Galanterie

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« Nous, Maîtres souverains de la Galanterie » ( 1)

Le mot  » galanterie  » apparait dans le vocabulaire français dans la deuxième moitié du XVIe siècle. Depuis deux cents ans on utilisait déjà le terme  » galant » dont l’étymologie est le verbe d’ancien français  » galer » signifiant « se réjouir, s’amuser, se donner du bon temps » . Dans un premier sens « galant » voudra donc dire  » vif, alerte, enjoué ». Considérée dans un sens positif cette vivacité donne le courage, l’élégance, la distinction. Dans un sens négatif elle désigne l’aptitude à commettre des méfaits, des larcins ou des mauvais tours. Galant, employé pour caractériser la relation avec les femmes, indiquera la hardiesse, ce qui pourra être pris en bonne ou mauvaise part, selon les cas…Au XVIe siècle la galanterie est d’abord une action galante : plaisanterie, mauvais tour, entreprise amoureuse audacieuse. Vers le début du XVIIe le sens négatif s’estompe et le terme commence à désigner une qualité  aussi bien qu’une action. C’est cet usage que l’on retiendra et qui se répandra à partir de 1640.

Historiquement, cette évolution s’explique par deux mouvements qui, sans être uniquement français, ont profondément marqué la société française. Le premier que l’on a appelé  » La Courtoisie  »  se développe à partir du XIIe siècle dans des cours comme celle d’Aliénor d’Aquitaine  ou Marie de Champagne : les poètes médiévaux, troubadours  et trouvères , nobles comme Thibaud de Champagne ou hommes d’origine modeste comme Adam de la Halle,  écrivent pour des femmes de haut rang et  chantent les mérites d’un nouvel art d’aimer. Il s’agit de prendre le contre-pied des moeurs brutales de certains seigneurs et de les conduire non seulement à respecter les femmes mais aussi à les considérer, sur le modèle des rapports féodaux , comme leurs  suzeraines naturelles. Dès le Moyen Âge, la France se singularise en devenant le territoire d’élection de jolies manières des chevaliers envers les dames auxquelles ils portent de l’attention. Après la poésie, les romans de chevalerie développent à leur tour l’idéal courtois. Pour les chevaliers de la Table ronde, dans les romans de Chrétien de Troyes, la quête d’aventures prend le visage de la femme aimée dont il faut gagner les faveurs à travers des prouesses héroïques. Au-delà du monde médiéval, l’idéal courtois sera une source d’inspiration considérable pour la littérature romanesque.

La deuxième influence est celle des salons du XVIIe et du XVIIIe siècles, comme ceux de Madame de Scudéry  et de Madame du Deffand , où se réunissent, sous l’égide d’une grande dame, les écrivains, les artistes  et les savants de l’âge baroque et de l’âge classique. Dans ce contexte, se développe la galanterie proprement dite qui ressemble beaucoup à la courtoisie médiévale même si elle recouvre parfois des attitudes contradictoires : là où l’on était poli et respectueux on devient plus désinvolte , là où l’on était patient et soumis  on a la volonté de triompher et on songe à la satisfaction  qui en résultera . Mais il reste en commun une élégance, un souci de s’entretenir avec le sexe opposé et de lui plaire, si possible en faisant de l’esprit, car parler aux dames devient une partie essentielle du savoir-vivre.

Bien sûr la fin’ amor ne fut pas l’apanage de la France . On pense à Dante et Pétrarque qui immortalisèrent Béatrice et Laure. Bien sûr il y eu des salons littéraires dans d’autres pays européens . En Angleterre Elisabeth Montaigu fonda la célèbre société des Bas-Bleus . Cependant, il semble que ce soit surtout en France que la galanterie s’épanouit . C’est un point qui surprend tous les voyageurs, aussi bien Montesquieu, qui s’en fait l’écho dans ses Pensées, qu’un connaisseur du « beau sexe » comme le marquis de Sade. Au milieu du XVIIIe siècle, David Hume, dans son Histoire de l’Angleterre fait cette remarque  : « la France est le pays des femmes ». Dans « Mémoires d’Outre-tombe » Chateaubriand écrit : « La France est le cœur de l’Europe; à mesure qu’on s’en éloigne, la vie sociale diminue ». Une vie de société où les relations entre hommes et femmes sont pleines de charme et d’aisance , cela n’existe, d’après lui, qu’en France.

