Gauche spectacle

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 Le socialisme déteste le bénévolat. Depuis toujours et pour au moins autant de temps. Quoi ! Ces amateurs qui volent l’emploi des fonctionnaires et autre subventionnés ! Ces braves gens qui soulignent par leur engagement que l’État-Providence ne suffit pas à assurer le bonheur du peuple ! Ces motivé(e)s par autre chose que l’avènement d’une société socialo-étatiste !

Aussi, la sémillante Aurélie Filipetti (prénom d’empereur, patronyme de clown) a-t-elle décidé de contraindre les spectacles de plein air et autres réussites (le socialisme déteste la réussite) à salarier leurs bénévoles.

On aura bien lu. Désormais, il sera interdit de faire appel à l’élan d’un terroir pour en présenter l’histoire, les hauts-faits, les traditions, la cuisine, le costume, le parler local.

Si elle croit doper l’emploi, la pauvrette, elle se goure dans les pas de Martine, l’amère de Lille, qui pensait que le travail se partage !

Car, ce qui est tapi sous cette belle idée, généreuse et inepte, comme presque tout ce qu’entreprend ce gouvernement d’idéologues en chambre, c’est l’emploi des intermittents du spectacle. Cette coterie, majoritairement engagée à gauche, bénéficiant d’un régime de prébendes scandaleux et déficitaire en diable.

Imaginez la cohorte de queues de cheval, sachet d’herbe autour du cou, barbe à insectes en broussaille, jouant les vendéens au Puy du Fou, les basques à Bidart, la mainiots au Lude ! Sans compter les autres réalisations locales reposant sur une mobilisation joyeuse parce que non rémunérée, profonde parce qu’enracinée, disponible parce que motivée…

L’idéologie aveugle ces socialistes perdus ! Au nom de préjugés datés, après avoir tenté de persécuter les clubs équestres, les voilà à l’assaut des associations ! Demain les golfs, les yacht-club, les tennis. Et toujours pour privilégier une caste de réputés favorables ! Sauf que là, ce ne sont pas des « riches » qui endossent costumes et responsabilités pour assurer un spectacle de qualité.

Nul doute que, si ce projet avance vers l’Assemblée Nationale, les fourches ressurgiront un peu partout. Et pas seulement en Vendée ! Le Puy du Fou fait vivre tout un pays, il n’est que de voir la liste d’attente pour devenir bénévole, on se croirait à Pôle Emploi !

La manigance de Filipetti est d’autant plus stupide que les 3400 bénévoles de cette « cinéscénie » ont généré 1375 emplois dont 110 intermittents du spectacle, pour le Grand Parcours, parc à thème voisin.

Mais, au-delà de ce projet absurde, c’est toute la conception socialiste, au fond totalitaire, clientéliste comme une vulgaire république bananière*, clanique et autiste qui se fait jour. Le subventionné y supplante le viable, l’art officiel la culture populaire. L’État, déjà bouffi, se rêve seul maître des initiatives !

Pas de rappel pour les bouffons roses lorsqu’ils quitteront la scène !

* un rapport tout récent épingle la gestion de Jean Blaise, le « monsieur culture officielle » de la ville de Nantes, façon Ayrault. Coûteuse, confidentielle, cucul sa programmation mérite un triple C, et un coup de pied au même endroit.

131 Commentaires

  1. Faudra qu’ils remettent tout en état

  2. L’esprit socialiste, paradoxalement ( ?) est un esprit prioritairement marchand. Faire payer le bénévolat, qu’est-ce d’autre qu’une marchandisation généralisée ? Ces gens ont un porte-monnaie à la place du cœur.

  3. Guenièvre

    Merci pour cette information Rackam ! j’ai un peu « décroché » ces derniers temps, la succession continue de motifs d’indignation devenant fort éprouvante pour les nerfs et peu propice à la réflexion sereine…
    Comme le dit A.Finkielkraut :  » Une partie de la gauche a perdu la tête ! »
    La ministre se défend avec les procédés habituels : C’est nous qui n’avons pas compris son texte, ses objectifs sont tout à fait louables, ils vont à l’inverse de ce qu’on lui reproche ….
     » Loin d’entraver le bénévolat, le texte que je prépare va au contraire le sécuriser juridiquement « …
    http://www.lefigaro.fr/politique/2014/02/06/01002-20140206ARTFIG00275-benevoles-aurelie-filippetti-repondez-moi.php

  4. kravi

    Où s’arrêtera la marée du politiquement correct et de la cucuterie bien-pensante ? Les digues de la pensée et de la culture sont pulvérisées par confusion et dérision, et les abrutis se mêlent de donner des leçons aux intellectuels honnêtes et clairvoyants.
    voir à ce sujet l’article de Brighelli sur C

  5. Souris donc

    Important problème à soulever, meci Rackam. Pas seulement pour les grosses machineries, ni pour les petits spectacles de fin d’années, mais aussi pour la taille intermédiaire, comme les festivals de musique où les plus grands viennent, gratuitement, par amitié pour un de leurs potes originaires du coin.
    Natalie Dessay chantant le duo de Lakmé avec la mezzo Karine Deshayes, accompagnées par Shani Diluka. S’il vous plait. Dans une église de village, devant un public populaire ébahi. Ou Jean-François Zygel.
    MAIS, derrière, il faut assurer la logistique (secrétariat, transports, hébergements, billetterie, réservations, placement…). C’est le travail des bénévoles.

    Si une Ministre de la Culture entrave ce bénévolat, elle entrave la culture populaire. Les éléments de langage avec des majuscules partout, vous avez remarqué combien de fois le glaçant Valls a jeté le mot Valeurs à la figure de ses interlocuteurs dès que ceux-ci tentaient une interrogation sur la culture ou l’identité ou la civilisation ou l’histoire (Finkie, par ex). Valeurs est devenue propriété de la gauchiote, qui l’associe à Républicaines ou Citoyennes. Ce qui signifie en fonctionnement gauchiote, on veut vous endoctriner dès la crèche pour vous rééduquer à notre façon.

  6. Guenièvre, la réponse d’Aurélie Filipetti à Yves Théard ne me rassure pas pour l’instant. Elle lance des imprécations sur ses intentions mais à aucun moment je ne vois un démenti sur le projet d’obligation de salarier les bénévoles. Ne pas oublier les actions féroces d’il y a quelques années pour obliger la manécanterie des petits chanteurs à la croix de bois à salarier leurs enfants. Toute cette histoire provient du « lobby » des inspecteurs du travail.

  7. Guenièvre

    Elle ne me rassure pas non plus Impat.
    Je voulais signaler que le procédé de ce gouvernement depuis un an et demi est toujours le même : on lance une idée avec certainement dans la tête un but bien précis mais que l’on ne détaille pas vraiment, qu’ on laisse volontairement dans le flou. Si ça passe, ça passe, si ça râle c’est nous qui n’avons pas compris ce qu’ils ont voulu faire !

  8. Lisa

    Nos chers socialistes haïssent le beau, le vrai et le bien, ils le prouvent jour après jour.

  9. Souris donc

    Car, ce qui est tapi sous cette belle idée, généreuse et inepte, comme presque tout ce qu’entreprend ce gouvernement d’idéologues en chambre, c’est l’emploi des intermittents du spectacle. Cette coterie, majoritairement engagée à gauche, bénéficiant d’un régime de prébendes scandaleux et déficitaire en diable.

    L’intermittence est aux abois, car le régime est dénoncé de tous côtés (ifrap bien sûr, et associations de contribuables, mais aussi Cour des Comptes, et tous les ans)
    L’intermittence du spectacle, comme l’exception culturelle, c’est la préférence nationale façon socialope.

    Comme l’intermittence n’est pas viable à long terme (1 milliard d’euros de déficit par an mis à la charge du régime général, on est à 11 milliards cumulés), la bonne idée socialope, c’est non pas de restreindre l’accès au statut, mais de fourguer un maximum d’intermittents aux structures fonctionnant grâce au bénévolat.

  10. roturier

    Mouais… Et une pierre dans la mare, une:

    Plus il y a des bénévoles moins il y a de salariés (en général, non limité aux spectacles « populaires »).
    Donc moins il y a de rentrées fiscales, moins bien les caisses sociales se portent.

    Alors que ni le budget de l’Etat ni celui des caisses n’accusent de surplus faramineux (smiley).
    Et la pote ouverte au travail « au noir » masqué en bénévolat. Donc pas de TVA sur les billets d’entrée.

