Sombre France, 1/2

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Sombre France 1ère partie
Tandis que les jeunes et les entrepreneurs s’enfuient, le pays a du mal à soutenir la concurrence et à  payer pour son État-providence obèse.
City Journal. Hiver 2014

Récemment, j’ai assisté à un colloque de scientifiques et de philosophes français en Corse,  intitulé « Comment penser à l’avenir ».A quelques exceptions près, les astrophysiciens, des économistes, des médecins et des sociologues exposèrent une sombre vision du futur . Une nouvelle crise financière, des pénuries d’eau et de blé, une guerre sans fin, un effondrement général des écosystèmes, aucun scénario catastrophique ne nous fut épargné.

Un mois plus tôt, j’avais été invité par le « think tank » écologiste « Breakthrough » à San Francisco, où j’ai pu réfléchir avec un groupe de penseurs sur l’idée économique de Schumpeter, la «destruction créatrice» et son application à la production d’énergie. Cette rencontre différait totalement de la première. Trois jours de débats vigoureux et parfois tendus entre les partisans, respectivement, de l’énergie nucléaire, du gaz de schiste, et des énergies renouvelables. Les défenseurs des espèces menacées avaient aussi leur mot à dire, mais personne ne mettait en doute une seconde que nous avions un avenir, même si ses contours demeuraient flous.

Je me souviens d’une observation que fit à cette occasion Michael Schellenberger, le président de Breakthrough: «le plus grand espoir des États-Unis à l’heure actuelle réside dans le gaz de schiste et les 11 millions d’immigrants clandestins qui seront bientôt régularisés, 11 millions de cerveaux qui vont stimuler et renouveler notre pays. » Ce genre de commentaire, quel que soit le point de vue politique qu’il implique, fait montre d’un esprit d’espérance complètement inexistant en Corse et difficile à trouver dans la France d’aujourd’hui qui a interdit non seulement le développement, mais même l’exploration de réserves possibles de gaz naturel et de schiste, et qui voit tout étranger sur son sol comme un ennemi potentiel. La France est devenue une nation défaitiste.

Un indicateur frappant de cette attitude est l’émigration massive que le pays a connu au cours de la dernière décennie, avec près de 2 millions de citoyens français qui choisirent de quitter leur pays pour tenter leur chance en Australie, Brésil, Canada, Chine, États-Unis, et autres contrées. Le précédent exode collectif de France s’était produit au cours de la Révolution française, quand une grande partie de l’aristocratie s’était exilée pour attendre (en vain) le retour du roi. Environ un siècle plus tôt, près de 2 millions de huguenots avaient fui le pays, effrayés par la révocation de l’Édit de Nantes, qui avait mis les protestants sur le même pied d’égalité que les catholiques. Aujourd’hui l’émigration n’est pas d’origine politique ou religieuse,  elle est économique.

Ceci est confirmé par la composition de la population migrante, composée majoritairement  de jeunes – 70 pour cent des migrants ont moins de 40 ans – et de détenteurs de hauts diplômes qui font leurs études en France, mais offrent leurs compétences ailleurs. Les migrants, découragés par des salaires relativement faibles et par le chômage toujours élevé – actuellement  10,9 pour cent – avec le secteur privé perdant plus de 360.000 emplois au deuxième trimestre de 2013 – ont encore augmenté en nombre depuis que le socialiste François Hollande est devenu président. Pris à la gorge par le ralentissement économique, Hollande a imposé de nouvelles taxes onéreuses sur les riches; le taux d’impôt du gouvernement a atteint 46 pour cent du PIB, le plus élevé dans la zone euro, rapporte The Economist . Le président a parcouru  les villes et villages de France, à la recherche «des premiers frémissements de la reprise», mais ses diatribes contre les plus aisés « Je déteste les riches », a-t-il dit à la télévision- n’encourage pas davantage les jeunes entrepreneurs que sa politique fiscale. Si la réussite économique est quasiment criminelle en France actuellement, pourquoi ne pas partir en des lieux qui au contraire l’honorent ?