Alors pourquoi est-ce surtout dans notre pays que la galanterie a pu naître, se développer  et connaitre  un apogée à la cour de Louis XIV, roi galant s’il en fut ? « La galanterie est une plante de serre : elle exige pour se développer une société mixte et oisive. » répond Claude Habib ( 2 ).  Une nation affairée comme l’Angleterre – et comme le sont  généralement l’ensemble des  pays anglo-saxons – n’a pas eu de temps à perdre en atermoiements élégants. Et les égards envers les femmes ne peuvent guère s’enraciner davantage dans des pays où celles-ci sont recluses et méprisées.

Et l’on peut constater que, dans ce monde où sévit la galanterie, les femmes sont réellement plus libres de leurs mouvements, de leurs fréquentations, de leur conduite et que  leur influence est croissante dans la vie culturelle et politique. Il ne s’agit pas encore d’égalité , sur ce point les féministes ont raison, mais la France de l’Ancien Régime donne à la femme une liberté  et un prestige qui exigent des hommes bien des concessions.  La conséquence de cette liberté des femmes, c’est qu’il faut désormais  »s’amuser aux formes » ( 2 ) avec elles ; dans un monde galant, « les questions d’amour ne se traitent pas plus vite mais plus lentement. »

Cet état d’esprit a survécu à la Révolution. C’est bien plus tard, au cours du XXe siècle, qu’il s’est démodé. Pire, dans nos sociétés démocratiques, on l’a bientôt accusé d’être une survivance d’un comportement sexiste hérité du patriarcat où l’homme possède un statut supérieur à la femme. La galanterie a été proscrite comme manifestation du machisme. Pourtant, du compliment à la plaisanterie légère, elle continue à hanter la mixité moderne et c’est sans doute de ce côté qu’il faut chercher pour expliquer la réticence de la société française  au voile islamique, réticence que les autres pays européens n’arrivent pas à comprendre .

« L’interdiction devient compréhensible si on la rapporte à cet arrière-plan de la tradition galante qui présuppose une visibilité du féminin, et plus précisément une visibilité heureuse, une joie d’être visible, celle-là même que certaines jeunes filles musulmanes ne veulent plus arborer. Le port du voile est un affichage de chasteté qui signifie l’interruption du jeu galant et même son impossibilité définitive. Une femme voilée affirme tacitement que tout homme est un danger dont il faut se garder. Le voile interrompt la circulation de la coquetterie et de l’hommage, en rappelant qu’il existe un autre règlement possible à la coexistence des sexes : la stricte séparation. » ( 2 )

Regrettée ou raillée , jugée comme obsolète  ou blâmée comme une hypocrisie, la galanterie s’est pourtant avérée autrefois régulatrice et apaisante. Elle pourrait l’être aujourd’hui encore puisqu’elle s’oppose à la fois a la relégation des femmes et à la désérotisation des individus qu’imposent progressivement les sociétés démocratiques . En effet,  parce qu’elles font de la différence des sexes une question purement privée, les démocraties  tendent à feutrer le thème érotique, à l’effacer du monde commun et la disparition d’une mixité érotisée va de pair avec la progression de l’industrie pornographique.

Alors le retour de la galanterie solution à la guerre des sexes, à la ségrégation et à l’indifférenciation ? Et pourquoi pas ?