    Réfléchissons: le bénévolat, c’est bô comme le lavabô.
    Généralisé, c’est la faillite générale. Comme une économie parallèle qui phagocyte l’officielle.
    Le bénévolat c’est comme le troc. Savez-vous que c’est très limité par la loi ? Voire illégal ?

    Aurélie c’est joli. Filipetti flaire bien l’Italie. Tout le monde ne peut s’appeler Dupont.
    Mais là, c’est personnel. Et je respecte les clowns.

  11. Ce que cela montre c’est l’imbécillité crasse de ces gens là : que peuvent-ils espérer d’une telle décision ?

  12. Souris donc

    Plus il y a des bénévoles moins il y a de salariés ? Généralisé, c’est la faillite générale ?
    Pas demain la veille !
    Les bénévoles sont là où personne ne veut aller : manifestations éphémères, associations d’entraide, fêtes occasionnelles. Les retraités fournissent le gros du bataillon, et le problème est qu’il y a peu de relève. Je le sais, car je suis bénévole dans une petite commune. Nous avons créé la structure, nous donnons de notre temps. Les plus jeunes ne sont pas attirés par cette forme de participation à la vie de la commune. Même les pompiers volontaires ont du mal à recruter.
    Créer des emplois suppose d’augmenter les impôts locaux. A la campagne, le revenu moyen est de 1000 € par foyer. Il n’y a pas assez d’heures à fournir à un salarié, à moins de trouver le polyvalent-ubiquiste, un pompier-bibliothécaire-manutentionnaire-damepipi.
    Quant à être illégal ? Bientôt même pour le barbecue il faudra être constitué en association et déclaré en préfecture, je ne vois pas où est l’illégalité.

  13. Exemple, Liebchen.

    Pierre, Paul et Jacques se rendent mutuellement des services en « circulaire ».
    Pierre entretient la voiture et la maison de Paul. Paul cultive le jardin potager de Jacques. Jacques donne des cours de math aux enfants de Pierre.
    Les trois sont admirables de solidarité désintéressée. Comme Souris, ils ne voient pas où est l’illégalité.
    Aux yeux du fisc ils sont fraudeurs: tous travaillent sans payer ni charges ni impôts ni TVA.

    Pourquoi se limiter à trois. A 30, le fisc a raison. A 300, sans doute. (Parfois même à trois…).

    Il faut savoir qu’en France il existe des myriades d’associations. Et plus la situation économique est difficile, plus on plébiscite l’entraide bénévole.
    On pourrait se demander s’il n’y a pas des centaines de milliers de Pierre, Paul et Jacques.

    Un bénévolat massif est une fuite en avant; remède pire que le mal.

  14. Il est évident que le bénévolat constitue théoriquement un manque à gagner pour l’État. Toutefois ce bénévolat ne risque pas d’être massif : les salariés présentent un risque assez limité d’accepter d’être massivement non payés.
    Par conséquent ce manque à gagner n’est que théorique et non réel.
    En revanche une interdiction du bénévolat serait un risque liberticide très réel. Ce qui, on le sait bien maintenant ne saurait être un frein pour l’esprit socialiste. (français).

  15. Souris donc

    Roturier, vous mélangez deux choses.
    Le bénévolat, ce ne sont pas les SEL, système d’échange local avec monnaie virtuelle. C’est même le contraire. Un bénévole donne sans rien en échange.
    Prenez les business angels, ils aident les start up ou les microentreprises (si les socialopes ne les ont pas supprimées, trop sarkozystes) à démarrer et à créer un potentiel d’emplois.
    Sans contrepartie.

  16. rackam

    Sans compter, impat, que s’il avait fallu salarier ceux qui ont « monté » le Puy du Fou ou autres spectacles, ceux-ci n’auraient jamais vu le jour.
    Ce qui, pour une cinéscénie nocturne est fatal…

  17. Hum, Souris, vous avez raison sur le fond mais l’exemple des business angels me semble mal choisi. Certes ils ne demandent pas de contreparties garanties, mais nourrissent l’espoir de contreparties solides sous forme de dividendes futurs du capital investi, et surtout de plus-values futures sur la vente de la jeune pousse.

  18. kravi

    Donner sans rien en échange ? Trop dingo.

  19. Rackam, je soumets une idée au gouvernement socialiste : obliger les participants de rue des fêtes de la musique à être salariés par les municipalités. On gagnerait quelques décibels de moins en bruits de casseroles.

  20. Souris donc

    Le subventionné supplante le viable, l’art officiel la culture populaire. L’État, déjà bouffi, se rêve seul maître des initiatives !
    Pas de rappel pour les bouffons roses lorsqu’ils quitteront la scène !

    Les bouffons roses veulent fourguer les intermittents et « permittents » aux spectacles assuré par les bénévoles et les gangréner à leur tour.

    Le permittent est un intermittent doublement abusif :

    L’abus vient des sociétés de spectacle et de production. Au lieu de créer des CDI, ils font tourner des intermittents en temps continu. On prend un artiste ou un chauffeur*, au bout de ses 507 heures, on en prend un autre, puis un autre, et encore un autre.
    Aucune contrainte du droit du travail, et c’est le régime général qui comble le déficit.
    En clair : on vole la caissière de supermarché qui n’a pas les moyens d’aller au théâtre, et les chômeurs puisque chaque euro volé est un euro en moins pour eux.

    *Sur le marché de l’emploi « normal », un chauffeur de poids lourd en CDD, quand son contrat arrive à terme, doit en chercher un autre. Dans l’intermittence, nenni, le même chauffeur du camion, à partir du moment où il transporte du matériel artistique, costumes, décors, instruments de musique, est considéré comme un artiste. Il lui suffit de faire ses 507 h/an et il peut se tourner les pouces pendant 8 mois, indemnisé au même titre que les artistes entre 1000 € et 4000 € mensuels.
    Voui.
    http://vosdroits.service-public.fr/professionnels-entreprises/F14098.xhtml

  21. Souris donc

    Je me suis laissée dire, mais ce doit être de la médisance, que l’intermittence haut de gamme des petits et grands écrans et de la scène ne voyait aucun inconvénient, en toute légalité bien sûr, de se faire virer ses 4000 €/mois d’indemnités de chômage directement sur son compte en Suisse, Monaco, Belgique.

  22. D’accord avec Impat 10:14 sur les « business angels »; Ils sont bcp plus business que angels. C’est d’ailleurs pour cette raison que ça marche là où ça marche. Hors intérêt personnel point de salut. Hors motivation solide, retour aux cavernes.

    Et aussi sur son 10:25, la « fête de la musique ». En voilà une idée de Jack L piquée directement du « Panem et circenses », pain et jeux (du cirque) des Romains antiques.
    On abruti la populace moyennant des « amusements gratuits ».
    Sans oublier la télé réalité.
    Et ce cher Laurent Ruquier. Faut voir les questions tendancieuses de sa dernière émission. Un véritable appel au politiquement correcte le plus visqueux.

    Pour les intermittentes du spectacle de Souris:, oui, il en existe des « hauts de gamme ». Les premières têtes d’affiche de la scène et du cinéma français y sont.
    Par intermittence vu la nature même de ces métiers.
    Mais pourquoi passer des mois chaque année à étudier des scénarios en prenant son temps sans être payé si on peut toucher 4000€/mois en tant qu’impertinent (pardon…intermittent…) rien qu’en se déclarant au chômage?
    Cela coûte cher à entretenir, une maison avec piscine au Lubéron.

  23. Florence

    Ces socialistes, il faut qu’ils viennent mettre leur nez partout.
    De la culotte des enfants aux spectacles de bénévoles. Ils nous étouffent.

    « En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. »

    Anders G., L’Obsolescence de l’homme

  24. roturier

    Bouffons roses, Liebchen?

    Ils m’insupportent. Mais je crains un peu la coloration éventuellement brunâtre de leurs remplaçants.

  25. desavy

    Ah les socialistes qui mettent leur nez « dans la culotte des enfants ». On dirait du Dieudonné.

    Créer des statuts semble être à la mode, même si parfois cela a été nécessaire comme celui de la femme de commerçant ou d’artisan. Quant au régime des intermittents du spectacle, comment voulez-vous que la gauche ne le favorise pas ? Il faudra le supprimer, voilà tout.

    Bon, à part ça, la droite va permettre à la gauche de conserver Paris et les idioties de Copé vont multiplier les triangulaires pour les municipales.

  26. Guenièvre

    les idioties de Copé….
    Oui, Desavy, son intervention à propos de l’album  » Tous à poil » était ridicule. De même que les interventions du  » Printemps français » qui demande carrément une mise à l’index de certains livres dans les bibliothèques . S’ils veulent retourner les gens en faveur du gouvernement ils n’ont qu’à continuer ainsi !!!