La France jeune et entreprenante constate bien vite qu’ailleurs , à Londres par exemple, les obstacles à la réussite sont moins nombreux et les opportunités plus nombreuses. La capitale britannique est maintenant la sixième plus grande ville de France, avec 200.000 à 400.000 émigrés, dont un certain nombre a fait fortune. Ils ont recréé un mode de vie familier dans leur nouvelle maison, fréquentent les restaurants et les pâtisseries françaises et parlant souvent à peine l’anglais.

L’émigration des jeunes Français ambitieux a également pris la forme d’une inversion coloniale. Tout comme les Espagnols vont maintenant  trouver du travail en Amérique latine ou au Maroc et les Portugais en Angola et au Mozambique, les Français ont commencé à rechercher des opportunités en Afrique du Nord et en Afrique Sub-Saharienne, où l’énergie et le goût de l’innovation apparaissent supérieures. Bien sûr, l’émigration peut mal se passer: la désillusion peut advenir, ou le mal du pays, peuvent pousser certains exilés récents à rentrer, vaincus. Cela contribue à expliquer pourquoi le conseil sur l’émigration constitue une industrie française en croissance. Un bon exemple en est le site Lepetitjournal.com, qui propose des carrières et des conseils pratiques pour les expatriés.

Les foules d’exilés comprennent également des centaines de milliers de retraités français, probablement aisés, qui passent au moins une partie de leur âge d’or dans d’autres pays: fatigués du coût élevé de la vie en France, ils cherchent des environnements plus accueillants. Notre pays bien-aimé, en d’autres termes, a perdu non seulement ses dynamiques et jeunes gens intelligents, mais aussi les personnes âgées disposant d’un peu d’argent. Je ne suis pas sûr que ce modèle social puisse marcher sur le long terme.

Les manifestations qui ont balayé la France en automne 2010 reflétaient aussi l’attitude défaitiste du pays, quoique de manière différente. Le gouvernement du prédécesseur de Hollande, Nicolas Sarkozy, espérant placer les finances publiques chancelantes sur un terrain un peu plus ferme, a cherché à augmenter l’âge moyen de la retraite en France de 60 à 62 ans. Il s’agissait d’une mesure insuffisante pour faire face à l’ampleur du déficit massif de la France, surtout en regard de l’âge de la retraite fixé en Allemagne à 67 ans, mais, ce qui était typique de l’ère Sarkozy, elle a déclenché une vague gigantesque de troubles. Les Français se trouvèrent face au surprenant spectacle des élèves du secondaire exigeants des pensions de retraite. Même avant de commencer leur vie professionnelle, les adolescents manifestaient en pensant à sa fin. Leur réponse à la stagnation française contraste avec celle des jeunes exilés économiques. Pour les manifestants, l’existence -même si elle était médiocre – devait découler d’une garantie de l’État, du début à la fin. (Il y a quelque temps, le leader d’extrême-gauche Olivier Besancenot proposait la création d’un « parti des grands grévistes ». Quelle merveilleuse idée: notre jeunesse, en y adhérent, pourrait se mettre en grève sans avoir jamais travaillé!)

Songez dans cette optique, à une étonnante enquête de 2005 sur la jeunesse française, qui a montré que les trois quarts environ voulaient devenir des fonctionnaires. Ils souhaitaient  tellement éviter de prendre un risque, qu’ils ne pouvaient imaginer un avenir plus heureux que de travailler comme fonctionnaires de l’Etat (un travail supposé plus sécurisé). Gravement affectée par la faiblesse de l’économie, ces jeunes représentent l’avant-garde de ce qui peut aussi bien être le plus grand parti de la France contemporaine: le Parti de la Peur. Car les Français ont maintenant peur de tout : le monde, la pauvreté, la mondialisation, l’islam, le capitalisme, le réchauffement climatique, les catastrophes naturelles et même, pour reprendre une expression américaine, la peur elle-même.

Pascal Bruckner est un écrivain et philosophe français dont le dernier livre  est  « Le Fanatisme de l’Apocalypse » . Son article a été traduit par Alexis Cornel.