( 1 ) Charles Sorel,  Les lois de la galanterie –

 ( 2) Claude Habib, La galanterie française , Gallimard

Articles de Wikipédia : Galanterie, Amour courtois

 

39 Commentaires

  1. Souris donc

    Le Mahométan voile peut-être sa femme, il n’en a pas moins contribué à l’essor de la galanterie sous sa forme courtoise. En effet, faisant l’unanimité contre lui, il a incité la Chrétienté, ancêtre de l’Europe, à partir en Croisade et ce, à plusieurs reprises. Enfin la part masculine de la Chrétienté. Les dames, livrées à elles-mêmes à s’ennuyer en leurs donjons, ont eu tendance à écouter le galant. Qui était souvent un clerc avec un air doux. Qui savait écrire et tourner le madrigal. On n’était pas aussi tranché dans les genres. Le clerc pouvait être homme d’Eglise et courtois avec les dames, jusque tard dans l’histoire. Prenez l’Abbé da Ponte, le librettiste des opéras les plus coquins de Mozart, il a vécu quasi centenaire jusqu’en plein milieu de 19e siècle. Il en a fait des ravages, l’Abbé da Ponte. Enfin je suppose. Ça conserve son homme que de versifier et rimailler.

  2. Souris,… « Le Mahométan voile peut-être sa femme, il n’en a pas moins contribué… »…
    En aidant à dévoiler les autres ?

  3. Guenièvre, puis-je me permettre d’exprimer, galamment, un léger regret ? Je trouve qu’à votre jolie peinture de notre galanterie aurait dû figurer un des plus emblématiques personnages : le Vert-Galant.

  4. Guenièvre

    Vous avez raison Impat , j’y ai pensé ….Au début dire de quelqu’un qu’il était un « vert galant » ce n’était pas vraiment un compliment.
    J’ai de gros problèmes de connexion Internet, je ne peux donc vous répondre plus longuement…
    Merci pour vos précisions souris…

  5. hathorique

    Merci Guenièvre de votre article sur la galanterie française qui semble naufragée avec en ce jour un rare exemple d’inélégance venu du plus haut sommet de l’Etat.
    Il me semble que la galanterie soit devenue discriminante, les femmes portant une part de responsabilité dans ce changement de comportement en associant parfois galanterie et invitation sexuelle.

    Le beau XVIIIe siècle a développé l’influence des femmes dans la vie sociale, elles y connurent leur apogée : le salon de la marquise de Lambert berceau de l’Encyclopédie. Elle y fera régner le bon ton, les bienséances, le bon goût, où l’on discutait entre « honnêtes gens » et « honnêtes femmes » de sujets littéraires, philosophiques et même scientifiques.
    Elle groupa autour d’elle des amis éminents, académiciens, écrivains ou savants, des femmes du monde et des artistes, voire des hommes d’affaires. elle aimait qu’on s’y parle « raisonnablement les uns aux autres et même avec esprit, selon l’occasion »
    Mme d’ Epinay amie de Grimm de Diderot de Rousseau. D’autres femmes, maîtresses royales ou maîtresses de ministres, ont joué souvent un rôle déterminant dans les affaires de l’État : Diane de Poitiers influençant la politique de Henri II, sans oublier (rien que pour vous Impat 🙂 la belle Gabrielle d’Estrées, maitresse du Vert Galant, Mme de Pompadour protectrice des encyclopédistes dictant à Louis XV sa conduite pour la politique et les alliances avec les cours européennes et l’engageant dans la désastreuse guerre de 7 ans : première guerre mondiale.

    Toujours au XVIIIe siècle le lien entre chevalerie et galanterie est fortement mis en lumière notamment
    dans L’ Esprit des lois, Montesquieu place ce lien dans l’imagination romanesque :
    « Ainsi naquit la galanterie, lorsqu’on imagina des hommes extraordinaires, qui, voyant la vertu jointe à la beauté et à la faiblesse, furent portés à s’exposer pour elle dans les dangers et à lui plaire dans actions ordinaires de la vie.
    Nos romans de chevalerie flattèrent ce désir de plaire et donnèrent à une partie de l’Europe cet esprit de galanterie que l’on peut dire avoir été peu connu des anciens. »