  27. Florence

    « On dirait du dieudonné ». Le genre de réflexion qui ne sert à rien. Le genre désagréable gratuitement.

  28. Florence

    Bonsoir Guenièvre
    pas tout à fait d’accord avec vous sur les bibliothèques; Le nombre de livres laids dans tous les sens du terme qui sont proposés à nos enfants n’a rien d’anodin. Je pense même que c’est le contraire.
    Et puis par nature, une bibliothèque ne peut pas contenir tous les livres qui existent, pour des question de place et de budget. A chaque fois qu’un livre laid est acheté dans une bibliothèque, c’est un beau livre qui en fait les frais.
    Je ne vois pas, à part pour des raisons idéologiques, pourquoi une bibliothèque pour enfants achèterait « tous à poil ».
    Je crois que tout ne se vaut pas.

  29. Florence

    J’ajoute que je n’aime pas Copé et que je pense la même chose de son « tous à poil » que son « pain au chocolat », de la démagogie du plus bas étage à des fins électorales qui, plus est, sera inefficace

  30. desavy

    Je suis désolé Florence, mais d’aucuns pensent que Dieudonné était un bon comique. C’était un compliment, maladroit certes.

    « le genre de réflexion qui ne sert à rien », pas plus ni moins que les autres commentaires. Je m’inscris dans une logique anti-utilitariste.

  31. Florence

    Je préfère quand vous adressez directement à moi. Cela humanise les commentaires, à défaut de les rendre utiles .

  32. desavy

    Vous savez, Florence, nous sommes rentrés dans l’ère du post-humanisme. Il faut nous y faire. Traumatisé par votre propos, je suis allé fouiller dans le panier à linge sale, je n’y ai trouvé aucun nez socialiste.

  33. QuadPater

    desavy, moi je fouille le linge sale en ce moment pour les besoins d’un article. On y trouve des discours, des conventions interministérielles, des mensonges, des paradoxes, des contradictions, beaucoup de pensées laides et pesantes, mais en effet aucun nez de socialiste, ce qui s’explique aisément par l’hyperosmie qui frappe chroniquement cette race dont les membres fuient l’odeur de leurs propres cogitations.

  34. Je suggère au gouvernement d’appliquer ce projet de loi aux associations humanitaires du type « restos du coeur » ou « banque alimentaire » ou ccfd ou « armée du salut » etc : obligation de payer les bénévoles.
    Le résultat ne se ferait pas attendre : ces structures mettraient la clé sous la porte assez rapidement et les affamés pour cause de fermeture de telles structures se révolteraient et feraient peut-être tomber ce gouvernement nul à tous points de vue !
    Rassurez-vous, ce n’est qu’un exemple pour illustrer la stupidité de ce projet et de ses auteurs.
    Il y a par chez nous de nombreuses troupes théâtrales bénévoles et le prix des billets est destiné à couvrir les frais, des clubs musicaux et autres. Tous pâtiraient d’une telle loi. Ce serait la fin des associations qui créent encore des liens entre les gens !
    L’idéologie socialiste finira par généraliser l’enfer dans notre pays.

  35. Guenièvre

    Bonsoir Florence !
    Il faut faire la part des choses je crois sinon toute cette histoire va faire le jeu du gouvernement . Cela rappelle vraiment de trop mauvaises choses de faire pression au niveau des bibliothèques pour que l’on en retire certains livres . Il y a une grande différence entre faire faire, en classe, une étude systématique, pour « déconstruire les stéréotypes », et mettre à la disposition des enfants , avec l’accord des parents ( les tout-petits ne vont pas seuls à la bibliothèque) des livres qui peuvent aller à l’encontre de certaines idées reçues . Cela, il me semble que c’est même le rôle de la littérature. Ma fille travaille dans une médiathèque et elle a dans le bac des albums :  » Melle zazie a un zizi  » . C’est plutôt sympa, les enfants adorent, cela ne va ni les traumatiser, ni les perturber en quoi que ce soit. Et les parents ne sont pas obligés de l’emprunter s’il ne leur plaît pas .En gros Zazie est une petite fille délurée et casse-cou qui monte aux arbres ; un petit garçon de sa classe pense qu’elle doit avoir un zizi puisqu’elle se conduit comme un garçon . Jusqu’au jour où ils vont se baigner ensemble et qu’il s’aperçoit que ..ben non , elle n’a pas de zizi… » les garçons manqués » sont des filles. Pas de quoi casser trois pattes à un canard, il ne faut pas voir de « la théorie du genre  » partout !

  36. Bonsoir Guenièvre, bonsoir à tous,
    Je suis assez d’accord avec vous. Mais voyez-vous, ces pervers qui nous gouvernent ont réussi à exaspérer une grande partie de la population avec leurs lubies. Beaucoup ont les nerfs à vif et réagissent à tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à leurs tentatives de subversion.
    Chat échaudé craint l’eau froide.
    Bref, tout cela ne contribue pas à apaiser, bien au contraire. Mais ils finiront par le payer cher un jour ou l’autre. Ils vont le prendre en pleine figure tel un boomerang. Et ce ne sera que justice.

  37. desavy

    Bonjour Patrick et à tous,

    Le boomerang (j’aime bien ce terme) est un autre nom donné à l’alternance. Après tout, elle finira bien par arriver.

  38. desavy

    Je lirai avec plaisir votre article, Quad. Sous Sarko, la gauche inventait pour se faire peur des trucs qui n’existaient pas. Il est de bonne guerre que la droite en fasse autant.

  39. Guenièvre

    Voilà qui va dans mon sens !
    http://www.causeur.fr/tous-a-poil-abcd-de-la-methode-cope,26202

    Je n’ai pas lu  » Tous à poil » mais j’ai entendu l’auteur en parler, rien à voir avec la théorie du genre ! Plutôt le contraire d’après cet article… Je précise que cet album ainsi que celui dont j’ai parlé :  » Melle zazie a un zizi » sont sur la liste des livres qui, selon Le Printemps français devraient rejoindre  » l’enfer » des bibliothèques.

    « Les gardes roses, selon la magnifique expression d’Elisabeth Lévy, ont beau jeu maintenant d’accuser la droite de souhaiter des autodafés. »

  40. Guenièvre

    Bonjour Patrick, bonjour à tous !

  41. Bon, on a divergé, c’est habituel et pas très grave.
    Mais j’ai lu ici des énormités sur le bénévolat qui me révulsent.
    Songeons aux multiples activités qui sont rendues possibles parce que non-marchandes.
    Visites aux malades hospitalisés, aux prisonniers, aux vieillards isolés dans une mansarde.
    Et même l’animation des petits bourgs, la bibliothèque, la pêche à la ligne, le loto, les sports etc.
    On vole quoi, à qui?
    Ce qui n’a pas de prix a souvent plus de valeur que ce qu’on tarife.
    Le projet socialiste est ignoble. Comme d’autres.
    Mais c’est l’occasion d’une réflexion sur l’engagement dans la cité sous d’autres formes que rémunérées, fonctionnarisées.
    On paye pour tout et rien, tout le temps.
    Réapprenons à donner.
    Le gratuit est l’avenir de la communauté.
    Pan!

  42. Guenièvre

    On a divergé …c’est vrai rackam, pardonnez-moi ! je me suis laissée entrainer par les idioties de Copé .

  43. desavy

    Rackam :

    « Le gratuit est l’avenir de la communauté. »

    C’est sans doute l’une des différences entre la société et la communauté. La communauté repose sur le don et le contre-don, l’échange de dons étant opposé à l’échange marchand. A lire à ce sujet les travaux du MAUSS.

  44. desavy

    J’avais bien aimé aussi l’expression d’Élisabeth Lévy.

  45. Souris donc

    Bien d’accord avec vous, Rackam, la vision mercantile comme l’encadrement idéologique des paroles et des actes (et même de la pensée) détruisent le lien social. Les mécaniques fêtes de voisins, fêtes de la musique, nuits blanches, se targuent de redonner du sens, du lien. Ils n’ont que ce mot à la bouche : « lien social ».
    Je me demande si ce lien là n’est pas un lien qui veut ligoter et bâillonner.
    La gauche est censée promouvoir la démocratisation de la culture, Filipetti cautionne les privilèges : vaches sacrées de l’intermittence, accaparement des subventions par l’atonalisme, programmation des radios publiques livrées aux lubies, engagements idéologiques et copinages musicaux des animateurs-fonctionnaires sans considération pour l’auditeur.
    Des initiatives locales en sont nées, que, dans un régime de plus en plus totalitaire, on ne saurait tolérer.
    Tous pareils ! Tous interchangables ! Egalité ! Rien ne doit dépasser ! Staline sait ce qui est bon pour vous !

