Retours impossibles

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Retours impossibles, 1955-2015.

1955, la France ne le sait pas mais un futur président de sa république apparaît au monde. Nicolas Sarkozy ouvre ses yeux de bébé, frotte son menton de ses petites mains potelées, toutefois il ne se rase pas encore, donc il n »y » pense pas.

La France pense-t-elle encore, elle, à l’ancien chef qui quelque 10 ans plutôt lui a rendu son rang après un cataclysme qui a failli la voir disparaître? Charles de Gaulle s’est retiré du pouvoir depuis neuf années, après avoir déclaré qu’il serait « vain, et même indigne, d’affecter de gouverner, dès lors que les partis ont recouvré leurs moyens et repris leurs jeux d’antan ». Depuis, se sont succédés gouvernements après gouvernements, alliances partisanes de toute sorte, négociations diverses aboutissant à des majorités de circonstance destinées à s’écrouler devant la première difficulté.  Seul Pierre Mendès-France avait su diriger le pays avec éclat, en chef d’État, maintenu quelques mois grâce à son engagement de mettre fin à la guerre d’Indochine. Mais bien entendu, sitôt signés les accords de Genève avec le Viet-Minh, le parlement renversait  Mendès-France et  retournait à ses jeux politiciens.

La valse des ministres continuait, assortie de dévaluations périodiques enlevant toute crédibilité au franc et couvrant de honte les Français quand ils entendaient les moqueries internationales concernant leur monnaie.

Non, elle n’y pense pas, la France, à cet ancien chef. C’est du passé, il fut bien utile, mais l’Histoire ne repasse pas les plats. Et puis il a maintenant 65 ans, n’est ce pas ? De toute façon personne ne songerait un instant à lui pour nous sauver une seconde fois. On entend même des réflexions de gens sérieux qui affirment doctement que certes un général était l’homme ad-hoc pour la guerre, mais que maintenant nous sommes en paix donc « la démocratie doit reprendre son cours normal ».

Nous sommes en paix, en effet. Oh il y a bien eu des événements inattendus là-bas, en Algérie. À la Toussaint 1954 dix personnes ont été tuées par des attentats, les premiers organisés par le FLN. Mais comme chacun sait, l’Algérie c’est la France. Il suffira d’arrêter ces terroristes, d’ailleurs le ministre de l’Intérieur François Mitterrand déclare que ces « hors la loi » seront mis hors d’état de nuire et que « Des Flandres au Congo, il y a la loi, une seule nation, un seul Parlement. C’est la constitution et c’est notre volonté ».

Et la quatrième république continue son chemin, cahin-caha. Insouciante, mais de plus en plus secouée par ce qui se passe de l’autre côté de la Méditerranée. Le vieux général de Colombey-Les-Deux-Églises est oublié, hormis de quelques rares fidèles qui croient à l’impossible retour. Des entêtés, des farfelus, des rêveurs qui rasent les murs pour ne pas être moqués. Les gens sérieux ne rêvent pas.

Et puis ça s’aggrave. Plusieurs dizaines de morts chaque jour. Le 13 mai 1958 Alger grouille de manifestants en faveur de l’Algérie française, Massu lance un appel pressant au général de Gaulle. Quelques jours plus tard c’est le président de la République René Coty qui amorce la procédure légale de retour du Général au pouvoir.

En quelques semaines le retour impossible se réalise, sous l’approbation d’une grande majorité de Français.

2015, l’Algérie française n’est plus qu’un souvenir et une blessure, un bras arraché. Mais la situation en France n’est-elle pas devenue en quelques mois aussi grave ? Le mal ne vient pas d’outre mer, néanmoins il est bien présent. Tout un chacun est touché, tant en matière de moyens matériels que de sécurité et d’éducation. Pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale le pouvoir d’achat décroît, l’emploi n’a pas été connu aussi rare et précaire, les Français sont divisés comme jamais. L’autorité gouvernementale ne sait pas où elle va, changeant sans cesse de projet annoncé et se contredisant elle-même. La seule constance de son action consiste à inventer ou augmenter les impôts de toute sorte. La France est redevenue l’homme malade, elle est touchée en interne, dans son manque de cap, dans son cœur.

