Fusion nucléaire

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Qui n’a jamais eu connaissance d’une relation  » fusionnelle » entre une mère et sa fille ? On ne sait d’où vient cet adjectif. En tout cas pas du dictionnaire, mais peut-être d’un égarement de l’amour filial et plus souvent d’un égarement de l’amour maternel. Le mot, quoiqu’il en soit, est autour de nous prononcé de plus en plus souvent.

Cela n’est pas bien grave, me direz-vous. On n’aime jamais trop. Peut-être. En revanche on peut aimer mal, or il se pourrait bien qu’aimer sa fille d’un amour fusionnel conduise à des anomalies dangereuses. Les exemples foisonnent de femmes ne parvenant pas à quitter mentalement leur mère, incapables par la- même de vouer un amour complet à leur époux ou compagnon.

C’est de cette idée que l’auteur démarre pour nous entraîner vers des rivages…surprenants. L’auteur ? Un nom, une verve, un enjouement, un style que nous connaissons bien sur ce site: Sophie Flamand nous a réjoui par sa plume ici et ailleurs.

« Fusion », une nouvelle de 80 pages, commence gentiment par les aventures d’une femme parfaite. En tout point irréprochable: organisation, propreté, éducation, solidarité, pas une tâche ne vient ternir une réputation qui d’ailleurs fait l’unanimité de son entourage. Et si proche, si attentive à sa petite fille ! Une femme parfaite, oui, parfaite au point que le doute apparaît au bout de quelques pages…la perfection à ce point est-elle possible, est-elle souhaitable ? En même temps que ce doute, se fait jour une certitude: que Dieu ou les dieux nous gardent de cette horrible perfection là, vive la fantaisie, vive le désordre, vive l’impromptu, vive la femme imparfaite !

L’irréprochable Pauline de Sophie Flamand sait tout, elle a réponse à tout, elle n’hésite pas à faire appel à l’hyper technologie moderne, et elle veut sa fille à son image.

Alors où va-t-elle la mener, et nous amener, cette perfection ? On ne vous le dira pas ici, mais soyez prêt à tout ! Si la « Fusion » contée par Sophie Flamand n’est pas véritablement nucléaire, elle s’en approche à grands pas au fur et à mesure que vous tournez les pages…

 Fusion, Sophie Flamand, Éditions Lamiroy, 2013

 

44 Commentaires

  1. Guenièvre

    L’histoire d’une femme parfaite ? Vu les écrits de Sophie ici et ailleurs on aurait pu penser qu’elle nous parlerait d’un homme parfait !! 🙂

  2. Je vois une explication, Guenièvre. L’homme parfait, elle doit l’avoir sous la main. Quant à la femme parfaite, elle est si rare que seule une fiction permet d’y accéder. 🙂

  3. Guenièvre

    🙂

  4. Sophie

    Guenièvre, les hommes ne sont pas parfaits! C’est bien pour cela que dieu a créé les femmes! 😉

  5. Souris donc

    Mais, mais, mais, mais, NOTRE Sophie !!!
    Si on commence avec les blagues de la création de la femme, on n’a pas fini….

  6. Zut, moi qui croyais que l’on aller parler de fusion nucléaire ! En tout cas bonne chance Sophie.

  7. …allait-ement, Skarda, est un atout de la femme parfaite.

  8. roturier

    C’est digne de Cyril Hanouna.

  9. Florence

    Mes amitiés à Sophie !
    C’est super ce bouquin !
    Dieu me protège, je suis réprochable à tout point de vue, organisation, propreté, éducation, solidarité.
    Et c’est ça qui est bon, c’est que quand je suis organisée, propre, éducatrice ou solidaire, c’est tellement exceptionnel que tout le monde me félicite.
    Un bon conseil à toutes nos filles ( dès demain, j’en parle à la mienne ) : soyez très imparfaite et de temps en temps, soyez parfaite. Tout le monde sera subjugué !
    Mais rappelez-vous qu’il est très mauvais de donner de mauvaises habitudes. Votre perfection doit être rare et imprévisible, mais régulière. Histoire de brouiller les pistes.

  10. Sophie

    De toute façon, les hommes préfèrent les emmerdeuses! Donc, soyons frivoles et capricieuses et laissons les femmes parfaites élever des siamois ou cultiver des chrysanthèmes nains! Et même, encourageons-les! Pendant qu’elles font ça, elles ne sont pas au bistrot.

    Nous, oui!

    Ravies en tout cas de revoir les uns et les autres. Certains se sont trainés jusqu’à Bruxelles…. A qui le tour?

  11. Florence, vous êtes au moins parfaite sur un point: une parfaite machiavélique…

  12. Souris donc

    Si encore le contraire de femme parfaite était frivole et capricieuse. On comprendrait. Moi, je vois de plus en plus souvent des couples qui durent et qui sont comme les oiseaux, l’homme a tous les attributs de la séduction (beau, belle situation, intelligent, cultivé, enfin à peu près) et sa femme une terne mégère hommasse sans conversation.
    Le résultat d’une relation fusionnelle mère-fils ?