  46. Guenièvre

    Bonjour desavy !
    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous.
    Il me semble que le bénévolat dont parle rackam ne recouvre pas l’échange de dons tel que prévu dans les sociétés traditionnelles parce que cet échange de dons répondait à des critères bien précis :
    Si je me souviens bien, il y a dans ces sociétés une triple obligation : donner, recevoir et rendre. Ce qui lie personnellement les gens, ce qui fait qu’ils ont en commun une histoire, c’est toujours qu’ils ont entre eux une dette symbolique, une forme de fidélité à honorer. Dans nos sociétés marchandes la « magie » de l’argent c’est qu’il permet d’être quitte de toute dette envers un donateur puisque le service rendu a été payé sur le champ. L’échange marchand n’organise donc pas seulement la circulation économique des choses, il définit aussi de nouveaux rapports humains. En payant un objet, l’individu achète également le temps impliqué par l’obligation traditionnelle d’attendre pour rendre et donc le droit de ne pas avoir « d’histoire » avec celui qui lui a rendu service. L’échange marchand permet de prendre des libertés avec autrui , il permet de connaître la solitude et aussi – ce qui est appréciable et à quoi, je crois aucun de nous ne veut renoncer aujourd’hui- d’avoir une intimité. Il a donc une qualité et un défaut : il permet à chacun d’avoir un « quant à soi » mais il déconstruit les fondements de la socialité d’autrefois.
    Le bénévolat, quant à lui, n’appelle pas d’obligation. Paradoxalement, c’est sans doute dans nos sociétés modernes que l’on peut accomplir des actes complètement désintéressés.

  47. rackam

    Guenièvre, c’est vrai! Lorsque j’allais via le GENEPI ( Etudiants Enseignant aux Personnes Incarcérées) je n’attendais rien en retour. Strictement rien. Lorsque les blouses roses rendaient visite à des membres de ma famille hospitalisés, elles n’attendaient rien. Le donnant-donnant est un avatar faussement gentillet du mercantile.

  48. Souris donc

    « Il est de bonne guerre », « l’alternance » (Desavy)
    C’est aussi l’argument de Fourest quand elle met dans le même sac les « intégrismes, tous les intégrismes ».
    Ravaler les différences au rang de stratégies équivalentes, d’ordre électoraliste tout en euphémisant la révolution culturelle totalitaire que la gauche met en place.
    On peut critiquer le conservatisme de la droite, mais les bouleversements sociétaux calqués sur des concepts expérimentaux issus des campus américains pour enfumer et plaire aux coteries et lobbys, faut avouer que c’est de l’inédit et que la gauche se surpasse tous les jours.

  49. rackam

    J’allais donner des cours à la maison d’Arrêt de Pontoise… c’est plus clair ainsi.

  50. Guenièvre, pour continuer dans ce que vous dites, voici quatre principes bibliques :
    Que celui qui ne travaille pas mange pas non plus (2 Thessaloniciens 3.1)
    Ne devez rien à personne (Paul aux Romains 13:8)
    Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement (Matthieu 10:8)
    Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir (Actes des apôtres 20:35)
    Le premier exige de ne pas vivre au crochet des autres, mais de gagner sa vie par son travail.
    Le deuxième permet effectivement d’être quitte de toute dette puisque le service rendu a été payé. C’est un gage de liberté.
    Le troisième incite au bénévolat (ex: visite de malade alors qu’on a la santé, aider financièrement le pauvre alors qu’on a des revenus etc.)
    Le quatrième promet une récompense. Qui n’a jamais éprouvé du bonheur dans un élan de générosité ou de satisfaction d’avoir pu soulager une souffrance ou une détresse.
    C’est en appliquant ces principes qu’on arrive à une société équilibrée qui n’encourage pas à la paresse, mais plutôt le travail, une saine gestion de ses biens, le bénévolat et pour finir, une vie heureuse.
    Il est donc logique que des organismes chrétiens ont depuis toujours pratiqué le bénévolat, mais aussi le travail salarié. Les deux sont nécessaires. Sans bénévolat, notre société deviendrait rapidement infernale.

  51. desavy

    Guenièvre, je n’ai pas parlé de Marcel Mauss, mais du MAUSS (mouvement antiutilitariste dans les sciences sociales) dont le nom constitue bien sur une référence au sociologue.

    Lorsque je parle d’échange marchand pour la société, je n’en fais pas une critique négative. D’ailleurs, pour aller dans votre sens, il me semble que le verbe payer vient du latin « pajare » qui signifie « pacifier ». Comme le remarque René Girard, si je veux m’approprier le bien de l’autre dans un système sans monnaie, je le tue. Payer est plus moral.

    Le bénévolat n’appelle pas d’obligation mais, et c’est le sens de l’article, s’il disparaît, c’est la communauté qui disparaît. Dans ce sens, il a un côté obligatoire.

  52. desavy

    Keep cool Souris, nous sommes sur un forum et nos propos, les vôtres comme les miens, n’ont que l’importance qu’on leur donne, c’est-à-dire peu.

  53. desavy

    L’échange de dons n’est pas du donnant-donnant. On donne sans rien attendre en échange. On reçoit aussi, que l’on ait donné ou non. En cela il y a échange.

  54. desavy

    J’aime beaucoup ce propos.

  55. Guenièvre

    Patrick, J.C.Michéa explique, et je suis bien d’accord avec lui, que c’est parce qu’il préexistait des valeurs ( et les valeurs chrétiennes en font partie) au système capitaliste que celui-ci a été viable et qu’il a eu des effets émancipateurs . Un système qui fait appel uniquement à l’intérêt bien compris ne peut lui-même en créer. Si, comme c’est le cas aujourd’hui, ces valeurs se rétractent ou que, mieux, on s’ingénie à les déconstruire on risque d’aller à la catastrophe..;

  56. QuadPater

    Non desavy, dans un échange la réciprocité est volontaire et « contractuelle », quelle que soit le « contrat ».
    Mais je pinaille.

  57. Guenièvre

    Ah ! OK !!

  58. QuadPater

    Je pinaille, et j’oublie des mots. « quel que soit le type de contrat » voulais-je dire.

  59. QuadPater

    GRRRRR !!! Le prochain qui emploie le terme « déconstruire » ici, je supprime son message, son compte Antidoxe, et je lui coupe Internet, le gaz et l’électricité.

  60. rackam

    Ah, la pensée binaire! Je donne donc je reçois. Mais c’est la négation de la vie. L’enfant reçoit beaucoup, le malade aussi, malheureux sont-ils si quiconque attend un retour « équivalent ».
    La gratuité n’est pas seulement l’absence de prix, c’est aussi l’absence d’espérance de retour.
    Skardanelli nous trouverait sûrement une citation de René Girard pour illustrer cela.
    Mais il roupille probablement… 🙂

  61. hathorique

    Bonjour à tous.

    Merci à Desavy d’avoir évoqué les travaux de Marcel Mauss dont son « Essai sur le don » dans les sociétés amérindiennes et pardon Rackam si cela vous parait hors sujet, je méaculpabilise un peu:-)

    Le don est devenu un concept scientifique, avec la parution, en 1924, de l’« Essai sur le don » : dans ce texte, devenu un classique, Mauss montrait que cette institution présentait un caractère doublement ambivalent.

     » D’abord, que le don libéral et gracieux est régulièrement suivi d’un contre-don tout aussi unilatéral et arbitraire mais tacitement perçu comme la réponse adéquate à la première prestation. Sur ce point, la pratique et même la contrainte sociale implicite apparaissent formelles. Il faut rendre, et bien rendre, selon un code précisément établi : ni trop ni trop peu, ni trop vite ni trop tard. Aussi le don est-il indiscutablement l’amorce d’une relation réciproque, un échange différé.

    Mais le concept de don contient un autre paradoxe, plus difficile à admettre : l’action de donner, qui semble matérialiser une relation de sympathie, peut revêtir une dimension agressive. Car le cadeau crée une dette. En obligeant son partenaire, le donateur acquiert sur lui de l’ascendant, sinon du pouvoir. Il le contraint à l’obligation, éventuellement coûteuse, de rendre et d’être pris, peut-être malgré lui, dans une escalade embarrassante, dans une partie risquée où sont en jeu nom, réputation, rang, fonction ou simplement fortune c’est ainsi que cette coutume a été supprimée, car elle ruinait les populations, qui faisaient de cadeaux de plus en plus couteux et prestigieux le don généreux s’était transformé en orgueil ruineux .