    Mais ce même Montesquieu affirmait aussi joliment que le désir général de plaire aux femmes
    « produit la galanterie, qui n’est point l’amour mais le délicat, mais le léger, mais le perpétuel mensonge de l’amour »?
    C’est une certaine élégance, une aisance qui signalent l’homme de bonne compagnie, gracieux, sachant parler aux femmes et soucieux de leur plaire, ceux qui aiment les femmes et qui ont de l’esprit .
    Mais cette galanterie ne se pratiquait que dans les plus hautes sphères de la Société, magnifiée en cela par les sculpteurs et des peintres comme Boucher et surtout le sublime et si mélancolique Fragonnard qui a saisi toute la fugacité et la fragilité de ces temps éphémères.
    La paysannerie alors majoritaire et la bourgeoisie en progression s’y essayant aussi plus maladroitement.

    Guenièvre, si vous me permettez un léger désaccord : la galanterie courtoise s’est un peu délabrée pendant la Révolution pour resurgir avec les romantiques du 19°. Je crois que c’est Talleyrand qui disait
     » Ceux qui n’ont pas vécu avant 1789 ne savent pas ce qu’était la douceur de vivre » enfin surtout ceux qui n’y avaient pas perdu la tête et pas seulement à cause de leur amour des belles galantes et des chaudes bacchantes mais par la faute de l’impitoyable « Louison » surnom de la guillotine.

  6. desavy

    Écrire sur la galanterie le jour d’une répudiation qui comporte trois « je », voilà qui ne manque pas de sel.

  7. … « rien que pour vous Impat 🙂 la belle Gabrielle d’Estrées »…
    Cadeau de rêve, merci Hathorique !

  8. Souris donc

    La Première Cocubine est répudiée, ce n’est pas un manque de galanterie, c’est normal, c’est protocolaire.

  9. Souris donc

    On peut être moche, petit, bedonnant, le cheveux rare, gras et teint, avoir atteint son niveau d’incompétence, être la risée de la terre entière, et néanmoins emballer la starlette. Mou Président fait rire tous les jours, la blagounette facile, ne rechignant pas au sketch (Léonarda, un grand moment).
    Preuve est faite que pour séduire, ce n’est pas la galanterie, on peut même être un mufle fini, l’essentiel est de faire rire.

  10. kravi

     » La galanterie a été proscrite comme manifestation du machisme. »
    C’est très précisément une des confusions que notre époque se plaît à produire à profusion et à grande vitesse. Il n’aura fallu qu’une génération pour que les préceptes de la précieuse galanterie — à l’instar des règles du simple savoir-vivre — transmis par mes parents disparaissent de la sphère sociale.
    Confondre les marques de respect à l’égard des femmes avec une prétention de supériorité de mâles est signe de confusion de la part d’esprits grossiers confondant l’esprit et la lettre, d’amazones atterrées par leur féminin et d’imbéciles fascinés par le concept d’égalité, dès lors dévoyé et antagoniste de celui de complémentarité.
    Complémentarité et différence que certains allumé/es des gender studies voudraient évacuer en le réservant au seul acquis — le scandale du roc biologique ! —, niant ainsi la réalité au seul bénéfice de leurs propres difficultés psychiques. Le scandale de la différence des sexes n’en finit pas d’indigner cuistres et mal-baisants, tous sexes confondus.
    Entre l’oppression des femmes par les sociétés archaïques et l’espérance de la disparition progressive de la différence sexuelle des sociétés post-modernes en mal de repères structurants, l’avenir de l’humanité ne porte pas à l’optimisme.

  11. plantigrade69

    Merci Guenièvre.
    Il y a aussi des pages très intéressantes sur la galanterie dans « l’identité malheureuse » de Finkie.