Un cœur malade rend la vie plus difficile encore qu’un bras arraché. L’horizon de 2015 plus trouble encore que celui de 1955.

Nicolas Sarkozy, lui, n’aura pas 65 ans. Il atteindra tout juste 60 ans.

 

 

 

52 Commentaires

  1. Yaakov Rotil

    Il me semble que de Gaulle avait été élu aussi sur son « je vous ai compris » et « je n’ai pas envie que mon village s’appelle Colombey-les-deux-mosquées » (citation approximative). Le résultat est incertain.

    Il me semble aussi étonnant, vu d’un peu loin, que soit souhaité le retour de M. Sarkozy, car enfin, c’est quand même sa présidence qui a mené l’actuel à l’Elysée, non?

  2. Guenièvre

    Le problème Impat est que l’on n’est pas exactement comme en 1958. Ce n’est pas seulement que la situation de la France est déplorable c’est que l’on se défie comme jamais du personnel politique. Les gens ne croient plus à l’action politique parce qu’ils ont l’impression, à tort ou à raison, que celle-ci est impuissante à changer leur destin et que voter à droite ou à gauche ne change absolument rien pour eux . Il n’y a plus aucun enthousiasme et cela est pire que tout. Il faudrait quelqu’un capable de formuler un projet , une vision de l’avenir qui  » donne envie » pas seulement un  » gestionnaire ».

  3. …  » pas exactement comme en 1958… on se défie comme jamais du personnel politique »…
    On voit que vous n’étiez pas née, Guenièvre, ce dont je vous félicite !

  4. Guenièvre

    Si ! j’étais née Impat, mais encore un peu jeune pour m’intéresser à la politique , c’est vrai :-).
    Il me semble pourtant que les discussions, dans ma famille à cette époque , étaient passionnées . Il me semble aussi, qu’au cours des années, le désintérêt a peu à peu gagné. Alors il y a peut-être là du « ressenti » mais la constante progression de l’abstention n’est-elle pas là pour le confirmer ?

  5. …  » les discussions, dans ma famille à cette époque , étaient passionnées »…
    Elles ne le sont plus ? Dommage. Je n’ai pas le sentiment que dans les familles on parle moins de politique « qu’avant », j’ai même le sentiment inverse, ce qui est, il est vrai, aussi du ressenti. En fait, moi qui était né depuis …un certain temps, je me souviens que les discussions familiales étaient surtout passionnées dans les familles communistes, comme elles doivent l’être maintenant dans les familles FN qui sont souvent les mêmes.
    Quant à l’abstention je ne suis pas sûr qu’elle ait en moyenne augmenté, elle va et vient. Concernant la seule élection importante, parce que les législatives en découlent, qu’est l’élection présidentielle, la comparaison est impossible puisqu’elle n’existait pas sous la 4e république.
    Enfin, je maintiens que votre remarque  » on se défie comme jamais du personnel politique », c’est-à-dire le fameux « tous pourris », courrait les rues autant qu’aujourd’hui.

  6. Autre remarque, Guenièvre: s’il y a, ce dont je doute, augmentation de l’abstention moyenne, je l’attribuerais davantage à l’omniprésence des sondages. Les résultats semblant connus d’avance, nombre d’électeurs perdent le courage d’aller voter.