    Ainsi l’Essai sur le don découvre, enracinés dans la profondeur même du lien de la socialité, les principes enfouis mais toujours actifs d’une toute autre morale économique, principes qui, à la fois, sous-tendent, hantent et portent notre économie rationalisée, utilitaire et productiviste tout en étant par elle relégués et d’ordinaire rendus insoupçonnables, parce que la libéralité exacerbée et la générosité rageuse de la dépense ostentatoire à l’œuvre dans le potlatch constituent cette morale économique »

    De façon générale donc, le phénomène social qui fait l’objet de l’étude par Marcel Mauss est l’échange par don et contre-don, l’échange accompli sous la forme de cadeaux faits et obligatoirement rendus, échange dont on peut observer la pratique effective dans un grand nombre de sociétés archaïques, , l’échange ne se produit pas au cours d’un marché opposant des individus: ce sont des collectivités, des personnes morales (clans, tribus, familles) qui « s’obligent entre elles, échangent, contractent. »
    Cette pratique ostentatoire du « don échange » l’orgueil et la vanité aidant a ruiné certaines tribus amérindiennes qui se sont épuisées à rendre plus qu’elles ne recevaient, principe connu et appliqué par toutes les maitresse de maison, qui rendent une invitation.

    http://socio-anthropologie.revues.org/98

    Pour revenir au sujet , je ne connais pas le texte de loi et s’il concernera les associations utilisant des milliers de bénévoles actifs, qui sans eux ne pourraient pas fonctionner y compris la mienne pour des interventions dans les collèges, ce qui me permettra dans un futur proche d’élaborer un

    « guide des frites dans les cantines scolaires de l’Isère  »

    Ceci étant dit, il y aurait peut être des économies plus conséquentes à rechercher parmi les « enculturés professionnels »

    @ Patrick vous avez raison :
    « Sans bénévolat, notre société deviendrait rapidement infernale »

  62. Souris donc

    Les visiteurs dans les hôpitaux, je suis moyennement pour. D’abord pour une question d’hygiène, ensuite pour une question de tact. Vous vous réveillez d’une anesthésie, vous êtes en état de faiblesse, vous avez envie de tout sauf de mondanités. Ça m’est arrivé, une sorte de Christine Boutin voulait absolument assister à mon réveil. J’ai dit non, non, pas question. Eh ben, elle était là, au pied de mon lit, alors que je n’avais qu’une idée, qu’on me foute la paix. Et l’autre là, qui me dispensait des paroles lénifiantes, style extrême onction. Dès que j’ai récupéré, je suis allée protester avec toute la véhémence dont je suis capable.
    Qu’ils s’assurent qu’il n’y a pas maltraitance, c’est bien, mais sans s’incruster dans les chambres pour le bien de leur propre bonne conscience.

  63. desavy

    Ce que j’essaie de dire Quad, c’est qu’il y a 2 sortes d’échange.
    Le premier est l’échange marchand qui correspond à ce que vous entendez par échange. On donne pour recevoir. C’est le contrat.
    Le second est l’échange de dons. On donne parce qu’il est bien de donner mais pas pour recevoir. On reçoit mais pas parce qu’on a donné. Le don du sang est un bon exemple de cet échange de dons.
    Ces deux échanges sont nécessaires dans une société.

  64. desavy

    Rackam, je n’ai jamais écrit « je donne donc je reçois ». J’ai écrit que l’on donne et que l’on reçoit.

    Je dis la même chose que vous mais vous ne lisez pas bien. Cela me désole un peu.

  65. Ouh là ! Vite Guenièvre, aux abris ! Vous allez subir l’ire de QuadPater !

    🙂

  66. desavy

    Rackam, je reprends ce que j’ai écrit :

    « L’échange de dons n’est pas du donnant-donnant. On donne sans rien attendre en échange. On reçoit aussi, que l’on ait donné ou non. En cela il y a échange. »

    En quoi est-ce un raisonnement binaire ? En quoi est-ce opposé à ce que vous écrivez ?

  67. Souris,… « avec toute la véhémence dont je suis capable. »…
    Aïe, à ce point là ? Pauvre visiteuse… 🙂
    La même chose m’est arrivée à l’hôpital, et pire c’était un visiteur !

  68. hathorique

    Pour Souris la véhémente

    Impat

    vous pouvez vous boucher les oreilles, j’espère que cette stridence mozartienne ne va pas réveiller Skarda.

  69. Souris, vous êtes tombée sur une dinde!
    Dans les cliniques d’ici, il y a des bénévoles qui se prennent pour des aumôniers.
    Pour un peu, une ménagère de bien plus de cinquante ans se prendrait pour une confesseuse.
    Mais lorsqu’on les éconduit gentiment, la plupart regagnent leur local en attendant que Saint Michel les appelle.
    Ceca étant posé, le soupçon de « bonne conscience  » est délétère.
    Quand je fais mes devoirs, enfant, c’est pour avoir bonne conscience?
    Quand je donne un sourire, une pièce et du pain au mendiant, c’est de la bonne conscience?
    Quand je déclare mes revenus exactement, c’est de la bonne conscience?

    Attention à deux choses, souris trottinante, :
    – quand on soupçonne toujours l’autre de bassesses c’est qu’on est capable de pire! (joke)
    – dans la société telle qu’elle se profile, le seul fait de témoigner de l’empathie privée, de la charité privée, de l’initiative privée, sera comptabilisé, reproché puis imposé.
    Si vous aviez des activités bénévoles, rongeuse de coordination, cessez-les, sinon les foudres morales, fiscales et autres vont ébouriffer votre pelage lustré.

  70. rackam

    Comme dit l’un de mes amis: « Quand l’infirmière ne porte rien sous sa blouse, c’est de l’empathie. Quand c’est l’infirmier, c’est du harcèlement! »

  71. Hathorique, me boucher les oreilles quand vous envoyez Mozart ? Provocatrice !

  72. @ notre Souris bien-aîmée,
    Visiteur d’hôpitaux : mon épouse s’adonne à cette activité dans le cadre d’une association accompagnant des personnes malades et/ou en fin de vie. Elle s’occupe en ce moment de personnes âgées en EHPAD, fait des visites, les aide (avec d’autres) à sortir dans un parc ou en ville lorsque la météo le permet etc. Elle ne se prend pas pour un aumônier, c’est un « métier », disons plutôt un « ministère » à part. Elle respecte les personnes : si une personne ne souhaite pas de visite, ou de sortie, sa volonté est respectée.
    Par contre, ces visites sont beaucoup appréciées. Il y a énormément de personnes âgées qui ne voient presque jamais leur famille et sont très contentes qu’on s’occupe d’elles. Les familles apprécient également ces visites permettant aux personnes malades et âgées de rompre leur solitude.
    « J’étais malade, et vous m’avez visité » (Jésus dans Matthieu 26:36).

    @ Rackam,
    J’ai une grande admiration pour les visiteurs de prisons : ils font un travail difficile, mais prodigieux.

  73. Souris donc

    On vous empêche d’accéder à la grotte Chauvet de peur que vous n’ameniez des germes dommageables, les hôpitaux sont dans un palmarès de la qualité de la lutte contre les maladies nosocomiales, dans certains services, on interdit les bouquets. Mais n’importe quel visiteur sans compétence (notamment psychologique) est admis. L’hôpital est plein de clowns, de gourous et de blouses roses de tout poil. Cet entrisme frise l’abus de faiblesse.
    Moi, quand je suis contente des soins qui m’ont été prodigués, je leur demande de quoi ils ont besoin, et je leur achète un sèche-cheveux ou une pompe à morphine (c’est ma bonne conscience à moi).
    Avant le politiquement correct, il y avait un fumoir dans les services de chirurgie orthopédique. Les chirurgiens avaient noté que les fumeurs se rééduquaient plus vite, en clopinant vers le fumoir.
    Mais c’était avant. Maintenant, on principe de précautionne, mais on laisse entrer la faune, ses germes pathogènes et sa bonne volonté (je retire bonne conscience, Rackam, si ça vous heurte).

  74. Souris donc

    Merci, Hathorique, je l’aime beaucoup, ses aigus inégalés à ce jour.

  75. rackam

    Patrick,
    et je sais que votre moitié n’attend rien en « échange » ni maintenant ni quand elle sera, peut-être, à la place des personnes qu’elle visite. Cette notion d’échange a quelque chose d’abject.
    Aimer sans espoir de retour, donner pour les mêmes raisons, c’est le propre de l’homme!