  12. hathorique

    Comme le texte est sur la galanterie et non pas la galantine, qui ne concerne pas que les volailles mais aussi les faisans : il est bon de relire Mademoiselle Scudéry et sa carte du Tendre dont un extrait qui me parait furieusement d’actualité :
    http://www.miscellanees.com/t/tendre01.htm

    « Clélie a fait, comme vous le pouvez voir, que ceux qui sont à Nouvelle-Amitié prenaient un peu plus à droite ou un peu plus à gauche, ils s’égareraient aussitôt; car, si au partir du Grand-Esprit, on allait à Négligence que vous voyez tout contre cette carte, qu’ensuite continuant cet égarement on aille à Inégalité; de là à Tiédeur, à Légèreté et à Oubli, au lieu de se trouver à Tendre-sur-Estime on se trouverait au lac d’Indifférence que vous voyez marqué sur cette carte et qui, par ses eaux tranquilles, représente sans doute fort juste la chose dont il porte le nom en cet endroit.
    De l’autre côté, si, au partir de Nouvelle-Amitié, on prenait un peu trop à gauche et qu’on allât à Indiscrétion, à Perfidie, à Orgueil, à Médisance ou à Méchanceté, au lieu de se trouver à Tendre-sur-Reconnaissance, on se trouverait à la mer d’Inimitié où tous les vaisseaux font naufrage et qui, par l’agitation de ses vagues, convient sans doute fort juste avec cette impétueuse passion que Clélie veut représenter.

    « De Feu déclaré on vient à Protestations, où les habitants sont fort dévots; ils ont toujours les mains jointes ou regardent le Ciel en se frappant l’estomac et font bien souvent des serments horribles pour assurer de leur bonne foi, mais il ne faut pas croire tout ce qu’ils disent.
    De Protestations on arrive à Confidence, petit lieu qui est dans un fond et dont l’abord est un peu difficile. Ceux qui l’habitent se confessent perpétuellement les uns aux autres et n’en sont pas plus gens de bien pour cela. »

    Et pour ceux bien sur peu nombreux sur Antidoxe qui méjugeraient du talent de nos poétesses galantes.

    Perce-moi l’estomac d’une amoureuse flèche

    Perce-moi l’estomac d’une amoureuse flèche,
    Brûle tous mes désirs d’un feu étincelant,
    Élève mon esprit d’un désir excellent,
    Foudroie de ton bras l’obstacle qui l’empêche.

    Si le divin brandon de ta flamme me sèche,
    Fais sourdre de mes yeux un fleuve ruisselant :
    Qu’au plus profond du coeur je porte recélant,
    Des traits de ton amour la gracieuse brèche.

    Puisque tu n’es qu’amour, ô douce charité,
    Puisque pour trop aimer tu nous as mérité
    Tant de biens infinis et d’admirables grâces,

    Je te veux supplier par ce puissant effort
    De l’amour infini qui t’a causé la mort,
    Qu’en tes rêts amoureux mon âme tu enlaces.

    Gabrielle de Coignard ? -1594

  13. kravi

    La directe simplicité — non exempte de subtiles allusions — de Gabrielle de Coignard enfonce, à mon avis, les minauderies de Mademoiselle Scudéry. Mais je ne suis qu’un balourd.

  14. Aujourd’hui nous avons la prose du regretté Rouhollah Khomeny qui écrivait joliment dans son petit livre vert ‘
    « Pendant les menstrues de la femme, il vaut mieux que l’homme évite le coït, même
    s’il ne pénètre qu’incomplètement — c’est-à-dire jusqu’à l’anneau de circoncision —, et
    même s’il n’éjacule pas. Il est également hautement déconseillé de la sodomiser. »
    ou encore :
    « Le mariage est annulé si l’homme apprend que sa femme est sujette à l’un des sept maux suivants : folie, lèpre, eczéma, cécité, paralysie avec séquelles, malformation des voies urinaires et génitales ou des voies génitales et du rectum qui se confondent, malformation vaginale qui empêche le coït. »
    Et comme sa galanterie ne s’arrêtait pas aux seules femmes, il écrivit aussi au sujet des chevaux :
    « La viande de cheval, de mulet et d’âne n’est pas recommandée. Elle est strictement défendue si l’animal a été sodomisé de son vivant par un homme. Dans ce cas, il faut emmener l’animal hors de la ville et le vendre. »

    Vous trouverez l’intégralité de cette oeuvre grandiose ici

  15. Hé puis, nous avons notre Zizi rider qui a adopté la mode mahométante de la répudiation et nous donne un bel exemple d’amour courtois avec son communiqué aussi court et incisif qu’un tweet.