Retraduction française pour Antidoxe : Impat

40 Commentaires

  1. Merci pour votre article intéressant.
    « Car les Français ont maintenant peur de tout »
    Vous avez oublié « peur de la Commission européenne« . A ce sujet, je signale un vote en catimini : la modification de la périodicité du contrôle technique des véhicules. Encore un prétexte pour taxer davantage les automobilistes que nous sommes tous !

  2. En fait, c’est le Parlement qui a voté bien sûr, mais sur proposition de la Commission.
    Essayons de nous en souvenir lors des élections de juin.

  3. Yaakov Rotil

    Ici l’immigration des juifs de France connait aussi une augmentation très importante…

  4. Patrick, je crains que votre étonnante détestation de l’Union ne vous fasse lire un peu trop vite.
    Sur votre lien je lis ceci : … « Le texte adopté par les eurodéputés …/… prévoit un premier contrôle technique après quatre ans, puis tous les deux ans ».
    C’est à dire exactement ce qui se fait en France depuis longtemps. Encore un soupçon du style « taille des camemberts » !
    Cela dit, les Français ayant effectivement peur de tout, ils peuvent bien avoir peur des camemberts… 🙂

  5. Impat, vous n’avez pas lu jusqu’au bout. C’est 4 ans, puis 2 ans, puis TOUS LES ANS !
    Et c’est ce « tous les ans » qui me gêne !

  6. « Il prévoit un premier contrôle technique après quatre ans, puis tous les deux ans. Un système que la Commission souhaitait remplacer par un système 4-2-1 (contrôle après 4 ans, puis 2 ans, puis annuellement). »
    Ceux qui se feront racketter annuellement sont précisément ceux qui n’ont pas les moyens de changer assez souvent leur voiture.

  7. Désolé, Patrick, vous mentionnez une proposition de la Commission (dont c’est le rôle) mais ce qui a été voté est bien 4 ans une fois puis 2 ans ensuite, comme le fait la France.
    Le Parlement a de plus rendu valable ce système français pour les ventes de nos voitures d’occasion dans toute l’Union. Bravo.
    La Commission souhaitait par ailleurs instaurer un système de contrôle technique semblable pour les motos. Le Parlement a refusé cette extension, je le regrette pour notre sécurité.

  8. … « ceux qui n’ont pas les moyens de changer assez souvent leur voiture. »…
    C’est vrai, ceux-là peuvent se faire tuer à cause de freins défectueux ou de pneus usés, c’est moins grave !?

  9. rackam

    impat, votre dernier commentaire a un côté « malheur aux pauvres » qui, si on a l’esprit mal tourné, nuit gravement au libéral altruiste que vous êtes… (pas taper, please!)

  10. Pour ceux qui n’entretiennent pas leur voiture (freins défectueux ou pneus usés), il y a la maréchaussée pour verbaliser !
    Et puis, je n’ai pas dit qu’il fallait abolir le CT, simplement le laisser à une périodicité acceptable.
    Par contre, après relecture, je reconnais que le Parlement n’a pas suivi la Commission pour le contrôle annuel. Ouf !

  11. … « si on a l’esprit mal tourné »…Mais ce n’est pas votre cas, Rackam, je n’en doute pas un instant ! 🙂

    Patrick, excusez-moi pour ma remarque sur les voitures « des pauvres » qui a effrayé Rackam. C’était une réponse trop facile, elle était irrésistible !

  12. Mais tout cela nous éloigne un peu du déclin français…

  13. Je ne vous en veux pas, Impat, j’aurais du mieux lire l’article avant de commenter.
    Cela montre en tout cas que nous sommes tous perfectibles.
    🙂

