors question : si l’observation modifie l’expérience quelle définition peut-on donner au réel ?

  25. … « si l’observation modifie l’expérience quelle définition peut-on donner au réel ? »…
    À votre question existentielle, Guenièvre, je ne connais qu’une réponse: nous avons chacun notre réel.

  26. La dispute Nohr Einstein est précisément de savoir si l’on peut donner une définition du réel.

  27. Paradoxalement, les sciences positives qui voulaient se débarasser de la métaphysique se retrouvent confrontées aux mêmes apories. La position de la plupart des physiciens est de dire que ça marche et que le reste on s’en fout : « spéculations de philosophes ». Nous verrons qe le théorème de Bell et l’expérience d’Alain Aspect rend cette position intenable.

  28. rackam

    Flûte! on va se farcir le « théorème de Bell », si seulement ça concernait la Vache qui Rit!

  29. Impossible, Rackam: le théorème de Bell met la vache qui rit dans une position intenable.

  30. Guenièvre

    Bah ! l ‘inconfort de cette position d’incertitude peut avoir aussi des côtés poétiques . J’avais lu que le soleil brillait parce que les protons qui se repoussent transgressent parfois l’interdiction classique et parviennent à se rejoindre . J’y pensais cet après-midi en faisant une promenade, c’était plutôt réjouissant ! 🙂

  31. Mais alors, Guenièvre, il s’agit du théorème de la Belle.

  32. Si vous êtes vraiment gentils avec moi, je ne vous infligerai pas le théorème de Bell, mais vraiment si vous êtes très gentils.

  33. Souris donc

    C’est très poétique, Guenièvre.
    C’est l’histoire des jumeaux séparés qui ont la migraine à des milliers de kilomètres.
    Ils se sont copieusement disputés entre scientifiques, pour savoir si les particules intriquées interagissaient à distance. Si on mesure l’une, que devient l’autre. Sachant que ces damnées particules n’existent que si on les observe. Or elles sont déterminées préalablement, eh non, si. Elles sont dans tous leurs états.

    Alors les scientifiques écrivent des tas d’équations, et à la fin, ils se téléportent.
    Skarda va nous en faire tout un poème.

  34. Guenièvre

    C’est rackam qui devrait nous en faire un sur la dinguerie des particules …:-)

  35. Pingback: Deux petites fentes | Information Radiologue

  36. Souris donc

    Et sur l’espace temps qui est fourbe.

  37. Seulement quand il est à la masse !

  38. Il y a une erreur dans le texte, les probabilités calculent en fonction de l’amplitude de la fonction d’onde et non pas en fonction de la longueur d’onde.

  39. QuadPater

    Je suis déçu par ce texte que son titre promettait chaud bouillant érotique et qui est au final à peine plus audacieux qu’une visite présidentielle à la Deuxième Dame.

    Un conseil de lecture en passant : les œuvres de Colin Bruce, physicien, écrivain, expert en paradoxes scientifiques et passionné d’histoires policières. En particulier « L’étrange affaire du chat de Mme Hudson » (Flammarion), recueil de nouvelles pastichant les affaires de S. Holmes et qui sont autant d’énigmes dont la solution est donnée par la physique quantique. Délicieux.

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