  7. Yaakov Rotil

    Je ne partage pas du tout votre opinion, Cher Impat. En extrapolant à partir de mon cas, sachant que je suis plutôt content de ne pas avoir à voter, étant désormais sous d’autres cieux: si j’étais resté en France, je pense que je me serais abstenu lors des dernières élections présidentielles, ainsi qu’aux législatives, et que pour les prochaines, je m’abstiendrais certainement, en souhaitant que les élections débouchent sur une impasse.
    Que voulez-vous: en faisant le point, je ne vois aucun président valable depuis des lustres…

  8. Guenièvre

    Mais j’irai voter Rotil, j’irai voter pour celui que je penserai le « moins mauvais » mais je peux comprendre ceux qui ne le feront pas . Je ne suis pas de ceux qui disent  » tous pourris » , il y a encore quelques hommes politiques qui ont conscience de leurs responsabilités seulement je crois que nous sommes dans une époque troublée comme le sont toutes les périodes de transition et qu’ils n’ont pas vraiment de solution, pas trop d’imagination non plus sans doute…

  9. Yaakov Rotil

    Guenièvre, c’est malheureusement ce que je pense aussi: pas de solution.

  10. Florence

    Guenièvre
    vous irez voter pour le moins mauvais.
    C’est ce que j’ai fait jusqu’à présent, comme beaucoup de monde. Mais finalement, nous ne faisons que faire durer la maladie.
    Pas de solution non plus. 😦

    En tous les cas, je crois que j’irai au jour de colère le 26.

  11. Mon, « no comment » voulait dire exactement ça, nous irons voter pour celui que l’on trouve le moins mauvais, ou pire encore, celui dont on pensera qu’il renversera la table.
    Sarkozy ne peut en rien être comparé à de Gaulle, ces comparaisons n’apportent rien.

  12. Guenièvre

    « celui dont on pensera qu’il renversera la table » dit skarda :
    Oui, je comprends bien la tentation, sauf que renverser la table on ne sait jamais où cela nous mène ….souvent pas bien loin ou trop loin…
    Mieux vaut être malade qu’achevé !

  13. Guenièvre, cela va sans dire, mais c’est là notre triste situation. Quand je vois, ce qui se répand sur un site ami, l’expression black blanc beur et touche pas à mon pote véhicule le pire de ce que l’on pouvait imaginer : on ne prend même plus la peine de s’encombrer du mot sioniste, on dit juif en toute simplicité, je me dis que nous allons sacrément mal effectivement.

  14. Et ceci fait partie de l’équation nationale quoi que l’on pense : comment espérer un élan national dans un tel merdier.

  15. Florence

    Cela dépend de l’âge que l’on a.
    Les jeunes répondent en partant à l’étranger, les retraités en temporisant.
    Et les autres, ceux qui sont en âge de travailler et sur lesquels tout repose et qui paient le prix fort soit en impôts, soit en chômage, soit en bas salaire. Vont-ils continuer à se refuser à renverser la table ?

  16. La France est arrivée au bord du gouffre. Avec Hollande, nous allons faire un grand pas en avant.

  17. kravi

    Nous sommes hélas obligés de voter pour le moins mauvais (de notre point de vue), car s’abstenir revient à donner cette voix à notre ennemi. Triste, mais c’est comme ça.
    Ce matin sur France Cul, quelques uns s’orientaient vers une solution à l’allemande type coalition des moins extrêmes à droite et à gauche. Ce qui m’agréerait, si c’est la solution pour sortir du m… guêpier.
    Malheureusement la Vème n’est pas taillée pour ce genre d’alliance, qui nous force au combat perpétuel, à la surenchère, au détricotage et par voie de conséquence au déclin du respect que l’on devrait au politique.
    HS : Guenièvre, je vous ai répondu sur le fil « Dieudonné dans les clous » de Causeur. Je vous transmettrais bien la lettre de la Mena de façon régulière, mais je n’ai pas votre adresse.