  76. desavy

    « Cette notion d’échange a quelque chose d’abject.
    Aimer sans espoir de retour, donner pour les mêmes raisons, c’est le propre de l’homme! »

    Quel échange Rackam ?

    Pas celui que j’évoque, j’espère ? Vous m’avez lu j’espère ?

  77. Rackam, en effet, elle n’attend rien en échange, cela va sans dire, mais parfois cela va mieux en le disant !
    Croyante, elle estime être là à sa place. Et bien sûr, je la soutiens de tout coeur.

  78. Florence

    Bonjour Guenièvre

    l’histoire de Mademoiselle Zazie ne casse pas trois pattes à un canard, en effet. Je ne vois pas de la théorie du genre partout, je suis beaucoup moins paranoïaque que vous ne le pensez.
    Mademoiselle Zazie est tout bonnement aussi nul que « Tous à poil ». Et c’est bien la nullité crasse qui me dérange le plus, encore plus quand on s’adresse aux enfants.

    Concernant Copé, il semble que dans l’autre camp, ils sont aussi très forts :

    « Le président de l’UMP, Jean-François Copé, « valide la pensée du Front national » en se faisant « le porte-parole de groupes extrémistes », notamment sur l’école, ont estimé mercredi plusieurs membres du gouvernement. La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, s’est dite sur RTL « extrêmement choquée par le comportement de Jean-François Copé », qui a dénoncé dimanche un livre pour enfants sur la nudité, Tous à poil, recommandé selon lui indûment aux enseignants des classes primaires.

    Pour le ministre de l’Éducation, « on assiste à une offensive de milieux extrémistes comme on n’en avait pas connu depuis longtemps contre les valeurs de l’école – la raison, l’égalité, la laïcité ». « Ce qui est paradoxal aujourd’hui, c’est que des dirigeants républicains et prétendument laïcs se joignent à ces attaques. Je pense à M. Copé », poursuit Vincent Peillon dans Libération. »

    Qui gagnera le concours de bêtise ? Aucune idée. Les paris sont ouverts. Tout est possible

  79. Je ne sais pas si René Girard a parlé du don, de l’échange évidemment, mais du don je ne sais vraiment pas. Je serais bien en peine de dire quelque chose d’intelligent sur le don sinon qu’il me semble essentiel.
    J’aime beaucoup ce qui se dit à la 8 minute 30 de cet échange :

    En particulier le rappel de l’importance de la charité et de l’acte désintéressé. Dans notre ère du soupçon peut-être n’est-il pas sage de faire directement appel à René Girard à propos du don et du bénévolat. En effet, comme le méprisable comportement que décrit Souris le suggère, le bénévolat est parfois un pur acte de désir mimétique qui n’a plus rien à voir avec la vérité de don. Or le désir mimétique ronge notre société, et en tout cas nous le voyons à l’oeuvre partout aujourd’hui alors que nous l’ignorions autrefois. Ainsi par une forme de contamination tout ce que nous faisons est susceptible d’être le fruit de l’envie de ressembler à une idole et non pas celui du désintéressement.
    Le don véritable nous sauve et sauve le monde, le simulacre du don qui cache l’assouvissement d’un désir est vraiment problématique. Mais pour revenir à ce projet de loi ridicule, il est surtout l’expression de l’étatisme qui domine notre pays de la droite à la gauche, la prétention imbécile de tout règlementer de tout légiférer, dès qu’il y a du fric quelque part l’Etat avance ses doigts boudinés pour se servir impudemment.

  80. Rackam, pourriez-vous préciser à quoi vous faites allusion en disant « Cette notion d’échange a quelque chose d’abject » ? Ne serais-que pour rassurer desavy, qui, me semble-t-il n’a rien dit de choquant.

  81. desavy

    Merci Patrick, d’autant plus que je suis en accord total avec l’article de Rackam.

  82. Guenièvre

    @ Quad, je n’ai pas trouvé de meilleur mot que déconstruction, excusez-moi ! 🙂 Vous en avez un autre ?

  83. desavy

    Destruction ? 🙂

  84. hathorique

    @ Quad

    Restructuration ? Reconfiguration ? Reanthropologification ? Reanthropomorphisation?

    Sur le don qui est aussi une grâce ; ce que l’on donne sans rien demander en retour, car le don n’est pas un échange, lorsque l’homme est dans le don pur, il est dans la quintessence de l’humanité, c’est un acte d’amour de partage et de générosité.

    Sur le don me revient en mémoire l’effroyable affaire du sang contaminé qui a je crois fait plus de 600 morts en France et comment on a marchandisé et dévoyé pour des raisons bassement mercantiles et économiques ce qui à l’origine était le « don du sang ».

    Le sang a été considéré depuis la plus haute Antiquité comme le symbole même de la vie et là il donnait la mort.

    C’était déjà un gouvernement socialiste.

    http://www.larousse.fr/archives/journaux_annee/2000/15/l_affaire_du_sang_contamine_trois_ministres_en_accusation

  85. desavy

    L’exemple du sang est un très bon exemple :

    Nous donnons ET nous recevons.

    Nous ne donnons pas POUR recevoir.

    C’est exact Hathorique, le don n’est pas un échange. Je crois que la confusion repose sur la connotation du mot « échange ».

  86. rackam

    Vache sacrée,
    pour quad, je suggère déquadpaterisation. Il est assez entier, nul ne veut le détruire, donc assemblons-le différemment. Comme s’il était en Lego.
    Pour le reste, d’accord avec vous.
    Mais le sang pouvait aussi dater d’avant le socialisme (soit au temps d’Abel, avant Caïn…).
    Les turpitudes des mencheviks sont assez nombreuses comme cela, ne leur imputons pas celles qui ne relèvent pas à coup sûr de leurs niaiseries. Cela pourrait rendre nulle la procédure engagée contre eux. Par le peuple souverain, et, en 2012, souverainement stupide.

  87. Mais j’ai toujours donné mon sang pour recevoir un bon croissant !

  88. Florence

    Dégénérer me semble le terme adéquat.

    Et le bénévolat dont parle si bien Rackam doit lui aussi disparaître car il va à l’encontre de la dégénérescence programmée par ces esprits malades.

  89. QuadPater

    J’aime bien lire vos commentaires ça me rend un peu moins bête.
    Bénévolat, échanges non marchands, don, mise à disposition gratuite, service rendu… des concepts qui se tournent autour mais ne fusionnent pas… c’est intéressant.
    Le don a un sens (une orientation).
    L’échange non marchand implique un accord (contrat) préalable à l’acte.
    Un échange non marchand n’est pas un couple de dons en sens inverses.
    Le bénévolat est la mise à disposition gratuite de ses compétences. Inclut-il dans sa définition un don de temps ??
    Puis-je être qualifié de bénévole quand j’aide des gens que je connais ? Et si 1 an plus tard je déménage et qu’ils me proposent leurs bras ?

  90. hathorique

    Cette transfusion fusionnelle se faisait rue du Cirque ?

    Cher Rackam moqueur : Le socialisme au temps d’Abel, avant Caïn 🙂
    Le socialisme avatar du communisme ou vice versa, remonte à Abraham premier crypto socialio-communiste « pater nataliste » reconnu, a aussi été en gestation préventive au Moyen Age 🙂

    Dans l’histoire on désignait sous le nom de communes les villes qui avaient acquis vis-à-vis du seigneur ou du souverain une situation d’indépendance et d’autonomie assez proche de celle dont jouissaient les fiefs. La commune ayant acquis une indépendance à peu près complète n’était plus unie au pouvoir central que par le lien symbolique d’un hommage féodal, qui n’était, comme on pourrait le croire de nos jours ni un « droit de cuissage » ni un « droit de quittage » pas plus qu’un « droit de guidage de scooter »

    L’organisation intérieure des villes présentait des différences importantes, la source de toute autorité résidait dans l’assemblée générale des habitants, pratiquant en partie le gouvernement direct, acceptant ou repoussant les impôts, nommant ses magistrats municipaux par le suffrage universel plus ou moins
    organisé.
    Les citadins ont obtenu des privilèges et des franchises qui autorisaient la création d’une juridiction propre à la ville, avec des magistrats choisis par les habitants : échevins et maires dans les villes du Nord, consuls en zone méditerranéenne. Certaines villes, en Italie, en France, en pays d’Empire germanique, ont obtenu une commune..