  16. Guenièvre

    Bonsoir à tous ! Je suis sur les routes entre la France et l’Italie et j’ai du mal à avoir une connexion …
    @ Hathorique, je vous accorde tous les désaccords que vous voulez 🙂 !
    @ Plantigrade, c’est justement après avoir lu l’ouvrage de Finkielkraut ( qui fait référence à Claude Habib) que j’ai eu l’idée de cet article .
    Et merci à vous ! Je vous lirai plus longuement en rentrant. Peut-être trouverai-je quelques poésies qui sait ? un petit madrigal ou un sonnet ?

  17. Une idée, Guenièvre: passez à La Scala et ramenez-nous un opéra…

  18. rackam

    Nul ne sera ici surpris que je mentionne l’un des surnoms des confédérés, qu’un vain peuple appelle Sudistes.
    Le sud était donc étiqueté « Gallant South » soit, mais imparfaitement traduit: le Sud Vaillant, le Sud héroïque, le Noble Sud…
    Dixie forever!

  19. hathorique

    Madame de Maintenue congédiée de manière si outrageante par un goujat joufflu qui se donne des airs « d’imperium domi » enfin surtout endormi , pourra affirmer au retour de son voyage caritatif .

    « Valérie outragée, Valérie brisée, Valérie martyrisée mais Valérie libérée. Je renaitrai de mes cendres et je reviendrai d’INDE intouchable  »

    @ Impat

    surtout pour le portrait de deux soeurs qui ne furent pas des nonnes.

    http://www.histoire-et-secrets.com/articles.php?pg=189&lng=fr

  20. Quel dommage qu’il n’ait pas gagné ! (The Gallant South)

  21. Hathorique, nonnes solum sed etiam femina…

  22. hathorique

    Nous sommes plus solum sed etiam à l’étiage fémina que vous ne le pouvez supposer nous sommes :
    « dona e mobile »

    Par précaution j’ai gardé la traduction « in vitro véritas » et non pas « in vino veritas » » 🙂

    La donna e mobile
    qual piuma al vento
    muta d’accento
    e di pensiero.

    Sempre un a mabile
    leggiadro viso,
    in pianto o in riso,
    e menzognero.

    La donna e mobil
    qual piuma al vento
    muta d’accento
    e di pensier,

    E sempre misero
    chi a lei s’affida
    chi le confida
    mal cauto il core!

    Pur mai non sentesi
    felice appieno
    qui su quel seno
    non liba amore!

    La donna e mobil
    qual piuma al vento
    muta d’accento
    e di pensier,

    bien à vous

  23. Traduction : Femme souvent varie bien fol qui s’y fie.

  24. Quels baratineurs ces italiens tout de même.

  25. plantigrade69

    Dame Guenièvre,
    Permettez que seulement du bout des lèvres
    Je sois votre piètre troubadour
    Indigne à vanter vos atours,
    Où chaque mot de ma bluette
    Ferait de nous la belle et le bête.
    J’espère alors votre mansuétude
    Pour me renvoyer à mes chères études
    Fou d’avoir tenté un mérité madrigal
    Et de n’offrir qu’un poulet bien banal.

  26. Guenièvre

    Voilà Impat ! Pour notre ex « première Dame  » …

    Souris,
    « Preuve est faite que pour séduire, ce n’est pas la galanterie, on peut même être un mufle fini, l’essentiel est de faire rire. »
    Vous connaissez le proverbe :  » femme qui rit est à moitié dans le lit ».
    Je crois que posséder le pouvoir est aussi un puissant atout . Enfin, il paraîtrait…

  27. Souris donc

    Merci Skarda, on ne se lasse pas de cette oeuvre, grandiose, en effet. Pour moi, ce sont des abîmes de perplexité, comment un être humain doué de raison peut-il ne pas éclater de rire ? Quand iKhomeiny explique doctement le pipi et le caca. Chose que leur mère apprend aux drôles d’occident à 2 ans, maximum à 3 quand ils ne sont moins dégourdis. On ne m’ôtera pas de l’idée qu’il y a un problème de QI dans ces pays arabes.