  18. Guenièvre

    @ Skarda ,

    Oui, c’est terrifiant mais on n’est pas vraiment étonné quand on savait ce qui se passait dans l’EN depuis longtemps . Le rapport Obin date de 10 ans déjà. Quand on le lit on comprend bien que ce qui nous arrive devait nous arriver un jour ou l’autre . Quelle a été la suite donnée à ce rapport par les politiques qui l’avait commandé ? Aucune ! Dans ce domaine il faut bien relever la responsabilité de la droite à l’époque . Celle-ci s’est toujours plus ou moins désintéressée de l’école, l’Etat n’a pas à mettre son nez là-dedans n’est-ce pas Impat ? :-))) Je vous taquine …Peut-être avait-elle peur des cris d’orfraie de la gauche si elle avait voulu intervenir ? Toujours est-il qu’on en est là !
    ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/syst/igen/rapports/rapport_obin.pd
    Voilà ce que dit le rapport Obin à propos de l’enseignement de l’Histoire dans les quartiers.
    « L’histoire est l’objet d’une accusation d’ensemble de la part de certains élèves et de ceux qui les influencent : elle serait globalement mensongère et partiale , elle exprimerait une vision « judéo-chrétienne » et déformée du monde. Les professeurs qui dispensent ces enseignements témoignent en effet de nombreuses contestations d’élèves et de réelles difficultés à aborder ou à enseigner certaines parties du programme . De manière générale, tout
    ce qui a trait à l’histoire du christianisme, du judaïsme, de la Chrétienté ou du peuple juif peut être l’occasion de contestations. Les exemples abondent, plus ou moins surprenants comme le refus d’étudier l’édification des cathédrales, ou d’ouvrir le livre sur un plan d’église byzantine, ou encore d’admettre l’existence de religions préislamiques en Egypte ou l’origine sumérienne de l’écriture. L’histoire sainte est alors à tout
    propos opposée à l’histoire. Cette contestation devient presque la norme et peut même se radicaliser et se politiser dès qu’on aborde des questions plus sensibles, notamment les croisades, le génocide des Juifs (les propos négationnistes sont fréquents), la guerre d’Algérie, les guerres israélo-arabes et la
    question palestinienne. En éducation civique la laïcité est également contestée comme antireligieuse.
    Les professeurs réagissent souvent de façon individuelle et de manière dispersée à ces difficultés. Les plus aguerris, en général les plus stables et les plus anciens, qui ont vécu d’une manière relativement progressive l’évolution de leurs élèves, ont eu le temps de sélectionner des documents adaptés et de concevoir de nouvelles façons d’aborder les questions qu’ils savent sensibles. Ainsi la saturation d’images violentes et l’indifférence qu’elles suscitent désormais, leur font préférer les témoignages portant sur les camps d’extermination aux images des atrocités nazies. Ils connaissent et préviennent les réactions de leurs élèves et savent concilier un questionnement de leur part avec une conception rigoureuse de la laïcité de leur enseignement. Ce n’est pas le cas de beaucoup de jeunes professeurs, nombreux dans les collèges des quartiers où nous sommes allés, et chez qui le désarroi entraîne deux types de réactions. Devant l’abondance des contestations et une parole débridée des élèves, qu’ils ne parviennent pas à maîtriser, la réaction la plus répandue des enseignants est sans doute l’autocensure. La peur des élèves, une mauvaise expérience d’une première année d’enseignement, et on décide de ne pas aborder telle question sensible du programme. Cette attitude est sans doute largement sous-estimée, car les intéressés n’en parlent qu’avec réticence ; mais elle ne constitue pas vraiment une surprise. Il n’en est pas de même du second type de réactions, rencontré à plusieurs reprises et qui consiste, devant l’abondance des contestations d’élèves s’appuyant sur le Coran, à recourir au livre sacré pour tenter de légitimer l’enseignement. Ainsi ce professeur qui déclare en toute candeur s’appuyer sur les élèves inscrits à l’école coranique ( « mes bons élèves »dit-il), garants de l’orthodoxie musulmane, afin d’invalider les contestations venant d’autres élèves. Le comble est sans doute atteint avec ce professeur enseignant avec le Coran sur son bureau (édition bilingue, car certains élèves n’ont foi qu’en la version arabe, langue qu’il ne lit pas !), et qui y recourt dès que des contestations se manifestent. On peut alors parler d’une véritable théologisation de la pédagogie. »
    Rapport Obin ( 2004 )

    Ces élèves là sont une partie, une partie seulement mais non négligeable, des fans de Dieudonné aujourd’hui.

  19. Guenièvre

    Vous pouvez la demander à Impat .