    La Renaissance est issue de cette déconstruction politique du pouvoir seigneurial qui ensuite été récupéré, entre autres, par les marchands Florentins qui ont inventé la banque, la circulation des capitaux et le protectionnisme artistique, l’intermittence des spectacles.

    Ils sont à la tête du premier réseau européen de banques ; enrichis par le négoce Ils ont pris à la noblesse leurs villes, leurs titres, leurs attributs, leurs fonctions régaliennes sous couvert de République ils se font califes à la place des califes.

    Les Medicis régnèrent sans le dire, en conservant les institutions  » républicaines » mais en les tournant à leur avantage grâce à une clientèle d’affiliés.

    Ce qui nous ramène au népotisme et au clientélisme de nos gouvernants.

  91. QuadPater

    Pour répondre à vos propositions : le contraire de construire est détruire.
    Mais je vous en prie, ne donnez pas d’importance à mon irritation, qui n’est due qu’à la fréquence d’utilisation hallucinante de ce mot dans les documents et discours de l’éducNat.
    C’est ainsi un clin d’œil amical à Guenièvre.

  92. Florence

    Vous avez raison Quad, il ne faut pas utiliser leur vocabulaire, leur novlangue. Il faut continuer d’utiliser le vocabulaire de la langue française. C’est primordial, bien qu’on l’oublie trop facilement.
    Ce n’est pas anodin s’ils disent déconstruire. Détruire serait beaucoup trop explicite. Nous serions alors davantage en mesure de comprendre.

  93. Déconstruire? Démonter, démanteler, détricoter…

  94. roturier

    Le bras de fer qui se déroule en ce moment, brièvement, n’est rien d’autre qu’une gigantesque tentative de démantèlement du langage.
    Or, disait Camus: « Mal nommer les choses augmente le malheur du monde ».

    Une autre culture dit (trad approximative): « Le langage détient le pouvoir sur la vie et sur la mort ».

    Et la même nous raconte l’histoire de la Tour de Babel. Les hommes complotaient de construire une tour tellement haute qu’elle toucherait le ciel et leur permettrait d’être à la hauteur de Dieu.
    Qu’a-t-il fait? Les exterminer? Que nenni.
    Il les a dotés de 70 langues. Incapables de se comprendre et de coordonner les travaux, les maçons laissèrent tomber. Nous sommes en train de laisser tomber.

    Lutte contre les stéréotypes? Mais TOUS nos mots le sont. Ce sont nos mots qui disparaitraient, nous empêchant d’appréhender le monde, déchus de l’unique technique de survie qui présida à l’insolente réussite de notre espèce : le langage évolué.

    Et pourquoi d’ailleurs lutter contre les stéréotypes ? Ces chiens de Pavlov en sont tellement convaincus de la nécessité qu’ils ne se posent même pas la question. Or, ils ne sont pas capables d’y répondre.

    Tout comme la « lutte pour l’égalitude » est un axiome dont l’utilité reste à démontrer ; euphémisme.

    J’ai un chat et deux chiens. Stéréotypes ; car au nom de quoi pratiqueraient-on la discrimination en affublant des animaux domestiques à poil et quatre pattes de deux noms différents ? Moralité : désormais j’ai trois machins. A bas les stéréotypes ! Et tant pis pour la richesse de notre communication.

    L’affaiblissement de notre langage par le doute émis désormais sur le sens des pierres de voûte langagières qui sont, entre autre, le mariage, l’homme, la femme , « de souche » (polémique Finkie), émane du courant suicidaire qui sape les fondements de notre civilisation.

    Face à une autre qui garde jalousement ses pierres de voûte, c’est mal barré.

  95. Déconstruire, c’est creuser le limon des idées qui s’est accumulé sur des mots fondamentaux cachant ainsi leur sens profond, c’est en tout cas l’idée de Heidegger à propos du mot ‘être’ : nous avons oublié sa signification même tant il est utilisé, il n’a finalement plus de sens pour nous. Selon le führer de la pensée cet oubli de l’Être explique le nihilisme de notre temps qui ne se soucie que de l’étant.
    On peut, comme moi, ne pas toujours apprécier le barde nazi comme l’appelait Deleuze, il est un peu présomptueux de liquider un concept majeur de la pensée de celui qui restera certainement un des plus grands penseurs du XXe à coup de totologies.
    Qu’il y ait une mode de la dékonstruction, pas de doute, que cette mode menace la langue me semble un peu osé. Si je devais reprendre l’idée d’oubli de l’Ëtre ce serait bien plutôt la mondialisation comme déploiement de la métaphysique comme volonté de puissance qui en serait la cause. Ce qui nous fait considérer hommes, chiens et chats sans différentiation puisque ce ne sont après tout que des étants.
    Le nihilisme en quelque sorte.

  96. … « Ce n’est pas anodin s’ils disent déconstruire. Détruire serait beaucoup trop explicite. Nous serions alors davantage en mesure de comprendre. »…
    Vos trois courtes phrases disent tout, Florence. Inutile de chercher plus loin, c’est très simple.

  97. Mais Heidegger disait bien détruire… Le couteau du boucher et le couteau de l’assassin.

  98. Souris donc

    Pour en revenir au bénévolat, il y a une tendance à le professionnaliser, car il est vu comme une quadruple opportunité :
    Opportunité pour nos politiques d’améliorer leur image, de résoudre le problème de l’intermittence, de masquer en trompe l’oeil les statistiques du chômage, et de justifier les dotations budgétaires de l’Etat aux Conseils Généraux et de celles-ci aux communes. Il ne faut pas laisser échapper l’argent DONC on montre qu’on le dépense « à bon escient ».

    Pour prendre l’exemple concret des bibliothèques associatives, si on la transforme en médiathèque municipale, ou mieux, de communauté de communes, dite com’com’, on peut convoquer la presse, et faire paraitre des articles périodiques sur de pseudo-animations qui viseraient à redonner le goût de la lecture en milieu rural. On recrute un coordonnateur qui aura pour mission de faire la promo par le biais de cafés-lecture où personne ne vient, sinon les bibliothècaires eux-mêmes, et le maire, de temps à autre, pour se faire photographier parmi les livres, se donner une image culturelle. Même si, ni lui, ni aucun de ses proches, n’est inscrit comme lecteur.

    On aura créé un emploi quasi-fictif, et on fait le coucou en s’installant dans une structure détournée à des fins de promotion politique.
    Les bénévoles sont littéralement harcelés par les politiques, et prêts à jeter l’éponge.

  99. Souris donc

    Si la com’com’ comporte 6 communes, ce sont 6 maires qui peuvent venir parader devant les livres et faire leur pub sur le dos d’une structure créée par des bénévoles qui se sont investis dans les tâches subalternes sans compter leurs heures.

  100. Oui, on se moque des patronages puis on fait un peu moins bien pour très cher, on remplace les dames patronnesses un peu rigides par de mornes employés municipaux.

  101. rackam

    Mais, Tibor, au moins les employés mornes, souvent absents et distraits ne se trompent jamais de bulletin de vote le jour J. Le socialisme est un clientélisme.

  102. Anonyme

    Et aussi, Skarda, on est dans la conformité, dans l’apparence, il est de bon ton d’avoir sa médiatèque, ses ronds-points, sa zone commerciale, sa zone dite artisanale, ses lotissements. Par là, on uniformise le paysage. A croire que les enveloppes de black circulent au même rythme que les giratoires.
    Les comportements singent un stéréotype d’édile. A la place du rondouillard radical-socialiste dont la qualité essentielle était de savoir lever le coude, on a le manager. Enfin sa caricature : le roitelet caractériel.

  103. Guenièvre

    Merci à tous mais je trouve que déconstruire est finalement plus précis et correspond davantage à ce qui se passe 🙂
    – c’est un mot qui est entré dans la langue française, même si c’est assez récent. Au début pour désigner une démarche littéraire , ensuite dans le sens de démonter, démanteler.
    – Le mot suggère bien la démolition mais pierre par pierre, brique par brique de ce qui constituait notre modèle de société : école, famille, traditions etc…c’est une décomposition pièce par pièce . Le mot destruction est plus brutal et il implique que les fragments sont inutilisables. Là, nous avons un phénomène qui dure déjà depuis une trentaine d’années et même si nos gouvernants actuels s’emploient à accélérer la cadence ils accompagnent davantage un processus dû à des causes multiples qu’ils n’en sont les seuls initiateurs . Et par ailleurs, déconstruction renvoie à la théorie « constructiviste » voulue par nos pédagogistes. On ne transmet plus aux élèves une somme de savoir et des cadres, c’est à eux de se servir et de piocher…dans les pièces « mises sur la table » pour parler comme notre président …
    On décolle le ciment qui constituait l’édifice d’un ensemble social organisé et structuré et chaque individu se servira dans les morceaux… On aura par exemple une famille re-composée, des écoles à la carte… Pour revenir au texte , si cette loi passe les associations de bénévoles disparaîtront sans doute mais on ne pourra détruire le don de soi qui fait partie de l’ humain comme beaucoup l’on dit ici, et qui s’exprime au sein des situations les plus sauvages .
    C’était mon quart d’heure d’optimisme ….