  14. L’an prochain à Jérusalem !
    Shalom Yaakov.

  15. QuadPater

    Nombreuses sont les voies de réflexion qui nous ramènent à la question de l’immigration toujours croissante de personnes pauvres et hypo-cultivées, tandis que s’expatrient toujours plus de riches et d’hyper-diplômés.
    On ne peut rien y faire. Je connais un jeune couple. 26 ans, lui est architecte, elle je ne sais pas. De l’avenir, de l’intelligence, du dynamisme. Ils veulent partir vivre au Québec. Je vais leur déconseiller ? Pas fou non ? Je ferais pareil… Ma fille aînée, 24 ans, vit en Chine, elle fait un master de commerce international. Elle doit le finir en France, mais va redécoller juste après. Ailleurs, ailleurs ! Comment pourrais-je m’y opposer ? Au contraire je l’accompagne dans ses beaux projets.
    Pierre l’architecte, Justine, son master, ses compétences polyglottes, vont enrichir d’autres pays.
    Mohamed, jamais allé à l’école, Moussa, analphabète clandestin, vont appauvrir un peu plus le mien. Il n’ont rien à apporter. Même pas leur force de travail, ils ne travaillent pas.
    Tout le monde, y compris les gauchards, savent qu’il faut arrêter d’importer des chômeurs, des non-francophones, des analphabètes, des suceurs d’allocs. Il faut cesser de pressuriser les entrepreneurs.
    Mais rien n’est fait. C’est notre destin qui doit s’accomplir. Avachi sur les commandes, le visage blême, Mollande voit le sol s’approcher. Mais « Ladies and gentlemen, captain speaking… mektoub, les gars ».

  16. … « Il faut cesser de pressuriser les entrepreneurs »…
    Ils vous gonflent à ce point, Quad ? 🙂

  17. En réalité je ris parce que j’ai fini de pleurer. Il faut aller ailleurs. Point.
    Ou croire au miracle.

  18. QuadPater

    Oh pardon !! Quelle honte ! Analphabète moi-même ! PRESSURER, bien sûr…

  19. Anonyme

    Presser serait encore mieux. Cf citron. Pour impat, pressuriser rappelle cabine.

  20. Voilà un anonyme un peu trop pressé pour comprendre pressurer…

  21. Souris donc

    On exporte des bac + 8, QI 130 + haut potentiel ou capital à investir
    On importe des bac – 8, QI 75, sans qualification et voués aux aides sociales. Qui vont faire imploser notre système de protection que le monde entier a cessé depuis longtemps de nous envier.
    Pascal Bruckner découvre en 2014 ce que contre quoi nous mettons en garde depuis une bonne dizaine d’années, en nous faisant traiter de racistes.

    Il n’a pas été possible de retrouver le texte original en français ? Car retraduire dans la langue initiale peut être hautement périlleux.

  22. Souris, il ne me paraît pas juste de dire qu’il « découvre » cet état de fait. Il peut l’avoir constaté depuis longtemps, mais il note que ça ne s’arrange pas actuellement, et il le fait découvrir à ses lecteurs américains.

  23. Ce qu’il y a de terrible dans ce déclin de la France par le délitement des esprits français, c’est qu’il a de bonnes chances de devenir irréversible. Pourquoi ? Parce que même si une équipe sérieuse arrive en 2017 et entreprend une remise en état du fonctionnement du pays, même si l’éducation malade prend enfin le chemin de la réparation, même si une majorité de Français a compris, le risque pour eux et pour ce que pense d’eux le monde entier persistera d’une rechute à tout moment. Il a suffi d’une crise mondiale pour que les Français oublient la leçon de l’expérience Mitterrand et placent un Hollande au pouvoir ! Le pays ne sera donc plus, avant longtemps, considéré comme étant à l’abri d’une rechute semblable.

  24. Ne pas oublier les Syndicats détenteurs du vrai pouvoir.

  25. Loaseaubleu, certes, mais les syndicats comme les politiques sont choisis et re-choisis, donc approuvés plus ou moins démocratiquement par les Français. Tout vient donc de l’erreur récurrente de ces derniers, découlant de ce qu’on pourrait appeler une immaturité politique et économique. Ou une passion politique voulant ignorer toute notion économique, ce qui est immature.
    En d’autres termes ce n’est pas à un Hollande qu’on peut en vouloir, c’est aux Français qui l’ont élu en toute connaissance de cause.