  20. Guenièvre

    @ Florence ,
    Ce n’est pas parce que je suis retraitée que je temporise, Florence. Je n’ai pas confiance dans les partis traditionnels mais encore moins dans les autres partis qui prétendent avoir trouvé des solutions miracles pour nous sortir de là . Une sorte d’instinct…Je ne prétends pas avoir raison. Peut-être que mon instinct me trompe mais c’est ainsi.
    C’est quoi  » Jour de colère », c’est à l’appel de qui ?

  21. Oui, je connais ce rapport, mais y faire référence c’est presque l’assurance de se faire traiter d’islamophobe par ceux-là même qui parlaient de « paniques morales » à propos de l’émoi que suscitait le pillage des victimes de l’accident de train de Brétigny-sur-Orge.

  22. kravi

    Je ne le connaissais pas. C’est encore pire que ce que je pensais. La conclusion pessimiste de Finkie est légitime.

  23. Ne parlons pas des émeutes de Trappes, qui étaient la juste expression du ras-le-bol des persécutions policières.

  24. Florence

    Bonsoir Guenièvre,
    loin de moi l’idée de critiquer qui que ce soit sur ses choix. Je ne porte aucun jugement de valeur , je fais un constat. Je dis juste que la façon de réagir est forcément liée à sa situation personnelle.
    Partir à l’étranger est valable pour les jeunes, on comprend bien que s’ils veulent réussir, se lancer dans la vie, cela sera peut-être plus facile ailleurs et comme ils n’ont pas encore construit ici, ils ne perdent rien et ont tout à gagner à s’expatrier. Ce que font les jeunes les mieux diplômés aujourd’hui et qui n’est pas sans conséquence.
    Renverser la table , pour les retraités est extrêmemnt risqué et c’est bien normal. Ils ont travaillé, ils ont cotisé. Si tout se casse la figure, ils perdent tout car ils ont compté sur leur retraite sans prévoir de plan B. De leur point de vue, ils ont parfaitement raison ( même si de plus en plus de retraités en forme partent à l’étranger où la vie est moins chère pour leur retraite modeste ).
    Et donc, le système repose de plus en plus lourdement sur les épaules de ceux qui travaillent. D’autant plus que le nombre important de chômeurs réduit la population, sur les épaules desquels tout repose, à une peau de chagrin.

    De plus la confiance en notre système de retraites est en chute libre.

    Donc, si ceux qui supportent le système n’ont même plus l’espoir de profiter d’une retraite convenable et s’ils voient les générations suivantes ne pas prendre leur part du fardeau, alors il se peut qu’ils aient envie de renverser la table pour de bon. Nous n’y sommes pas encore, mais nous nous y approchons à toute vitesse.

  25. Florence

    Guenièvre

    je vous ai répondu sous votre commentaire mais j’ai oublié de vous renseigner sur le jour de colère , qui est bien évidemment complètement oublié des médias.

    http://www.jourdecolere.com/

  26. Hello Florence, le site est un peu opaque. Quand je vais sur « qui sommes nous ? », je trouve :
    Adélaïde, journaliste
    Arthur, étudiant
    Frédéric, avocat
    Grégoire, professionnel de évènementiel
    Hélène, enseignante
    Louis, collaborateur parlementaire et étudiant
    Raphaël, consultant
    Stanislas, entrepreneur
    Stanislas, huissier

  27. Quelques précisions ici : http://www.jourdecolere.com/nos-soutiens/
    Mais je dois dire que ces organismes me sont inconnus pour la plupart !

  28. Voici ce qu’écrit le président du CNEF (Conseil national des Evangéliques de France).
    Je précise que sur le plan éthique, les évangéliques sont assez proches des catholiques.
    Thème abordé : l’évolution de la société. On y lit notamment : « De la remise en cause du mariage dans ses fondements au désir d’ouvrir la voie au suicide assisté en passant par la propagation de l’idéologie du genre, tout est l’occasion de propos sévèrement critiques à l’égard d’autres convictions, surtout si elles sont religieuses. »
    Ou encore « Les tenants de ce nouvel ordre « religieux » – car c’est bien de cela qu’il s’agit – voudraient que les croyants renoncent à ce que leur foi ait la moindre implication dans leurs choix éthiques et dans leur vie de tous les jours, ni témoignage jugé comme scandaleusement prosélyte, ni prise de position envisagée
    comme terriblement « réactionnaire », ni objection de conscience considérée comme outrageusement déplacée.
     »
    Mais je vous recommande la lecture de l’article en entier.