  13. Souris,… « beau, belle situation, intelligent, cultivé, »…
    Mais Souris, c’est un homme parfait, cela ? Ce doit être aussi insupportable qu’une femme parfaite, non ?

  14. Souris donc

    C’est le glamour du paon, brillant de ramage et de plumage, spectaculaire à la parade. Quand il fait la roue en gloussant léon léon, aucune ne résiste. Et lui va se choisir la plus terne :

  15. L’Homme parfait de Sophie, c’est « Mon Chéri » ! Elle ne va tout de même pas nous le dévoiler !
    Mais une question s’impose à moi : Cette femme parfaite, serait-ce une autobiographie de Sophie ?

  16. Sophie

    Non, Patrick! SURTOUT pas une autobio! Et Mon Chéri n’est pas parfait, sinon je l’aurais déjà envoyé paître! 😉

  17. Souris donc

    Si quelqu’un trouve la vidéo. Il y avait une scène d’anthologie dans l’Avare avec de Funès, la scène de séduction où il porte un costume de paon. Fabuleux.

  18. roturier

    Votre 5 avril 2014 à 11:10, Liebchen, est une déformation de perspective d’une femme qui par nature a une préférence à l’égard de l’homme « d’une autre » et aucune sympathie à l’égard de cette autre.
    Vous êtes hétéro, c’est tout.

  19. Sophie

    Ouaips! Hétéro, c’est tout! Et c’est vachement chouette!

  20. Chouette avant couette, chouette sous couette, chouette après couette. Chouette, quoi !

  21. Guenièvre

    Impat vous choetez !

  22. Et je vous choette une très bonne journée, Guenièvre.

  23. Guenièvre

    Merci Impat !
    En vieux français « choeter » signifiait faire le beau, faire le coquet ou la coquette . La prononciation parente entre « choeter » et « chouette » permit de faire le rapprochement et l’on associa l’oiseau d’Athéna à l’élégance et à la beauté . D’ailleurs , en italien « civetta » désigne à la fois la chouette et la femme coquette . Par extension « c’est chouette ! » exprimera la satisfaction .
    C’est chouette non ? Bonne journée à vous !

  24. Sophie

    En français de Belgique, j’ignore si c’est aussi le cas en France, « couette » signifie également « queue »!

  25. Alors que la couette soit longue pour acheter « Fusion », Sophie !

  26. Lisa

    Je l’ai lu moi aussi il y a quelques mois maintenant.
    J’avais peur de tourner les pages à partir d’un moment où la mère parfaite est terrorifiante (comme disait un de mes gamins de mère imparfaite).

  27. Sophie

    Je suis ravie de faire peur! J’aurais du y penser plutôt! 😉

  28. roturier

    En voilà un homme parfait.
    Aurais pu être chanté par notre Flanby national:

  29. hathorique

    Bonjour jour à tous

    Chère Sophie :
    « soyons frivoles et capricieuses » mais n’oubliez pas libertines : osons le libertinage et réclamons la liberté pour les libertines.
    Au 17° siècle le libertinage n’était pas, une attitude de quelques jeunes et mêmes vieux fous. C’était un vaste mouvement où confluaient les tendances les plus diverses, les courants d’idées les plus puissants de l’Europe intellectuelle. Le libertin admet la faculté de connaître la raison, organe de la critique individuelle. Il incarne le moment périlleux où l’individu se réapproprie sa vie et son corps. Au final, le libertin est un individu qui conquiert sa liberté et son indépendance.
    Les libertins constituent un maillon essentiel dans l’histoire de la philosophie et des idées, ils vont véhiculer des idées, réactiver des formes de pensées dont nous sommes les héritiers et tières à part entière
    Cette pensée critique fait confiance à la raison.

    Pour nous les femmes l’espace d’un court instant cela permit de nous désenchainer de la P.M.A
    Perfection Maternelle Admirable 🙂

    Pardon de m’être éloignée du sujet encore que.

    Etre mère c’est aussi désapprendre à avoir été fille en s’affranchissant du mimétisme maternant

  30. kravi

    Bonjour Sophie, content de vous lire.
    Impat, au risque de mécontenter quelques commentateurs, je vais plonger dans ma clinique psychanalytique préférée.
    La relation fusionnelle existe bel et bien pour le plus grand malheur des intéressés. Il s’agit d’une relation d’étayage ou de [tentative de] complétude. Je dis tentative car c’est bien sûr une illusion.
    Ces relations fusionnelles ont pour funestes conséquences de dissoudre les contours de chaque individu, d’empêcher toute autonomisation — cas fréquent des enfants surprotégés —, d’augmenter les dépendances par crainte de l’abandon, et j’en passe.
    Les relations mère-fille sont d’autant plus menacées par cet écueil que le père est absent physiquement ou psychiquement.
    Les livres d’Aldo Naouri sont très accessibles et éclairants sur ce sujet.