  26. roturier

    Notre rongeuse nationale demande « Il n’a pas été possible de retrouver le texte original en français ? »

    Mais si… http://www.huffingtonpost.fr/pascal-bruckner/pourquoi-les-francais-ont_b_4855114.html

    Effectivement, la double traduction n’est pas à l’abri de commentaires dont je vous ferai grâce.

  27. roturier

    Même rongeuse 13 mars 2014 à 13:35 :
    Qui sont les « nous » dont vous vous réclamez?

  28. Les saisonniers de moins de 18 ans interdits d’escabeaux, les arboriculteurs râlent.
    A qui la faute ? A l’UE ? Au ministère du travail ?
    Encore une stupidité qui nuit à l’activité !

  29. Souris donc

    Les « nous » sont les cassandres des forums qui se font traiter de beaufs avinés et racistes, qui se font menacer des lois antiphobiques, bref, qu’il faut museler et censurer, parce que chacun connait très bien les causes du déclin français, même et surtout les chaisières du politiquement correct, la preuve : leur affolement, mais comme la gauche électoraliste manque de courage, elle préfère nier l’évidence ou feindre d’en être l’organisateur.
    Tuer le messager est une tactique aussi vieille que le monde.

  30. … « A qui la faute ? « …
    Dites-le nous, Patrick. Ce sera très intéressant.

  31. « Un décret du ministère du Travail interprétant une directive européenne » dixit l’article du lien.

  32. … « « Un décret du ministère du Travail interprétant une directive européenne » dixit l’article du lien. »…
    Oui Patrick, cela nous l’avions vu.
    Mais si vous permettez je vais vous en dire un peu plus, et si je me trompe je vous remercie d’avance de me l’indiquer. La directive dont il est question, déjà assez ancienne, est une directive d’ordre général qui demande aux gouvernements de se préoccuper de la sécurité des mineurs au travail. Je pense que, comme moi, vous n’y verrez pas d’inconvénient, d’autant que la sécurité n’est pas assurée partout en Europe.
    Le décret du ministère français, lui, s’appuyant prétendument sur cette directive pour se défausser sur l’Europe comme d’habitude, interdit d’escabeau les arboriculteurs de moins de 18 ans, ce qui est une stupidité, sans doute inspirée par le stupide « principe de précaution » français qui consiste à ouvrir le parapluie.
    Alors qui travaille bien, l’Union ou la France ?

  33. Souris donc

    Les deux sont parfaitement idiots, l’Europe se déconsidère précisément par les normes poulailler et décibels des orchestres symphoniques car elle donne l’impression d’être toujours et uniquement dans la répression et le pinaillage (ridicule qui plus est, comme vin rosé = vin blanc + vin rouge). Les orchestres n’ont pas attendu l’UE pour mettre en place des séparations anti-bruit en plexiglas quand les cuivres sont trop tonitruants.
    Ce que l’on donne à faire à des ados pourrait relever de la responsabilité de l’employeur. Mais notre chaud lapin occupé à courre la gueuse est trop content d’abriter son amateurisme derrière la directive. Donc, l’UE et la France sont un couple infernal.

  34. Peut-être pourrait-on oser remarquer ici que la description d’un État et d’un peuple en décrépitude, faite par l’article de ce fil, s’applique à la France, hélas, et n’est valable pour aucun autre pays de l’Union ? Aucun, qu’il soit parmi les plus riches ou les moins riches, les plus grands ou les moins grands. Aucun.
    Le problème est dans l’hexagone, nulle part ailleurs.

  35. … « Les orchestres n’ont pas attendu l’UE pour mettre en place des séparations anti-bruit en plexiglas quand les cuivres sont trop tonitruants »…
    Alors là vous plaisantez. Même encore maintenant, et malgré les directives de l’Union ( ?), ces anti-bruit manquent trop souvent.