  29. Bonjour à tous, après trois jours d’absence, la lecture de ce fil frappe par le ton quasi général de gémissements. Alors vraiment personne n’a envie de construire, de suggérer, de proposer ?
    De proposer autre chose que renverser la table, ce qui n’a jamais servi qu’a casser la vaisselle, et la table ?

  30. Guenièvre

    On veut bien construire Impat mais il nous faudrait un chef de chantier digne de ce nom ! Pour l’instant aucun des candidats ne me donne vraiment envie …

  31. Nous n’en manquons pas, de chefs de chantier potentiels. Mais nous tombons dans un perfectionnisme destructeur: assez de ces circonvolutions de langage et de timidité intellectuelle qui nous font écrire qu’on vote pour « le plus mauvais ». Le « plus mauvais », c’est le meilleur. Personne n’est exempt de défaut, même de Gaulle ne l’était pas. La situation désastreuse actuelle de la France découle de ce perfectionnisme de plusieurs milliers d’électeurs « de sensibilité de droite », conscients du risque pris avec un Hollande mais qui ont cependant voté pour lui, ou blanc, parce qu’ils avaient certains reproches à faire à son prédécesseur.
    À leur rancune, ils ont sacrifié la France. Consciemment.

  32. Yaakov Rotil

    C’est curieux, Impat, car vous êtes quelqu’un d’intelligent et cultivé, et vous dites, il me semble, une sottises.

    L’état de la France, il me semble, résulte des accords d’Evian, si l’on va à l’origine d’un processus qui commence avec de Gaulle, qui est très accentué avec Giscard (regroupement familial), aggravé avec Mitterrand (« touche pas à mon pote »), et puis après, Chirac le président fainéant et un bien mauvais exemple avec ses casseroles, puis votre « poulain », qui réussit à rendre Hollande désirable!

    Et vous mettez ça sur le dos de « plusieurs milliers d’électeurs de sensibilité de droite ».

    Je vais vous dire une chose, concernant M. Sarkosy, qui ne va pas vous plaire: j’étais vraiment peu dupe et je n’ai pas voté pour lui en 2007. Mais les franco-israéliens ont voté pour lui à 90%, en raison de ses déclarations amicales à l’endroit d’Israël.

    Résultat: M. Hollande, lamentable pour la France, se révèle bien plus amical vis-à-vis de nous.

    Bon dimanche à tous!

  33. Guenièvre

    Je vois le problème autrement Rotil. Au-delà des positions plus ou moins amicales vis à vis d’Israël il y a la question de fond : qu’est-ce qui a, à ce point, fracturé et morcelé la société française et entrainé ces replis communautaristes dangereux pour la cohésion sociale ? Bien sûr la politique de regroupement familiale de Giscard est un fait, mais rien ne disait que notre modèle d’assimilation n’allait pas continuer à marcher. Il aurait pu ( peut-être ) continuer à fonctionner si on n’y avait pas renoncé. Je l’ai déjà dit, je me souviens comment tout cela est progressivement arrivé puisque j’étais au centre du système éducatif. Au début des années 80, dans toute la littérature pédagogique, le terme  » assimilation » est devenu peu à peu synonyme de « colonisation » . Il ne fallait plus « fabriquer des français » comme on l’avait toujours fait ( dans un de ces livres je me rappelle le cliché de  » ce français » , baguette de pain sous le bras et béret ) il fallait respecter « la diversité » de ceux qui nous arrivaient ( en face de ce « français » des femmes en boubous et des hommes en djellabas ) , cette « diversité  » étant une richesse. Ce que je ne conteste pas d’ailleurs , la diversité peut être une richesse . Sauf que l’on n’a pas prêté au fait que, parmi ces nouveaux arrivants, beaucoup venaient d’anciens pays colonisés, et que, dans la même période , toutes les minorités sexuelles, religieuses et sociales ont réclamé une reconnaissance particulière. Demande de reconnaissance au début légitime à mon avis mais qui s’est petit à petit transformée en revendications, en accusations violentes et en jalousies et ressentiments dévastateurs.
    Cette idéologie de la diversité et de la reconnaissance des  » oubliés de l’histoire » elle a été porté par la gauche dans des milliers d’associations qui ont fleuri sur le territoire. Je le sais , j’y ai participé et je crois encore une fois que c’était légitime au début. Ce que nous n’avons pas vu – et que certains continuent obstinément à ne pas voir à gauche – c’est ce qu’elle a fini par engendré. La droite n’a pas participé à cela . Soit elle y était hostile, soit elle y était indifférente.