  28. kravi

    Pour ces directeurs de conscience, il ne s’agit pas d’apprendre, mais de dire le licite et l’illicite.
    Contrôle de tous dans tous les actes de la vie individuelle et, a fortiori, sociale. C’est l’excellent programme de la sharia. Je ne comprends pas que ça vous rebute, vous feriez l’immense économie de penser.

  29. Lisa

    J’apprends à mes garçons à être galants, mais en variant suivant les jeunes filles, meufs ou gonzesses en question, en ces temps où la galanterie peut être raillée, ils sont donc multiculturels, modernes, quoi.

  30. Souris donc

    Muflerie d’anthologie, le catalogue. Mil e tre (rien qu’en Espagne !). En plus, ce n’est pas Don Giovanni qui chante, il s’est esquivé, laissant à son valet Leporello, le soin d’énumérer ses conquêtes à Donna Elvira éconduite.

  31. Guenièvre

    Sur votre éloquence ne faites point la moue
    Elle émeut, elle séduit, elle vous inspire
    Et si c’est la première fois que je la loue
    Ce n’est pas la première fois que je l’admire

    Qui vous lit, qui entend vos discours
    Perd bientôt sa philosophie
    Et tout sage avec Messire l’Ours
    Voudrait en fou passer sa vie.

  32. plantigrade69

    Je n’ai pas souvenir qu’on ait écrit d’aussi charmantes choses pour l’anachorète que je suis devenu, pas même à l’époque où j’étais moins ours. Heureusement que mon épouse m’a pris juste à temps dans ses tendres filets.
    Je suis confus de vos paroles si flatteuses et que sans fausse modestie, je crains ne pas mériter.
    Bien affectueusement, dame Guenièvre.

  33. Guenièvre

    Cordialement à vous Messire l’Ours, je vous lis toujours avec grand plaisir !

  34. Souris donc

    Tout à fait, Lisa, c’est ce qu’il convient de faire.
    Dans une de ses chroniques, Philippe Meyer mettait en évidence le désuet des dames de la noblesse qui, n’étant plus sur le marché, se recyclaient dans la dévotion ou le manuel de politesse.
    La galanterie nouvelle et les bonnes manières sont sur Internet, sur le forum d’adosbox.

    On ne dit pas : « Wouah la vache, t’aurais pas pris un peu de cellulite ? »
    On dit : « Ça fait longtemps que t’as arrêté la danse ? »

  35. kravi

    Qu’en termes élégants…
    Combien d’hommes marchent du côté de la chaussée pour éviter à leur compagne de se faire éclabousser ?
    Mon père, ce héros, laissait monter les dames dans l’autobus avant lui, au risque d’être laissé sur le trottoir une fois le véhicule rempli.
    Là, nous sommes déjà dans le surnaturel, si j’en juge par le nombre d’ados mâles — ou d’hommes soi-disant mûrs — capable de seulement penser à laisser leur place assise à une dame de n’importe quel âge (à partir de 18 ans, faut pas exagérer non plus).

  36. Guenièvre

    Souris, il y a des écoles de galanterie qui ouvrent en France :
    http://www.femmeactuelle.fr/amour/couple/le-guide-du-parfait-gentleman-00521

  37. rackam

    kravi, je propose volontiers ma place à une femme de 18 ans dans n’importe quel véhicule. Mais je reste assis. Mes genoux sont moelleux.

  38. Bonjour Guenièvre et merci pour ce très passionnant et détaillé exposé.
    C’est aussi Claude Habib qui vous a donné de la matière sur l’évolution du mot galant lui-même ?

  39. Guenièvre

    Ah ! Pierre , bonjour ! Je n’avais pas vu votre commentaire, veuillez m’excuser !
    Non, en ce qui concerne l’étymologie du mot et son évolution j’ai consulté plusieurs dictionnaires et notamment le Littré.

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