  104. Guenièvre

    Oui, j’aime mieux que détruire roturier …

  105. Florence

    Bonjour Guenièvre,
    je ne partage pas tout à fait votre avis. Il s’agit de détruire, rien d’autre. Il n’y a pas de reconstruction après « déconstruction » comme on le ferait avec un jeu de légo. La destruction peut paraître lente ( elle est même assez rapide) mais elle est réelle. Il s’agit de casser tous les repères des hommes, toutes les structures qui le protègent. Pour en faire un veau. Faire de l’homme un veau en deux générations, c’est tout de même très rapide.
    D’où les attaques contre la nation par l’immigration ( voir le rapport sur l’intégration ), les attaques contre la famille, le mariage, contre l’Eglise catholique, etc.
    Les attaques contre le bénévolat, outre le fait qu’elles peuvent arranger les affaires des intermittents du spectacle, amis du pouvoir, vont dans le même sens.

  106. Optimisme?….
    Familles recomposées.
    Ecoles à la carte.
    Détricotage de l’autorité.

    Déification de l’individu au détriment du collectif. Par une idéologie qui se veut « collectiviste », le collectif n’étant qu’une source de « droits » de l’individu.

    En vertu de quoi le collectif n’a plus de droits ; et l’individu, par conséquence, non plus.

    Qui veut faire l’ange fait la bête.

  107. Guenièvre

    Bonjour Florence et roturier !
    Bien sûr que ce ne sont pas eux qui vont reconstruire. Mais il y a déjà eu des grands bouleversements dans la civilisation occidentale non ? Je suppose que la cassure entre le monde féodal et le capitalisme moderne a provoqué des inquiétudes terribles, les gens ont là aussi perdu leurs repères . Au moment de l’industrialisation à la fin du XIXe siècle il y a eu de grandes vagues de suicides dans toute l’Europe, les gens ne reconnaissaient plus leurs cadres de vie et les nouvelles techniques les effrayaient et créaient paraît-il des angoisses insupportable. Mon optimisme ( très momentané ! ) il est là, dans l’espoir d’une recomposition et d’un nouvel équilibre. S’il se fait il ne pourra pas être exactement celui d’avant.
    Mais cet optimisme ne dure pas . Je pense aussi que l’on risque de finir dans la barbarie .
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ik_%28peuple%29

  108. desavy

    Bonjour les amis,

    La question est aussi de savoir si les peuples qui vivent des mutations importantes s’en rendent compte.

    A propos de barbarie, il y a un dossier intéressant dans le dernier numéro d’Éléments sur la démondialisation.

  109. desavy

    Guenièvre, votre référence à l’enseignement est très juste. L’élève a été placé au centre du système et il doit construire son propre savoir. Heureusement que la réalité est différente !

  110. QuadPater

    sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Ik_%28peuple%29 :

    processus de décivilisation

    Une créativité lexicale similaire à celle de la Socialie.
    Ma décompréhension est totale, de même que mon déseffort pour m’adapter.

  111. Guenièvre

    C’est pour cela que je conserve parfois un relatif optimisme : il y a des résistances « spontanées » aux processus de déstructuration…

  112. Guenièvre

    Comprends pas bien ce que vous voulez exprimer Quad ! 🙂

  113. QuadPater

    Bah rien. Un désenthousiasme, une désappétence, une absence de manque de désintérêt pour le snobisme du vocabulaire. J’aimerais qu’on décomplique nos discours.

  114. Guenièvre

    La novlangue m’agace autant que vous Quad et c’est effectivement une particularité des sociétés totalitaires mais en l’occurrence  » déconstruction » est tout à fait français et il ne s’emploie pas que dans ce cadre là :
    http://energie.edf.com/nucleaire/deconstruction/programme-de-deconstruction-45731.html

  115. Guenièvre

    Pis enfin Quad ! Vous savez bien que les enseignants, et les littéraires surtout, c’est chiant : ça pinaille tout le temps ! 😉 !

  116. rackam

    À l’anonyme de 9h49: si vous saviez à quel point l »absorption des communes dans ce que souris appelle les com’com’ augmente le pouvoir des sociologues, urbanistes et autres cuistres dont le langage et les propositions (impositions?) sont abscons, déshumanisants, autoritaires… Les élus ont perdu tout pouvoir en matière d’urbanisme, de maintien de quartiers anciens etc. On vote finalement, aux municipales, pour savoir quel cabinet d’experts sera retenu, mais pas tant que cela pour nos édiles qui entérinent …
    Je ne suis décidément pas démocrate… incorrigible…

  117. Hello l’Oiseau que je devine être l’anonyme, il est amusant de voir ces avocats spécialisés dans le droit administratif écrire des articles vantant leur fromage. Je pense à Régis de Castelnau, par exemple, intervenant sur Causeur et y insultant sous le pseudonyme de Vassilli Tchouikov.
    Le fringant stalinien ne crache pas dans la bouillabaisse
    http://castronovo.canalblog.com/archives/2011/02/24/20472575.html

  118. Souris donc

    C’est moi qui ai planté, Rackam.
    Comment l’expert aide à claquer le fric du contribuable pour la plus grande gloire de l’élu mégalo.
    H16 prend les com’com’ à revers, par le biais de la busologie, ou l’art d’étudier les transports en commun, photos à l’appui.

    En effet, les élus qui, pour parvenir à leur place, ont compris certains aspects essentiels de la politique, des transports en commun et de leur publicité personnelle, veulent systématiquement des bus spécifiques, adaptés à leur ville et à l’image qu’ils veulent en donner. En conséquence, d’une ville à l’autre, tous les bus sont différents. En Allemagne, aux Pays-Bas, en Pologne ou en Suède, le pragmatisme nordique, économe et un peu morne règne bêtement, les villes se mettent d’accord pour toutes acquérir les mêmes bus, interchangeables, ce qui leur permet de passer commande ensemble et de réduire les coûts. Mais en France, pays latin où tout se termine en taxes, pardon en chansons, les élus y voient un moyen de réaliser une bruyante opération de communication
    http://h16free.com/2014/02/13/28055-une-belle-gestion-communale

  119. Y’a pas que les enseignants qui sont chiants.
    Moi, je ne suis pas enseignant.

  120. QuadPater

    Vous vous rendez compte ? Le MEDEF veut tuer la culture !
    Tant de malveillance et de haine des riches contre le peuple laissent coi.

  121. Tuer la culture d’État…serait une bonne idée, non ?

  122. kravi

    La chronique de Brice Couturier de ce matin sur le régime des intermittents. Un scandale de plus.
    L’émission était sur ce thème.

  123. Souris donc

    Magnifique de dédain et de morgue, le délégué CGT déchirant le projet du Medef avec autant de superbe que Khadafi à l’ONU. Si quelqu’un déniche la vidéo.
    En fait, tout le monde a peur que les intermittents perturbent les spectacles, qu’ils annulent encore le Festival d’Avignon et les Francofolies. Tu parles d’un rapport de forces.

  124. rackam

    Happy end? Pas sûr…
    Qu’elle avance ou qu’elle recule, la gauche se couvre de ridicule.
    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2014/02/la-menace-pesant-sur-les-bénévoles-du-puy-du-fou-est-reportée.html

  125. Rackam, certainement pas « happy end » car votre lien laisse entrevoir (peut-être…) une exception pour les « artistes bénévoles ». Et les milliers de bénévoles non artistes qui émaillent la France, que deviennent-ils ?
    Le « happy end », hélas, ne risque guère de se produire avant 2017.

  126. Souris donc

    « le texte ne vise pas à limiter le bénévolat mais au contraire à le sécuriser »

    Abîmes de perplexité. La gauchiote a toujours l’art de renverser la situation à son profit, avec toute la suffisance qu’on lui connait et en mentant sans vergogne.
    3 étapes
    Commencer par menacer le bénévolat
    Se raviser devant les protestations (on ne sait jamais, les bonnets rouges…)
    Affirmer que répression et punition, c’est pour notre bien.

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