  34. Guenièvre, votre explication couvre à mon avis une grande partie de la déliquescence dans laquelle nous sommes tombés. Et la couvre avec la clarté limpide dont vous êtes coutumière.
    Si on y ajoute, au plan économique, le « bolchevisme mou » auquel je faisais allusion ce matin et qui conduit au chômage de masse, il me semble que le diagnostic est presque complet.
    Avec le boulet élyséen que nous traînons nous sommes inguérissables à court terme. Pensons au plus long terme.

  35. Il se passe quelque chose d’assez incroyable. À propos des « projets » actuels de réforme territoriale, tous les commentaires de lecteurs des journaux dits de droite ne cessent d’affirmer que d’une part cela ne se fera pas (ce qui est fort probable en effet) et que d’autre part personne n’ a jamais le courage de procéder à de telles réformes pour diminuer notre nombre ahurissant de fonctionnaires.
    Alors la réforme territoriale votée en 2010, divisant par deux le nombre d’élus territoriaux et donc de fonctionnaires associés, il faut l’oublier ? L’oublier parce qu’ Hollande s’est empressé de l’annuler dès 2012 ? Même chose pour le non remplacement d’un fonctionnaire retraité sur 2 ?
    Et après on s’en va racontant que certes Hollande n’améliore rien mais qu’avant lui « c’était pareil » !
    Remarque similaire à propos du problème N° 1 que constitue le chômage. Tout un chacun a évidemment « oublié » qu’en 2007 et 2008 le chômage diminuait. Et diminuait si nettement que certains articles se risquaient à annoncer le plein emploi sous 5 ans. Mais cela, personne ne le rappelle, donc on l’a oublié.
    Ensuite, en 2010/2011, ce chômage a fortement augmenté partout dans l’OCDE…pour diminuer à nouveau partout à compter de 2013…sauf en France. Pourquoi, sauf en France ?

  36. Guenièvre

    Impat, est-ce que l’on peut nier que, pendant 12 ans, Chirac n’a pas fait grand-chose ?

  37. Le nier serait bien difficile, Guenièvre. Ce serait même de l’aveuglement. Il a appliqué, à l’exact opposé de son successeur, la formule « durer plutôt que faire ».

  38. vraiment très agréable de vous lire et tellement plus civilisé que sur causeur même si j’adore Elizabeth Levy.

  39. Certes mario.
    Et vous navez pas encore tout vu. Il y a aussi roturier. Larme ultime.

  40. roturier

    Passons sur la sarkolatrie viscerale dimpat et sa comparaison avec de gaulle qui ferait hurler de rire dans les chaumieres. Les pb sont trop serieux pour rigoler.
    On nous fourgue maintenant un pacte soit disant liberal a coup de dizaines de milliards.
    Naturellement le medef ny voit pas dinconvenient. Pourquoi refuser laubaine.
    Mais il est ahurissant de constater qu une simplification des regles embauche/licenciement, donc flexibilisation du marche, par la disparition de la notion du licenciement abusif (sans cause reelle et serieuse), faisant tomber des pans entiers de la legislation francaise du travail, ferait beaucoup plus pour encourager lembauche que renoncer a qq points de couts salariaux en dechargeant les entreprises de certaines charges.
    Et ne couterait pas un centime.
    Le licenciement abusif est une relique de la notion du patron voyou, elle meme un avatar de la lutte de classe.
    Le garder cest conserver le mal fondateur en ne traitant que les symptome.
    Cest rape davance, le grand virage liberal. Car le ventre est toujours fecond. Et le grand patronat toujours collabo.