  31. Merci Kravi, il m’étonnerait que certains commentateurs puissent se montrer mécontents de vos intéressantes précisions. J’ai connu un cas de relation fusionnelle entre mère et fille chez des amis, ce cas cadrait assez bien avec votre description. Le résultat, pour la fille, était un vrai désastre. Et, effectivement, il n’y avait pas de père.

  32. roturier

    Je connais une femme divorcée ayant élevé, seule ou presque, deux jumelles depuis leur enfance.
    Père absent, remarié.
    La fusion était à trois; elles furent inséparables mentalement mais incapables de se supporter.
    S’accusant mutuellement (à trois, en « circulaire », triangulaire) d’égoisme et d’absence d’amour filial et maternel.
    Jusqu’à la quarantaine des deux jumelles.
    Lorsque les deux ont commis, presque simultanément, des tentatives de suicide.
    L’une a réussi. L’autre raté à moitié: que la chaise roulante à vie.
    La mère? Oscille entre dépression et euphorie.
    Conclusion? J’ignore.
    Sauf peut-être que l’homme ne sert à rien mais en son absence rien ne va.

  33. Souris donc

    Serions-nous dans une société fusionnelle ?
    Tony Anatrella dit à peu près la même chose à propos du gender, la confusion des genres. La recherche du même, au détriment de l’altérité. Vu ainsi, les incantations en faveur du vivre-ensemble prennent une autre signification. La recherche de fusion d’une société infantilisée ?

  34. Sophie

    Je crois aussi que nous vivons, de gré ou de force, dans une société qui nous contraint de plus en plus à une fusion festive et infantilisante, n’admettant l’émancipation que si elle est collective, diabolisant tous les libertinages, intellectuels ou charnels, jusqu’à nous donner injonction de baiser sous cellophane et encourageant la plus mortelle et peut-être la plus aliénante des fusions : la fusion narcissique.

    Mais mon bouquin n’est pas un traité de psychanalyse, ni une critique de société, juste une carabistouille. Fallait bien que je m’occupe, dans mon placard! (Pour ceux qui s’en souviennent). 🙂

  35. kravi

    L’homme sert à pas mal de choses. En premier lieu à séparer la mère de l’enfant, ce que Michel Fain appelle joliment  » la censure de l’amante « . Quand elle est avec son homme, la mère redevient femme en  » oubliant  » pour un temps son bébé, forcé malgré lui de défusionner. C’est pourquoi la tiercéité est la condition nécessaire : ainsi l’enfant pourra s’autonomistes le temps venu. À deux on fusionne, à trois c’est impossible. D’où l’importance du père tiers.
    Les  » bonnes  » mères sont celles qui préparent au mieux la séparation d’avec l’enfant, non celles qui le surprotègent en refusant inconsciemment son individuation.

  36. roturier

    Les bonnes gouvernances sont celles qui préparent le mieux l’indépendance du travailleur, non celles qui le surprotègent.

    Quand je pense que le statut d’auto-entrepreneur avait pour finalité de relativiser l’importance de celui de salarié… Quitte à transformer tous les salariés en France en auto-entrepreneurs….
    Mais jamais personne n’a osé l’avouer… Et c’est en train de partir en quenouille.

    Qui proposera d’ériger une statue équestre à Hervé Novelli?

    D’accord, je radote, hors sujet, d’accord. Empêtré dans la compta, incapable de m’élever à la psycho.

  37. Bibi

    Bravo Sophie!

  38. QuadPater

    Bonjour Sophie !

    Mon Chéri n’est pas parfait, sinon je l’aurais déjà envoyé paître!

    J’ai constaté en commandant votre bouquin que vous l’avez plutôt envoyé peindre !
    Ce cachottier d’Impat a omis de nous informer qu’il a illustré l’ouvrage !

  39. Sophie

    Oui, c’est lui qui a fait l’illu. C’est bien le moins, non?

  40. QuadPater

    J’ignore si c’est bien, l’ouvrage (j’allais dire le bouquin !!!) est commandé mais pas livré.

    Vous apprendrez qu’un écrivain organisé a un illustrateur et un nègre qui travaillent pour lui.
    Les plus renommées disposent également d’une maquilleuse pour les remises de prix.

  41. Quad (et Sophie),… « un écrivain organisé »…
    Oui, mais, problème: un écrivain organisé, c’est une femme parfaite. Alors ?

  42. Sophie

    Quad, mon p’tit chou, si j’étais organisée, ce ne serait pas le bordel dans mon ordi, bordel qui me vaut le plaisir de vous appeler régulièrement au secours! 😉

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