  36. Souris donc

    Mais Impat, le problème est beaucoup plus grave que ça, ils veulent s’attaquer à la partition ! Transformer les fortississimo en fortissimo, ils dénaturent une œuvre d’art ! C’est comme mettre des culottes aux statues, c’est tout bonnement incroyable ! Il n’y a guère que Strauss, Mahler, Bizet et Wagner à déployer beaucoup de « décibels », cela justifiait-il une directive ?
    Ces fonctionnaires européens font du zèle par sadisme et pour justifier leurs scandaleux émoluments exonérés d’impôts. Je vois très bien comment ça se passe, il se lève le matin, se gratte le crâne. Qui je vais emmerder aujourd’hui. Tiens, si je m’en prenais aux musiciens.
    Pourquoi ne pas aussi parsemer les passages ennuyeux d’un peu de variété, panacher le Requiem avec Viens Poupoule ? Exiger que l’on joue La Chevauchée des Walkyries à la flûte traversière ?
    Exaltant, l’Europe. Fonctionnaires zélés et espace ouvert à tous les vents. Libre circulation des biens et des personnes.
    L’essentiel est que la gauche immigrationniste et les libéraux soient contents.

  37. Ouais ouais Souris. Vous avez sûrement raison, sûrement. Seulement je suis tellement habitué aux directives européennes tordues par leurs opposants de principe que je demande à voir la dite directive concernant l’orchestration.
    Jusqu’à présent, tous les exemples qu’on nous a sorti pour discréditer l’Union étaient des faux. Souvent issus de propositions farfelues de quelques technocrates ou députés, comme on en voit dans tous les pays, non suivies de vote et d’application. Et souvent aussi de simples inventions d’opposants.
    Alors, chat échaudé craignant l’eau froide, je demande à voir le texte et la date d’application de cette directive musicale. N’y voyez aucun mauvais esprit, juste une quête de vérité. (Je sais que même l’Union peut se tromper 🙂 )

  38. Souris donc

    Directive décibels :
    N° 2003/10/CE du 6 février 2003
    La directive est transposée par un médecin du travail auprès de l’Orchestre de Rouen. Il en ressort que les initiatives des professionnels de l’acoustique sont pointues, concrètes et efficaces, celles qui découlent de la bureaucratie se résument à mesurer les décibels et faire de la prévention = utiliser l’argent du contribuable pour organiser des tournées de conférences sur la nécessité de mettre des bouchons. Lesquels transforment la gestuelle du maestro en langue des signes pour sourds.

    http://www.amsn.fr/iso_album/article_medecine_des_arts.pdf

  39. Souris donc

    http://ilikeyourstyle.net/2013/03/06/lunion-europeenne-concrete/

    Ou comment l’UE vole les classes moyennes pour s’étourdir dans un mode de vie de parvenus au petit pied sans futur. Conforme au rêve du zombie interchangeable sans racines et sans passé, qu’appellent de leurs vœux les promoteurs d’un espace de libre circulation des biens et des personnes, les libéraux et la gauche immigrationniste. Là, c’est le zombie version de luxe, gavé.
    (Juste pour énerver Impat, l’ingénu)

  40. Souris, je me doutais bien qu’il y avait là-dessous l’exploitation orientée d’une directive générale. Celle à laquelle vous vous référez concerne globalement la protection des travailleurs contre les expositions excessives aux bruits, et les obligations des employeurs pour les en protéger. Mais elle n’oublie pas les dérogations possibles, et dispose en particulier que « les caractéristiques particulières des secteurs de la musique et du divertissement requièrent des orientations pratiques pour permettre une application réelle des dispositions établies par la présente directive.». Ce texte est assez sibyllin pour permettre une interprétation à la disposition des États membres qui peuvent la transposer à leur convenance.
    Cela étant, vous avez le droit de vouloir permettre aux aciéries d’envoyer 150 db dans les oreilles des ouvriers à chaque coulée, mais pour ma part je remercie l’Union de s’en préoccuper.

    Concernant l’ingénuité, un ingénu ne s’énerve pas, il ignore les divagations polémiques, orientées et injustifiées et s’attache plutôt à « construire » en rendant possible ce qui ne l’est pas encore aux yeux des raisonnables du raz de terre.

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