  41. Vous avez raison, roturier, il y a un grand besoin d’enseignement dans les chaumières. Et pas seulement dans les chaumières.

  42. roturier

    Mais dites moi, impat.
    Pourquoi votre billet fait une fixation sur 2015.
    Pour votre sujet, c 2017, pas avant.
    Impatient.

  43. roturier

    Methode coue.

  44. Souris donc

    La lecture de ce fil frappe par le ton quasi général de gémissements. Alors vraiment personne n’a envie de construire, de suggérer, de proposer ?
    Face aux mutations, nous avons, pour notre malheur, des modèles obsolètes :
    – la culture du conflit, le conservatisme des zakis
    – la petite-bourgeoisie intellectuelle marxiste (enseignants, journalistes, juges)
    – l’énarque habile, en synthèses et baratin façon grand oral.
    Combinés avec l’importation de
    – la palabre africaine recyclée en « débats de société ».
    – la vision tribale du monde
    Les furies du politiquement correct et de l’écologie politique tourmentent leur semblables avec l’appareil répressif des lois antiphobiques et du principe de précaution qui maintiennent nos modèles dans l’archaïsme. Leur expression favorite est « graver dans le marbre de la Constitution ». Vitrifier, un comble quand on aime se parer de progressisme.
    Un Hollande inoffensif, temporisateur, ridicule, prébendier en est l’expression logique, l’ultime avatar.

    Suggestion :
    Sans vouloir me vanter, mais pour moi, c’est Christine Lagarde ou rien. Stature internationale, compétence économique, non formatée, hors des appareils partisans.
    La seule à nous tirer du merdier. Nicolas Sarkozy a cru bon donner mille gages à la gauche qui n’a que fait monter les enchères. Il est cuit.

  45. roturier

    Ridicule, souris.
    Si le pb pouvait etre resolu en choisissant une personne plutot qu une autre cela se saurait.
    Ce nest pas une question de competence, economique ou autre mais daccepter de faire des choses qui souleveraient denormes resistances. Quitte a commettre un suicide electoral et voir les adversaires elus au prochain scrutin recolter les fruits.
    Lisez mon charabia ci dessus sur la flexibilisation sans laquelle rien de bon ne se fera et qui ne couterait rien.
    Mais personne na le courage de proposer, encore moins dimposer, une modification essentielle du contrat de travail, entrainant une modification de la loi et en consequence de lesprit qui lanime.

  46. roturier

    Cela etant dit, Christine Lagarde, pourquoi pas. On a vu pires candidats. Mais y a pas quelle. Nous sommes tres nombreux a savoir ce quil faut faire, tres peu a pouvoir.
    Il faudrait une figure gaullienne, mais en temps de paix. Bien plus rare.

  47. Oui Souris, Christine Lagarde est une des possibles, mais l’objectif de l’article était de traiter les cas et éventualités de retour. Christine Lagarde n’entre pas dans cette catégorie. En fait si, un peu quand même du fait qu’elle fut choisie par Sarkozy.
    Par ailleurs elle a déclaré un jour, je crois, que la politique ne l’intéressait que sous le jour économique. Si cette déclaration était sincère elle constitue un handicap. Elle est, en tout cas, une femme très remarquable.

  48. Anonyme

    N’est-ce pas elle qui a donné droit de cité aux banques hallal?

  49. Yaakov Rotil

    N’est-ce pas elle qui a donné droit de cité aux banques hallal ?

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